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« L'accès souverain à la mer est inévitable pour l'Éthiopie », déclare Birhanu Lenjiso
Sep 20, 2026 143
Addis Ababa le 20 septembre, 2026 (ENA) La quête de l’Éthiopie pour un accès fiable à la mer Rouge est un impératif national incontournable, a déclaré Birhanu Lenjiso, cofondateur et ancien directeur adjoint de l’Institut de recherche sur les politiques de l’Afrique de l’Est (EAPRI). Birhanu, auteur de l’ouvrage *Water : « Ethiopia’s Gateway to Prosperity »*, a déclaré à l’ENA que la croissance démographique de l’Éthiopie, l’expansion de son économie et sa position stratégique dans la Corne de l’Afrique font de l’obtention d’un accès à la mer un objectif national inévitable. La quête d’un accès à la mer par l’Éthiopie doit également être replacée dans le contexte plus large de l’Abay/du Nil ; il a en effet fait valoir que les dynamiques politiques et stratégiques entourant ces deux questions sont étroitement liées. Évoquant les relations historiques de l’Éthiopie avec la mer, il a mis en avant la civilisation d’Aksoum, qui était étroitement associée au commerce maritime et aux liens commerciaux à travers la mer Rouge. Pour M. Birhanu, l’intérêt de l’Éthiopie pour l’accès à la mer dépasse donc ses besoins économiques et logistiques immédiats. « Nous ne réclamons pas vraiment l’accès à la mer parce que nous avons besoin d’un port, ni parce que notre population est nombreuse, ni parce que notre économie est en pleine croissance », a-t-il déclaré. Il a fait valoir que l’expérience historique de l’Éthiopie et ses liens de longue date avec le commerce maritime devraient faire partie des arguments avancés par le pays lorsqu’il s’adresse à la communauté internationale au sujet de l’accès à la mer. M. Birhanu, qui est également ancien ministre d’État chargé du développement de l’irrigation, a déclaré que l’Éthiopie devrait renforcer ce discours en associant des preuves historiques à des considérations économiques et stratégiques contemporaines. Il a décrit l’accès à la mer comme « faisant partie intégrante de l’identité éthiopienne », affirmant que la dimension historique ne devait pas être négligée dans les discussions sur les relations de l’Éthiopie avec la mer Rouge et l’environnement maritime au sens large. Dans ce contexte, M. Birhanu a déclaré que l’objectif de l’Éthiopie était de diversifier son accès à la mer et de mettre en place des accords garantissant une plus grande fiabilité. « Tout ce que demande l’Éthiopie, c’est de disposer d’un accès diversifié à la mer », a-t-il déclaré. Il a ajouté que le marché éthiopien, vaste et en pleine croissance, conférait à l’accès maritime une dimension économique plus large, tandis que les développements en mer Rouge et dans la Corne de l’Afrique ont rendu cette question de plus en plus importante d’un point de vue régional. Selon M. Birhanu, l’accès de l’Éthiopie à la mer pourrait générer des retombées positives au-delà des frontières du pays, en reliant plus directement sa grande économie au commerce maritime régional et en stimulant l’activité économique dans toute la Corne de l’Afrique. Il a déclaré que l’Éthiopie n’avait pas nécessairement besoin de s’en tenir à un modèle unique d’accès maritime, évoquant plutôt toute une série d’accords possibles avec les États côtiers. Ceux-ci pourraient inclure des contrats de location à long terme, des corridors d’infrastructures et des projets de transport et de logistique développés conjointement, a-t-il précisé. Il a cité l’utilisation de longue date par l’Éthiopie du corridor de Djibouti comme exemple illustrant comment les infrastructures transfrontalières et les intérêts économiques peuvent donner lieu à des accords mutuellement avantageux. Dans le même temps, M. Birhanu a déclaré que la dépendance à l’égard d’une seule grande voie maritime créait des vulnérabilités, ce qui rendait la diversification essentielle pour les intérêts économiques à long terme de l’Éthiopie. Interrogé sur le caractère inévitable de la quête d’un accès maritime par l’Éthiopie, M. Birhanu a répondu que la trajectoire démographique et économique du pays continuerait à renforcer l’importance de garantir un accès fiable aux voies maritimes internationales. Il a également établi un lien entre les aspirations maritimes de l’Éthiopie et la dynamique plus large en matière de sécurité et d’économie dans la Corne de l’Afrique. Il a souligné que la région disposait d’un vaste littoral et occupait une position stratégique le long des principales routes maritimes internationales, tout en étant confrontée à des défis persistants en matière de sécurité. Selon lui, une plus grande intégration économique entre l’Éthiopie et les États côtiers pourrait contribuer au commerce, au développement des infrastructures et à la stabilité régionale. Il a fait valoir que l’important marché de consommation et le potentiel économique de l’Éthiopie pourraient devenir un atout pour les pays côtiers si des modalités d’accès et des infrastructures appropriées étaient mises en place. M. Birhanu a déclaré que l’accès maritime de l’Éthiopie et sa position sur le Nil reposaient sur ce qu’il a décrit comme un principe sous-jacent commun : l’utilisation équitable des ressources régionales. Il a fait valoir que les discussions de l’Éthiopie concernant l’Abay/le Nil et sa quête d’un accès à la mer Rouge ne devaient donc pas être considérées comme des questions stratégiques totalement distinctes. « Je ne considère pas vraiment l’accès maritime ou le défi que cela représente comme un sujet distinct. Je pense que cela est étroitement lié à la question du Nil. Les deux cours d’eau sont distincts, mais leurs enjeux politiques sont étroitement liés », a-t-il déclaré. Il a ajouté que l’approche de l’Éthiopie était axée sur le développement et l’accès équitable plutôt que sur le contrôle des ressources d’autres pays. « Nous réclamons l’équité partout. Nous réclamons le développement. Nous ne réclamons pas la domination », a déclaré M. Birhanu. Il a affirmé que les aspirations maritimes de l’Éthiopie devaient, en fin de compte, s’inscrire dans l’objectif plus large de renforcer l’intégration économique régionale et de permettre au pays de participer plus directement au commerce maritime. « Nous ne cherchons pas la confrontation sur le Nil. Nous ne cherchons pas la confrontation en mer Rouge. Nous recherchons la coopération », a-t-il déclaré. M. Birhanu a ajouté qu’une telle approche permettrait à l’Éthiopie de faire valoir ses intérêts économiques tout en créant des opportunités pour les pays côtiers et en contribuant au développement et à la sécurité de l’ensemble de la Corne de l’Afrique et de la région de la mer Rouge.
L'engagement de l'Éthiopie au sein des BRICS marque une nouvelle ère de partenariat mondial et d'opportunités économiques
Sep 20, 2026 119
Par un rédacteur Le 20 septembre, 2026 (ENA) La participation de l'Éthiopie au 18e sommet des dirigeants du BRICS à New Delhi a marqué un tournant important dans l'élargissement de l'engagement international du pays et dans sa quête d'une croissance économique inclusive. Ce sommet, organisé sous le thème « Construire pour la résilience, l'innovation, la coopération et la durabilité », a réuni les dirigeants des principales économies émergentes afin de renforcer la coopération dans les domaines du commerce, de l'investissement, de la technologie, de l'action climatique et du développement durable. L'adoption de la Déclaration de New Delhi, qui comprenait 140 points de consensus, a démontré l'engagement commun des membres du BRICS et des pays partenaires à approfondir la coopération et à créer de nouvelles opportunités pour les économies en développement. Pour l'Éthiopie, ce sommet a constitué une occasion précieuse de mettre en avant ses efforts de transformation, de présenter des opportunités d'investissement et de renforcer les partenariats qui soutiennent ses objectifs nationaux de développement. Renforcer l'intégration mondiale et les partenariats de développement de l'Éthiopie La participation active de l'Éthiopie au sommet a suscité un vif intérêt, les dirigeants des pays du BRICS ayant exprimé leur soutien à plusieurs initiatives internationales importantes du pays. Le BRICS a réaffirmé son soutien au processus d'adhésion en cours de l'Éthiopie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), reconnaissant les efforts déployés par le pays pour renforcer son intégration dans le commerce mondial et élargir la coopération économique avec ses partenaires internationaux. Le sommet a également marqué une avancée pour le rôle de l'Éthiopie dans la diplomatie aéronautique mondiale. Les dirigeants des pays du BRICS ont soutenu la candidature de l'Éthiopie à un siège élargi au Conseil de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), après que l'Union africaine eut désigné l'Éthiopie comme seul candidat africain. Cette reconnaissance reflète la contribution croissante de l'Éthiopie à la connectivité continentale, au développement de l'aviation et à la coopération internationale. L'une des principales réalisations mises en avant lors du sommet a été la préparation de l'Éthiopie à accueillir la 32e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP32) à Addis-Abeba en 2027. Le soutien des dirigeants des pays du BRICS offre à l'Éthiopie l'occasion de mettre en avant les priorités de l'Afrique en matière de climat, de promouvoir des solutions de développement vert et d'encourager une coopération internationale renforcée sur l'adaptation au changement climatique, les énergies renouvelables et le financement climatique. S'exprimant lors du sommet, le Premier ministre Abiy Ahmed a présenté une vision de partenariat entre les pays du BRICS et l'Afrique fondée sur une croissance partagée et des avantages mutuels. Il a souligné que les abondantes ressources naturelles de l'Afrique, associées aux investissements, aux technologies et à l'expertise mondiaux, peuvent créer une plus grande valeur économique et accélérer le développement industriel à travers le continent. Le Premier ministre a mis en avant la transformation agricole de l'Éthiopie comme un exemple de progrès national. Il a souligné les avancées réalisées par le pays pour passer d'une dépendance vis-à-vis du blé importé à une capacité de production nationale accrue. Cette évolution, a-t-il expliqué, offre à l'Éthiopie la possibilité de participer à des initiatives telles que la Bourse des céréales des BRICS proposée, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire régionale et à la coopération agricole. L'Éthiopie a également souligné l'importance de l'innovation et de la technologie dans la construction de l'économie de demain. Le Premier ministre Abiy a mis en avant l'intelligence artificielle comme un domaine clé de coopération et a appelé à des partenariats dans la recherche sur l'IA, le développement des infrastructures numériques, les capacités de calcul et la gouvernance responsable des technologies. Ces priorités soutiennent l'ambition de l'Éthiopie de bâtir une économie fondée sur la connaissance, portée par l'innovation, le développement des compétences et la transformation numérique. Sur le plan financier, l'Éthiopie a participé activement aux discussions économiques du BRICS par l'intermédiaire de la délégation de la Banque nationale d'Éthiopie, dirigée par le gouverneur Eyob Tekalign. L'Éthiopie a présenté ses réformes économiques en cours, notamment les mesures relatives aux devises, les améliorations de la politique monétaire et les initiatives de restructuration budgétaire visant à renforcer la résilience économique et à créer un environnement plus attractif pour les investisseurs. Renforcement des relations bilatérales avec les pays du BRICS et les partenaires mondiaux Au-delà des discussions multilatérales, le sommet du BRICS a offert à l'Éthiopie une tribune importante pour renforcer ses relations bilatérales avec des partenaires mondiaux clés. Le Premier ministre Abiy Ahmed a tenu des entretiens de haut niveau avec les dirigeants de l'Inde, de la Chine, de la Russie, de l'Iran, de la Malaisie et des Émirats arabes unis, axés sur le commerce, l'investissement, le transfert de technologies, le développement des infrastructures, la coopération énergétique et les relations diplomatiques. La rencontre avec le Premier ministre indien Narendra Modi a mis en avant les relations de longue date entre l'Éthiopie et l'Inde, notamment dans des domaines tels que le commerce, l'investissement, l'éducation, l'industrie pharmaceutique, l'agriculture et la technologie. L'Inde reste l'un des partenaires économiques majeurs de l'Éthiopie, les entreprises indiennes étant présentes dans des secteurs tels que l'industrie manufacturière, l'agriculture et les infrastructures. Les discussions ont également mis l'accent sur l'élargissement de la coopération dans les domaines des technologies numériques, du renforcement des capacités et du développement industriel. Les échanges de l'Éthiopie avec le président chinois Xi Jinping ont encore renforcé le partenariat stratégique entre les deux pays. L'Éthiopie et la Chine entretiennent une coopération étendue dans les domaines du développement des infrastructures, des transports, des télécommunications, de l'industrie manufacturière et des parcs industriels. Les discussions ont porté sur l'élargissement de la coopération économique, l'encouragement à davantage d'investissements et le renforcement des partenariats de développement dans le cadre plus large de la coopération sino-africaine. Les discussions avec le président russe Vladimir Poutine ont porté sur l'élargissement de la coopération dans des domaines tels que l'énergie, la technologie, l'éducation, l'agriculture et les relations économiques. L'Éthiopie et la Russie entretiennent des liens diplomatiques historiques, et les deux parties ont exprimé leur intérêt pour un renforcement de la coopération dans les secteurs contribuant au développement économique et aux priorités nationales. L'Éthiopie a également eu des discussions avec le président iranien Masoud Pezeshkian sur les possibilités de renforcer la coopération dans les domaines du commerce, de l'industrie, de l'agriculture, de la technologie et des échanges scientifiques. Les deux pays ont exploré les moyens d'approfondir leurs relations économiques et d'accroître leur collaboration dans des domaines d'intérêt mutuel. La rencontre avec le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim a été l'occasion de renforcer la coopération en matière d'investissement, d'éducation, d'agriculture, de tourisme et de développement industriel. L'Éthiopie s'est efforcée d'attirer les investissements et l'expertise malaisiens, en particulier dans les secteurs de l'industrie manufacturière et du développement économique. Les échanges entre l'Éthiopie et le prince héritier d'Abou Dhabi, Cheikh Khaled bin Mohamed bin Zayed Al Nahyan, ont mis en évidence le partenariat croissant entre l'Éthiopie et les Émirats arabes unis. Les Émirats arabes unis sont devenus un partenaire important de l'Éthiopie grâce à des investissements dans la logistique, l'agriculture, les énergies renouvelables, le commerce et la coopération financière. Les discussions ont mis l'accent sur l'élargissement des opportunités d'investissement et le renforcement des liens économiques. Ces échanges bilatéraux ont illustré la stratégie de l'Éthiopie visant à diversifier ses partenariats internationaux et à attirer des investissements provenant de différentes régions du monde. Grâce à des relations diplomatiques et économiques plus solides, l'Éthiopie vise à multiplier les opportunités commerciales, à accéder à des technologies de pointe, à promouvoir l'industrialisation et à soutenir le développement durable. Au-delà des priorités nationales de l'Éthiopie, le sommet des BRICS a abordé des enjeux mondiaux plus larges, notamment la nécessité d'une représentation accrue des pays en développement au sein des institutions internationales. Les dirigeants ont souligné l'importance de la coopération, de l'équité et des solutions durables pour relever les défis mondiaux. Conclusion La participation de l'Éthiopie au sommet des BRICS a démontré la confiance, l'ambition et l'engagement croissants du pays en faveur de la coopération internationale. Le soutien apporté à l'adhésion de l'Éthiopie à l'OMC, à sa candidature à l'OACI et à son rôle de chef de file lors de la COP32, ainsi que les discussions sur les investissements, la technologie, l'agriculture et les partenariats financiers, ont ouvert de nouvelles perspectives de progrès économiques et diplomatiques. Ce sommet a permis à l'Éthiopie de mettre en avant ses réalisations en matière de développement et de présenter une vision fondée sur l'innovation, la productivité, la durabilité et le partenariat international. L'élargissement des relations bilatérales avec les membres du BRICS et d'autres partenaires mondiaux a encore renforcé la capacité de l'Éthiopie à attirer les investissements, à échanger des connaissances et à participer activement à la coopération économique mondiale. Grâce à un engagement continu auprès des économies émergentes et des institutions internationales, l'Éthiopie se positionne comme un contributeur actif au programme de développement de l'Afrique. Les résultats du sommet constituent une étape importante vers une intégration mondiale plus profonde, des partenariats plus solides et un rôle accru de l'Éthiopie dans la promotion d'une croissance et d'une prospérité partagées en Afrique et au-delà.
