Article vedette - ENA Français
Article vedette
La mer Rouge ne peut pas connaître la stabilité tant que l'Éthiopie en est exclue
Aug 24, 2026 606
Il est temps de cesser de prétendre que l’Éthiopie n’a aucun intérêt dans la mer Rouge Par Yordanos D 22 août 2026 Il devient de plus en plus difficile de dissocier l’importance stratégique de la question maritime éthiopienne de la crise sécuritaire plus large qui se déroule actuellement au Moyen-Orient, en mer Rouge et dans la Corne de l’Afrique. Les récentes perturbations autour du détroit d’Ormuz ont montré à quelle vitesse l’instabilité d’un seul goulet d’étranglement maritime peut affecter les prix de l’énergie, les réseaux de transport maritime, les marchés de l’assurance, les chaînes d’approvisionnement et les consommateurs situés à des milliers de kilomètres de là. Ces événements nous enseignent une leçon plus générale : les goulets d’étranglement maritimes ne sont pas de simples passages géographiques. Ce sont les artères de l’économie mondiale. Lorsque leur sécurité se détériore, les conséquences peuvent se propager rapidement à travers les continents. Cela soulève une question cruciale pour la Corne de l’Afrique : que se passerait-il si une perturbation prolongée dans le détroit d’Ormuz s’accompagnait d’une perturbation majeure à Bab el-Mandeb ? Les conséquences pourraient être graves. Ormuz est vital pour le transport de l’énergie depuis le golfe Persique, tandis que Bab el-Mandeb relie l’océan Indien à la mer Rouge et au canal de Suez, formant une route commerciale cruciale entre l’Asie et l’Europe. Une perturbation simultanée à ces deux goulets d’étranglement pourrait contraindre les navires à choisir entre naviguer dans des eaux dangereuses et emprunter des itinéraires nettement plus longs contournant l’Afrique. L’augmentation qui en résulterait de la consommation de carburant, des coûts d’assurance, des tarifs de fret et des délais de transit pourrait provoquer un nouveau choc majeur pour le commerce mondial. C’est dans ce contexte que la volonté de l’Éthiopie d’obtenir un accès fiable à la mer Rouge revêt une importance qui dépasse largement ses propres intérêts commerciaux. Pour un pays comptant plus de 130 millions d’habitants, un accès maritime sécurisé est une nécessité économique. Mais le retour de l’Éthiopie vers la mer Rouge pourrait également avoir des implications plus larges pour la connectivité régionale, la sécurité maritime, les investissements et la résilience du commerce international. Analysons ce calcul. La question centrale n’est donc pas simplement de savoir si l’Éthiopie devrait retrouver un accès à la mer. Il s’agit de déterminer si une présence maritime éthiopienne stable et négociée légalement pourrait s’intégrer dans un système régional plus large, capable de protéger l’un des corridors commerciaux les plus importants au monde. Analysons les enjeux stratégiques. Ormuz et la hausse du coût du transport maritime mondial L’importance stratégique du détroit d’Ormuz est considérable. Au cours du premier semestre 2025, environ 20,9 millions de barils de pétrole et de produits pétroliers ont transité par ce détroit chaque jour, ce qui équivaut à environ un cinquième de la consommation mondiale de produits pétroliers et à environ un quart du commerce maritime mondial de pétrole. Le détroit achemine également des volumes considérables de gaz naturel liquéfié, ce qui en fait l’un des corridors énergétiques les plus importants au monde. La perturbation de ces flux illustre la vulnérabilité engendrée par une telle dépendance. Au deuxième trimestre 2026, les données de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) montraient que les flux de pétrole transitant par Ormuz avaient fortement chuté par rapport aux niveaux de 2025, reflétant l’impact du conflit régional et des restrictions maritimes. Les cours du pétrole ont réagi à cette incertitude. Le Brent a atteint environ 91,62 dollars le baril le 19 août 2026 et s’est maintenu au-dessus de 93 dollars le baril le 21 août, sur fond d’inquiétudes persistantes concernant les perturbations de l’approvisionnement. La leçon est claire : l’instabilité d’un goulet d’étranglement maritime stratégiquement situé peut faire grimper presque immédiatement le coût de l’énergie, du transport et des assurances. L’importance d’Ormuz ne peut toutefois pas être appréhendée uniquement à travers le prisme des cours du pétrole. Le détroit s’inscrit dans un système commercial plus large qui relie les producteurs d’énergie du Golfe aux consommateurs d’Asie, d’Europe et d’autres régions. Toute perturbation prolongée peut donc générer des répercussions secondaires dans les secteurs de l’industrie manufacturière, des transports, de la production d’électricité et de la production alimentaire. Bab el-Mandeb : l’autre passage stratégique Bab el-Mandeb relie la mer Rouge au golfe d’Aden et, plus largement, à l’océan Indien. Avec la mer Rouge et le canal de Suez, il fait partie de l’un des corridors maritimes les plus importants au monde, reliant l’Asie à l’Europe. Lorsque les navires ne peuvent pas naviguer en toute sécurité en mer Rouge, beaucoup sont contraints de contourner le cap de Bonne-Espérance. Cet itinéraire plus long nécessite davantage de carburant, de temps d’équipage et de capacité de transport, et allonge considérablement la durée du voyage. Selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), des perturbations au niveau de Bab el Mandeb ou du canal de Suez peuvent contraindre les navires à emprunter la route plus longue passant par l’Afrique australe, ce qui entraîne une hausse des tarifs de fret et des coûts de transport. Les porte-conteneurs transportant des produits manufacturés, les vraquiers transportant des matières premières, les pétroliers transportant des produits pétroliers et les navires transportant des intrants agricoles peuvent tous être concernés. Un navire qui passe plusieurs semaines supplémentaires en mer n’est pas disponible pour un autre chargement pendant cette période. Par conséquent, la capacité effective de transport maritime mondiale peut diminuer même lorsque les usines, les entrepôts et les ports restent opérationnels. Le monde a déjà été confronté à ce problème à la suite d’attaques contre des navires commerciaux en mer Rouge, qui ont poussé les grandes compagnies maritimes à faire contourner l’Afrique à leurs navires. L’augmentation des distances de navigation et des délais de transit qui en a résulté a démontré à quelle vitesse l’insécurité maritime peut se répercuter sur les marchés du fret, les chaînes d’approvisionnement et les prix à la consommation. Pour l’Afrique, les implications sont particulièrement graves. De nombreux pays dépendent des importations de carburant, d’engrais, de machines, de denrées alimentaires et de produits manufacturés. La hausse des coûts de transport maritime peut donc se traduire par une augmentation des prix intérieurs et une pression accrue sur les réserves de change. La crise des deux goulets d’étranglement Une perturbation simultanée ou successive des détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb transformerait deux problèmes de sécurité régionaux en une crise maritime mondiale potentiellement bien plus grave. Ormuz est essentiel pour les exportations énergétiques du Golfe, tandis que Bab el-Mandeb constitue une voie d’accès cruciale pour les navires commerciaux circulant entre l’océan Indien et la mer Rouge. Si ces deux points étaient gravement perturbés, les compagnies maritimes pourraient se retrouver confrontées à un choix difficile : naviguer dans des eaux dangereuses ou emprunter des itinéraires alternatifs considérablement plus longs. Les taux de fret et les primes d’assurance pourraient augmenter fortement. Les industriels européens pourraient subir des retards dans la réception de composants et de produits finis en provenance d’Asie, tandis que les exportateurs asiatiques pourraient devoir faire face à des coûts plus élevés pour atteindre les marchés européens et nord-africains. Les économies africaines seraient également exposées, car beaucoup d’entre elles dépendent fortement des importations de carburant, d’engrais, de machines, de denrées alimentaires et de produits manufacturés. Les gouvernements pourraient avoir besoin de davantage de devises étrangères pour acheter le même volume d’importations, tandis que les entreprises pourraient répercuter la hausse des coûts de transport, d’assurance et d’énergie sur les consommateurs. Des données récentes sur le transport maritime illustrent encore davantage la vulnérabilité de ces deux couloirs face à l’insécurité régionale. Reuters a rapporté que seuls neuf navires de marchandises avaient franchi le détroit d’Ormuz les 18 et 19 août 2026, tandis que le trafic passant par Bab el-Mandeb était passé de 32 à 27 navires au cours de la même période. Le 21 août, Reuters indiquait que le trafic dans le détroit d’Ormuz avait encore baissé pour s’établir à sept navires de marchandises, tandis que Bab el-Mandeb en enregistrait 23. Ces chiffres ne permettent pas d’affirmer que l’une ou l’autre de ces voies maritimes a été fermée de manière permanente. Ils démontrent toutefois à quelle vitesse l’incertitude géopolitique peut modifier les comportements en matière de transport maritime commercial. Même en l’absence de blocus officiel, des risques sécuritaires accrus peuvent décourager les opérateurs, augmenter les coûts d’assurance et contraindre les navires à emprunter des itinéraires plus longs. Une perturbation prolongée au niveau de ces deux goulets d’étranglement constituerait donc bien plus qu’une simple crise maritime régionale. Elle pourrait se transformer en un choc majeur pour les marchés énergétiques mondiaux, le commerce international et les chaînes d’approvisionnement. Le rôle perturbateur de l’Égypte dans la Corne de l’Afrique et dans la région de la mer Rouge De toute évidence, les activités déstabilisatrices de l’Égypte dans la Corne de l’Afrique peuvent être analysées d’un point de vue historique à travers son engagement politique et sécuritaire auprès des pays voisins de l’Éthiopie. Sa coopération militaire croissante avec la Somalie revêt une importance stratégique particulière, car ce pays est situé à proximité de Bab el-Mandeb, l’un des goulets d’étranglement maritimes les plus importants au monde. Le déploiement, réel ou potentiel, de forces militaires égyptiennes en Somalie pourrait intensifier la rivalité stratégique avec l’Éthiopie et contribuer à la militarisation d’un environnement sécuritaire déjà fragile. L’alignement politique et sécuritaire étroit de l’Égypte avec l’establishment militaire soudanais constitue une autre source de préoccupation régionale. La guerre qui se poursuit au Soudan a affaibli les institutions de l’État, favorisé l’expansion des réseaux armés et engendré des déplacements de population et de l’instabilité dans toute la région. Une ingérence militaire et politique extérieure risque de prolonger le conflit et de créer des pressions supplémentaires en matière de sécurité le long de la frontière occidentale de l’Éthiopie et de la mer Rouge. Une crise prolongée au Soudan, où l’Égypte est à l’origine de cette guerre civile catastrophique qui se poursuit, pourrait également engendrer une instabilité plus généralisée dans toute la Corne de l’Afrique, perturbant les routes commerciales et intensifiant les mouvements des groupes armés et des réseaux illicites. L’Égypte a également soutenu le régime érythréen, dont la position stratégique sur la mer Rouge lui confère un levier pour assouvir ses ambitions par procuration. Un engagement égyptien plus étroit avec l’Érythrée, combiné à sa coopération militaire avec la Somalie et à ses relations avec le Soudan, pourrait contribuer à la formation d’alignements sécuritaires rivaux autour de l’Éthiopie et accroître les tensions dans toute la Corne de l’Afrique. La préoccupation la plus grave concerne l’importance stratégique du détroit de Bab el-Mandeb. L’Égypte a un intérêt vital dans cette voie navigable, car elle permet d’accéder au canal de Suez et est essentielle à son commerce maritime. L’Égypte dispose d’un plan opérationnel visant à fermer physiquement le détroit de Bab el-Mandeb ; l’expansion de son influence militaire et politique dans la Corne de l’Afrique fait craindre que cette voie navigable ne devienne un instrument de pression stratégique. Toute tentative de l’Égypte ou des forces alignées sur ses intérêts visant à entraver la navigation dans le détroit de Bab el-Mandeb aurait des conséquences bien au-delà de la Corne de l’Afrique. Une telle perturbation pourrait semer le chaos dans le commerce mondial. Bab el-Mandeb constitue un maillon essentiel entre la mer Rouge, le golfe d’Aden et l’ensemble du réseau commercial de l’océan Indien. Sa perturbation pourrait contraindre les navires à emprunter des itinéraires plus longs en contournant le cap de Bonne-Espérance, ce qui entraînerait une forte augmentation des coûts de transport, des primes d’assurance, des délais de livraison et de la consommation de carburant. Elle pourrait également perturber l’approvisionnement en énergie ainsi que le transport de denrées alimentaires, de produits manufacturés et de matières premières essentielles entre l’Asie, l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient. S’ajoutant à l’instabilité qui règne autour d’autres goulets d’étranglement maritimes majeurs, une perturbation grave à Bab el-Mandeb pourrait exercer une pression supplémentaire sur des chaînes d’approvisionnement mondiales déjà vulnérables. Considérés dans leur ensemble, l’élargissement des partenariats militaires de l’Égypte, ses alliances politiques et son positionnement stratégique en Somalie, au Soudan et en Érythrée risquent d’intensifier la polarisation dans la Corne de l’Afrique. Si ces relations sont utilisées comme instruments de confrontation avec l’Éthiopie, elles pourraient contribuer à une militarisation accrue autour de la mer Rouge et de Bab el-Mandeb. Les conséquences ne se limiteraient pas à l’Éthiopie ou à la Corne de l’Afrique. Une crise touchant Bab el-Mandeb pourrait dégénérer en une urgence maritime de plus grande ampleur, menaçant la stabilité régionale et perturbant gravement le commerce international et les échanges mondiaux. Pourquoi le retour de l’Éthiopie sur la mer est-il important ? C’est là que la question maritime de l’Éthiopie prend une importance qui dépasse les intérêts économiques nationaux. La dépendance de l’Éthiopie vis-à-vis des voies d’accès maritimes extérieures rend son commerce international vulnérable aux perturbations le long des corridors de transport régionaux. Plus de 90 % des importations et exportations éthiopiennes ont historiquement transité par le corridor Addis-Abeba-Djibouti. Une forte dépendance à l’égard d’une seule voie d’accès principale crée un risque économique lorsque des encombrements, des conflits, des différends politiques ou l’insécurité maritime affectent cet itinéraire. Une présence maritime éthiopienne fiable et négociée dans le respect du droit pourrait offrir une option supplémentaire. Elle permettrait de diversifier les corridors de transport, de réduire la dépendance vis-à-vis d’une seule porte d’accès et de renforcer la capacité de l’Éthiopie à résister aux perturbations régionales. L’objectif ne devrait pas être le contrôle de la mer Rouge par l’Éthiopie. Il devrait plutôt s’agir d’un accès prévisible et convenu d’un commun accord, établi par le biais d’accords respectant la souveraineté et l’intégrité territoriale des États côtiers. Un tel accord pourrait offrir des avantages allant bien au-delà des intérêts maritimes immédiats de l’Éthiopie. Il pourrait renforcer la résilience du commerce mondial en créant des options supplémentaires pour la circulation des marchandises et en réduisant les risques liés à une dépendance excessive vis-à-vis d’un nombre limité de couloirs maritimes vulnérables. Il pourrait également contribuer à renforcer la sécurité maritime en encourageant une plus grande coopération entre les pays de la mer Rouge et de la Corne de l’Afrique pour protéger les voies de navigation et répondre aux menaces émergentes en matière de sécurité. Parallèlement, un meilleur accès à la mer Rouge pourrait réduire la pression sur les couloirs commerciaux existants, en particulier ceux confrontés à la congestion, à l’insécurité ou à la hausse des coûts de transport, tout en offrant à l’Éthiopie et aux pays voisins des voies d’accès plus efficaces vers les marchés internationaux. En résumé, l’importance du retour de l’Éthiopie sur la mer Rouge dépasse largement la simple question des ports, des routes commerciales ou des intérêts économiques nationaux. À une époque où les perturbations au détroit d’Ormuz et à Bab el-Mandeb peuvent avoir des répercussions sur les marchés de l’énergie et les chaînes d’approvisionnement mondiales, la Corne de l’Afrique a besoin d’un système maritime plus résilient et plus équilibré. Un accès fiable de l’Éthiopie à la mer Rouge, obtenu grâce à un accord pacifique, négocié dans le respect du droit et mutuellement avantageux, pourrait offrir une telle opportunité. Il permettrait de diversifier les routes commerciales régionales, de réduire la dépendance à l’égard d’un seul corridor, de renforcer la sécurité maritime, d’attirer les investissements, d’améliorer l’accès aux produits de première nécessité et d’approfondir l’intégration économique dans toute la Corne de l’Afrique. Pour l’Éthiopie, l’accès maritime réduirait une vulnérabilité fondamentale liée à son statut de pays enclavé. Pour les États côtiers, il pourrait générer des investissements, des recettes de transit et l’élargissement des marchés. Pour le transport maritime international, cela pourrait contribuer à renforcer la sécurité régionale. Pour les marchés mondiaux, cela pourrait apporter un niveau supplémentaire de résilience à un moment où les goulets d’étranglement maritimes sont de plus en plus exposés aux perturbations géopolitiques. L’objectif stratégique ne devrait donc pas être la domination de la mer Rouge par un seul État. Il devrait s’agir de créer un ordre maritime stable dans lequel l’Éthiopie dispose d’un accès légitime et prévisible, les États côtiers conservent leur souveraineté et le transport maritime international bénéficie d’une plus grande sécurité. En ce sens, le retour de l’Éthiopie vers la mer Rouge ne doit pas être considéré simplement comme une aspiration nationale, mais comme une contribution potentielle à la stabilité régionale et à la résilience du commerce mondial. Un règlement maritime pacifique pourrait transformer l’Éthiopie, qui est aujourd’hui une économie enclavée et vulnérable, en un acteur économique et sécuritaire plus actif dans l’une des régions maritimes les plus importantes au monde.
Qu'est-ce que le monde arabe a retiré de l'Égypte ?
Aug 19, 2026 579
Pourquoi l'Éthiopie a-t-elle sa place au sein de la Ligue arabe ? Par Jibril Lamo August 19,2026 (ENA) La diplomatie mondiale s’oriente de plus en plus vers la vérité historique et le pragmatisme économique, mettant en évidence la futilité des vetos géopolitiques dépassés. Depuis des décennies, l’Égypte a largement utilisé la Ligue arabe pour servir ses propres intérêts étroits et son agenda géopolitique. Pourtant, cette dynamique transactionnelle soulève une question fondamentale : qu’a reçu le monde arabe de l’Égypte en échange ? Affrontons la vérité dérangeante. La réponse est : pratiquement rien. Plutôt que de renforcer systématiquement la puissance collective, les politiques du Caire et des décennies de régime autoritaire ont, selon les critiques, contribué à l’instabilité dans toute la région — affaiblissant la souveraineté du Soudan tout en menant des politiques qui ont attisé les tensions en Afrique de l’Est et en mer Rouge. Ces régions ne sont pas périphériques aux intérêts arabes ; elles sont stratégiquement indispensables à la sécurité, au commerce maritime, à l’approvisionnement énergétique et à la sécurité alimentaire du monde arabe. L’un des exemples les plus marquants de l’approche régionale source de divisions adoptée par l’Égypte est son implication historique dans la question érythréenne et, plus largement, dans la lutte autour de l’intégrité territoriale de l’Éthiopie. Le Caire soutenait ouvertement les forces séparatistes et les projets politiques visant à affaiblir l’Éthiopie et à limiter son influence régionale. La séparation finale de l’Érythrée et de l’Éthiopie reste un épisode marquant de l’histoire tumultueuse de la Corne de l’Afrique et un rappel saisissant de la manière dont les calculs géopolitiques extérieurs peuvent redéfinir le destin des nations. L'histoire de la diplomatie montre que l'homme politique égyptien Boutros Boutros-Ghali, qui a occupé le poste de ministre des Affaires étrangères par intérim avant de devenir secrétaire général de l'ONU, a joué un rôle central dans la promotion du projet de sécession érythréen visant à affaiblir durablement l'Éthiopie. De plus, la politique active de déstabilisation menée par Le Caire dans le bassin sud de la mer Rouge constitue une menace directe pour le commerce maritime mondial et la sécurité régionale. En attisant les tensions autour du détroit de Bab-el-Mandeb et en soutenant des factions armées par procuration, Le Caire a transformé des voies maritimes vitales en arènes de confrontation géopolitique, mettant en péril l’architecture de sécurité globale indispensable à la logistique énergétique et alimentaire de l’ensemble du monde arabe. Alors que les manœuvres égoïstes de l’Égypte génèrent des tensions régionales, l’adhésion de l’Éthiopie à la Ligue arabe offre une opportunité de transformation dont le monde arabe a tout à gagner. Dans le cadre visionnaire de la philosophie Medemer, l’Éthiopie dispose de la posture diplomatique et de la vision inclusive nécessaires pour unir et intégrer le monde arabe bien plus efficacement que le Caire ne pourrait jamais le faire. En tant que capitale diplomatique incontestée de l’Afrique et siège permanent de l’Union africaine, l’Éthiopie apporte une expérience inégalée en matière de recherche de consensus multilatéral. Loin d’être un pari géopolitique, l’aspiration de l’Éthiopie à rejoindre la Ligue arabe est un retour aux sources tout à fait naturel. En tant que nation riveraine de la mer Rouge comptant plus de 135 millions d’habitants, dotée d’une économie en plein essor et de liens civilisationnels profonds, l’adhésion de l’Éthiopie établirait un pont indispensable entre l’Afrique et le Moyen-Orient. Les liens entre l’Éthiopie et le Moyen-Orient reposent sur des millénaires de patrimoine, de culture et de liens de sang communs. Dans des établissements universitaires tels que l’université de Harvard, les études éthiopiennes ont toujours été rattachées aux départements d’orientalisme et du Proche-Orient, ce qui reflète les liens historiques profonds entre la civilisation habesha et le Proche-Orient. Le détroit de Bab-el-Mandeb n’a jamais constitué une barrière ; il a servi de corridor dynamique reliant le commerce, la culture et les communautés de part et d’autre de la mer Rouge. Du règne du roi Abraha aux études génétiques modernes confirmant l’ascendance commune des populations éthiopiennes et moyen-orientales, ces liens fondamentaux restent indéniables. Sur le plan linguistique et culturel, le fondement structurel de l’État éthiopien est sémitique. Le ge’ez, langue classique sacrée de l’Éthiopie, ainsi que ses descendants modernes, l’amharique et le tigrigna, appartiennent directement à la branche sémitique du sud de la famille des langues afro-asiatiques. Cet héritage linguistique lie indissolublement la syntaxe, le vocabulaire et les traditions littéraires habéches à l’arabe classique, à l’araméen et à l’hébreu. L’infrastructure linguistique commune à la Corne de l’Afrique et à la péninsule arabique offre une preuve tangible et continue d’un échange civilisationnel bidirectionnel. Au-delà de la linguistique, l’Éthiopie occupe une place sacrée et irremplaçable dans l’histoire fondatrice de l’islam. Lorsque les compagnons du prophète Mahomet furent confrontés à de graves persécutions à La Mecque, c’est vers le royaume d’Aksoum qu’ils s’enfuirent pour sauver leur vie. La première Hijrah vers la Habesha, où le vertueux empereur Najashi accorda sa dignité royale et un asile à la communauté musulmane naissante, sauva la foi islamique dès ses débuts. Cet enchevêtrement spirituel profond rend l’identité culturelle de l’Éthiopie indissociable du Proche-Orient au sens large. Malgré ces faits indéniables, Le Caire a systématiquement utilisé la Ligue arabe comme un instrument de confinement institutionnel à l’encontre d’Addis-Abeba. Depuis des générations, la politique étrangère égyptienne repose sur une doctrine obsolète du « tout ou rien » qui considère tout progrès souverain de l’Éthiopie — qu’il s’agisse de la construction du Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne ou de la reconquête d’un accès maritime direct — comme une menace. En projetant sa propre hydropolitique sur l’ensemble du bloc arabe, l’Égypte a contraint la Ligue à adopter une posture d’hostilité artificielle envers son plus puissant voisin. Contrairement à la politique d’exclusion du Caire, les réalités actuelles exigent une intégration totale. Sous le principe directeur du « Medemer », l’Éthiopie offre au monde arabe des avantages structurels qui dépassent de loin les rivalités dépassées. Avec une base industrielle en pleine expansion et d’immenses capacités en matière d’énergie verte, l’Éthiopie constitue le principal pilier de stabilité pour la Corne de l’Afrique et le bassin de la mer Rouge. Alors qu’une grande partie du Moyen-Orient est confrontée à une grave pénurie d’eau, à la désertification et à des chaînes d’approvisionnement alimentaire fragiles, l’écologie des hauts plateaux éthiopiens et ses abondantes ressources en eau douce placent l’Éthiopie en position de devenir un partenaire agro-industriel essentiel pour l’ensemble de la péninsule arabique. L’intégration de l’Éthiopie au sein de la Ligue arabe transforme la mer Rouge en une zone économique prospère, portée par les capitaux arabes associés aux terres, à l’énergie et à la main-d’œuvre éthiopiennes. La Ligue des États arabes doit dépasser les nationalismes du XXe siècle et prendre en compte la réalité civilisationnelle du bassin de la mer Rouge. Les États membres actuels, tels que Djibouti, la Somalie, les Comores et la Mauritanie, démontrent la capacité de ce bloc à s'adapter à la diversité des réalités régionales. L'adhésion à part entière de l'Éthiopie ne remet pas en cause sa fière identité africaine ; au contraire, elle confère à ce pays le rôle qui lui revient de droit, celui de pont principal reliant le continent africain au Moyen-Orient. Il est temps que la Ligue arabe dépasse le rôle de gardien joué par l'Égypte, tire parti de la synergie unificatrice de l'Éthiopie et accorde à Addis-Abeba le siège qui lui revient de plein droit.
