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Le Dialogue National de l'Éthiopie : une étape décisive vers un avenir fondé sur le consensus
Jul 15, 2026 750
Par Meseret L'Éthiopie a franchi ce mercredi une étape majeure de son histoire politique avec l'ouverture officielle de la Conférence nationale du Dialogue, inaugurée par le Premier ministre Abiy Ahmed. Cet événement historique marque l'aboutissement de plusieurs années d'un processus visant à promouvoir la réconciliation, renforcer l'unité nationale et bâtir un consensus durable autour des grandes questions d'intérêt commun. Un processus national au service de l'unité Créée en 2021 par la Proclamation 1265/2021 adoptée par la Chambre des représentants du peuple, la Commission Éthiopienne du Dialogue National a reçu pour mandat de conduire un processus indépendant, inclusif et piloté par les Éthiopiens eux-mêmes afin de permettre aux citoyens de débattre pacifiquement des défis historiques, politiques, sociaux et institutionnels du pays. Un dialogue pour construire un consensus durable L'objet du Dialogue National va bien au-delà de la simple recherche d'un compromis politique. Il s'agit de créer un espace national où les Éthiopiens, quelles que soient leurs origines, leurs opinions ou leurs appartenances, peuvent débattre librement, dans un esprit de respect mutuel, des questions essentielles qui façonnent l'avenir du pays. Le processus vise à identifier les préoccupations communes, à favoriser une meilleure compréhension entre les différentes composantes de la société et à construire des solutions reposant sur le consensus plutôt que sur la confrontation. Le Dialogue National ambitionne également d'instaurer une culture durable du dialogue et de la concertation. En donnant la parole aux citoyens, aux chefs religieux, aux anciens, aux femmes, aux jeunes, aux représentants des partis politiques, aux universitaires, aux organisations de la société civile ainsi qu'à d'autres acteurs de la vie nationale, il favorise une participation inclusive aux réflexions sur les grandes orientations du pays. Cette approche témoigne de la conviction que les défis les plus complexes peuvent être relevés lorsque toutes les voix sont entendues et que les solutions sont élaborées collectivement. Une préparation progressive et inclusive Au cours des derniers mois, le processus est entré dans sa phase finale avec la validation des agendas nationaux, la formation des facilitateurs, la mobilisation des médias et la préparation logistique de la Conférence. Ces différentes étapes illustrent la volonté de garantir un dialogue organisé, transparent et représentatif des diverses composantes de la société éthiopienne. Le début des travaux de la Conférence nationale Ouverte officiellement ce 15 juillet 2026 à Addis Abeba par le Premier ministre Abiy Ahmed, la Conférence nationale réunit des délégués venus de toutes les régions du pays ainsi que des représentants de la diaspora. La cérémonie d'ouverture s'est déroulée en présence de nombreuses hautes personnalités nationales et africaines, notamment l'ancien Président de la République fédérale du Nigeria, Olusegun Obasanjo ainsi que le Professeur Bankole Adeoye, Commissaire de l'Union africaine aux Affaires politiques, à la Paix et à la Sécurité, dont la participation témoigne de l'intérêt porté par le continent à cette initiative. Pendant plusieurs semaines, les participants examineront les thèmes identifiés au cours des consultations populaires afin de dégager des points de convergence et de formuler des recommandations sur les questions d'intérêt national. Les travaux visent à renforcer la cohésion sociale, à consolider l'unité nationale et à favoriser l'émergence de solutions durables répondant aux aspirations exprimées par les citoyens. Un engagement en faveur d'un avenir commun Dans son discours d'ouverture, le Premier ministre Abiy Ahmed a souligné que cette initiative constitue une occasion historique d'aborder les divergences héritées du passé par des moyens pacifiques et démocratiques. Il a rappelé que le Dialogue National repose sur les priorités exprimées directement par les citoyens, faisant de ce processus un exercice démocratique inédit en Éthiopie et une expérience susceptible d'inspirer d'autres pays africains. Le processus illustre également la conviction que les défis les plus complexes peuvent être résolus par la concertation plutôt que par la confrontation. En privilégiant l'écoute mutuelle, le respect des différences et la recherche de compromis, l'Éthiopie entend consolider les bases d'une paix durable, d'une gouvernance plus inclusive et d'un développement partagé. Une portée nationale et continentale Au-delà de son importance nationale, cette conférence intervient à un moment où l'Afrique accorde une attention croissante aux mécanismes de prévention des conflits, de consolidation de la paix et de gouvernance participative. L'expérience éthiopienne illustre la volonté de privilégier des solutions nationales aux défis nationaux, conformément au principe des « solutions africaines aux problèmes africains ». Cette démarche renforce le rôle de l'Éthiopie comme acteur engagé en faveur de la stabilité régionale, du dialogue et de la coopération sur le continent. Vers une nouvelle étape de la construction nationale L'ouverture officielle de la Conférence nationale marque le début d'une nouvelle phase dans la construction d'un avenir fondé sur le consensus. Les recommandations qui émergeront des échanges seront transmises aux institutions compétentes afin de contribuer aux réformes futures et de renforcer le contrat social entre les citoyens et l'État. À travers cette initiative historique, l'Éthiopie réaffirme son engagement en faveur d'un avenir où les différences s'expriment dans le dialogue, où les défis sont abordés collectivement et où le consensus devient un moteur de paix, de stabilité et de prospérité pour les générations présentes et futures.
Le dialogue national en Éthiopie : un nouveau chapitre pour le consensus et la construction nationale
Jul 14, 2026 733
Par la rédaction L’Éthiopie s’apprête à entamer l’un des parcours politiques les plus importants de son histoire moderne avec le coup d’envoi officiel, le 15 juillet 2026 à Addis-Abeba, de la Conférence de dialogue national, qui marque une étape majeure dans la quête de réconciliation, de participation inclusive, de consensus national et de paix durable menée par le pays. Après des mois de consultations à l’échelle nationale, de recueil des thèmes à aborder, d’exercices de validation et de préparatifs minutieux, cette conférence tant attendue s’ouvrira au Centre international des congrès d’Addis-Abeba, marquant ainsi le début d’une nouvelle phase de délibérations nationales structurées visant à traiter les questions politiques, sociales et de gouvernance qui se posent depuis longtemps en Éthiopie. Contrairement à de nombreuses conférences politiques du passé, souvent façonnées principalement par les élites politiques, le processus de dialogue national éthiopien a été conçu comme une initiative portée par la base. Au cours des derniers jours, des milliers de délégués représentant des citoyens, des communautés, des institutions et des groupes sociaux de tout le pays sont arrivés à Addis-Abeba grâce à des dispositifs coordonnés de transport aérien et terrestre. La conférence réunira environ 4 000 représentants de tous les États régionaux, d’Addis-Abeba, de Dire Dawa et des communautés éthiopiennes à l’étranger, y compris des participants venus de pays tels que les États-Unis, le Royaume-Uni, les Émirats arabes unis et la Suède. Parmi les participants figurent des représentants de partis politiques, d’institutions religieuses, d’organisations de la société civile, de groupes de femmes et de jeunes, des chefs traditionnels, des anciens, des professionnels, des milieux d’affaires, des universitaires, des personnes en situation de handicap et d’autres segments de la société éthiopienne. Venant de plus de 1 200 woredas à travers l’Éthiopie, les délégués ont été hébergés à l’Université de la fonction publique éthiopienne et à l’Institut fédéral d’enseignement et de formation techniques et professionnels, où ils ont participé à des sessions d’orientation intensives sur le processus de dialogue, les méthodes de délibération, les principes directeurs et les approches visant à parvenir à un consensus. La Commission éthiopienne du dialogue national (ENDC) a annoncé le coup d’envoi de la conférence lors d’une conférence de presse tenue le 13 juillet, soulignant que les derniers préparatifs de ce rassemblement historique étaient achevés. Les huit grands axes thématiques qui guideront les discussions ont été officiellement dévoilés par le président de la Commission, le professeur Mesfin Araya, et ses collègues commissaires lors d’une cérémonie à laquelle ont assisté des chefs religieux, des anciens de la communauté, des Abba Gadas, des Hadha Sinqees et des représentants de divers secteurs de la société. Huit piliers de l’agenda national pour guider les délibérations Selon la Commission, ces piliers de l’agenda sont le fruit d’années de consultations à l’échelle nationale et reflètent les préoccupations, les priorités et les aspirations exprimées par les Éthiopiens dans le cadre de l’un des processus de participation publique les plus vastes du pays. Les huit piliers thématiques sont les suivants : 1. Construction de l’État Aborder les questions d’identité nationale, de récits historiques, de citoyenneté, de cohésion sociale et de l’orientation future de l’État éthiopien. 2. Structure et forme de gouvernement Examen du système fédéral éthiopien, de la gouvernance constitutionnelle, des mécanismes de partage du pouvoir et des cadres institutionnels. 3. Statut des villes fédérales Discussion sur la gouvernance, l’administration et les rôles nationaux d’Addis-Abeba et de Dire Dawa. 4. Affaires religieuses Promotion de l’harmonie interconfessionnelle, renforcement de la coexistence pacifique et garantie de l’égalité, du respect mutuel et de relations constructives entre les communautés religieuses. 5. Renforcement des institutions, État de droit et droits de l’homme Accent mis sur le renforcement des institutions démocratiques, l’indépendance judiciaire, le constitutionnalisme, l’efficacité institutionnelle et la protection des droits fondamentaux. 6. Affaires socio-économiques, notamment les agriculteurs et les éleveurs Aborder le développement équitable, la croissance économique, la gestion des ressources, la protection sociale et les préoccupations des agriculteurs, des communautés pastorales, des jeunes et d’autres groupes sociaux. 7. Lutte contre la corruption et bonne gouvernance Explorer des mesures visant à renforcer la transparence, la responsabilité, l’intégrité institutionnelle et la confiance du public dans les institutions gouvernementales. 8. Consolidation de la paix Promouvoir la réconciliation, la prévention des conflits, la résolution des conflits et les mécanismes de paix durable pour assurer la stabilité nationale à long terme. La Commission a souligné que les points à l’ordre du jour ne constituent pas des décisions politiques prédéterminées, mais plutôt un cadre élaboré à partir des points de vue des citoyens recueillis lors de consultations menées dans toute l’Éthiopie. Un dialogue national fondé sur la participation publique Créée en vertu de la proclamation n° 1265/2021 en tant qu’institution indépendante, la Commission éthiopienne pour le dialogue national a été chargée de faciliter un dialogue national inclusif visant à établir un consensus sur les questions qui ont historiquement divisé les Éthiopiens. Le processus de consultation à l’échelle nationale a touché plus de 1 200 woredas, couvrant environ 93 % des districts administratifs de l’Éthiopie. Il a associé des partis politiques, des organisations civiques, des institutions universitaires, des chefs religieux, des anciens traditionnels, des femmes, des représentants de la jeunesse et des acteurs locaux. Des centres urbains aux communautés rurales, en passant par les zones pastorales et les villes en plein essor, les Éthiopiens ont fait part de leurs points de vue sur la gouvernance, l’identité, la paix, le développement, les questions constitutionnelles et la cohésion sociale, jetant ainsi les bases de l’ordre du jour de la conférence. La diversité, fondement de l’unité La Conférence de dialogue national reflète la diversité culturelle et sociale de l’Éthiopie en réunissant des représentants des nations, nationalités et peuples du pays, incarnant différentes langues, traditions, cultures et croyances. Des chefs traditionnels, des personnalités religieuses, des représentantes des femmes, des groupes de jeunes, des universitaires, des professionnels, des organisations de la société civile, des représentants du monde des affaires et des membres de la diaspora éthiopienne devraient contribuer aux délibérations. La Commission a déclaré que cette large participation visait à garantir que toutes les communautés aient la possibilité d’exprimer leurs points de vue et de contribuer à l’élaboration d’une vision nationale commune. De la consultation à la délibération nationale L’ouverture de la conférence marque le passage de la collecte des préoccupations du public à la délibération collective et à la recherche d’un consensus. Sous la houlette d’experts et d’animateurs, les participants discuteront des enjeux identifiés au cours du processus de consultation, en recherchant un terrain d’entente par le dialogue, la compréhension mutuelle, la coopération et l’engagement pacifique. La Commission a précisé que ce dialogue repose sur les principes d’égalité, d’inclusion, de coopération, de respect mutuel et de recherche de consensus, plutôt que sur la confrontation. Une opportunité historique pour l’Éthiopie Le président de la Commission, le professeur Mesfin Araya, a appelé tous les Éthiopiens, y compris les groupes et les parties prenantes qui n’ont pas encore pris part au processus, à s’engager de manière constructive dans le dialogue national. Il a souligné que le succès de cette initiative dépendait d’une large adhésion du public et d’une participation collective, la qualifiant d’opportunité historique pour les Éthiopiens de façonner une vision commune de l’avenir du pays. Le Premier ministre Abiy Ahmed a également qualifié le dialogue national d’occasion historique pour relever les défis nationaux de longue date de l’Éthiopie, renforcer la gouvernance constitutionnelle, promouvoir la coexistence pacifique et consolider l’unité nationale. Alors que l’Éthiopie entre dans cette nouvelle phase, la Conférence de dialogue national devrait servir non seulement de forum de discussion, mais aussi de jalon important dans les efforts continus du pays pour renforcer la cohésion sociale, la participation démocratique et une paix durable grâce à un consensus national inclusif.
Dialogue national en Éthiopie : la souveraineté populaire au cœur de la construction de l'avenir
Jul 6, 2026 2446
Par Tewodros Habenom Le 6 juillet 2026 (ENA) À quelques jours de l'ouverture de la Conférence du dialogue national, prévue le 15 juillet, l'Éthiopie s'apprête à franchir une étape déterminante de son histoire politique.   Mise en place en 2021 dans un contexte marqué par de profondes tensions politiques et sécuritaires, la Commission nationale du dialogue a été créée pour répondre à une interrogation majeure : comment permettre à un pays confronté à des divisions historiques et à des conflits internes de bâtir une paix durable et une unité nationale ? La réponse retenue repose sur un principe fondamental : donner aux citoyens eux-mêmes le pouvoir de définir l'avenir de leur nation.   Durant plusieurs décennies, les grandes orientations politiques de l'Éthiopie ont été élaborées selon une logique dominée par les élites, où les accords politiques et les compromis nationaux étaient essentiellement négociés entre dirigeants.   L'expérience a toutefois montré que ces arrangements conclus au sommet demeurent souvent fragiles. S'ils peuvent contribuer à désamorcer des crises ponctuelles, ils peinent à résoudre durablement les causes profondes des divisions lorsqu'ils ne reflètent pas les aspirations de l'ensemble de la population.   Le processus actuel de dialogue national rompt avec cette approche traditionnelle. Il privilégie une démarche participative dans laquelle la souveraineté populaire constitue le fondement même de la reconstruction de l'État et de la consolidation de la paix.   Au-delà de la cérémonie d'ouverture, cette conférence est l'aboutissement d'un long travail engagé depuis plusieurs années.   Depuis sa création, la Commission a mené un vaste processus de consultations à travers plus de 1 200 woredas du pays. Cette démarche ne s'est pas limitée à une simple collecte d'opinions, mais a permis d'associer des communautés longtemps absentes des grands débats nationaux.   Cette phase préparatoire a favorisé l'émergence d'une nouvelle culture du dialogue. En organisant des consultations structurées dans un climat apaisé, la Commission a encouragé les citoyens à exprimer leurs préoccupations dans un cadre éloigné des tensions politiques immédiates.   Les nombreuses consultations menées sur le terrain démontrent ainsi que les thèmes qui seront examinés lors de la conférence sont directement issus des préoccupations exprimées par les Éthiopiens eux-mêmes.   Une représentation nationale élargie   L'une des principales caractéristiques du dialogue réside dans l'élargissement de la participation au-delà des seules élites politiques.   En donnant la parole à l'ensemble des composantes de la société, la Commission a veillé à ce que la conférence reflète la diversité sociale, culturelle et régionale du pays.   Le président de la Commission, le professeur Mesfin Araya, a souligné que les thèmes retenus résultent directement des contributions recueillies auprès des citoyens.   Les participants représentent un large éventail de la société éthiopienne : chefs religieux et traditionnels, représentants des jeunes, organisations de femmes, acteurs de la société civile ainsi que de nombreuses autres catégories sociales.   Dans cette approche, les préoccupations d'un agriculteur ou d'un éleveur bénéficient de la même considération que celles des responsables politiques.   Cette représentation élargie renforce la légitimité morale du dialogue et contribue à faire de la transparence une réalité concrète.   Une organisation indépendante appuyée par l'expertise   L'autonomie de la Commission constitue également un élément central du processus.   Le gouvernement se limite aux aspects logistiques, financiers et sécuritaires afin de garantir un environnement neutre permettant aux participants d'échanger librement leurs points de vue.   Pour améliorer la qualité des débats, la Commission a également prévu des séances d'information animées par des experts indépendants et des chercheurs spécialisés.   Leur mission consiste à fournir des analyses objectives et des données scientifiques sur les principaux défis économiques, sociaux et institutionnels du pays.   Cette contribution vise à favoriser des discussions fondées sur des faits plutôt que sur des considérations émotionnelles, permettant ainsi aux délégués de prendre des décisions éclairées.   Les priorités du futur contrat social   Les travaux de la conférence porteront sur plusieurs grands thèmes issus directement des consultations populaires organisées à travers le pays.   Les discussions aborderont notamment les fondements de l'État, les symboles nationaux, les questions constitutionnelles, le fonctionnement du système fédéral ainsi que l'organisation administrative.   Les participants examineront également les enjeux liés à la gouvernance des villes fédérales, à la coexistence religieuse, à l'indépendance du pouvoir judiciaire et au renforcement de la protection des droits humains.   En parallèle, les préoccupations quotidiennes des populations occuperont une place importante, notamment les difficultés rencontrées par les agriculteurs et les éleveurs, l'amélioration de la gouvernance publique ainsi que les mécanismes destinés à promouvoir une paix durable et une véritable réconciliation nationale.   Cette articulation entre les grandes réformes institutionnelles et les réalités vécues par les citoyens illustre la volonté de construire un dialogue étroitement lié aux attentes de la population.   Vers une nouvelle culture politique Au-delà des conclusions qui seront adoptées, le principal objectif du dialogue national est de transformer durablement la culture politique du pays.   Pendant de nombreuses années, la compétition politique s'est souvent inscrite dans une logique d'exclusion et de confrontation. Le dialogue ambitionne désormais d'installer une culture fondée sur le consensus, le pluralisme et la recherche de solutions communes.   Le président de la Commission, Mesfin Araya, continue d'ailleurs d'inviter toutes les parties qui restent en dehors du processus, y compris les groupes armés, à rejoindre cette initiative nationale, à condition qu'elles s'engagent dans une démarche exclusivement pacifique.   L'avenir de l'Éthiopie ne saurait être déterminé par la force ni réservé à une minorité de décideurs.   Il repose sur une responsabilité collective partagée par l'ensemble des citoyens.   En donnant au peuple la possibilité de participer directement à la définition de son avenir, l'Éthiopie affirme sa conviction que le dialogue, la participation et le consensus constituent les meilleurs fondements d'une paix durable, d'une stabilité renforcée et d'une unité nationale solide.