« Le gaspillage irresponsable de l'eau et la politique déstabilisatrice de l'Égypte sont contre-productifs » : Getachew Reda
Sep 19, 2026 322
Addis Ababa le 19 septembre, 2026 (ENA) Dans une analyse sans concession, Getachew Reda, ministre et conseiller du Premier ministre éthiopien pour les affaires de l’Afrique de l’Est, a qualifié la revendication de l’Égypte d’un contrôle exclusif sur le Nil de « fantasme dépassé » et a condamné son ingérence régionale, la jugeant à la fois contre-productive et dangereuse. Dans une interview exclusive accordée à The Pulse of Africa, Getachew a déclaré : « Les Égyptiens sont très doués pour créer une réalité artificielle. » Il a évoqué l’insistance de longue date de l’Égypte à considérer que le Nil lui appartient en propre — non pas comme une ressource partagée entre les pays en amont et en aval, mais comme quelque chose dont elle est entièrement propriétaire. Il a souligné l’audace de cette position, notant qu’il ne faudrait pas s’étonner si un Égyptien affirmait que l’Égypte elle-même est la source du Nil. Getachew a fait valoir que l’Égypte a fait preuve d’une formidable capacité à forcer la science à s’adapter à son discours. En politique, a-t-il déclaré, cela a engendré un profond sentiment de droit acquis, qu’ils appellent « droits historiques », à tel point qu’il serait presque impossible pour un Égyptien de croire qu’il existe des peuples qui se trouvent être à l’origine du Nil et qui pourraient en tirer parti — que ce soit pour l’énergie hydroélectrique, l’irrigation ou d’autres fins. S'appuyant sur les idées du philosophe italien Antonio Gramsci, il a fait valoir que l'Égypte a développé une hégémonie culturelle, sociale et historique sur la manière dont le Nil est perçu par les Égyptiens, qu'il a attribuée à ce qu'il a décrit comme une interprétation unilatérale de l'importance du fleuve. En conséquence, toute tentative des autres pays riverains d’utiliser ces ressources en eau est jugée inacceptable. Le conseiller a expliqué que la conception égyptienne des « droits historiques » se résume simplement à l’idée que celui qui a utilisé l’eau en premier doit continuer à l’utiliser indéfiniment. « Les droits historiques sont devenus obsolètes car ils sont inacceptables », a-t-il affirmé, ajoutant que le concept plus récent de « sécurité hydrique », promu dans les cercles internationaux, n’est qu’un autre nom pour désigner cette même revendication dépassée. Il a rejeté l’idée selon laquelle la question du Nil serait une question existentielle pour l’Égypte, arguant que les dirigeants égyptiens instrumentalisent cette question sous l’angle de la sécurité précisément parce qu’ils souhaitent préserver un monopole. « Les responsables politiques égyptiens entretiennent une relation très compliquée avec la réalité », a fait remarquer Getachew. Le ministre s’est montré sans détour au sujet de la gestion de l’eau en Égypte. L’Égypte figure parmi les pays ayant les pires pratiques en matière de gestion de l’eau, a-t-il affirmé, citant comme exemples de ce qu’il a qualifié de mauvaise gestion des ressources hydriques des projets très gourmands en eau tels que le programme de Toshka, notamment les terrains de golf et autres aménagements dans le désert. Il a en outre souligné que l’évaporation annuelle au niveau du haut barrage d’Assouan dépasse de loin la quantité d’eau stockée dans les réservoirs éthiopiens. Getachew a déclaré que le régime égyptien s’était systématiquement employé à déstabiliser l’Éthiopie — d’où provient la plus grande partie des eaux du Nil — et le Soudan, qui dispose d’un potentiel d’irrigation considérable. L’instabilité au Soudan, a-t-il fait valoir, sert les intérêts de l’Égypte en empêchant ce pays d’exploiter pleinement le fleuve. Il a évoqué ce qu’il a qualifié de double standard flagrant : alors que les Frères musulmans sont interdits et réprimés en Égypte, les autorités égyptiennes ont soutenu des éléments liés aux Frères musulmans au Soudan. Il a qualifié les manœuvres politiques de l’Égypte de manque de vision à long terme. Getachew a été catégorique : la meilleure option pour l’Égypte est d’abandonner sa stratégie qui a échoué, de s’entendre avec l’Éthiopie et d’œuvrer en faveur de la stabilité régionale. Il a souligné qu’une Éthiopie et un Soudan stables ne porteraient jamais atteinte aux intérêts légitimes de l’Égypte. Il a fait valoir que l’Éthiopie, en tant que pays riverain en amont, a tout à fait le droit d’utiliser ses ressources en eau, tout en précisant : « Le problème de l’Égypte, c’est qu’elle ne parvient pas à accepter la réalité. » « Mon conseil est le suivant : la réalité a changé, et ce pour toujours. Tenter d’imposer sa propre vision de la science, de la climatologie et de l’hydrologie aux pays en amont est anachronique et contre-productif. Son implication massive dans des activités déstabilisatrices dans la région est tout aussi contre-productive — et potentiellement dangereuse pour elle-même. » Toute véritable négociation ou médiation, a-t-il insisté, doit réunir les deux parties autour de la table et s’ancrer dans la réalité et la science, et non dans la politique. « La géographie est stable. On ne peut pas changer la géographie », a déclaré Getachew.
« L'accès à la mer Rouge est un enjeu vital pour l'Éthiopie », selon un chercheur de l'UAA
Sep 19, 2026 213
Addis Ababa le 19 septembre, 2026 (ENA) L'accès à la mer Rouge est un enjeu vital pour l'Éthiopie, avec des implications pour la sécurité, la souveraineté, l'économie et l'influence diplomatique du pays, a déclaré un chercheur de l'université d'Addis-Abeba. Tesfaye Jima, chercheur à l'université d'Addis-Abeba, a tenu ces propos lors d'un entretien exclusif accordé à l'ENA, affirmant que l'intérêt de l'Éthiopie pour la mer Rouge allait bien au-delà du commerce. La croissance démographique de l’Éthiopie et ses besoins économiques futurs font de l’accès à la mer une préoccupation nationale majeure, a-t-il déclaré, s’interrogeant sur la manière dont le pays pourra répondre à ses besoins futurs et maintenir son influence tout en restant enclavé. « La mer Rouge est un enjeu existentiel pour l’Éthiopie », a-t-il déclaré, soulignant que l’accès à la mer est essentiel pour les importations et les exportations, ainsi que pour la pêche et la production agricole. L’accès à la mer permettrait à l’Éthiopie d’exercer un plus grand contrôle sur ses activités économiques et de renforcer sa sécurité et sa souveraineté, a-t-il ajouté. « Nous avons besoin de la mer Rouge pour exercer notre influence à l’échelle régionale et mondiale », a-t-il déclaré. L’intérêt de l’Éthiopie pour la mer Rouge revêt également une dimension régionale, a-t-il ajouté, faisant valoir qu’un engagement accru pourrait contribuer à la paix, à la sécurité et à la coopération économique dans la région. Le potentiel démographique et économique de l’Éthiopie pourrait lui permettre de jouer un rôle plus important dans les affaires régionales, a-t-il indiqué, soulignant l’importance de développer ses capacités maritimes et navales. Le retour de l’Éthiopie en mer Rouge et sa participation accrue aux mécanismes régionaux pourraient profiter aux pays de la région en favorisant la coopération en matière de paix, de sécurité et de développement, a-t-il fait valoir. Sur le plan juridique, l’Éthiopie a signé des traités, accords et conventions internationaux relatifs à ses intérêts en mer Rouge et sur le Nil, a-t-il déclaré. Les accords et documents historiques, y compris ceux remontant aux années 1870, devraient être étudiés et présentés, accompagnés de preuves, par la voie diplomatique, dans le cadre des efforts déployés par l’Éthiopie pour expliquer sa position et ses intérêts nationaux, a-t-il ajouté. M. Tesfaye a également souligné l’importance de la recherche et de la sensibilisation du public, appelant les universitaires à mener des études fondées sur des données factuelles et à impliquer les grandes institutions internationales, tandis que les médias devraient aider le public à mieux comprendre cette question. L’unité nationale et la coopération sont essentielles pour défendre les intérêts de l’Éthiopie en matière d’accès à la mer, a-t-il déclaré, ajoutant que les intérêts nationaux devaient servir le pays, son peuple et les générations futures. L’Éthiopie doit défendre ses intérêts par le biais d’une diplomatie pacifique, tout en relevant les défis internes et en renforçant la paix et la stabilité sur son territoire, a-t-il déclaré. Il a cité l’expérience de l’Éthiopie dans la promotion du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne par le biais d’un engagement diplomatique comme un exemple de défense des intérêts nationaux par des moyens pacifiques. Le programme de l’Éthiopie en matière d’accès à la mer doit donc être considéré comme un enjeu national à long terme nécessitant de la recherche, de la diplomatie, une sensibilisation du public et de la coopération, a-t-il conclu.
Les responsables éthiopiens soulignent l'importance stratégique de l'accès à la mer Rouge
Sep 18, 2026 460
Addis Ababa le 18 septembre, 2026 (ENA) De hauts responsables éthiopiens ont souligné l’importance stratégique de l’accès à la mer Rouge, en l’associant au développement économique du pays, à la sécurité nationale, à l’intégration régionale et aux relations diplomatiques avec les partenaires voisins et internationaux au sens large. Ces remarques ont été formulées lors d’une table ronde sur le Nil et l’accès à la mer, organisée par l’Addis Ababa Leadership Academy, qui a réuni des responsables gouvernementaux, des universitaires et d’autres participants invités afin d’examiner ces deux questions et leurs implications pour les intérêts nationaux à long terme de l’Éthiopie. Les participants ont souligné que les intérêts de l’Éthiopie en matière d’accès maritime devaient être défendus par le biais d’un dialogue pacifique, d’un engagement diplomatique, d’une coopération et d’accords fondés sur l’intérêt mutuel. Kejela Merdasa, conseiller du Premier ministre chargé de la jeunesse et des sports, s’est exprimé lors de l’ouverture de la table ronde et a déclaré que la mer Rouge constituait depuis longtemps un corridor majeur pour le commerce international et qu’elle revêtait une importance croissante dans la géopolitique mondiale et régionale. Le ministre Kejela a également mis en avant les liens historiques de l’Éthiopie avec la région de la mer Rouge, notamment les relations de longue date entre la civilisation d’Aksoum et la péninsule arabique, en particulier le sud du Yémen. Au-delà de son importance historique, M. Kejela a déclaré que la mer Rouge avait acquis une importance géopolitique et militaire croissante en raison des intérêts stratégiques et de la présence de grandes puissances régionales et mondiales. Pour l’Éthiopie, a-t-il ajouté, l’accès à la mer Rouge a des implications qui vont au-delà du commerce maritime, notamment en matière d’infrastructures logistiques, de compétitivité économique, de sécurité énergétique, de sécurité nationale, d’intégration régionale et de relations diplomatiques avec le reste du monde. Il a en outre souligné la nécessité de considérer les intérêts de l’Éthiopie dans la mer Rouge et le Nil comme des éléments interdépendants des intérêts nationaux à long terme du pays. L’ambassadrice Dina Mufti, membre de la Chambre des représentants des peuples, a de même établi un lien entre l’intérêt de l’Éthiopie pour l’accès maritime et son histoire, sa géographie, sa population, son développement économique et ses besoins en matière de sécurité. M. Mufti a souligné que cette question devait être traitée par des moyens pacifiques et diplomatiques, notamment le dialogue, les accords, la coopération et l’intérêt mutuel. Il a également insisté sur le fait que l’Éthiopie n’avait aucune intention d’envahir un autre pays. « L’accès à la mer fait partie de nos priorités nationales permanentes », a déclaré M. Mufti. Il a appelé à un débat intellectuel et public soutenu sur cette question, parallèlement à un engagement diplomatique renforcé avec les pays voisins, les États africains et la communauté internationale. Tasew Gebre, président de l’Académie de leadership d’Addis-Abeba, a déclaré que l’accès à la mer et le Nil étaient étroitement liés au développement économique futur de l’Éthiopie, à sa sécurité nationale et à l’intégration régionale. Le président a souligné l’importance de résoudre les différends par le dialogue, la confiance, les cadres juridiques et les intérêts communs, notant que le développement d’un pays ne devait pas nécessairement être perçu comme une menace par un autre. Selon lui, l’Académie cherche à intégrer la recherche universitaire et les idées dans les débats publics et à contribuer à un dialogue visant à préserver les intérêts nationaux, à promouvoir les intérêts communs et à créer des opportunités de coopération régionale. Le débat a mis en évidence l’intérêt croissant porté en Éthiopie à la relation entre l’accès à la mer, le Nil, le développement économique et la sécurité régionale. Les intervenants ont souligné que la diplomatie, le dialogue et les accords négociés constituaient le fondement permettant de défendre les intérêts de l’Éthiopie tout en favorisant la stabilité et la coopération dans l’ensemble de la Corne de l’Afrique et de la région de la mer Rouge.
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Des travaux sont en cors pour que les investisseurs de la ville coréenne d'Ulsan investissent en Éthiopie.
Mar 25, 2024 62143
Addis Abeba, le 25 mars 2024 (ENA) : - Il a été annoncé que les investisseurs d'Ulsan, une ville manufacturière et industrielle de la République de Corée du Sud, pourront investir en Éthiopie. L'ambassadeur éthiopien en République de Corée du Sud, Dessie Dalke, a eu une discussion avec le maire de la ville d'Ulsan, Kim Du-geum qui a porté sur les conditions dans lesquelles les investisseurs de la ville peuvent investir en Éthiopie et dans lesquelles la ville peut établir de solides relations fraternelles avec les villes éthiopiennes. Au cours de la discussion, l'ambassadeur Dessie Dalke a mentionné que l'Éthiopie et la Corée sont des pays entretenant des relations fortes et historiques et a déclaré que les relations devraient être renforcées par l'échange d'expériences et d'investissements, en particulier au niveau urbain. L'ambassadeur a ajouté que le maire a également demandé d'encourager les investisseurs de la ville à investir en Éthiopie. Pour sa part, le maire d'Ulsan, Doo-geum, a remercié l'Éthiopie pour son soutien pendant les moments difficiles de la Corée du Sud et a déclaré qu'ils travailleraient à établir une relation entre les villes éthiopiennes et la ville d'Ulsan. Citant comme exemple le constructeur automobile sud-coréen Hyundai, il a souligné que le pays utilise l'Éthiopie comme destination stratégique pour atteindre le marché africain ajoutant que les investisseurs de la ville auront de larges opportunités sur le marché des affaires africain en investissant en Ethiopie. Selon l'ambassade d’Ethiopie en République de Corée du Sud, l'ambassadeur Dessie Dalke a rendu visite à la compagnie Hyundai Motors lors de sa visite de travail dans la ville.