Démasquer l'article du journal publié par un journal basé en Suisse sur les forces extrémistes de Fano
Aug 18, 2026 412
Par un rédacteur Le 18 août, 2026 (ENA) La légitimité d’une nation souveraine repose sur le pilier sacré de la volonté populaire, exprimée par l’exercice pacifique du droit de vote et non par les canons anarchiques de milices mandataires se cachant dans des grottes. L’interview récemment publiée par le quotidien suisse *Le Temps* avec Zemene Kassie, le chef du groupe armé extrémiste Fano, constitue une grave atteinte à l’intégrité journalistique et un affront direct aux aspirations démocratiques du peuple éthiopien. Lors d’un scrutin historique, surveillé et salué comme pacifique, libre et démocratique par les observateurs internationaux – y compris les instances diplomatiques européennes et suisses –, le peuple éthiopien, en particulier celui de la région d’Amhara, a accordé un mandat écrasant au gouvernement sortant. Pourtant, *Le Temps* a choisi de prêter sa tribune à un seigneur de guerre cherchant à renverser ce mandat démocratique par la violence, en tentant de présenter une campagne terroriste comme un combat pour la survie. Alors que le gouvernement fédéral éthiopien poursuit sans relâche ses efforts en faveur de la transformation régionale, la milice illégale Fano agit comme une force de sabotage économique et social. Sous la direction du Premier ministre Abiy Ahmed, le gouvernement a mené des projets d’infrastructure transformateurs dans toute la région d’Amhara, notamment l’inauguration de l’aéroport international ultramoderne de Bahir Dar désormais le deuxième plus grand du pays — et de l’emblématique pont Abbay de Bahir Dar, qui incarne l’excellence technique et l’intégration régionale. De plus, le développement à grande échelle de sites patrimoniaux et écotouristiques de classe mondiale continue de dynamiser les économies locales. À l’opposé, le groupe extrémiste Fano a mené une guerre contre le tissu même de la société amhara. Des enseignants éminents ont été pris pour cibles et assassinés, et des écoles ont été menacées d’attentats à la bombe simplement pour avoir tenté d’éduquer les enfants amharas. Le groupe a érigé des postes de contrôle illégaux sur les axes routiers ruraux, extorquant des millions de birrs aux usagers quotidiens, aux agriculteurs et aux commerçants, tandis que des civils innocents ont été enlevés dans des bus publics contre rançon, forçant des dizaines d’entrepreneurs amharas à abandonner leurs moyens de subsistance et à fuir vers Addis-Abeba. L’affirmation grotesque de Zemene Kassie selon laquelle sa milice contrôlerait 80 % des zones rurales est une invention désespérée destinée à l’opinion publique occidentale. La réalité sur le terrain contredit cette absurdité, puisque Fano ne contrôle aucune grande ville ni aucun corridor stratégique. Le Premier ministre Abiy Ahmed s’est rendu à plusieurs reprises à Bahir Dar et dans les zones environnantes pour inaugurer des projets de développement national, démantelant ainsi complètement le faux récit selon lequel le gouvernement n’aurait ni accès ni contrôle sur ces territoires. Plus important encore, l’écosystème opérationnel du Fano est directement lié au réseau Tsimdo — un axe orchestré par des adversaires étrangers, notamment des acteurs régionaux historiques comme l’Égypte, opérant par l’intermédiaire de mandataires érythréens. La doctrine géopolitique de longue date de l’Égypte vise à maintenir l’Éthiopie fragmentée, appauvrie et perpétuellement accaparée par des conflits internes afin de lui refuser son droit souverain d’utiliser les eaux du Nil et d’affirmer son influence géopolitique légitime dans la Corne de l’Afrique et en mer Rouge. En s’alignant sur ce réseau, le Fano n’agit pas en tant que protecteur du peuple amhara, mais en tant qu’instrument d’agression étrangère. Comment un groupe qui assassine des élus locaux, détruit les infrastructures publiques, assassine des enseignants et enlève des voyageurs peut-il prétendre défendre l’unité et la survie de l’Éthiopie ? En donnant la parole à un hors-la-loi qui cherche explicitement à démanteler un gouvernement démocratiquement élu, *Le Temps* soulève des questions troublantes quant aux motivations de certains médias occidentaux. S’agit-il de journalisme, ou d’une campagne de propagande visant à déstabiliser une nation africaine qui affirme son indépendance et son développement ? L’époque où l’on dictait la gouvernance africaine par le biais de guerres par procuration et de manipulations médiatiques est révolue. Le peuple éthiopien, y compris la fière population de la région d’Amhara, s’est exprimé par les urnes, et la marche de l’Éthiopie vers la paix, la souveraineté et la prospérité économique ne sera pas déviée par les illusions de seigneurs de guerre par procuration ni par la couverture médiatique erronée de journaux étrangers.
Rendre à l'Éthiopie son accès à la mer : une injustice qu'il est grand temps de réparer
Aug 17, 2026 288
D'après une analyse de Pulse of Africa (POA) Par Mathias Bule Le 16 août, 2026 La perte par l’Éthiopie de son territoire autrefois souverain, le port d’Assab, a été marquée par des accords louches et compliquée par la présence et l’implication des forces coloniales dans la région de la Corne de l’Afrique. La quête de l’Éthiopie pour retrouver un accès à la mer n’est pas simplement une ambition territoriale ; il s’agit d’une revendication fondamentale ancrée dans des siècles d’asservissement colonial, de tromperie juridique et de trahison politique. L’histoire du port perdu d’Assab témoigne de manière frappante de la façon dont les puissances impériales, par le biais d’accords clandestins et de traités manipulateurs, ont délibérément et systématiquement privé une nation souveraine de ses droits maritimes. Cette injustice doit être reconnue, rectifiée et enfin corrigée. Son histoire moderne commence en 1869, lorsque des sultans afars locaux vendirent une bande de terre à Assab à Giuseppe Sapeto, représentant la Società Rubattino italienne. La transaction fut conclue en secret, pour la somme dérisoire de 6 000 lires italiennes, sans que l’Éthiopie n’en ait connaissance ni n’ait donné son accord. À l’époque, le gouvernement central éthiopien, sous l’empereur Ménélik II, ignorait tout de cette transaction. Cette vente était un acte clandestin commis par les autorités locales en quête d’avantages économiques, mais elle fut exploitée par les puissances coloniales pour permettre à l’Italie de prendre pied dans la Corne de l’Afrique. L’annexion d’Assab par l’Italie en 1882 marqua le début d’un empire colonial qui allait dominer la région pendant des décennies. Cet acte précoce de spoliation territoriale constituait une violation flagrante de la souveraineté de l’Éthiopie, mais il jeta les bases d’injustices futures. Le chapitre le plus tristement célèbre de la perte de l’accès à la mer par l’Éthiopie est le traité de Wuchale de 1889. Rédigé dans le contexte de l’expansion italienne dans la région, ce traité comportait une erreur de traduction trompeuse. La version italienne déclarait l’Éthiopie protectorat, la privant de fait de sa souveraineté, tandis que la version amharique était censée préserver l’indépendance de l’Éthiopie. Cette supercherie linguistique visait à faciliter la colonisation italienne. Bien que l’Éthiopie ait par la suite annulé le traité à la suite de sa victoire lors de la bataille d’Adoua, l’Italie avait déjà consolidé son contrôle sur Assab et les territoires environnants grâce à des traités ultérieurs signés en 1900, 1902 et 1908. Ces accords ont officialisé les frontières coloniales de l’Italie et fait d’Assab une partie essentielle de l’Érythrée italienne, coupant ainsi l’Éthiopie de son littoral historique. Après la Seconde Guerre mondiale, la communauté internationale a tenté de rectifier les injustices coloniales en mettant fin à la domination italienne et en fédérant l’Érythrée à l’Éthiopie en vertu de la résolution 390A de l’ONU. Cependant, selon certains politologues et historiens, ce processus a été entaché de négligence et d’opportunisme politique. Au cours des négociations des années 1950, les dirigeants éthiopiens n’ont pas su faire valoir le statut d’Assab en tant que port éthiopien indépendant. Au lieu de cela, ils ont traité l’Érythrée dans son ensemble — y compris Assab — comme un simple territoire à intégrer, ignorant l’importance stratégique du port ainsi que son identité ethnique et historique distincte. Cette omission constituait une grave négligence, qui a laissé Assab vulnérable à une perte future. Le dernier coup dur est survenu avec le renversement du régime militaire éthiopien en 1991. Les groupes rebelles qui ont pris le pouvoir — le Front populaire de libération du Tigré (TPLF/EPRDF) et le Front populaire de libération de l’Érythrée (EPLF) — ont combattu aux côtés les uns des autres contre les forces coloniales et impérialistes. Pourtant, leur décision précipitée et non légiférée de céder Assab à l’Érythrée en 1993 a constitué une trahison de la souveraineté de l’Éthiopie. Le gouvernement de transition, dirigé par Meles Zenawi, a agi sans ratification parlementaire ni consultation publique. En conséquence, l’Éthiopie s’est retrouvée enclavée, privée de son accès souverain à la mer et de ses infrastructures portuaires vitales. Il ne s’agissait pas seulement d’une perte territoriale ; c’était un coup porté à l’indépendance économique, à la fierté nationale et à la sécurité stratégique de l’Éthiopie. Le récit historique de l’Éthiopie est celui de la résilience et de la souveraineté. La perte d’Assab n’était pas un destin inévitable, mais le résultat de la cupidité coloniale, de la tromperie diplomatique et de la négligence politique. Il est temps que l’Éthiopie retrouve l’accès à la mer qui lui revient de droit — un élément essentiel de sa souveraineté et de sa prospérité future. Le rétablissement des droits maritimes de l’Éthiopie ne consiste pas seulement à rectifier des injustices historiques, mais constitue également une étape cruciale vers la dignité nationale et l’indépendance économique. Les mers de l’Éthiopie sont son droit de naissance, et l’heure est venue de se battre pour cet héritage — la justice n’en exige pas moins.
Comment l'Érythrée s'est-elle enlisée dans un cercle vicieux de déclin ?
Aug 13, 2026 389
La stagnation délibérée de l'Érythrée : héritages des conflits par procuration, politiques anti-éthiopiennes et coût de l'isolement Le 13 août, 2026 (ENA) Par Jibril Lammo À une époque marquée par une transformation continentale dynamique, des changements socio-économiques accélérés et des révolutions infrastructurelles modernes à travers l’Afrique de l’Est, les réalités observables juste de l’autre côté de la frontière nord de l’Éthiopie offrent un tableau saisissant et qui donne à réfléchir, fait de contrastes. Guidée par la vision globale du Medemer, l’Éthiopie continue de mener à bien des projets de développement de grande envergure, de redéfinir les espaces urbains et de bâtir des institutions nationales durables. Pourtant, juste à côté de ce moteur économique en plein essor, l’Érythrée reste prisonnière d’un cycle auto-infligé de déclin économique, d’isolement institutionnel et de stagnation historique. Des documents visuels récents produits par des créateurs de contenu internationaux indépendants et des vlogueurs de voyage du monde entier ont remis ce fossé en évidence avec une clarté saisissante. Les reportages publiés par des créateurs tels que Davud Akhundzada, aux côtés des vlogueurs de voyage britanniques et russes Matt et Julia, offrent un aperçu sans fard d’une société figée dans le temps. Les observateurs ne cessent de décrire un environnement qui semble avoir régressé de plus d’un demi-siècle, complètement déconnecté des réseaux financiers numériques, des télécommunications modernes et des infrastructures industrielles qui caractérisent désormais la région. Dans une séquence particulièrement frappante diffusée à l'échelle mondiale, un jeune Érythréen d'Asmara est filmé en direct alors qu'il demande ouvertement à un visiteur de lui donner une simple miche de pain. Ce moment offre un constat de réalité indéniable qui démolit complètement la propagande d'État vantant la sécurité alimentaire autonome et l'autosuffisance agricole, longtemps promues par le pouvoir en place à Asmara. Les racines de la politique de proxy égyptienne et un héritage d’hostilité Pour comprendre pourquoi l’Érythrée continue de se détériorer alors que des économies voisines comme celle de l’Éthiopie connaissent une expansion sans précédent, il faut analyser ses origines politiques profondes. Conçu et soutenu historiquement par Le Caire au milieu du XXe siècle, le mouvement Shabia — une émanation de la structure initiale de la Jebeha établie en Égypte — a été spécifiquement conçu comme un projet de proxy anti-éthiopien. L’objectif stratégique principal de ses commanditaires extérieurs était simple : couper l’accès direct de l’Éthiopie à la mer Rouge, immobiliser ses ressources nationales et entraver de manière permanente sa capacité à exploiter ses ressources hydriques naturelles le long du bassin de l’Abay (le Nil). Au cours des trois décennies qui ont suivi sa séparation officielle de l’Éthiopie, la clique au pouvoir à Asmara a systématiquement refusé de passer d’une organisation rebelle belliqueuse à un appareil d’État constructif axé sur la construction nationale. Au lieu de consacrer son budget national aux infrastructures, à l’éducation et aux systèmes de santé du pays, le régime a transformé la nation en une base principale de déstabilisation régionale. Presque toutes les menaces majeures pour la sécurité, les tentatives de subversion interne et les insurrections armées auxquelles l’Éthiopie a été confrontée au cours des trente dernières années ont été planifiées, financées ou abritées sur le territoire érythréen. Cette obsession singulière visant à saper l’Éthiopie a dévasté les capacités internes de l’Érythrée. Aujourd’hui, le pays fonctionne dans un isolement quasi total, caractérisé par une absence totale de systèmes bancaires modernes, de distributeurs automatiques de billets, d’accès commercial à Internet, d’élections démocratiques et de libertés civiles fondamentales. L’ancrage artificiel de sa monnaie nationale n’est qu’une façade de pacotille qui ne parvient pas à masquer une inflation intérieure galopante, de graves pénuries d’approvisionnement et une pauvreté structurelle profonde. L'alliance contre nature : le complot et la subversion « Tsimdo » Rien ne révèle plus clairement la volonté singulière du régime de déstabiliser l’Éthiopie que le soutien récemment apporté par Asmara à la coalition connue sous le nom de Tsimdo. Dans un remarquable revirement d’opportunisme géopolitique, les dirigeants érythréens ont forgé une alliance contre nature avec des factions radicales du TPLF et des groupes armés associés — ces mêmes entités avec lesquelles ils avaient auparavant mené un conflit armé dévastateur. Cet alignement démontre qu’Asmara agit sans aucune cohérence idéologique, guidée uniquement par un programme destructeur visant à porter atteinte à l’unité nationale éthiopienne. Constituée à l’issue de réunions clandestines à Asmara, Mekelle et dans les centres frontaliers régionaux, cette alliance Tsimdo n’apporte aucun bénéfice aux citoyens ordinaires d’Érythrée. Au lieu de consacrer ses maigres réserves de devises étrangères à la sécurité alimentaire nationale, aux services de santé ou à l’aide économique, le régime d’Asmara consacre ses ressources limitées à financer, armer et héberger ces éléments insurgés. Le calcul stratégique qui sous-tend Tsimdo consiste à maintenir l’Éthiopie perpétuellement distraite, enlisée dans des conflits internes et incapable de déployer pleinement sa puissance économique et diplomatique. Pour le cercle dirigeant d’Asmara, tout revers subi par l’Éthiopie est interprété à tort comme une victoire, ce qui reflète une mentalité étroite et de type « somme nulle » qui privilégie l’hostilité régionale au détriment des besoins fondamentaux de survie de sa propre population. Le prix élevé du rejet de l’intégration économique régionale Selon la logique économique classique, la proximité d’un marché en pleine expansion comptant plus de 130 millions de personnes représente un avantage commercial extraordinaire. L’essor industriel de l’Éthiopie, l’expansion de ses centres urbains et la demande en forte hausse de biens et de services offraient à l’Érythrée une voie naturelle vers une prospérité économique durable. En s’intégrant aux corridors de transport régionaux, en fournissant des services logistiques portuaires complémentaires et en répondant à la demande des consommateurs éthiopiens, l’Érythrée aurait pu assurer une stabilité économique à long terme à sa population. Au lieu de cela, les dirigeants d’Asmara ont choisi de rester un pion régional au service d’intérêts extérieurs, privilégiant le sabotage géopolitique au détriment du bien-être matériel de leur peuple. La conséquence structurelle de ce choix est une économie aujourd’hui nettement plus pauvre qu’elle ne l’était lors de l’union avec l’Éthiopie. Le bilan humain de cette politique se traduit par un exode démographique dévastateur. Aujourd’hui, près d’un demi-million d’Érythréens résident en Éthiopie, et la population dynamique de jeunes Érythréens vivant et travaillant à Addis-Abeba dépasse désormais en nombre la population jeune restée à Asmara. Alors que des générations entières fuient le pays, le potentiel en ressources humaines de la nation continue de s’éroder. Cet exode massif met en évidence une vérité fondamentale : le régime d'Asmara considère ses propres citoyens comme totalement sacrifiables. Pour le cercle au pouvoir, les souffrances de la population sont secondaires par rapport à la poursuite de sa mission fondamentale : servir de levier extérieur pour contenir le potentiel souverain de l'Éthiopie et nuire à son rayonnement régional. Réalités post-Pretoria et évolutions à Asmara Lorsque le gouvernement réformateur dirigé par le Premier ministre Abiy Ahmed est entré en fonction, l’Éthiopie a tendu une branche d’olivier historique à Asmara, lançant ainsi un processus de réconciliation pacifique qui lui a valu les éloges de la communauté internationale et le prix Nobel de la paix. Cet effort diplomatique trouvait son origine dans une volonté sincère de construire une Corne de l’Afrique pacifique, interconnectée et économiquement intégrée, où les populations voisines pourraient prospérer ensemble. Cependant, les limites structurelles de la direction politique d’Asmara sont apparues au grand jour après la fin du conflit dans le nord de l’Éthiopie. La signature de l’accord de paix historique de Pretoria a permis de mettre fin aux hostilités actives, de préserver l’ordre constitutionnel de l’Éthiopie et d’établir un cadre pacifique pour le dialogue et la reconstruction — un résultat globalement gagnant-gagnant pour l’intégrité nationale et la stabilité régionale. Pourtant, cette résolution pacifique s’est heurtée à une profonde hostilité de la part du régime érythréen, qui était déterminé à pousser le conflit vers une destruction régionale totale plutôt que vers un règlement politique négocié. Rongé par la jalousie face au succès de la résolution diplomatique de l’Éthiopie, Asmara a rapidement renversé ses orientations en matière de politique étrangère, formant des partenariats tactiques avec les entités politiques mêmes contre lesquelles il s’était auparavant battu. Cet opportunisme flagrant a prouvé une fois de plus que les actions du régime sont guidées uniquement par une volonté inébranlable de punir et de fragmenter l’Éthiopie, plutôt que par un quelconque principe géopolitique cohérent. Une trajectoire imparable et la voie à suivre L’Éthiopie de l’ère Medemer est fondamentalement différente de l’État vulnérable des dernières décennies. Aujourd’hui, l’Éthiopie figure parmi les économies les plus dynamiques du continent africain, après avoir réussi à accroître ses recettes en devises étrangères, à doubler son produit économique global et à consolider ses capacités de défense nationale. Guidée par une vision claire à long terme, l’Éthiopie met activement en œuvre sa stratégie des « deux eaux » afin de corriger les injustices historiques et de garantir la place qui lui revient sur les plans économique et maritime. Les capacités étatiques développées en Éthiopie — qu’il s’agisse de grands travaux de génie civil, de l’intégration à l’économie numérique, de la productivité agricole ou de la lutte contre la pauvreté — constituent une ressource puissante dont pourrait bénéficier l’ensemble de la région. Si les dirigeants d’Asmara choisissaient d’abandonner leur rôle obsolète de mandataire et de gouverner dans l’intérêt concret de leur population, ils trouveraient de l’autre côté de la frontière une immense expertise structurelle à imiter et à partager. La marche souveraine de l’Éthiopie vers la prospérité nationale, l’intégration régionale et le leadership économique ne sera ni retardée ni entravée par l’hostilité extérieure. Il appartient entièrement aux autorités d’Asmara de corriger leur trajectoire historique et d’adopter un partenariat régional constructif, ou de rester prisonnières d’un isolement qu’elles se sont elles-mêmes imposé tandis que le reste de la Corne de l’Afrique va de l’avant.