Le climat, la diplomatie, les mutations économiques et l'innovation façonnent un monde en pleine transformation
Jul 5, 2026 1577
Par le rédacteur Addis Ababa le 5 juillet, 2026 (ENA) La semaine écoulée a mis en évidence les défis et les opportunités de plus en plus étroitement liés qui caractérisent le monde d’aujourd’hui. Qu’il s’agisse de l’intensification des phénomènes climatiques extrêmes, de la reprise des efforts diplomatiques, de la persistance de l’incertitude économique, de l’aggravation des besoins humanitaires, des progrès rapides de l’intelligence artificielle ou encore du pouvoir fédérateur du sport mondial, les événements internationaux ont continué d’influencer aussi bien les gouvernements que les entreprises et les sociétés. L’urgence climatique s’aggrave sur tous les continents Le changement climatique est resté l’une des préoccupations les plus pressantes au monde, alors qu’une vague de chaleur sans précédent a balayé une grande partie de l’Europe, provoquant des températures record, des incendies de forêt dévastateurs, des sécheresses prolongées, des pénuries d’eau et des pertes agricoles croissantes. Les scientifiques ont averti que les phénomènes météorologiques extrêmes devenaient de plus en plus fréquents et violents, exerçant une pression croissante sur les systèmes de santé, la sécurité alimentaire, les infrastructures énergétiques et les ressources en eau. Ces événements ont relancé les appels en faveur d’une action climatique accélérée, d’investissements accrus dans les mesures d’adaptation et d’une transition plus rapide vers les énergies propres afin de bâtir des économies plus résilientes. La diplomatie poursuit ses efforts malgré la persistance des conflits La diplomatie internationale est restée axée sur la réduction des tensions dans les régions touchées par des conflits, en particulier au Moyen-Orient et en Europe de l’Est. Les médiateurs mondiaux et régionaux ont intensifié leurs efforts pour négocier des cessez-le-feu, élargir l’accès à l’aide humanitaire et relancer le dialogue politique. Bien que des avancées significatives se soient faites attendre en raison des affrontements militaires en cours et des profondes divisions politiques, l’engagement diplomatique a continué de démontrer la volonté de la communauté internationale d’empêcher toute nouvelle escalade. Les dirigeants mondiaux ont souligné qu’un dialogue soutenu, des mesures de renforcement de la confiance et une coopération multilatérale restaient indispensables pour parvenir à une paix durable. Les perspectives économiques restent mitigées L’incertitude économique mondiale a continué de dominer les débats politiques, les gouvernements devant trouver un équilibre entre la lutte contre l’inflation et les risques géopolitiques persistants ainsi que la fragilité des chaînes d’approvisionnement. Dans le même temps, les investissements dans l’intelligence artificielle, les énergies renouvelables et la transformation numérique ont continué de remodeler les secteurs d’activité et de créer de nouveaux moteurs de croissance économique. Néanmoins, les inquiétudes liées à la hausse de la dette publique, aux perturbations commerciales, aux ajustements du marché du travail et à une reprise mondiale inégale ont continué de peser sur la confiance des investisseurs et de poser des défis aux décideurs politiques. Les besoins humanitaires atteignent des niveaux critiques Les crises humanitaires se sont intensifiées dans plusieurs régions, les conflits armés, les catastrophes climatiques et les déplacements de population ayant plongé des millions de personnes dans une situation de vulnérabilité accrue. Les organisations humanitaires internationales ont intensifié leurs opérations d’urgence pour fournir de la nourriture, des soins de santé, des abris et une protection, tout en avertissant que l’aggravation des déficits de financement entrave considérablement les efforts de secours. Les agences humanitaires ont renouvelé leurs appels en faveur d’une solidarité internationale renforcée et d’engagements financiers durables afin d’empêcher une nouvelle détérioration de la situation des communautés les plus fragiles du monde. L’intelligence artificielle redéfinit l’agenda politique mondial L’intelligence artificielle est restée au cœur des débats politiques internationaux, alors que les gouvernements et les entreprises technologiques ont intensifié leurs efforts pour mettre en place des cadres réglementaires favorisant l’innovation tout en préservant la confiance du public. Les pays considèrent de plus en plus l’IA à la fois comme un atout économique stratégique et comme la pierre angulaire de leur compétitivité future. Les discussions ont continué de porter sur la gouvernance éthique, la cybersécurité, la protection des données, la transformation de la main-d’œuvre et le déploiement responsable des technologies émergentes dans un monde de plus en plus numérique. Le sport continue d’unir le monde Dans un contexte de tensions géopolitiques et d’incertitude économique, la Coupe du monde de la FIFA 2026 a continué d’offrir des moments de fête mondiale et d’optimisme partagé. Au-delà de l’effervescence sur le terrain, le tournoi a stimulé le tourisme, l’hôtellerie, les échanges culturels et l’activité commerciale dans les pays hôtes, réaffirmant ainsi la capacité unique du sport à jeter des ponts entre les cultures, à renforcer les liens internationaux et à inspirer l’unité au-delà des frontières. Perspectives d’avenir Les événements de cette semaine ont mis en évidence la convergence croissante entre le changement climatique, les tensions géopolitiques, la transformation économique, les défis humanitaires et l’innovation technologique. Alors que ces forces s’entremêlent de plus en plus, les semaines à venir mettront à l’épreuve la capacité de la communauté internationale à renforcer la coopération multilatérale, à préserver la résilience économique, à faire avancer les initiatives de paix, à accélérer l’action climatique et à mettre le progrès technologique au service d’une prospérité mondiale inclusive, durable et partagée. À une époque marquée par des risques et des opportunités interdépendants, les choix opérés aujourd’hui façonneront non seulement les trajectoires nationales, mais aussi l’avenir de la stabilité, du développement et de la coopération mondiaux.
Pourquoi la pression internationale sur l'ancien TPLF doit-elle être maintenue ?
Jun 28, 2026 3359
Tribune de Neway Tamiru 28 juin 2026 (ENA) ​​​​ La paix issue de l'Accord de Pretoria traverse aujourd'hui l'une des périodes les plus délicates depuis la fin des combats dans le nord de l'Éthiopie. Un nombre croissant de gouvernements, d'organisations internationales de défense des droits humains, d'anciens responsables du TPLF ainsi que d'observateurs régionaux partagent désormais une même conviction : seule une pression internationale durable sur les éléments radicaux de l'ancien Front de libération du peuple du Tigray (TPLF) permettra d'éviter une reprise des hostilités.   C'est cette préoccupation qui explique l'intensification de l'attention portée par la communauté internationale.   Sans une pression diplomatique, politique et juridique constante, les risques d'une nouvelle militarisation, de recrutements forcés et d'une escalade des tensions au Tigray pourraient compromettre les acquis de l'Accord de Pretoria et replonger la région dans un conflit aux conséquences dramatiques.   Ce qui apparaissait auparavant comme une crise politique interne est progressivement devenu un sujet de préoccupation internationale majeur.   La réaction qui prend forme dépasse largement le simple cadre des échanges diplomatiques habituels. Elle traduit la prise de conscience que toute déstabilisation du nord de l'Éthiopie menace directement la paix et la sécurité de l'ensemble de la Corne de l'Afrique.   Des restrictions de visas imposées par les États-Unis aux membres radicaux du TPLF et à leurs proches jusqu'aux avertissements formulés par Human Rights Watch concernant les allégations de conscription forcée au Tigray, le message adressé par la communauté internationale devient de plus en plus cohérent.   Ceux qui compromettent le processus de paix doivent répondre de leurs actes et rester soumis à une pression soutenue.   Cette convergence revêt une importance particulière puisqu'elle marque le passage d'une posture d'observation à une logique de prévention. La communauté internationale ne se contente plus d'analyser les conséquences du conflit : elle cherche désormais à identifier les acteurs et les pratiques susceptibles de provoquer une nouvelle guerre.   Le risque d'une remobilisation militaire Parmi les avertissements les plus explicites figure celui de Human Rights Watch, qui a appelé les membres de l'ancien TPLF, aujourd'hui dissous mais toujours aux commandes du Tigray, à retirer sans délai une proclamation adoptée début juin 2026 leur attribuant d'importants pouvoirs en matière de recrutement militaire obligatoire.   L'organisation estime que cette mesure présente des ressemblances préoccupantes avec le système de service national à durée indéterminée appliqué en Érythrée, alimentant les craintes d'un recours accru à la coercition alors que les populations restent profondément marquées par la guerre de 2020-2022.   « La population du Tigray tente encore de se relever d'un conflit dévastateur de deux années et de ses lourdes conséquences », a rappelé Laetitia Bader, directrice adjointe de la division Afrique de Human Rights Watch.   Elle a souligné que les autorités devraient privilégier la protection des civils plutôt que le renforcement de mesures coercitives susceptibles d'alimenter une nouvelle spirale de violence.   L'organisation fait également état d'informations évoquant des campagnes de recrutement porte-à-porte, la mobilisation forcée d'anciens combattants ainsi que des arrestations ou des sanctions visant les familles refusant la conscription, y compris lorsque des mineurs sont concernés.   Si ces pratiques se poursuivent, elles risquent d'accroître le climat de peur et de provoquer de nouveaux déplacements de populations.   C'est précisément pour éviter un tel scénario qu'une pression internationale durable demeure indispensable. Washington renforce la logique de responsabilisation Les États-Unis ont renforcé cette dynamique en imposant des restrictions de visas ciblées aux membres radicaux du TPLF et à leurs familles proches conformément à l'article 212(a)(3)(C) de la loi américaine sur l'immigration et la nationalité.   Plus significatif encore, Washington établit un lien explicite entre la montée des tensions dans le nord de l'Éthiopie et les agissements des éléments radicaux du TPLF, estimant que ces derniers risquent de raviver les affrontements et de déstabiliser l'ensemble de la région.   Les autorités américaines ont également évoqué la reprise des combats entre les Forces de défense du Tigray autoproclamées et les Forces de défense nationale éthiopiennes (ENDF), y voyant un signal préoccupant d'une possible reprise des hostilités.   En affirmant être prêtes à utiliser « tous les moyens disponibles » afin de demander des comptes aux responsables de la remise en cause du processus de paix, les États-Unis réaffirment un principe essentiel : un accord de paix ne peut produire ses effets que s'il est pleinement respecté.   Les inquiétudes exprimées au niveau national Plusieurs personnalités éthiopiennes ainsi que d'anciens dirigeants du TPLF ont exprimé des préoccupations similaires.   Le professeur Kindeya Gebrehiwot, ancien chef du secrétariat du Cabinet de la première administration régionale intérimaire du Tigré, a estimé que la remise en cause de cette administration, désignée par le gouvernement fédéral, pourrait à nouveau fragiliser le nord de l'Éthiopie.   Selon lui, la résistance grandissante observée au sein même du Tigré reflète une profonde lassitude de la population face à la guerre ainsi qu'un fort attachement à une solution politique.   Il s'est également alarmé des informations faisant état de recrutements forcés, affirmant que de nombreux jeunes refusent toute nouvelle mobilisation qu'ils considèrent comme porteuse d'une catastrophe supplémentaire.   Aregawi Berhe, président fondateur et ancien dirigeant du TPLF, estime lui aussi que les efforts entrepris par le gouvernement fédéral pour stabiliser la région grâce à l'Accord de Pretoria n'ont pas été accompagnés d'une volonté comparable de la part des éléments radicaux.   Selon lui, certains responsables considèrent davantage l'accord comme une occasion de reconstruire leurs capacités militaires que comme un véritable cadre de paix.   L'ancien président de l'administration intérimaire du Tigray, Getachew Reda, soutient pour sa part que la portée réelle des récentes restrictions de visas américaines réside moins dans les sanctions elles-mêmes que dans l'identification des responsables de la montée des tensions.   À ses yeux, Washington désigne clairement la faction du TPLF dirigée par Debretsion Gebremichael comme principal facteur d'instabilité dans la région.   « L'importance de la restriction de visas ne réside pas dans la restriction elle-même, mais dans le fait que le gouvernement américain a attribué la responsabilité de la montée des tensions en Éthiopie au camp de DT », a-t-il déclaré.   Il estime également que cette décision constitue un avertissement adressé aux acteurs extérieurs susceptibles d'apporter leur soutien aux éléments radicaux du TPLF.   Le conseiller à la sécurité nationale éthiopien, Redwan Hussien, a exprimé des inquiétudes comparables.   Dans une tribune cosignée avec Getachew Reda et publiée par Al Jazeera, il affirme que les éléments radicaux du TPLF ont profité de l'Accord de Pretoria pour reconstituer progressivement leurs capacités militaires.   Selon leur analyse, une reprise du conflit dépasserait rapidement le cadre du nord de l'Éthiopie et mettrait en péril la stabilité de toute la Corne de l'Afrique.   Les accusations les plus préoccupantes proviennent toutefois d'Aregawi Berhe concernant le recrutement continu d'enfants.   Il affirme que de nombreux vétérans ont quitté l'organisation après avoir perdu confiance dans sa direction, contraignant ainsi la faction radicale à recruter une nouvelle génération de combattants.   « Ils enlèvent des enfants de 13 ou 14 ans », affirme-t-il, ajoutant que de nombreuses familles ont préféré envoyer leurs enfants vers d'autres régions d'Éthiopie ou à l'étranger afin d'échapper au recrutement forcé.   Ces affirmations rejoignent les préoccupations exprimées par Human Rights Watch concernant la mobilisation forcée et l'augmentation des déplacements de populations.   Une convergence internationale de plus en plus nette Les analyses de Human Rights Watch, du gouvernement américain, d'anciens dirigeants du TPLF, d'anciens responsables de l'administration intérimaire du Tigray ainsi que des autorités éthiopiennes chargées de la sécurité convergent désormais de manière remarquable.   Pris dans leur ensemble, ces constats conduisent à une conclusion commune : la remobilisation militaire, les pratiques de recrutement coercitif attribuées à l'ancien TPLF et les tentatives visant à fragiliser l'Accord de Pretoria constituent une menace non seulement pour le nord de l'Éthiopie, mais également pour la stabilité de toute la Corne de l'Afrique.   L'intensification de la pression internationale dépasse donc largement le cadre de simples démarches diplomatiques ou de critiques relatives aux droits humains.   Elle reflète une volonté croissante de préserver les acquis de Pretoria en renforçant la pression politique, diplomatique et juridique sur ceux qui sont accusés de préparer une nouvelle confrontation.   Prévenir une nouvelle catastrophe exigera une vigilance internationale permanente, une implication diplomatique résolue ainsi qu'un soutien clair au dialogue politique. Les leçons du passé sont sans équivoque : l'inaction entraîne un coût humain considérable. Celles du présent le sont tout autant : préserver la paix suppose d'agir avant qu'un nouveau conflit n'éclate.   La pression internationale exercée contre les éléments radicaux de l'ancien TPLF ne relève donc pas du symbole. Elle constitue avant tout un instrument de prévention.   Elle traduit une prise de conscience de plus en plus partagée : le prix de l'inaction dans le nord de l'Éthiopie ne se mesurerait pas seulement en instabilité politique, mais également en souffrances humaines à grande échelle.   C'est pourquoi la pression internationale sur l'ancien TPLF doit être maintenue. La paix demeure fragile, et prévenir une nouvelle guerre sera toujours moins coûteux que d'en gérer les conséquences.
Comment l’Éthiopie prépare-t-elle un avenir plus résilient face aux défis du changement climatique ?
