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« Les Éthiopiens prouvent qu’ils sont capables de surmonter leurs divergences grâce à un dialogue civilisé », déclare le président de la Commission
Oct 3, 2026 84
Addis Ababa le 3 octobre, 2026 (ENA) « Les Éthiopiens ont démontré qu’ils étaient capables d’engager un dialogue civilisé, de surmonter leurs divergences et de parvenir à un consensus autour de préoccupations nationales communes », a déclaré le professeur Mesfin Araya, président de la Commission éthiopienne pour le dialogue national (ENDC). Le professeur Mesfin a tenu ces propos aujourd’hui, alors que l’ENDC remettait officiellement son ordre du jour consolidé et ses recommandations à la Chambre des représentants du peuple, au gouvernement fédéral et aux gouvernements régionaux. Le Premier ministre Abiy Ahmed, de hauts responsables fédéraux et régionaux, des membres du corps diplomatique et des représentants d’organisations internationales ont assisté à la cérémonie de passation de pouvoir. Dans son exposé, le professeur Mesfin a déclaré que la Commission, créée en vertu de la proclamation n° 1265/2021, avait pour mandat de contribuer à résoudre les griefs et les différends historiques de longue date en Éthiopie par le biais d’un dialogue inclusif, pacifique et structuré. Depuis sa création, la Commission a mené une consultation nationale dans les douze États régionaux de l’Éthiopie ainsi que dans les deux administrations municipales d’Addis-Abeba et de Dire Dawa, recueillant plus de 2 000 propositions d’ordre du jour émanant des citoyens. Ces propositions ont ensuite été regroupées en huit grands axes thématiques afin de fournir un cadre au dialogue national et à la recherche d’un consensus. Ce processus a abouti à une conférence nationale à Addis-Abeba qui a réuni 4 000 délégués représentant différents segments de la société éthiopienne, notamment des femmes, des jeunes, des aînés, des chefs religieux, des partis politiques, des membres de la diaspora et des personnes en situation de handicap. Selon le professeur Mesfin, cette conférence a démontré que des Éthiopiens aux opinions divergentes peuvent se rassembler, engager des discussions respectueuses et constructives, et trouver un terrain d’entente sur des questions d’importance nationale. Il a déclaré que le bon déroulement de la phase de consultation et de délibération avait été rendu possible grâce à une large participation du public et à un engagement politique, qu’il a identifiés comme les deux piliers essentiels d’un dialogue national efficace. La Commission a désormais soumis ses recommandations consolidées à la Chambre des représentants du peuple, à la Chambre de la Fédération, aux institutions fédérales, ainsi qu’aux douze administrations régionales et aux deux administrations municipales, pour examen approfondi et mise en œuvre. Le professeur Mesfin a souligné que la mise en œuvre constituait désormais l’étape cruciale suivante, appelant les institutions compétentes aux niveaux fédéral, régional et local à traduire ces recommandations en politiques et actions concrètes. Il a remercié les citoyens, les institutions gouvernementales, les organisations civiques et les autres parties prenantes pour leurs contributions au processus de dialogue national, soulignant que son impact durable dépendra d’un engagement soutenu en faveur de la mise en œuvre de ses résultats.
Le Premier ministre Abiy préside la remise des recommandations issues du dialogue national éthiopien
Oct 3, 2026 57
Addis Ababa le 3 octobre, 2026 (ENA) Le Premier ministre Abiy Ahmed a annoncé que les points à l’ordre du jour et les recommandations consolidés issus du Dialogue national éthiopien ont été officiellement remis à la Chambre des représentants du peuple, au gouvernement fédéral et aux gouvernements régionaux. « J’ai assisté et supervisé cette remise officielle », a déclaré aujourd’hui le Premier ministre sur les réseaux sociaux, qualifiant cet événement d’étape importante dans le processus du Dialogue national du pays. Cette remise marque le passage de la délibération nationale à l’examen institutionnel des recommandations issues du dialogue, qui a réuni des participants issus de divers secteurs de la société éthiopienne. Le Dialogue national est parvenu à un consensus sur ses huit axes thématiques avant de passer à l’harmonisation et à la consolidation des recommandations. Ce processus a été conçu pour rassembler des points de vue divergents sur les grandes questions nationales et établir des terrains d’entente. Le Premier ministre Abiy a déclaré que cette dernière initiative réaffirmait l’engagement à relever les défis de longue date de l’Éthiopie par le biais d’un dialogue inclusif, de délibérations pacifiques et de solutions élaborées au niveau national. Le Dialogue national a été présenté comme une initiative visant à résoudre des questions nationales profondément enracinées par la recherche d’un consensus plutôt que par la confrontation. Auparavant, le Premier ministre avait décrit ce processus comme une occasion de s’attaquer aux défis politiques de longue date et de contribuer à forger un nouveau contrat social national inclusif. La Conférence nationale de dialogue éthiopienne s'est achevée en août après 40 jours de délibérations auxquelles ont pris part 4 000 participants, les discussions ayant porté sur diverses questions.
« L'héritage du barrage d'Assouan en Égypte est catastrophique et unilatéral », déclare le ministre éthiopien de l'Eau
Oct 3, 2026 152
Addis Ababa le 3 octobre, 2026 (ENA) Le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Habtamu Itefa, a souligné que l’héritage historique du grand barrage d’Assouan en Égypte et sa construction avaient entraîné d’importantes perturbations sociales, alors que le projet avait été mené sans le consentement de l’Éthiopie. Dans un message publié tôt ce matin sur les réseaux sociaux, le ministre Habtamu a décrit le grand barrage d’Assouan comme l’un des projets de méga-barrage les plus marquants d’Afrique, précisant que sa construction avait entraîné le déplacement de plus de 100 000 Nubiens et profondément affecté leurs communautés, leurs moyens de subsistance et leurs terres ancestrales. Il a fait valoir que l’histoire du projet d’Assouan devait être prise en compte dans le débat actuel sur l’aménagement de l’Abay (le Nil) et le droit de l’Éthiopie à exploiter ses ressources en eau. « L’Éthiopie dispose d’un droit souverain à aménager et à exploiter ses ressources en eau du Nil, conformément au principe d’une utilisation équitable et raisonnable », a déclaré Habtamu, rejetant ainsi les appels demandant à l’Éthiopie d’obtenir l’accord préalable des pays en aval pour ses projets d’aménagement hydraulique. Le ministre a indiqué que l’Éthiopie avait appelé à plusieurs reprises à une consultation sur les projets liés aux eaux du Nil, tout en révélant que des archives historiques datant des années 1950 faisaient état des objections de l’Éthiopie face à l’absence de consultation plus large concernant le projet d’Assouan et les accords antérieurs relatifs aux eaux du Nil. Dans ce contexte historique, M. Habtamu a précisé que le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD) s’inscrit dans un cadre régional plus récent : la Déclaration de principes (DoP) de 2015, signée par l’Éthiopie, le Soudan et l’Égypte. « Avant de critiquer l’Éthiopie, l’Égypte devrait expliquer pourquoi elle a construit le haut barrage d’Assouan sans le consentement de l’Éthiopie », a déclaré Habtamu, établissant un lien entre l’expérience historique du projet d’Assouan et le débat actuel sur le GERD. Il a ajouté que le passé de l’Égypte affaiblissait ses critiques à l’égard de l’Éthiopie fondées uniquement sur la question de la consultation des pays en aval, en évoquant le déplacement des communautés nubiennes lié au projet d’Assouan. « Le bilan historique de l’Égypte ne lui donne AUCUNE légitimité morale pour critiquer l’Éthiopie au seul motif de la consultation des pays en aval, car dans les années 1950, l’Éthiopie elle-même s’était officiellement opposée à l’absence de consultation concernant le grand barrage d’Assouan et les accords antérieurs sur les eaux du Nil, alors que le projet d’Assouan avait entraîné un déplacement à grande échelle des communautés nubiennes », a-t-il précisé. Le GERD, en revanche, a fait l'objet de la Déclaration de principes de 2015 signée par l'Égypte, l'Éthiopie et le Soudan, a déclaré le ministre Habtamu.