Le dialogue national en Éthiopie : une voie historique vers la paix et le consensus national
Aug 12, 2026 413
Par Yordanos D. 12 août 2026 (ENA) L’Éthiopie s’apprête à vivre l’un des moments les plus décisifs de son histoire politique moderne. Après des décennies marquées par la polarisation politique, des conflits récurrents, des désaccords constitutionnels et des discours nationaux contradictoires, le pays se lance dans l’une de ses initiatives les plus ambitieuses visant à résoudre des questions politiques et sociales fondamentales par le dialogue plutôt que par la confrontation. Le Dialogue national éthiopien actuellement en cours représente une tentative de créer une plateforme nationale où des citoyens issus de divers horizons politiques, ethniques, religieux et sociaux peuvent discuter ouvertement des enjeux qui ont façonné le paysage politique du pays et rechercher collectivement des solutions fondées sur le consensus, la compréhension mutuelle et l’engagement pacifique. Au-delà d’un simple processus de consultation politique, le Dialogue national revêt une importance plus large pour l’avenir de l’Éthiopie. Il devrait offrir l’occasion de rétablir la confiance du public, de renforcer les institutions démocratiques, de promouvoir la réconciliation et d’instaurer une culture où les désaccords sont gérés par le dialogue, le compromis et les mécanismes constitutionnels plutôt que par le conflit. L’importance de ce processus réside non seulement dans les questions qu’il aborde, mais aussi dans l’approche qu’il met en place. Dans un pays où les désaccords politiques ont souvent entraîné instabilité et violence, le Dialogue national vise à créer un nouveau cadre permettant de résoudre les divergences grâce à une participation inclusive et à une responsabilité partagée. Genèse La Commission éthiopienne du dialogue national (ENDC) n’est pas apparue de nulle part. Une question se posait depuis longtemps dans l’ensemble de la population, que beaucoup qualifiaient de « consensus national ». Cependant, elle n’avait pas retenu l’attention avant le changement de gouvernement intervenu en 2018. Conscient de ces revendications et d’autres enjeux cruciaux qui ont conduit les Éthiopiens au conflit, le gouvernement a décidé de permettre aux Éthiopiens de se réunir autour d’une table pour discuter des principaux défis nationaux et les résoudre une fois pour toutes. C’est ainsi que la Commission éthiopienne du dialogue national (ENDC) a été créée en vertu de la proclamation n° 1265/2021 en tant qu’institution fédérale indépendante et impartiale, responsable devant la Chambre des représentants des peuples. La création de la Commission fait suite à des années d’incertitude politique, de conflits armés, de différends constitutionnels et de désaccords entre les acteurs politiques et les communautés sur des questions fondamentales liées à l’identité de l’Éthiopie, à son système de gouvernance, à son organisation fédérale, à l’interprétation de son histoire et au processus de construction de l’État. Pendant des décennies, ces questions non résolues ont influencé la concurrence politique et contribué à des tensions récurrentes dans tout le pays. Différents groupes ont développé des points de vue divergents sur des questions telles que l’identité nationale, la représentation politique, les structures administratives et les relations entre le gouvernement fédéral et les États régionaux. Conscient que ces questions complexes ne pouvaient être traitées de manière durable par la concurrence politique, des mesures de sécurité ou des réformes isolées, le Parlement éthiopien a créé la Commission du dialogue national afin de faciliter un débat national global visant à identifier des points communs et à forger un consensus. La Commission fonctionne selon les principes d’inclusivité, de transparence, d’impartialité, de crédibilité, de respect mutuel, de démocratie, d’intérêt national, d’État de droit et de reconnaissance des traditions autochtones éthiopiennes en matière de résolution des conflits. Son mandat consiste notamment à identifier les causes profondes des désaccords nationaux, à recueillir les propositions des citoyens, à organiser des consultations à différents niveaux administratifs, à faciliter les discussions entre les parties prenantes, à consigner les recommandations et à soutenir la mise en œuvre des résultats convenus. Processus de consultation et état d’avancement L’une des caractéristiques déterminantes du Dialogue national éthiopien réside dans l’importance accordée à une large participation publique. Contrairement aux initiatives politiques qui, historiquement, se limitaient aux institutions gouvernementales ou aux élites politiques, ce processus a été conçu pour impliquer les communautés à travers tout le pays et offrir un espace d’expression à des voix diverses. Le processus de collecte des thèmes à l’ordre du jour a touché les communautés, du niveau des woredas jusqu’aux instances régionales et fédérales, permettant ainsi aux citoyens d’identifier les enjeux qu’ils considèrent comme essentiels pour l’avenir de l’Éthiopie. Les Éthiopiens vivant à l’étranger ont également été associés au processus grâce à des consultations de la diaspora visant à garantir que les points de vue provenant de l’extérieur du pays contribuent au débat national. Le processus a cherché à impliquer un large éventail de groupes sociaux, notamment les partis politiques, les organisations de la société civile, les institutions religieuses, les associations de femmes et de jeunes, les groupes professionnels, les universités, les milieux d’affaires, les médias, les chefs traditionnels, les anciens, les personnes en situation de handicap et les personnes déplacées à l’intérieur du pays. Pour soutenir ce vaste processus de consultation, la Commission a formé des milliers d’animateurs et de collaborateurs chargés d’organiser les discussions, de recueillir les préoccupations du public et d’accompagner la sélection des participants. L’accent mis sur l’inclusion reflète la conviction que la crédibilité du Dialogue national dépend de la perception qu’ont les citoyens de différentes régions et de différents milieux sociaux que leurs préoccupations sont représentées. Une attention particulière a été accordée aux communautés qui, historiquement, ont peu participé à la prise de décision nationale, notamment les populations rurales, les communautés pastorales, les femmes, les jeunes et les groupes touchés par les conflits. À l’issue de consultations approfondies menées dans tout le pays, le processus de dialogue national entre dans une phase décisive avec la tenue prévue de la Conférence du dialogue national. Cette conférence constitue le cadre central au sein duquel des représentants de différents secteurs de la société éthiopienne mèneront des discussions structurées sur les enjeux identifiés lors des consultations précédentes. La conférence a réuni des milliers de participants représentant les États régionaux, les institutions fédérales, les organisations politiques, les groupes de la société civile, les institutions religieuses, les associations professionnelles, les jeunes, les femmes, les aînés et les membres de la diaspora éthiopienne. L’ampleur de la participation reflète l’ambition de ce processus. Plutôt que d’être une simple négociation entre élites politiques, la conférence vise à devenir une plateforme nationale où des groupes divers peuvent délibérer sur les enjeux qui affectent l’avenir politique du pays. Les participants discutent actuellement des grands enjeux nationaux, notamment la construction de l’État et l’identité nationale, les dispositions constitutionnelles et fédérales, l’État de droit et les droits de l’homme, la consolidation de la paix et la réconciliation, le développement socio-économique et la bonne gouvernance. La structure de la conférence est conçue pour favoriser des discussions constructives plutôt qu’un simple débat politique. Les participants s’exprimeront au sein de petits groupes de discussion avant de passer à des séances plus larges où les idées et les recommandations pourront être synthétisées. Cette approche vise à permettre aux participants d’examiner attentivement des questions complexes, d’identifier les points d’accord et de désaccord, et d’élaborer des recommandations fondées sur une délibération collective. La Commission a indiqué que les recommandations issues de la conférence feront l’objet d’un examen approfondi avant d’être intégrées à son rapport final. Ces recommandations pourraient servir de lignes directrices pour de futures réformes politiques, des mesures législatives et d’éventuels ajustements constitutionnels. Une caractéristique importante de ce processus est le principe selon lequel tous les participants s’exprimeront sur un pied d’égalité. Les responsables gouvernementaux, les représentants politiques, les universitaires, les officiers militaires, les chefs religieux, les personnalités du monde des affaires, les anciens traditionnels et les citoyens ordinaires sont appelés à participer sans privilège institutionnel. Cette approche vise à encourager une discussion ouverte et à créer un environnement où différentes perspectives peuvent s’exprimer librement. Aborder les questions nationales cruciales Au cœur du Dialogue national se trouvent certaines des questions les plus complexes et les plus anciennes de l’Éthiopie. L’histoire, l’identité, la structure politique et le système de gouvernance du pays ont été interprétés différemment par divers groupes. Ces points de vue divergents ont façonné les mouvements politiques et contribué à des tensions autour de questions telles que le fédéralisme, l’identité nationale, la répartition des ressources et la représentation. Le Dialogue national offre l’occasion d’aborder ces questions par le biais d’une discussion pacifique plutôt que par une confrontation politique. Les participants sont invités à examiner les questions liées à la réforme constitutionnelle, à la gouvernance démocratique, aux systèmes électoraux, à la responsabilité des institutions, à la protection des droits et aux mécanismes de résolution pacifique des différends. L’objectif du dialogue n’est pas nécessairement d’éliminer tous les désaccords, car les divergences sont naturelles dans une société diversifiée. Il s’agit plutôt d’établir un cadre commun permettant de gérer ces désaccords par le biais d’institutions démocratiques et de processus pacifiques. Consolidation de la paix par la réconciliation nationale La consolidation de la paix reste l’un des principaux espoirs suscités par le Dialogue national. Des années de conflit ont entraîné des pertes humaines, des déplacements de population, des perturbations économiques et de profondes divisions sociales dans différentes régions d’Éthiopie. Ces expériences ont mis en évidence la nécessité de mettre en place des mécanismes permettant de répondre aux griefs, de rétablir la confiance et de promouvoir la réconciliation entre les communautés. Le Dialogue national pourrait contribuer à la paix en offrant aux groupes ayant des expériences et des points de vue différents la possibilité de dialoguer directement et de rechercher un terrain d’entente. Ce processus devrait également venir compléter les efforts de justice transitionnelle en favorisant les discussions sur la responsabilité, la recherche de la vérité, la réconciliation, les réparations, la réforme institutionnelle et l’apaisement national. Un dialogue fructueux pourrait contribuer à réduire la polarisation politique en encourageant les groupes rivaux à rechercher des solutions par la négociation et l’engagement démocratique plutôt que par la violence. Renforcer la démocratie Une autre attente majeure du Dialogue national est le renforcement des institutions démocratiques éthiopiennes. La démocratie ne repose pas seulement sur les élections, mais aussi sur la capacité des institutions à gérer les désaccords, à protéger les droits et à garantir la confiance des citoyens dans le système politique. Si le dialogue débouche sur des recommandations largement acceptées, il pourrait contribuer à renforcer les institutions, à améliorer la responsabilité et à accroître la confiance du public dans les structures gouvernementales. Ce processus pourrait également soutenir les efforts visant à renforcer des institutions telles que le pouvoir judiciaire, les organes électoraux et les forces de l’ordre, qui jouent un rôle essentiel pour garantir la stabilité politique et protéger les droits des citoyens. Grâce à une participation inclusive et à la recherche d’un consensus, le Dialogue national a le potentiel de créer les conditions d’une compétition politique plus pacifique et d’une gouvernance démocratique plus solide. Des opportunités économiques grâce à la stabilité politique La stabilité politique reste l’un des piliers essentiels de la transformation économique de l’Éthiopie. Si le Dialogue national parvient à réduire les incertitudes et à consolider la paix, il pourrait renforcer la confiance des investisseurs, stimuler l’activité économique et créer des conditions plus favorables à la reconstruction et au développement dans les zones touchées par les conflits. Les ressources auparavant consacrées à la gestion des conflits pourraient de plus en plus soutenir les priorités nationales telles que l’éducation, les soins de santé, le développement des infrastructures, la modernisation agricole, la croissance industrielle et la création d’emplois. Un environnement politique plus stable renforcerait la capacité de l’Éthiopie à attirer les investissements, à développer ses échanges commerciaux et à consolider sa position parmi les principales économies émergentes d’Afrique. L’expérience montre que la paix et le développement sont étroitement liés. Un progrès économique durable nécessite une stabilité politique, des institutions solides et la confiance du public. Importance régionale et continentale L’importance du dialogue national éthiopien dépasse les frontières du pays. En tant que centre diplomatique de l’Afrique et siège de grandes institutions continentales, l’Éthiopie joue un rôle significatif dans la paix, la sécurité et la coopération économique régionales. Une Éthiopie plus pacifique et plus stable contribuerait à une stabilité plus large dans la Corne de l’Afrique en soutenant le commerce régional, la connectivité des infrastructures, la gestion des migrations et la coopération diplomatique. Ce processus pourrait également fournir des enseignements précieux à d’autres pays africains confrontés à des divisions politiques, à des différends constitutionnels et à des défis post-conflit. En cas de succès, l’expérience de l’Éthiopie pourrait démontrer le potentiel des processus de dialogue menés sous l’égide nationale en tant qu’outils permettant de résoudre des défis politiques complexes et de renforcer les transitions démocratiques. Un moment décisif pour l’Éthiopie En résumé, le Dialogue national éthiopien représente l’un des efforts les plus complets déployés par le pays pour résoudre les désaccords politiques, constitutionnels et sociaux par le biais d’une consultation pacifique. Son succès dépendra non seulement des discussions elles-mêmes, mais aussi de la capacité à traduire les recommandations en réformes concrètes et de la volonté des parties prenantes de mettre en œuvre les résultats convenus. Si un large consensus est atteint et que les réformes sont menées à bien, ce dialogue pourrait constituer un tournant historique pour l’Éthiopie, en créant des institutions plus solides, une réconciliation plus profonde et un environnement politique plus inclusif. Pour l’Éthiopie, ce processus représente une occasion de dépasser les cycles de confrontation et d’instaurer une culture du dialogue, du compromis et de la responsabilité partagée. Pour l’Afrique, il pourrait devenir un exemple important de la manière dont une consultation nationale inclusive peut contribuer à la paix, au renouveau démocratique et au développement durable. En fin de compte, le Dialogue national ne vise pas seulement à résoudre les désaccords actuels. Il s’agit de déterminer si l’Éthiopie peut transformer sa diversité et ses différences en un fondement pour la coopération, la stabilité et un avenir national commun.
Une semaine historique pour l’Éthiopie : révolution verte, souveraineté numérique et consensus national
Aug 10, 2026 343
Rédaction 10 août 2026 (ENA) Certaines semaines se mesurent à l’aune des événements qu’elles engendrent. D’autres restent dans les mémoires pour la direction qu’elles révèlent. Pour l’Éthiopie, la semaine écoulée a été marquée par une série d’événements dont la portée a largement dépassé celle de simples annonces. Des millions de citoyens se sont rassemblés sous une pluie battante pour semer les graines d’un avenir écologique ; le pays a franchi la barre des 50 millions d’utilisateurs dans son système national d’identité numérique ; des efforts renouvelés ont été déployés pour forger un consensus politique ; et une vaste campagne de lutte contre la criminalité économique a été lancée. Cette semaine a ainsi offert l’image d’un pays qui pose progressivement les fondations de son prochain chapitre. Que ce soit dans les domaines de l’environnement, de la technologie, de la gouvernance, de la sécurité ou des infrastructures, un fil conducteur s’est dégagé : la recherche d’une plus grande capacité nationale, d’une plus grande résilience et d’une plus grande autonomie. Semer l’espoir, un jeune arbre à la fois C’est sans doute dans le cadre de l’initiative « Green Legacy » (Héritage vert) de l’Éthiopie que l’ampleur de cette mobilisation nationale a été la plus visible. Au cours d’une campagne remarquable de 12 heures menée sous le thème « Semons l’espoir », l’Éthiopie a planté plus de 805,3 millions de jeunes arbres, établissant ainsi un nouveau record environnemental. L’opération a couvert quelque 291 400 hectares et a mobilisé pas moins de 26,2 millions de citoyens à travers tout le pays. L’ampleur de l’opération était impressionnante. Mais sa signification la plus profonde résidait dans ce qui se cachait derrière ces chiffres. Des millions d’Éthiopiens se sont mobilisés malgré les pluies saisonnières torrentielles, transformant ce qui aurait pu n’être qu’une campagne environnementale ordinaire en une démonstration nationale de participation citoyenne et de responsabilité collective. Le Premier ministre Abiy Ahmed a su saisir l’esprit de cette journée en déclarant : « Malgré le défi redoutable que représentait la plantation de jeunes arbres tout au long de la journée sous des pluies torrentielles, plus de 26,2 millions d’Éthiopiens se sont mobilisés pour semer l’espoir en l’avenir. Cet esprit extraordinaire prouve que lorsque nous nous unissons autour d’une vision commune, aucun obstacle n’est insurmontable. » Cette réussite a également inscrit cette semaine dans la trajectoire plus large de l’initiative « Green Legacy ». Plus de 6,5 milliards de jeunes plants ont déjà été plantés au cours de l’année éthiopienne en cours, il en reste donc 1,5 milliard à planter pour atteindre l’objectif saisonnier de 8 milliards de jeunes plants. Pourtant, cette initiative va de plus en plus au-delà de la simple plantation d’arbres. Dans toutes les régions, les responsables gouvernementaux et les communautés locales ont associé cette campagne à la conservation des sols, à la réhabilitation des bassins versants, à la sécurité alimentaire et à la protection des infrastructures hydrauliques essentielles. Les membres du gouvernement et les dirigeants régionaux ont également profité de cette mobilisation pour renforcer les efforts de lutte contre l’envasement autour des barrages. Ce qui a commencé comme une campagne de plantation d’arbres prend de plus en plus la forme d’une stratégie nationale de résilience climatique, visant à relier la restauration de l’environnement à la sécurité économique et écologique à long terme du pays. Renforcer les frontières numériques de l’Éthiopie Alors que l'Éthiopie accélère sa transformation numérique, le gouvernement prend des mesures pour sécuriser les infrastructures qui la sous-tendent. Cette semaine, la proclamation n° 1426/2026 relative à la cybersécurité des infrastructures critiques a été présentée comme une avancée majeure vers la protection des systèmes numériques stratégiques face aux cybermenaces croissantes. La directrice générale de l’INSA, Tigist Hamid, a déclaré que cette loi établissait un cadre complet pour la surveillance des risques cybernétiques et la coordination des réponses dans 12 secteurs critiques, notamment la finance, les télécommunications, la santé, l’énergie, l’eau, les transports et les services publics. La proclamation impose aux opérateurs d’infrastructures critiques de renforcer les évaluations des risques, les audits de cybersécurité et la gouvernance en matière de sécurité, tout en créant un fonds dédié à la cybersécurité afin de soutenir la résilience, l’innovation et le développement des compétences. À mesure que l’identité numérique, les paiements électroniques et les services publics en ligne se développent, ce nouveau cadre vise à garantir que la transformation numérique de l’Éthiopie s’accompagne d’une protection renforcée de ses données nationales, de ses systèmes critiques et de sa souveraineté numérique. La recherche d’un consensus Au-delà de la technologie et de la restauration de l’environnement, le projet le plus déterminant de l’Éthiopie reste d’ordre politique : trouver un cadre durable pour un consensus national. Cet effort a franchi une nouvelle étape cette semaine, alors que les consultations menées dans le cadre du Dialogue national ont réuni plus de 4 000 délégués représentant différents secteurs de la société au Centre international des congrès d’Addis-Abeba. L’importance de ce rassemblement ne réside pas seulement dans le nombre de participants, mais aussi dans les questions difficiles qui y sont abordées. L’histoire politique de l’Éthiopie a été façonnée par des interprétations divergentes du pouvoir, de l’identité, de la représentation et des opportunités économiques. Le Dialogue national vise à faire évoluer ces désaccords, en les faisant passer de la confrontation à une discussion structurée — et, à terme, vers une culture politique capable de gérer les différences sans les transformer sans cesse en crises. Au cours d’une longue interview télévisée, le Premier ministre Abiy Ahmed est revenu sur les racines historiques des luttes populaires et sur les échecs qui ont contribué à les engendrer. Il a fait valoir que la compréhension du passé est essentielle, non pas pour perpétuer les anciennes divisions, mais pour s’attaquer aux problèmes structurels qui les ont engendrées. « Les luttes populaires historiques de notre passé visaient fondamentalement à remédier aux défaillances de la gouvernance au niveau du système et à la marginalisation économique — et non à démanteler l’unité nationale. Une véritable construction de l’État exige que nous reconnaissions ces réalités historiques tout en canalisant de manière constructive nos efforts vers la construction d’un avenir démocratique partagé et équitable. » Cette distinction est au cœur de la recherche de consensus menée par le pays : reconnaître les griefs sans leur permettre de devenir des lignes de fracture politiques permanentes. Le défi consiste désormais à traduire ce dialogue en institutions, en accords et en une culture politique capable de préserver l’unité du pays tout en tenant compte de sa diversité. Protéger le front économique La transformation économique de l’Éthiopie est également confrontée à une lutte contre les réseaux qui cherchent à exploiter les faiblesses du système. Cette semaine, le gouvernement a pris des mesures décisives à l’encontre d’individus, d’entreprises et de fonctionnaires accusés de corruption et d’activités économiques illégales sapant la réforme macroéconomique en cours. Le ministre chargé de la Communication gouvernementale, Enatalem Melese, a déclaré que ces réseaux avaient contribué à la pénurie de devises étrangères, aux pressions inflationnistes, au commerce de contrebande et aux pénuries artificielles de biens de première nécessité. Cette vague de répression a déjà conduit à la mise sous scellés de plus de 7 000 entreprises et entrepôts, tandis que 169 personnes accusées de transferts d’argent illégaux, d’activités de hawala et de transactions monétaires au marché noir ont été traduites en justice. Les autorités ont également ciblé le commerce illicite de l’or, la corruption liée aux carburants et aux engrais, la fraude fiscale, les flux financiers illégaux et les ventes d’électricité non autorisées, des centaines de suspects faisant l’objet d’enquêtes ou de poursuites judiciaires. L'ampleur de cette opération souligne un message central du programme de réforme : la transformation économique nécessite non seulement de nouvelles politiques et de nouveaux investissements, mais aussi des institutions capables de protéger le système contre la corruption, les marchés illicites et le détournement des ressources nationales. Énergie, eau et perspectives régionales Les ambitions de l’Éthiopie en matière d’infrastructures ont continué de s’inscrire dans le cadre de son rôle régional plus large, notamment dans les domaines de l’énergie et de l’eau. À la suite des dernières étapes franchies concernant le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne, les ingénieurs spécialisés dans les ressources en eau et les analystes du secteur de l’énergie ont souligné l’importance de maintenir cette dynamique par la poursuite du développement hydroélectrique le long du bassin de l’Abay. Cet argument va au-delà de la production d’électricité nationale. Une capacité de production supplémentaire, combinée à des infrastructures de transport d’électricité renforcées, pourrait consolider la position de l’Éthiopie en tant que fournisseur majeur d’électricité pour les pays voisins et contribuer à l’intégration progressive des marchés de l’électricité en Afrique de l’Est. L’équation stratégique est de plus en plus claire : les ressources en eau et en énergie de l’Éthiopie ne sont pas seulement des atouts pour le développement national ; elles peuvent également devenir des instruments d’intégration économique régionale. Parallèlement, les progrès réalisés dans les systèmes locaux d’approvisionnement en eau potable et les réseaux de surveillance des maladies ont ajouté une nouvelle dimension au programme de résilience du pays. De la santé publique à la protection de l’environnement, l’objectif commun est de plus en plus celui de la préparation : mettre en place des systèmes capables d’absorber les chocs avant qu’ils ne se transforment en crises nationales. Une semaine qui a révélé une orientation Pris séparément, les événements de la semaine pourraient sembler appartenir à des mondes totalement différents. La plantation d’arbres relève de l’environnement. L’identité numérique relève de la technologie. Le dialogue national relève de la politique. L’application des mesures économiques relève de la sécurité. L’hydroélectricité relève des infrastructures. Mais considérés dans leur ensemble, ils racontent une histoire plus cohérente. Ils mettent en lumière un pays qui cherche à renforcer les fondements de sa souveraineté — de la restauration de ses terres et de la protection de ses ressources en eau à la sécurité de ses systèmes numériques, en passant par l’intégrité de son économie et des institutions grâce auxquelles les divergences politiques sont gérées. La plus grande réussite d’une telle semaine n’est donc peut-être pas un bilan, un programme ou une consultation en particulier. C’est la prise de conscience naissante que la transformation nationale nécessite des capacités sur tous les fronts à la fois. Un environnement plus vert. Une population plus connectée. Des institutions plus solides. Une économie plus sûre. Une plus grande capacité énergétique. Et, surtout, une culture politique capable de transformer la diversité de l’Éthiopie, pour qu’elle cesse d’être une source de confrontations récurrentes et devienne le fondement d’un objectif commun. C’est ce qui a donné tout son sens à cette semaine. Ce n’était pas simplement une semaine marquée par des étapes importantes. C’était une semaine qui a offert un nouvel aperçu de l’Éthiopie que l’on construit pour demain.