Jun 28, 2026 5388
Par Yordanos D. 28 juin 2026 (ENA) Alors que les effets du changement climatique s’intensifient et que la dégradation de l’environnement s’accélère partout dans le monde, il devient indispensable d’adopter des solutions concrètes, durables et applicables à grande échelle.   Les forêts disparaissent à un rythme préoccupant, les terres agricoles perdent progressivement leur fertilité, la biodiversité est soumise à une pression croissante et les épisodes de sécheresse, les inondations ainsi que les phénomènes météorologiques extrêmes compromettent de plus en plus les systèmes alimentaires et les moyens de subsistance sur tous les continents.   Pour de nombreux pays en développement, parvenir à concilier expansion économique et préservation de l’environnement constitue l’un des principaux défis politiques de notre époque. L’Éthiopie, pour sa part, démontre qu’il est possible de suivre une autre trajectoire, où la restauration des écosystèmes accompagne le développement durable au lieu de s’y opposer.   Depuis le lancement de l’Initiative Héritage Vert (Green Legacy Initiative) en 2019, le gouvernement éthiopien a placé la restauration écologique au cœur de sa stratégie nationale de développement. Ce qui n’était au départ qu’une vaste campagne de plantation d’arbres s’est progressivement transformé en l’un des plus importants programmes de restauration environnementale au monde.   Aujourd’hui, cette initiative favorise une approche globale intégrant le reboisement, la réhabilitation des bassins versants, la protection de la biodiversité, l’agriculture durable et le renforcement de la résilience climatique dans une vision commune de développement à long terme.   En faisant de la gestion durable des ressources naturelles une priorité nationale, l’Éthiopie montre que la restauration des terres dégradées peut simultanément améliorer la sécurité alimentaire, stimuler les activités économiques, renforcer la résistance aux changements climatiques et préserver le patrimoine naturel pour les générations futures.   L’initiative attire désormais une attention croissante sur la scène internationale.   Cette reconnaissance ne s’explique pas uniquement par le nombre exceptionnel d’arbres plantés, mais également par son approche intégrée, qui associe connaissances scientifiques, politiques publiques cohérentes et mobilisation citoyenne à une échelle rarement observée.   D’après les données officielles, près de 50 milliards de jeunes arbres ont été plantés entre 2019 et 2025. La campagne « Héritage Vert 2026 » prévoit d’ajouter environ 8 milliards de plants supplémentaires, ce qui porterait le total cumulé à plus de 58 milliards.   Au-delà de ces chiffres impressionnants, les autorités soulignent que le taux de survie des plantations progresse régulièrement grâce à une meilleure sélection des espèces, à l’extension des travaux de restauration des bassins versants, à une implication accrue des communautés locales ainsi qu’à un meilleur suivi des plantations. L’accent est désormais mis autant sur la qualité des résultats que sur le nombre d’arbres mis en terre.   Cette politique s’inscrit dans la Stratégie éthiopienne pour une économie verte résiliente au climat, tout en soutenant les objectifs de l’Initiative africaine de restauration des paysages forestiers (AFR100), de l’Accord de Paris et du Défi de Bonn, consolidant ainsi la place de l’Éthiopie parmi les acteurs engagés dans la lutte mondiale contre le changement climatique.   Préserver une biodiversité d’une richesse exceptionnelle   L’Éthiopie compte parmi les pays africains possédant la plus grande diversité biologique.   Le territoire abrite plus de 6 500 espèces de plantes à fleurs, dont environ 12 % sont endémiques. Il constitue également un habitat essentiel pour de nombreuses espèces emblématiques telles que le loup d’Éthiopie, le bouquetin de Walia, le babouin gélada, le nyala des montagnes, le bubale de Swayne ainsi que plusieurs centaines d’espèces d’oiseaux endémiques.   Les douze grands bassins hydrographiques du pays — notamment le Nil Bleu, l’Awash, l’Omo, le Baro-Akobo, le Genale-Dawa, le Wabi Shebelle, les lacs de la vallée du Rift, le Mereb et le Tekeze — alimentent l’agriculture, la production d’électricité, les activités industrielles et les moyens d’existence de plus de 130 millions de personnes.   Les hauts plateaux éthiopiens jouent également un rôle essentiel dans l’approvisionnement en eau de millions d’habitants vivant au-delà des frontières nationales, faisant de la protection de ces ressources un enjeu régional majeur.   Cependant, ce patrimoine naturel est soumis depuis plusieurs décennies à une pression grandissante.   L’augmentation rapide de la population, l’extension des terres agricoles, la déforestation, le surpâturage, l’exploitation forestière illégale, la collecte excessive de bois de chauffage et les conséquences du changement climatique ont fortement dégradé les forêts, les bassins versants et les terres productives.   Le couvert forestier, qui représentait près de 40 % du territoire au début du XXe siècle, est tombé sous la barre des 15 % au début des années 2000.   Chaque année, près de 1,5 milliard de tonnes de sols fertiles seraient perdues sous l’effet de l’érosion, réduisant les rendements agricoles, augmentant les risques d’inondation, détériorant les ressources en eau et générant d’importantes pertes économiques.   Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la dégradation des terres demeure l’un des principaux défis environnementaux du pays, affectant des millions d’hectares de terres cultivables et menaçant durablement la sécurité alimentaire ainsi que les moyens de subsistance des populations rurales.   Une vision qui dépasse largement la plantation d’arbres   Face à ces défis, le Premier ministre Abiy Ahmed a lancé l’Initiative Héritage Vert avec une ambition qui dépasse largement le simple reboisement. Plutôt que de limiter ses efforts à la plantation d’arbres, l’Éthiopie a adopté une stratégie intégrée de restauration des paysages associant reboisement, réhabilitation des bassins versants, conservation de la biodiversité, adaptation climatique, agriculture durable, développement des espaces verts urbains et restauration des écosystèmes.   Des milliers de pépinières produisent aujourd’hui des espèces forestières locales, mais également des plants de caféiers, de bambous, d’arbres fruitiers, d’avocatiers, de plantes médicinales, de cultures fourragères ainsi que d’autres espèces présentant un intérêt économique, adaptées aux différents écosystèmes du pays.   La généralisation des programmes de conservation des sols et de l’eau constitue également un pilier essentiel de cette stratégie.   La construction de terrasses, de digues en pierre, de barrages de retenue, la fermeture temporaire de certains versants ainsi que les travaux de restauration des bassins versants ont permis de réduire l’érosion, de restaurer des sources d’eau, d’améliorer la recharge des nappes phréatiques et d’augmenter sensiblement le taux de survie des jeunes arbres.   Dans de nombreuses régions autrefois fortement dégradées, ces interventions favorisent progressivement la régénération des écosystèmes tout en améliorant la productivité agricole.   L’initiative encourage également le développement de l’agroforesterie en intégrant les arbres aux systèmes agricoles et d’élevage.   Cette approche contribue à améliorer la fertilité des sols, à préserver l’humidité, à accroître les rendements agricoles, à diversifier les revenus des ménages ruraux et à renforcer leur capacité d’adaptation face aux sécheresses de plus en plus fréquentes.   Un élan environnemental porté par toute une nation L'une des plus grandes réussites de l'Initiative Héritage Vert ne réside pas uniquement dans les progrès enregistrés sur le plan environnemental, mais également dans sa remarquable capacité à fédérer l'ensemble de la population autour d'un objectif commun.   À chaque saison des pluies, des millions d'Éthiopiens – agriculteurs, étudiants, agents de l'État, organisations de jeunesse, institutions religieuses, entreprises privées, forces de sécurité, partenaires du développement et communautés locales – prennent part à des campagnes coordonnées de plantation d'arbres organisées à travers le pays.   Peu de programmes environnementaux dans le monde ont réussi à mobiliser une participation citoyenne aussi large, régulière et durable.   La restauration des écosystèmes est désormais perçue comme une responsabilité collective qui dépasse largement le cadre d'une simple politique gouvernementale.   Les écoles, les universités, les administrations publiques et le secteur privé ont progressivement intégré la protection de l'environnement dans leurs programmes annuels, contribuant ainsi à sensibiliser et à former une nouvelle génération d'acteurs engagés en faveur du développement durable.   Parallèlement, l'initiative a favorisé la création de nombreux emplois grâce au développement des pépinières, aux activités de gestion forestière, aux travaux de restauration des bassins versants et aux programmes de conservation communautaire, tout en renforçant les moyens de subsistance des populations rurales.   Consolider la résilience face au changement climatique Les retombées positives de l'Initiative Héritage Vert dépassent largement la seule augmentation de la superficie forestière.   Des forêts en bonne santé captent d'importantes quantités de dioxyde de carbone présent dans l'atmosphère, contribuant ainsi à limiter les effets du changement climatique.   Elles participent également à la régulation des précipitations locales, à la stabilisation des sols, à la protection des bassins hydrographiques, à la préservation de la biodiversité, à la réduction des risques d'inondation ainsi qu'à l'amélioration de la qualité des ressources en eau.   L'ensemble de ces services écosystémiques renforce simultanément la durabilité environnementale et la résilience économique du pays.   Cette initiative contribue également à l'atteinte de plusieurs Objectifs de développement durable (ODD), notamment dans les domaines de la lutte contre les changements climatiques, de la préservation de la biodiversité terrestre, de l'accès à l'eau potable et à l'assainissement, de la sécurité alimentaire, de la réduction de la pauvreté ainsi que de la promotion de villes plus durables.   En protégeant les forêts et les habitats naturels, Green Legacy soutient également le développement de l'écotourisme en Éthiopie tout en préservant des paysages présentant une valeur écologique, culturelle et patrimoniale exceptionnelle.   D'une initiative nationale à une référence internationale L'Initiative Héritage Vert bénéficie aujourd'hui d'une reconnaissance grandissante sur la scène internationale, non seulement en raison de son ampleur remarquable, mais aussi grâce à son approche intégrée de la restauration des paysages.   De nombreux spécialistes de l'environnement, organisations internationales et partenaires du développement présentent désormais l'expérience éthiopienne comme un exemple démontrant qu'un engagement politique fort, associé à une planification scientifique rigoureuse et à une vaste mobilisation citoyenne, peut accélérer efficacement la restauration des écosystèmes.   Au-delà de la plantation de plusieurs dizaines de milliards de jeunes arbres, l'Éthiopie est parvenue à restaurer des millions d'hectares de terres dégradées, à réhabiliter des bassins versants stratégiques, à développer les espaces verts urbains et à renforcer les services écosystémiques essentiels à l'agriculture, à la sécurité hydrique et à l'adaptation climatique.   Malgré ces avancées importantes, plusieurs défis restent à relever. La préservation des forêts restaurées, la lutte contre l'exploitation forestière illégale, le renforcement de la participation des communautés locales, le maintien de taux élevés de survie des jeunes plants ainsi que l'adaptation à des conditions climatiques toujours plus incertaines nécessiteront des investissements durables et un engagement de longue durée.   Toutefois, cette expérience confirme que la restauration écologique à grande échelle est non seulement réalisable sur le plan technique, mais qu'elle constitue également un investissement rentable sur le plan économique.   À l'heure où les effets du changement climatique fragilisent les moyens de subsistance partout dans le monde, l'exemple éthiopien montre que la restauration de l'environnement peut devenir un véritable moteur de croissance durable plutôt qu'une contrainte au développement économique. Investir aujourd'hui pour préparer demain   L'Initiative Héritage Vert dépasse largement le cadre d'une vaste campagne nationale de plantation d'arbres.   Elle traduit la volonté de l'Éthiopie de restaurer durablement ses écosystèmes dégradés tout en construisant un modèle de développement plus résilient face au changement climatique, plus respectueux de l'environnement et plus solide sur le plan économique.   Grâce à une planification stratégique, à une gestion fondée sur les connaissances scientifiques, à un engagement politique constant et à la mobilisation de millions de citoyens, cette initiative a permis de freiner la dégradation des terres, de restaurer des bassins versants, d'étendre le couvert forestier, de renforcer la protection de la biodiversité et d'améliorer les conditions de vie des communautés rurales.   Même si la poursuite des investissements et une gestion durable restent indispensables pour consolider ces acquis, les résultats obtenus au cours des dernières années démontrent qu'une restauration écologique menée à grande échelle peut produire des transformations profondes et durables.   À mesure que les pays du monde recherchent des réponses efficaces aux défis climatiques, l'expérience de l'Initiative Héritage Vert offre un enseignement majeur : restaurer la nature ne constitue pas seulement une responsabilité environnementale, mais représente également un investissement stratégique en faveur de la résilience économique, du bien-être des populations et d'un avenir plus durable pour les générations à venir.
L’Éthiopie tournée vers demain
Jun 25, 2026 1769
Par un rédacteur Addis-Abeba, le 25 juin 2026 (ENA)   Il existe, dans le parcours d’une nation, des périodes où l’histoire réclame davantage que de l’endurance. Elle exige une compréhension lucide de la réalité nationale et une détermination ferme quant au chemin à emprunter.   L’Éthiopie se trouve aujourd’hui à l’un de ces tournants.   S’adressant aux responsables politiques, aux partenaires de développement, aux investisseurs ainsi qu’aux acteurs nationaux, le Premier ministre Abiy Ahmed a soulevé une interrogation fondamentale au cœur de la transformation éthiopienne :   Que signifie, pour l’Éthiopie, non seulement combler son retard, mais aussi se projeter résolument vers l’avenir ?   Pour un pays de plus de 130 millions d’habitants et l’une des civilisations les plus anciennes de la planète, cette question dépasse largement le cadre symbolique ou rhétorique. Elle constitue un défi profondément enraciné dans l’histoire nationale et de plus en plus visible dans les ambitions du pays.   Au fil des générations, l’Éthiopie a souvent démenti les prévisions. Elle a préservé son indépendance alors qu’une grande partie du continent africain subissait la colonisation. Elle a édifié le Grand Barrage de la Renaissance sur le fleuve Abay grâce à la mobilisation et aux contributions de sa population.   À plusieurs reprises, le pays a démontré sa capacité à surmonter les contraintes imposées par les circonstances.   Aujourd’hui, l’Éthiopie entend renouveler cet accomplissement.   Une nouvelle page s’écrit   Durant de nombreuses années, le récit international concernant l’Éthiopie a principalement été marqué par les conflits, la pauvreté, l’inflation et les crises humanitaires. Bien que ces réalités demeurent incontestables, elles ne résument plus à elles seules la situation du pays.   À travers le territoire, les signes de changement deviennent de plus en plus évidents.   L’inflation, qui dépassait autrefois les 30 %, a connu un recul spectaculaire et a même atteint des niveaux à un seul chiffre au début de l’année. Les exportations se rapprochent de records historiques. La croissance économique devrait s’établir à 10,2 % durant cet exercice budgétaire, plaçant l’Éthiopie parmi les économies les plus dynamiques d’Afrique et du monde.   Ces performances ne sont pas le fruit du hasard.   Comme l’a souligné le Premier ministre Abiy lors du Sommet « L’Éthiopie en action », elles découlent de réformes exigeantes, de choix politiques assumés et d’une volonté affirmée de traiter des problèmes structurels persistants.   Le parcours n’a été ni simple ni exempt de sacrifices. Néanmoins, les premiers résultats montrent que l’Éthiopie commence à transformer la stabilité économique en fondement d’un renouveau national durable.   Pourtant, les chiffres à eux seuls ne suffisent pas à illustrer l’ampleur de cette mutation.   Derrière chaque indicateur se trouvent des millions de citoyens dont les conditions de vie évoluent grâce à de nouvelles possibilités.   Le visage humain du changement   Le Premier ministre Abiy a notamment évoqué l’histoire d’une femme qui exploitait depuis plusieurs années une petite activité commerciale dans un marché local.   Elle travaillait en dehors du secteur formel. Elle ne possédait ni compte bancaire, ni historique de crédit, ni entreprise officiellement enregistrée. Pendant longtemps, le système financier ne tenait tout simplement pas compte de son existence.   Puis est arrivé Fayda, le programme national d’identification numérique de l’Éthiopie.   Après son inscription et son accès aux services financiers numériques, elle a commencé à construire un historique financier reconnu. Cet historique a renforcé la confiance. La confiance lui a permis d’obtenir un financement. Le financement a créé de nouvelles opportunités.   Ses compétences étaient déjà présentes.   Ce qui a changé, c’est l’accès.   Son parcours reflète celui de millions d’Éthiopiens qui peuvent désormais accéder à des systèmes et à des opportunités qui leur étaient autrefois fermés.   Il rappelle que le véritable progrès d’une nation ne se mesure pas uniquement aux institutions qu’elle bâtit, mais aussi à l’impact concret de ces institutions sur la vie des citoyens.   Réformer tout en construisant Contrairement à de nombreux pays qui peuvent traiter leurs défis de façon progressive, l’Éthiopie a dû répondre simultanément à plusieurs crises.   Elle a dû se stabiliser tout en poursuivant la construction, réformer tout en maintenant les services essentiels et corriger des fragilités persistantes tout en préparant l’avenir.   Cette approche reflète la philosophie du modèle de développement global adopté par l’Éthiopie, souvent présenté comme une transformation intégrée.   La réforme économique, la protection sociale, l’innovation numérique, le développement humain, l’autonomisation locale et la cohésion nationale ne sont pas considérés comme des priorités opposées. Ils constituent au contraire des piliers complémentaires qui se renforcent mutuellement.   L’objectif n’est pas seulement la croissance économique.   L’objectif est un développement durable, inclusif et résilient.   La construction nationale, une responsabilité collective L’un des principaux enseignements du processus de réforme éthiopien est que la transformation ne peut être portée par le seul gouvernement.   Ni les marchés, ni les communautés agissant isolément ne peuvent produire un changement durable.   La construction nationale requiert une mobilisation collective.   Elle suppose des gouvernements capables de créer un environnement favorable, des entreprises prêtes à investir et à innover, des communautés engagées activement et des partenaires internationaux disposés à coopérer dans le respect mutuel et autour d’objectifs partagés.   Cet esprit de partenariat influence de plus en plus la stratégie de développement du pays.   Des réformes macroéconomiques au développement urbain productif, en passant par les systèmes numériques, la modernisation agricole, l’expansion du secteur minier et les investissements dans les infrastructures, l’Éthiopie poursuit un programme ambitieux visant à libérer pleinement son potentiel de croissance durable.   Toutefois, les dirigeants reconnaissent que la transformation reste un processus continu plutôt qu’un aboutissement.   Les défis qui demeurent L’optimisme suscité par les progrès du pays s’accompagne d’une conscience claire des défis encore présents.   Des années d’inflation élevée ont affaibli le pouvoir d’achat des ménages et imposé une pression considérable aux familles. Les bénéfices des réformes économiques n’ont pas encore atteint tous les citoyens de manière équitable. De nombreuses communautés continuent de faire face à des difficultés importantes.   Reconnaître ces réalités demeure indispensable.   Les nations prospères n’avancent pas en ignorant leurs problèmes ; elles progressent en les affrontant avec lucidité et sincérité.   Le défi le plus déterminant réside peut-être dans la préparation de la jeunesse.   Alors que la technologie transforme les économies et que la concurrence mondiale s’intensifie, l’Éthiopie doit s’assurer que son système éducatif, ses institutions et les opportunités offertes à sa population permettent aux jeunes générations de réussir.   Le succès des réformes ne sera pas évalué uniquement à travers la croissance économique ou les flux d’investissements.   Il se mesurera à la capacité du pays à développer des industries compétitives, à créer des emplois de qualité, à partager la prospérité dans toutes les régions et à offrir des perspectives durables aux générations futures.   L'Éthiopie : un élan vers l’avenir Comme l’a expliqué le Premier ministre Abiy, la vision de l’Éthiopie s’appuie sur le concept amharique « Ethiopia Manserarat » (Le bond en avant de l’Éthiopie).   Il s’agit de bien plus qu’un programme économique. C’est une ambition nationale.   La conviction que le pays peut dépasser la gestion permanente des crises et construire son avenir avec assurance.   La conviction que le développement doit être inclusif, que les institutions doivent être solides et que le progrès doit être durable.   La conviction que chaque génération a le devoir de préserver ce qui fonctionne, de corriger ce qui doit l’être et de transmettre des bases plus solides aux générations suivantes.   Le monde observe aujourd’hui l’évolution de l’Éthiopie.   Certains suivent cette transformation avec enthousiasme. D’autres avec prudence ou scepticisme.   Mais la responsabilité du pays demeure la même : répondre aux aspirations de sa population, élargir les opportunités, renforcer les institutions et bâtir un avenir à la hauteur de son immense potentiel.   La direction à suivre, affirme l’Éthiopie, est clairement définie.   La détermination est intacte.   Et si le pays poursuit sa construction avec discipline, courage et persévérance, porté par une vision collective, cette génération pourrait bien être retenue comme celle qui a transformé l’espoir en réalité et laissé une Éthiopie plus forte qu’elle ne l’avait trouvée.