L'Égypte s'emploie à entraver le rôle d'intégration de l'Éthiopie et son développement
Oct 2, 2026 200
Addis Ababa le 2 octobre, 2026 (ENA) L'Égypte tente d'entraver le rôle intégrationniste de l'Éthiopie dans la région et de freiner son développement, craignant que cela ne vienne ébranler sa propre position, a déclaré Abdulshakur Abdulsamad, chercheur senior au Centre d'études stratégiques et d'initiative pour l'intégration régionale. L'Égypte croit à tort que le rythme soutenu et continu du développement et de la croissance de l'Éthiopie constitue une menace pour sa propre croissance, a-t-il ajouté. Cette crainte est infondée, a souligné le chercheur senior. Au contraire, « envisager la question sous l’angle du développement intégré, de la coopération et du partenariat permet d’économiser beaucoup d’efforts et de temps, car cela favorise une action conjointe visant à obtenir des avantages et à servir les intérêts de tous ». Selon Abdulshakur, l’enclavement de l’Éthiopie a eu un impact négatif sur l’ensemble du système intégré, qui aurait pu favoriser et soutenir la sécurité et la stabilité régionales dans la zone. « Avant 1993, lorsque les forces navales éthiopiennes étaient présentes dans cette région, il n’y avait aucun signe de piraterie, ni aucune tension maritime. Tout observateur des questions de sécurité et des affaires militaires reconnaît le rôle réel joué par la marine éthiopienne dans le maintien de la sécurité et de la stabilité dans la région », a-t-il précisé. Pour ce chercheur chevronné, la présence de l’Éthiopie au bord de la mer fait office de soupape de sécurité et constitue une véritable garantie de sécurité et de stabilité, en partenariat avec les pays de la région. « Cette orientation a été réaffirmée lors de la récente réunion organisée sous l’égide de l’ONU à Nairobi, qui a rassemblé l’Éthiopie, la Somalie, Djibouti et le Yémen afin de discuter des moyens de développer cet aspect, l’un des messages visant à promouvoir cette voie », a-t-il déclaré. Abdulshakur a fait valoir que les données recueillies au cours des trois dernières décennies dans le golfe d’Aden, à Bab al-Mandab et en mer Rouge montrent que l’escalade des actes de piraterie n’a commencé qu’après que l’Éthiopie est devenue un pays enclavé. « Aujourd’hui, les impératifs régionaux et internationaux exigent que l’Éthiopie soit un partenaire de premier plan dans le maintien de la sécurité et de la stabilité maritimes », a-t-il déclaré. Ce chercheur chevronné a en outre souligné que, pour l’Éthiopie, un débouché sur la mer équivaut aux poumons par lesquels elle respire. « Il s’agit d’une nécessité incontournable sur les plans économique, sécuritaire et de développement. À cela s’ajoute le poids géopolitique de l’Éthiopie, deuxième nation la plus peuplée d’Afrique, dont l’économie figure parmi les plus dynamiques du continent », a souligné Abdulshakur. Il a conclu que la croissance significative enregistrée par l'Éthiopie au cours des dernières décennies, ainsi que son importance régionale et, conformément à sa vision fondée sur la croissance partagée et l'intégration régionale avec les pays voisins, justifient la création d'un débouché sur la mer.
L'Éthiopie s'achemine vers la formation pacifique d'un nouveau gouvernement
Oct 2, 2026 179
Rédacteur Le 2 octobre, 2026 (ENA) Des urnes à la formation d’un nouveau gouvernement, l’Éthiopie entame un chapitre déterminant de son parcours démocratique L’Éthiopie s’engage dans un nouveau chapitre décisif de son parcours politique, alors que le gouvernement fédéral du pays s’apprête à être formé à l’issue de la 7e élection législative et de la mise en place des conseils régionaux et municipaux nouvellement élus. Cette transition marque un moment crucial pour la deuxième nation la plus peuplée d’Afrique, non seulement parce qu’une nouvelle administration prend forme, mais aussi parce que le pays cherche à traduire cet immense exercice électoral en institutions opérationnelles, en représentation politique et en un mandat national renouvelé. Le 5 octobre 2026, l’Éthiopie doit inaugurer la Chambre des représentants du peuple nouvellement élue et mettre officiellement en place le nouveau gouvernement fédéral, achevant ainsi le processus constitutionnel qui a suivi les élections législatives du 1er juin. Cette date représente bien plus que l’ouverture d’une nouvelle législature. C’est le moment où les urnes cèdent la place à la gouvernance, les élus assumant la responsabilité de traduire les mandats électoraux en politiques, en lois et en institutions publiques. La 7e élection législative s’est déroulée à une échelle rarement observée dans l’histoire de l’Éthiopie. Selon la Commission électorale nationale éthiopienne (NEBE), plus de 54 millions de citoyens se sont inscrits sur les listes électorales et 51,7 millions ont voté. Quarante-deux partis politiques ont présenté 10 438 candidats, auxquels se sont ajoutés 80 candidats indépendants, dans le cadre d’un processus électoral qui s’est étendu à l’ensemble du pays. Pour l’Éthiopie, l’importance de ce moment ne réside pas seulement dans les chiffres. Elle réside dans ce qui va suivre. Des urnes aux institutions La campagne électorale et le scrutin sont désormais derrière nous. Les résultats se traduisent désormais en autorité institutionnelle. Le Parti de la prospérité a remporté 438 des 501 sièges de la Chambre des représentants du peuple pour lesquels les résultats ont été annoncés, ce qui lui confère la majorité parlementaire requise par le système constitutionnel éthiopien pour former l’exécutif fédéral. Ce résultat confère au nouveau gouvernement un mandat parlementaire clair. Mais le prochain chapitre ne sera finalement pas jugé à l’aune de l’ampleur de la victoire électorale, mais à celle de la manière dont ce mandat sera converti en une gouvernance efficace. Cette responsabilité intervient à un moment décisif. L’Éthiopie doit en effet mener de front la réforme économique, le dialogue national, la consolidation de la paix, la réforme institutionnelle, la diplomatie régionale et un programme de développement ambitieux. La nouvelle administration héritera donc non seulement de l’autorité de gouverner, mais aussi d’un large éventail d’attentes de la part des citoyens, des entreprises, des acteurs politiques et des partenaires internationaux. Le passage de la campagne électorale à la gouvernance constituera le véritable test pour les institutions du pays. Les gouvernements régionaux commencent déjà à se mettre en place La transition vers un système fédéral est précédée par des évolutions aux niveaux régional et municipal. Les conseils régionaux ont commencé à constituer leurs gouvernements et à élire leurs chefs de l’administration, jetant ainsi les bases institutionnelles de la prochaine phase de gouvernance. À Addis-Abeba, le conseil municipal a reconduit à l’unanimité Adanech Abiebie dans ses fonctions de maire le 30 septembre, lui accordant ainsi un nouveau mandat à la tête de l’administration de la capitale. Le conseil a mis en avant le développement des infrastructures, les réformes administratives et les services axés sur les citoyens parmi les réalisations de son précédent mandat. Les évolutions observées dans les régions et dans la capitale montrent que la transition post-électorale en Éthiopie se déroule à travers les différents niveaux de sa structure fédérale plutôt que par le biais d’un événement unique à Addis-Abeba. Ce processus graduel — des conseils régionaux au parlement fédéral — souligne également l’architecture constitutionnelle selon laquelle l’autorité politique est organisée dans le pays. Un transfert constitutionnel du pouvoir politique La Constitution éthiopienne place la Chambre des représentants du peuple au cœur du pouvoir législatif fédéral et fournit le fondement constitutionnel nécessaire à la formation du pouvoir exécutif à l’issue des élections législatives. L’article 56 stipule que le parti politique ou la coalition détenant la majorité à la Chambre forme et dirige le pouvoir exécutif fédéral. Le résultat des élections a donc établi la base parlementaire nécessaire à la formation du prochain gouvernement. La portée du 5 octobre dépasse donc le simple cadre d’une cérémonie. Cette date marque le moment institutionnel où le résultat des élections de juin se traduit par un nouvel accord de gouvernance. Pour un pays présentant la complexité politique de l’Éthiopie, le maintien de la continuité constitutionnelle au cours de cette transition revêt une importance particulière. Ces élections ont suscité un vif intérêt à l’échelle continentale, l’Union africaine ayant déployé une mission d’observation électorale dirigée par l’ancien président kenyan Uhuru Kenyatta. L’UA a par la suite salué les élections du 1er juin, les qualifiant d’étape importante dans l’évolution démocratique de l’Éthiopie et reconnaissant le rôle joué par la Commission électorale nationale dans la gestion du processus. Une représentation au-delà du parti vainqueur La majorité parlementaire confère au Parti de la prospérité la base constitutionnelle nécessaire pour former le gouvernement fédéral. Parallèlement, la présence de représentants de l’opposition au sein des assemblées législatives fédérales et régionales signifie que les institutions politiques éthiopiennes continueront d’accueillir des voix politiques divergentes. Cela est important, car la démocratie ne s’arrête pas au dépouillement des bulletins de vote. Le parlement post-électoral devient l’arène où les priorités, les intérêts et les perspectives politiques divergents se traduisent par des débats législatifs, un contrôle parlementaire et des politiques publiques. Pour les partis d’opposition, les élus et les voix indépendantes, la nouvelle législature offre une plateforme institutionnelle leur permettant de représenter leurs électeurs et de participer au processus politique