L'aventurisme militaire du régime érythréen risque de replonger la Corne de l'Afrique dans le conflit
Aug 9, 2026 406
Par la rédaction Le 9 août, 2026 (ENA) La Corne de l’Afrique est à nouveau confrontée au risque d’une escalade militaire et politique, alors que de nouvelles manœuvres impliquant l’Érythrée, des acteurs politiques et militaires illégaux dirigés par le TPLF, ainsi que d’autres forces régionales et extérieures, menacent de compromettre la paix fragile obtenue après des années de conflit dévastateur. Au cœur de ces préoccupations se trouve le Tigré, une région qui peine encore à se remettre des destructions, des déplacements de population et des souffrances humaines causés par la guerre de 2020 à 2022. Le conflit a pris fin avec la signature de l’accord de cessation des hostilités de Pretoria (CoHA), offrant à la région une occasion de s’engager sur la voie de la reconstruction, de la réconciliation et du dialogue politique. Cette opportunité reste toutefois fragile. Des informations faisant état de nouveaux contacts militaires impliquant des responsables érythréens et d’anciennes figures militaires du TPLF au Tigray ont fait craindre que les désaccords politiques ne se transforment à nouveau en calculs militaires. Dans un contexte de tensions impliquant l’Éthiopie, l’Érythrée, l’Égypte et des groupes armés de la région, de tels développements risquent de transformer les défis politiques internes de l’Éthiopie en une confrontation régionale plus large. La question centrale n’est pas seulement de savoir quels acteurs politiques pourraient tirer profit de ces nouvelles alliances, mais aussi qui en subira les conséquences si celles-ci débouchent sur un nouveau conflit. Pour la population du Tigray, en particulier ses jeunes, la réponse est douloureusement familière. Implication militaire étrangère L’une des questions les plus préoccupantes concerne les informations faisant état de contacts entre des responsables militaires érythréens et des figures militaires du TPLF, organisation interdite, au sein du Tigray. Les informations faisant état de rencontres entre des dirigeants érythréens et des chefs de factions du TPLF sur le territoire éthiopien ont soulevé des questions quant à l’objectif, à l’autorisation et aux implications de tels contacts. Si elle était confirmée, la présence de responsables militaires étrangers sur le territoire éthiopien sans l’autorisation du gouvernement fédéral soulèverait de sérieuses questions concernant la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale. Le Tigray fait partie intégrante de l’Éthiopie et ne doit pas devenir un terrain propice à des calculs militaires extérieurs ou à une rivalité géopolitique. Le moment choisi est également significatif. Le nord de l’Éthiopie a besoin de reconstruction, de relance économique, de réconciliation et de stabilité politique. Une reprise des opérations militaires risque de détourner l’attention et les ressources de ces priorités, tout en créant un climat propice à la résurgence de la méfiance et de la mobilisation. Le gouvernement fédéral et le peuple éthiopiens ont exprimé à maintes reprises leur volonté d’éviter une nouvelle guerre, notamment une reprise des affrontements avec l’Érythrée. Pour préserver cette retenue, tous les acteurs doivent s’abstenir de toute mesure susceptible de créer des faits accomplis sur le terrain et de transformer progressivement les tensions politiques en confrontation militaire. L’histoire des affrontements régionaux du régime érythréen Les préoccupations actuelles s’inscrivent également dans le contexte plus large de l’histoire régionale de l’Érythrée. Depuis son indépendance vis-à-vis de l’Éthiopie en 1993, Asmara a été impliquée dans une série de conflits militaires et de tensions diplomatiques avec ses pays voisins. La guerre frontalière entre l’Éthiopie et l’Érythrée, qui s’est déroulée de 1998 à 2000, reste l’illustration la plus frappante de la manière dont les différends politiques et territoriaux peuvent dégénérer en un conflit dévastateur. Des dizaines de milliers de personnes ont été tuées avant que l’accord d’Alger ne mette fin aux principales hostilités. Le rapprochement de 2018 entre Addis-Abeba et Asmara a marqué une amélioration spectaculaire des relations et a fait naître l’espoir d’une transformation durable des rapports entre les deux pays. Pourtant, des préoccupations sécuritaires non résolues et des intérêts stratégiques divergents ont continué à façonner la politique de la région. L’Érythrée a également connu de graves conflits et tensions sécuritaires impliquant le Yémen, Djibouti et le Soudan. Les détracteurs d’Asmara ont par conséquent accusé le gouvernement érythréen de s’appuyer fortement sur la pression militaire, les alliances stratégiques et les calculs sécuritaires pour faire valoir ses intérêts régionaux. Quelle que soit l’interprétation de ces épisodes, l’histoire démontre le danger qu’il y a à laisser les conflits régionaux se militariser. La Corne de l’Afrique a maintes fois payé un lourd tribut lorsque les désaccords politiques ont été réglés par la force plutôt que par une diplomatie soutenue. Le danger de la politique par procuration Le contexte géopolitique plus large rend la situation actuelle encore plus complexe. La rivalité stratégique entre l’Égypte et l’Éthiopie, notamment au sujet du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne et des intérêts concurrents dans le bassin du Nil et en mer Rouge, a ajouté une nouvelle dimension aux calculs régionaux. Tout alignement entre des acteurs extérieurs et des forces politiques nationales autour des divisions internes de l’Éthiopie pourrait aggraver l’instabilité. La possibilité que des intérêts régionaux concurrents convergent autour de groupes armés ou de factions politiques crée le risque de transformer les conflits internes en une confrontation par procuration. Le réseau signalé, impliquant le TPLF, l’Érythrée, les forces alignées sur le Fano et des acteurs extérieurs tels que l’Égypte, est donc particulièrement préoccupant. Cette alliance, parfois désignée sous le nom de « Tsimdo », pourrait, si elle évoluait vers un accord politique ou militaire coordonné, transformer la région du Tigray en Éthiopie et les zones voisines en un théâtre de confrontation entre des intérêts stratégiques concurrents. De tels accords peuvent offrir des avantages tactiques à court terme à certains acteurs. Mais les alliances formées autour d’un adversaire commun peuvent être intrinsèquement instables. Dès que les intérêts immédiats évoluent, d’anciens partenaires peuvent devenir des rivaux, laissant les civils subir les conséquences de conflits dont ils ne sont pas à l’origine. Pour l’Érythrée, un engagement plus profond dans les affaires intérieures de l’Éthiopie pourrait exposer sa propre population à une nouvelle confrontation régionale coûteuse. Pour les forces alignées sur le Fano, la coopération avec d’anciens adversaires pourrait transformer des revendications politiques en un conflit plus large revêtant des dimensions nationales et ethniques. Quant aux acteurs extérieurs, exploiter les divisions internes de l’Éthiopie pour servir leurs intérêts stratégiques pourrait déstabiliser davantage une région déjà fragile. Le peuple du Tigray ne doit pas payer Le plus grand danger réside dans le fait que les jeunes Tigréens pourraient à nouveau servir de boucs émissaires aux décisions prises par les élites politiques et militaires. Au cœur de cette menace se trouve le régime érythréen, dont le recours de longue date à des acteurs intermédiaires et à l’aventurisme militaire a, à maintes reprises, sapé les efforts de paix et alimenté l’instabilité dans toute la Corne de l’Afrique. Les jeunes de la région ont déjà subi la violence, les déplacements, les difficultés économiques et l’interruption de leur scolarité. Des milliers de familles continuent de subir les conséquences d’un conflit qui a bouleversé leurs moyens de subsistance. Les informations faisant état d’une reprise des recrutements et d’une mobilisation prétendument coercitive dans la région du Tigray ont donc renforcé l’inquiétude de la population. De telles allégations exigent un examen rigoureux, de la transparence et une obligation de rendre des comptes. Toute tentative visant à reconstituer des structures armées ou à mobiliser les jeunes en vue d’un nouveau conflit menacerait non seulement la sécurité immédiate, mais aussi l’avenir de toute une génération. Le Tigray n’a pas besoin d’une nouvelle campagne de mobilisation. Il a besoin d’écoles, d’hôpitaux, de routes, d’entreprises et d’institutions qui fonctionnent. Ses jeunes ont besoin d’opportunités pour étudier, travailler et fonder une famille, plutôt que d’être à nouveau précipités sur le chemin de la guerre. L'avenir politique de la région du Tigray doit donc être assuré par le dialogue et des processus politiques légitimes. Toute tentative visant à regagner de l'influence par la confrontation armée risquerait de reproduire la tragédie même dont la région se remet encore aujourd'hui. Une nouvelle confrontation entre l’Éthiopie et l’Érythrée ne resterait pas confinée à la frontière entre les deux pays. La Corne de l’Afrique est étroitement liée par la sécurité, le commerce, les migrations, les alliances politiques et les intérêts stratégiques. Une nouvelle guerre pourrait entraîner des groupes armés, des États voisins et des puissances extérieures, provoquant une crise dont les conséquences humanitaires et économiques seraient difficiles à maîtriser. Elle pourrait perturber les voies commerciales, accroître les déplacements de population, aggraver l’insécurité alimentaire et détourner des ressources destinées au développement et à la reconstruction. Pour l’Éthiopie, la reprise du conflit menacerait les progrès économiques et détournerait l’attention nationale des priorités de développement intérieures. Pour l’Érythrée, une nouvelle confrontation pourrait imposer des coûts humains et économiques supplémentaires à une population qui a déjà subi une militarisation prolongée. Pour le Tigray, les conséquences pourraient être catastrophiques, compte tenu du fait que la région ne s’est pas encore complètement remise de la guerre précédente. La leçon générale à en tirer est claire : une confrontation militaire échappe rarement au contrôle de ceux qui l’ont déclenchée. Une fois la violence déclenchée, les calculs politiques peuvent rapidement céder la place à une catastrophe humanitaire. Tous les habitants du Tigray devraient s’efforcer de renforcer la paix et la stabilité dans leur région en préservant l’accord de paix de Pretoria et en refusant de laisser les dirigeants déchus du TPLF, qui ont conclu une alliance contre nature avec des ennemis internes et externes, entraîner la population dans une guerre dévastatrice. L’accord de cessation des hostilités de Pretoria (CoHA) a démontré que même l’un des conflits les plus destructeurs de la Corne de l’Afrique pouvait être résolu par la négociation. Son importance va au-delà de la simple cessation des hostilités. Il a ouvert la voie au dialogue politique et à la reconstruction après des années de violences dévastatrices. Cette opportunité ne doit pas être compromise par de nouveaux préparatifs militaires. Si les autorités érythréennes entretiennent des relations avec des acteurs politiques ou militaires au Tigray, la transparence est essentielle. Ces relations doivent respecter la souveraineté de l’Éthiopie et contribuer à la paix plutôt qu’à la déstabilisation. Les acteurs politiques et militaires belligérants du TPLF, quant à eux, doivent reconnaître que la confrontation armée ne peut apporter de solution durable aux désaccords politiques. Le gouvernement éthiopien a également la responsabilité de faire preuve de retenue tout en traitant les questions de sécurité par des voies légales et diplomatiques. À cet égard, le gouvernement fédéral a déployé des efforts considérables pour faire preuve d’une retenue maximale malgré des préoccupations croissantes en matière de sécurité et des provocations répétées. Pour éviter une nouvelle guerre, il ne suffit pas d’être prêt sur le plan militaire ; il faut un engagement politique soutenu, des mesures visant à instaurer la confiance et une volonté sincère de toutes les parties de résoudre les différends par le dialogue plutôt que par la force. Le même principe s’applique aux acteurs extérieurs. Les puissances régionales et internationales devraient soutenir la paix, la reconstruction et le dialogue plutôt que d’encourager les divisions politiques susceptibles d’entraîner un nouveau cycle de violence. La Corne de l’Afrique a suffisamment souffert des conflits alimentés par la méfiance, la rivalité et l’aventurisme militaire. La région se trouve aujourd’hui confrontée à un choix : préserver les fragiles acquis de la paix ou laisser les calculs politiques rouvrir l’une de ses lignes de fracture les plus destructrices. Le Tigray ne doit pas devenir un champ de bataille pour les rivalités régionales. Le territoire éthiopien ne doit pas servir de théâtre à des manœuvres militaires étrangères non autorisées. Et la jeunesse du Tigray ne doit pas être sacrifiée une nouvelle fois au profit des ambitions d’élites politiques et militaires rivales. La responsabilité incombe à tous les acteurs. L’Érythrée doit éviter toute action menaçant la souveraineté de l’Éthiopie ou la stabilité régionale. Les forces politiques de la région du Tigré doivent poursuivre leurs objectifs par des moyens politiques pacifiques. L’Éthiopie doit continuer à faire preuve de retenue et à recourir à la diplomatie. Les puissances régionales et extérieures doivent résister à la tentation d’exploiter les divisions internes à des fins d’avantages stratégiques. Les conséquences d’un échec s’étendraient bien au-delà des acteurs politiques directs. Des familles perdraient une nouvelle fois des êtres chers, des communautés seraient confrontées à des déplacements, le développement serait perturbé et une nouvelle génération hériterait du fardeau de la guerre. Conclusion La Corne de l’Afrique se trouve à un tournant décisif. La région a aujourd’hui l’occasion de consolider la paix obtenue par la négociation ou de retomber dans les schémas destructeurs du passé. Pour le Tigray, la priorité doit être le redressement, la réconciliation et la reconstruction. Pour l’Éthiopie et l’Érythrée, elle doit être d’empêcher une nouvelle confrontation qui pourrait infliger des coûts énormes aux deux populations. Quant aux acteurs régionaux et extérieurs, leur responsabilité doit être de soutenir la stabilité plutôt que d’aggraver les divisions existantes. L’accord de Pretoria a montré que le dialogue peut réussir là où la guerre échoue. Il faut donc préserver ses promesses d’une nouvelle militarisation et d’un aventurisme politique. La population du Tigray a déjà payé un prix trop élevé pour la guerre. Son avenir ne devrait pas être déterminé par des alliances militaires forgées à huis clos ni par des calculs géopolitiques élaborés loin des communautés qui en subiraient les conséquences. Le choix qui s’offre à la région est, en fin de compte, simple : préserver la paix et donner à une génération l’opportunité de se reconstruire, ou laisser l’aventurisme militaire rouvrir un conflit dont les blessures ne sont pas encore cicatrisées. La Corne de l’Afrique ne peut se permettre de faire le mauvais choix.
Qui est vraiment bien hydraté ?
Aug 9, 2026 206
Par Yimer Ayele (de POA) Le 9 août, 2026 (ENA) Contrairement à une idée reçue et à la classification de l’Égypte comme pays souffrant de pénurie d’eau par l’ONU, ce pays dispose d’immenses potentiels hydriques qui restent largement méconnus et mal compris. La sécurité hydrique de l’Égypte est souvent présentée comme précaire, principalement en raison de sa forte dépendance au Nil et des défis posés par le changement climatique et la croissance démographique. Cependant, un examen plus approfondi révèle une multitude de ressources cachées et d’infrastructures stratégiques qui font de l’Égypte un pays riche en eau, doté d’un potentiel inexploité considérable. Ces ressources comprennent les vastes réservoirs situés en amont du haut barrage d’Assouan, l’immense système aquifère de grès nubien, les progrès réalisés en matière de technologie de dessalement, ainsi que la coopération régionale dans le cadre du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD). Reconnaître et exploiter ces ressources est essentiel non seulement pour l’avenir de l’Égypte, mais aussi pour redéfinir les enjeux régionaux liés à l’eau en Afrique et au-delà. Au cœur de la résilience hydrique de l’Égypte se trouve le lac Nasser, formé en amont du grand barrage d’Assouan. Ce gigantesque réservoir contient environ 169 milliards de mètres cubes d’eau, faisant office de tampon stratégique tant contre les crues saisonnières que contre les périodes de sécheresse. La capacité du barrage à réguler le débit a, depuis toujours, permis de préserver les besoins en eau de l’Égypte dans les domaines de l’agriculture, de l’industrie et de l’usage domestique. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Au-delà du lac Nasser s’étend le système aquifère de grès de Nubie (NSAS), le plus grand réservoir souterrain d’eau fossile connu au monde. S'étendant sur plus de deux millions de kilomètres carrés à travers l'Égypte, la Libye, le Soudan et le Tchad, le NSAS contient environ 150 000 kilomètres cubes d'eau. Cet aquifère souterrain est une ressource silencieuse, mais puissante, qui dépasse de loin le débit du Nil sur cinq siècles, représentant une réserve stratégique que l'Égypte et les pays voisins pourront exploiter pendant des décennies. L’ampleur même de cette ressource met en évidence la richesse hydrique cachée de l’Égypte et son potentiel de résilience à long terme. L’existence de cet aquifère remet en cause le discours sur la pénurie d’eau et ouvre la voie à des stratégies d’extraction sophistiquées et durables, susceptibles de compléter les sources d’eau de surface. Outre ces réserves souterraines et de surface, l’Égypte a réalisé des progrès significatifs en matière de dessalement, produisant quotidiennement environ 1,5 à 2 millions de mètres cubes d’eau dessalée. Le pays a lancé un plan directeur stratégique à l’horizon 2050 qui vise à multiplier la capacité de dessalement en s’appuyant sur des partenariats public-privé, des subventions vertes et des projets d’extension côtière. L’intégration des énergies renouvelables, en particulier de l’énergie solaire, dans les installations de dessalement peut constituer la pierre angulaire d’un avenir durable pour l’Égypte en matière d’eau, s’inscrivant ainsi dans les efforts mondiaux visant à réduire l’empreinte carbone et à exploiter les sources d’énergie vertes. La stratégie de l’Égypte en matière d’eau devrait également inclure la coopération régionale, comme l’illustre le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD). Ce mégaprojet hydroélectrique, bien qu’il vise principalement la production d’électricité, incarne une collaboration régionale qui profite aux pays en aval. Le barrage contribue à réguler le débit du Nil Bleu, en retenant les sédiments et en réduisant l’envasement en aval qui, historiquement, a dégradé des réservoirs tels que le lac Nasser. Il assure également un débit d’eau plus régulier, ce qui atténue les inondations et les sécheresses extrêmes et prolonge la durée de vie des réservoirs grâce à la rétention des sédiments. Le fait que l’Éthiopie privilégie l’hydroélectricité plutôt que le détournement massif des eaux à des fins d’irrigation illustre une approche durable qui répond aux besoins de l’Égypte et favorise la stabilité régionale. Le discours de l’Égypte sur l’eau doit évoluer vers une approche axée sur la résilience, la gestion stratégique des ressources et la coopération régionale. Il doit s’orienter vers un discours mettant en avant l’immense potentiel caché – de vastes aquifères souterrains, des capacités avancées de dessalement et une gouvernance collaborative de l’eau – qui doit être relayé à l’échelle mondiale. L’idée fausse selon laquelle l’Égypte serait un pays en pénurie d’eau néglige ces ressources et innovations essentielles. Il est essentiel de reconnaître et d’exploiter le véritable potentiel hydrique de l’Égypte pour garantir un développement durable, la stabilité régionale et un avenir résilient pour tous. Il faut dire la vérité au monde entier : l’Égypte n’est pas seulement un pays en pénurie d’eau, mais une nation riche en eau, dotée de ressources énormes et largement inexploitées, capables d’assurer son avenir pour les générations à venir. Cependant, l’Égypte mène activement d’énormes projets de développement du désert — tels que le programme agricole du Nouveau Delta et la nouvelle ville de Jirian — en modifiant le cours naturel du Nil et en réaffectant des milliards de mètres cubes d’eau du Nil pour alimenter de nouvelles zones agricoles et urbaines. Le désert égyptien où les eaux du Nil ont été détournées (notamment via le projet de Toshka ou les déversoirs du lac Nasser) est le désert occidental. Cette vaste région aride connaît une chaleur extrême, ce qui entraîne des taux d’évaporation élevés dans les lacs artificiels et les canaux d’irrigation à ciel ouvert. L’Égypte doit faire preuve de plus de transparence, non seulement concernant les pratiques de gaspillage observables dans la manière dont ce pays d’Afrique du Nord détourne le cours naturel du Nil, mais aussi en révélant la vérité sur les immenses réserves d’eau enfouies sous terre sur de vastes étendues de territoire. Il est spectaculaire de voir comment l’Égypte a réussi à tromper le monde entier en se présentant comme un pays en pénurie d’eau. Ce n’est pas le cas !