Le parcours de l'Éthiopie vers une nouvelle ère de développement
Jun 24, 2026 1539
Par le Rédacteur Le discours du Premier ministre Abiy Ahmed lors du sommet national « Ethiopia Delivers », organisé sous le thème « De la réforme au changement durable », a été bien plus qu’une simple réflexion sur les réalisations accomplies. Il a présenté une vision stratégique pour l’avenir de l’Éthiopie. Au cœur de ce discours se trouvait un message fort : les réformes ne sont pas des fins en soi, mais les fondements sur lesquels repose une transformation nationale durable. « La construction de l’État-nation est une responsabilité collective permanente », a souligné le Premier ministre, mettant en avant une philosophie qui considère le développement comme un projet intergénérationnel plutôt que comme une série de réalisations isolées. Guidée par le principe du Medemer (synergie) grâce à l’effort collectif, la transformation de l’Éthiopie depuis 2018 s’est attachée à tisser un lien entre la modernisation économique, la réforme institutionnelle, le développement des infrastructures, la gestion responsable de l’environnement et l’engagement diplomatique au sein d’une trajectoire nationale unique. Alors que le pays passe de la phase de lancement des réformes à celle de leur consolidation, la question centrale n’est plus de savoir si le changement a commencé, mais comment ces acquis peuvent être pérennisés et se traduire par une prospérité durable. Relancer l’économie grâce à des réformes structurelles Lorsque le gouvernement actuel est arrivé au pouvoir en 2018, l’Éthiopie était confrontée à des pressions croissantes liées à la dette, à une pénurie de devises étrangères et à d’importants défis macroéconomiques. En réponse, le gouvernement a lancé l’un des programmes de réformes économiques les plus ambitieux de l’histoire du pays. Les secteurs stratégiques, qui fonctionnaient depuis longtemps sous le régime du monopole d’État, ont été progressivement ouverts à la participation du secteur privé. Des réformes historiques dans le domaine des télécommunications ont permis l’arrivée d’opérateurs internationaux sur le marché éthiopien, renforçant ainsi la concurrence et attirant les investissements. Des réformes monétaires, notamment la libéralisation du taux de change, ont été mises en œuvre pour remédier à des distorsions économiques de longue date et renforcer la confiance des investisseurs. Ces mesures ont ouvert la voie à d’importants accords de financement avec des institutions internationales, notamment la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, contribuant ainsi à stabiliser l’économie tout en créant les conditions propices à une croissance à long terme. Le Medemer et la quête de la cohésion nationale Au cœur de la transformation politique de l’Éthiopie se trouve la philosophie du Medemer. Bien plus qu’un simple slogan politique, elle a servi de cadre conceptuel guidant les efforts visant à favoriser l’unité nationale et le progrès collectif. La création du Parti de la prospérité en 2019 a marqué une restructuration significative du paysage politique éthiopien, rassemblant divers acteurs régionaux et politiques sous une seule et même plateforme nationale. Parallèlement, la mise en place de la Commission éthiopienne du dialogue national a ouvert une voie institutionnelle permettant de répondre aux griefs historiques par le dialogue et l’engagement constitutionnel. Ensemble, ces initiatives reflètent un effort plus large visant à renforcer la cohésion nationale, condition préalable au développement durable et à la stabilité à long terme. Transformation agricole et sécurité alimentaire Peu de secteurs illustrent mieux les ambitions de développement de l’Éthiopie que l’agriculture. Grâce à un programme de production de blé irrigué à grande échelle, le pays a profondément transformé son approche de la production alimentaire. En développant les infrastructures d’irrigation, la mécanisation et les techniques agricoles modernes, l’Éthiopie est passée d’une dépendance vis-à-vis du blé importé à l’autosuffisance, et exporte désormais ses excédents vers les marchés voisins. Pour approfondir cette transformation, Aliko Dangote, président du groupe Dangote, a porté l’engagement total de son conglomérat en Éthiopie de 2,5 milliards de dollars à plus de 4 milliards de dollars, à la suite d’une visite de travail à Gode, dans la région somalienne de l’Éthiopie, où il a été reçu par le Premier ministre Abiy. Ce projet devrait permettre de réduire la dépendance vis-à-vis des intrants agricoles importés et de renforcer les fondements de la sécurité alimentaire à long terme. Libérer le potentiel énergétique L’énergie s’est imposée comme une pierre angulaire de la stratégie de développement de l’Éthiopie. L’inauguration de la première phase du projet de gaz naturel liquéfié dans la région de Somali constitue une avancée majeure vers l’industrialisation et la diversification des exportations. Parallèlement, les énergies renouvelables restent au cœur de la vision de l’Éthiopie. Le projet éolien Aysha II, qui compte parmi les plus importants de la région, témoigne de la volonté du pays de concilier croissance économique et durabilité environnementale. Ensemble, ces investissements font progresser la transition de l’Éthiopie vers une plus grande indépendance énergétique et une meilleure compétitivité industrielle. « Green Legacy » : le développement par la gestion responsable de l’environnement Le programme « Green Legacy » figure parmi les initiatives éthiopiennes les plus reconnues à l’échelle internationale ; il a intégré la durabilité environnementale dans le programme de développement global du pays. Cette campagne a mobilisé des millions de citoyens pour planter des milliards d’arbres, restaurer des paysages dégradés et lutter contre la désertification et la vulnérabilité climatique. Au-delà de ses avantages environnementaux, cette initiative a généré des opportunités économiques liées à la conservation et aux projets liés au carbone. Depuis son lancement, l’Éthiopie a planté environ 48 milliards de jeunes arbres à l’échelle nationale, contribuant ainsi au reboisement, à la restauration des écosystèmes et aux efforts en faveur de l’action climatique. Fort de cette dynamique, le pays s’est fixé l’objectif ambitieux de planter 8 milliards de jeunes arbres supplémentaires au cours de cette saison des pluies, renforçant ainsi sa vision d’un avenir plus vert et plus durable sur le plan environnemental. Le tourisme, moteur de la croissance Le programme de développement de l’Éthiopie a également transformé le secteur du tourisme. Des projets phares tels que le parc naturel d’Entoto et le parc de l’Amitié ont redéfini les espaces de loisirs urbains, tandis que des initiatives telles que « Dine for the Nation » et « Dine for Ethiopia » ont accéléré les investissements dans des destinations touristiques de classe mondiale. Des projets tels que Gorgora, Koisha et Wenchi positionnent l’Éthiopie comme une destination émergente pour le tourisme de luxe, l’écotourisme et le tourisme d’affaires, créant ainsi des emplois tout en mettant en valeur le patrimoine culturel et naturel du pays. Le GERD et le leadership énergétique régional Le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD) reste l’un des symboles phares des ambitions de développement de l’Éthiopie. Ayant franchi le cap de la production d’électricité, ce barrage redéfinit le paysage énergétique du pays tout en renforçant l’intégration régionale. Grâce à des accords d’exportation d’électricité conclus avec les pays voisins, le GERD renforce le rôle de l’Éthiopie en tant que pôle énergétique régional et crée de nouvelles opportunités de coopération économique à travers l’Afrique de l’Est. Réinventer l’Éthiopie urbaine L’initiative nationale de développement des corridors transforme les centres urbains éthiopiens grâce à des investissements massifs dans les routes, les infrastructures piétonnes, les espaces publics, les réseaux d’assainissement et l’embellissement de l’environnement. Ces projets ne se limitent pas à une simple modernisation des infrastructures ; ils s’inscrivent dans une démarche plus large visant à créer des villes plus propres, plus efficaces et plus agréables à vivre, capables de soutenir la croissance économique future. Se tourner vers l’avenir numérique Consciente que sa compétitivité future dépend de l’innovation, l’Éthiopie a accéléré ses investissements dans les sciences et les technologies. La création de l’Institut éthiopien d’intelligence artificielle témoigne de la volonté de tirer parti des technologies émergentes dans les domaines de l’agriculture, de la santé, de l’éducation et des prévisions climatiques. Parallèlement, le Musée des sciences et des technologies d’Addis-Abeba sert de plateforme pour inspirer l’innovation et former la prochaine génération de chercheurs et d’entrepreneurs. Ces initiatives témoignent de l’ambition de l’Éthiopie de devenir un acteur de l’économie mondiale de la connaissance plutôt qu’un simple consommateur de technologies. L’influence diplomatique croissante de l’Éthiopie Parallèlement à sa transformation nationale, l’Éthiopie a renforcé son rayonnement international. En tant que siège de l’Union africaine et de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, Addis-Abeba continue de faire office de capitale diplomatique du continent. Le fait que le pays ait remporté l’organisation du Sommet des Nations Unies sur le climat de 2027 témoigne également de la reconnaissance internationale croissante du rôle de premier plan joué par l’Éthiopie dans les domaines des énergies renouvelables et de l’action pour le climat. Parallèlement, le pays a élargi ses partenariats stratégiques avec des nations telles que la Turquie, l’Inde et la Malaisie, tandis que son adhésion au groupe des BRICS marque une étape importante vers la diversification de ses relations économiques et géopolitiques. De la réforme au changement durable L’histoire de l’Éthiopie depuis 2018 ne se résume pas à une simple série de réformes. C’est l’histoire d’une nation qui cherche à institutionnaliser sa transformation et à convertir ses acquis à court terme en progrès durables. Comme l’a souligné le Premier ministre Abiy Ahmed lors du sommet « Ethiopia Delivers », la construction de l’État est une responsabilité qui transcende les générations. Le défi à relever consiste non seulement à préserver les acquis déjà obtenus, mais aussi à veiller à ce qu’ils deviennent les fondements d’une Éthiopie plus prospère, plus résiliente et plus unie. Le chemin menant de la réforme au changement durable est encore en cours. Pourtant, la trajectoire suivie suggère que l’Éthiopie se concentre de plus en plus non seulement sur la transformation du présent, mais aussi sur la construction de l’avenir.
Ce que l’Éthiopie apporte à la diplomatie mondiale et pourquoi elle demeure un pôle d’attraction
Jun 24, 2026 475
Par Henok Tadele Haile Il existe, dans le parcours des nations, des périodes où la diplomatie s’exprime avec davantage de force que les discours.   Non pas à travers des déclarations publiques ou des communiqués minutieusement rédigés, mais par l’arrivée régulière de dirigeants internationaux, l’accueil de grands rendez-vous mondiaux et la confiance accordée à un pays pour conduire des échanges déterminants pour l’avenir.   Au cours des douze derniers mois, l’Éthiopie a connu une telle période.   Alors que les récits sur le pays mettent souvent l’accent sur les difficultés, ce qui se dessine à Addis-Abeba raconte une réalité bien plus large.   Des questions climatiques à la sécurité alimentaire, en passant par les investissements, les technologies, les migrations et la coopération régionale, l’Éthiopie s’est affirmée comme l’un des principaux pôles diplomatiques du continent.   Plus encore, ce pays d’Afrique de l’Est attire chefs d’État, responsables politiques, investisseurs, universitaires, partenaires du développement et organisations internationales venus des quatre coins du monde.   Cette histoire débute avec un indicateur simple mais essentiel de l’influence diplomatique : la présence.   Dans les relations internationales, la présence a son importance.   Les États n’engagent pas des ressources diplomatiques précieuses dans des lieux qu’ils jugent peu stratégiques.   Les dirigeants mondiaux ne consacrent pas régulièrement du temps à des pays qu’ils considèrent secondaires.   Les grandes organisations internationales n’installent pas leurs réunions majeures dans des destinations sans valeur stratégique.   Pourtant, au cours de l’année écoulée, Addis-Abeba a reçu une impressionnante série de dirigeants et de personnalités internationales.   Parmi eux figurent le Premier ministre indien Narendra Modi, le président français Emmanuel Macron, le président turc Recep Tayyip Erdoğan, le président sud-africain Cyril Ramaphosa, le président israélien Isaac Herzog, le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim, le Premier ministre singapourien Lawrence Wong ainsi que le secrétaire général des Nations Unies António Guterres, tous présents en Éthiopie dans le cadre de visites officielles, d’entretiens bilatéraux ou de forums multilatéraux.   Dans le même temps, le Premier ministre Abiy Ahmed a renforcé le rayonnement diplomatique de l’Éthiopie grâce à des échanges stratégiques avec plusieurs dirigeants influents, notamment le président russe Vladimir Poutine, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva ainsi que de nombreux responsables rencontrés lors du sommet du G20 tenu en Afrique du Sud.   Toutefois, la diplomatie ne se résume ni au nombre de poignées de main ni aux photographies officielles.   Sa véritable portée réside dans la capacité d’un pays à réunir les acteurs autour des questions les plus cruciales pour l’avenir de l’humanité.   À cet égard, les performances diplomatiques récentes de l’Éthiopie sont particulièrement remarquables.   En février 2026, Addis-Abeba a accueilli le deuxième Sommet Italie-Afrique, une première pour cette rencontre de haut niveau organisée sur le continent africain.   L’événement a rassemblé la Première ministre italienne Giorgia Meloni, des dirigeants africains, des chefs d’entreprise, des hauts responsables et des partenaires du développement afin de renforcer la coopération dans les domaines des infrastructures, de l’énergie, de l’agriculture, de la santé et de l’éducation dans le cadre du plan Mattei.   Ce choix revêtait une forte portée symbolique. Au moment de redéfinir son partenariat avec l’Afrique, l’Italie a porté son choix sur Addis-Abeba.   Quelques mois auparavant, l’Éthiopie avait coorganisé le deuxième Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires, réunissant chefs d’État, ministres, chercheurs, jeunes représentants, acteurs de la société civile et agences de développement afin d’évaluer les avancées réalisées vers des systèmes alimentaires mondiaux plus durables et résilients.   La sécurité alimentaire demeure l’un des grands défis contemporains. Une nouvelle fois, Addis-Abeba a servi de cadre aux débats, aux partenariats et aux engagements destinés à y répondre.   Cette dynamique s’est poursuivie avec le deuxième Sommet africain sur le climat, l’un des plus importants rassemblements internationaux organisés en Afrique ces dernières années.   Des dizaines de milliers de participants — chefs d’État, spécialistes du climat, investisseurs, institutions de développement et défenseurs de l’environnement — se sont retrouvés dans la capitale éthiopienne afin de faire avancer les discussions sur le financement climatique et le développement durable du continent.   Le sommet a également mis en avant l’Initiative pour un héritage vert de l’Éthiopie, faisant d’un programme environnemental national une référence reconnue à l’échelle internationale.   Au-delà de ces événements majeurs, l’agenda diplomatique éthiopien est demeuré particulièrement dense.   La 16e Conférence africaine sur les capacités de gestion des risques a réuni à Addis-Abeba des ministres et hauts responsables issus de 39 pays africains afin de renforcer la coopération en matière de préparation aux catastrophes, de résilience climatique et de financement des risques.   Des responsables régionaux, universitaires, spécialistes des migrations et représentants de la société civile se sont également retrouvés dans la capitale pour examiner la contribution des migrations à la consolidation de la paix et au développement durable dans la Corne de l’Afrique.   Par ailleurs, les préparatifs d’une importante conférence internationale consacrée à la cybersécurité et à l’intelligence artificielle touchent à leur terme.   Celle-ci devrait réunir ministres des TIC, experts en sécurité, innovateurs, chercheurs et décideurs politiques d’Afrique et d’ailleurs pour discuter de cyber-résilience, de souveraineté des données et d’utilisation responsable des technologies émergentes.   Considérées séparément, chacune de ces rencontres revêt une grande importance.   Ensemble, elles dessinent toutefois une réalité beaucoup plus vaste.   Systèmes alimentaires. Action climatique. Intelligence artificielle. Résilience face aux catastrophes. Migrations. Investissements. Coopération continentale.   Ces thèmes ne sont pas périphériques dans les affaires internationales. Ils comptent parmi les défis et opportunités majeurs du XXIe siècle. Et de plus en plus, les discussions qui les concernent se déroulent en Éthiopie.   Cela explique en partie pourquoi Addis-Abeba continue de bénéficier d’une attention internationale soutenue. En tant que siège de l’Union africaine, l’Éthiopie occupe une position singulière dans l’architecture diplomatique du continent. Toutefois, la seule géographie ne suffit pas à assurer cette importance. Beaucoup de villes hébergent des institutions ; peu deviennent des espaces où convergent idées, partenariats et décisions.   Aujourd’hui, Addis-Abeba assume de plus en plus cette fonction. Ses centres de conférence, ses espaces diplomatiques et ses lieux de rencontre sont devenus des plateformes où les priorités africaines croisent les préoccupations mondiales, où des dirigeants de différentes régions recherchent des compromis et où naissent des partenariats destinés à relever des défis communs.   À une époque marquée par l’évolution des alliances et l’intensification des rivalités géopolitiques, les États sélectionnent avec davantage d’attention les lieux où ils investissent leur temps, leurs ressources et leur énergie diplomatique.   L’afflux constant de dirigeants, de sommets et d’initiatives internationales vers l’Éthiopie reflète une réalité simple mais significative : le pays reste un acteur influent sur les scènes régionale et mondiale.   Car, au final, la diplomatie ne se mesure pas aux commentaires. Elle se mesure à sa pertinence.   Et au cours de l’année écoulée, la communauté internationale a confirmé à maintes reprises la place de l’Éthiopie en choisissant Addis-Abeba comme cadre de dialogue, de coopération et d’action collective.   Pour une nation longtemps perçue comme la porte d’entrée de l’Afrique, il s’agit peut-être de l’affirmation diplomatique la plus forte qui soit.