du pays. Pour le parti au pouvoir, la majorité parlementaire s’accompagne de la responsabilité correspondante de traduire son mandat en une administration efficace et en une responsabilité publique. Mais l’engagement de l’UA n’a pas se limité à l’observation des élections. En tant que pays hôte du siège de l’Union africaine et acteur diplomatique central sur le continent, l’Éthiopie voit ses développements politiques revêtir une importance qui dépasse largement ses frontières. Comme l’a souligné l’ancien président Kenyatta avant le scrutin, les élections éthiopiennes revêtaient une importance pour l’ensemble du continent africain. L’attention continentale se tourne désormais vers la suite des événements : la transition pacifique d’un mandat électoral vers un gouvernement constitutionnel. Avec l’ouverture prochaine de la nouvelle Chambre des représentants des peuples et la formation du gouvernement fédéral prévue le 5 octobre, l’Éthiopie s’apprête à vivre un moment décisif. Ce moment permettra notamment de déterminer si la compétition électorale peut déboucher sur une gouvernance constitutionnelle ordonnée, une continuité institutionnelle et une transition politique pacifique. Le véritable défi : transformer la transition politique en paix La question la plus importante pour l’Éthiopie aujourd’hui est peut-être de savoir si le nouveau cycle politique pourra contribuer à renforcer la paix et la stabilité institutionnelle. L’histoire politique de l’Éthiopie a démontré à maintes reprises le coût des conflits politiques non résolus. C’est pourquoi les efforts actuels de dialogue national et de réconciliation se déroulent parallèlement à la formation du nouveau gouvernement. Le gouvernement n’a cessé de présenter le dialogue, la réconciliation et les institutions constitutionnelles comme des outils essentiels pour relever les défis nationaux. Le processus de dialogue national a également cherché à recueillir des points de vue sur des questions politiques et sociales de longue date à travers le pays. Le nouveau gouvernement entrera donc en fonction avec des attentes qui vont bien au-delà de la gestion économique. Les citoyens compteront sur les institutions pour garantir la sécurité, la justice, les opportunités économiques, les services publics et une gouvernance responsable. Les partis politiques devront rivaliser par le biais des institutions plutôt que par la confrontation. Et la communauté internationale observera comment les institutions démocratiques éthiopiennes évolueront au cours du nouveau cycle politique de cinq ans. Un nouveau chapitre, pas une fin La formation d’un nouveau gouvernement est souvent considérée comme l’aboutissement d’une élection. Pour l’Éthiopie, il convient plutôt de la voir comme le début d’une phase plus exigeante. Les urnes ont exprimé un choix politique. Les conseils sont en cours d’organisation. Le Parlement fédéral s’apprête à ouvrir ses travaux. Le mécanisme constitutionnel avance vers la mise en place d’un nouvel exécutif. Vient maintenant le moment de gouverner. Le mandat politique à venir permettra de vérifier si la participation électorale peut se traduire par des institutions plus solides ; si la concurrence politique peut coexister avec le dialogue national ; si les mécanismes constitutionnels peuvent offrir un espace de divergence sans replonger le pays dans la confrontation ; et si les capacités institutionnelles sont à la hauteur des attentes considérables suscitées par les ambitions de développement de l’Éthiopie. L’Éthiopie entame ce nouveau chapitre forte de l’autorité politique issue de sa septième élection législative et dotée d’institutions qui doivent désormais mettre ce mandat en œuvre dans la gestion quotidienne des affaires publiques. Le parcours démocratique du pays ne s’achève donc pas avec l’annonce des résultats ni avec la prestation de serment d’un nouveau gouvernement. Il passe des urnes aux institutions, de la compétition politique à la responsabilité publique, et du mandat électoral à la tâche plus ardue qui consiste à construire la paix, la prospérité et une gouvernance responsable. C’est le prochain chapitre que l’Éthiopie s’apprête à écrire.
L'Éthiopie décide de fermer son ambassade à Asmara et déclare 10 diplomates érythréens « persona non grata »
Oct 1, 2026 283
Addis Ababa le 1 octobre,2026 (ENA) L'Éthiopie a décidé de fermer son ambassade à Asmara, en Érythrée, et a déclaré persona non grata dix diplomates érythréens en poste à Addis-Abeba, leur ordonnant de quitter le pays dans les 48 heures. Dans un communiqué publié aujourd'hui, le ministère des Affaires étrangères a indiqué que cette décision avait été prise en réponse aux actes d'hostilité et de belligérance, directs et indirects, de l'Érythrée à l'encontre de l'Éthiopie. Il a ajouté que dix diplomates érythréens avaient été déclarés persona non grata pour leur implication dans des activités constituant une menace directe pour la sécurité nationale de l’Éthiopie, en violation de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques. Les diplomates disposent de 48 heures pour quitter l’Éthiopie. Le ministère a exhorté le gouvernement érythréen à mettre fin aux actes contraires aux principes régissant les relations entre États souverains. Malgré ces mesures, il a précisé que l’Éthiopie continuait d’accorder de l’importance à ses liens historiques, culturels et entre les peuples avec l’Érythrée et restait attachée à la coexistence pacifique, à la stabilité régionale et à l’intégration. Le ministère a également réaffirmé l’engagement de l’Éthiopie en faveur du règlement pacifique des différends et de la coopération avec les pays de la Corne de l’Afrique afin de promouvoir une paix durable, la sécurité et l’intégration régionale.
L'Éthiopie fait progresser la logistique, le logement, l'énergie et la coopération régionale
Oct 1, 2026 221
Addis Ababa le 1 octobre, 2026 (ENA) cabinet du Premier ministre a déclaré que l'Éthiopie avait enregistré des avancées significatives dans les domaines de la logistique, du logement, des infrastructures régionales et des relations diplomatiques au cours du mois de septembre 2026. Selon un message publié sur les réseaux sociaux par le cabinet du Premier ministre, l'Éthiopie a enregistré toute une série de progrès en matière d'infrastructures, d'économie, de diplomatie et d'administration en septembre 2026, les principales initiatives ayant été menées par le Premier ministre Abiy Ahmed. À la veille du Nouvel An éthiopien, le Premier ministre Abiy a inauguré la première phase de l’extension du pôle logistique moderne de Mojo. Construite sur un terrain de 60 hectares, cette extension comprend des terminaux et des entrepôts modernes capables de traiter jusqu’à un million de conteneurs de 20 pieds par an. Selon le cabinet du Premier ministre, ce projet témoigne des progrès réalisés par l’Éthiopie dans la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA). En septembre, le Premier ministre a également assisté à la signature d’un accord-cadre entre la Banque nationale d’Éthiopie et la Société financière internationale (SFI) en vue de la création de la première société éthiopienne spécialisée dans le refinancement hypothécaire. Ce partenariat vise à soutenir la construction de 1,5 million de logements abordables et respectueux de la dignité des citoyens, tout en encourageant la participation du secteur privé. Sur le plan diplomatique, le Premier ministre Abiy a participé au 18e sommet des dirigeants des pays du BRICS, organisé par l'Inde. En marge du sommet, il s’est entretenu sur la coopération bilatérale avec les dirigeants de l’Inde, de la Russie, de la Chine, des Émirats arabes unis, de l’Iran, de la Malaisie, du Kazakhstan et du Vietnam. Le sommet a également apporté son soutien aux préparatifs de l’Éthiopie en vue de la COP32 et à sa candidature à l’adhésion à l’Organisation mondiale du commerce. Il a en outre salué à l’unanimité la candidature de l’Éthiopie, soutenue par l’Union africaine, en tant que seul candidat africain à la représentation au sein de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Au cours du mois, le Premier ministre Abiy a effectué une visite de travail officielle à Djibouti, où il s’est joint au président djiboutien Ismail Omar Guelleh et à Aliko Dangote pour inaugurer et lancer le projet d’oléoduc de produits pétroliers raffinés Dewele-Damerjog. Cet oléoduc d’environ 120 kilomètres relie Damerjog, à Djibouti, à Dewele, en Éthiopie, reliant ainsi les installations de réception et de stockage côtier de carburant maritime aux installations nationales de stockage et de distribution, et mettant en place un système logistique intégré pour le carburant. Fin septembre, le Premier ministre Abiy a également assisté à la cérémonie de pose de la première pierre de la raffinerie de pétrole de Lamu, au Kenya. S'exprimant lors de cette cérémonie en présence de chefs d'État et de gouvernement africains, il a qualifié ce projet d'étape importante vers le renforcement de la sécurité énergétique et la promotion de l'intégration économique régionale en Afrique de l'Est. La raffinerie offrira à l’Éthiopie une nouvelle source régionale de produits pétroliers raffinés, élargissant ainsi ses options d’approvisionnement tout en créant de nouvelles opportunités commerciales et d’investissement. Ce mois-ci a également marqué la conclusion de l’initiative « Green Legacy 2026 », placée sous le thème « Plantons l’espoir ». Le Premier ministre Abiy et la Première dame Zinash Tayachew ont participé à une opération de plantation d’arbres aux côtés de hauts responsables gouvernementaux. À l'occasion du Nouvel An éthiopien et des fêtes de fin d'année, il a remis des cadeaux au personnel du cabinet du Premier ministre, fait don de matériel pédagogique aux enfants pris en charge par le cabinet et participé à un repas organisé avec la Première Dame.