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Politique
« L'accès souverain à la mer est inévitable pour l'Éthiopie », déclare Birhanu Lenjiso
Sep 20, 2026 143
Addis Ababa le 20 septembre, 2026 (ENA) La quête de l’Éthiopie pour un accès fiable à la mer Rouge est un impératif national incontournable, a déclaré Birhanu Lenjiso, cofondateur et ancien directeur adjoint de l’Institut de recherche sur les politiques de l’Afrique de l’Est (EAPRI). Birhanu, auteur de l’ouvrage *Water : « Ethiopia’s Gateway to Prosperity »*, a déclaré à l’ENA que la croissance démographique de l’Éthiopie, l’expansion de son économie et sa position stratégique dans la Corne de l’Afrique font de l’obtention d’un accès à la mer un objectif national inévitable. La quête d’un accès à la mer par l’Éthiopie doit également être replacée dans le contexte plus large de l’Abay/du Nil ; il a en effet fait valoir que les dynamiques politiques et stratégiques entourant ces deux questions sont étroitement liées. Évoquant les relations historiques de l’Éthiopie avec la mer, il a mis en avant la civilisation d’Aksoum, qui était étroitement associée au commerce maritime et aux liens commerciaux à travers la mer Rouge. Pour M. Birhanu, l’intérêt de l’Éthiopie pour l’accès à la mer dépasse donc ses besoins économiques et logistiques immédiats. « Nous ne réclamons pas vraiment l’accès à la mer parce que nous avons besoin d’un port, ni parce que notre population est nombreuse, ni parce que notre économie est en pleine croissance », a-t-il déclaré. Il a fait valoir que l’expérience historique de l’Éthiopie et ses liens de longue date avec le commerce maritime devraient faire partie des arguments avancés par le pays lorsqu’il s’adresse à la communauté internationale au sujet de l’accès à la mer. M. Birhanu, qui est également ancien ministre d’État chargé du développement de l’irrigation, a déclaré que l’Éthiopie devrait renforcer ce discours en associant des preuves historiques à des considérations économiques et stratégiques contemporaines. Il a décrit l’accès à la mer comme « faisant partie intégrante de l’identité éthiopienne », affirmant que la dimension historique ne devait pas être négligée dans les discussions sur les relations de l’Éthiopie avec la mer Rouge et l’environnement maritime au sens large. Dans ce contexte, M. Birhanu a déclaré que l’objectif de l’Éthiopie était de diversifier son accès à la mer et de mettre en place des accords garantissant une plus grande fiabilité. « Tout ce que demande l’Éthiopie, c’est de disposer d’un accès diversifié à la mer », a-t-il déclaré. Il a ajouté que le marché éthiopien, vaste et en pleine croissance, conférait à l’accès maritime une dimension économique plus large, tandis que les développements en mer Rouge et dans la Corne de l’Afrique ont rendu cette question de plus en plus importante d’un point de vue régional. Selon M. Birhanu, l’accès de l’Éthiopie à la mer pourrait générer des retombées positives au-delà des frontières du pays, en reliant plus directement sa grande économie au commerce maritime régional et en stimulant l’activité économique dans toute la Corne de l’Afrique. Il a déclaré que l’Éthiopie n’avait pas nécessairement besoin de s’en tenir à un modèle unique d’accès maritime, évoquant plutôt toute une série d’accords possibles avec les États côtiers. Ceux-ci pourraient inclure des contrats de location à long terme, des corridors d’infrastructures et des projets de transport et de logistique développés conjointement, a-t-il précisé. Il a cité l’utilisation de longue date par l’Éthiopie du corridor de Djibouti comme exemple illustrant comment les infrastructures transfrontalières et les intérêts économiques peuvent donner lieu à des accords mutuellement avantageux. Dans le même temps, M. Birhanu a déclaré que la dépendance à l’égard d’une seule grande voie maritime créait des vulnérabilités, ce qui rendait la diversification essentielle pour les intérêts économiques à long terme de l’Éthiopie. Interrogé sur le caractère inévitable de la quête d’un accès maritime par l’Éthiopie, M. Birhanu a répondu que la trajectoire démographique et économique du pays continuerait à renforcer l’importance de garantir un accès fiable aux voies maritimes internationales. Il a également établi un lien entre les aspirations maritimes de l’Éthiopie et la dynamique plus large en matière de sécurité et d’économie dans la Corne de l’Afrique. Il a souligné que la région disposait d’un vaste littoral et occupait une position stratégique le long des principales routes maritimes internationales, tout en étant confrontée à des défis persistants en matière de sécurité. Selon lui, une plus grande intégration économique entre l’Éthiopie et les États côtiers pourrait contribuer au commerce, au développement des infrastructures et à la stabilité régionale. Il a fait valoir que l’important marché de consommation et le potentiel économique de l’Éthiopie pourraient devenir un atout pour les pays côtiers si des modalités d’accès et des infrastructures appropriées étaient mises en place. M. Birhanu a déclaré que l’accès maritime de l’Éthiopie et sa position sur le Nil reposaient sur ce qu’il a décrit comme un principe sous-jacent commun : l’utilisation équitable des ressources régionales. Il a fait valoir que les discussions de l’Éthiopie concernant l’Abay/le Nil et sa quête d’un accès à la mer Rouge ne devaient donc pas être considérées comme des questions stratégiques totalement distinctes. « Je ne considère pas vraiment l’accès maritime ou le défi que cela représente comme un sujet distinct. Je pense que cela est étroitement lié à la question du Nil. Les deux cours d’eau sont distincts, mais leurs enjeux politiques sont étroitement liés », a-t-il déclaré. Il a ajouté que l’approche de l’Éthiopie était axée sur le développement et l’accès équitable plutôt que sur le contrôle des ressources d’autres pays. « Nous réclamons l’équité partout. Nous réclamons le développement. Nous ne réclamons pas la domination », a déclaré M. Birhanu. Il a affirmé que les aspirations maritimes de l’Éthiopie devaient, en fin de compte, s’inscrire dans l’objectif plus large de renforcer l’intégration économique régionale et de permettre au pays de participer plus directement au commerce maritime. « Nous ne cherchons pas la confrontation sur le Nil. Nous ne cherchons pas la confrontation en mer Rouge. Nous recherchons la coopération », a-t-il déclaré. M. Birhanu a ajouté qu’une telle approche permettrait à l’Éthiopie de faire valoir ses intérêts économiques tout en créant des opportunités pour les pays côtiers et en contribuant au développement et à la sécurité de l’ensemble de la Corne de l’Afrique et de la région de la mer Rouge.
L'engagement de l'Éthiopie au sein des BRICS marque une nouvelle ère de partenariat mondial et d'opportunités économiques
Sep 20, 2026 119
Par un rédacteur Le 20 septembre, 2026 (ENA) La participation de l'Éthiopie au 18e sommet des dirigeants du BRICS à New Delhi a marqué un tournant important dans l'élargissement de l'engagement international du pays et dans sa quête d'une croissance économique inclusive. Ce sommet, organisé sous le thème « Construire pour la résilience, l'innovation, la coopération et la durabilité », a réuni les dirigeants des principales économies émergentes afin de renforcer la coopération dans les domaines du commerce, de l'investissement, de la technologie, de l'action climatique et du développement durable. L'adoption de la Déclaration de New Delhi, qui comprenait 140 points de consensus, a démontré l'engagement commun des membres du BRICS et des pays partenaires à approfondir la coopération et à créer de nouvelles opportunités pour les économies en développement. Pour l'Éthiopie, ce sommet a constitué une occasion précieuse de mettre en avant ses efforts de transformation, de présenter des opportunités d'investissement et de renforcer les partenariats qui soutiennent ses objectifs nationaux de développement. Renforcer l'intégration mondiale et les partenariats de développement de l'Éthiopie La participation active de l'Éthiopie au sommet a suscité un vif intérêt, les dirigeants des pays du BRICS ayant exprimé leur soutien à plusieurs initiatives internationales importantes du pays. Le BRICS a réaffirmé son soutien au processus d'adhésion en cours de l'Éthiopie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), reconnaissant les efforts déployés par le pays pour renforcer son intégration dans le commerce mondial et élargir la coopération économique avec ses partenaires internationaux. Le sommet a également marqué une avancée pour le rôle de l'Éthiopie dans la diplomatie aéronautique mondiale. Les dirigeants des pays du BRICS ont soutenu la candidature de l'Éthiopie à un siège élargi au Conseil de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), après que l'Union africaine eut désigné l'Éthiopie comme seul candidat africain. Cette reconnaissance reflète la contribution croissante de l'Éthiopie à la connectivité continentale, au développement de l'aviation et à la coopération internationale. L'une des principales réalisations mises en avant lors du sommet a été la préparation de l'Éthiopie à accueillir la 32e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP32) à Addis-Abeba en 2027. Le soutien des dirigeants des pays du BRICS offre à l'Éthiopie l'occasion de mettre en avant les priorités de l'Afrique en matière de climat, de promouvoir des solutions de développement vert et d'encourager une coopération internationale renforcée sur l'adaptation au changement climatique, les énergies renouvelables et le financement climatique. S'exprimant lors du sommet, le Premier ministre Abiy Ahmed a présenté une vision de partenariat entre les pays du BRICS et l'Afrique fondée sur une croissance partagée et des avantages mutuels. Il a souligné que les abondantes ressources naturelles de l'Afrique, associées aux investissements, aux technologies et à l'expertise mondiaux, peuvent créer une plus grande valeur économique et accélérer le développement industriel à travers le continent. Le Premier ministre a mis en avant la transformation agricole de l'Éthiopie comme un exemple de progrès national. Il a souligné les avancées réalisées par le pays pour passer d'une dépendance vis-à-vis du blé importé à une capacité de production nationale accrue. Cette évolution, a-t-il expliqué, offre à l'Éthiopie la possibilité de participer à des initiatives telles que la Bourse des céréales des BRICS proposée, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire régionale et à la coopération agricole. L'Éthiopie a également souligné l'importance de l'innovation et de la technologie dans la construction de l'économie de demain. Le Premier ministre Abiy a mis en avant l'intelligence artificielle comme un domaine clé de coopération et a appelé à des partenariats dans la recherche sur l'IA, le développement des infrastructures numériques, les capacités de calcul et la gouvernance responsable des technologies. Ces priorités soutiennent l'ambition de l'Éthiopie de bâtir une économie fondée sur la connaissance, portée par l'innovation, le développement des compétences et la transformation numérique. Sur le plan financier, l'Éthiopie a participé activement aux discussions économiques du BRICS par l'intermédiaire de la délégation de la Banque nationale d'Éthiopie, dirigée par le gouverneur Eyob Tekalign. L'Éthiopie a présenté ses réformes économiques en cours, notamment les mesures relatives aux devises, les améliorations de la politique monétaire et les initiatives de restructuration budgétaire visant à renforcer la résilience économique et à créer un environnement plus attractif pour les investisseurs. Renforcement des relations bilatérales avec les pays du BRICS et les partenaires mondiaux Au-delà des discussions multilatérales, le sommet du BRICS a offert à l'Éthiopie une tribune importante pour renforcer ses relations bilatérales avec des partenaires mondiaux clés. Le Premier ministre Abiy Ahmed a tenu des entretiens de haut niveau avec les dirigeants de l'Inde, de la Chine, de la Russie, de l'Iran, de la Malaisie et des Émirats arabes unis, axés sur le commerce, l'investissement, le transfert de technologies, le développement des infrastructures, la coopération énergétique et les relations diplomatiques. La rencontre avec le Premier ministre indien Narendra Modi a mis en avant les relations de longue date entre l'Éthiopie et l'Inde, notamment dans des domaines tels que le commerce, l'investissement, l'éducation, l'industrie pharmaceutique, l'agriculture et la technologie. L'Inde reste l'un des partenaires économiques majeurs de l'Éthiopie, les entreprises indiennes étant présentes dans des secteurs tels que l'industrie manufacturière, l'agriculture et les infrastructures. Les discussions ont également mis l'accent sur l'élargissement de la coopération dans les domaines des technologies numériques, du renforcement des capacités et du développement industriel. Les échanges de l'Éthiopie avec le président chinois Xi Jinping ont encore renforcé le partenariat stratégique entre les deux pays. L'Éthiopie et la Chine entretiennent une coopération étendue dans les domaines du développement des infrastructures, des transports, des télécommunications, de l'industrie manufacturière et des parcs industriels. Les discussions ont porté sur l'élargissement de la coopération économique, l'encouragement à davantage d'investissements et le renforcement des partenariats de développement dans le cadre plus large de la coopération sino-africaine. Les discussions avec le président russe Vladimir Poutine ont porté sur l'élargissement de la coopération dans des domaines tels que l'énergie, la technologie, l'éducation, l'agriculture et les relations économiques. L'Éthiopie et la Russie entretiennent des liens diplomatiques historiques, et les deux parties ont exprimé leur intérêt pour un renforcement de la coopération dans les secteurs contribuant au développement économique et aux priorités nationales. L'Éthiopie a également eu des discussions avec le président iranien Masoud Pezeshkian sur les possibilités de renforcer la coopération dans les domaines du commerce, de l'industrie, de l'agriculture, de la technologie et des échanges scientifiques. Les deux pays ont exploré les moyens d'approfondir leurs relations économiques et d'accroître leur collaboration dans des domaines d'intérêt mutuel. La rencontre avec le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim a été l'occasion de renforcer la coopération en matière d'investissement, d'éducation, d'agriculture, de tourisme et de développement industriel. L'Éthiopie s'est efforcée d'attirer les investissements et l'expertise malaisiens, en particulier dans les secteurs de l'industrie manufacturière et du développement économique. Les échanges entre l'Éthiopie et le prince héritier d'Abou Dhabi, Cheikh Khaled bin Mohamed bin Zayed Al Nahyan, ont mis en évidence le partenariat croissant entre l'Éthiopie et les Émirats arabes unis. Les Émirats arabes unis sont devenus un partenaire important de l'Éthiopie grâce à des investissements dans la logistique, l'agriculture, les énergies renouvelables, le commerce et la coopération financière. Les discussions ont mis l'accent sur l'élargissement des opportunités d'investissement et le renforcement des liens économiques. Ces échanges bilatéraux ont illustré la stratégie de l'Éthiopie visant à diversifier ses partenariats internationaux et à attirer des investissements provenant de différentes régions du monde. Grâce à des relations diplomatiques et économiques plus solides, l'Éthiopie vise à multiplier les opportunités commerciales, à accéder à des technologies de pointe, à promouvoir l'industrialisation et à soutenir le développement durable. Au-delà des priorités nationales de l'Éthiopie, le sommet des BRICS a abordé des enjeux mondiaux plus larges, notamment la nécessité d'une représentation accrue des pays en développement au sein des institutions internationales. Les dirigeants ont souligné l'importance de la coopération, de l'équité et des solutions durables pour relever les défis mondiaux. Conclusion La participation de l'Éthiopie au sommet des BRICS a démontré la confiance, l'ambition et l'engagement croissants du pays en faveur de la coopération internationale. Le soutien apporté à l'adhésion de l'Éthiopie à l'OMC, à sa candidature à l'OACI et à son rôle de chef de file lors de la COP32, ainsi que les discussions sur les investissements, la technologie, l'agriculture et les partenariats financiers, ont ouvert de nouvelles perspectives de progrès économiques et diplomatiques. Ce sommet a permis à l'Éthiopie de mettre en avant ses réalisations en matière de développement et de présenter une vision fondée sur l'innovation, la productivité, la durabilité et le partenariat international. L'élargissement des relations bilatérales avec les membres du BRICS et d'autres partenaires mondiaux a encore renforcé la capacité de l'Éthiopie à attirer les investissements, à échanger des connaissances et à participer activement à la coopération économique mondiale. Grâce à un engagement continu auprès des économies émergentes et des institutions internationales, l'Éthiopie se positionne comme un contributeur actif au programme de développement de l'Afrique. Les résultats du sommet constituent une étape importante vers une intégration mondiale plus profonde, des partenariats plus solides et un rôle accru de l'Éthiopie dans la promotion d'une croissance et d'une prospérité partagées en Afrique et au-delà.