L’Éthiopie accélère sa transformation numérique, écologique et démocratique
Jun 22, 2026 949
Addis-Abeba, le 22 juin 2026 (ENA) : - La semaine écoulée a mis en lumière une Éthiopie en pleine évolution, déterminée à adopter l’innovation numérique, à renforcer la protection de l’environnement, à consolider ses institutions et à poursuivre sa vision de prospérité.   Du lancement de l’Initiative Héritage vert, assortie de l’objectif historique de planter huit milliards de jeunes plants lors de la prochaine saison des pluies, à la présentation de la première plateforme africaine intégrée de services publics numériques, le pays a confirmé son engagement en faveur de la modernisation, du développement durable et d’une gouvernance centrée sur les citoyens.   Parallèlement, la reconnaissance internationale grandissante des avancées démocratiques du pays ainsi que les efforts constants déployés pour préserver la paix et la stabilité ont mis en évidence la volonté de l’Éthiopie de renforcer ses institutions et son unité nationale.   Pris dans leur ensemble, les événements de la semaine dépassent largement le cadre d’actions gouvernementales isolées. Ils traduisent la dynamique d’un pays qui construit activement les fondements d’un avenir plus inclusif, plus résilient et plus prospère, tout en affrontant avec confiance les défis contemporains.   L’Héritage vert au cœur de la stratégie environnementale   La semaine a commencé avec le lancement par le Premier ministre Abiy Ahmed de l’Initiative Héritage vert 2026, qui fixe un objectif ambitieux de huit milliards de jeunes plants à mettre en terre durant la prochaine saison des pluies.   Cette annonce a confirmé le rôle de premier plan de l’Éthiopie dans les efforts mondiaux de restauration environnementale à grande échelle.   Ce qui n’était au départ qu’une campagne nationale de reboisement est devenu l’un des programmes de développement les plus emblématiques du pays, mobilisant des millions de citoyens, d’institutions et de communautés autour d’un objectif environnemental partagé.   Au-delà de l’expansion du couvert forestier, l’initiative constitue désormais un pilier essentiel de la stratégie nationale visant à lutter contre le changement climatique, restaurer les terres dégradées, préserver la biodiversité et accroître la résilience face aux aléas climatiques.   Alors que les défis environnementaux se multiplient à travers le monde, l’Éthiopie continue de présenter l’Initiative Héritage vert comme un devoir national et une contribution significative aux efforts internationaux en faveur du développement durable.   Ce nouvel objectif reflète la détermination du pays à approfondir son engagement et à accroître l’impact de l’un des programmes écologiques les plus ambitieux du continent africain.   MESOB ouvre une nouvelle étape de la gouvernance numérique   Parmi les faits marquants de la semaine, le lancement de MESOB, première application africaine unifiée de services publics numériques, illustre parfaitement la dynamique de modernisation du pays.   Officiellement inaugurée par le Premier ministre Abiy Ahmed, cette plateforme rassemble divers services gouvernementaux au sein d’un même écosystème numérique, permettant aux citoyens d’accéder plus facilement et plus efficacement aux services essentiels.   L’importance de MESOB va bien au-delà de l’innovation technologique.   Elle marque une transformation profonde de la relation entre l’administration et les citoyens. Pendant de nombreuses années, l’accès aux services publics impliquait des démarches complexes à travers plusieurs institutions et procédures administratives.   Grâce à un portail numérique unique, la plateforme vise à simplifier les prestations publiques, améliorer l’efficacité et promouvoir une gouvernance davantage orientée vers les citoyens.   Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation numérique, qui considère la technologie comme un moteur de croissance économique, de réforme institutionnelle et de modernisation du secteur public.   Au-delà de son impact intérieur, ce lancement positionne l’Éthiopie parmi les pays africains qui utilisent l’innovation numérique pour moderniser la gouvernance et accélérer leur développement.   Lors de l’inauguration, le Premier ministre Abiy a souligné que l’ambition de faire de l’Éthiopie un modèle africain de prospérité se concrétise progressivement.   Cette déclaration traduit la confiance accordée aux réformes en cours et met en avant les résultats obtenus dans les infrastructures, la numérisation, la restauration environnementale, le tourisme, l’industrie et les services publics.   Une reconnaissance internationale des avancées démocratiques   La semaine a également été marquée par des signes positifs concernant l’évolution démocratique du pays.   L’ambassadeur de l’Union européenne en Éthiopie a qualifié les septièmes élections générales d’étape importante dans le parcours démocratique du pays, rejoignant ainsi les appréciations favorables formulées par plusieurs observateurs nationaux et internationaux.   Cette reconnaissance revêt une importance particulière compte tenu de la taille du pays et de la complexité de l’organisation d’élections dans l’un des États les plus peuplés et les plus diversifiés du continent.   Pour les institutions démocratiques éthiopiennes, ces évaluations témoignent des progrès réalisés dans l’administration électorale, l’élargissement de la participation citoyenne et le renforcement de la gouvernance constitutionnelle.   Même si la consolidation démocratique demeure un processus continu, ces retours positifs illustrent la confiance croissante accordée aux efforts du pays pour promouvoir une participation politique pacifique et renforcer la crédibilité institutionnelle.   Ces appréciations soulignent également la nécessité de poursuivre les réformes destinées à approfondir la culture démocratique et à accroître la confiance du public dans les processus électoraux.   Les sanctions américaines contre des membres du TPLF dissous ravivent les débats Les restrictions de visa imposées par les États-Unis à certains membres du TPLF dissous ont ajouté une nouvelle dimension aux tensions persistantes dans le nord de l’Éthiopie.   L’un des développements politiques les plus suivis de la semaine est intervenu à Washington, où les autorités américaines ont annoncé des restrictions de visa visant des membres radicaux du TPLF ainsi que leurs proches, invoquant les risques que les tensions croissantes dans le nord du pays font peser sur le processus de paix.   Cette décision a suscité de nombreuses réactions en Éthiopie, notamment à la suite des déclarations de Getachew Reda, ancien président de l’administration intérimaire du Tigray.   Selon lui, la portée de cette mesure réside davantage dans son message politique que dans les restrictions elles-mêmes. Il estime qu’elle reflète la préoccupation de Washington face à l’escalade des tensions et constitue un avertissement adressé aux acteurs susceptibles de compromettre l’Accord de Pretoria.   Cette évolution ajoute une dimension internationale supplémentaire aux efforts visant à préserver la stabilité dans le nord de l’Éthiopie et à empêcher toute remise en cause des acquis obtenus grâce au processus de paix.   Alors que les discussions se poursuivent, l’objectif demeure inchangé : préserver la paix, maintenir la stabilité et garantir que les différends politiques soient réglés par le dialogue plutôt que par la confrontation.   Un pays résolument tourné vers l’avenir   Malgré leur diversité, les principaux événements de la semaine étaient liés par un même fil conducteur : la transformation.   Qu’il s’agisse de planter des milliards d’arbres, de moderniser les services publics grâce au numérique, de consolider les institutions démocratiques, de promouvoir des réformes axées sur la prospérité ou de préserver la paix, l’Éthiopie a continué d’avancer avec une vision clairement orientée vers l’avenir.   L’Initiative Héritage vert a illustré l’engagement du pays en faveur de la protection de l’environnement. MESOB a démontré comment l’innovation numérique transforme la gouvernance et la prestation des services publics.   Les appréciations internationales relatives aux récentes élections ont mis en évidence les progrès réalisés dans le domaine démocratique. L’attention constante portée à la paix et à la stabilité a rappelé l’importance de préserver les conditions indispensables au développement national.   Pris ensemble, ces événements racontent une histoire plus large : celle d’une nation qui cherche à se moderniser, à renforcer ses institutions et à ouvrir de nouvelles perspectives aux générations futures.   Le chemin reste exigeant et plusieurs défis demeurent. Néanmoins, les développements observés au cours de la semaine écoulée montrent que l’Éthiopie poursuit son avancée avec détermination, ambition et une vision toujours plus précise de l’avenir qu’elle entend construire.   À mesure que le pays approfondit son programme de réformes, étend ses initiatives environnementales, accélère sa transformation numérique et consolide sa gouvernance démocratique, son orientation devient plus nette. L’Éthiopie ne se contente plus d’accompagner le changement : elle participe activement à sa construction.
Les progrès démocratiques reflétés par les réformes électorales
Jun 21, 2026 1684
Par un rédacteur Le déroulement satisfaisant des 7es élections générales en Éthiopie a été largement considéré comme une illustration concrète des progrès démocratiques enregistrés par le pays. De nombreux observateurs ont estimé que ce scrutin témoignait d'avancées notables dans le domaine de la gouvernance démocratique, rendues possibles par d'importantes réformes institutionnelles, administratives et technologiques engagées au cours des dernières années. Ces transformations ont joué un rôle déterminant dans l'amélioration de la fiabilité et de l'efficacité du système électoral. Le renforcement des organes chargés des élections, le développement des capacités administratives ainsi que l'adoption d'outils technologiques modernes ont favorisé un processus électoral davantage transparent, crédible et performant. Selon les observateurs, ces initiatives ont permis de renforcer la confiance des citoyens dans le processus électoral tout en assurant une gestion professionnelle et responsable des opérations de vote. Les observateurs ont également relevé que ces réformes ont favorisé une participation citoyenne plus large et plus inclusive. Grâce à l'amélioration de l'enregistrement des électeurs, à une meilleure organisation logistique et au renforcement des mécanismes de supervision, des millions de citoyens issus de différentes régions et catégories sociales ont pu exercer leur droit de vote. Pour de nombreux spécialistes, ces progrès dépassent largement le cadre d'un simple scrutin réussi. Ils s'inscrivent dans une démarche plus vaste visant à consolider les institutions démocratiques, à renforcer la gouvernance publique et à promouvoir une culture politique fondée sur la participation populaire et le respect des principes constitutionnels. Ces élections constituent ainsi un indicateur significatif de la volonté du pays de construire un système démocratique plus transparent, inclusif et durable. Les observateurs ont conclu que les acquis issus de ces réformes offrent des bases solides pour les futures consultations électorales et constituent une référence importante pour la poursuite du développement démocratique de l'Éthiopie. À la suite du bon déroulement du scrutin, les missions d'observation électorale de l'Union africaine et de l'IGAD ont salué cette nouvelle étape franchie dans le processus démocratique éthiopien. Lors d'une conférence de presse conjointe consacrée à la présentation de leurs conclusions préliminaires, les responsables des missions d'observation électorale de l'Union africaine et de l'IGAD pour les élections de 2026 ont souligné que ce scrutin reflétait un engagement collectif en faveur de la stabilité, du constitutionnalisme et du renforcement de la démocratie. Présentant les conclusions préliminaires de sa mission, l'ancien président kényan, Uhuru Kenyatta, chef de la mission d'observation de l'Union africaine, a indiqué que les élections s'étaient déroulées dans un environnement juridique et institutionnel globalement favorable à la gouvernance démocratique. Il a déclaré que la journée électorale s'était déroulée dans un climat généralement paisible, marqué par une organisation ordonnée du vote et une participation régulière des électeurs dans la majorité des bureaux observés, permettant aux citoyens d'exercer leur droit de vote sans obstacle majeur. Selon lui, l'intégration des technologies dans le processus d'inscription des électeurs, en complément des procédures traditionnelles, a probablement contribué à l'augmentation du nombre d'inscrits, notamment parmi les jeunes générations plus familières avec les outils numériques. Le chef de mission a également rappelé le rôle historique de l'Éthiopie dans la lutte pour l'indépendance du continent africain. Il a exprimé l'espoir de voir le pays continuer à guider l'Afrique vers une nouvelle phase de développement démocratique, fondée sur une croissance inclusive et sur la concrétisation du principe de solutions africaines aux défis africains. M. Kenyatta a en outre souligné que l'Éthiopie demeure un symbole de résistance au colonialisme, une nation restée souveraine tout au long de son histoire moderne et qui a largement contribué aux combats menés pour l'émancipation et l'autodétermination des peuples africains. Cette contribution historique explique, selon lui, la place particulière qu'occupe aujourd'hui l'Éthiopie sur le continent. De son côté, l'ancienne vice-présidente de l'Ouganda, Speciosa Wandira-Kazibwe, qui dirigeait la mission d'observation électorale de l'IGAD, a estimé que ce scrutin représentait une étape importante dans le parcours démocratique et électoral du pays. Elle a félicité le peuple éthiopien, les autorités gouvernementales, la Commission électorale nationale ainsi que l'ensemble des acteurs impliqués dans le processus pour l'organisation d'élections pacifiques et réussies. Mme Wandira-Kazibwe a également souligné que ces élections marquaient un progrès significatif dans le développement démocratique de l'Éthiopie, notamment grâce à l'introduction de réformes institutionnelles et technologiques majeures destinées à améliorer l'administration électorale tout en renforçant l'inclusivité et la crédibilité du processus. Selon elle, les avancées démocratiques observées aujourd'hui sont directement liées à ces importantes réformes administratives, institutionnelles et technologiques mises en œuvre au cours des dernières années. Au nom de la mission d'observation de l'IGAD, elle a adressé ses félicitations au gouvernement et au peuple éthiopiens pour la conduite généralement pacifique, organisée et ordonnée du scrutin. Elle a réaffirmé que ces élections traduisent une volonté nationale partagée de promouvoir la stabilité, le respect de la Constitution et l'approfondissement de la démocratie. L'IGAD a par ailleurs renouvelé son engagement à accompagner l'Éthiopie dans ses efforts visant à renforcer la démocratie, la bonne gouvernance et la tenue d'élections crédibles. Dans le même esprit, la délégation de l'Union européenne en Éthiopie ainsi que les missions diplomatiques des États membres de l'UE ont salué la tenue des 7es élections générales organisées le 1er juin 2026. Elles ont rendu hommage au travail accompli par la Commission électorale nationale d'Éthiopie, les agents électoraux, les partis politiques, les candidats ainsi que les organisations de la société civile. Elles ont également reconnu l'importante contribution de l'Union africaine et de l'IGAD dans leur rôle d'observateurs internationaux. L'Éthiopie a ainsi mené à bien ses 7es élections générales historiques le 1er juin, avec la participation pacifique de millions de citoyens à travers le pays. En organisant avec succès ce scrutin malgré les nombreux défis rencontrés et en faisant preuve de détermination face aux difficultés, l'Éthiopie a démontré sa résilience et sa capacité à progresser en tant que nation, portée par l'engagement commun de ses citoyens en faveur de la stabilité, du constitutionnalisme et de l'approfondissement du processus démocratique.
L’Initiative Héritage Vert de l’Éthiopie franchit une nouvelle étape avec un objectif de 8 milliards de plants en 2026.
Jun 21, 2026 1405
Addis-Abeba, le 21 juin 2026 (ENA) : - Lancée en 2019 sous l’impulsion du Premier ministre Abiy Ahmed, l’Initiative de l’Héritage Vert s’est imposée comme l’un des plus vastes programmes de restauration environnementale au monde.   En quelques années seulement, elle a permis à l’Éthiopie d’enregistrer des avancées remarquables dans la lutte contre la déforestation, la dégradation des terres et les conséquences croissantes du changement climatique.   Conçue comme une réponse nationale aux défis environnementaux, l’initiative vise à accroître la couverture forestière du pays, restaurer les écosystèmes dégradés, préserver la biodiversité et renforcer la résilience climatique.   Grâce à une mobilisation sans précédent des citoyens, des institutions publiques, du secteur privé et des partenaires de développement, le programme est devenu un mouvement national exemplaire au service du développement durable.   Depuis son lancement, plus de 48 milliards de plants ont été mis en terre à travers le pays. Cette réalisation a contribué à la restauration de vastes superficies de terres dégradées, à l’amélioration de la conservation des sols et des ressources hydriques, ainsi qu’au renforcement de la sécurité alimentaire grâce à la promotion de l’agroforesterie et d’espèces végétales à valeur économique.   Les réalisations de l’année précédente En 2025, la campagne « Green Legacy » a été menée sous le thème du renouveau par la plantation. Le gouvernement avait fixé un objectif de 7,5 milliards de plants, tout en organisant une vaste campagne nationale visant à planter 700 millions de plants en une seule journée.   Cette mobilisation exceptionnelle a démontré l’engagement des citoyens en faveur de la protection de l’environnement et du développement durable.   Les résultats enregistrés ont permis de renforcer davantage la couverture végétale du pays, de restaurer de nouveaux espaces naturels et de consolider les efforts de restauration écologique entrepris depuis plusieurs années.   Les succès de l’initiative ont également attiré l’attention de la communauté internationale, plusieurs organisations considérant l’expérience éthiopienne comme un modèle innovant de lutte contre les changements climatiques et de promotion du développement vert.   Un objectif de 8 milliards de plants pour 2026 S’appuyant sur les acquis des années précédentes, l’Éthiopie a officiellement lancé la campagne 2026 avec un objectif ambitieux de planter 8 milliards de plants au cours de la saison des pluies actuelle.   Cette nouvelle campagne mettra l’accent sur la restauration des terres dégradées, l’expansion de la couverture forestière, la protection des bassins versants, la conservation de la biodiversité et le renforcement de la résilience climatique.   Elle vise également à accroître la participation communautaire, encourager l’engagement des jeunes et promouvoir une culture environnementale durable au sein de la population.   Selon les autorités, cet objectif s’inscrit dans la stratégie nationale visant à porter le nombre total d’arbres plantés à 65 milliards avant l’accueil par l’Éthiopie de la 32e Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP32), prévue à Addis-Abeba en 2027.   Un modèle africain de développement vert Au-delà de ses résultats environnementaux, l’Initiative de l’Héritage Vert contribue à la création d’emplois verts, à la protection des ressources naturelles et à l’amélioration des moyens de subsistance des communautés.   Elle constitue aujourd’hui un pilier central de la vision éthiopienne d’une économie verte, inclusive et résiliente face aux changements climatiques.   Alors que le pays poursuit ses efforts de transformation environnementale, l’Initiative demeure un exemple concret de l’impact que peut avoir une action collective dans la construction d’un avenir plus durable, plus vert et plus prospère pour les générations futures.   Chiffres clés Lancement de l’Initiative de l’Héritage Vert : 2019 Nombre total de plants mis en terre : plus de 48 milliards Objectif de plantation en 2025 : 7,5 milliards de plants Campagne de plantation en une journée en 2025 : 700 millions de plants Objectif de plantation pour 2026 : 8 milliards de plants Objectif national avant la COP32 en 2027 : 65 milliards d’arbres
La diplomatie avance, tandis que les crises perdurent à l’heure de l’incertitude stratégique
Jun 16, 2026 3186
  Par un journaliste La deuxième semaine de juin a offert l’image d’un monde en profonde transformation.   Un accord historique conclu entre les États-Unis et l’Iran a fait naître l’espoir d’un apaisement au Moyen-Orient, alors même que la guerre en Ukraine gagnait en intensité, qu’une nouvelle flambée d’Ebola apparaissait en Afrique centrale et qu’un épisode de chaleur extrême touchait plusieurs régions d’Europe.   Ensemble, ces événements ont mis en évidence le défi grandissant auquel les gouvernements sont confrontés face à l’entrecroisement croissant des risques géopolitiques, sanitaires et climatiques.   Si la diplomatie a apporté des signaux encourageants dans l’une des zones les plus sensibles de la planète, les conflits, les pressions environnementales et les menaces pesant sur la santé publique ont continué à éprouver la résilience des États et des institutions internationales.   Les développements de la semaine ont rappelé que, dans le monde interconnecté actuel, avancées et dangers évoluent souvent simultanément.   L’accord entre Washington et Téhéran ouvre une opportunité diplomatique   L’événement diplomatique le plus marquant de la semaine s’est produit au Moyen-Orient, où les États-Unis et l’Iran ont annoncé un accord historique destiné à réduire les tensions après plusieurs mois de confrontation.   Cet accord, dont la signature officielle doit avoir lieu en Suisse, prévoit des mesures visant à rouvrir le détroit d’Ormuz et à alléger les restrictions affectant le commerce maritime et régional.   Cette annonce a été favorablement accueillie par les marchés internationaux, les prix de l’énergie ayant reculé dans un contexte d’espoir d’une stabilité accrue dans l’une des régions les plus stratégiques du globe.   Les analystes ont décrit cet accord comme une avancée majeure vers la réduction des tensions militaires et la reprise des échanges diplomatiques.   Cette percée a suscité un optimisme mesuré parmi les diplomates et les observateurs internationaux. Toutefois, plusieurs interrogations demeurent quant à son application, notamment parce que Washington et Téhéran continuent d’interpréter différemment certaines clauses.   Les spécialistes soulignent que, même si l’accord constitue un progrès diplomatique important, la stabilité à long terme dépendra finalement de sa capacité à répondre aux préoccupations sécuritaires plus profondes et aux rivalités régionales anciennes qui façonnent les relations entre les deux pays depuis plusieurs décennies.   Le conflit en Ukraine entre dans une phase plus dévastatrice   Alors que des avancées diplomatiques prenaient forme au Moyen-Orient, le conflit en Ukraine a évolué dans la direction inverse.   Les responsables des Nations Unies ont qualifié les dernières semaines parmi les plus meurtrières depuis le début de la guerre, l’intensification des frappes de missiles et de drones ayant provoqué d’importants dommages aux infrastructures civiles, aux installations énergétiques et aux réseaux de transport.   L’escalade des violences a accentué la pression humanitaire, entraîné le déplacement de davantage de civils et rendu encore plus difficiles les efforts visant à relancer l’activité économique dans les zones concernées.   Malgré la poursuite des contacts diplomatiques, les perspectives d’un règlement négocié demeurent limitées.   Au-delà de l’Ukraine, ce conflit continue d’avoir des répercussions sur les marchés alimentaires mondiaux, l’approvisionnement énergétique et la stabilité internationale dans son ensemble, mettant en lumière les conséquences profondes d’une guerre prolongée dans un monde fortement interconnecté.   Épidémie d’Ebola : des préoccupations persistantes en matière de sécurité sanitaire   Les autorités sanitaires ont été confrontées à de nouveaux défis cette semaine après l’annonce d’une nouvelle flambée d’Ebola en République démocratique du Congo.   Cette épidémie, provoquée par une souche relativement rare du virus, a conduit les services de santé à déployer rapidement des systèmes de surveillance, des opérations de traçage des contacts et des campagnes de sensibilisation destinées à limiter une propagation plus étendue.   Les spécialistes de la santé ont indiqué que cette flambée présente des défis supplémentaires, les vaccins et traitements disponibles pour cette souche ayant fait l’objet de moins de recherches que ceux développés contre les variants plus répandus d’Ebola.   Cette situation a ravivé les débats sur la préparation sanitaire mondiale et sur la nécessité de renforcer les infrastructures de santé, notamment dans les régions vulnérables où les ressources limitées peuvent compliquer les réponses d’urgence.   Plusieurs années après que la pandémie de COVID-19 a profondément transformé les stratégies internationales de santé publique, cette épidémie rappelle que les maladies infectieuses demeurent une menace mondiale durable.   L’Europe confrontée à un choc climatique précoce : les enjeux climatiques sont également restés au centre de l’agenda international, l’Europe ayant connu l’une des vagues de chaleur les plus précoces et les plus sévères de ces dernières décennies.   Des températures exceptionnellement élevées ont entraîné des alertes sanitaires dans de nombreux pays, exercé une forte pression sur les réseaux électriques et renforcé les inquiétudes liées aux pénuries d’eau, à la productivité agricole et aux risques d’incendies de forêt.   Les populations les plus fragiles, notamment les personnes âgées et celles souffrant de pathologies préexistantes, ont été davantage exposées aux maladies associées à la chaleur.   Les scientifiques ont averti à de nombreuses reprises que l’Europe se réchauffe plus rapidement que n’importe quel autre continent.   Les conséquences deviennent toujours plus visibles : sécheresses prolongées, diminution du niveau des cours d’eau, perturbations des réseaux de transport et pression croissante sur les systèmes de production alimentaire.   Pour les spécialistes du climat, cette vague de chaleur ne constitue pas un phénomène isolé, mais s’inscrit dans une tendance plus large de transformations environnementales qu’il devient de plus en plus difficile de négliger.   La rivalité stratégique se poursuit au-delà des zones de conflit Parallèlement aux crises immédiates de la semaine, de profondes évolutions dans l’équilibre des puissances mondiales ont continué à façonner les relations internationales.   La concurrence entre les grandes puissances s’étend désormais bien au-delà des rivalités militaires classiques, touchant des secteurs tels que l’intelligence artificielle, la fabrication de semi-conducteurs, les minéraux stratégiques, les technologies avancées et les chaînes d’approvisionnement essentielles.   Les gouvernements d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Asie investissent fortement dans l’innovation technologique et la résilience économique, considérant ces domaines comme des éléments fondamentaux de la sécurité nationale et de la compétitivité future.   Dans le même temps, la prolongation des conflits et l’incertitude géopolitique ont alimenté les débats sur les budgets de défense, l’état de préparation militaire et les priorités stratégiques, alors que les États cherchent à s’adapter à un environnement international en constante évolution.   L’évolution de cette compétition suggère qu’au XXIe siècle, l’influence sera déterminée non seulement par les capacités militaires, mais également par le leadership technologique, la puissance économique et la maîtrise des ressources stratégiques.   Un monde confronté à des risques multiples À l’issue de la semaine, la situation internationale reflétait à la fois un optimisme mesuré et une incertitude persistante.   L’accord émergent entre les États-Unis et l’Iran a montré que la diplomatie demeure capable d’atténuer les tensions, même dans les différends les plus complexes.   Toutefois, la poursuite de la guerre en Ukraine, l’épidémie d’Ebola en Afrique centrale et l’aggravation des pressions climatiques en Europe ont mis en évidence l’ampleur des défis encore à surmonter.   Plus important encore, les événements de la semaine ont souligné une réalité essentielle des relations internationales contemporaines : la sécurité ne peut plus être appréhendée uniquement à travers le prisme de la guerre et de la paix.   La santé publique, la résilience climatique, la compétitivité technologique, la sécurité énergétique et la diplomatie constituent désormais des piliers étroitement interdépendants de la stabilité mondiale.   Pour les gouvernements à travers le monde, le défi n’est plus de répondre à une seule crise à la fois, mais de gérer simultanément plusieurs menaces dans un contexte où des événements survenant dans une région peuvent rapidement produire des effets à l’échelle continentale.   Cette réalité pourrait bien façonner les relations internationales durant les années à venir.