L'Éthiopie met en place un comité de compensation sur le Nil pour évaluer les projets bloqués par l'Égypte
Oct 1, 2026 226
Addis Abab le 1 octobre, 2026 (ENA) L'Éthiopie a mis en place un comité national chargé d'évaluer les pertes économiques et les opportunités de développement manquées liées aux projets hydrauliques qui ont été « bloqués ou entravés par les Égyptiens », a annoncé le ministre de l'Eau et de l'Énergie, Habtamu Itefa. Dans un entretien exclusive accordée à l’ENA, Habtamu a déclaré que le comité avait jusqu’à présent recensé plus de 22 projets de développement, dont le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD), qui ont été entravés par l’Égypte. « Nous avons mis en place un comité national. Et en tant que {comité}, nous avons recensé plus de 22 projets qui ont été bloqués ou entravés par les Égyptiens, y compris le projet GERD », a révélé le ministre. Les préoccupations de longue date de l’Éthiopie concernant les inégalités de développement dans le bassin du Nil bénéficient d’un soutien croissant de la part des chercheurs, ce qui renforce ses arguments en faveur d’une réparation pour les pertes économiques historiques et les opportunités de développement manquées. À cet égard, le ministre Habtamu a indiqué que le comité nouvellement créé rassemble actuellement des preuves relatives à ces projets et examine les fondements des demandes d’indemnisation de l’Éthiopie. Cette évaluation fait appel à des experts, d’anciens ministres, des conseillers et des juristes qui examinent l’ampleur des pertes et les approches possibles pour y remédier, a-t-il souligné. « Nous sommes déjà en train de rassembler les éléments de preuve. Nous avons répertorié autant de projets que possible auxquels ils (les Égyptiens) se sont opposés, y compris le GERD, au sujet duquel ils ont même tenté de menacer l’Éthiopie, en laissant entendre qu’ils disposaient d’une puissance militaire gigantesque et qu’ils allaient intervenir, ce qui constitue véritablement un crime aux yeux de la communauté internationale », a déclaré M. Habtamu. M. Habtamu a précisé que cet examen portera non seulement sur les projets dont la mise en œuvre a été empêchée, mais aussi sur les efforts de préservation de l’environnement déployés par l’Éthiopie et sur les avantages que ses infrastructures de gestion de l’eau apportent en aval. Il a cité l’initiative « Green Legacy », dans le cadre de laquelle plus de 50 milliards d’arbres auraient été plantés, soulignant que des actions de grande envergure ont été menées dans les principaux bassins fluviaux, notamment ceux du Baro, de l’Abay et du Tekeze. M. Habtamu a déclaré que ces efforts de conservation devaient être pris en compte dans l’évaluation de la contribution de l’Éthiopie à la protection des ressources en eau et à la lutte contre les impacts liés au climat dans l’ensemble du bassin du Nil. Il a également souligné le rôle potentiel du GERD dans la régulation des débits fluviaux, affirmant que son exploitation pourrait contribuer à réduire les inondations en aval et à maintenir la disponibilité en eau pendant les périodes de faibles précipitations. Le ministre a cité les conditions pluviométriques actuelles liées au phénomène El Niño comme exemple de l’importance d’une gestion coordonnée de l’eau, affirmant que la régulation des débits pourrait apporter des avantages aux pays en aval, notamment le Soudan et l’Égypte. Évoquant les scénarios possibles pour obtenir une compensation, le ministre a déclaré que l’approche de l’Éthiopie s’articulerait autour d’étapes claires, la négociation et la compréhension mutuelle constituant l’option privilégiée, tandis que d’autres scénarios impliqueraient que l’Éthiopie prenne des mesures supplémentaires.
Le Premier ministre Abiy au Kenya pour la cérémonie d'inauguration des travaux de la raffinerie de Lamu
Sep 30, 2026 299
Addis Ababa le 30 septembre, 2026(ENA) Le Premier ministre Abiy Ahmed arrive ce matin au Kenya en vue de la cérémonie de pose de la première pierre de la raffinerie de pétrole de Lamu, un projet de plusieurs milliards de dollars. Ce projet, soutenu par le groupe Dangote, constitue un développement majeur des infrastructures énergétiques régionales en Afrique de l'Est. Située le long du corridor stratégique Lamu Port-Soudan du Sud-Éthiopie (LAPSSET), cette installation est conçue pour traiter du pétrole brut et fournir des produits pétroliers raffinés, notamment de l'essence, du diesel et du kérosène, sur les marchés voisins. Une fois opérationnelle, la raffinerie renforcera la sécurité énergétique et approfondira les liens commerciaux à travers l'Afrique de l'Est.
Le conseil municipal reconduit Adanech Abiebie dans ses fonctions de maire d'Addis-Abeba
Sep 30, 2026 220
Addis Ababa le 30 septembre, 2026 (ENA) Le Conseil municipal d’Addis-Abeba a reconduit à l’unanimité Adanech Abiebie dans ses fonctions de maire d’Addis-Abeba, lui confiant un nouveau mandat à la tête de l’administration de la capitale. Cette décision a été prise lors de la quatrième session du Conseil, qui s’est tenue au Mémorial de la Victoire d’Adwa, où les membres ont salué le leadership, l’engagement et les résultats administratifs d’Adanech dans la mise en œuvre de grands projets d’infrastructure, la réforme de la culture de travail de la ville et le développement de services centrés sur les citoyens. Les membres du conseil ont également souligné sa vaste expérience administrative aux niveaux régional et fédéral, qui a débuté par son travail d’éducatrice dans la région d’Oromia avant qu’elle n’assume diverses responsabilités de direction au sein d’institutions fédérales. En évaluant son mandat précédent, le Conseil a souligné que la transformation du paysage urbain d’Addis-Abeba, notamment grâce à d’importantes infrastructures publiques et à des initiatives de développement urbain, figurait parmi les principaux atouts de son administration. À la suite de sa reconduction à l’unanimité, Adanech a prêté serment devant le Conseil, entamant ainsi officiellement un nouveau mandat à la tête de l’administration municipale. Dans son discours d'investiture, la maire Adanech a déclaré que la fonction publique devait être considérée comme une responsabilité envers les citoyens plutôt que comme un moyen d'en tirer un avantage personnel. Elle s'est engagée à maintenir une position ferme contre la corruption et les pratiques commerciales illicites. Elle a déclaré que les performances de l'administration municipale seraient en fin de compte jugées à l'aune de l'amélioration de la vie quotidienne des habitants — notamment grâce aux efforts visant à alléger le coût de la vie, à multiplier les opportunités d'emploi pour les jeunes, à améliorer les services publics et à répondre aux besoins en matière de logement, de santé et d'infrastructures — plutôt que sur la seule base de rapports statistiques. Adanech a également présenté ses projets visant à accélérer la mise en œuvre de la vision « Digital Ethiopia 2030 » à Addis-Abeba, en développant les services publics numériques et en réduisant les obstacles bureaucratiques. Elle s’est en outre engagée à lutter contre la manipulation des marchés et le rôle des courtiers illégaux, tout en promouvant des mesures destinées à améliorer la stabilité des marchés et à protéger les consommateurs. En matière d’inclusion économique, la maire a déclaré que son administration s’efforcerait de réduire la dépendance à l’égard de l’aide internationale en soutenant les micro-entreprises et les petites entreprises et en créant davantage d’opportunités économiques pour les jeunes et les femmes.