« Le gaspillage irresponsable de l'eau et la politique déstabilisatrice de l'Égypte sont contre-productifs » : Getachew Reda
Sep 19, 2026 322
Addis Ababa le 19 septembre, 2026 (ENA) Dans une analyse sans concession, Getachew Reda, ministre et conseiller du Premier ministre éthiopien pour les affaires de l’Afrique de l’Est, a qualifié la revendication de l’Égypte d’un contrôle exclusif sur le Nil de « fantasme dépassé » et a condamné son ingérence régionale, la jugeant à la fois contre-productive et dangereuse. Dans une interview exclusive accordée à The Pulse of Africa, Getachew a déclaré : « Les Égyptiens sont très doués pour créer une réalité artificielle. » Il a évoqué l’insistance de longue date de l’Égypte à considérer que le Nil lui appartient en propre — non pas comme une ressource partagée entre les pays en amont et en aval, mais comme quelque chose dont elle est entièrement propriétaire. Il a souligné l’audace de cette position, notant qu’il ne faudrait pas s’étonner si un Égyptien affirmait que l’Égypte elle-même est la source du Nil. Getachew a fait valoir que l’Égypte a fait preuve d’une formidable capacité à forcer la science à s’adapter à son discours. En politique, a-t-il déclaré, cela a engendré un profond sentiment de droit acquis, qu’ils appellent « droits historiques », à tel point qu’il serait presque impossible pour un Égyptien de croire qu’il existe des peuples qui se trouvent être à l’origine du Nil et qui pourraient en tirer parti — que ce soit pour l’énergie hydroélectrique, l’irrigation ou d’autres fins. S'appuyant sur les idées du philosophe italien Antonio Gramsci, il a fait valoir que l'Égypte a développé une hégémonie culturelle, sociale et historique sur la manière dont le Nil est perçu par les Égyptiens, qu'il a attribuée à ce qu'il a décrit comme une interprétation unilatérale de l'importance du fleuve. En conséquence, toute tentative des autres pays riverains d’utiliser ces ressources en eau est jugée inacceptable. Le conseiller a expliqué que la conception égyptienne des « droits historiques » se résume simplement à l’idée que celui qui a utilisé l’eau en premier doit continuer à l’utiliser indéfiniment. « Les droits historiques sont devenus obsolètes car ils sont inacceptables », a-t-il affirmé, ajoutant que le concept plus récent de « sécurité hydrique », promu dans les cercles internationaux, n’est qu’un autre nom pour désigner cette même revendication dépassée. Il a rejeté l’idée selon laquelle la question du Nil serait une question existentielle pour l’Égypte, arguant que les dirigeants égyptiens instrumentalisent cette question sous l’angle de la sécurité précisément parce qu’ils souhaitent préserver un monopole. « Les responsables politiques égyptiens entretiennent une relation très compliquée avec la réalité », a fait remarquer Getachew. Le ministre s’est montré sans détour au sujet de la gestion de l’eau en Égypte. L’Égypte figure parmi les pays ayant les pires pratiques en matière de gestion de l’eau, a-t-il affirmé, citant comme exemples de ce qu’il a qualifié de mauvaise gestion des ressources hydriques des projets très gourmands en eau tels que le programme de Toshka, notamment les terrains de golf et autres aménagements dans le désert. Il a en outre souligné que l’évaporation annuelle au niveau du haut barrage d’Assouan dépasse de loin la quantité d’eau stockée dans les réservoirs éthiopiens. Getachew a déclaré que le régime égyptien s’était systématiquement employé à déstabiliser l’Éthiopie — d’où provient la plus grande partie des eaux du Nil — et le Soudan, qui dispose d’un potentiel d’irrigation considérable. L’instabilité au Soudan, a-t-il fait valoir, sert les intérêts de l’Égypte en empêchant ce pays d’exploiter pleinement le fleuve. Il a évoqué ce qu’il a qualifié de double standard flagrant : alors que les Frères musulmans sont interdits et réprimés en Égypte, les autorités égyptiennes ont soutenu des éléments liés aux Frères musulmans au Soudan. Il a qualifié les manœuvres politiques de l’Égypte de manque de vision à long terme. Getachew a été catégorique : la meilleure option pour l’Égypte est d’abandonner sa stratégie qui a échoué, de s’entendre avec l’Éthiopie et d’œuvrer en faveur de la stabilité régionale. Il a souligné qu’une Éthiopie et un Soudan stables ne porteraient jamais atteinte aux intérêts légitimes de l’Égypte. Il a fait valoir que l’Éthiopie, en tant que pays riverain en amont, a tout à fait le droit d’utiliser ses ressources en eau, tout en précisant : « Le problème de l’Égypte, c’est qu’elle ne parvient pas à accepter la réalité. » « Mon conseil est le suivant : la réalité a changé, et ce pour toujours. Tenter d’imposer sa propre vision de la science, de la climatologie et de l’hydrologie aux pays en amont est anachronique et contre-productif. Son implication massive dans des activités déstabilisatrices dans la région est tout aussi contre-productive — et potentiellement dangereuse pour elle-même. » Toute véritable négociation ou médiation, a-t-il insisté, doit réunir les deux parties autour de la table et s’ancrer dans la réalité et la science, et non dans la politique. « La géographie est stable. On ne peut pas changer la géographie », a déclaré Getachew.
« L'accès à la mer Rouge est un enjeu vital pour l'Éthiopie », selon un chercheur de l'UAA
Sep 19, 2026 213
Addis Ababa le 19 septembre, 2026 (ENA) L'accès à la mer Rouge est un enjeu vital pour l'Éthiopie, avec des implications pour la sécurité, la souveraineté, l'économie et l'influence diplomatique du pays, a déclaré un chercheur de l'université d'Addis-Abeba. Tesfaye Jima, chercheur à l'université d'Addis-Abeba, a tenu ces propos lors d'un entretien exclusif accordé à l'ENA, affirmant que l'intérêt de l'Éthiopie pour la mer Rouge allait bien au-delà du commerce. La croissance démographique de l’Éthiopie et ses besoins économiques futurs font de l’accès à la mer une préoccupation nationale majeure, a-t-il déclaré, s’interrogeant sur la manière dont le pays pourra répondre à ses besoins futurs et maintenir son influence tout en restant enclavé. « La mer Rouge est un enjeu existentiel pour l’Éthiopie », a-t-il déclaré, soulignant que l’accès à la mer est essentiel pour les importations et les exportations, ainsi que pour la pêche et la production agricole. L’accès à la mer permettrait à l’Éthiopie d’exercer un plus grand contrôle sur ses activités économiques et de renforcer sa sécurité et sa souveraineté, a-t-il ajouté. « Nous avons besoin de la mer Rouge pour exercer notre influence à l’échelle régionale et mondiale », a-t-il déclaré. L’intérêt de l’Éthiopie pour la mer Rouge revêt également une dimension régionale, a-t-il ajouté, faisant valoir qu’un engagement accru pourrait contribuer à la paix, à la sécurité et à la coopération économique dans la région. Le potentiel démographique et économique de l’Éthiopie pourrait lui permettre de jouer un rôle plus important dans les affaires régionales, a-t-il indiqué, soulignant l’importance de développer ses capacités maritimes et navales. Le retour de l’Éthiopie en mer Rouge et sa participation accrue aux mécanismes régionaux pourraient profiter aux pays de la région en favorisant la coopération en matière de paix, de sécurité et de développement, a-t-il fait valoir. Sur le plan juridique, l’Éthiopie a signé des traités, accords et conventions internationaux relatifs à ses intérêts en mer Rouge et sur le Nil, a-t-il déclaré. Les accords et documents historiques, y compris ceux remontant aux années 1870, devraient être étudiés et présentés, accompagnés de preuves, par la voie diplomatique, dans le cadre des efforts déployés par l’Éthiopie pour expliquer sa position et ses intérêts nationaux, a-t-il ajouté. M. Tesfaye a également souligné l’importance de la recherche et de la sensibilisation du public, appelant les universitaires à mener des études fondées sur des données factuelles et à impliquer les grandes institutions internationales, tandis que les médias devraient aider le public à mieux comprendre cette question. L’unité nationale et la coopération sont essentielles pour défendre les intérêts de l’Éthiopie en matière d’accès à la mer, a-t-il déclaré, ajoutant que les intérêts nationaux devaient servir le pays, son peuple et les générations futures. L’Éthiopie doit défendre ses intérêts par le biais d’une diplomatie pacifique, tout en relevant les défis internes et en renforçant la paix et la stabilité sur son territoire, a-t-il déclaré. Il a cité l’expérience de l’Éthiopie dans la promotion du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne par le biais d’un engagement diplomatique comme un exemple de défense des intérêts nationaux par des moyens pacifiques. Le programme de l’Éthiopie en matière d’accès à la mer doit donc être considéré comme un enjeu national à long terme nécessitant de la recherche, de la diplomatie, une sensibilisation du public et de la coopération, a-t-il conclu.
Les responsables éthiopiens soulignent l'importance stratégique de l'accès à la mer Rouge
Sep 18, 2026 460
Addis Ababa le 18 septembre, 2026 (ENA) De hauts responsables éthiopiens ont souligné l’importance stratégique de l’accès à la mer Rouge, en l’associant au développement économique du pays, à la sécurité nationale, à l’intégration régionale et aux relations diplomatiques avec les partenaires voisins et internationaux au sens large. Ces remarques ont été formulées lors d’une table ronde sur le Nil et l’accès à la mer, organisée par l’Addis Ababa Leadership Academy, qui a réuni des responsables gouvernementaux, des universitaires et d’autres participants invités afin d’examiner ces deux questions et leurs implications pour les intérêts nationaux à long terme de l’Éthiopie. Les participants ont souligné que les intérêts de l’Éthiopie en matière d’accès maritime devaient être défendus par le biais d’un dialogue pacifique, d’un engagement diplomatique, d’une coopération et d’accords fondés sur l’intérêt mutuel. Kejela Merdasa, conseiller du Premier ministre chargé de la jeunesse et des sports, s’est exprimé lors de l’ouverture de la table ronde et a déclaré que la mer Rouge constituait depuis longtemps un corridor majeur pour le commerce international et qu’elle revêtait une importance croissante dans la géopolitique mondiale et régionale. Le ministre Kejela a également mis en avant les liens historiques de l’Éthiopie avec la région de la mer Rouge, notamment les relations de longue date entre la civilisation d’Aksoum et la péninsule arabique, en particulier le sud du Yémen. Au-delà de son importance historique, M. Kejela a déclaré que la mer Rouge avait acquis une importance géopolitique et militaire croissante en raison des intérêts stratégiques et de la présence de grandes puissances régionales et mondiales. Pour l’Éthiopie, a-t-il ajouté, l’accès à la mer Rouge a des implications qui vont au-delà du commerce maritime, notamment en matière d’infrastructures logistiques, de compétitivité économique, de sécurité énergétique, de sécurité nationale, d’intégration régionale et de relations diplomatiques avec le reste du monde. Il a en outre souligné la nécessité de considérer les intérêts de l’Éthiopie dans la mer Rouge et le Nil comme des éléments interdépendants des intérêts nationaux à long terme du pays. L’ambassadrice Dina Mufti, membre de la Chambre des représentants des peuples, a de même établi un lien entre l’intérêt de l’Éthiopie pour l’accès maritime et son histoire, sa géographie, sa population, son développement économique et ses besoins en matière de sécurité. M. Mufti a souligné que cette question devait être traitée par des moyens pacifiques et diplomatiques, notamment le dialogue, les accords, la coopération et l’intérêt mutuel. Il a également insisté sur le fait que l’Éthiopie n’avait aucune intention d’envahir un autre pays. « L’accès à la mer fait partie de nos priorités nationales permanentes », a déclaré M. Mufti. Il a appelé à un débat intellectuel et public soutenu sur cette question, parallèlement à un engagement diplomatique renforcé avec les pays voisins, les États africains et la communauté internationale. Tasew Gebre, président de l’Académie de leadership d’Addis-Abeba, a déclaré que l’accès à la mer et le Nil étaient étroitement liés au développement économique futur de l’Éthiopie, à sa sécurité nationale et à l’intégration régionale. Le président a souligné l’importance de résoudre les différends par le dialogue, la confiance, les cadres juridiques et les intérêts communs, notant que le développement d’un pays ne devait pas nécessairement être perçu comme une menace par un autre. Selon lui, l’Académie cherche à intégrer la recherche universitaire et les idées dans les débats publics et à contribuer à un dialogue visant à préserver les intérêts nationaux, à promouvoir les intérêts communs et à créer des opportunités de coopération régionale. Le débat a mis en évidence l’intérêt croissant porté en Éthiopie à la relation entre l’accès à la mer, le Nil, le développement économique et la sécurité régionale. Les intervenants ont souligné que la diplomatie, le dialogue et les accords négociés constituaient le fondement permettant de défendre les intérêts de l’Éthiopie tout en favorisant la stabilité et la coopération dans l’ensemble de la Corne de l’Afrique et de la région de la mer Rouge.
Le régime érythréen internationalise le conflit : Getachew, conseiller du Premier ministre
Sep 18, 2026 371
Addis Ababa le 18 septembre, 2026 (ENA) Le régime érythréen cherche à internationaliser le conflit dans la région en s’appuyant sur le TPLF et d’autres groupes armés, a déclaré Getachew Reda, ministre et conseiller du Premier ministre éthiopien pour les affaires de l’Afrique de l’Est. S’adressant à Pulse of Africa, Getachew, qui a également été président de l’Administration régionale provisoire du Tigré, a déclaré : « C’est l’Érythrée qui mène cette campagne visant à internationaliser le conflit… » Selon le conseiller, le régime d’Asmara déploie également tous les efforts possibles pour élargir le conflit en impliquant des groupes armés et en encourageant le déploiement de jeunes au-delà des frontières éthiopiennes. Il a ajouté que les informations faisant état de personnes capturées, tuées ou blessées étaient extrêmement préoccupantes. Getachew a en outre révélé que d’anciens adversaires avaient mis de côté leurs divergences pour poursuivre un objectif commun, avertissant que de telles alliances pourraient, à terme, aggraver l’instabilité dans toute la Corne de l’Afrique. Il a qualifié l’alliance entre l’ancien Front populaire de libération du Tigré et l’Érythrée de « mariage de convenance » entre des « alliés de circonstance » incapables de s’entendre sur les questions majeures, la qualifiant de recette pour un désastre. Getachew a déclaré : « Je ne perds pas le sommeil à cause de cette question en particulier », en référence à cette alliance. Mais il a averti qu’une alliance de « coéquipiers improbables », dont les membres sont en désaccord sur des questions majeures, pourrait finalement s’avérer être une « recette pour le désastre ». On qualifie souvent la politique d’« art du possible ». Pourtant, selon Getachew Reda, ce dernier regroupement montre que les intérêts politiques peuvent unir même d’anciens ennemis — prouvant, dans ce cas précis, que la politique peut aussi être l’art de l’impossible. Il a noté que le TPLF avait reçu pour « ordre du jour » de provoquer des affrontements avec les forces fédérales et de s'allier à des groupes armés de la région d'Amhara. Getachew a en outre déclaré que le gouvernement érythréen cherchait à maintenir l'Éthiopie dans l'instabilité en coordonnant ses actions avec différents groupes opposés au gouvernement fédéral. Il a également affirmé que l'Érythrée bénéficiait du soutien de l'Égypte dans ces efforts. « Le président Isaias bénéficie, dans cette entreprise, du soutien de pays comme l’Égypte. Nous en avons la certitude », a souligné Getachew. « Le gouvernement fédéral a fait preuve d’une retenue maximale jusqu’à présent, malgré des provocations ici et là », a-t-il déclaré, ajoutant que le gouvernement avait largement suivi une stratégie de confinement. Il a toutefois averti que la situation pourrait évoluer si des groupes armés lançaient des attaques, risquant ainsi de transformer un affrontement localisé en un conflit régional de plus grande ampleur. Le conseiller a insisté sur la nécessité pour la communauté internationale d'exercer des pressions sur le régime érythréen et sur d'autres acteurs qu'il a qualifiés de « saboteurs de la paix », afin d'empêcher une nouvelle guerre dévastatrice dans la région.