La ligne rouge de la souveraineté : Shabia met à l'épreuve la retenue de l'Éthiopie en faveur de la paix
Aug 7, 2026 226
Par Jibril Lammo Le 6 août, 2026 (ENA) Dans tout État souverain, l’entrée ouverte de commandants militaires étrangers sur le territoire national pour participer à des événements publics avec des forces non étatiques entraînerait une riposte militaire défensive immédiate. Aucun gouvernement au monde n’autorise des responsables militaires étrangers à opérer librement à l’intérieur de ses frontières sans autorisation explicite de l’État. Or, les événements récents survenus dans la région du Tigré, en Éthiopie, où des personnalités liées au régime érythréen auraient pénétré ouvertement sur le territoire et auraient été accueillies par une faction du TPLF sous le couvert d’une cérémonie publique, constituent un écart dramatique et flagrant par rapport aux normes internationales fondamentales. Dans ce qui semble être un mépris flagrant du droit international, le régime d’Asmara s’est engagé sur une voie dangereuse qui risque de pousser l’Éthiopie et l’Érythrée vers une nouvelle confrontation dévastatrice. De telles actions pourraient être interprétées comme une grave provocation aux conséquences sérieuses pour la sécurité régionale. Cette alliance contre nature n’est pas seulement une crise éthiopienne ; c’est un danger régional. Ce spectacle public n’est pas simplement une violation de l’étiquette diplomatique. Il s’agit d’une atteinte directe à la souveraineté de l’Éthiopie et d’un mépris délibéré de l’esprit de l’accord de paix de Pretoria de 2022. Cet accord a explicitement établi l’autorité exclusive du gouvernement fédéral en matière de défense nationale, de relations extérieures et d’intégrité territoriale. Promesses non tenues contre engagement federal Le Tigré a toujours fait partie intégrante de l’Éthiopie et le restera à jamais. Cependant, en organisant des cérémonies publiques pour accueillir des personnalités militaires étrangères, certains acteurs déchus du TPLF ont affiché un mépris flagrant pour l’accord de paix qui a mis fin au conflit dans le nord de l’Éthiopie. Alors que la communauté internationale avait auparavant salué l’accord de Pretoria comme une avancée historique vers la stabilité, le silence qui entoure ces violations manifestes révèle un double standard frappant. À l’opposé, le gouvernement fédéral éthiopien a pleinement respecté ses engagements pris dans le cadre de l’accord de paix de Pretoria. L’administration fédérale a rétabli les services de base, remis en état les réseaux électriques, facilité le retour des personnes déplacées à l’intérieur du pays et versé régulièrement les budgets régionaux afin de favoriser la stabilisation et la reprise. L’erreur stratégique d’Asmara Alors que les dirigeants d’Asmara sont restés hostiles à une résolution pacifique depuis le début, leur collaboration avec certains éléments au sein de la région du Tigré risque de replonger cette dernière dans le chaos. La vision initiale promettait de transformer l’Érythrée en « Singapour de la Corne de l’Afrique ». Sans coopération économique avec l’Éthiopie, cette vision s’est effondrée. Au lieu de collaborer avec l’Éthiopie pour promouvoir le développement économique national, le régime d’Asmara a dépensé des ressources vitales — illégalement prélevées sur ses citoyens — pour financer des forces anti-éthiopiennes et nouer des alliances avec des acteurs déstabilisateurs. Cette politique d’endiguement a appauvri l’Érythrée. Privés de perspectives d’avenir, des centaines de milliers de jeunes Érythréens ont fui vers l’Éthiopie en traversant la frontière. La population de jeunes Érythréens à Addis-Abeba a tellement augmenté qu’elle rivalise désormais avec celle d’Asmara elle-même. Plutôt que de créer de l’espoir, des emplois et une sécurité économique dans le pays, le régime a consacré son énergie à des stratégies d’encerclement, collaborant avec des acteurs extérieurs tels que l’Égypte et des réseaux régionaux agissant par procuration pour déstabiliser l’Éthiopie au cours de l’une des périodes les plus transformatrices de son histoire économique. Transformation économique et dynamique régionale Ces tentatives de déstabilisation interviennent à un moment charnière. L’Éthiopie connaît actuellement un essor économique historique, passant d’une économie agricole traditionnelle à une puissance industrielle et tirée par les ressources naturelles. Après des décennies de dépendance vis-à-vis du café, principale source de devises étrangères du pays, l’Éthiopie se tourne désormais vers l’exploitation minière à forte valeur ajoutée, les exportations d’or, le développement du gaz naturel et la production industrielle, ce qui pourrait la hisser parmi les plus grands producteurs d’engrais de la région. Cette dynamique a été mise en avant à l’échelle internationale, notamment par l’émission « Connecting Africa » de CNN, qui a souligné la transformation de l’Éthiopie, portée par ses infrastructures. Le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne, d’une puissance de plus de 5 150 mégawatts, est la plus grande centrale hydroélectrique d’Afrique ; il fournit une énergie propre à l’industrie nationale et aux exportations régionales. Parallèlement, le mégaprojet de l’aéroport international de Bishoftu, d’un montant de 12 milliards de dollars et porté par Ethiopian Airlines, est conçu pour accueillir jusqu’à 110 millions de passagers et près de quatre millions de tonnes de fret par an, ce qui pourrait transformer le commerce intra-africain dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine. Parallèlement aux investissements stratégiques dans l’écotourisme et les sites du patrimoine naturel tels que le parc national des montagnes de Bale, ces développements annoncent une trajectoire économique porteuse d’espoir non seulement pour l’Éthiopie, mais aussi pour l’ensemble du continent. En tant que pilier de la Corne de l’Afrique, la trajectoire économique et la sécurité nationale de l’Éthiopie revêtent une importance capitale. Un conflit en Éthiopie risquerait de déstabiliser l’ensemble de la région, ce qui irait à l’encontre des intérêts collectifs de l’Afrique et de la communauté internationale au sens large. Ne vous y trompez pas : l’Éthiopie continuera à poursuivre son développement, à surmonter les obstacles stratégiques et à jouer un rôle constructif dans le corridor de la mer Rouge et de la Corne de l’Afrique. Un appel à la responsabilité internationale Aucune nation souveraine ne tolérerait une ingérence militaire extérieure sur son territoire. La retenue dont fait preuve l’Éthiopie face à ces graves provocations ne doit pas être confondue avec de la faiblesse. Elle reflète un choix délibéré de donner la priorité à une paix durable et d’épargner à ses citoyens une nouvelle guerre catastrophique. Mais la patience unilatérale ne peut à elle seule garantir une stabilité à long terme alors que les principes fondamentaux du droit international et de la souveraineté sont remis en cause. La communauté internationale ne doit pas rester indifférente. Préserver le principal moteur économique de la Corne de l’Afrique exige un engagement ferme en faveur de l’intégrité territoriale de l’Éthiopie, la mise en œuvre intégrale de l’accord de paix de Pretoria et le retrait de toute présence militaire étrangère non autorisée du territoire éthiopien. Une stabilité durable ne peut être atteinte par une retenue unilatérale, mais par le respect constant de la souveraineté nationale, du droit international et de l’ordre fondé sur des règles.
La doctrine de la guerre perpétuelle du régime d'Asmara
Aug 6, 2026 234
D'après une analyse de Pulse of Africa (POA) Par Mathias Bule Depuis des décennies, la survie politique du régime de l’EPLF/PFDJ en Érythrée repose essentiellement sur une stratégie unique axée sur l’affaiblissement systémique de l’Éthiopie. Plutôt que de favoriser l’intégration régionale et la prospérité économique mutuelle, le régime d’Asmara n’a cessé d’agir comme un vecteur d’instabilité dans la Corne de l’Afrique, servant à la fois sa propre survie autoritaire et les intérêts stratégiques d’acteurs extérieurs cherchant à limiter le potentiel de l’Éthiopie. Les fondements de cette politique ont été posés bien avant que le régime n’asseigne officiellement son contrôle, jouant un rôle déterminant dans le développement et le renforcement des capacités militaires de groupes mandataires chargés de démanteler la structure de l’État éthiopien de l’intérieur. En coordination avec des forces extérieures — notamment le régime égyptien —, il a activement orchestré des événements qui ont conduit l’Éthiopie à devenir un pays enclavé, restreignant ainsi considérablement son indépendance économique et sa sécurité maritime. Lorsque la subversion interne n’a pas réussi à paralyser définitivement l’Éthiopie, le régime a recouru à l’agression militaire directe, qui a culminé avec l’invasion de Badme en 1999. Le peuple éthiopien s’est mobilisé en masse pour repousser l’invasion et neutraliser les principales capacités militaires du régime, mais même après la signature de l’Accord d’Alger au nom de la paix, le régime d’Asmara n’a jamais renoncé à sa doctrine hostile. Au lieu de cela, il s’est replié sur la guerre asymétrique, le soutien à des groupes par procuration et la subversion régionale dans toute la Corne de l’Afrique. Cela a notamment consisté à fournir un soutien tactique et matériel à des éléments extrémistes en Somalie, tels qu’Al-Shabaab, à mener des opérations de déstabilisation autour de Djibouti et de la mer Rouge, ainsi qu’à financer et armer systématiquement des factions insurgées en Éthiopie. Ces actes persistants de terrorisme transnational et de violation du droit international ont finalement conduit à de sévères sanctions des Nations Unies à l’encontre du régime. Pour maintenir cet état permanent de confrontation, le régime a transformé l’Érythrée en un État fortement militarisé grâce à un service national obligatoire et à durée indéterminée, articulé autour du centre d’entraînement militaire de Sawa, en activité depuis longtemps. Cette politique oppressive a privé des générations de jeunes Érythréens de leur liberté et de leur avenir économique, entraînant un exode massif hors du pays. La réalité de cette crise interne est apparue au grand jour à la suite de l’initiative de paix historique du Premier ministre éthiopien, qui a immédiatement été suivie d’un afflux massif de jeunes Érythréens traversant la frontière vers l’Éthiopie pour échapper à la servitude forcée imposée par le régime. Au-delà du bilan humain immédiat, cette militarisation perpétuelle a complètement paralysé l’économie nationale érythréenne, transformant ce qui aurait pu être une plaque tournante commerciale florissante de la mer Rouge en un État fermé et dirigé de manière autoritaire. En réorientant l’ensemble de la main-d’œuvre du pays et ses ressources financières limitées vers le maintien d’un appareil militaire surdimensionné, les dirigeants d’Asmara ont délibérément négligé les infrastructures, le commerce et les institutions civiles. Le régime s'appuie sur la fabrication de crises extérieures pour justifier cette stagnation intérieure, en convainquant délibérément sa population que la survie passe par une soumission totale à l'État militaire face à une menace étrangère exagérée. De plus, la politique étrangère d'Asmara repose sur une logique de somme nulle qui considère tout progrès, toute expansion économique ou tout succès diplomatique de l'Éthiopie comme une menace directe pour sa propre existence. Ce paradigme pousse le régime à s’allier à toute puissance régionale cherchant à tirer parti de la Corne de l’Afrique pour asseoir sa domination géopolitique, agissant ainsi de fait comme un exécutant au service d’intérêts étrangers au détriment de la souveraineté régionale. En tentant de maintenir l’Éthiopie dans un état de distraction, de fragmentation et d’orientation défensive, le régime espère empêcher ce pays de réaliser pleinement son potentiel en tant que moteur économique régional et leader dans le domaine de l’hydroélectricité. Aujourd’hui, le régime aggrave une nouvelle fois les tensions en se préparant à une reprise du conflit contre l’Éthiopie, en s’appuyant sur un soutien extérieur et en s’alliant à des éléments perturbateurs internes. Alors que l’Éthiopie continue de lancer des appels à la paix et à la diplomatie, Asmara répond par une rhétorique belliqueuse, une mobilisation motivée par la paranoïa et une propagande hostile. Ce schéma démontre que les dirigeants d’Asmara ne considèrent pas la paix comme une opportunité de croissance régionale, mais comme une menace structurelle pour le discours de siège perpétuel qui leur permet de se maintenir au pouvoir. Actuellement, le régime de la Shaebia se fait activement l'écho de cette rhétorique belliciste en s'appuyant sur le TPLF et en s'alignant sur les dirigeants égyptiens dans le cadre d'un effort coordonné visant à affaiblir et à fragmenter l'Éthiopie. La stratégie principale des dirigeants du Caire consiste à s'assurer une hégémonie économique et géopolitique incontestée sur la région, en utilisant efficacement tant la Shaebia que le TPLF comme instruments géopolitiques pour atteindre cet objectif. Pour sa part, le régime de Shaebia est animé par une peur paranoïaque et infondée, ainsi que par un désir obsessionnel de préserver son emprise sur le pouvoir en repoussant des menaces imaginaires. C'est désormais une réalité indéniable, largement relayée par les médias, que les commandants militaires de la Shaebia violent les frontières souveraines de l'Éthiopie sous le prétexte fallacieux de faciliter les « relations entre les peuples » au sein de la région du Tigré. Cette agression imprudente et illégale a été ouvertement encouragée par le TPLF, qui joue son rôle historique de mandataire docile. Il convient de rappeler que le TPLF lui-même a été à l’origine créé, soutenu et armé par la Shaebia afin de servir ses propres intérêts à long terme. Dans le même temps, le TPLF se berce de l’illusion de pouvoir rétablir par la force la domination dictatoriale qu’il exerçait autrefois sur l’Éthiopie, dans l’espoir de rétablir ses schémas historiques d’exploitation systémique. Cependant, cette coalition poursuit un rêve inaccessible, car ses calculs ne tiennent pas compte de la résilience structurelle de l’État éthiopien contemporain. L’Éthiopie, en tant que pilier stratégique de la stabilité et centre démographique de la Corne de l’Afrique, ne peut permettre que sa souveraineté nationale ou sa sécurité à long terme soient compromises par des intentions hostiles. Il est évident que l’Éthiopie conserve le droit absolu de prendre toutes les mesures défensives nécessaires pour protéger ses citoyens, ses infrastructures et son intégrité territoriale contre toute tentative de déstabilisation soutenue par des forces étrangères. La communauté internationale doit reconnaître qu’ignorer ces provocations bellicistes incessantes risque de déclencher une explosion régionale de plus grande ampleur, rendant urgente une pression diplomatique internationale décisive avant que les actions du régime n’entraînent une confrontation militaire destructrice. En fin de compte, la « doctrine de la guerre perpétuelle » du régime d’Asmara est une relique stratégique qui a fait son temps et ne sert désormais qu’à compromettre l’avenir de toute la Corne de l’Afrique. En subordonnant le développement national à une campagne obsessionnelle et à somme nulle contre l’Éthiopie, les dirigeants érythréens ont non seulement appauvri leur propre peuple, mais sont également devenus l’un des principaux artisans de la fragilité régionale. Ce cycle d’hostilité artificielle — alimenté par des alliances extérieures et la répression intérieure — est insoutenable et intrinsèquement dangereux. Pour le régime d’Asmara, la paix est perçue comme une menace existentielle, car elle démantèlerait le discours de siège qui garantit son emprise autoritaire ; pourtant, en réalité, c’est ce refus même d’embrasser la paix qui assure l’isolement croissant du régime. Pour l’Éthiopie, la voie à suivre reste claire : tout en restant attachée à la coopération régionale, au développement équitable et au règlement pacifique des différends, l’État ne restera pas les bras croisés alors que sa souveraineté est systématiquement remise en cause. La communauté internationale est confrontée à un choix crucial : soit continuer à tolérer le bellicisme irresponsable d’un régime qui tire profit du chaos, soit exercer une pression diplomatique décisive pour neutraliser cette source d’instabilité. L’Éthiopie, avec une population de plus de 130 millions d’habitants, reste un pilier de résilience et de croissance dans la région, mais sa patience repose sur la nécessité d’assurer la survie de la nation. Le temps de l’observation passive est révolu ; seule une position collective et ferme contre la politique de subversion peut empêcher la Corne de l’Afrique de sombrer dans un nouveau conflit catastrophique qui aurait pourtant pu être évité.
Le vrai visage de l’Égypte : exploiter l’Afrique de l’Est par tous les moyens, entraver la coopération équitable par tous les moyens
Aug 6, 2026 188
D'après une analyse de Pulse of Africa (POA) Le 6 Août, 2026 (ENA) Le vrai visage de l'Égypte : piller l'Afrique de l'Est par tous les moyens, entraver la coopération équitable par tous les moyens ! Tel a toujours été le credo de l'Égypte ! Ces dernières années, le gouvernement égyptien a clairement démontré sa véritable nature de puissance néocoloniale se cachant derrière des apparences diplomatiques. Alors qu’il prône publiquement la coopération régionale et la gestion partagée des ressources, les actions du Caire révèlent une tout autre réalité : une obstruction incessante, l’exploitation stratégique des ressources et une manipulation géopolitique visant à consolider sa domination sur l’Afrique de l’Est et centrale. L’objectif sous-jacent est clair : maintenir le contrôle sur le Nil et les ressources régionales, étendre l’influence de l’Égypte par le biais des infrastructures et de la domination militaire, et extraire les matières premières de la région pour alimenter sa propre économie, tout en étouffant la souveraineté et les perspectives de développement de ses voisins. L’opposition de l’Égypte à l’Accord-cadre de coopération du bassin du Nil (CFA) illustre parfaitement cette stratégie. Signé par l’Éthiopie, la Tanzanie, l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi et le Soudan du Sud, le CFA vise à créer un cadre juridiquement contraignant et équitable pour la gestion partagée des eaux du Nil, dont l’aboutissement serait la création de la Commission du bassin du Nil. Cependant, l’Égypte — aux côtés du Soudan — a opposé une résistance farouche, invoquant des traités datant de l’époque coloniale, signés en 1928 et 1959, qui confèrent à l’Égypte un contrôle majoritaire sur les eaux du Nil. Le Caire fait valoir que le CFA viole ces anciens accords, mais les détracteurs voient dans cette position un prétexte masquant des ambitions plus larges. En bloquant la création de la Commission, l’Égypte cherche à préserver son monopole sur l’eau et à empêcher les pays en amont, comme l’Éthiopie, de mener à bien des projets de développement à grande échelle tels que le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD). Cette obstruction ne concerne pas seulement les droits sur l’eau ; il s’agit d’une manœuvre calculée visant à affaiblir la souveraineté et l’influence régionale de l’Éthiopie, consolidant ainsi l’hégémonie régionale du Caire. Au-delà des droits sur l’eau, l’engagement de l’Égypte en Afrique de l’Est révèle un ensemble de stratégies économiques et géopolitiques visant à consolider sa domination. La volonté du Caire de proposer des projets fragmentaires, des subventions, des partenariats portuaires et des accords commerciaux et d’investissement déguisés constitue un effort calculé pour s’assurer l’accès aux ressources — en particulier aux matières premières telles que les produits agricoles, les minerais et autres produits de base — tout en garantissant que les produits transformés et les denrées alimentaires industrielles proviennent principalement d’Égypte. Les détracteurs affirment que cela crée un modèle économique néocolonial, dans lequel les pays d’Afrique de l’Est sont relégués au rang de fournisseurs de matières premières et de consommateurs de produits finis égyptiens, enfermant ainsi les économies régionales dans un rôle de dépendance à faible valeur ajoutée. Les réseaux logistiques que l’Égypte met en place en Afrique de l’Est sont tout aussi révélateurs. Les projets d’infrastructure tels que le corridor de transport Le Caire-Dar es-Salaam, les extensions portuaires au Soudan et à Djibouti, ainsi que les accords ferroviaires, poursuivent un double objectif : faciliter l’extraction des ressources et projeter une influence stratégique. Ces corridors visent moins à favoriser l’industrie manufacturière régionale et la diversification économique qu’à créer une filière rationalisée permettant d’exporter des matières premières vers les marchés extérieurs — principalement l’Égypte ou d’autres centres mondiaux — tout en réimportant des produits transformés à plus forte valeur ajoutée. Cette dynamique ne se contente pas de servir les intérêts économiques de l’Égypte, elle consolide également son influence géopolitique de l’autre côté de la mer Rouge, offrant au Caire un point d’ancrage stratégique dans la Corne de l’Afrique — le tout au détriment et aux dépens de tous les autres pays de la région. La recherche par l’Égypte d’accords portuaires et militaires souligne encore davantage ses ambitions régionales. La conclusion d’accords d’accès aux infrastructures et d’accès militaire dans le port d’Assab en Érythrée et dans le port de Doraleh à Djibouti illustre parfaitement cette stratégie. Ces installations offrent à l’Égypte des points d’ancrage navals stratégiques à proximité du détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d’étranglement crucial reliant la mer Rouge au golfe d’Aden et à la mer d’Arabie. Un tel accès permet à l’Égypte de projeter sa puissance navale, d’encercler diplomatiquement l’Éthiopie et de contrer les ambitions d’Addis-Abeba en matière d’accès portuaire et de souveraineté maritime. Ces manœuvres ne visent pas seulement à préserver les intérêts stratégiques de l’Égypte : elles s’inscrivent dans un effort plus large visant à encercler et à contenir l’Éthiopie, à saper ses plans de développement et à renforcer la domination régionale du Caire. Malheureusement pour l’Égypte, toutes ses manœuvres stratégiques, qu’elles soient secrètes ou ouvertes, ont été clairement repérées par l’Éthiopie en particulier, et par les autres pays de la région en général. La campagne d’encerclement diplomatique menée par l’Égypte consiste notamment à rallier des alliances régionales par le biais de pressions diplomatiques et d’un soutien aux coalitions anti-éthiopiennes. L’engagement du Caire auprès de la Somalie, du Soudan et d’autres États du bassin vise à isoler l’Éthiopie dans le cadre du différend sur le GERD, en tentant d’exploiter les rivalités régionales et les griefs historiques pour affaiblir la position d’Addis-Abeba. La stratégie de l’Égypte consiste à créer un bloc régional qui soutienne ses revendications en matière d’eau et de ressources, marginalisant ainsi davantage la souveraineté et les aspirations de développement de l’Éthiopie. Ce qui est peut-être le plus révélateur, c’est la vision géopolitique plus large de l’Égypte : se positionner comme la principale plaque tournante régionale en matière de logistique et de ressources pour l’Afrique de l’Est. En construisant des installations portuaires, des voies ferrées et des couloirs maritimes, Le Caire vise à dominer les flux commerciaux régionaux, à contrôler les goulets d’étranglement stratégiques le long de la mer Rouge et à mettre en place un réseau facilitant l’extraction et l’exportation des matières premières régionales. Mais, lorsque les choses se gâtent, comme lors des récentes attaques maritimes menées par les milices houthistes le long du détroit de Bab el-Mendeb, l’Égypte n’a rien pu faire de plus que d’exprimer une désapprobation de pure forme. Cette approche transforme de fait l’Égypte en un extracteur de ressources et une plaque tournante logistique régionale — un impérialiste économique qui cherche à tirer profit des richesses naturelles de la région tout en privant les populations locales des moyens de développer leurs propres industries et d’améliorer leurs conditions de vie. Rappelons que l’Égypte a affiché une politique selon laquelle seuls les pays riverains se réservent le droit d’assurer la sécurité de la mer Rouge ! Les détracteurs affirment que les actions de l’Égypte trouvent leur origine dans une volonté de perpétuer une forme de domination néocoloniale, dans laquelle les ressources de la région sont exploitées au profit de l’Égypte sous le couvert de la coopération et du développement. L’accent mis sur les matières premières, la sécurisation des ports stratégiques et la construction d’infrastructures principalement destinées à acheminer les ressources vers l’extérieur reflète les schémas coloniaux d’extraction des ressources, le Caire en récoltant les bénéfices économiques tandis que les économies régionales restent dépendantes et sous-développées. La stratégie du Caire, fondée sur le sabotage stratégique et le contrôle néocolonial des ressources, a fait son temps. La stratégie consistant à maintenir ses voisins dans un état de faiblesse et d’enclavement ne peut survivre dans une région de plus en plus tournée vers l’intégration économique et le développement mutuel. Au cœur de la politique étrangère de l’Éthiopie se trouve un engagement ferme en faveur de la coopération régionale — un cadre où la croissance est partagée, et non accaparée. En traitant la Corne de l’Afrique comme un champ de bataille stratégique plutôt que comme un partenaire économique, Le Caire s’isole de l’avenir. Une stabilité durable dans le bassin du Nil et le corridor de la mer Rouge ne se construira pas par le biais d’une politique d’endiguement par procuration, mais grâce à une collaboration équitable qui respecte la souveraineté et les ambitions légitimes de chaque nation de la région. Il est temps que la communauté internationale prenne conscience des véritables intentions de l'Égypte et soutienne une véritable coopération régionale qui respecte la souveraineté et les droits sur les ressources de tous les États du bassin du Nil.