L'ancien envoyé américain Nagy qualifie la situation en Érythrée de « tragédie »
Sep 29, 2026 267
Addis Ababa le 29 septembre, 2026 (ENA) L'ancien secrétaire d'État adjoint américain chargé des affaires africaines, Tibor Nagy, a vivement critiqué les dirigeants érythréens et les conditions de vie de la population, qualifiant le pays de « voisin instable » dans la région. Dans une récente interview accordée à Pulse of Africa, M. Nagy a déclaré que l’Érythrée avait connu des conflits avec tous ses voisins, y compris le Yémen, de l’autre côté de la mer Rouge. Il a qualifié le président Isaias Afwerki de dictateur, affirmant : « Je l’ai qualifié de dictateur parce que je pense qu’il est un dictateur. » Selon M. Nagy, l’Érythrée n’a pas de constitution, n’a jamais organisé d’élections et maintient ce qu’il a décrit comme un « service national à vie ». Il a également souligné la forte proportion de la population qui a fui le pays et le fardeau qui pèse sur ceux qui restent. M. Nagy a déclaré que les Érythréens étaient confrontés à un « fardeau insupportable » et a critiqué la qualité de vie dans le pays, citant l’absence d’accès à Internet et d’autres formes d’isolement. Il a rappelé s’être rendu en Érythrée et avoir constaté que les gens ne pouvaient pas utiliser de cartes de crédit et que le pays accusait un retard considérable dans des domaines qu’il considérait comme essentiels à la vie moderne. Faisant référence à Isaias Afwerki, il a déclaré : « Isaias freine désormais l’Érythrée au lieu de la faire progresser. » M. Nagy a également dénoncé ce qu’il a qualifié d’emprisonnement sans procès ni inculpation, ainsi que de nombreuses violations des droits de l’homme, qualifiant la situation de « tragédie » et de « véritable tragédie ».
Il est problématique de percevoir négativement la quête d’un accès légitime à la mer par l’Éthiopie : le directeur général des Affaires africaines
Sep 29, 2026 192
Addis Ababa le 29 septembre, 2026 (ENA) Considérer d’un œil négatif la quête légitime de l’Éthiopie pour un accès fiable à la mer est problématique et reflète des préoccupations malveillantes à l’encontre du pays, a déclaré l’ambassadeur Zerihun Abebe, directeur général des Affaires africaines au ministère des Affaires étrangères. Dans un entretien exclusif accordé à l’ENA, l’ambassadeur Zerihun a souligné que la paix, le développement, la prospérité, la résilience et la renaissance de l’Éthiopie constituent une bénédiction pour la région de la mer Rouge, plutôt qu’une menace. Historiquement, l’Éthiopie a toujours contribué aux efforts de lutte contre le terrorisme et la piraterie, tout en collaborant avec les pays voisins pour renforcer leurs capacités et consolider la coopération régionale. « Notre bilan montre clairement que nous avons été une force de paix et de développement dans la région », a déclaré l’ambassadeur Zerihun, soulignant les sacrifices considérables consentis par l’Éthiopie pour soutenir la paix et la stabilité régionales, notamment au Soudan et en Somalie. Le directeur général a souligné que l’Éthiopie avait des intérêts légitimes dans les domaines maritime, sécuritaire, démographique, politique et économique, qui sous-tendent sa quête d’un accès fiable à la mer. Ces intérêts ne sont pas propres à l’Éthiopie et peuvent compléter ceux des pays voisins, contribuant ainsi à une stabilité régionale plus large. L’ambassadeur Zerihun a fait remarquer : « Lorsque nous faisons front commun dans une région instable, où s’affrontent diverses puissances, cela nous aide à nous unir et à relever nos défis communs. » L’ambassadeur a également évoqué les défis sécuritaires communs auxquels sont confrontés les pays riverains de la mer Rouge et de son bassin, notamment la piraterie, le terrorisme et d’autres menaces pour la sécurité. Ces défis communs devraient encourager les pays de la région à renforcer leur coopération. « Pour nous, nous sommes ensemble, nous sommes destinés à vivre ensemble et nous partageons des intérêts communs », a souligné l’ambassadeur Zerihun. Il a ajouté que percevoir l’intérêt légitime de l’Éthiopie de manière déformée est très problématique et témoigne clairement d’une intention malveillante à l’égard de l’Éthiopie. Le directeur général a précisé que la quête de l’Éthiopie pour un accès à la mer fiable, sûr et garanti repose sur des considérations économiques, politiques et de sécurité. « Ainsi, percevoir l’intérêt légitime de l’Éthiopie sous un autre angle est très problématique et témoigne clairement d’une intention malveillante à l’égard de l’Éthiopie. Mais pour l’Éthiopie, sa quête d’un accès à la mer est légitime ; elle repose sur des fondements économiques, politiques et sécuritaires. »
Le Premier ministre Abiy accueille le président somalien Cheikh Hassan Mohamud
Sep 29, 2026 224
Addis Ababa le 29 septembre, 2026 (ENA) Le Premier ministre Abiy Ahmed a accueilli ce matin le président somalien Cheikh Hassan Mohamud à l'aéroport international de Bole. Selon l'ENA, les deux dirigeants devraient aborder des questions bilatérales et régionales d'intérêt commun.
« L'intensification de la rhétorique égyptienne sur le Nil s'explique par les pressions économiques internes », affirme le journaliste Zahid
Sep 28, 2026 254
Addis Ababa le 29 septembre, 2026 (ENA) Selon le journaliste et écrivain Zahid Zidan, l’escalade de la rhétorique médiatique et politique en Égypte concernant le Nil vise en partie à détourner l’attention du public des pressions économiques et des difficultés de subsistance qui ne cessent de s’accentuer. Dans une interview exclusive accordée à POA, Zahid a souligné la hausse du coût de la vie et les difficultés économiques en Égypte, affirmant que le Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD) et les questions relatives à l’eau du Nil occupaient une place de plus en plus importante dans le discours politique et médiatique du pays. Ses commentaires interviennent dans un contexte de difficultés économiques persistantes mises en évidence par les institutions financières internationales. Dans une évaluation datée du 21 septembre 2026, le Fonds monétaire international (FMI) a déclaré que l’Égypte avait fait preuve de résilience face aux récents chocs externes, mais que d’importantes vulnérabilités subsistaient, notamment une dette publique élevée et d’importants besoins de financement. Le FMI prévoit également que l’inflation atteindra environ 16,7 % au second semestre 2026, invoquant la hausse des prix de l’énergie, les pressions sur les taux de change et d’autres facteurs. « Ils veulent fabriquer n’importe quoi, n’importe quel type de matériel, une arme obscure pour détourner l’attention du public égyptien », a déclaré M. Zahid, affirmant que la rhétorique exacerbée autour du Nil sert à détourner l’attention des défis nationaux. Il a cité ce qu’il a qualifié d’allégations relayées par certains médias égyptiens concernant les effets potentiels du GERD, ainsi que des accusations selon lesquelles l’Éthiopie aurait l’intention de transférer de l’eau vers Israël. Selon Zahid, ces discours contribuent à maintenir le barrage au cœur du débat public. Il a souligné que ses critiques visaient les médias égyptiens et les personnalités politiques qu’il accusait d’exploiter des différends extérieurs, et non le peuple égyptien. Il a déclaré que les Égyptiens ordinaires étaient avant tout préoccupés par les défis quotidiens, notamment la satisfaction de leurs besoins fondamentaux, la recherche d’un moyen de subsistance et la prise en charge de leur famille. Ces remarques interviennent dans un contexte de renouvellement des échanges entre l’Éthiopie et l’Égypte au sujet de l’aménagement des eaux du Nil. L’Éthiopie a toujours soutenu qu’elle disposait d’un droit souverain à l’exploitation de ses ressources naturelles, y compris le fleuve Abay, tout en prônant la coopération et le développement partagé entre les pays du bassin du Nil. Dans un communiqué publié le 22 septembre en réponse aux propos du ministre égyptien des Ressources en eau et de l’Irrigation, Hani Sewilam, le ministère éthiopien de l’Eau et de l’Énergie a réaffirmé le droit du pays à exploiter ses ressources naturelles et a déclaré que les cours d’eau transfrontaliers devaient favoriser « la coopération, la prospérité partagée et l’intégration régionale ». L'achèvement du GERD a également renforcé, en Éthiopie, les appels en faveur d'investissements supplémentaires dans des projets hydroélectriques et d'irrigation le long du fleuve Abay. Les partisans d'un développement accru font valoir que l'expérience acquise grâce au GERD peut contribuer à développer la production d'électricité renouvelable, à renforcer la sécurité énergétique, à soutenir le développement agricole et à améliorer l'interconnexion électrique transfrontalière.