Le stéréotype égyptien sur les pays du bassin du Nil fait plus de mal que de bien : un chercheur chevronné
Sep 17, 2026 365
Addis Ababa le 17 septembre, 2026 (ENA) L’instrumentalisation politique du Nil par l’Égypte et la représentation stéréotypée des pays du bassin du Nil ont favorisé l’émergence de perceptions négatives au sein de l’opinion publique égyptienne à l’égard des pays du bassin en général, et de l’Éthiopie en particulier, a déclaré à l’ENA Abdushakur Abdussamad, chercheur senior au Centre d’études stratégiques et d’initiative d’intégration. « Cette représentation, cette instrumentalisation, cette utilisation intensive des médias et ces campagnes médiatiques massives finissent par être plus néfastes pour l’opinion publique égyptienne qu’elles ne sont efficaces », a déclaré Abdushakur. Il a expliqué que l’opinion publique égyptienne a été conditionnée à croire que le Nil est la seule source d’eau permettant à l’Égypte de subvenir à ses besoins. « Cela implique que tout projet de développement entrepris par un autre pays sur le Nil se ferait au détriment de la part d’eau revenant au peuple égyptien, ancrant profondément cette idée dans la psyché de l’opinion publique égyptienne. » Le chercheur senior a noté que ce cadrage sert, dans une large mesure, un objectif médiatique visant à détourner l’attention des problèmes sociaux, politiques et économiques internes à l’Égypte. « Cela contribue à son tour à véhiculer une image fortement biaisée et stéréotypée des autres pays du bassin du Nil. En conséquence, les générations qui ont grandi avec ce discours l’acceptent comme une vérité absolue, alors que la réalité qu’il faut mettre en avant est que cette ressource en eau est partagée, et non la propriété exclusive de l’Égypte », a-t-il expliqué. Abdushakur a déclaré que la question avait ainsi été détournée d’un projet de développement intégrateur pour devenir une initiative exploitée à des fins politiques. Ce chercheur chevronné a souligné que l’Égypte disposait de nombreuses autres ressources en eau. Le pays est bordé par la mer Méditerranée au nord et la mer Rouge à l’est, et dispose également de réserves d’eau souterraines. « Cependant, animés par le désir de disposer d’une ressource gratuite ne nécessitant aucune charge financière supplémentaire, nos frères égyptiens se concentrent sur le Nil et cherchent à conserver un droit de veto sur son utilisation. » Approfondissant le sujet du Nil, le chercheur principal a déclaré que l’Accord-cadre de coopération du bassin du Nil (CFA), également connu sous le nom d’Accord d’Entebbe, a confirmé que chacun a le droit de bénéficier des eaux du Nil. Il a souligné que cet accord international juridiquement contraignant sert désormais de cadre régissant les relations entre les pays du bassin du Nil. « Par conséquent, l’Éthiopie a tout à fait le droit d’en tirer profit et n’a jamais eu besoin d’autorisation, comme cela a été réaffirmé au cours des dernières décennies, pour exercer son droit légitime de répondre à ses besoins de développement, en particulier dans le domaine de l’hydroélectricité », a souligné Abdushakur. Il a déclaré qu’il devait être clair que l’Éthiopie n’avait pas besoin de demander l’autorisation de qui que ce soit, puisque l’hydroélectricité est une source d’électricité renouvelable, sûre et propre. Il a ajouté que le pays « s’acquittait donc de son rôle de manière responsable sans nuire à personne — un principe sur lequel l’Éthiopie insiste et dont la justesse a été prouvée, car la position éthiopienne est solide et n’a causé de préjudice à aucune partie ». Il a souligné que les ministres éthiopiens de l’Eau, actuels et anciens, ont déclaré que l’utilisation par l’Éthiopie des eaux du Nil — ainsi que de toutes ses ressources en eau dans les fleuves qui alimentent les pays voisins — constituait un droit inhérent. « Imaginez simplement qu’un pays qui fournit plus de 86 % des eaux du Nil Bleu se voie interdire l’utilisation de cette ressource vitale. Il s’agit à la fois d’une injustice et d’un parti pris considérable. » Le chercheur principal a déclaré que l’Éthiopie, dès le début, avait invité les pays en aval et de transit à négocier au sujet du Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD), allant même jusqu’à proposer un partenariat pour le financement, la construction et l’exploitation. « Malheureusement, cette invitation n’a pas été accueillie comme il sied à des partenaires partageant un destin commun. » Abdushakur a ajouté que cette question avait été détournée d’un projet de développement intégrateur pour devenir une initiative exploitée à des fins politiques. « Mais l’instrumentalisation politique est éphémère, même si la fracture qu’elle crée dans l’opinion publique peut s’avérer difficile à surmonter à court terme. »
Un consensus se dessine sur le rôle de l'Éthiopie dans les affaires de la mer Rouge : chercheur de l'IFA
Sep 17, 2026 465
Addis Ababa le 17 septembre, 2026 (ENA) « La quête de l’Éthiopie pour un accès souverain à la mer Rouge fait l’objet d’un consensus croissant », a déclaré Gizachew Asrat, chef de cabinet et chercheur principal chargé de la Corne de l’Afrique à l’IFA. Dans un entretien exclusif accordé à l’ENA, M. Gizachew a indiqué que la quête d’un accès à la mer par l’Éthiopie prenait de l’ampleur et constituait un atout majeur pour la région de la mer Rouge. Il a souligné qu’« il existe un large consensus sur les questions relatives à l’accès de l’Éthiopie à la mer ou à sa présence en mer ». Aujourd’hui, l’accès de l’Éthiopie à la mer est de plus en plus considéré comme un droit stratégique légitime, motivé par la croissance démographique et économique du pays, l’expansion de ses échanges commerciaux à l’importation et à l’exportation, ainsi que par des intérêts de sécurité nationaux et régionaux pressants. La proximité géographique du pays avec la mer Rouge, associée à ses liens historiques avec les ports de la région, reste au cœur de son argumentaire en faveur de la recherche d’un débouché maritime durable. L’Éthiopie a historiquement administré les ports de Massawa et d’Assab et disposait de capacités navales avant la sécession de l’Érythrée. Le chercheur principal a en outre déclaré qu’il existait un consensus selon lequel l’Éthiopie devait être tournée vers la mer et jouer un rôle majeur dans ce domaine, tant sur le plan économique que sécuritaire. Il a souligné l’importance de renforcer la confiance et la coopération entre les pays voisins et au sein de la communauté internationale. Le chercheur a notamment insisté sur la nécessité de comprendre les véritables intentions qui sous-tendent la quête d’un accès à la mer de l’Éthiopie. « Les aspects géopolitiques, géoéconomiques, technologiques et énergétiques, ainsi que tous les autres, sont interconnectés et étroitement liés entre le milieu maritime, la mer et la terre », a-t-il déclaré. M. Gizachew a précisé que la nature interdépendante des défis régionaux exigeait des pays qu’ils se concentrent sur les menaces et les intérêts communs plutôt que de traiter la sécurité maritime et terrestre comme des questions distinctes. À cet égard, le rétablissement d’un accès fiable à la mer pour l’Éthiopie est essentiel pour la paix, l’intégration régionale et la sécurité collective de la Corne de l’Afrique et au-delà, a-t-il affirmé. « L’implication de l’Éthiopie dans la plateforme de la mer Rouge est un atout pour la région », a déclaré M. Gizachew, soulignant l’importance de la coopération et du partenariat régionaux. La sécurité maritime doit également être examinée sous l’angle de perspectives géopolitiques et géoéconomiques plus larges, compte tenu notamment de l’importance stratégique des voies navigables mondiales et de la concurrence qui les entoure. M. Gizachew a en outre souligné que l’Éthiopie fait partie intégrante du système économique et sécuritaire mondial et qu’elle doit donc continuer à s’impliquer dans les questions touchant à la mer Rouge et aux voies maritimes internationales. « Nous faisons partie du monde et nous devons y jouer un rôle ; il est indéniable que l’Éthiopie devrait avoir un accès à la mer ou être bordée par la mer », a-t-il déclaré. Il a souligné l’importance de collaborer étroitement avec les États et les institutions de la région, notant que le retour de l’Éthiopie à la mer serait non seulement déterminant pour son intérêt national, mais également crucial pour garantir la stabilité régionale. Compte tenu de sa population nombreuse, de son économie en pleine croissance et de sa situation stratégique, le retour de l’Éthiopie à la mer constitue un impératif géopolitique vital pour garantir la sécurité maritime dans la Corne de l’Afrique et, plus largement, dans le corridor de la mer Rouge, a souligné le chercheur principal. En tant que nation enclavée la plus peuplée au monde, la volonté stratégique du pays de renouer avec les corridors de la mer Rouge et du golfe d’Aden constitue un pilier fondamental tant pour sa survie nationale que pour son intégration géopolitique au sens large.
Politique
« L'accès souverain à la mer est inévitable pour l'Éthiopie », déclare Birhanu Lenjiso
Sep 20, 2026 143
Addis Ababa le 20 septembre, 2026 (ENA) La quête de l’Éthiopie pour un accès fiable à la mer Rouge est un impératif national incontournable, a déclaré Birhanu Lenjiso, cofondateur et ancien directeur adjoint de l’Institut de recherche sur les politiques de l’Afrique de l’Est (EAPRI). Birhanu, auteur de l’ouvrage *Water : « Ethiopia’s Gateway to Prosperity »*, a déclaré à l’ENA que la croissance démographique de l’Éthiopie, l’expansion de son économie et sa position stratégique dans la Corne de l’Afrique font de l’obtention d’un accès à la mer un objectif national inévitable. La quête d’un accès à la mer par l’Éthiopie doit également être replacée dans le contexte plus large de l’Abay/du Nil ; il a en effet fait valoir que les dynamiques politiques et stratégiques entourant ces deux questions sont étroitement liées. Évoquant les relations historiques de l’Éthiopie avec la mer, il a mis en avant la civilisation d’Aksoum, qui était étroitement associée au commerce maritime et aux liens commerciaux à travers la mer Rouge. Pour M. Birhanu, l’intérêt de l’Éthiopie pour l’accès à la mer dépasse donc ses besoins économiques et logistiques immédiats. « Nous ne réclamons pas vraiment l’accès à la mer parce que nous avons besoin d’un port, ni parce que notre population est nombreuse, ni parce que notre économie est en pleine croissance », a-t-il déclaré. Il a fait valoir que l’expérience historique de l’Éthiopie et ses liens de longue date avec le commerce maritime devraient faire partie des arguments avancés par le pays lorsqu’il s’adresse à la communauté internationale au sujet de l’accès à la mer. M. Birhanu, qui est également ancien ministre d’État chargé du développement de l’irrigation, a déclaré que l’Éthiopie devrait renforcer ce discours en associant des preuves historiques à des considérations économiques et stratégiques contemporaines. Il a décrit l’accès à la mer comme « faisant partie intégrante de l’identité éthiopienne », affirmant que la dimension historique ne devait pas être négligée dans les discussions sur les relations de l’Éthiopie avec la mer Rouge et l’environnement maritime au sens large. Dans ce contexte, M. Birhanu a déclaré que l’objectif de l’Éthiopie était de diversifier son accès à la mer et de mettre en place des accords garantissant une plus grande fiabilité. « Tout ce que demande l’Éthiopie, c’est de disposer d’un accès diversifié à la mer », a-t-il déclaré. Il a ajouté que le marché éthiopien, vaste et en pleine croissance, conférait à l’accès maritime une dimension économique plus large, tandis que les développements en mer Rouge et dans la Corne de l’Afrique ont rendu cette question de plus en plus importante d’un point de vue régional. Selon M. Birhanu, l’accès de l’Éthiopie à la mer pourrait générer des retombées positives au-delà des frontières du pays, en reliant plus directement sa grande économie au commerce maritime régional et en stimulant l’activité économique dans toute la Corne de l’Afrique. Il a déclaré que l’Éthiopie n’avait pas nécessairement besoin de s’en tenir à un modèle unique d’accès maritime, évoquant plutôt toute une série d’accords possibles avec les États côtiers. Ceux-ci pourraient inclure des contrats de location à long terme, des corridors d’infrastructures et des projets de transport et de logistique développés conjointement, a-t-il précisé. Il a cité l’utilisation de longue date par l’Éthiopie du corridor de Djibouti comme exemple illustrant comment les infrastructures transfrontalières et les intérêts économiques peuvent donner lieu à des accords mutuellement avantageux. Dans le même temps, M. Birhanu a déclaré que la dépendance à l’égard d’une seule grande voie maritime créait des vulnérabilités, ce qui rendait la diversification essentielle pour les intérêts économiques à long terme de l’Éthiopie. Interrogé sur le caractère inévitable de la quête d’un accès maritime par l’Éthiopie, M. Birhanu a répondu que la trajectoire démographique et économique du pays continuerait à renforcer l’importance de garantir un accès fiable aux voies maritimes internationales. Il a également établi un lien entre les aspirations maritimes de l’Éthiopie et la dynamique plus large en matière de sécurité et d’économie dans la Corne de l’Afrique. Il a souligné que la région disposait d’un vaste littoral et occupait une position stratégique le long des principales routes maritimes internationales, tout en étant confrontée à des défis persistants en matière de sécurité. Selon lui, une plus grande intégration économique entre l’Éthiopie et les États côtiers pourrait contribuer au commerce, au développement des infrastructures et à la stabilité régionale. Il a fait valoir que l’important marché de consommation et le potentiel économique de l’Éthiopie pourraient devenir un atout pour les pays côtiers si des modalités d’accès et des infrastructures appropriées étaient mises en place. M. Birhanu a déclaré que l’accès maritime de l’Éthiopie et sa position sur le Nil reposaient sur ce qu’il a décrit comme un principe sous-jacent commun : l’utilisation équitable des ressources régionales. Il a fait valoir que les discussions de l’Éthiopie concernant l’Abay/le Nil et sa quête d’un accès à la mer Rouge ne devaient donc pas être considérées comme des questions stratégiques totalement distinctes. « Je ne considère pas vraiment l’accès maritime ou le défi que cela représente comme un sujet distinct. Je pense que cela est étroitement lié à la question du Nil. Les deux cours d’eau sont distincts, mais leurs enjeux politiques sont étroitement liés », a-t-il déclaré. Il a ajouté que l’approche de l’Éthiopie était axée sur le développement et l’accès équitable plutôt que sur le contrôle des ressources d’autres pays. « Nous réclamons l’équité partout. Nous réclamons le développement. Nous ne réclamons pas la domination », a déclaré M. Birhanu. Il a affirmé que les aspirations maritimes de l’Éthiopie devaient, en fin de compte, s’inscrire dans l’objectif plus large de renforcer l’intégration économique régionale et de permettre au pays de participer plus directement au commerce maritime. « Nous ne cherchons pas la confrontation sur le Nil. Nous ne cherchons pas la confrontation en mer Rouge. Nous recherchons la coopération », a-t-il déclaré. M. Birhanu a ajouté qu’une telle approche permettrait à l’Éthiopie de faire valoir ses intérêts économiques tout en créant des opportunités pour les pays côtiers et en contribuant au développement et à la sécurité de l’ensemble de la Corne de l’Afrique et de la région de la mer Rouge.