L'essor historique de l'Éthiopie met à mal la campagne d'hostilité menée par Le Caire
Aug 6, 2026 148
Par le rédacteur L’approche de l’Égypte vis-à-vis du fleuve Abay (le Nil) a été façonnée par une doctrine de domination stratégique plutôt que par un partenariat équitable. Les gouvernements successifs du Caire ont cherché à préserver une position privilégiée ancrée dans des accords datant de l’époque coloniale que l’Éthiopie n’a jamais acceptés. Dans cette perspective, une Éthiopie plus forte et plus autonome n’est pas simplement un État voisin en quête de développement. De toute évidence, cette nation d’Afrique de l’Est remet en cause un ordre régional que l’Égypte s’efforce depuis longtemps de préserver. Cette mentalité aide à expliquer pourquoi l’Égypte s’est systématiquement opposée au programme de développement souverain de l’Éthiopie, en particulier au Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD). Plutôt que d’adopter un cadre d’utilisation équitable du Nil, Le Caire a à maintes reprises considéré le développement de l’Éthiopie comme une menace géopolitique. Il en a résulté une série de pressions diplomatiques, de manœuvres régionales et d’efforts visant à restreindre l’espace stratégique de l’Éthiopie. Ces dernières années, ces efforts se sont étendus au-delà du fleuve Abay lui-même. De la géopolitique de la mer Rouge aux dynamiques sécuritaires et diplomatiques dans la Corne de l’Afrique, l’Égypte a cherché à tirer parti des vulnérabilités de l’Éthiopie. Il en ressort une stratégie d’endiguement plus large : utiliser les alliances régionales, la pression diplomatique et l’influence politique pour maintenir l’Éthiopie sous une tension géopolitique constante. L’exploitation des divisions internes de l’Éthiopie a constitué un élément central de cette stratégie. Tout au long de l’histoire moderne, des acteurs extérieurs ont souvent tenté de transformer les fractures politiques internes en levier stratégique contre l’État éthiopien. Aujourd’hui, de nombreux analystes éthiopiens affirment que certaines factions antigouvernementales se sont de plus en plus alignées sur des acteurs extérieurs dont les intérêts convergent vers l’affaiblissement de la position nationale de l’Éthiopie. La question la plus controversée concerne la coopération entre des éléments du TPLF et des acteurs étrangers hostiles à l’essor stratégique de l’Éthiopie. Que ce soit par le biais d’une coordination politique, d’une amplification médiatique ou d’un soutien extérieur, le sentiment qui prévaut en Éthiopie est que l’instabilité intérieure est en train d’être internationalisée. Dans ce discours, les conflits internes de l’Éthiopie deviennent des instruments de pression extérieure plutôt que de simples différends politiques nationaux. C’est là que la campagne égyptienne s’est montrée la plus visible : guerre psychologique, obstruction diplomatique et désinformation médiatique autour du GERD. Depuis des années, les responsables égyptiens véhiculent des discours catastrophistes sur le barrage, malgré l’absence de preuves indiquant que le GERD privera définitivement les pays en aval de l’eau de l’Abay ou du Nil. Le barrage ne consomme pas le fleuve ; il le régule. La réalité hydrologique est difficile à ignorer. Le GERD peut réduire les crues saisonnières destructrices, réguler les débits fluviaux, diminuer l’accumulation de sédiments dans les réservoirs en aval et améliorer la gestion de l’eau dans l’ensemble du bassin. Il ne s’agit pas simplement d’affirmations éthiopiennes ; ce sont des enjeux largement abordés dans les évaluations techniques et hydrologiques des grands réservoirs en amont. Plus important encore, le GERD représente bien plus qu’un simple projet hydroélectrique. C’est un symbole de l’autofinancement africain, de l’ambition technologique et du développement souverain. Construit en grande partie grâce à des fonds publics éthiopiens, il incarne un principe qui dérange depuis longtemps ceux qui estiment que le Nil devrait rester régi par des privilèges géopolitiques hérités du passé. Ce que les responsables égyptiens semblent avoir toujours sous-estimé, c’est la résilience de l’État éthiopien et la profondeur du nationalisme éthiopien. Les pressions extérieures n’ont pas entamé la détermination de l’Éthiopie ; à bien des égards, elles l’ont renforcée. Les efforts continus du pays en faveur du dialogue national et de la réconciliation interne visent à réduire les fractures politiques mêmes que les acteurs étrangers ont historiquement cherché à exploiter. Dans le même temps, il devient de plus en plus difficile d’ignorer la transformation économique de l’Éthiopie. L’attention internationale s’est détournée des prévisions d’effondrement pour se concentrer sur un pays qui investit massivement dans l’énergie, les infrastructures, la logistique et l’industrialisation. L’intérêt récent de CNN pour la trajectoire économique de l’Éthiopie reflète une réalité plus large : l’Éthiopie est de plus en plus considérée comme l’une des économies émergentes les plus influentes d’Afrique. Au cœur de cette transformation se trouve le GERD. Avec une capacité de production dépassant les 5 000 mégawatts, il jette les bases de l’expansion industrielle, d’une industrie manufacturière tournée vers l’exportation, de l’électrification et de l’intégration énergétique régionale. Ce projet ne se contente pas de produire de l’électricité ; il redéfinit l’avenir économique de l’Éthiopie. Cette révolution énergétique s’accompagne d’investissements majeurs dans les transports et la logistique. Le projet d’aéroport international de Bishoftu, mené par Ethiopian Airlines, vise à positionner l’Éthiopie comme une plaque tournante continentale de l’aviation et du fret au service de la Zone de libre-échange continentale africaine. Combinée à des investissements dans les secteurs minier, des énergies renouvelables, du tourisme et des infrastructures numériques, l’Éthiopie se dote ainsi d’une économie plus diversifiée et plus résiliente. C’est là que réside la signification profonde de l’essor de l’Éthiopie. La stratégie de l’Égypte reposait sur l’hypothèse selon laquelle des pressions pourraient retarder ou faire dérailler l’émergence de l’Éthiopie. Au contraire, l’Éthiopie a continué à développer ses infrastructures, à renforcer son approvisionnement énergétique et à approfondir son intégration économique avec le continent. Le différend fondamental ne porte plus uniquement sur un barrage. Il s’agit de visions concurrentes du Nil et de la Corne de l’Afrique. L’une vise à préserver une domination historique ; l’autre insiste sur un développement équitable et l’égalité souveraine. L’histoire évolue dans une seule direction. L’Éthiopie n’abandonne pas le principe d’une utilisation équitable du Nil, et elle ne renonce pas à son droit de sortir des millions de ses citoyens de la précarité énergétique. Le GERD est devenu le symbole de cette détermination. L’Égypte peut continuer à s’opposer à l’essor de l’Éthiopie, mais résistance ne rime pas avec victoire. L’époque où un seul État pouvait dicter l’avenir de l’Abay (le Nil) touche progressivement à sa fin. L’essor historique de l’Éthiopie ne se contente pas de survivre à l’hostilité de l’Égypte ; il en révèle les limites.
800 millions d'arbres en une seule journée : l'engagement historique de l'Éthiopie en faveur du climat
Aug 3, 2026 365
Par la rédaction Alors que le monde est confronté à l’aggravation du changement climatique, à l’accélération de la dégradation de l’environnement et à la perte alarmante de biodiversité, l’Éthiopie se trouve à l’aube d’un moment historique pour la nation. Il ne reste que quelques heures avant que des millions d’Éthiopiens ne s’unissent pour planter 800 millions de jeunes plants en une seule journée — une action environnementale collective d’une ampleur rarement observée ailleurs dans le monde. Le 3 août, des millions d’Éthiopiens se rassemble à travers les paysages variés du pays pour planter des arbres dans le cadre de l’Initiative « Green Legacy » (GLI), un mouvement national qui a fait de la restauration de l’environnement un symbole d’engagement national, de responsabilité climatique et de développement durable. Bien plus qu’une simple campagne de plantation d’arbres, l’Initiative « Green Legacy » incarne l’ambition de l’Éthiopie de reconstruire les écosystèmes, de renforcer la résilience climatique, d’améliorer les moyens de subsistance et de contribuer aux efforts mondiaux de lutte contre le changement climatique. De l’action locale au leadership mondial en matière de climat Lancée en 2019 sous l’impulsion du Premier ministre Abiy Ahmed, l’initiative « Green Legacy » est devenue l’un des programmes de restauration environnementale les plus ambitieux d’Afrique. Elle a mobilisé des citoyens de tous horizons, faisant de la plantation d’arbres une mission nationale commune. Cette initiative reflète la conviction de l’Éthiopie selon laquelle relever les défis climatiques nécessite une action collective, dans laquelle les gouvernements, les communautés et les individus travaillent ensemble pour restaurer la nature et garantir un avenir durable. Grâce à la restauration de millions d’hectares de terres, à la protection des bassins versants, au développement de l’agroforesterie et à l’augmentation de la couverture végétale, cette initiative a démontré comment l’action environnementale peut soutenir à la fois la restauration écologique et la transformation économique. Chaque jeune plant ne représente pas seulement un arbre. Il symbolise un sol restauré, des ressources en eau protégées, une meilleure productivité agricole, une biodiversité accrue et une résilience renforcée pour les communautés confrontées aux effets du changement climatique. Un héritage écologique au-delà des frontières Les efforts environnementaux de l’Éthiopie s’inscrivent de plus en plus dans le cadre plus large de sa « diplomatie verte », faisant de l’action climatique un vecteur de coopération régionale et de partenariat international. L’approche du pays dépasse ses frontières grâce au partage de plants et d’expériences techniques avec d’autres nations africaines, démontrant ainsi que les défis environnementaux nécessitent des solutions à l’échelle du continent. Les ambitions de l’Éthiopie en matière d’énergie propre renforcent également cette vision. Grâce à des projets d’énergie renouvelable, notamment le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne et d’autres initiatives en faveur de l’énergie verte, l’Éthiopie s’efforce d’élargir l’accès à une électricité durable tout en soutenant la transition de l’Afrique vers une énergie plus propre. Le message est clair : l’action climatique ne consiste pas seulement à protéger les forêts et les paysages, mais aussi à créer des opportunités, à renforcer les économies et à construire un avenir commun. Une voix continentale en faveur de la justice climatique Alors que l’Éthiopie s’apprête à accueillir la COP32, la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, le pays met de plus en plus en avant l’importance de la justice climatique et de solutions mondiales équitables. Pour l’Éthiopie et de nombreux pays en développement, le changement climatique n’est pas un défi lointain. Il affecte déjà l’agriculture, la disponibilité en eau, les écosystèmes et les moyens de subsistance. L’appel du pays en faveur de la justice climatique souligne la nécessité d’une coopération internationale renforcée, d’un accès équitable au financement climatique et d’un soutien aux communautés vulnérables. L’initiative « Green Legacy » démontre concrètement que les pays africains ne sont pas seulement les victimes du changement climatique, mais qu’ils contribuent aussi activement à la résolution de la crise climatique mondiale. 800 millions de jeunes plants, une vision commune La plantation de 800 millions de jeunes plants en une seule journée constituera un symbole fort de ce que l’engagement collectif permet d’accomplir. Des communautés rurales aux centres urbains, des agriculteurs aux étudiants, des millions d’Éthiopiens participeront à une action qui relie la génération actuelle aux générations futures. Un jeune arbre peut sembler insignifiant, mais multiplié par des centaines de millions, il devient une force capable de transformer les paysages, de restaurer les écosystèmes et d’inspirer l’action mondiale en faveur du climat. La plantation de demain ne se résume pas à une simple question de chiffres. Il s'agit d'une vision : une Éthiopie plus verte, une Afrique résiliente et une planète plus durable.
Le pouvoir des millions : l'action climatique éthiopienne consistant à planter des arbres en une seule journée
Aug 3, 2026 358
Addis Ababa le 3 août, 2026 (ENA) Dès les premières heures de lundi matin, des millions d’Éthiopiens ont commencé à se rassembler dans les villes, les villages, les fermes, les écoles et les institutions publiques, animés par un seul et même objectif : planter des arbres. Ce qui s’est déroulé n’était pas simplement une campagne nationale, mais l’une des plus grandes mobilisations environnementales coordonnées jamais entreprises dans le monde. Aujourd’hui, l’Éthiopie a officiellement lancé une campagne nationale visant à planter 800 millions de jeunes arbres en une seule journée, un effort environnemental sans précédent qui place le pays au cœur des débats mondiaux sur l’action climatique, la restauration écologique et le développement durable mené par les citoyens. À l’heure où le monde est confronté à l’aggravation du changement climatique, à l’accélération de la dégradation des sols et à la perte croissante de biodiversité, la campagne éthiopienne offre un exemple saisissant d’action environnementale menée à une échelle extraordinaire. Cette campagne s’inscrit dans le cadre plus large de l’initiative « Green Legacy » (Héritage vert) du pays, qui vise à planter 8 milliards de jeunes arbres au cours de la saison des pluies actuelle. Plus important encore, elle montre comment un pays en développement a cherché à transformer la restauration de l’environnement en un mouvement national impliquant les institutions gouvernementales, les communautés locales, les groupes de jeunes, les organisations de la société civile et les partenaires de développement. Il y a quelques heures, lors du lancement officiel de cette campagne nationale, la ministre chargée de la Communication gouvernementale, Enatalem Melese, a déclaré que cette initiative répondait à la nécessité urgente de restaurer les paysages dégradés, de réhabiliter les écosystèmes appauvris et de renforcer la résilience environnementale à long terme de l’Éthiopie. « La raison principale pour laquelle nous mettons en œuvre notre initiative “Green Legacy” sur le terrain est que nos terres sont asséchées, appauvries et dégradées », a-t-elle déclaré. Son message s’inscrit dans un discours national plus large qui établit un lien entre la restauration de l’environnement et la résilience économique, la sécurité alimentaire, la préservation de l’eau et le développement à long terme. « Aujourd’hui est un jour spécial où 800 millions de jeunes plants verts sont mis en terre. C’est un jour où la terre réaffirme sa promesse et démontre sa capacité à donner plus qu’elle ne reçoit », a-t-elle ajouté. Au-delà du symbolisme Les campagnes de plantation d’arbres sont courantes à travers le monde, mais l’initiative éthiopienne se distingue tant par son ampleur que par son ambition. Depuis son lancement en 2019 sous l’égide du Premier ministre Abiy Ahmed, l’initiative « Green Legacy » est devenue l’un des programmes de restauration environnementale les plus ambitieux d’Afrique. Cette initiative intègre le reboisement, la restauration des bassins versants, le développement de l’agroforesterie, la conservation de la biodiversité et l’agriculture durable au sein d’un cadre national unique. Son objectif n’est pas simplement d’augmenter le couvert forestier, mais de reconstruire les écosystèmes qui ont été endommagés par des décennies de déforestation, d’érosion des sols, de pression démographique et de stress environnemental lié au climat. L’importance de la plantation de 800 millions de jeunes arbres en une seule journée va bien au-delà du simple chiffre. Elle représente une mobilisation logistique et sociale impliquant des millions de personnes agissant simultanément dans l’un des pays les plus vastes et les plus riches en biodiversité d’Afrique. La ministre Enatalem a souligné que cette campagne repose sur une action collective plutôt que sur des efforts individuels. « Ce que nous plantons, nous le plantons dans un esprit d’unité de pensée et d’action », a-t-elle déclaré. Cette insistance sur l’unité est devenue une caractéristique déterminante de l’initiative « Green Legacy », qui présente la restauration de l’environnement comme une responsabilité nationale partagée plutôt que comme un simple programme gouvernemental. Un autre modèle d’action climatique Les débats internationaux sur le climat se concentrent souvent sur les objectifs d’émissions, les transitions énergétiques, les marchés du carbone et les négociations multilatérales. La campagne menée par l’Éthiopie met en avant une autre dimension de l’action climatique. Elle s’attache à renforcer la participation massive du public. Et cela porte déjà ses fruits à grande échelle. Dans de nombreux pays, la politique environnementale reste largement institutionnelle. L’approche de l’Éthiopie vise à faire de la restauration écologique une activité citoyenne à l’échelle nationale, dans le cadre de laquelle des millions de citoyens participent directement à la restauration des forêts, à la protection des bassins versants et à l’amélioration des paysages locaux. Cela est important car la dégradation de l’environnement n’est pas seulement un problème écologique. Les terres dégradées réduisent la productivité agricole, augmentent la vulnérabilité à la sécheresse, menacent les ressources en eau et compromettent les moyens de subsistance ruraux. Dans ce contexte, la plantation d’arbres est étroitement liée à la résilience économique, aux systèmes alimentaires et à l’adaptation des communautés. Chaque jeune plant a le potentiel de contribuer à la restauration des sols, à la recharge des nappes phréatiques, à la lutte contre l’érosion, à la séquestration du carbone, au rétablissement de la biodiversité et à l’amélioration de la productivité agricole. Cette campagne s'inscrit donc dans une stratégie de développement plus large, dans laquelle la restauration de l'environnement favorise à la fois le rétablissement écologique et la transformation économique. L’Afrique à l’avant-garde de la transition écologique Le programme environnemental de l’Éthiopie s’inscrit de plus en plus dans le cadre plus large de sa « diplomatie verte », faisant de l’action climatique un domaine de leadership régional et de coopération internationale. Le pays a partagé des plants, son expertise technique et ses pratiques de restauration avec d’autres nations africaines, en faisant valoir que la dégradation de l’environnement, la désertification et la vulnérabilité climatique nécessitent des solutions à l’échelle du continent. Cette démarche s’inscrit dans le cadre des efforts africains plus larges visant à restaurer les paysages dégradés grâce à des initiatives telles que la Grande Muraille Verte et l’Initiative africaine pour la restauration des paysages forestiers (AFR100). L’initiative « Green Legacy » vient également compléter les ambitions de l’Éthiopie en matière d’énergies renouvelables. Les investissements dans l’hydroélectricité, l’électricité renouvelable, la gestion des bassins versants et les infrastructures vertes s’inscrivent dans une vision plus large qui lie la protection de l’environnement au développement économique durable. En ce sens, la campagne de plantation d’arbres n’est pas un événement environnemental isolé. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large qui relie les forêts, les ressources en eau, l’agriculture, l’énergie et la résilience climatique. L’importance mondiale La survie et la croissance de ces 800 millions de jeunes plants dépendront d’une gestion à long terme, d’un suivi rigoureux, d’une protection contre le pâturage et la déforestation, de la disponibilité en eau et d’une gestion communautaire durable. Le véritable critère de réussite ne sera pas le nombre de plants mis en terre en une seule journée, mais les forêts, les bassins versants et les moyens de subsistance qui verront le jour au cours des prochaines années. Pourtant, l’importance internationale de cette campagne est d’ores et déjà évidente. À une époque souvent marquée par le pessimisme climatique, la fragmentation politique et la lenteur des progrès environnementaux, l’Éthiopie a démontré la puissance d’une mobilisation collective à grande échelle. Rares sont les pays qui ont tenté d’organiser une action environnementale impliquant des millions de citoyens à une telle échelle en une seule journée. Alors que le monde recherche des voies concrètes vers la restauration écologique et la résilience climatique, l’expérience de l’Éthiopie soulève une question importante : la restauration de l’environnement peut-elle devenir un mouvement social national plutôt qu’un simple objectif politique? Le 3 août 2026, la réponse de l’Éthiopie était visible à travers les montagnes, les vallées, les exploitations agricoles, les écoles et les places publiques. Des millions de personnes plantant des arbres ensemble ont transformé une campagne en faveur du climat en quelque chose de plus grand encore : un acte national de restauration ayant un retentissement mondial. Le message qui dépasse les frontières de l’Éthiopie est sans équivoque : l’action pour le climat ne se résume pas à des accords internationaux ou à des objectifs futurs. Elle repose également sur ce que les gens choisissent de faire, ensemble, sur le terrain, aujourd’hui.
Erreurs de calcul stratégiques dans le bassin d’Abbay (Nil) : pourquoi la stratégie d’isolement de l’Égypte à l’encontre de l’Éthiopie est vouée à l’échec
Jul 22, 2026 795
Par Ayele Yimer, pour POA 22 juillet, 2026 Depuis bien plus d’un siècle, l’hydro-diplomatie dans le bassin d’Abbay (Nil) s’est déroulée dans le cadre d’un statu quo asymétrique ancré dans des accords datant de l’époque coloniale. Les accords de 1929 et 1959 — élaborés sans la participation ni le consentement de l’Éthiopie, source de plus de 85 % du débit total de l’Abbay (le Nil) — attribuaient la totalité du débit du fleuve aux pays en aval. Surtout, ces pactes historiques accordaient à l’Égypte un droit de veto absolu sur les projets de mise en valeur de l’eau en amont. Lorsque l’Éthiopie a officiellement lancé la construction du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD) en 2011, les décideurs du Caire ont d’abord rejeté cette initiative, la qualifiant de simple gesticulation politique. Le raisonnement qui prévalait en Égypte était simple : confrontée à de graves contraintes économiques, à des défis en matière de sécurité intérieure et à des infrastructures technologiques limitées, l’Éthiopie serait totalement incapable de mener à bien seule un mégaprojet de cette ampleur, d’un coût de 5 milliards de dollars américains. La confiance initiale du Caire reposait en grande partie sur l’hypothèse que son influence diplomatique pourrait priver définitivement l’Éthiopie de l’accès aux marchés financiers internationaux. En effet, grâce à un lobbying persistant auprès des institutions financières multilatérales, des banques internationales de développement et des marchés financiers occidentaux, les crédits étrangers et les prêts bilatéraux destinés à la construction du barrage ont été systématiquement refusés à Addis-Abeba. Cependant, ce veto diplomatique a produit un résultat que Le Caire n’avait pas anticipé : il a galvanisé une mobilisation nationale inébranlable. Conscients qu’aucune aide financière extérieure ne serait accordée, l’État éthiopien et ses citoyens ont opté pour une autonomie totale. Des agriculteurs ruraux achetant des micro-obligations aux travailleurs urbains versant une fraction de leur salaire mensuel, en passant par de vastes campagnes menées au sein de la diaspora éthiopienne à travers le monde, ce projet de 5 milliards de dollars a été entièrement financé grâce aux sacrifices de la population. En conséquence, le GERD a rapidement dépassé le simple statut d’installation hydroélectrique. Il s’est transformé en un symbole déterminant de la souveraineté nationale, de l’unité et de l’autodétermination moderne — souvent qualifié dans le discours national de « deuxième Adoua », évoquant la victoire historique de l’Éthiopie face à l’empiétement étranger. DE LA COERCITION À L’ENCERCLEMENT : LES TROIS PHASES DE L’OPPOSITION Alors que la construction du barrage progressait grâce à une autonomie purement nationale, la politique égyptienne a évolué selon trois phases distinctes visant à stopper ou à neutraliser le projet : Coercition directe et blocus financier (2011–2015) : La phase initiale a été marquée par des prises de position publiques, des manœuvres secrètes et des menaces coercitives. En 2013, une célèbre réunion télévisée animée par de hautes personnalités politiques égyptiennes a été diffusée en direct ; les participants y ont ouvertement évoqué le sabotage militaire, les opérations secrètes des services de renseignement et le financement d’insurrections antigouvernementales menées par des groupes intermédiaires en Éthiopie. Cette posture agressive reposait sur la conviction que le fait d’exclure l’Éthiopie des marchés financiers contraindrait inévitablement Addis-Abeba à abandonner la construction. Obstruction des négociations et exigences juridiques (2015–2021) : Alors que la construction physique avançait à grands pas, Le Caire s’est orienté vers l’obstruction des négociations. Profitant du processus prolongé de négociations trilatérales avec l’Éthiopie et le Soudan, Le Caire a insisté sur des quotas d’eau historiques contraignants qui reflétaient les répartitions de l’époque coloniale. Sous le prétexte d’un « cadre opérationnel juridiquement contraignant », l’Égypte a cherché à conserver un droit de veto perpétuel sur les aménagements en amont tout en forçant l’Éthiopie à supporter seule le poids des sécheresses naturelles. Endiguement régional et isolement diplomatique (2021–aujourd’hui) : l’achèvement physique du barrage ayant établi une réalité irréversible, l’Égypte s’est tournée vers les pays voisins d’Afrique de l’Est et de la Corne de l’Afrique. Conscient que l’intervention directe et les droits de veto juridiques avaient échoué, Le Caire a commencé à forger des alliances bilatérales, des accords de défense et des corridors économiques afin d’encercler diplomatiquement l’Éthiopie. Parallèlement, Le Caire a lancé une guerre de communication agressive, présentant les opérations hydroélectriques standard et non consommatrices comme des violations « unilatérales » du droit international. Dans leurs déclarations publiques, les responsables accusaient régulièrement l’Éthiopie de provoquer des fluctuations du débit en aval. Afin de minimiser l’importance de cette étape nationale, des discours émanant de tiers ont circulé, suggérant que le barrage dépendait d’un financement géopolitique extérieur — des allégations catégoriquement réfutées par les dirigeants éthiopiens et par Pietro Salini, PDG de WeBuild, qui a confirmé que le projet était financé à 100 % par le peuple éthiopien. Malgré des incursions armées à proximité du périmètre du projet, des recours juridiques et une pression diplomatique intense, l’Éthiopie a poursuivi la construction sans interruption. Aujourd’hui, le GERD est entièrement achevé et constitue la plus grande installation hydroélectrique d’Afrique — avec une puissance installée de plus de 5 150 mégawatts —, conçue exclusivement pour la production d’énergie propre à usage non consommatoire. LES FAILLES STRUCTURELLES DE LA STRATÉGIE DU CAIRE La stratégie égyptienne d’encerclement diplomatique repose sur des erreurs d’appréciation fondamentales d’ordre géopolitique, économique et hydrologique qui la rendent insoutenable à long terme : La réalité hydrologique immuable : aucune manœuvre diplomatique ni aucun renforcement d’alliances ne peut modifier la géographie physique du bassin. L’Éthiopie génère plus de 85 % du débit annuel du fleuve par le biais des réseaux du Nil, du Baro-Akobo et du Tekeze. Tenter d’isoler la nation souveraine qui contrôle la source hydrologique ultime du fleuve principal constitue un paradoxe stratégique. Une véritable stabilité en aval passe par des relations directes et fonctionnelles avec Addis-Abeba, et non par un endiguement. Impératifs économiques contre alignements diplomatiques : si les pays du bassin du Nil se félicitent des investissements dans les infrastructures, leurs objectifs de développement économique à long terme favorisent une intégration énergétique régionale centrée sur l’Éthiopie. Les États voisins — notamment le Kenya, le Soudan, Djibouti et le Soudan du Sud — importent activement ou négocient l’achat d’une hydroélectricité propre et abordable produite par le GERD. Le besoin urgent d’électrification et de croissance industrielle signifie que les pays d’Afrique de l’Est ne sacrifieront pas leur accès à l’énergie verte simplement pour se plier aux campagnes diplomatiques à somme nulle du Caire. L’impératif moral et juridique : Exiger qu’un pays enclavé de plus de 130 millions d’habitants reste en situation de pauvreté énergétique — où des dizaines de millions de personnes sont privées d’électricité de base — afin de préserver des répartitions historiques coloniales de l’eau est éthiquement indéfendable et politiquement irréalisable. Cette réalité est soulignée par l’adoption généralisée, à l’échelle régionale, de l’Accord-cadre de coopération (CFA), qui réoriente fondamentalement la gouvernance du Nil vers une utilisation équitable et raisonnable, neutralisant ainsi de fait le droit de veto historique du Caire. AU-DELÀ DU GERD : LA GRANDE STRATÉGIE DES « DEUX EAUX » L’achèvement et la mise en service du GERD ne marquent pas la fin de la vision nationale de l’Éthiopie ; ils constituent au contraire le pilier fondamental d’une transformation géopolitique plus large à travers la Corne de l’Afrique. La perspective stratégique de l’Éthiopie est de plus en plus définie par la doctrine des « deux eaux » — un cadre politique reliant l’hydropolitique du bassin de l’Abbay (Nil) à l’accès maritime le long de la mer Rouge et du détroit de Bab-el-Mandeb. La doctrine des « deux eaux » reconnaît que le bassin du Nil et la mer Rouge sont géographiquement et géopolitiquement indissociables. Les pressions sécuritaires orchestrées par des rivaux en aval dans le domaine maritime — telles que la volonté du Caire d’étendre sa présence militaire et d’implanter des avant-postes de renseignement dans des États voisins comme l’Érythrée — constituent des prolongements directs de l’hydropolitique du Nil. En tant que nation enclavée la plus peuplée au monde, l’Éthiopie ne peut pas soutenir la croissance de son économie industrielle tant qu’elle reste prisonnière d’une dépendance logistique totale vis-à-vis des ports étrangers. En recherchant un accès maritime sûr et durable, parallèlement à des capacités de défense maritime, l’Éthiopie établit un équilibre régional global des pouvoirs. La fusion de sa capacité hydroélectrique avec sa connectivité maritime garantit une indépendance économique à long terme et positionne Addis-Abeba comme la principale force stabilisatrice dans ces deux domaines aquatiques. L’IMPÉRATIF D’UNE PROSPÉRITÉ PARTAGÉE La stratégie de longue date du Caire à l’égard du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne — passant d’un rejet initial et de pressions dissimulées à un encerclement diplomatique actuel — n’a jamais réussi à freiner les progrès de l’Éthiopie. L’achèvement du barrage prouve que la détermination nationale, la mobilisation des ressources intérieures et la clarté stratégique peuvent venir à bout des efforts de confinement extérieurs. Tenter d’isoler diplomatiquement l’Éthiopie est structurellement irréalisable et contre-productif pour les intérêts des pays en aval. La voie vers une stabilité durable et la sécurité hydrique en Afrique de l’Est ne réside pas dans une division à somme nulle, mais dans l’acceptation de la position légitime de l’Éthiopie en tant que fournisseur énergétique majeur et stabilisateur régional. En abandonnant les paradigmes obsolètes de l’ère coloniale et en embrassant la réalité commune des « deux eaux », les États riverains en aval peuvent passer d’une opposition stérile au développement de l’Éthiopie à un avenir commun fondé sur le partage de l’électricité, l’intégration économique régionale et la gestion collaborative du bassin.