Le président Taye s'entretient avec des responsables de l'UE sur la paix, la sécurité et le développement économique dans la région
Sep 28, 2026 196
Addis Ababa le 29 septembre, 2026 (ENA) Le président Taye Atske Selassie s'est entretenu avec l'ambassadeur Olof Skoog, secrétaire général adjoint chargé des affaires politiques de l'Union européenne, et Annette Weber, représentante spéciale de l'UE pour la Corne de l'Afrique, sur un large éventail de questions régionales, en mettant l'accent sur la paix, la sécurité et le développement économique. Les discussions ont porté sur les principaux développements régionaux et les opportunités de renforcement de la coopération en faveur de la paix, de la stabilité et du développement économique durable dans la Corne de l'Afrique. Ces entretiens soulignent l'importance d'un engagement continu entre l'Éthiopie et l'UE sur les priorités régionales et économiques, alors que les deux parties cherchent à approfondir leur coopération sur des questions d'intérêt mutuel, a indiqué le président sur X.
Le Premier ministre Abiy nomme Chaltu Sani au poste de PDG de la Société fédérale du logement
Sep 28, 2026 231
Addis Ababa le 28 septembre, 2026 (ENA) Le Premier ministre Abiy Ahmed a nommé Chaltu Sani au poste de directeur général de la Société fédérale du logement, avec effet au 28 septembre 2026. Avant cette nomination, Chaltu a occupé le poste de ministre de l'Urbanisme et des Infrastructures d'octobre 2021 à septembre 2026.
Le Conseil des ministres transmet à l'Assemblée populaire de la République (HPR) des projets de loi essentiels portant sur la gouvernance, les données, l'énergie et la défense
Sep 28, 2026 211
Addis Ababa le 28 septembre, 2026 (ENA) Le Conseil des ministres éthiopien a approuvé une série de mesures législatives et réglementaires visant à réorganiser les institutions fédérales, à renforcer la gouvernance des données, à moderniser le secteur de l’énergie, à améliorer l’administration fiscale et à consolider le cadre juridique régissant les forces de défense nationale. Le Conseil a tout d’abord délibéré sur un projet de proclamation définissant les pouvoirs et les responsabilités des organes exécutifs. Élaboré conformément à l’article 56 de la Constitution de la République fédérale démocratique d’Éthiopie (RFDE) à la suite des élections nationales de 2026, ce texte établit la structure institutionnelle permettant aux entités exécutives fédérales d’exercer efficacement leurs mandats au cours du prochain mandat. À l’issue de discussions approfondies, le Conseil a intégré les principales contributions et a renvoyé le projet à l’unanimité à la Chambre des représentants du peuple. Abordant les priorités en matière de transformation numérique, la session a examiné le projet de proclamation sur la gouvernance nationale des données. Conçu pour garantir la souveraineté des données, rationaliser la prestation des services publics grâce à l’interopérabilité des systèmes, développer la recherche en intelligence artificielle et stimuler une croissance économique fondée sur les données, le Conseil a transmis à l’unanimité ce projet de loi amélioré à l’assemblée parlementaire. En matière de financement du développement, le Conseil a approuvé un projet de décret ratifiant un accord de prêt de 145,8 millions de DTS signé avec l’Association internationale de développement. Ces fonds étant destinés à la première phase du projet de réforme, d’investissement et de modernisation du secteur de l’électricité, le Conseil s’est assuré que l’accord était pleinement conforme à la politique nationale en matière de dette avant de le transmettre à la Chambre des représentants du peuple pour adoption définitive. En matière de gouvernance fiscale, le Conseil a adopté des amendements au règlement fédéral relatif à l’impôt sur le revenu et au règlement fédéral relatif à la taxe sur la valeur ajoutée. La révision de l’impôt sur le revenu aligne les procédures administratives sur la proclamation fédérale n° 979/2016 relative à l’impôt sur le revenu afin de renforcer la transparence opérationnelle. L’ajustement de la taxe sur la valeur ajoutée porte sur les structures fiscales applicables aux anciens percepteurs de la taxe sur le chiffre d’affaires, tout en exonérant les biens de consommation essentiels afin de préserver le pouvoir d’achat des ménages et de stimuler la compétitivité de l’industrie locale. À l’issue d’un débat approfondi sur les projets de règlement, le Conseil a décidé à l’unanimité de les mettre en œuvre dès leur publication au Journal officiel « Negarit ». Enfin, le Conseil a examiné les propositions d’amendements à la Proclamation n° 1286/2023 relative aux forces de défense. Dans le but de renforcer le cadre juridique permettant aux forces armées nationales d’exercer leurs missions constitutionnelles définies à l’article 87, le Conseil a décidé à l’unanimité de transmettre le projet de loi à la Chambre des représentants du peuple.
L'Éthiopie et les Émirats arabes unis s'engagent à renforcer leurs relations bilatérales et à développer leur coopération au développement
Sep 28, 2026 224
Addis Ababa le 28 septembre, 2026 (ENA) Le président éthiopien Taye Atske-Selassie s’est entretenu avec le ministre d’État aux Affaires étrangères des Émirats arabes unis, le cheikh Shakhboot bin Nahyan Al Nahyan, en marge de la semaine de haut niveau de la 81e Assemblée générale des Nations unies (AGNU81) à New York. Les deux parties ont échangé leurs points de vue sur le renforcement du partenariat de longue date entre l’Éthiopie et les Émirats arabes unis, l’élargissement des initiatives de développement conjointes et l’intensification de la coopération sur les questions régionales et multilatérales d’intérêt commun. « En marge de la 81e AGNU, j’ai rencontré Cheikh Shakhbout bin Nahyan, ministre d’État des Émirats arabes unis. Nous avons échangé nos points de vue sur l’approfondissement de nos relations bilatérales, l’élargissement des initiatives de développement conjointes et le renforcement de la coopération sur les questions régionales et multilatérales importantes », a déclaré le président Taye dans un message publié sur X. Cette rencontre s'inscrit dans le cadre de l'intensification des échanges diplomatiques de haut niveau menés par l'Éthiopie lors de la 81e Assemblée générale des Nations unies, l'Éthiopie profitant de ce rassemblement mondial pour faire progresser ses partenariats bilatéraux et renforcer la coopération sur des priorités régionales et internationales communes. L'Éthiopie et les Émirats arabes unis ont noué des relations étendues couvrant le développement, l'investissement et d'autres domaines d'intérêt mutuel, les deux pays continuant à explorer les possibilités d'élargir leur coopération.
L'élan diplomatique de l'Éthiopie : d'un poids régional à une influence mondiale
Sep 27, 2026 468
Par la redaction Le 27 septembre, 2026 (ENA) La diplomatie éthiopienne entre dans une nouvelle ère : moins cantonnée aux relations politiques traditionnelles, elle est de plus en plus guidée par les intérêts économiques, les partenariats stratégiques et une présence mondiale plus étendue. Au cours des huit dernières années, l’Éthiopie a considérablement élargi les domaines dans lesquels elle interagit avec le monde. Du rôle d’Addis-Abeba en tant que capitale diplomatique de l’Afrique à son entrée au sein des BRICS, du processus de paix de Pretoria à la Déclaration d’Ankara, de la reprise des négociations à l’OMC à son siège au Conseil des droits de l’homme des Nations unies, l’Éthiopie a multiplié les plateformes par lesquelles elle cherche à influencer les affaires régionales et internationales. Il ne s’agit pas ici d’une avancée diplomatique ponctuelle, mais bien de l’élargissement de l’espace diplomatique de l’Éthiopie. D’Addis-Abeba aux BRICS L’un des symboles les plus évidents de cette expansion est l’adhésion de l’Éthiopie aux BRICS. Lors du sommet de Johannesburg en août 2023, les dirigeants des BRICS ont invité l’Éthiopie à devenir membre à part entière, son adhésion prenant effet le 1er janvier 2024. Pour Addis-Abeba, le BRICS a ouvert une nouvelle voie pour dialoguer avec les grandes économies émergentes et participer à des discussions portant sur la politique et la sécurité, la coopération économique et financière, ainsi que les relations entre les peuples. Plus important encore, cette initiative s’inscrit dans une stratégie diplomatique plus large : la diversification. L’Éthiopie s’est efforcée d’approfondir simultanément ses relations avec ses partenaires africains, les