L'engagement de l'Éthiopie au sein des BRICS marque une nouvelle ère de partenariat mondial et d'opportunités économiques
Sep 20, 2026 119
Par un rédacteur Le 20 septembre, 2026 (ENA) La participation de l'Éthiopie au 18e sommet des dirigeants du BRICS à New Delhi a marqué un tournant important dans l'élargissement de l'engagement international du pays et dans sa quête d'une croissance économique inclusive. Ce sommet, organisé sous le thème « Construire pour la résilience, l'innovation, la coopération et la durabilité », a réuni les dirigeants des principales économies émergentes afin de renforcer la coopération dans les domaines du commerce, de l'investissement, de la technologie, de l'action climatique et du développement durable. L'adoption de la Déclaration de New Delhi, qui comprenait 140 points de consensus, a démontré l'engagement commun des membres du BRICS et des pays partenaires à approfondir la coopération et à créer de nouvelles opportunités pour les économies en développement. Pour l'Éthiopie, ce sommet a constitué une occasion précieuse de mettre en avant ses efforts de transformation, de présenter des opportunités d'investissement et de renforcer les partenariats qui soutiennent ses objectifs nationaux de développement. Renforcer l'intégration mondiale et les partenariats de développement de l'Éthiopie La participation active de l'Éthiopie au sommet a suscité un vif intérêt, les dirigeants des pays du BRICS ayant exprimé leur soutien à plusieurs initiatives internationales importantes du pays. Le BRICS a réaffirmé son soutien au processus d'adhésion en cours de l'Éthiopie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), reconnaissant les efforts déployés par le pays pour renforcer son intégration dans le commerce mondial et élargir la coopération économique avec ses partenaires internationaux. Le sommet a également marqué une avancée pour le rôle de l'Éthiopie dans la diplomatie aéronautique mondiale. Les dirigeants des pays du BRICS ont soutenu la candidature de l'Éthiopie à un siège élargi au Conseil de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), après que l'Union africaine eut désigné l'Éthiopie comme seul candidat africain. Cette reconnaissance reflète la contribution croissante de l'Éthiopie à la connectivité continentale, au développement de l'aviation et à la coopération internationale. L'une des principales réalisations mises en avant lors du sommet a été la préparation de l'Éthiopie à accueillir la 32e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP32) à Addis-Abeba en 2027. Le soutien des dirigeants des pays du BRICS offre à l'Éthiopie l'occasion de mettre en avant les priorités de l'Afrique en matière de climat, de promouvoir des solutions de développement vert et d'encourager une coopération internationale renforcée sur l'adaptation au changement climatique, les énergies renouvelables et le financement climatique. S'exprimant lors du sommet, le Premier ministre Abiy Ahmed a présenté une vision de partenariat entre les pays du BRICS et l'Afrique fondée sur une croissance partagée et des avantages mutuels. Il a souligné que les abondantes ressources naturelles de l'Afrique, associées aux investissements, aux technologies et à l'expertise mondiaux, peuvent créer une plus grande valeur économique et accélérer le développement industriel à travers le continent. Le Premier ministre a mis en avant la transformation agricole de l'Éthiopie comme un exemple de progrès national. Il a souligné les avancées réalisées par le pays pour passer d'une dépendance vis-à-vis du blé importé à une capacité de production nationale accrue. Cette évolution, a-t-il expliqué, offre à l'Éthiopie la possibilité de participer à des initiatives telles que la Bourse des céréales des BRICS proposée, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire régionale et à la coopération agricole. L'Éthiopie a également souligné l'importance de l'innovation et de la technologie dans la construction de l'économie de demain. Le Premier ministre Abiy a mis en avant l'intelligence artificielle comme un domaine clé de coopération et a appelé à des partenariats dans la recherche sur l'IA, le développement des infrastructures numériques, les capacités de calcul et la gouvernance responsable des technologies. Ces priorités soutiennent l'ambition de l'Éthiopie de bâtir une économie fondée sur la connaissance, portée par l'innovation, le développement des compétences et la transformation numérique. Sur le plan financier, l'Éthiopie a participé activement aux discussions économiques du BRICS par l'intermédiaire de la délégation de la Banque nationale d'Éthiopie, dirigée par le gouverneur Eyob Tekalign. L'Éthiopie a présenté ses réformes économiques en cours, notamment les mesures relatives aux devises, les améliorations de la politique monétaire et les initiatives de restructuration budgétaire visant à renforcer la résilience économique et à créer un environnement plus attractif pour les investisseurs. Renforcement des relations bilatérales avec les pays du BRICS et les partenaires mondiaux Au-delà des discussions multilatérales, le sommet du BRICS a offert à l'Éthiopie une tribune importante pour renforcer ses relations bilatérales avec des partenaires mondiaux clés. Le Premier ministre Abiy Ahmed a tenu des entretiens de haut niveau avec les dirigeants de l'Inde, de la Chine, de la Russie, de l'Iran, de la Malaisie et des Émirats arabes unis, axés sur le commerce, l'investissement, le transfert de technologies, le développement des infrastructures, la coopération énergétique et les relations diplomatiques. La rencontre avec le Premier ministre indien Narendra Modi a mis en avant les relations de longue date entre l'Éthiopie et l'Inde, notamment dans des domaines tels que le commerce, l'investissement, l'éducation, l'industrie pharmaceutique, l'agriculture et la technologie. L'Inde reste l'un des partenaires économiques majeurs de l'Éthiopie, les entreprises indiennes étant présentes dans des secteurs tels que l'industrie manufacturière, l'agriculture et les infrastructures. Les discussions ont également mis l'accent sur l'élargissement de la coopération dans les domaines des technologies numériques, du renforcement des capacités et du développement industriel. Les échanges de l'Éthiopie avec le président chinois Xi Jinping ont encore renforcé le partenariat stratégique entre les deux pays. L'Éthiopie et la Chine entretiennent une coopération étendue dans les domaines du développement des infrastructures, des transports, des télécommunications, de l'industrie manufacturière et des parcs industriels. Les discussions ont porté sur l'élargissement de la coopération économique, l'encouragement à davantage d'investissements et le renforcement des partenariats de développement dans le cadre plus large de la coopération sino-africaine. Les discussions avec le président russe Vladimir Poutine ont porté sur l'élargissement de la coopération dans des domaines tels que l'énergie, la technologie, l'éducation, l'agriculture et les relations économiques. L'Éthiopie et la Russie entretiennent des liens diplomatiques historiques, et les deux parties ont exprimé leur intérêt pour un renforcement de la coopération dans les secteurs contribuant au développement économique et aux priorités nationales. L'Éthiopie a également eu des discussions avec le président iranien Masoud Pezeshkian sur les possibilités de renforcer la coopération dans les domaines du commerce, de l'industrie, de l'agriculture, de la technologie et des échanges scientifiques. Les deux pays ont exploré les moyens d'approfondir leurs relations économiques et d'accroître leur collaboration dans des domaines d'intérêt mutuel. La rencontre avec le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim a été l'occasion de renforcer la coopération en matière d'investissement, d'éducation, d'agriculture, de tourisme et de développement industriel. L'Éthiopie s'est efforcée d'attirer les investissements et l'expertise malaisiens, en particulier dans les secteurs de l'industrie manufacturière et du développement économique. Les échanges entre l'Éthiopie et le prince héritier d'Abou Dhabi, Cheikh Khaled bin Mohamed bin Zayed Al Nahyan, ont mis en évidence le partenariat croissant entre l'Éthiopie et les Émirats arabes unis. Les Émirats arabes unis sont devenus un partenaire important de l'Éthiopie grâce à des investissements dans la logistique, l'agriculture, les énergies renouvelables, le commerce et la coopération financière. Les discussions ont mis l'accent sur l'élargissement des opportunités d'investissement et le renforcement des liens économiques. Ces échanges bilatéraux ont illustré la stratégie de l'Éthiopie visant à diversifier ses partenariats internationaux et à attirer des investissements provenant de différentes régions du monde. Grâce à des relations diplomatiques et économiques plus solides, l'Éthiopie vise à multiplier les opportunités commerciales, à accéder à des technologies de pointe, à promouvoir l'industrialisation et à soutenir le développement durable. Au-delà des priorités nationales de l'Éthiopie, le sommet des BRICS a abordé des enjeux mondiaux plus larges, notamment la nécessité d'une représentation accrue des pays en développement au sein des institutions internationales. Les dirigeants ont souligné l'importance de la coopération, de l'équité et des solutions durables pour relever les défis mondiaux. Conclusion La participation de l'Éthiopie au sommet des BRICS a démontré la confiance, l'ambition et l'engagement croissants du pays en faveur de la coopération internationale. Le soutien apporté à l'adhésion de l'Éthiopie à l'OMC, à sa candidature à l'OACI et à son rôle de chef de file lors de la COP32, ainsi que les discussions sur les investissements, la technologie, l'agriculture et les partenariats financiers, ont ouvert de nouvelles perspectives de progrès économiques et diplomatiques. Ce sommet a permis à l'Éthiopie de mettre en avant ses réalisations en matière de développement et de présenter une vision fondée sur l'innovation, la productivité, la durabilité et le partenariat international. L'élargissement des relations bilatérales avec les membres du BRICS et d'autres partenaires mondiaux a encore renforcé la capacité de l'Éthiopie à attirer les investissements, à échanger des connaissances et à participer activement à la coopération économique mondiale. Grâce à un engagement continu auprès des économies émergentes et des institutions internationales, l'Éthiopie se positionne comme un contributeur actif au programme de développement de l'Afrique. Les résultats du sommet constituent une étape importante vers une intégration mondiale plus profonde, des partenariats plus solides et un rôle accru de l'Éthiopie dans la promotion d'une croissance et d'une prospérité partagées en Afrique et au-delà.
« Le gaspillage irresponsable de l'eau et la politique déstabilisatrice de l'Égypte sont contre-productifs » : Getachew Reda
Sep 19, 2026 322
Addis Ababa le 19 septembre, 2026 (ENA) Dans une analyse sans concession, Getachew Reda, ministre et conseiller du Premier ministre éthiopien pour les affaires de l’Afrique de l’Est, a qualifié la revendication de l’Égypte d’un contrôle exclusif sur le Nil de « fantasme dépassé » et a condamné son ingérence régionale, la jugeant à la fois contre-productive et dangereuse. Dans une interview exclusive accordée à The Pulse of Africa, Getachew a déclaré : « Les Égyptiens sont très doués pour créer une réalité artificielle. » Il a évoqué l’insistance de longue date de l’Égypte à considérer que le Nil lui appartient en propre — non pas comme une ressource partagée entre les pays en amont et en aval, mais comme quelque chose dont elle est entièrement propriétaire. Il a souligné l’audace de cette position, notant qu’il ne faudrait pas s’étonner si un Égyptien affirmait que l’Égypte elle-même est la source du Nil. Getachew a fait valoir que l’Égypte a fait preuve d’une formidable capacité à forcer la science à s’adapter à son discours. En politique, a-t-il déclaré, cela a engendré un profond sentiment de droit acquis, qu’ils appellent « droits historiques », à tel point qu’il serait presque impossible pour un Égyptien de croire qu’il existe des peuples qui se trouvent être à l’origine du Nil et qui pourraient en tirer parti — que ce soit pour l’énergie hydroélectrique, l’irrigation ou d’autres fins. S'appuyant sur les idées du philosophe italien Antonio Gramsci, il a fait valoir que l'Égypte a développé une hégémonie culturelle, sociale et historique sur la manière dont le Nil est perçu par les Égyptiens, qu'il a attribuée à ce qu'il a décrit comme une interprétation unilatérale de l'importance du fleuve. En conséquence, toute tentative des autres pays riverains d’utiliser ces ressources en eau est jugée inacceptable. Le conseiller a expliqué que la conception égyptienne des « droits historiques » se résume simplement à l’idée que celui qui a utilisé l’eau en premier doit continuer à l’utiliser indéfiniment. « Les droits historiques sont devenus obsolètes car ils sont inacceptables », a-t-il affirmé, ajoutant que le concept plus récent de « sécurité hydrique », promu dans les cercles internationaux, n’est qu’un autre nom pour désigner cette même revendication dépassée. Il a rejeté l’idée selon laquelle la question du Nil serait une question existentielle pour l’Égypte, arguant que les dirigeants égyptiens instrumentalisent cette question sous l’angle de la sécurité précisément parce qu’ils souhaitent préserver un monopole. « Les responsables politiques égyptiens entretiennent une relation très compliquée avec la réalité », a fait remarquer Getachew. Le ministre s’est montré sans détour au sujet de la gestion de l’eau en Égypte. L’Égypte figure parmi les pays ayant les pires pratiques en matière de gestion de l’eau, a-t-il affirmé, citant comme exemples de ce qu’il a qualifié de mauvaise gestion des ressources hydriques des projets très gourmands en eau tels que le programme de Toshka, notamment les terrains de golf et autres aménagements dans le désert. Il a en outre souligné que l’évaporation annuelle au niveau du haut barrage d’Assouan dépasse de loin la quantité d’eau stockée dans les réservoirs éthiopiens. Getachew a déclaré que le régime égyptien s’était systématiquement employé à déstabiliser l’Éthiopie — d’où provient la plus grande partie des eaux du Nil — et le Soudan, qui dispose d’un potentiel d’irrigation considérable. L’instabilité au Soudan, a-t-il fait valoir, sert les intérêts de l’Égypte en empêchant ce pays d’exploiter pleinement le fleuve. Il a évoqué ce qu’il a qualifié de double standard flagrant : alors que les Frères musulmans sont interdits et réprimés en Égypte, les autorités égyptiennes ont soutenu des éléments liés aux Frères musulmans au Soudan. Il a qualifié les manœuvres politiques de l’Égypte de manque de vision à long terme. Getachew a été catégorique : la meilleure option pour l’Égypte est d’abandonner sa stratégie qui a échoué, de s’entendre avec l’Éthiopie et d’œuvrer en faveur de la stabilité régionale. Il a souligné qu’une Éthiopie et un Soudan stables ne porteraient jamais atteinte aux intérêts légitimes de l’Égypte. Il a fait valoir que l’Éthiopie, en tant que pays riverain en amont, a tout à fait le droit d’utiliser ses ressources en eau, tout en précisant : « Le problème de l’Égypte, c’est qu’elle ne parvient pas à accepter la réalité. » « Mon conseil est le suivant : la réalité a changé, et ce pour toujours. Tenter d’imposer sa propre vision de la science, de la climatologie et de l’hydrologie aux pays en amont est anachronique et contre-productif. Son implication massive dans des activités déstabilisatrices dans la région est tout aussi contre-productive — et potentiellement dangereuse pour elle-même. » Toute véritable négociation ou médiation, a-t-il insisté, doit réunir les deux parties autour de la table et s’ancrer dans la réalité et la science, et non dans la politique. « La géographie est stable. On ne peut pas changer la géographie », a déclaré Getachew.
« L'accès à la mer Rouge est un enjeu vital pour l'Éthiopie », selon un chercheur de l'UAA
Sep 19, 2026 213
Addis Ababa le 19 septembre, 2026 (ENA) L'accès à la mer Rouge est un enjeu vital pour l'Éthiopie, avec des implications pour la sécurité, la souveraineté, l'économie et l'influence diplomatique du pays, a déclaré un chercheur de l'université d'Addis-Abeba. Tesfaye Jima, chercheur à l'université d'Addis-Abeba, a tenu ces propos lors d'un entretien exclusif accordé à l'ENA, affirmant que l'intérêt de l'Éthiopie pour la mer Rouge allait bien au-delà du commerce. La croissance démographique de l’Éthiopie et ses besoins économiques futurs font de l’accès à la mer une préoccupation nationale majeure, a-t-il déclaré, s’interrogeant sur la manière dont le pays pourra répondre à ses besoins futurs et maintenir son influence tout en restant enclavé. « La mer Rouge est un enjeu existentiel pour l’Éthiopie », a-t-il déclaré, soulignant que l’accès à la mer est essentiel pour les importations et les exportations, ainsi que pour la pêche et la production agricole. L’accès à la mer permettrait à l’Éthiopie d’exercer un plus grand contrôle sur ses activités économiques et de renforcer sa sécurité et sa souveraineté, a-t-il ajouté. « Nous avons besoin de la mer Rouge pour exercer notre influence à l’échelle régionale et mondiale », a-t-il déclaré. L’intérêt de l’Éthiopie pour la mer Rouge revêt également une dimension régionale, a-t-il ajouté, faisant valoir qu’un engagement accru pourrait contribuer à la paix, à la sécurité et à la coopération économique dans la région. Le potentiel démographique et économique de l’Éthiopie pourrait lui permettre de jouer un rôle plus important dans les affaires régionales, a-t-il indiqué, soulignant l’importance de développer ses capacités maritimes et navales. Le retour de l’Éthiopie en mer Rouge et sa participation accrue aux mécanismes régionaux pourraient profiter aux pays de la région en favorisant la coopération en matière de paix, de sécurité et de développement, a-t-il fait valoir. Sur le plan juridique, l’Éthiopie a signé des traités, accords et conventions internationaux relatifs à ses intérêts en mer Rouge et sur le Nil, a-t-il déclaré. Les accords et documents historiques, y compris ceux remontant aux années 1870, devraient être étudiés et présentés, accompagnés de preuves, par la voie diplomatique, dans le cadre des efforts déployés par l’Éthiopie pour expliquer sa position et ses intérêts nationaux, a-t-il ajouté. M. Tesfaye a également souligné l’importance de la recherche et de la sensibilisation du public, appelant les universitaires à mener des études fondées sur des données factuelles et à impliquer les grandes institutions internationales, tandis que les médias devraient aider le public à mieux comprendre cette question. L’unité nationale et la coopération sont essentielles pour défendre les intérêts de l’Éthiopie en matière d’accès à la mer, a-t-il déclaré, ajoutant que les intérêts nationaux devaient servir le pays, son peuple et les générations futures. L’Éthiopie doit défendre ses intérêts par le biais d’une diplomatie pacifique, tout en relevant les défis internes et en renforçant la paix et la stabilité sur son territoire, a-t-il déclaré. Il a cité l’expérience de l’Éthiopie dans la promotion du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne par le biais d’un engagement diplomatique comme un exemple de défense des intérêts nationaux par des moyens pacifiques. Le programme de l’Éthiopie en matière d’accès à la mer doit donc être considéré comme un enjeu national à long terme nécessitant de la recherche, de la diplomatie, une sensibilisation du public et de la coopération, a-t-il conclu.