Se présenter comme victime tout en fragilisant la paix : comment le TPLF compromet l’Accord de Pretoria
Jun 15, 2026 1620
Extrait de The Pulse of Africa (POA)   Addis-Abeba, 15 juin 2026 (ENA) : - Le proverbe amharique « ጅራፍ ራሱ ገርፎ ራሱ ይጮኻል » (celui qui frappe avec le fouet est aussi celui qui crie) reflète avec justesse la posture politique actuelle du Front populaire de libération du Tigré (TPLF).   Plusieurs mois après la conclusion de l’Accord de cessation permanente des hostilités (CoHA) à Pretoria, en Afrique du Sud, une réalité frappante s’est imposée.   Tandis que le gouvernement fédéral éthiopien a multiplié les initiatives de reconstruction, de réconciliation et de réintégration, le TPLF semble renouer avec des pratiques marquées par le non-respect des engagements, la déstabilisation et les rapprochements avec des acteurs extérieurs, tout en cherchant à apparaître comme victime auprès de la communauté internationale.   Pour saisir les difficultés qui entourent le processus de paix, les partenaires internationaux doivent aller au-delà des déclarations et examiner les violations concrètes et documentées de l’Accord de Pretoria attribuées au TPLF, tout en les comparant aux efforts du gouvernement fédéral en faveur de la stabilité.   Violations répétées de l’Accord de Pretoria   L’Accord de Pretoria établissait un cadre juridique précis destiné à restaurer l’ordre constitutionnel et à garantir la sécurité. Pourtant, plusieurs dispositions fondamentales ont été enfreintes de manière répétée par le TPLF.   Maintien illégal des « Forces de défense du Tigray » (TDF)   L’article 6 relatif au désarmement, à la démobilisation et à la réintégration stipule clairement qu’une seule force de défense doit exister en Éthiopie. Il prévoit le désarmement total des combattants du TPLF, considérant qu’une armée régionale parallèle représente une menace pour la souveraineté nationale.   Malgré cela, le TPLF poursuit le recrutement, l’organisation et les démonstrations de force sous l’appellation « TDF », une structure qui ne possède aucun statut légal au regard de la Constitution éthiopienne ni de l’Accord de Pretoria.   Lorsque les autorités fédérales prennent des mesures sécuritaires pour préserver l’intégrité territoriale, le TPLF dénonce aussitôt une prétendue injustice et affirme que ses « forces » sont ciblées. Une interrogation demeure alors : si le TPLF adhère réellement à la paix, pourquoi maintenir une force armée parallèle illégale ?   Alliances avec des groupes extrémistes et atteinte à la souveraineté   L’article 3, consacré aux principes fondamentaux, engage les parties à respecter la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’unité de la République fédérale démocratique d’Éthiopie. L’article 9 interdit par ailleurs toute alliance asymétrique avec des acteurs internes ou externes hostiles à l’ordre constitutionnel.   Au lieu de s’inscrire pleinement dans le cadre national, le TPLF aurait développé des contacts discrets avec certains acteurs étrangers et noué des alliances controversées avec des réseaux extrémistes et terroristes présents dans le pays. En collaborant avec des groupes cherchant à affaiblir le gouvernement central, le mouvement aurait manqué à son engagement de respecter l’ordre constitutionnel, privilégiant les pressions extérieures plutôt que les mécanismes institutionnels.   Entrave au retour des déplacés et instrumentalisation de leur situation   L’article 10 portant sur les mesures transitoires vise à faciliter le retour volontaire et sécurisé des personnes déplacées ainsi qu’à assurer leur réintégration administrative locale.   Selon plusieurs critiques, le TPLF a, à travers ses communications officielles et certaines décisions administratives régionales, freiné le retour ordonné des populations déplacées.   Au lieu de coopérer pleinement avec les institutions fédérales chargées de leur réinstallation, le mouvement aurait utilisé leur situation à des fins politiques et dans une logique de modification des réalités démographiques locales, compliquant ainsi l’application de l’article 10.   Contestation et affaiblissement de l’administration intérimaire   Le même article 10 prévoit également l’établissement d’une Administration régionale intérimaire (ARI) inclusive jusqu’à l’organisation d’élections supervisées par la Commission électorale nationale d’Éthiopie (CENE).   Plutôt que de soutenir une administration tournée vers la reconstruction et la réhabilitation, les rivalités internes au sein du TPLF ont donné lieu à des tentatives de remise en cause, de modification ou de démantèlement de l’ARI par des moyens coercitifs et politiques. Le refus de respecter les limites de ce mécanisme transitoire a contribué à ralentir la gouvernance régionale et à retarder la fourniture de services essentiels aux habitants du Tigray.   L’engagement constant du gouvernement fédéral pour la paix   Malgré les difficultés rencontrées, le gouvernement fédéral éthiopien affirme avoir largement dépassé les obligations prévues par l’Accord de Pretoria afin de favoriser la reconstruction et la réintégration du Tigré au sein du pays.   Rétablissement accéléré des infrastructures et des services   Dès la signature de l’accord, les autorités fédérales ont mobilisé des milliards de birrs pour remettre en état les services essentiels.   Télécommunications et électricité : Ethiopian Electric Power et Ethio Telecom ont restauré des milliers de kilomètres de lignes électriques et de câbles à fibre optique endommagés, permettant le rétablissement rapide de l’électricité et des communications à Mekelle ainsi que dans les localités voisines.   Banques et transport aérien : Les services bancaires ont repris leurs activités, réinjectant des ressources financières dans l’économie locale. Ethiopian Airlines a rétabli sans délai ses liaisons commerciales régulières vers Mekelle et Shire, reconnectant la région avec le reste du pays et l’extérieur.   Une vision de prospérité partagée à travers « Gebeta LeHager » L’ambition du gouvernement fédéral pour le Tigré dépasse la simple reconstruction matérielle et vise une croissance inclusive. Dans le cadre de l’initiative « Gebeta LeHager » (Dîner pour les générations futures) lancée par le Premier ministre Abiy Ahmed, le site spectaculaire de Gheralta a été retenu comme projet touristique national majeur.   Représentant plusieurs milliards de birrs d’investissements, ce programme devrait générer des milliers d’emplois, stimuler l’industrie touristique et faire du Tigré une destination internationale de premier plan. Toutefois, des tensions sécuritaires localisées et des provocations attribuées au TPLF auraient à plusieurs reprises ralenti sa mise en œuvre.   Un changement de discours qui révèle une contradiction   La communauté internationale est invitée à se rappeler l’esprit de coopération qui avait marqué les premiers mois suivant l’accord, notamment à travers la tribune conjointe du président de l’ARI, Getachew Reda, et de l’ambassadeur Redwan Hussein, publiée entre autres par Al Jazeera.   Dans ce texte, les deux responsables présentaient l’Accord de Pretoria comme une illustration des « solutions africaines aux problèmes africains ».   Ils affirmaient ensemble que la guerre était terminée, qu’aucune alternative crédible à la paix n’existait et que les autorités fédérales et régionales partageaient un destin commun au sein d’un même État souverain.   Aujourd’hui, les actes du TPLF apparaissent, selon ses critiques, en contradiction avec les principes défendus à l’époque par Getachew Reda aux côtés des responsables fédéraux.   Alors que les déclarations communes invitaient à tourner la page de la confrontation, le refus de désarmer totalement, le maintien d’armes lourdes et l’adoption de mesures régionales jugées hostiles seraient incompatibles avec l’esprit et les dispositions de l’accord signé.   La voie à suivre : faire prévaloir la légalité La communauté internationale est appelée à regarder au-delà des stratégies de communication du TPLF. Selon cette lecture, les faits démontrent que le gouvernement fédéral est demeuré attaché à la paix, au dialogue et au respect de la Constitution.   À l’heure actuelle, le TPLF évoluerait en dehors du cadre juridique national. Après son insurrection armée, son enregistrement officiel a été annulé par la Commission électorale nationale d’Éthiopie (NEBE).   D’un point de vue légal, il s’agirait donc d’une organisation ne bénéficiant plus d’une reconnaissance officielle au sein de l’État.   Malgré cette situation exceptionnelle sur le plan constitutionnel, le gouvernement fédéral affirme avoir privilégié la patience et l’ouverture. Alors que l’Éthiopie poursuit un dialogue national historique, l’espace politique reste accessible.   Les autorités invitent toutes les factions à renoncer aux armes, à abandonner les structures illégales et à défendre leurs idées par des moyens pacifiques, démocratiques et conformes à la loi.   Les difficultés persistantes auxquelles fait face la population du Tigré ne pourront être résolues que lorsque ses dirigeants rompront avec les cycles de conflit, de provocation et de victimisation. Les habitants du Tigré ont besoin d’écoles, d’hôpitaux et d’opportunités économiques, plutôt que d’une force armée reconstituée ou d’un isolement prolongé.   Le TPLF doit cesser de se présenter comme victime tout en alimentant l’instabilité. Une paix durable exige le courage du désarmement, le respect sincère des engagements et la volonté d’emprunter le chemin de la réconciliation nationale.
L’Éthiopie cette semaine : budget historique, essor numérique et avancées démocratiques
Jun 14, 2026 4061
Addis-Abeba, le 14 juin 2026 (ENA) : - Certaines semaines passent discrètement dans la vie d’un pays. D’autres mettent clairement en lumière la voie qu’il emprunte. Celle qui vient de s’achever appartient incontestablement à cette seconde catégorie.   Entre l’appel du Premier ministre Abiy Ahmed à accélérer la transformation numérique et à renforcer la protection de l’environnement, la présentation du budget fédéral le plus élevé jamais proposé en Éthiopie, les avancées notables du Dialogue national et la reconnaissance internationale croissante des réformes économiques du pays, cette semaine a illustré la marche régulière d’une nation vers des objectifs ambitieux, malgré un environnement politique et régional complexe.   Au cœur de ces évolutions se trouve une même idée : la confiance. Confiance dans les réformes engagées, confiance dans les institutions nationales et confiance dans l’avenir de l’Éthiopie.   Façonner l’avenir : population, innovation et environnement   La semaine a débuté par deux messages majeurs du Premier ministre Abiy Ahmed, reflétant la vision de développement à long terme de l’Éthiopie.   Le premier concernait la technologie et l’innovation. En célébrant le seuil des cinq millions d’Éthiopiens formés dans le cadre de l’Initiative des codeurs éthiopiens, le Premier ministre a rappelé le rôle central de la transformation numérique dans le futur du pays.   Au-delà de cette réalisation remarquable, l’initiative démontre la volonté de l’Éthiopie de doter sa jeunesse des compétences indispensables pour évoluer dans une économie mondiale toujours plus numérique et fondée sur l’innovation.   Le second message était consacré au développement durable. Le Premier ministre a annoncé la préparation de plus de huit milliards de jeunes plants pour la campagne « Héritage vert » de cette année, réaffirmant ainsi l’engagement du pays en faveur de la restauration des écosystèmes et de la résilience climatique.   Ce qui avait commencé comme une vaste campagne de plantation d’arbres est désormais devenu l’une des initiatives environnementales les plus ambitieuses du continent africain, suscitant l’intérêt international tout en contribuant à la lutte contre la dégradation des terres et les effets du changement climatique.   Ces deux initiatives traduisent ensemble une vision nationale cohérente : investir à la fois dans le potentiel humain de l’Éthiopie et dans la préservation de son environnement.   Un budget fédéral historique, reflet de la confiance économique   L’événement économique majeur de la semaine a été la présentation du projet de budget fédéral pour le prochain exercice budgétaire, le plus important jamais élaboré dans l’histoire du pays.   En présentant ce budget devant le Parlement, le ministre des Finances, Ahmed Shide, a décrit une économie engagée dans une profonde transformation.   Selon lui, les réformes macroéconomiques coordonnées ont permis de préserver une croissance soutenue tout en réduisant nettement l’inflation par rapport aux niveaux exceptionnellement élevés enregistrés auparavant.   Ce projet budgétaire dépasse largement le cadre d’un simple programme financier ; il reflète la confiance des autorités dans la trajectoire actuelle des réformes économiques.   Pensé pour consolider les acquis récents, le budget accorde la priorité aux infrastructures, aux services sociaux, aux secteurs productifs et à la stabilité macroéconomique.   Il témoigne de la volonté du gouvernement de maintenir la dynamique de croissance tout en élargissant les opportunités offertes aux citoyens à travers le pays.   À un moment où de nombreuses économies émergentes demeurent confrontées aux pressions inflationnistes, à l’endettement et aux chocs extérieurs, la capacité de l’Éthiopie à proposer un budget considérablement renforcé tout en préservant la stabilité économique constitue une réalisation notable.   Des institutions démocratiques en voie de consolidation   La semaine a également apporté des signaux encourageants concernant le renforcement du processus démocratique en Éthiopie.   Le président Taye Atske Selassie a souligné que le déroulement pacifique des septièmes élections générales et la participation active des citoyens ont contribué à renforcer les bases de la gouvernance démocratique et de l’édification de l’État-nation.   Les progrès annoncés par la Commission du dialogue national éthiopien revêtent également une importance particulière. Après de larges consultations menées dans l’ensemble du pays, les préparatifs du Dialogue national sont désormais entrés dans leur phase finale, tandis que l’ouverture du forum national est prévue pour le 15 juillet.   Pour de nombreux citoyens, le Dialogue national constitue l’une des initiatives politiques les plus marquantes de l’histoire récente du pays : un cadre destiné à traiter les questions nationales de longue date par le dialogue et la concertation plutôt que par la confrontation.   À ce titre, ce forum devrait représenter une nouvelle étape décisive dans les efforts de l’Éthiopie en faveur d’une paix durable, d’un consensus national renforcé et d’une stabilité politique pérenne.   La paix et la stabilité restent au cœur des priorités nationales   Les questions de paix et de sécurité ont continué de dominer les discussions nationales tout au long de la semaine.   Dans une interview accordée à l’ENA, l’ancien président du TPLF, Aregawi Berhe, a soutenu que les efforts de paix engagés par le gouvernement fédéral dans la région du Tigré n’avaient pas reçu de réponse équivalente et avaient plutôt été utilisés par certains membres de l’ancienne direction du TPLF pour se réorganiser sur les plans politique et militaire.   Dans le même esprit, le professeur Kindeya Gebrehiwot, chef du secrétariat du Cabinet de la première administration régionale intérimaire du Tigré, a mis en garde contre les risques que représentent les récents développements pour le fragile processus de reconstruction de la région.   S’exprimant auprès de l’ENA, le professeur Kindeya a affirmé qu’une aile radicale du TPLF désormais fragmenté menait des activités susceptibles de replonger le nord de l’Éthiopie dans l’instabilité.   Il a qualifié ce groupe de « faction criminelle », accusée d’avoir renversé illégalement l’administration régionale intérimaire et de continuer à faire obstacle à la mise en œuvre de l’Accord de Pretoria ainsi qu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel.   Selon lui, cette faction œuvre de manière constante à compromettre les efforts de paix et à ralentir le processus de reconstruction engagé après le conflit au Tigray.   Parallèlement aux initiatives visant à consolider la paix intérieure, l’Éthiopie a également adopté une nouvelle feuille de route pour une gestion intégrée des frontières. Celle-ci vise à renforcer la gouvernance frontalière, améliorer la coordination institutionnelle, faciliter les échanges et les déplacements légaux, tout en répondant aux enjeux de sécurité.   Dans une région où les interdépendances se renforcent, une gestion efficace des frontières constitue à la fois une exigence sécuritaire et un levier essentiel de développement.   Accès à la mer et coopération régionale La question de l’accès durable de l’Éthiopie à la mer a également occupé une place importante dans les débats de la semaine.   Des experts et universitaires ont estimé que cet enjeu ne devait pas être considéré comme une source de tensions, mais comme une occasion de promouvoir la coopération régionale, les échanges commerciaux et une prospérité partagée à travers la Corne de l’Afrique.   L’accès souverain de l’Éthiopie à la mer renforcerait la coopération économique, politique et sécuritaire régionale, a indiqué à l’ENA Kenea Yadeta, conseiller à la sécurité du Premier ministre et ministre d’État.   Selon lui, la démarche éthiopienne concernant l’accès à la mer relève avant tout d’une question de souveraineté nationale.   Il a rappelé que l’absence d’accès maritime a déjà été identifiée par l’Éthiopie comme un enjeu de sécurité, soulignant que le pays dispose de bases historiques et juridiques solides pour défendre sa revendication.   « Dans le cas de l’Éthiopie, l’accès à la mer constitue essentiellement une question de souveraineté. Le pays dispose effectivement de fondements historiques et juridiques lui permettant de revendiquer un accès souverain à la mer. »   Les analystes ont également souligné qu’un accès maritime stable profiterait non seulement à l’Éthiopie, mais aussi aux États voisins, en favorisant l’intégration économique, la connectivité régionale et le développement commun. Ces échanges ont renforcé la position constante de l’Éthiopie selon laquelle les intérêts stratégiques nationaux doivent être poursuivis par le dialogue, la coopération mutuellement bénéfique et des moyens pacifiques.   Investir dans le capital humain   Des avancées ont également été enregistrées dans le domaine social.   Un partenariat majeur dans le secteur de la santé entre l’Éthiopie et un important groupe médical indien a été annoncé cette semaine. L’objectif est de développer les soins spécialisés et de renforcer les capacités du système de santé national.   Cette collaboration devrait améliorer l’accès aux traitements avancés tout en soutenant les efforts de modernisation du secteur de la santé à l’échelle du pays.   Par ailleurs, un chercheur de l’Université Harvard a salué les initiatives menées à Addis-Abeba en matière de développement de la petite enfance ainsi que les projets de corridors urbains, offrant une reconnaissance internationale supplémentaire aux efforts visant à améliorer les espaces publics et les conditions de vie des citoyens.   À travers la capitale, les projets de corridors urbains demeurent l’un des symboles les plus visibles de la transformation urbaine engagée par l’Éthiopie.   Une semaine portée par une dynamique encourageante   Pris séparément, chacun de ces événements revêt une importance particulière. Ensemble, ils dessinent une réalité plus large.   Un gouvernement qui présente le budget le plus élevé de son histoire. Des millions de citoyens formés aux compétences numériques. Une vaste campagne de restauration environnementale. Des institutions démocratiques qui poursuivent leur consolidation. Un Dialogue national qui s’approche d’une étape décisive. Des partenariats internationaux qui se multiplient.   De nouveaux investissements dans le domaine de la santé. Et un intérêt croissant pour l’intégration régionale ainsi que pour la coopération économique.   Comme tout pays en développement, l’Éthiopie reste confrontée à des défis importants. Néanmoins, les événements de cette semaine témoignent d’une nation davantage orientée vers la transformation durable que vers les incertitudes du moment.   S’il fallait retenir un fil conducteur à travers les développements de la semaine, ce serait celui d’une dynamique positive.   Et pour l’Éthiopie, cette dynamique pourrait constituer l’un des atouts les plus déterminants dans sa progression vers la prospérité, la stabilité et le renouveau national.