économies émergentes, les pays occidentaux, les États du Golfe et les puissances asiatiques, plutôt que de laisser son engagement international dépendre d’un cercle restreint de partenaires. Une diplomatie à vocation économique Le changement le plus important réside sans doute dans le poids croissant de la diplomatie économique. La politique étrangère est de plus en plus étroitement liée à l’investissement, au commerce, au tourisme, à la technologie, aux infrastructures et à l’accès aux marchés. Les missions diplomatiques sont censées non seulement représenter l’Éthiopie sur le plan politique, mais aussi contribuer à mettre le pays en relation avec les capitaux, les marchés et les opportunités commerciales. Cette évolution reflète la transformation économique de l’Éthiopie elle-même. Alors que le pays cherche à accroître ses capacités d’exportation, à attirer des investissements et à développer son industrie, la diplomatie devient de plus en plus un instrument économique. L’ambassade n’est plus seulement un pont politique ; elle fait de plus en plus partie intégrante du pont économique. La diplomatie régionale sous la pression stratégique La situation géographique de l’Éthiopie rend la diplomatie régionale incontournable. Le pays se trouve au carrefour de la Corne de l’Afrique, du bassin du Nil et de la mer Rouge, où se croisent les enjeux liés à la sécurité, au commerce, aux migrations, aux infrastructures et aux intérêts politiques. La Déclaration d’Ankara signée avec la Somalie en décembre 2024 a démontré le rôle du dialogue dans le règlement des questions régionales épineuses. L’Éthiopie et la Somalie ont réaffirmé leur respect mutuel de la souveraineté, de l’unité, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de chacune et ont convenu de poursuivre leur coopération en vue d’une prospérité partagée. L’importance de cette déclaration va bien au-delà d’un simple texte. Elle illustre la volonté de l’Éthiopie de maintenir les questions régionales litigieuses dans le cadre des voies diplomatiques tout en poursuivant ses intérêts stratégiques et économiques. De la gestion des conflits à la diplomatie africaine Pretoria a placé l’Éthiopie au cœur de l’une des initiatives de paix les plus importantes du continent africain. Mais même sous l’œil vigilant des médiateurs africains et internationaux, le TPLF a été critiqué à plusieurs reprises pour des actions qui menaçaient de compromettre les engagements pris dans le cadre de l’accord, mettant ainsi en évidence le chemin semé d’embûches qui mène d’un accord de paix signé à une stabilité durable. La leçon générale à en tirer est que le poids diplomatique de l’Éthiopie ne découle pas uniquement de sa taille ou de sa position géographique. Il provient également de son rôle au sein des institutions continentales. Addis-Abeba accueille le siège de l’Union africaine, ce qui fait de la ville un lieu de rencontre permanent pour les dirigeants africains, les diplomates et les organisations internationales. Cette position institutionnelle offre à l’Éthiopie une tribune unique à partir de laquelle elle peut participer aux débats sur la paix, la sécurité, le développement et l’intégration continentale. Une place sur la scène internationale L’élection de l’Éthiopie au Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour le mandat 2025-2027 a encore renforcé sa présence multilatérale. L’Assemblée générale des Nations unies a élu l’Éthiopie parmi les 18 membres le 9 octobre 2024 ; le Conseil est composé de 47 États. Ces mandats offrent à l’Éthiopie des opportunités supplémentaires de participer directement à l’élaboration des politiques internationales et à la diplomatie multilatérale. L’importance de cette élection n’est donc pas simplement symbolique. Cette représentation crée un nouveau canal diplomatique par lequel l’Éthiopie peut faire valoir ses positions, négocier ses intérêts et contribuer à orienter les débats internationaux. Les portes de l’OMC s’ouvrent davantage Le processus d’adhésion de l’Éthiopie à l’OMC, qui s’étire depuis longtemps, a lui aussi retrouvé un nouvel élan. L’OMC a déclaré en septembre 2025 que le processus était entré dans une « phase décisive ». En avril 2026, l’organisation a indiqué que les négociations avaient atteint un « tournant décisif », l’Éthiopie faisant état de nouvelles réformes nationales et d’un engagement continu auprès des membres de l’OMC. Ce processus d’adhésion revêt une importance particulière, car il relie directement la diplomatie à la structure de l’économie éthiopienne. L’adhésion au système commercial multilatéral permettrait à l’Éthiopie de s’ancrer davantage dans les marchés mondiaux, tout en exigeant la poursuite des réformes des institutions et des réglementations liées au commerce. En ce sens, la diplomatie à l’OMC ne se limite pas à Genève : il s’agit de transformer la manière dont l’Éthiopie commerce avec le reste du monde. La mer Rouge entre dans l’équation diplomatique Peu de questions illustrent aussi clairement l’évolution de la diplomatie éthiopienne que celle de la mer Rouge. Pour un pays enclavé dont l’économie dépend fortement du commerce maritime, les développements autour de la mer Rouge et de Bab el-Mandeb ont des conséquences économiques et stratégiques directes. La connectivité maritime occupe donc désormais une place plus importante dans l’agenda diplomatique de l’Éthiopie. Cette question recoupe le commerce, la logistique, la sécurité régionale et l’intégration économique, ce qui amène l’Éthiopie à prendre part à des discussions qui s’étendent bien au-delà de ses frontières. La question de la mer Rouge illustre donc la caractéristique centrale de la diplomatie éthiopienne en pleine évolution : les intérêts économiques nationaux et la stratégie régionale sont de plus en plus étroitement liés. Un cercle de partenaires élargi Les relations de l’Éthiopie avec la Chine, l’Inde, la Russie, les États-Unis, les pays européens et les États du Golfe se sont développées parallèlement à ses relations avec ses voisins africains et à sa participation au groupe des BRICS. L’objectif n’est pas nécessairement de choisir un camp géopolitique. Il s’agit d’élargir la marge de manœuvre de l’Éthiopie en matière d’engagement diplomatique et économique. Ce réseau élargi offre à Addis-Abeba davantage de voies de coopération dans les domaines de l’investissement, des infrastructures, du commerce, de la technologie, de la sécurité et du développement. Il en résulte une politique étrangère de plus en plus articulée autour de partenariats multiples plutôt que d’un axe diplomatique unique. Le véritable défi commence maintenant Pour autant, l’expansion diplomatique n’est pas une fin en soi. Les années à venir détermineront si l’Éthiopie sera capable de transformer son rayonnement diplomatique en opportunités économiques concrètes, en une meilleure connectivité régionale, en un accroissement des investissements, en un renforcement des échanges commerciaux et en des partenariats durables. Les adhésions, les déclarations, les élections et les sommets créent des plateformes. Ce qui importe désormais, c’est ce que l’Éthiopie saura construire à partir de ces plateformes. Les huit dernières années ont néanmoins été marquées par une expansion notable de la portée diplomatique de l’Éthiopie. Le groupe des BRICS a ouvert une nouvelle plateforme mondiale. Le Conseil des droits de l’homme a renforcé sa présence multilatérale. Pretoria a démontré le potentiel d’une diplomatie menée par l’Afrique. Ankara a créé un cadre pour un engagement renouvelé avec la Somalie. Les négociations au sein de l’OMC ont pris un nouvel élan. La diplomatie économique occupe une place de plus en plus centrale dans la politique étrangère, tandis que la mer Rouge s’est imposée comme une priorité stratégique. Par conséquent, ces évolutions laissent entrevoir une transformation plus large. L’Éthiopie ne considère plus la diplomatie simplement comme un moyen d’entretenir des relations. Elle y recourt de plus en plus pour conquérir des marchés, nouer des partenariats, développer la connectivité, assurer la sécurité et favoriser le développement national. Du siège de l’Union africaine à Addis-Abeba à la table des BRICS, des initiatives de paix régionales aux négociations commerciales mondiales, la carte diplomatique de l’Éthiopie s’est considérablement élargie. Le prochain chapitre ne sera pas défini par le nombre de portes que l’Éthiopie aura ouvertes, mais par son efficacité à transformer ces ouvertures en acquis nationaux et régionaux durables.