Les responsables éthiopiens soulignent l'importance stratégique de l'accès à la mer Rouge
Sep 18, 2026 460
Addis Ababa le 18 septembre, 2026 (ENA) De hauts responsables éthiopiens ont souligné l’importance stratégique de l’accès à la mer Rouge, en l’associant au développement économique du pays, à la sécurité nationale, à l’intégration régionale et aux relations diplomatiques avec les partenaires voisins et internationaux au sens large. Ces remarques ont été formulées lors d’une table ronde sur le Nil et l’accès à la mer, organisée par l’Addis Ababa Leadership Academy, qui a réuni des responsables gouvernementaux, des universitaires et d’autres participants invités afin d’examiner ces deux questions et leurs implications pour les intérêts nationaux à long terme de l’Éthiopie. Les participants ont souligné que les intérêts de l’Éthiopie en matière d’accès maritime devaient être défendus par le biais d’un dialogue pacifique, d’un engagement diplomatique, d’une coopération et d’accords fondés sur l’intérêt mutuel. Kejela Merdasa, conseiller du Premier ministre chargé de la jeunesse et des sports, s’est exprimé lors de l’ouverture de la table ronde et a déclaré que la mer Rouge constituait depuis longtemps un corridor majeur pour le commerce international et qu’elle revêtait une importance croissante dans la géopolitique mondiale et régionale. Le ministre Kejela a également mis en avant les liens historiques de l’Éthiopie avec la région de la mer Rouge, notamment les relations de longue date entre la civilisation d’Aksoum et la péninsule arabique, en particulier le sud du Yémen. Au-delà de son importance historique, M. Kejela a déclaré que la mer Rouge avait acquis une importance géopolitique et militaire croissante en raison des intérêts stratégiques et de la présence de grandes puissances régionales et mondiales. Pour l’Éthiopie, a-t-il ajouté, l’accès à la mer Rouge a des implications qui vont au-delà du commerce maritime, notamment en matière d’infrastructures logistiques, de compétitivité économique, de sécurité énergétique, de sécurité nationale, d’intégration régionale et de relations diplomatiques avec le reste du monde. Il a en outre souligné la nécessité de considérer les intérêts de l’Éthiopie dans la mer Rouge et le Nil comme des éléments interdépendants des intérêts nationaux à long terme du pays. L’ambassadrice Dina Mufti, membre de la Chambre des représentants des peuples, a de même établi un lien entre l’intérêt de l’Éthiopie pour l’accès maritime et son histoire, sa géographie, sa population, son développement économique et ses besoins en matière de sécurité. M. Mufti a souligné que cette question devait être traitée par des moyens pacifiques et diplomatiques, notamment le dialogue, les accords, la coopération et l’intérêt mutuel. Il a également insisté sur le fait que l’Éthiopie n’avait aucune intention d’envahir un autre pays. « L’accès à la mer fait partie de nos priorités nationales permanentes », a déclaré M. Mufti. Il a appelé à un débat intellectuel et public soutenu sur cette question, parallèlement à un engagement diplomatique renforcé avec les pays voisins, les États africains et la communauté internationale. Tasew Gebre, président de l’Académie de leadership d’Addis-Abeba, a déclaré que l’accès à la mer et le Nil étaient étroitement liés au développement économique futur de l’Éthiopie, à sa sécurité nationale et à l’intégration régionale. Le président a souligné l’importance de résoudre les différends par le dialogue, la confiance, les cadres juridiques et les intérêts communs, notant que le développement d’un pays ne devait pas nécessairement être perçu comme une menace par un autre. Selon lui, l’Académie cherche à intégrer la recherche universitaire et les idées dans les débats publics et à contribuer à un dialogue visant à préserver les intérêts nationaux, à promouvoir les intérêts communs et à créer des opportunités de coopération régionale. Le débat a mis en évidence l’intérêt croissant porté en Éthiopie à la relation entre l’accès à la mer, le Nil, le développement économique et la sécurité régionale. Les intervenants ont souligné que la diplomatie, le dialogue et les accords négociés constituaient le fondement permettant de défendre les intérêts de l’Éthiopie tout en favorisant la stabilité et la coopération dans l’ensemble de la Corne de l’Afrique et de la région de la mer Rouge.
Le régime érythréen internationalise le conflit : Getachew, conseiller du Premier ministre
Sep 18, 2026 371
Addis Ababa le 18 septembre, 2026 (ENA) Le régime érythréen cherche à internationaliser le conflit dans la région en s’appuyant sur le TPLF et d’autres groupes armés, a déclaré Getachew Reda, ministre et conseiller du Premier ministre éthiopien pour les affaires de l’Afrique de l’Est. S’adressant à Pulse of Africa, Getachew, qui a également été président de l’Administration régionale provisoire du Tigré, a déclaré : « C’est l’Érythrée qui mène cette campagne visant à internationaliser le conflit… » Selon le conseiller, le régime d’Asmara déploie également tous les efforts possibles pour élargir le conflit en impliquant des groupes armés et en encourageant le déploiement de jeunes au-delà des frontières éthiopiennes. Il a ajouté que les informations faisant état de personnes capturées, tuées ou blessées étaient extrêmement préoccupantes. Getachew a en outre révélé que d’anciens adversaires avaient mis de côté leurs divergences pour poursuivre un objectif commun, avertissant que de telles alliances pourraient, à terme, aggraver l’instabilité dans toute la Corne de l’Afrique. Il a qualifié l’alliance entre l’ancien Front populaire de libération du Tigré et l’Érythrée de « mariage de convenance » entre des « alliés de circonstance » incapables de s’entendre sur les questions majeures, la qualifiant de recette pour un désastre. Getachew a déclaré : « Je ne perds pas le sommeil à cause de cette question en particulier », en référence à cette alliance. Mais il a averti qu’une alliance de « coéquipiers improbables », dont les membres sont en désaccord sur des questions majeures, pourrait finalement s’avérer être une « recette pour le désastre ». On qualifie souvent la politique d’« art du possible ». Pourtant, selon Getachew Reda, ce dernier regroupement montre que les intérêts politiques peuvent unir même d’anciens ennemis — prouvant, dans ce cas précis, que la politique peut aussi être l’art de l’impossible. Il a noté que le TPLF avait reçu pour « ordre du jour » de provoquer des affrontements avec les forces fédérales et de s'allier à des groupes armés de la région d'Amhara. Getachew a en outre déclaré que le gouvernement érythréen cherchait à maintenir l'Éthiopie dans l'instabilité en coordonnant ses actions avec différents groupes opposés au gouvernement fédéral. Il a également affirmé que l'Érythrée bénéficiait du soutien de l'Égypte dans ces efforts. « Le président Isaias bénéficie, dans cette entreprise, du soutien de pays comme l’Égypte. Nous en avons la certitude », a souligné Getachew. « Le gouvernement fédéral a fait preuve d’une retenue maximale jusqu’à présent, malgré des provocations ici et là », a-t-il déclaré, ajoutant que le gouvernement avait largement suivi une stratégie de confinement. Il a toutefois averti que la situation pourrait évoluer si des groupes armés lançaient des attaques, risquant ainsi de transformer un affrontement localisé en un conflit régional de plus grande ampleur. Le conseiller a insisté sur la nécessité pour la communauté internationale d'exercer des pressions sur le régime érythréen et sur d'autres acteurs qu'il a qualifiés de « saboteurs de la paix », afin d'empêcher une nouvelle guerre dévastatrice dans la région.
Le stéréotype égyptien sur les pays du bassin du Nil fait plus de mal que de bien : un chercheur chevronné
Sep 17, 2026 365
Addis Ababa le 17 septembre, 2026 (ENA) L’instrumentalisation politique du Nil par l’Égypte et la représentation stéréotypée des pays du bassin du Nil ont favorisé l’émergence de perceptions négatives au sein de l’opinion publique égyptienne à l’égard des pays du bassin en général, et de l’Éthiopie en particulier, a déclaré à l’ENA Abdushakur Abdussamad, chercheur senior au Centre d’études stratégiques et d’initiative d’intégration. « Cette représentation, cette instrumentalisation, cette utilisation intensive des médias et ces campagnes médiatiques massives finissent par être plus néfastes pour l’opinion publique égyptienne qu’elles ne sont efficaces », a déclaré Abdushakur. Il a expliqué que l’opinion publique égyptienne a été conditionnée à croire que le Nil est la seule source d’eau permettant à l’Égypte de subvenir à ses besoins. « Cela implique que tout projet de développement entrepris par un autre pays sur le Nil se ferait au détriment de la part d’eau revenant au peuple égyptien, ancrant profondément cette idée dans la psyché de l’opinion publique égyptienne. » Le chercheur senior a noté que ce cadrage sert, dans une large mesure, un objectif médiatique visant à détourner l’attention des problèmes sociaux, politiques et économiques internes à l’Égypte. « Cela contribue à son tour à véhiculer une image fortement biaisée et stéréotypée des autres pays du bassin du Nil. En conséquence, les générations qui ont grandi avec ce discours l’acceptent comme une vérité absolue, alors que la réalité qu’il faut mettre en avant est que cette ressource en eau est partagée, et non la propriété exclusive de l’Égypte », a-t-il expliqué. Abdushakur a déclaré que la question avait ainsi été détournée d’un projet de développement intégrateur pour devenir une initiative exploitée à des fins politiques. Ce chercheur chevronné a souligné que l’Égypte disposait de nombreuses autres ressources en eau. Le pays est bordé par la mer Méditerranée au nord et la mer Rouge à l’est, et dispose également de réserves d’eau souterraines. « Cependant, animés par le désir de disposer d’une ressource gratuite ne nécessitant aucune charge financière supplémentaire, nos frères égyptiens se concentrent sur le Nil et cherchent à conserver un droit de veto sur son utilisation. » Approfondissant le sujet du Nil, le chercheur principal a déclaré que l’Accord-cadre de coopération du bassin du Nil (CFA), également connu sous le nom d’Accord d’Entebbe, a confirmé que chacun a le droit de bénéficier des eaux du Nil. Il a souligné que cet accord international juridiquement contraignant sert désormais de cadre régissant les relations entre les pays du bassin du Nil. « Par conséquent, l’Éthiopie a tout à fait le droit d’en tirer profit et n’a jamais eu besoin d’autorisation, comme cela a été réaffirmé au cours des dernières décennies, pour exercer son droit légitime de répondre à ses besoins de développement, en particulier dans le domaine de l’hydroélectricité », a souligné Abdushakur. Il a déclaré qu’il devait être clair que l’Éthiopie n’avait pas besoin de demander l’autorisation de qui que ce soit, puisque l’hydroélectricité est une source d’électricité renouvelable, sûre et propre. Il a ajouté que le pays « s’acquittait donc de son rôle de manière responsable sans nuire à personne — un principe sur lequel l’Éthiopie insiste et dont la justesse a été prouvée, car la position éthiopienne est solide et n’a causé de préjudice à aucune partie ». Il a souligné que les ministres éthiopiens de l’Eau, actuels et anciens, ont déclaré que l’utilisation par l’Éthiopie des eaux du Nil — ainsi que de toutes ses ressources en eau dans les fleuves qui alimentent les pays voisins — constituait un droit inhérent. « Imaginez simplement qu’un pays qui fournit plus de 86 % des eaux du Nil Bleu se voie interdire l’utilisation de cette ressource vitale. Il s’agit à la fois d’une injustice et d’un parti pris considérable. » Le chercheur principal a déclaré que l’Éthiopie, dès le début, avait invité les pays en aval et de transit à négocier au sujet du Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD), allant même jusqu’à proposer un partenariat pour le financement, la construction et l’exploitation. « Malheureusement, cette invitation n’a pas été accueillie comme il sied à des partenaires partageant un destin commun. » Abdushakur a ajouté que cette question avait été détournée d’un projet de développement intégrateur pour devenir une initiative exploitée à des fins politiques. « Mais l’instrumentalisation politique est éphémère, même si la fracture qu’elle crée dans l’opinion publique peut s’avérer difficile à surmonter à court terme. »
Un consensus se dessine sur le rôle de l'Éthiopie dans les affaires de la mer Rouge : chercheur de l'IFA
Sep 17, 2026 465
Addis Ababa le 17 septembre, 2026 (ENA) « La quête de l’Éthiopie pour un accès souverain à la mer Rouge fait l’objet d’un consensus croissant », a déclaré Gizachew Asrat, chef de cabinet et chercheur principal chargé de la Corne de l’Afrique à l’IFA. Dans un entretien exclusif accordé à l’ENA, M. Gizachew a indiqué que la quête d’un accès à la mer par l’Éthiopie prenait de l’ampleur et constituait un atout majeur pour la région de la mer Rouge. Il a souligné qu’« il existe un large consensus sur les questions relatives à l’accès de l’Éthiopie à la mer ou à sa présence en mer ». Aujourd’hui, l’accès de l’Éthiopie à la mer est de plus en plus considéré comme un droit stratégique légitime, motivé par la croissance démographique et économique du pays, l’expansion de ses échanges commerciaux à l’importation et à l’exportation, ainsi que par des intérêts de sécurité nationaux et régionaux pressants. La proximité géographique du pays avec la mer Rouge, associée à ses liens historiques avec les ports de la région, reste au cœur de son argumentaire en faveur de la recherche d’un débouché maritime durable. L’Éthiopie a historiquement administré les ports de Massawa et d’Assab et disposait de capacités navales avant la sécession de l’Érythrée. Le chercheur principal a en outre déclaré qu’il existait un consensus selon lequel l’Éthiopie devait être tournée vers la mer et jouer un rôle majeur dans ce domaine, tant sur le plan économique que sécuritaire. Il a souligné l’importance de renforcer la confiance et la coopération entre les pays voisins et au sein de la communauté internationale. Le chercheur a notamment insisté sur la nécessité de comprendre les véritables intentions qui sous-tendent la quête d’un accès à la mer de l’Éthiopie. « Les aspects géopolitiques, géoéconomiques, technologiques et énergétiques, ainsi que tous les autres, sont interconnectés et étroitement liés entre le milieu maritime, la mer et la terre », a-t-il déclaré. M. Gizachew a précisé que la nature interdépendante des défis régionaux exigeait des pays qu’ils se concentrent sur les menaces et les intérêts communs plutôt que de traiter la sécurité maritime et terrestre comme des questions distinctes. À cet égard, le rétablissement d’un accès fiable à la mer pour l’Éthiopie est essentiel pour la paix, l’intégration régionale et la sécurité collective de la Corne de l’Afrique et au-delà, a-t-il affirmé. « L’implication de l’Éthiopie dans la plateforme de la mer Rouge est un atout pour la région », a déclaré M. Gizachew, soulignant l’importance de la coopération et du partenariat régionaux. La sécurité maritime doit également être examinée sous l’angle de perspectives géopolitiques et géoéconomiques plus larges, compte tenu notamment de l’importance stratégique des voies navigables mondiales et de la concurrence qui les entoure. M. Gizachew a en outre souligné que l’Éthiopie fait partie intégrante du système économique et sécuritaire mondial et qu’elle doit donc continuer à s’impliquer dans les questions touchant à la mer Rouge et aux voies maritimes internationales. « Nous faisons partie du monde et nous devons y jouer un rôle ; il est indéniable que l’Éthiopie devrait avoir un accès à la mer ou être bordée par la mer », a-t-il déclaré. Il a souligné l’importance de collaborer étroitement avec les États et les institutions de la région, notant que le retour de l’Éthiopie à la mer serait non seulement déterminant pour son intérêt national, mais également crucial pour garantir la stabilité régionale. Compte tenu de sa population nombreuse, de son économie en pleine croissance et de sa situation stratégique, le retour de l’Éthiopie à la mer constitue un impératif géopolitique vital pour garantir la sécurité maritime dans la Corne de l’Afrique et, plus largement, dans le corridor de la mer Rouge, a souligné le chercheur principal. En tant que nation enclavée la plus peuplée au monde, la volonté stratégique du pays de renouer avec les corridors de la mer Rouge et du golfe d’Aden constitue un pilier fondamental tant pour sa survie nationale que pour son intégration géopolitique au sens large.