La stratégie défaillante du Caire : la propagande ne peut pas freiner l’essor de l’Éthiopie
Jul 22, 2026 511
Par Jibril Lammo 22 juillet, 2026 Pendant des générations, la classe politique égyptienne s’est appuyée sur un postulat dangereux et de plus en plus obsolète : celui selon lequel la sécurité hydrique en aval ne pouvait être préservée qu’en maintenant les pays en amont dans un état de faiblesse, de pauvreté et de sous-développement. Cette logique héritée de l’époque coloniale est aujourd’hui en train de s’effondrer. Pourtant, alors que l’Éthiopie progresse vers une plus grande autonomie économique, une souveraineté énergétique, une consolidation démocratique et une connectivité régionale, certains médias égyptiens soutenus par l’État et l’appareil de communication officiel continuent de recycler la même stratégie bien connue : peur, désinformation, pression diplomatique et ingérence politique. Les cibles sont claires. Le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD) est présenté comme une menace existentielle. Le dialogue national éthiopien est rejeté ou délégitimé. La quête légitime du pays en matière de connectivité régionale et d’accès sécurisé à la mer Rouge est présentée comme une ambition déstabilisatrice. Dans le même temps, Le Caire continue de mobiliser ses réseaux diplomatiques et médiatiques pour restreindre les options stratégiques de l’Éthiopie. Le message sous-jacent à ces campagnes est de plus en plus évident : l’essor de l’Éthiopie doit être contenu. Mais l’Éthiopie n’est plus le pays que les puissances extérieures pouvaient isoler, intimider ou définir à sa place. L’attention incessante portée aux affaires intérieures de l’Éthiopie ressemble de moins en moins à une véritable préoccupation pour la stabilité régionale et de plus en plus à un effort calculé visant à détourner l’attention des pressions socio-économiques croissantes qui pèsent sur l’Égypte elle-même. Au lieu de s’attaquer aux défis structurels auxquels est confrontée sa propre société, la classe politique du Caire et ses autorités continuent de trouver un intérêt politique à présenter l’Éthiopie comme une menace extérieure commode. Cette stratégie peut faire les gros titres. Elle ne peut pas arrêter le cours de l’histoire. Le GERD et la politique de la peur Alors que les discours politiques continuent de présenter l’Éthiopie comme une menace, le pays investit dans les fondements écologiques de son avenir. Dans le cadre de l’initiative « Green Legacy », le pays a lancé l’une des campagnes de restauration environnementale les plus ambitieuses d’Afrique. Cette initiative s’est concentrée sur le reboisement, la réhabilitation des bassins versants, la conservation des sols et la restauration des paysages dégradés à travers le pays. Ces efforts sont directement liés à la santé à long terme des fleuves et des bassins versants éthiopiens. Des écosystèmes sains améliorent la rétention des sols, favorisent la recharge des nappes phréatiques, réduisent l’érosion et renforcent la résilience des paysages qui font vivre des millions de personnes. Telle est la réalité que la propagande géopolitique ignore souvent. Les pays du bassin du Nil, en particulier les nations en aval, sont confrontés à un choix. Ils peuvent continuer à consacrer des ressources à des démonstrations de force militaire, à des confrontations diplomatiques et à des campagnes médiatiques hostiles — ou bien investir dans la coopération, la restauration écologique, la gestion scientifique de l’eau et le développement partagé. La première voie aggrave l’insécurité. La seconde ouvre la voie à une prospérité durable. Une Éthiopie souveraine ne peut plus être isolée La transformation de l’Éthiopie ne se limite pas à l’Abay. Le pays est une grande puissance africaine, avec une population dépassant les 130 millions d’habitants, une position géographique stratégique, un potentiel économique considérable et une détermination de plus en plus affirmée à forger son propre avenir. Pendant des décennies, la situation géographique de l’Éthiopie a été considérée comme une contrainte stratégique permanente. Son absence d’accès maritime direct a contribué à sa vulnérabilité économique et a renforcé un schéma plus large d’isolement régional. Cette réalité historique est en train de changer. La volonté de l’Éthiopie d’obtenir un accès sûr et fiable à la mer Rouge ne constitue pas un acte d’agression à l’encontre de ses voisins. Il s’agit d’un impératif stratégique découlant de la géographie, des nécessités économiques et du développement national. On ne peut attendre d’un pays de la taille et de l’importance de l’Éthiopie qu’il reste indéfiniment dépendant d’arrangements extérieurs pour son commerce international et sa connectivité stratégique. L’époque où l’on pouvait s’attendre à ce que l’Éthiopie accepte l’isolement comme une condition permanente est révolue. L’Éthiopie a patiemment recherché le dialogue et négocié des solutions. Mais le dialogue ne peut signifier le maintien permanent d’inégalités historiques, pas plus que les négociations ne peuvent se réduire à exiger de l’Éthiopie qu’elle renonce à ses intérêts souverains. La région doit en fin de compte reconnaître une réalité simple : une Éthiopie prospère et connectée ne constitue pas une menace pour la Corne de l’Afrique. Elle peut devenir l’un des plus grands moteurs de croissance de la région. Le dialogue national éthiopien sera façonné par les Éthiopiens Le même principe s’applique aux affaires politiques internes de l’Éthiopie. Les tentatives de commentateurs étrangers et d’acteurs régionaux visant à rejeter le dialogue national éthiopien en le qualifiant de « théâtre politique » révèlent une incompréhension fondamentale du parcours politique du pays. Les défis de l’Éthiopie sont réels. Ses divergences politiques sont complexes. Son histoire est contestée. Mais la responsabilité de résoudre ces problèmes incombe avant tout aux Éthiopiens. Le dialogue national représente un effort visant à créer une plateforme institutionnelle grâce à laquelle divers griefs politiques, sociaux et historiques peuvent être discutés et traités. Ce n’est pas un projet qui nécessite une approbation extérieure. L’avenir politique de l’Éthiopie ne sera pas conçu au Caire, à Washington ou dans toute autre capitale étrangère. Il ne sera pas non plus déterminé par des campagnes médiatiques, des pressions exercées par des intermédiaires ou des tentatives extérieures visant à exploiter les divisions internes. Les institutions démocratiques du pays sont peut-être encore en pleine évolution, comme c’est le cas dans de nombreuses nations. Mais l’avenir politique de l’Éthiopie doit, en fin de compte, être négocié par les Éthiopiens et façonné par les intérêts du peuple éthiopien. Le bassin de l’Abay (le Nil) ne peut rester l’otage de rivalités historiques Les pays du bassin du Nil sont liés par la géographie. Leurs destins sont donc étroitement liés. Ils peuvent soit coopérer pour construire un avenir de prospérité partagée, soit rester prisonniers d’un cycle de méfiance, de confrontation et de rivalité géopolitique. L’Éthiopie a réaffirmé à maintes reprises son engagement en faveur d’une utilisation équitable et raisonnable des ressources en eau partagées. Mais une utilisation équitable ne peut signifier le maintien des privilèges du passé. La coopération ne peut signifier qu’un pays conserve un droit de veto sur les aspirations de développement d’un autre. Le Nil n’est la propriété privée d’aucune nation en particulier. L’avenir du bassin doit se construire sur la coopération, le respect mutuel, les données scientifiques et la reconnaissance des droits légitimes au développement de tous les États riverains. L’Éthiopie n’acceptera pas un ordre régional dans lequel son développement serait en permanence subordonné aux inquiétudes politiques d’un autre pays. Elle n’acceptera pas non plus l’idée que son peuple doive rester pauvre pour que d’autres puissent se sentir en sécurité. Les vieilles méthodes ne fonctionnent plus La stratégie habituelle du Caire — politiser le développement de l’Éthiopie, internationaliser ses défis internes, attiser les craintes autour du GERD et faire obstacle aux ambitions régionales de l’Éthiopie — a peut-être été efficace à une autre époque. Mais aujourd’hui, elle s’avère de plus en plus inefficace. L’Éthiopie est en pleine mutation. Son économie est en expansion. Ses infrastructures se développent. Ses ambitions environnementales s’intensifient. Ses relations diplomatiques s’élargissent. Sa population réclame davantage de prospérité, des institutions plus solides et un rôle plus influent dans les affaires régionales et mondiales. Aucune campagne médiatique ne peut inverser durablement cette trajectoire. Le choix qui s’offre à l’Égypte n’est donc pas de savoir si l’Éthiopie va se développer. L’Éthiopie se développera. Le véritable choix consiste à savoir si l’Égypte continuera à considérer l’essor de l’Éthiopie comme une menace — ou si elle reconnaîtra qu’une Éthiopie stable, prospère, dotée d’une sécurité énergétique et intégrée économiquement peut devenir un partenaire dans la construction d’un bassin du Nil plus fort et d’une Corne de l’Afrique plus prospère. L’ère de l’endiguement touche à sa fin. L’ère de la souveraineté éthiopienne s’annonce. Et aucune propagande, aussi intense soit-elle, ne peut arrêter une nation déterminée à forger son propre avenir.
Une semaine décisive pour l’Éthiopie : dialogue national et dynamique diplomatique
Jul 20, 2026 594
Par la rédaction Juillet 20, 2026 (ENA) L’Éthiopie a connu une semaine marquée par d’importants développements politiques, diplomatiques et en matière de développement, alors que le pays a ouvert un chapitre potentiellement historique dans ses efforts pour résoudre des divergences politiques de longue date par le dialogue et le consensus. Le lancement de la Conférence de dialogue national tant attendue a dominé l’actualité nationale, rassemblant des milliers de représentants de l’ensemble de la société éthiopienne dans le but de relever les défis politiques et sociaux les plus complexes du pays par le biais d’une consultation pacifique. Dans le même temps, les événements survenus dans le nord du pays, en particulier dans la région du Tigray, ont mis en évidence les défis persistants auxquels est confronté le processus de paix en Éthiopie, tandis que d’importants projets d’infrastructure, l’extension des liaisons aériennes, l’activité économique croissante autour du Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD) et un agenda diplomatique actif ont souligné les efforts plus larges du pays pour faire progresser la paix, les réformes et la transformation économique. Dans l’ensemble, les événements de la semaine ont reflété un pays en pleine transition complexe, cherchant à consolider la paix et le dialogue politique sur son territoire tout en développant son engagement économique et diplomatique à l’étranger. Ouverture d’un dialogue national historique L’événement marquant de la semaine a été l’ouverture officielle de la Conférence de dialogue national éthiopienne, le 15 juillet à Addis-Abeba. Cette conférence, d’une durée de trois semaines, a réuni plus de 4 000 représentants des États régionaux, des partis politiques, des organisations de la société civile, des institutions religieuses, des associations professionnelles, des chefs traditionnels, des groupes de jeunes et de femmes, ainsi que des membres de la diaspora éthiopienne. Organisée par la Commission éthiopienne du dialogue national (ENDC), cette conférence constitue le processus de consultation national le plus vaste jamais mené dans le pays depuis la mise en place du système fédéral actuel. Présidant la conférence, le Premier ministre Abiy Ahmed a appelé les Éthiopiens à remplacer la confrontation politique par le dialogue et le compromis. Il a déclaré que les désaccords ne devaient plus dégénérer de « propos virulents » en « actions violentes », mais devaient au contraire être résolus par la consultation pacifique, la compréhension mutuelle et la responsabilité collective. Le Premier ministre a qualifié ce processus d’occasion historique de jeter les bases d’une paix durable, d’une réconciliation nationale et d’un avenir national commun. Créée en vertu de la proclamation n° 1265/2021, l’ENDC précise que ce dialogue vise à identifier les principaux défis nationaux de l’Éthiopie, à établir un large consensus et à formuler des recommandations susceptibles de renforcer la stabilité politique et l’unité nationale. Les délégués débattent d’un large éventail de questions, notamment la construction de l’État et l’identité nationale, la structure et la forme du gouvernement, l’administration des villes fédérales telles qu’Addis-Abeba et Dire Dawa, les affaires religieuses, la réforme institutionnelle, l’État de droit et les droits de l’homme. L’ordre du jour couvre également les défis socio-économiques touchant les agriculteurs, les éleveurs et les communautés vulnérables, la lutte contre la corruption et la bonne gouvernance, ainsi que la consolidation de la paix et la prévention des conflits. Ce dialogue s’est également imposé comme un événement international majeur, attirant des représentants de gouvernements étrangers, d’organisations internationales et de partenaires au développement qui ont exprimé leur soutien à un processus mené par l’Éthiopie visant à résoudre les divergences politiques par le dialogue. Un rassemblement témoigne de la pression croissante de l’opinion publique face à l’attitude belliqueuse persistante du TPLF Alors que le Dialogue national a ouvert une plateforme nationale de consultation politique, les événements survenus dans la région du Tigray ont mis en évidence les défis persistants auxquels est confronté le processus de paix global en Éthiopie. Le 18 juillet, des milliers de manifestants tigréens se sont rassemblés sur la place Meskel à Addis-Abeba sous le slogan « Halte aux enlèvements ; que la paix règne ». Organisé par le Conseil pour la paix et le changement du Tigray, ce rassemblement a appelé à la mise en œuvre intégrale de l’accord de cessation des hostilités de Pretoria de novembre 2022, à la fin des recrutements forcés présumés au Tigray et au retour des personnes déplacées à l’intérieur du pays. Les participants ont accusé l’ancien Front populaire de libération du Tigray (TPLF) de contribuer à l’instabilité persistante dans la région et ont appelé le gouvernement fédéral et la communauté internationale à soutenir une paix et une stabilité durables. L’un des moments les plus suivis du rassemblement a été la participation de Getachew Reda, président du parti Simret et ancien président de l’administration régionale provisoire du Tigray. S'adressant aux manifestants, Getachew a accusé le TPLF d'entraver les efforts de développement et a affirmé que celui-ci procédait à des recrutements forcés de jeunes. Un rassemblement témoigne de la pression croissante de l’opinion publique face à l’attitude belliqueuse persistante du TPLF Alors que le Dialogue national a ouvert une plateforme nationale de consultation politique, les événements survenus dans la région du Tigray ont mis en évidence les défis persistants auxquels est confronté le processus de paix global en Éthiopie. Le 18 juillet, des milliers de manifestants tigréens se sont rassemblés sur la place Meskel à Addis-Abeba sous le slogan « Halte aux enlèvements ; que la paix règne ». Organisé par le Conseil pour la paix et le changement du Tigray, ce rassemblement a appelé à la mise en œuvre intégrale de l’accord de cessation des hostilités de Pretoria de novembre 2022, à la fin des recrutements forcés présumés au Tigray et au retour des personnes déplacées à l’intérieur du pays. Les participants ont accusé l’ancien Front populaire de libération du Tigray (TPLF) de contribuer à l’instabilité persistante dans la région et ont appelé le gouvernement fédéral et la communauté internationale à soutenir une paix et une stabilité durables. L’un des moments les plus suivis du rassemblement a été la participation de Getachew Reda, président du parti Simret et ancien président de l’administration régionale provisoire du Tigray. S'adressant aux manifestants, Getachew a accusé le TPLF d'entraver les efforts de développement et a affirmé que celui-ci procédait à des recrutements forcés de jeunes. Les infrastructures et la connectivité vont de l’avant Le développement économique et l’expansion des infrastructures sont également restés au cœur de l’agenda de l’Éthiopie au cours de la semaine. Le Premier ministre Abiy Ahmed a inauguré l’aéroport King Tekle Haymanot, rénové, à Debre Markos, dans la région d’Amhara, rétablissant ainsi l’activité d’une installation qui était restée inactive pendant près de trois décennies. Cette réhabilitation devrait améliorer la connectivité régionale, faciliter les échanges commerciaux, promouvoir le tourisme et renforcer l’intégration économique. Ethiopian Airlines a quant à elle étendu son réseau international avec le lancement de vols passagers directs entre Addis-Abeba et Port-Louis, à Maurice. Cette nouvelle liaison renforce encore la position de l’Éthiopie en tant que l’une des principales plaques tournantes aériennes d’Afrique, tout en créant de nouvelles opportunités pour le commerce, le tourisme, l’investissement et les relations d’affaires entre l’Afrique orientale et australe et les marchés mondiaux. Le GERD a également continué à générer des retombées économiques au-delà de la production d’électricité. Le Bureau régional de l’agriculture de Benishangul-Gumuz a indiqué que plus de 10 700 tonnes de poissons avaient été pêchées dans le lac Nigat au cours de l’exercice fiscal éthiopien qui vient de s’achever. Le réservoir soutient de plus en plus la pêche, le tourisme, le transport intérieur et l’emploi par le biais de coopératives de pêche organisées, ce qui démontre l’impact économique plus large des grands projets d’infrastructure. La diplomatie au premier plan Tout au long de la semaine, l’Éthiopie a mené une politique diplomatique active, renforçant ses relations avec ses partenaires internationaux tout en faisant progresser ses priorités stratégiques dans la Corne de l’Afrique et au-delà. La visite de Kaja Kallas, haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-présidente de la Commission européenne, a compté parmi les événements diplomatiques les plus marquants de la semaine. Lors de ses entretiens avec le Premier ministre Abiy Ahmed et le ministre des Affaires étrangères Gedion Timothewos, les discussions ont porté sur le renforcement des relations entre l’Éthiopie et l’UE, l’élargissement de la coopération économique, la promotion de la paix et de la sécurité régionales, ainsi que le soutien au programme de réformes de l’Éthiopie. Mme Kallas a réaffirmé l’engagement de l’Union européenne à élargir la coopération dans les domaines de l’investissement, des énergies renouvelables, de la gouvernance numérique et des matières premières critiques, tout en encourageant la mise en place d’un environnement d’investissement plus prévisible et plus favorable aux entreprises. Elle a également assisté à la Conférence sur le dialogue national, qu’elle a qualifiée d’initiative inclusive et issue de la base, susceptible de contribuer à une paix durable, à la réconciliation et à l’unité nationale. Le Premier ministre Abiy a également eu des entretiens avec le président nouvellement élu de la Banque africaine d’import-export, le Dr George Elombi, ainsi qu’avec des membres du conseil d’administration de la banque. Les discussions ont porté sur le renforcement de la coopération financière sous l’impulsion de l’Afrique, l’élargissement des opportunités d’investissement et le soutien à la transformation économique à long terme du continent. L’Éthiopie a encore élargi son engagement international en assumant la présidence de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. La ministre d’État aux Finances, Semereta Sewasew, a déclaré que la présidence éthiopienne se concentrerait sur l’élargissement des opportunités économiques, la mobilisation de financements durables et le renforcement des partenariats entre les 79 États membres de l’organisation. Les relations avec les pays du Golfe ont également occupé une place importante dans l’agenda diplomatique de l’Éthiopie. Le Premier ministre Abiy s’est rendu au Qatar pour présenter les condoléances de l’Éthiopie et rendre hommage à l’ancien émir et « Père de l’émir» du Qatar, Son Altesse le cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani, réaffirmant ainsi l’amitié de longue date entre les deux pays. Parallèlement, l’Éthiopie a poursuivi son dialogue avec l’Arabie saoudite concernant la situation des ressortissants éthiopiens faisant l’objet de poursuites judiciaires dans le royaume. Le ministère des Affaires étrangères a indiqué que près de 2 000 Éthiopiens avaient bénéficié d’amnisties royales accordées par les autorités saoudiennes et a réaffirmé l’engagement du gouvernement à protéger les droits et le bien-être des citoyens éthiopiens à l’étranger. Le Premier ministre Abiy s’est également entretenu avec le président du Bénin, Romuald Wadagni, à Addis-Abeba. Les deux dirigeants ont réaffirmé leur engagement à élargir la coopération bilatérale et à renforcer le partenariat de longue date entre l’Éthiopie et le Bénin. L’accès à la mer et le GERD restent des priorités stratégiques La quête de longue date de l’Éthiopie pour un accès fiable à la mer est également restée un sujet majeur des débats nationaux et internationaux. Des universitaires et des experts en politique ont décrit l’accès maritime comme une nécessité stratégique nationale plutôt que comme une simple aspiration politique, faisant valoir qu’un pays comptant plus de 130 millions d’habitants et dont l’économie connaît une expansion rapide a besoin d’un accès fiable aux voies commerciales internationales. L’ancienne administratrice en chef de l’État régional du Tigray, Gebru Asrat, a appelé à l’élaboration d’une stratégie nationale soigneusement planifiée, fondée sur des bases juridiques et guidée par la diplomatie, comprenant notamment la création d’une institution spécialisée chargée de coordonner les dimensions techniques, juridiques et historiques des intérêts maritimes de l’Éthiopie. Le GERD, quant à lui, a continué de faire l’objet d’une propagande infondée de la part des responsables égyptiens dans le cadre de leur guerre de l’information contre l’Éthiopie. L’analyste politique américain Andrew Korybko a fait valoir que l’Éthiopie dispose du droit souverain d’utiliser le fleuve Abay au sein de son territoire internationalement reconnu. Il a déclaré qu’une paix durable dans le bassin du Nil dépendait du dialogue, du respect mutuel et de solutions menées par l’Afrique plutôt que de la confrontation. Par ailleurs, les accusations égyptiennes à l’encontre de l’Éthiopie concernant le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD) continuent de faire fi des faits historiques et des principes d’utilisation équitable et raisonnable ainsi que de coopération consacrés par le droit international, a déclaré le député Mohammed Al-Arousi à l’ENA. Il a en outre fait valoir que les revendications de l’Égypte négligent les droits légitimes au développement des pays situés en amont du bassin du Nil et leur droit souverain d’utiliser les ressources en eau partagées conformément au droit international. L’Éthiopie a également poursuivi ses consultations avec les pays voisins et les organisations régionales sur la paix, la sécurité et l’intégration économique, renforçant ainsi le rôle d’Addis-Abeba en tant que pôle diplomatique de la Corne de l’Afrique. La diplomatie climatique est restée une autre priorité stratégique, alors que se poursuivent les préparatifs en vue de l’accueil par l’Éthiopie de la COP32 en 2027. Le cadre de dialogue bilatéral structuré entre l’Éthiopie et les États-Unis, récemment signé, témoigne également des efforts visant à approfondir la coopération dans les domaines du commerce, de l’investissement, de la défense, ainsi que de la paix et de la sécurité régionales. Une semaine placée sous le signe de la réconciliation nationale et de l’engagement international Dans l’ensemble, les événements de cette semaine ont mis en évidence les efforts déployés par l’Éthiopie pour faire progresser la réconciliation nationale tout en renforçant sa diplomatie économique, en attirant les investissements et en développant des partenariats stratégiques à travers l’Afrique et au-delà. Le lancement du Dialogue national a marqué une tentative potentiellement transformatrice visant à résoudre des décennies de désaccords politiques par la consultation et le consensus plutôt que par la confrontation. Cependant, les événements survenus dans la région du Tigré ont également montré que des défis importants subsistent pour mettre pleinement en œuvre les accords de paix, rétablir la confiance et répondre aux griefs régionaux. Au-delà de la politique intérieure, l’Éthiopie a continué à faire valoir ses intérêts stratégiques sur des questions telles que le GERD et l’accès maritime, tout en renforçant ses relations avec l’Union européenne, les institutions financières africaines et les pays du Golfe. Parallèlement, les investissements dans les infrastructures, l’extension des liaisons aériennes et les retombées économiques croissantes générées par le GERD ont reflété l’importance que le gouvernement continue d’accorder au développement à long terme et à la transformation économique. Alors que le Dialogue national se poursuivra dans les semaines à venir, sa capacité à formuler des recommandations concrètes, à renforcer la confiance du public et à aborder les questions politiques les plus complexes de l’Éthiopie sera suivie de près tant au niveau national qu’à l’étranger. Ses résultats, associés aux efforts continus de l’Éthiopie pour approfondir la coopération régionale, élargir ses partenariats stratégiques et accélérer la transformation économique, pourraient jouer un rôle décisif dans l’orientation du pays vers davantage de paix, de stabilité et de développement. Pour l’Éthiopie, cette semaine a été l’occasion de rappeler avec force l’ampleur des défis à venir, mais aussi la détermination croissante du pays à les relever par le dialogue sur le plan national, le développement sur le terrain et la diplomatie à l’étranger.