L'Éthiopie et la mer Rouge : le retour inévitable à un lien historique
Sep 27, 2026 384
Par Neway Abay S. L'Éthiopie n'a jamais vraiment été étrangère à la mer Rouge. Bien avant que les frontières modernes ne redessinent la carte de la Corne de l'Afrique, la civilisation éthiopienne était liée à la mer Rouge par le commerce, la diplomatie et des voies d'accès côtières reliant les hauts plateaux à l'Arabie, à la Méditerranée et au vaste monde de l'océan Indien. Ce lien historique a finalement été rompu. Mais la géographie, elle, ne l'était pas. L'Éthiopie compte aujourd'hui plus de 130 millions d'habitants, figure parmi les plus grandes économies d'Afrique et constitue un pôle économique majeur de la Corne de l'Afrique ; pourtant, elle demeure sans accès à la mer. Depuis des décennies, son commerce international dépend fortement des ports voisins, notamment de Djibouti. La Banque mondiale continue de considérer Djibouti comme la principale porte d'entrée maritime de l'Éthiopie, tandis que des évaluations récentes soulignent comment les perturbations sur ce corridor peuvent se traduire directement par une hausse des coûts logistiques et des pressions économiques en Éthiopie. Cette réalité a transformé l'accès maritime d'une question historique en un enjeu économique, sécuritaire et stratégique contemporain. On ne peut pas négocier la géographie. La perte par l'Éthiopie d'un accès direct à la mer n'a pas effacé sa position géographique. Le pays demeure au cœur de la Corne de l'Afrique, jouxtant l'une des régions maritimes les plus importantes au monde. La mer Rouge, le golfe d'Aden et le détroit de Bab el-Mandeb relient l'Afrique au Moyen-Orient, à l'Asie et à l'Europe, et toute perturbation à cet endroit peut avoir des répercussions sur le commerce mondial, les marchés de l'énergie et les chaînes d'approvisionnement. Pour l'Éthiopie, les conséquences sont particulièrement directes. Une économie enclavée de cette envergure ne peut considérer la connectivité maritime comme une préoccupation secondaire. Chaque conteneur entrant ou sortant du pays dépend en fin de compte d'un corridor reliant l'intérieur du pays à la côte. Le système actuel a certes permis de tisser des liens économiques importants avec Djibouti, mais il a également mis en lumière la vulnérabilité structurelle d'une dépendance quasi-totale à un seul point d'accès maritime. Le corridor Addis-Djibouti demeure essentiel au commerce éthiopien, tandis que la Banque mondiale souligne que les perturbations et les inefficacités tout au long de la chaîne logistique peuvent impacter les entreprises et les consommateurs. La question n'est donc plus de savoir si l'Éthiopie s'intéresse à la mer, mais comment un pays du poids démographique et économique de l'Éthiopie peut bâtir une connectivité maritime fiable, diversifiée et durable. Plus important encore, l'évolution rapide de la dynamique politique et militaire en mer Rouge et dans la Corne de l'Afrique a rendu l'accès souverain à la mer non seulement souhaitable pour l'Éthiopie, mais de plus en plus inévitable. La mer Rouge n'est plus seulement une voie commerciale. L'importance stratégique de la mer Rouge est devenue impossible à ignorer. Le détroit de Bab el-Mandeb est un point de passage maritime crucial. Les perturbations récentes ont démontré à quel point l'insécurité en mer peut rapidement engendrer des problèmes économiques à terre, augmentant les coûts de fret, allongeant les délais de livraison et perturbant les chaînes d'approvisionnement. L'ONU Commerce et Développement a récemment averti que la recrudescence des perturbations autour de Bab el-Mandeb entraîne des allongements des itinéraires, une augmentation de la consommation de carburant, une hausse des coûts et une pression accrue sur le commerce mondial. Pour l'Éthiopie, cela crée un paradoxe frappant. Bien que le pays ne possède pas de littoral, l'instabilité le long de la mer Rouge peut avoir des répercussions directes sur son économie. L’Éthiopie a donc un intérêt considérable dans la sécurité d’un espace maritime où sa présence directe est actuellement limitée. C’est pourquoi la question de la mer Rouge ne peut se réduire à la recherche d’un port. Il s'agit de connectivité, de sécurité économique et de stabilité régionale. D'un port à un corridor L'ambition maritime de l'Éthiopie prend tout son sens lorsqu'on la considère non pas comme la recherche d'une simple infrastructure côtière, mais comme faisant partie d'un corridor économique beaucoup plus vaste. Une liaison maritime fonctionnelle relierait la côte aux routes, aux voies ferrées, aux ports secs, aux parcs industriels, aux centres de production agricole et aux marchés de consommation de l'Éthiopie. L'objectif ne serait pas simplement de déplacer des conteneurs, mais de faire bouger une économie. Cette distinction est importante. Un port sans réseau fluvial efficace n'est qu'un point sur une carte. Un port connecté à la production, à l'industrie, à l'agriculture et aux marchés régionaux devient un moteur d'intégration économique. L’expérience de l’Éthiopie avec le corridor de Djibouti démontre déjà l’importance de ce système plus vaste. Les travaux récents de la Banque mondiale sur le port sec de Modjo, par exemple, soulignent comment l’amélioration de la logistique intérieure peut réduire les délais de traitement et renforcer les liens de l’Éthiopie avec les marchés internationaux. La prochaine étape de la réflexion maritime éthiopienne peut donc être comprise comme la recherche de corridors multiples, de portes d'entrée multiples et d'une plus grande résilience. La sécurité économique est la sécurité maritime La mer Rouge a également mis en lumière une autre réalité : la sécurité maritime et la sécurité économique sont de plus en plus indissociables. Lorsque les routes maritimes sont menacées, les coûts d'assurance augmentent. Lorsque les navires doivent contourner des zones dangereuses, les délais de livraison s'allongent. Lorsque les coûts de transport de marchandises augmentent, les conséquences finissent par toucher les usines, les agriculteurs, les commerçants et les ménages situés loin des côtes. L’Éthiopie n’a pas besoin d’être un pays côtier pour subir ces conséquences. De fait, son enclavement rend un accès maritime fiable encore plus important. Une stratégie maritime diversifiée pourrait renforcer la résilience de l'Éthiopie face aux perturbations, tout en créant des opportunités supplémentaires en matière de commerce, d'investissement et de développement industriel. Cela pourrait également renforcer les intérêts économiques que l'Éthiopie partage avec ses voisins côtiers. Un retour à la mer ne signifie pas forcément un retour à la rivalité. La question maritime éthiopienne comporte une autre dimension qui mérite une attention accrue. L'accès à la mer ne doit pas nécessairement devenir une nouvelle source de concurrence régionale. Il peut devenir un instrument d'intégration régionale. Un port desservant le commerce éthiopien peut dynamiser l'économie d'un État côtier. Une route ou une voie ferrée reliant l'intérieur des terres à la côte peut connecter plusieurs économies. Des zones industrielles et logistiques peuvent créer des emplois et des investissements de part et d'autre de la frontière. En ce sens, les ambitions maritimes de l'Éthiopie ne peuvent être envisagées comme une simple revendication nationale, mais comme un élément d'une équation économique plus vaste à l'échelle de la Corne de l'Afrique. Cette région a longtemps considéré la géographie comme une source de rivalité stratégique. Elle peut aussi y voir une opportunité d'intégration. La question maritime de l'Éthiopie prend de l'ampleur, elle ne s'estompe pas. Le Premier ministre Abiy Ahmed a souligné à plusieurs reprises que le désir de l'Éthiopie d'accéder à la mer repose sur des considérations géographiques, des impératifs économiques, le dialogue et une coopération mutuellement avantageuse, et non sur une volonté d'expansion militaire. Le gouvernement éthiopien a déclaré que la taille démographique et économique du pays fait d'une connectivité maritime fiable un intérêt national majeur. Cet argument s'inscrit dans une réalité plus large. L'Éthiopie n'est plus le même pays qu'il y a trente ans. Sa population et son économie se sont développées. Ses ambitions commerciales se sont accrues. Sa production industrielle et agricole s'intègre davantage aux marchés internationaux. Et sa vulnérabilité aux perturbations sur les routes maritimes mondiales s'accroît. La question maritime deviendra donc plus importante, et non moins, à mesure que l'économie éthiopienne se développera. Le regain d'intérêt pour les affaires maritimes, notamment le rétablissement de la marine éthiopienne en 2018, témoigne de ce changement stratégique plus large. Mais l'objectif ultime ne doit pas nécessairement être la projection de puissance. Il peut s'agir de la protection des intérêts économiques, de la participation à la sécurité maritime régionale et de la création de liens commerciaux durables entre l'intérieur de l'Éthiopie et l'économie mondiale. La géographie du futur Le fait central demeure remarquablement simple : L'enclavement de l'Éthiopie est une tragédie historique, fruit de forces extérieures et de décisions politiques prises durant une période tumultueuse des décisions qui ont profondément modifié le rapport du pays à la mer. Pourtant, cette nation immense n'a jamais été véritablement coupée de la mer Rouge. Son économie repose sur le commerce maritime. Son environnement sécuritaire est façonné par la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb. Sa position géographique la place au cœur de la Corne de l'Afrique. Enfin, la croissance démographique et économique du pays rend l'accès fiable aux routes commerciales internationales de plus en plus crucial. Le défi n’est donc pas de recréer l’histoire à l’identique, mais de bâtir une nouvelle relation avec la mer, adaptée aux réalités du XXIe siècle. Cela concerne les ports, mais aussi les corridors. Cela concerne le commerce, mais aussi la sécurité. Cela signifie l'intérêt national, mais aussi la coopération régionale. Et surtout, cela signifie reconnaître que la mer Rouge n'est pas une étendue d'eau lointaine séparée de l'Éthiopie par des frontières politiques. Cela fait partie de la géographie stratégique dans laquelle se dessine l'avenir de l'Éthiopie. Pour un pays dont la civilisation est liée à la mer Rouge depuis des siècles, la recherche renouvelée de connexions maritimes n'est pas simplement un voyage dans le passé. C'est l'Éthiopie qui regarde vers l'avenir et vers la mer.