Pourquoi une Éthiopie forte est-elle indispensable à l’avenir de la Corne de l’Afrique ?
Jun 10, 2026 3963
Par un rédacteur Il est des moments dans l’histoire d’une nation où les chiffres prennent une signification qui dépasse les simples indicateurs économiques. Ils deviennent le reflet d’une ambition collective, d’une confiance retrouvée et d’une vision tournée vers l’avenir.   L’adoption par le Conseil des ministres d’un projet de budget fédéral de 14,51 milliards de dollars pour le prochain exercice fiscal, contre 11,98 milliards de dollars l’année précédente, s’inscrit dans cette dynamique.   Cette hausse budgétaire ne relève pas uniquement d’un ajustement financier. Elle traduit la volonté affirmée d’un pays de poursuivre sa transformation malgré les nombreux défis auxquels il a été confronté ces dernières années.   Alors que de nombreuses économies émergentes continuent de subir les effets de l’endettement, des tensions géopolitiques, des changements climatiques et des séquelles de la pandémie, l’Éthiopie affiche une prévision de croissance dépassant les 10 %, témoignant d’une confiance marquée dans ses perspectives.   Le signal envoyé depuis Addis-Abeba devient de plus en plus évident : l’Éthiopie ne se contente plus d’incarner une promesse ; elle entend désormais concrétiser pleinement son potentiel.   Une puissance au cœur du continent Depuis des siècles, l’Éthiopie occupe une place singulière en Afrique.   Berceau d’une civilisation parmi les plus anciennes du continent, siège de l’Union africaine et pays de plus de 130 millions d’habitants, elle demeure un acteur majeur de la scène africaine. Son influence va toutefois bien au-delà de sa dimension démographique.   La stabilité de l’Éthiopie contribue directement à celle de la Corne de l’Afrique. Sa croissance économique bénéficie aux pays voisins. Ses infrastructures facilitent les échanges régionaux et son action diplomatique favorise la coopération entre les États.   Depuis longtemps, les spécialistes estiment qu’aucune initiative durable de paix ou d’intégration économique dans la région ne peut réussir sans la participation active de l’Éthiopie. Aujourd’hui encore, cette réalité reste d’actualité.   Une Éthiopie forte ne profite pas uniquement à ses citoyens. Elle favorise les investissements, stimule le commerce, renforce les corridors logistiques, soutient la coopération énergétique et accélère l’intégration régionale en Afrique de l’Est.   Une démocratie en constante évolution   Comme le développement économique, le progrès politique suit rarement une trajectoire parfaitement linéaire. Ce qui compte avant tout est l’orientation générale du processus.   Les récentes consultations électorales ont mis en lumière une culture démocratique en progression qui suscite l’intérêt croissant des observateurs et partenaires internationaux.   Malgré des défis persistants, comme dans toute démocratie émergente, la participation accrue des citoyens, le renforcement institutionnel et le déroulement pacifique des scrutins ont été salués par plusieurs partenaires.   L’essentiel n’est pas de prétendre à l’absence de difficultés, mais de reconnaître les avancées réalisées.   Les nations sont évaluées non seulement sur leur situation présente, mais également sur la direction qu’elles empruntent.   À cet égard, l’Éthiopie montre des signes croissants de consolidation institutionnelle, d’élargissement de l’engagement citoyen et de stabilité politique accrue.   L’héritage vivant d’Adoua Toute réflexion sur l’avenir de l’Éthiopie reste intimement liée à son histoire. La Bataille d'Adoua demeure l’un des événements les plus emblématiques du continent africain.   Elle ne représente pas seulement un succès militaire, mais également l’affirmation de la capacité des Africains à défendre leur souveraineté et à choisir leur propre destinée.   Cet héritage continue d’inspirer les générations actuelles. L’esprit qui a permis de préserver l’indépendance nationale nourrit aujourd’hui les ambitions de développement du pays.   Les défis ont changé. Les victoires se mesurent désormais à travers les infrastructures, l’innovation technologique, l’industrialisation, l’éducation, la modernisation agricole et la compétitivité économique.   Les nations du XXIe siècle ne progressent plus uniquement grâce à leur puissance militaire. Elles avancent grâce à l’innovation, à la productivité et à une vision stratégique de long terme.   Le défi pour l’Éthiopie consiste donc non seulement à préserver la mémoire d’Adoua, mais aussi à transformer cet héritage en moteur de réussite pour les générations futures.   La sécurité comme socle du développement L’expérience historique montre que toute transformation économique durable repose sur un environnement sûr et stable.   Au cours des dernières décennies, l’Éthiopie a maintenu l’un des dispositifs de défense les plus importants du continent et a joué un rôle déterminant dans les opérations de maintien de la paix et de stabilisation régionale. Les forces éthiopiennes ont apporté une contribution significative aux efforts de sécurité collective et à la lutte contre le terrorisme dans la Corne de l’Afrique.   L’importance de cette contribution ne peut être sous-estimée.   Les investisseurs privilégient les environnements stables. Les entreprises ont besoin de prévisibilité. La croissance économique se développe là où la paix est préservée.   Dans cette perspective, une Éthiopie stable, sécurisée et prospère demeure l’un des principaux piliers de la paix, de la coopération et du développement pour l’ensemble de la Corne de l’Afrique et au-delà.   Les nouveaux leviers de croissance économique   L’un des changements les plus significatifs observés en Éthiopie aujourd’hui réside dans la diversification progressive de son économie.   Si l’agriculture demeure au cœur du développement national, de nouveaux secteurs commencent à jouer un rôle moteur dans la croissance du pays.   L’Éthiopie s’est imposée comme le premier producteur africain de blé, illustrant la manière dont des investissements ciblés et des politiques adaptées peuvent renforcer la sécurité alimentaire tout en réduisant la dépendance vis-à-vis des importations.   Sous les hautes terres, les vallées et les vastes étendues du pays se trouvent également des ressources porteuses d’avenir. L’exploitation de l’or contribue de plus en plus aux revenus nationaux, soutenant les exportations et favorisant l’émergence d’une économie davantage diversifiée.   Les réserves de gaz naturel, encore largement inexploitées, offrent quant à elles des perspectives importantes pour alimenter l’industrie, générer des recettes en devises et accompagner une nouvelle phase de développement économique. Ce qui relevait autrefois du potentiel commence progressivement à prendre forme ; ce qui semblait lointain devient peu à peu concret.   Associés aux projets de production d’engrais, à l’amélioration des rendements agricoles et aux réformes économiques engagées, ces progrès montrent que la croissance future de l’Éthiopie reposera sur plusieurs piliers complémentaires.   Agriculture céréalière, ressources minières, énergie, parcs industriels, économie numérique et jeunesse active constituent désormais autant de moteurs de développement. Pour les investisseurs et partenaires de long terme, le constat devient évident : l’Éthiopie ne prépare pas seulement le prochain budget, elle investit dans son avenir à long terme.   Les exportations enregistrent des performances encourageantes dans plusieurs domaines, tandis que les réformes macroéconomiques renforcent l’attractivité du pays pour les investissements.   La stratégie de réforme économique mise en œuvre par le gouvernement cherche à remédier aux contraintes structurelles historiques tout en créant les conditions d’une croissance durable et inclusive.   Aucune mutation économique ne s’accomplit instantanément. Toutefois, les indicateurs témoignent d’une évolution globalement positive.   Vers une économie moderne et compétitive L’Éthiopie de demain ne sera pas uniquement reconnue pour son agriculture. Elle le sera également pour sa capacité à produire, innover et exporter.   L’intelligence artificielle, les technologies numériques, l’industrie manufacturière, les services logistiques, les énergies renouvelables ainsi que les chaînes de valeur agricoles offrent des perspectives considérables.   La jeunesse éthiopienne, qui représente l’une des plus importantes forces de travail du continent, pourrait devenir un avantage stratégique majeur si elle bénéficie des compétences, des technologies et des investissements nécessaires.   Les investisseurs internationaux à la recherche de nouveaux pôles de croissance auraient tout intérêt à observer cette évolution de près.   Le centre de gravité de l’économie mondiale s’oriente progressivement vers les marchés émergents, caractérisés par une population importante, une consommation en expansion et un potentiel productif encore sous-exploité.   L’Éthiopie réunit précisément ces caractéristiques.   Pourquoi renforcer les partenariats avec l’Éthiopie ? Les débats internationaux sur l’Afrique mettent souvent l’accent sur les difficultés, au détriment des opportunités.   Pourtant, les investisseurs et partenaires les plus avisés savent que les meilleures perspectives apparaissent souvent dans les économies en pleine transformation.   L’Éthiopie figure aujourd’hui parmi les opportunités économiques les plus prometteuses du continent. Son importante population constitue un vaste marché. Sa position géographique favorise les échanges régionaux. Ses ressources naturelles offrent de nombreuses possibilités. Ses réformes stimulent la compétitivité. Son histoire témoigne d’une remarquable capacité de résilience. Son potentiel futur demeure considérable. Il est difficile d’envisager sérieusement l’avenir économique de l’Afrique sans tenir compte du rôle croissant de l’Éthiopie.   La route vers la réussite Affirmer qu’un pays deviendra la première puissance économique africaine dans les dix prochaines années relève davantage d’une ambition que d’une certitude. L’avenir dépendra de nombreux facteurs.   Cependant, peu de pays africains disposent simultanément d’une population aussi importante, d’un emplacement stratégique, d’un potentiel agricole considérable, d’investissements massifs dans les infrastructures, d’un programme de réformes ambitieux et de ressources naturelles encore largement inexploitées.   Les fondations d’une croissance exceptionnelle sont présentes. Le véritable défi consiste désormais à les valoriser pleinement.   Si les réformes se poursuivent, si la stabilité et la paix se renforcent, si la productivité continue de progresser et si les investissements se dirigent vers les secteurs prioritaires, l’essor économique de l’Éthiopie pourrait compter parmi les transformations les plus marquantes de l’Afrique au XXIe siècle.   Le budget adopté cette semaine pourrait ainsi représenter bien davantage qu’un simple cadre financier. Il pourrait constituer une étape supplémentaire dans la trajectoire d’un pays déterminé à convertir son potentiel en résultats concrets.   L’avenir demeure naturellement ouvert. Toutefois, les perspectives apparaissent de plus en plus prometteuses. Pour la Corne de l’Afrique comme pour le continent, une Éthiopie forte reste l’un des principaux facteurs susceptibles de favoriser une paix durable, une prospérité partagée et une nouvelle dynamique de développement africain.   Cette approche conserve une vision stratégique et optimiste tout en évitant les affirmations absolues. Elle souligne plutôt que l’Éthiopie dispose de nombreux atouts pouvant lui permettre d’atteindre des résultats économiques majeurs dans les années à venir.