Le dialogue national en Éthiopie : une initiative pour mettre fin au conflit et instaurer une paix durable
Jul 17, 2026 940
Par la rédaction 16 juillet, 2026 (ENA) La journée d’ouverture de la Conférence nationale de dialogue éthiopienne, qui s’est tenue le mardi 15 juillet 2026, a transmis deux messages complémentaires. Sur le plan national, elle a présenté ce dialogue comme une occasion décisive de transformer la culture politique de l’Éthiopie en remplaçant les cycles de confrontation par une tradition de consultation, de compromis et de consensus. Sur le plan international, elle a recueilli de vifs soutiens de la part d’éminents hommes d’État africains et d’institutions régionales, élevant ainsi cette initiative au-delà d’un simple exercice national pour en faire un processus d’importance continentale. La cérémonie d’ouverture a réuni plus de 4 000 représentants venus de toute l’Éthiopie, ainsi que le Premier ministre Abiy Ahmed, le président de la Commission du dialogue national éthiopien, le professeur Mesfin Araya, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, le commissaire de l’Union africaine chargé des affaires politiques, de la paix et de la sécurité, l’ambassadeur Bankole Adeoye, et le secrétaire exécutif de l’IGAD, Workneh Gebeyehu. Si chaque orateur a abordé le dialogue sous un angle différent, leurs messages ont convergé autour de plusieurs thèmes centraux : le rejet de la violence politique, la nécessité d’un dialogue inclusif, l’appropriation du processus par l’Éthiopie, la réconciliation nationale, le renouveau institutionnel et la confiance de l’Afrique dans la capacité de l’Éthiopie à s’imposer comme un modèle de résolution pacifique des conflits. Mettre fin au cycle de la violence politique Le Premier ministre Abiy Ahmed a donné le ton en analysant ce qu’il a qualifié de dilemme politique de longue date en Éthiopie. « Notre vie politique commence par des paroles fortes et se termine par des actes forts. Il faut mettre fin à cette division une fois pour toutes. » Plutôt que de présenter les tensions actuelles comme des événements isolés, le Premier ministre a fait valoir que l’Éthiopie avait développé une culture politique dans laquelle les désaccords dégénèrent régulièrement en violences, car les mécanismes pacifiques de résolution des conflits sont restés insuffisants. Son message central était que l’Éthiopie se trouve aujourd’hui face à une occasion rare de changer fondamentalement cette tradition. « L’occasion qui s’offre à nous aujourd’hui est unique. Nous sommes réunis ici pour écrire l’histoire ensemble. » Il a exhorté les représentants à faire passer les intérêts nationaux avant les divisions politiques, ethniques et idéologiques, affirmant que les générations futures devraient se souvenir de ce rassemblement comme du moment où l’Éthiopie a délibérément choisi le dialogue plutôt que la division. Le président de la Commission nationale de dialogue éthiopienne, le professeur Mesfin Araya, a pour sa part confirmé ce même diagnostic du point de vue de la Commission nationale de dialogue. « Notre pays a tenté à maintes reprises de régler ses différends par la force, l’exclusion et des arrangements politiques temporaires. Aucune de ces approches n’a permis d’instaurer une paix durable. » Pour la Commission, ce dialogue n’est pas une énième conférence politique, mais une initiative institutionnelle visant à remplacer la force par la consultation comme principale méthode utilisée par l’Éthiopie pour régler les différends relatifs à la gouvernance, aux dispositions constitutionnelles, à l’identité, aux griefs historiques, au partage des ressources et à l’unité nationale. L’un des thèmes les plus marquants de cette première journée a été le rejet unanime de la violence en tant qu’instrument politique. L’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo a sans doute lancé l’avertissement le plus ferme, en s’appuyant sur la douloureuse expérience historique du Nigeria. « La guerre n’apporte aucun bénéfice », a-t-il déclaré, ajoutant qu’« une guerre civile est plus grave et plus destructrice qu’une guerre contre un ennemi extérieur. Nous devons (donc) nous prémunir contre la guerre civile et les conflits. » Son intervention revêtait une autorité morale particulière, car elle reflétait les leçons tirées de l’une des sociétés post-conflit les plus vastes et les plus complexes d’Afrique. Plutôt que de proposer des observations théoriques, Obasanjo a fait valoir, fort de son expérience, que les guerres civiles laissent des séquelles institutionnelles, sociales et psychologiques plus profondes que les conflits avec des ennemis extérieurs. Le secrétaire exécutif de l’IGAD, Workneh Gebeyehu, a poussé ce raisonnement au-delà de la seule question de la sécurité. « Aucune nation ne s’est jamais construite ni n’a jamais prospéré par le biais d’un conflit. » Ses propos ont établi un lien direct entre la paix et le développement national, suggérant que les pays ne parviennent à un progrès durable que lorsqu’ils privilégient le dialogue, le compromis et les intérêts nationaux collectifs plutôt que la confrontation. Associées à celles du Premier ministre Abiy et du professeur Mesfin, commissaire en chef du Dialogue national éthiopien, ces déclarations ont formé un message remarquablement cohérent selon lequel l’avenir de l’Éthiopie ne peut être assuré par la force, mais uniquement par un dialogue politique soutenu. Écouter plutôt que l’emporter L’un des traits marquants de la cérémonie d’ouverture a été l’accent mis sur la nécessité de changer non seulement les résultats politiques, mais aussi le comportement politique lui-même. Le président de la Commission du dialogue national éthiopien a fait valoir que le désaccord est une caractéristique normale des sociétés démocratiques. « Avoir des points de vue différents est naturel. Le problème commence lorsque nous tentons de faire taire les divergences par la violence au lieu de les résoudre par la discussion. » Il a en outre souligné que le dialogue ne devait jamais être considéré comme une compétition entre gagnants et perdants. « Le dialogue ne consiste pas à vaincre autrui. Il s’agit de trouver un terrain d’entente tout en respectant les différences. » De même, le Premier ministre Abiy a encouragé à plusieurs reprises les participants à écouter avec patience et sincérité plutôt que de tenter d’imposer des positions prédéterminées. Cela représente un changement conceptuel significatif, passant d’une politique à somme nulle à une gouvernance fondée sur le consensus, où les désaccords politiques sont gérés de manière institutionnelle plutôt que par la violence. Modèle continental Les intervenants africains invités ont systématiquement élargi le champ du dialogue au-delà du paysage politique national éthiopien. Obasanjo a qualifié la conférence d’« événement d’une importance historique non seulement pour l’Éthiopie, mais pour l’Afrique tout entière ». Il a replacé l’expérience de l’Éthiopie dans le cadre d’un effort continental plus large visant à démontrer que les pays africains peuvent résoudre leurs propres défis politiques par le dialogue plutôt que par des conflits prolongés. Le commissaire de l’Union africaine chargé des affaires politiques, de la paix et de la sécurité, l’ambassadeur Bankole Adeoye, a renforcé cette position du point de vue institutionnel de l’Union africaine. « Le Dialogue national éthiopien constitue le fondement d’une paix durable et de la réconciliation nationale. » Sa déclaration reflète la préférence politique générale de l’Union africaine pour des processus politiques inclusifs et menés sous l’égide des pays eux-mêmes, en tant que mécanismes de prévention des conflits et de relèvement post-conflit. De même, le secrétaire exécutif de l’IGAD, Workneh Gebeyehu, a qualifié la conférence de moment historique décisif. « Cette conférence historique est un événement majeur qui ouvrira un nouveau chapitre dans la longue et fière histoire de l’Éthiopie. » Collectivement, ces interventions ont transformé la conférence, qui n’était au départ qu’un exercice de réconciliation nationale, en ce que de nombreux dirigeants africains considèrent clairement comme un point de référence continental potentiel pour la gestion d’une diversité politique complexe. Appropriation éthiopienne et solutions africaines Un autre point de convergence majeur a été l’insistance sur le fait que l’Éthiopie elle-même doit s’approprier à la fois le dialogue et ses résultats. L’ambassadeur Adeoye a qualifié à plusieurs reprises ce processus d’« initiative nationale », soulignant que le rôle de l’Union africaine est de soutenir les choix politiques de l’Éthiopie plutôt que de les dicter. Le secrétaire exécutif de l’IGAD, M. Workneh, a poussé cet argument plus loin en mettant en avant les traditions historiques de réconciliation propres à l’Éthiopie. « Il n’est pas nécessaire de chercher à l’étranger des solutions à nos problèmes. L’Éthiopie dispose de nombreuses expériences positives et exemplaires qui peuvent guider ce processus. » Cela reflète une philosophie africaine de plus en plus répandue selon laquelle une paix durable a le plus de chances de voir le jour lorsque les pays s’appuient sur leurs institutions endogènes, leurs traditions culturelles et des mécanismes acceptés localement, plutôt que de se fier exclusivement à des formules politiques conçues de l’extérieur. Au-delà de la résolution immédiate du conflit, les intervenants ont présenté le dialogue comme un projet de construction de l’État à long terme. M. Obasanjo a fait valoir que la conférence devrait aboutir à « une Éthiopie forte et unie », capable de rallier ses citoyens autour d’une vision nationale commune tout en positionnant le pays comme l’un des États phares de l’Afrique. Le Premier ministre Abiy a également établi un lien entre l’unité nationale et les intérêts stratégiques de l’Éthiopie, suggérant que la fragmentation politique avait, historiquement, permis à des acteurs extérieurs d’exploiter les divisions internes. La réconciliation nationale a donc été présentée non seulement comme un objectif politique, mais aussi comme une composante essentielle de la souveraineté nationale et de l’influence régionale. Le professeur Mesfin a également souligné que cette conférence devait être considérée comme le début plutôt que comme la conclusion d’un processus bien plus long. « Cette conférence n’est pas une fin en soi. C’est le début d’un parcours national vers la compréhension, la confiance et une paix durable. » Ses propos ont mis en évidence la maturité institutionnelle de l’ENDC qui, après près de quatre ans de consultations à l’échelle nationale, de recueil des priorités et d’engagement des parties prenantes, est désormais entrée dans sa phase de délibérations de fond. Stabilité régionale et enjeux continentaux L’Union africaine et l’IGAD ont clairement indiqué que la stabilité de l’Éthiopie avait des répercussions bien au-delà de ses frontières. Pour l’Union africaine, la paix dans ce pays est étroitement liée à la stabilité de la Corne de l’Afrique, notamment compte tenu de la position stratégique de l’Éthiopie, de son influence diplomatique et de son rôle en tant que pays hôte du siège de l’UA. De même, l’IGAD a réaffirmé son engagement à accompagner l’Éthiopie tout au long du processus de dialogue, reconnaissant que les événements survenant en Éthiopie ont inévitablement des répercussions sur la sécurité régionale, le commerce, les migrations et l’intégration politique. Leurs prises de position traduisent donc à la fois une solidarité avec l’Éthiopie et la reconnaissance du fait qu’un dialogue fructueux renforcerait la stabilité régionale au sens large. Conclusion La journée d’ouverture de la Conférence nationale de dialogue éthiopienne a défini à la fois la philosophie politique et les ambitions stratégiques qui devraient guider le processus dans les semaines à venir. Les messages délivrés par les intervenants ont mis l’accent sur la transformation de la culture politique éthiopienne en remplaçant la confrontation par la consultation, en reconnaissant les griefs historiques, en renforçant les institutions et en encourageant le compromis plutôt que la coercition. Ces messages nationaux ont été renforcés par une voix continentale unifiée. L’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo a apporté une perspective historique en mettant en garde contre les conséquences dévastatrices d’un conflit civil et en exhortant les Éthiopiens à bâtir une nation unie autour d’aspirations communes. Le commissaire de l’Union africaine, l’ambassadeur Bankole Adeoye, a affirmé que ce dialogue constituait un fondement, s’inscrivant dans une démarche nationale, pour une paix et une réconciliation durables, tandis que le secrétaire exécutif de l’IGAD, Workneh Gebeyehu, a mis en avant les traditions de consultation propres à l’Éthiopie et a appelé le pays à démontrer que le dialogue reste la seule voie viable vers le renouveau national. Dans leur ensemble, ces discours révèlent un consensus naissant selon lequel le Dialogue national éthiopien est bien plus qu’une simple conférence politique. Il s’agit d’une tentative ambitieuse visant à redéfinir la manière dont l’un des plus anciens États d’Afrique gère la diversité, résout les différends et forge un consensus national. Son succès final ne dépendra pas du caractère symbolique de son ouverture, mais de la volonté des participants de traduire ce dialogue en accords durables, en réformes institutionnelles et en une vision commune capable d’assurer une paix durable pour les générations futures.
Le Dialogue National de l'Éthiopie : une étape décisive vers un avenir fondé sur le consensus
Jul 15, 2026 1212
Par Meseret L'Éthiopie a franchi ce mercredi une étape majeure de son histoire politique avec l'ouverture officielle de la Conférence nationale du Dialogue, inaugurée par le Premier ministre Abiy Ahmed. Cet événement historique marque l'aboutissement de plusieurs années d'un processus visant à promouvoir la réconciliation, renforcer l'unité nationale et bâtir un consensus durable autour des grandes questions d'intérêt commun. Un processus national au service de l'unité Créée en 2021 par la Proclamation 1265/2021 adoptée par la Chambre des représentants du peuple, la Commission Éthiopienne du Dialogue National a reçu pour mandat de conduire un processus indépendant, inclusif et piloté par les Éthiopiens eux-mêmes afin de permettre aux citoyens de débattre pacifiquement des défis historiques, politiques, sociaux et institutionnels du pays. Un dialogue pour construire un consensus durable L'objet du Dialogue National va bien au-delà de la simple recherche d'un compromis politique. Il s'agit de créer un espace national où les Éthiopiens, quelles que soient leurs origines, leurs opinions ou leurs appartenances, peuvent débattre librement, dans un esprit de respect mutuel, des questions essentielles qui façonnent l'avenir du pays. Le processus vise à identifier les préoccupations communes, à favoriser une meilleure compréhension entre les différentes composantes de la société et à construire des solutions reposant sur le consensus plutôt que sur la confrontation. Le Dialogue National ambitionne également d'instaurer une culture durable du dialogue et de la concertation. En donnant la parole aux citoyens, aux chefs religieux, aux anciens, aux femmes, aux jeunes, aux représentants des partis politiques, aux universitaires, aux organisations de la société civile ainsi qu'à d'autres acteurs de la vie nationale, il favorise une participation inclusive aux réflexions sur les grandes orientations du pays. Cette approche témoigne de la conviction que les défis les plus complexes peuvent être relevés lorsque toutes les voix sont entendues et que les solutions sont élaborées collectivement. Une préparation progressive et inclusive Au cours des derniers mois, le processus est entré dans sa phase finale avec la validation des agendas nationaux, la formation des facilitateurs, la mobilisation des médias et la préparation logistique de la Conférence. Ces différentes étapes illustrent la volonté de garantir un dialogue organisé, transparent et représentatif des diverses composantes de la société éthiopienne. Le début des travaux de la Conférence nationale Ouverte officiellement ce 15 juillet 2026 à Addis Abeba par le Premier ministre Abiy Ahmed, la Conférence nationale réunit des délégués venus de toutes les régions du pays ainsi que des représentants de la diaspora. La cérémonie d'ouverture s'est déroulée en présence de nombreuses hautes personnalités nationales et africaines, notamment l'ancien Président de la République fédérale du Nigeria, Olusegun Obasanjo ainsi que le Professeur Bankole Adeoye, Commissaire de l'Union africaine aux Affaires politiques, à la Paix et à la Sécurité, dont la participation témoigne de l'intérêt porté par le continent à cette initiative. Pendant plusieurs semaines, les participants examineront les thèmes identifiés au cours des consultations populaires afin de dégager des points de convergence et de formuler des recommandations sur les questions d'intérêt national. Les travaux visent à renforcer la cohésion sociale, à consolider l'unité nationale et à favoriser l'émergence de solutions durables répondant aux aspirations exprimées par les citoyens. Un engagement en faveur d'un avenir commun Dans son discours d'ouverture, le Premier ministre Abiy Ahmed a souligné que cette initiative constitue une occasion historique d'aborder les divergences héritées du passé par des moyens pacifiques et démocratiques. Il a rappelé que le Dialogue National repose sur les priorités exprimées directement par les citoyens, faisant de ce processus un exercice démocratique inédit en Éthiopie et une expérience susceptible d'inspirer d'autres pays africains. Le processus illustre également la conviction que les défis les plus complexes peuvent être résolus par la concertation plutôt que par la confrontation. En privilégiant l'écoute mutuelle, le respect des différences et la recherche de compromis, l'Éthiopie entend consolider les bases d'une paix durable, d'une gouvernance plus inclusive et d'un développement partagé. Une portée nationale et continentale Au-delà de son importance nationale, cette conférence intervient à un moment où l'Afrique accorde une attention croissante aux mécanismes de prévention des conflits, de consolidation de la paix et de gouvernance participative. L'expérience éthiopienne illustre la volonté de privilégier des solutions nationales aux défis nationaux, conformément au principe des « solutions africaines aux problèmes africains ». Cette démarche renforce le rôle de l'Éthiopie comme acteur engagé en faveur de la stabilité régionale, du dialogue et de la coopération sur le continent. Vers une nouvelle étape de la construction nationale L'ouverture officielle de la Conférence nationale marque le début d'une nouvelle phase dans la construction d'un avenir fondé sur le consensus. Les recommandations qui émergeront des échanges seront transmises aux institutions compétentes afin de contribuer aux réformes futures et de renforcer le contrat social entre les citoyens et l'État. À travers cette initiative historique, l'Éthiopie réaffirme son engagement en faveur d'un avenir où les différences s'expriment dans le dialogue, où les défis sont abordés collectivement et où le consensus devient un moteur de paix, de stabilité et de prospérité pour les générations présentes et futures.