7e élection législative en Éthiopie : évaluer la confiance du public dans un contexte de transformation
May 31, 2026 4646
Par Sina Mussie   Le 1er juin, des millions d’Éthiopiens sont appelés aux urnes dans un pays qui, au cours de la dernière décennie, a traversé une période marquée par les réformes, les conflits, la reprise et les mutations économiques.   Cette élection intervient alors que l’Éthiopie continue d’évoluer entre des réalités parfois contrastées. D’un côté, le pays met en œuvre d’importantes réformes économiques ; de l’autre, il demeure confronté à des défis sécuritaires. Il investit dans les infrastructures, développe les services numériques, ouvre progressivement certains secteurs de son économie et attire de nouveaux capitaux, tout en poursuivant ses efforts pour surmonter les conséquences des conflits et des divisions politiques.   Dans ce contexte, la 7e élection générale dépasse largement le cadre d’une simple compétition entre formations politiques. Pour de nombreux observateurs, elle constitue surtout une occasion d’évaluer une question essentielle : les citoyens continuent-ils de faire confiance aux institutions démocratiques comme instruments de participation, de représentation et de dialogue national ?   L’enjeu de ce scrutin ne se limite donc pas à la composition du Parlement. Il réside également dans ce qu’il révélera du niveau de confiance de la population envers les institutions à un moment de profonde transformation du pays.   Une mobilisation électorale d’envergure   Selon la Commission électorale nationale d’Éthiopie (NEBE), plus de 54 millions d’électeurs se sont inscrits pour participer au scrutin, ce qui en fait l’un des plus importants de l’histoire nationale.   Les données officielles indiquent également que plus de 10 400 candidats issus de partis politiques et de listes indépendantes briguent des sièges à la Chambre des représentants du peuple ainsi qu’au sein des conseils régionaux.   La NEBE affirme avoir entrepris d’importants préparatifs afin d’assurer le bon déroulement du vote, notamment grâce à l’élargissement des systèmes d’inscription numérique, à des campagnes de sensibilisation et à une organisation logistique déployée à travers le pays.   Au-delà de ces chiffres, les inscriptions traduisent une réalité plus profonde. Malgré plusieurs années marquées par les tensions politiques, les préoccupations sécuritaires et les difficultés économiques, des millions d’Éthiopiens ont choisi de prendre part au processus électoral.   Pour de nombreux analystes, cette mobilisation est en elle-même significative. Elle témoigne du fait qu’une part importante de la population continue de considérer les élections comme un moyen privilégié de débattre des priorités nationales et d’assurer une représentation politique.   Huit années de réformes   Cette échéance électorale survient près de huit ans après le lancement des réformes initiées par le Premier ministre Abiy Ahmed, qui ont profondément transformé le paysage politique et économique du pays.   Ces réformes visaient notamment à élargir l’espace politique, renforcer la participation démocratique, libéraliser certains secteurs économiques, promouvoir la gouvernance numérique et attirer davantage d’investissements étrangers.   Cependant, cette période a également été marquée par des conflits, des crises humanitaires, des défis sécuritaires persistants et des débats sur la vitesse ainsi que l’orientation des changements engagés.   Dans ce contexte, le scrutin du 1er juin est largement perçu comme un moment décisif de la transition éthiopienne.   Pour de nombreux citoyens, la question ne se limite pas au choix du parti qui gouvernera. Elle porte aussi sur la capacité des institutions créées ou renforcées durant cette période de réforme à répondre concrètement aux attentes de la population.   Participation électorale et confiance institutionnelle   Les spécialistes des sciences politiques considèrent souvent les élections comme bien plus qu’un simple mécanisme de désignation des dirigeants.   Elles constituent également un indicateur du degré de confiance des citoyens envers les institutions démocratiques.   Dans les démocraties émergentes, le niveau de participation peut refléter la conviction des électeurs que les divergences politiques peuvent être résolues par des voies constitutionnelles et par la compétition électorale.   L’importance de cette consultation est renforcée par le contexte récent. Elle intervient après des années de réformes, le report d’un précédent cycle électoral en raison de la pandémie de COVID-19, des conflits internes, la signature de l’accord de paix de Pretoria ainsi que les efforts actuels de dialogue national.   Les attentes liées à la transformation économique   Au-delà de la dimension politique, la transformation économique représente l’un des éléments majeurs de la transition actuelle.   Les autorités mettent régulièrement en avant les avancées réalisées dans le cadre du programme de réforme économique nationale, notamment l’ouverture de nouvelles opportunités d’investissement, la modernisation du secteur financier, le soutien aux exportations et la réalisation de grands projets d’infrastructure.   Selon le gouvernement, ces réformes visent à consolider la stabilité macroéconomique, renforcer la compétitivité du pays et créer les conditions d’une croissance durable.   Toutefois, c’est dans leur quotidien que les citoyens évaluent réellement les effets de ces transformations.   L’emploi, l’inflation, l’accès au financement, l’entrepreneuriat et les perspectives économiques demeurent au cœur des préoccupations d’une grande partie de la population.   Les observateurs soulignent que la confiance envers les institutions dépend non seulement de la participation politique, mais aussi de la perception des performances économiques et des perspectives d’avenir.   Dans cette optique, l’élection pourrait également servir de baromètre informel de l’opinion des électeurs sur les résultats des réformes engagées.   Le taux de participation pourrait ainsi constituer l’un des indicateurs les plus pertinents de la manière dont les citoyens perçoivent la légitimité institutionnelle et la participation démocratique.   L’engagement des électeurs fournira également des indications précieuses sur leur perception de la gouvernance, de la représentation politique et de la responsabilité publique.   Le poids de la jeunesse   Avec l’une des populations les plus jeunes du continent africain, l’Éthiopie verra sa jeunesse jouer un rôle déterminant dans l’issue du scrutin.   Des millions de nouveaux électeurs ont atteint l’âge de voter dans un contexte marqué par les réformes politiques, les transformations économiques et les avancées technologiques.   Selon plusieurs observateurs, les jeunes évaluent de plus en plus les institutions à travers des préoccupations concrètes telles que l’emploi, l’éducation, l’innovation, l’entrepreneuriat et la mobilité sociale.   Leur participation pourrait ainsi offrir des indications importantes sur la manière dont la nouvelle génération perçoit la démocratie et l’avenir du pays.   Pour de nombreux analystes, le niveau d’engagement des jeunes représente l’un des meilleurs indicateurs de la confiance à long terme envers les institutions démocratiques éthiopiennes.   Une concurrence politique diversifiée   Le paysage électoral reflète une configuration politique complexe. Les données officielles de la NEBE montrent que le Parti de la prospérité, au pouvoir, demeure la seule formation politique présente dans la quasi-totalité des régions et des niveaux administratifs. Toutefois, plusieurs partis d’opposition ont renforcé leur présence dans différentes zones du pays.   L’organisation Citoyens éthiopiens pour la justice sociale (EZEMA), ainsi que plusieurs partis régionaux, présentent des candidats dans de nombreuses circonscriptions, contribuant à une concurrence plus soutenue dans certaines régions.   Les inscriptions des candidats révèlent également des disparités régionales importantes.   Certaines des compétitions les plus disputées devraient se dérouler à Addis-Abeba ainsi que dans plusieurs zones des régions du Sud, où plusieurs formations ont présenté un grand nombre de candidats.   Selon les données de la NEBE, la capitale figure parmi les circonscriptions les plus concurrentielles, avec de nombreux partis engagés dans la bataille électorale.   Le niveau de concurrence observé dans les différentes circonscriptions pourrait offrir des indications supplémentaires sur l’évolution du multipartisme en Éthiopie.   Sécurité et organisation du scrutin   La sécurité demeure l’un des facteurs majeurs influençant le contexte électoral.   Si des élections sont prévues dans la majorité des régions, la NEBE a reconnu que certaines contraintes administratives et sécuritaires pourraient affecter le déroulement du vote dans plusieurs circonscriptions.   Des rapports d’observateurs électoraux et de médias indiquent que l’instabilité continue de poser des difficultés dans certaines localités, notamment dans des parties des régions d’Amhara et d’Oromia.   Les autorités électorales affirment avoir procédé à des évaluations des circonscriptions afin de déterminer leur niveau de préparation opérationnelle.   Par ailleurs, certains partis d’opposition ont exprimé des préoccupations concernant les conditions de campagne, les procédures d’enregistrement des candidats, certaines contraintes administratives et les restrictions sécuritaires affectant les activités politiques.   La capacité des institutions à organiser le scrutin dans ces conditions influencera probablement la perception des citoyens quant à la crédibilité et à l’efficacité du processus électoral.   Une attention internationale soutenue   Cette élection suscite également un intérêt marqué au niveau international.   La mission d’observation électorale de l’Union africaine a déployé des observateurs afin de suivre le déroulement du scrutin et d’évaluer les procédures électorales.   Les organisations régionales, les partenaires diplomatiques et les institutions internationales suivent également de près cette échéance alors que l’Éthiopie poursuit ses efforts de relance, de reconstruction et d’intégration économique.   Selon le Conseil des organisations de la société civile éthiopienne (ECSOC), la confiance publique, la transparence électorale et la crédibilité institutionnelle demeurent des piliers essentiels de la gouvernance démocratique.   Pour les observateurs nationaux et internationaux, la manière dont se déroulera l’élection offrira des indications importantes sur la solidité et la maturité des institutions démocratiques du pays.   Au-delà du jour du vote En définitive, la portée de la 7e élection législative éthiopienne dépasse largement la question de la répartition des sièges parlementaires.   Qu’elle soit analysée à travers le taux de participation, la qualité du fonctionnement institutionnel, l’engagement politique ou le niveau de confiance du public, cette consultation devrait fournir l’une des évaluations les plus révélatrices du fonctionnement des institutions démocratiques dans une période de transition et de réforme.   Alors que les Éthiopiens s’apprêtent à voter, ce scrutin représente à la fois une compétition politique et une étape importante dans les efforts du pays pour consolider la gouvernance démocratique, accélérer sa transformation économique et renforcer la cohésion nationale.   À ce titre, cette élection constitue bien davantage qu’un simple rendez-vous électoral : elle représente également un indicateur essentiel de la confiance des citoyens dans la trajectoire démocratique de l’Éthiopie et dans les institutions appelées à façonner son avenir.
Au-delà du bruit médiatique : Ce que les élections éthiopiennes de 2026 révèlent sur l'avenir du pays
May 31, 2026 2210
Par Selamawit Getachew   Alors que l'Éthiopie se prépare à ses septièmes élections générales le 1er juin 2026, les commentaires internationaux se concentrent souvent uniquement sur les défis sécuritaires, négligeant le contexte plus large et les évolutions positives au sein du pays.   Si les conflits mondiaux, allant des guerres régionales aux tensions géopolitiques, créent un climat turbulent, il est important de reconnaître que l'Éthiopie continue de fonctionner efficacement malgré ces pressions.   La démocratie ne doit pas être perçue uniquement comme un état final qu'un pays « possède » ou « ne possède pas », surtout lorsque de nombreuses nations confrontées à la guerre, à la censure et à la polarisation se définissent encore comme démocratiques.   L'Éthiopie, en particulier, est une nation qui construit ses institutions dans une période difficile, comme en témoignent la participation électorale croissante, ses systèmes numériques et ses capacités administratives.   La couverture médiatique récente tend à mettre l'accent sur les conflits, les restrictions et la domination du parti au pouvoir, transformant souvent les inquiétudes en récits d'effondrement.   Cependant, l'ampleur du nombre d'électeurs inscrits – plus de 54 millions de citoyens, soit une augmentation de 32 % par rapport à 2021 – et les taux de participation élevés – historiquement supérieurs à 80 % – témoignent d'un engagement civique et d'une capacité institutionnelle solides. La présence de nombreux partis politiques indique également un paysage politique pluraliste, contrairement à l'idée simpliste d'un système à parti unique.   Les projets d'infrastructure en cours en Éthiopie, sa gouvernance numérique et son influence régionale, illustrée par le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne, soulignent davantage encore le rôle actif de la nation dans la construction de son avenir. Les discours négatifs sont en partie motivés par des intérêts géopolitiques, car l'importance stratégique de l'Éthiopie dans la Corne de l'Afrique suscite l'attention et la contestation de l'étranger.   Malgré les pressions extérieures, l'Éthiopie continue de renforcer ses capacités et de pérenniser ses processus démocratiques, offrant un contre-exemple important pour l'Afrique, où la démocratie est souvent perçue comme fragile.   L'élection de 2026 constitue ainsi un test significatif de la participation citoyenne à grande échelle et de la résilience institutionnelle, démontrant que même sous pression interne et externe, un pays peut développer l'engagement civique et faire respecter ses procédures constitutionnelles.   L’expérience éthiopienne démontre que le développement institutionnel et la participation démocratique sont possibles même dans des contextes difficiles, faisant de ses élections un point de référence essentiel pour l’évolution politique du continent.   L’ampleur de la mobilisation civique et logistique témoigne de l’importance de cet exercice national. Plus de 54 millions d’électeurs inscrits ont exercé leur droit de vote sur un vaste territoire géographiquement diversifié. Au total, 10 934 candidats sont en lice, formant un paysage politique très compétitif qui reflète un large éventail d’opinions.   Par ailleurs, 42 partis politiques et 80 candidats indépendants briguent activement une représentation législative. Sur les 547 sièges que compte la Chambre des représentants du peuple, 501 sont à pourvoir : 2 198 candidats se présentent au Parlement fédéral et 8 736 briguent des postes au sein des conseils régionaux.   Ces chiffres reflètent l’engagement profond d’une nation à institutionnaliser la gouvernance par les urnes.   Elles affirment clairement que la légitimité politique doit découler du consentement des gouvernés, rejetant l'idée que le pouvoir puisse être obtenu par l'intimidation, la violence ou la coercition armée.
La 7ème élection générale en Éthiopie : un tournant pour la consolidation démocratique et la stabilité nationale
May 31, 2026 632
Addis Ababa le 31 mai,2026 (ENA) À la veille de la 7ème élection générale, l’Éthiopie s’apprête à franchir une nouvelle étape dans son processus de consolidation démocratique. Le scrutin prévu le 1er juin 2026 mobilise les institutions nationales, les acteurs politiques et des millions de citoyens appelés à exercer leur droit de vote dans le cadre du processus constitutionnel du pays. Au cœur de ce processus se trouve un principe fondamental : le transfert du pouvoir politique s’effectue exclusivement par des moyens pacifiques, légaux et institutionnels, à travers les urnes. Les élections demeurent ainsi le mécanisme central de la légitimité politique et de la continuité de l’État. Un État structuré et une participation citoyenne en expansion L’Éthiopie est caractérisée par une organisation institutionnelle à grande échelle, capable de mettre en œuvre des processus électoraux nationaux dans un contexte de diversité démographique et géographique. Parallèlement, la participation citoyenne continue de se renforcer, comme en témoignent les inscriptions électorales et l’engagement des électeurs dans les différentes étapes du processus. Cette dynamique reflète l’ancrage progressif de la culture démocratique dans la vie publique. Les institutions assurent l’organisation, la coordination et le respect du cadre légal. Les citoyens participent au processus électoral conformément aux dispositions établies. Cette complémentarité constitue un élément fondamental du système électoral. Cadre institutionnel et organisation des élections La conduite de la 7eme élection générale est assurée par la Commission électorale nationale d'Éthiopie, conformément à son mandat constitutionnel. L’institution est chargée de l’organisation technique, administrative et juridique du processus électoral, notamment l’enregistrement des électeurs, la délimitation des circonscriptions électorales, la gestion des bureaux de vote et la supervision générale des opérations électorales. L’ensemble du processus est mis en œuvre selon les procédures établies, dans le respect du calendrier électoral et des dispositions légales en vigueur. Participation et observation du processus électoral Le processus électoral en Éthiopie est accompagné par la participation d’acteurs nationaux et internationaux, y compris des observateurs invités. La présence de personnalités régionales, notamment l’ancien président kenyan Uhuru Kenyatta, illustre l’engagement constant de l’Éthiopie en faveur du principe des solutions africaines aux défis africains. Elle reflète également la confiance croissante accordée aux initiatives africaines de suivi électoral ainsi qu’au rôle des institutions du continent dans le renforcement de la gouvernance démocratique. Cette mobilisation contribue à la transparence du scrutin et à la confiance des différentes parties prenantes dans le déroulement du processus. Les élections comme fondement de la transition pacifique Dans tous les systèmes démocratiques, les élections constituent le seul mécanisme durable de transition politique pacifique. Elles transforment la compétition en processus institutionnalisé et les divergences en choix démocratique. Dans le cas éthiopien, les élections remplissent trois fonctions essentielles : Elles assurent la continuité constitutionnelle. Elles garantissent la participation populaire. Elles confèrent la légitimité au pouvoir politique. Sans élections, les systèmes politiques s’exposent à l’instabilité. Avec elles, ils construisent la continuité et la responsabilité. Coordination du processus et cadre national Les autorités compétentes, en coordination avec les institutions concernées, mettent en œuvre les mesures nécessaires pour assurer le bon déroulement du processus électoral dans l’ensemble des régions du pays. Les opérations incluent la préparation logistique, la sécurisation des sites électoraux en coopération avec les organes concernés, ainsi que la sensibilisation du public sur les procédures de vote. Ces activités s’inscrivent dans le cadre du mandat institutionnel visant à garantir l’organisation régulière et ordonnée des élections. La participation citoyenne au cœur de la souveraineté Au centre de cette élection se trouve le citoyen. Voter ne constitue pas seulement un acte administratif, mais une expression concrète de la souveraineté nationale. Chaque vote renforce la légitimité du processus. Chaque participation consolide la démocratie. Chaque citoyen engagé devient acteur de la trajectoire politique du pays. La démocratie prend tout son sens lorsqu’elle est vécue, et non seulement proclamée. Une nation en construction démocratique continue La 7eme élection générale en Éthiopie illustre un processus en évolution, où institutions et citoyens interagissent pour construire un système politique plus stable et plus participatif. L’Éthiopie poursuit ainsi sa trajectoire démocratique non comme un projet achevé, mais comme un processus vivant, façonné par la participation, consolidé par les institutions et guidé par la volonté collective de stabilité et de progrès. À la veille du scrutin, l’Éthiopie se présente comme une nation forte de ses institutions, de son expérience démocratique et de l’engagement de ses citoyens. La 7ᵉ élection générale constitue ainsi non seulement un rendez-vous électoral, mais également une nouvelle démonstration de la capacité du pays à faire progresser son processus démocratique dans le respect de son ordre constitutionnel et de sa souveraineté nationale
Plus de54 millions de voix : la solidité de la démocratie éthiopienne et l’espoir de l’Afrique
May 31, 2026 535
Addis Ababa le 31 mai,2026 (ENA) Plus de 54 millions d’électeurs figurent sur les listes électorales et devraient se rendre aux urnes dans les 52 000 centres de vote installés à travers le pays. Au total, 42 partis politiques présentent 10 357 candidats. Afin d’assurer la crédibilité, la transparence et l’intégrité du scrutin, 59 observateurs de l’Union africaine, dirigés par l’ancien président kényan Uhuru Kenyatta, ainsi que 26 observateurs de l’IGAD, ont été déployés dans différentes régions du pays.   Ces données en elles-mêmes nous disent beaucoup. Mais au-delà des chiffres, elles révèlent une histoire beaucoup plus profonde : celle d’un pays qui a surmonté de nombreux défis, franchi des étapes déterminantes dans son parcours politique et poursuit aujourd’hui la consolidation de ses institutions démocratiques. Cette histoire est celle de l’Éthiopie. L’élection générale du 1er juin 2026 dépasse largement le simple cadre d’un vote. Elle représente également un rendez-vous national majeur où convergent la construction de l’État, le développement institutionnel, le pluralisme politique, l’engagement citoyen et l’enracinement progressif de la culture démocratique. L’Éthiopie compte parmi les nations les plus peuplées d’Afrique. Avec une population de plus de 130 millions d’habitants, l’enregistrement de plus de 54 millions d’électeurs constitue déjà une réalisation significative. Ce résultat ne traduit pas seulement l’importance démographique du pays ; il reflète aussi l’intérêt de la population pour la participation civique, sa confiance dans le processus électoral et sa volonté de contribuer à l’avenir collectif de la nation. La force d’un pays ne se mesure pas uniquement au nombre de ses habitants. Une grande nation est également celle qui peut organiser d’importants processus nationaux dans un climat d’ordre, de stabilité et d’efficacité administrative. À cet,égard, cette 7ème élection générale met en évidence les capacités institutionnelles acquises par l’Éthiopie. L’organisation de 52 000 bureaux de vote, la mobilisation de plus de 359 000 agents électoraux, la distribution du matériel à l’échelle du territoire et la gestion rigoureuse de l’ensemble du processus témoignent de l’existence d’institutions solides et opérationnelles. Une autre dimension remarquable de cette consultation réside dans le pluralisme politique qu’elle illustre. La participation de 42 partis politiques, la présence de plus de 10000 candidats soumis au choix des électeurs ainsi que l’engagement de nombreux indépendants démontrent l’ouverture progressive de l’espace politique éthiopien. Dans une démocratie, la puissance d’une nation ne repose pas sur l’uniformité des idées. Elle réside plutôt dans la capacité à permettre la coexistence pacifique de visions différentes au sein d’un même cadre national. Dans cette perspective, les 19 débats électoraux organisés dans cinq langues témoignent du renforcement continu de la culture démocratique dans le pays. L’un des aspects les plus novateurs de ce scrutin demeure également l’intégration accrue des technologies numériques. La plateforme numérique « Mirtchaye » ainsi que l’utilisation de l’identifiant national Fayda ont contribué à moderniser de manière importante le processus électoral. Cette évolution démontre que l’Éthiopie ne cherche pas seulement à renforcer ses institutions démocratiques ; mais elle œuvre aussi à leur adaptation aux réalités du monde contemporain.   La dimension continentale d’un scrutin national Cependant, l’importance de cette élection dépasse le seul cadre national puisque ce scrutin possède également une portée continentale considérable. Parmi les éléments les plus significatifs figure la présence de la mission d’observation électorale de l’Union africaine, conduite par l’ancien président du Kenya, Uhuru Kenyatta. Pour certains observateurs, il pourrait s’agir d’une mission ordinaire. Pourtant, en réalité, sa signification dépasse largement le protocole.  
Agence des nouvelles éthiopienne
2023