Social
La Corne de l’Afrique appelée à transformer les prévisions d’El Niño en actions anticipatoires
Sep 17, 2026 374
Addis Ababa le 17 septembre, 2026 (ENA) L’Éthiopie a appelé les États membres de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) à renforcer les mesures anticipatoires face aux risques liés au phénomène El Niño, en mettant l’accent sur le financement précoce, la coordination régionale et la transformation des systèmes d’alerte précoce en actions concrètes. Le Secrétaire exécutif adjoint de l’IGAD, M. Mohamed Abdi Ware, a souligné que les prévisions disponibles offrent à la région une occasion d’agir avant que les risques ne se transforment en crise. Selon les prévisions de l’IGAD Climate Prédiction and Applications Centre (ICPAC), Il a rappelé les conséquences des épisodes précédents, notamment les inondations de 2023 qui ont fait au moins 352 morts en Éthiopie, au Kenya et en Somalie et déplacé plus de 2,4 millions de personnes, selon les chiffres présentés lors du forum. « Nous ne pouvons pas arrêter la pluie, mais nous pouvons décider de ce qu’elle trouvera à son arrivée », a-t-il déclaré, appelant les États membres à activer leurs plans de préparation, à prépositionner les fournitures nécessaires et à renforcer le partage des alertes au-delà des frontières. Pour sa part, le représentant du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Dr Zeynu Ummer, a estimé que les vulnérabilités révélées par les précédents épisodes d’El Niño en matière de financement, de coordination transfrontalière, d’infrastructures et de planification des évacuations constituent également des défis de développement à long terme. Il a appelé à intégrer la gestion des risques de catastrophe dans les budgets nationaux et à développer des investissements durables dans le stockage de l’eau, la restauration des bassins versants, les infrastructures de transport résilientes et la gestion conjointe des bassins transfrontaliers. El Niño est un phénomène climatique lié au réchauffement des eaux de l'océan Pacifique, qui perturbe les précipitations et les conditions météorologiques. Ce forum se tient alors que la Corne de l'Afrique se prépare à faire face aux éventuels impacts d'El Niño, dans le but de renforcer la préparation régionale, les systèmes d'alerte précoce et les mesures préventives avant que les risques liés au climat ne s'intensifient.
Le Premier ministre Abiy souhaite bonne chance aux élèves à l'occasion de la rentrée scolaire
Sep 16, 2026 291
Addis Ababa le 16 septembre,2026 (ENA) Le Premier ministre Abiy Ahmed a adressé ses meilleurs vœux aux étudiants de toute l’Éthiopie à l’occasion de la rentrée universitaire 2019, les exhortant à viser l’excellence et à contribuer à façonner l’avenir du pays. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le Premier ministre Abiy Ahmed a déclaré : « Notre jeune génération est la plus grande richesse de l’Éthiopie », ajoutant : « À l’aube de l’année universitaire 2019, j’encourage chaque étudiant à apprendre avec curiosité, à viser l’excellence et à développer les compétences nécessaires pour façonner l’avenir de notre nation. » Il a précisé qu’une grande partie de ce qui se construit aujourd’hui est destinée « aux générations futures », soulignant que les élèves, en tant que « bénéficiaires et gardiens de cet avenir », ont un rôle essentiel à jouer pour « perpétuer le fier héritage civilisationnel » de l’Éthiopie. Il a également rendu hommage aux enseignants, affirmant que leur dévouement est « essentiel pour former une génération compétente et sûre d’elle ». « Continuez à inspirer nos élèves, à cultiver leur potentiel et à leur transmettre les connaissances et les valeurs qui leur permettront de s’épanouir », a-t-il déclaré. Le Premier ministre a également souhaité à tous les acteurs du secteur de l’éducation « une année scolaire couronnée de succès et enrichissante ».
Le Premier ministre Abiy et la Première dame Zinash partagent un repas de fête du Nouvel An avec la communauté
Sep 11, 2026 600
Addis Ababa le 11 septembre, 2026 (ENA) Le Premier ministre Abiy Ahmed et la Première dame Zinash Tayachew ont partagé le repas du Nouvel An avec des membres de la communauté locale, perpétuant ainsi une tradition éthiopienne chère au peuple consistant à célébrer ensemble les grandes occasions. Selon le cabinet du Premier ministre, ce rassemblement reflétait la culture durable du partage, de la solidarité et de la cohésion qui caractérise depuis longtemps la société éthiopienne. La tradition consistant à accueillir et à partager des repas avec ses voisins, sa famille et les membres de la communauté reste profondément ancrée dans la vie éthiopienne, et elle est particulièrement visible lors des grandes fêtes telles que le Nouvel An. Le fait que cette tradition se perpétue à travers les générations met en évidence la résilience des riches valeurs sociales et culturelles de l'Éthiopie, où l'hospitalité, les liens communautaires et l'entraide font toujours partie intégrante de la vie quotidienne et des fêtes, a-t-on appris.
Les missions diplomatiques allemande, finlandaise et danoise adressent leurs vœux de bonne année à l'Éthiopie
Sep 10, 2026 550
Addis Ababa le 10 septembre, 2026 (ENA) Les missions diplomatiques de l'Allemagne, de la Finlande et du Danemark à Addis-Abeba ont adressé leurs vœux de nouvelle année au peuple éthiopien, exprimant leurs espoirs de paix, d'unité, de prospérité et de relations renforcées entre l'Éthiopie et leurs pays respectifs. Ces messages ont été transmis lors des visites de nouvelle année organisées conjointement par le ministère des Affaires étrangères et le ministère du Tourisme au sein des missions diplomatiques, au cours desquelles des enfants éthiopiens ont interprété des chants traditionnels de nouvelle année devant les ambassadeurs et les représentants diplomatiques. L'ambassadeur allemand par intérim et chef de mission adjoint, Ferdinand von Weyhe, a formulé ses vœux de paix, d'unité, de prospérité et de réconciliation pour l'Éthiopie au cours de l'année à venir. « Que cette année apporte à nous tous ici en Éthiopie… la paix, l’unité, des récoltes abondantes, l’espoir et la guérison », a déclaré M. von Weyhe, en adressant ses vœux de nouvelle année au peuple éthiopien. Au nom de l’ambassade de Finlande, Pirjo-Liisa Heikkilä, chef de mission adjointe, a souhaité à tous les Éthiopiens une nouvelle année joyeuse et prospère, en exprimant l’espoir que cette année apporte l’unité, la paix et le maintien de l’amitié entre la Finlande et l’Éthiopie. La chef de mission adjointe de l'ambassade du Danemark, Mirja Crone, a déclaré que l'ambassade était ravie de célébrer le Nouvel An éthiopien avec les enfants. Elle a ajouté que l'ambassade du Danemark se réjouissait de renforcer encore davantage le « partenariat déjà solide » entre le Danemark et l'Éthiopie au cours de cette nouvelle année éthiopienne. Elle a exprimé l'espoir que les deux pays s'engagent sur la voie d'un avenir plus prospère, plus pacifique et plus durable. Ces visites ont permis à la communauté diplomatique de découvrir les traditions culturelles éthiopiennes tout en transmettant des messages de bonne volonté et d'amitié, alors que l'Éthiopie s'apprête à accueillir la nouvelle année.
Économie
« L'accès souverain à la mer est inévitable pour l'Éthiopie », déclare Birhanu Lenjiso
Sep 20, 2026 143
Addis Ababa le 20 septembre, 2026 (ENA) La quête de l’Éthiopie pour un accès fiable à la mer Rouge est un impératif national incontournable, a déclaré Birhanu Lenjiso, cofondateur et ancien directeur adjoint de l’Institut de recherche sur les politiques de l’Afrique de l’Est (EAPRI). Birhanu, auteur de l’ouvrage *Water : « Ethiopia’s Gateway to Prosperity »*, a déclaré à l’ENA que la croissance démographique de l’Éthiopie, l’expansion de son économie et sa position stratégique dans la Corne de l’Afrique font de l’obtention d’un accès à la mer un objectif national inévitable. La quête d’un accès à la mer par l’Éthiopie doit également être replacée dans le contexte plus large de l’Abay/du Nil ; il a en effet fait valoir que les dynamiques politiques et stratégiques entourant ces deux questions sont étroitement liées. Évoquant les relations historiques de l’Éthiopie avec la mer, il a mis en avant la civilisation d’Aksoum, qui était étroitement associée au commerce maritime et aux liens commerciaux à travers la mer Rouge. Pour M. Birhanu, l’intérêt de l’Éthiopie pour l’accès à la mer dépasse donc ses besoins économiques et logistiques immédiats. « Nous ne réclamons pas vraiment l’accès à la mer parce que nous avons besoin d’un port, ni parce que notre population est nombreuse, ni parce que notre économie est en pleine croissance », a-t-il déclaré. Il a fait valoir que l’expérience historique de l’Éthiopie et ses liens de longue date avec le commerce maritime devraient faire partie des arguments avancés par le pays lorsqu’il s’adresse à la communauté internationale au sujet de l’accès à la mer. M. Birhanu, qui est également ancien ministre d’État chargé du développement de l’irrigation, a déclaré que l’Éthiopie devrait renforcer ce discours en associant des preuves historiques à des considérations économiques et stratégiques contemporaines. Il a décrit l’accès à la mer comme « faisant partie intégrante de l’identité éthiopienne », affirmant que la dimension historique ne devait pas être négligée dans les discussions sur les relations de l’Éthiopie avec la mer Rouge et l’environnement maritime au sens large. Dans ce contexte, M. Birhanu a déclaré que l’objectif de l’Éthiopie était de diversifier son accès à la mer et de mettre en place des accords garantissant une plus grande fiabilité. « Tout ce que demande l’Éthiopie, c’est de disposer d’un accès diversifié à la mer », a-t-il déclaré. Il a ajouté que le marché éthiopien, vaste et en pleine croissance, conférait à l’accès maritime une dimension économique plus large, tandis que les développements en mer Rouge et dans la Corne de l’Afrique ont rendu cette question de plus en plus importante d’un point de vue régional. Selon M. Birhanu, l’accès de l’Éthiopie à la mer pourrait générer des retombées positives au-delà des frontières du pays, en reliant plus directement sa grande économie au commerce maritime régional et en stimulant l’activité économique dans toute la Corne de l’Afrique. Il a déclaré que l’Éthiopie n’avait pas nécessairement besoin de s’en tenir à un modèle unique d’accès maritime, évoquant plutôt toute une série d’accords possibles avec les États côtiers. Ceux-ci pourraient inclure des contrats de location à long terme, des corridors d’infrastructures et des projets de transport et de logistique développés conjointement, a-t-il précisé. Il a cité l’utilisation de longue date par l’Éthiopie du corridor de Djibouti comme exemple illustrant comment les infrastructures transfrontalières et les intérêts économiques peuvent donner lieu à des accords mutuellement avantageux. Dans le même temps, M. Birhanu a déclaré que la dépendance à l’égard d’une seule grande voie maritime créait des vulnérabilités, ce qui rendait la diversification essentielle pour les intérêts économiques à long terme de l’Éthiopie. Interrogé sur le caractère inévitable de la quête d’un accès maritime par l’Éthiopie, M. Birhanu a répondu que la trajectoire démographique et économique du pays continuerait à renforcer l’importance de garantir un accès fiable aux voies maritimes internationales. Il a également établi un lien entre les aspirations maritimes de l’Éthiopie et la dynamique plus large en matière de sécurité et d’économie dans la Corne de l’Afrique. Il a souligné que la région disposait d’un vaste littoral et occupait une position stratégique le long des principales routes maritimes internationales, tout en étant confrontée à des défis persistants en matière de sécurité. Selon lui, une plus grande intégration économique entre l’Éthiopie et les États côtiers pourrait contribuer au commerce, au développement des infrastructures et à la stabilité régionale. Il a fait valoir que l’important marché de consommation et le potentiel économique de l’Éthiopie pourraient devenir un atout pour les pays côtiers si des modalités d’accès et des infrastructures appropriées étaient mises en place. M. Birhanu a déclaré que l’accès maritime de l’Éthiopie et sa position sur le Nil reposaient sur ce qu’il a décrit comme un principe sous-jacent commun : l’utilisation équitable des ressources régionales. Il a fait valoir que les discussions de l’Éthiopie concernant l’Abay/le Nil et sa quête d’un accès à la mer Rouge ne devaient donc pas être considérées comme des questions stratégiques totalement distinctes. « Je ne considère pas vraiment l’accès maritime ou le défi que cela représente comme un sujet distinct. Je pense que cela est étroitement lié à la question du Nil. Les deux cours d’eau sont distincts, mais leurs enjeux politiques sont étroitement liés », a-t-il déclaré. Il a ajouté que l’approche de l’Éthiopie était axée sur le développement et l’accès équitable plutôt que sur le contrôle des ressources d’autres pays. « Nous réclamons l’équité partout. Nous réclamons le développement. Nous ne réclamons pas la domination », a déclaré M. Birhanu. Il a affirmé que les aspirations maritimes de l’Éthiopie devaient, en fin de compte, s’inscrire dans l’objectif plus large de renforcer l’intégration économique régionale et de permettre au pays de participer plus directement au commerce maritime. « Nous ne cherchons pas la confrontation sur le Nil. Nous ne cherchons pas la confrontation en mer Rouge. Nous recherchons la coopération », a-t-il déclaré. M. Birhanu a ajouté qu’une telle approche permettrait à l’Éthiopie de faire valoir ses intérêts économiques tout en créant des opportunités pour les pays côtiers et en contribuant au développement et à la sécurité de l’ensemble de la Corne de l’Afrique et de la région de la mer Rouge.
Un consensus se dessine sur le rôle de l'Éthiopie dans les affaires de la mer Rouge : chercheur de l'IFA
Sep 17, 2026 465
Addis Ababa le 17 septembre, 2026 (ENA) « La quête de l’Éthiopie pour un accès souverain à la mer Rouge fait l’objet d’un consensus croissant », a déclaré Gizachew Asrat, chef de cabinet et chercheur principal chargé de la Corne de l’Afrique à l’IFA. Dans un entretien exclusif accordé à l’ENA, M. Gizachew a indiqué que la quête d’un accès à la mer par l’Éthiopie prenait de l’ampleur et constituait un atout majeur pour la région de la mer Rouge. Il a souligné qu’« il existe un large consensus sur les questions relatives à l’accès de l’Éthiopie à la mer ou à sa présence en mer ». Aujourd’hui, l’accès de l’Éthiopie à la mer est de plus en plus considéré comme un droit stratégique légitime, motivé par la croissance démographique et économique du pays, l’expansion de ses échanges commerciaux à l’importation et à l’exportation, ainsi que par des intérêts de sécurité nationaux et régionaux pressants. La proximité géographique du pays avec la mer Rouge, associée à ses liens historiques avec les ports de la région, reste au cœur de son argumentaire en faveur de la recherche d’un débouché maritime durable. L’Éthiopie a historiquement administré les ports de Massawa et d’Assab et disposait de capacités navales avant la sécession de l’Érythrée. Le chercheur principal a en outre déclaré qu’il existait un consensus selon lequel l’Éthiopie devait être tournée vers la mer et jouer un rôle majeur dans ce domaine, tant sur le plan économique que sécuritaire. Il a souligné l’importance de renforcer la confiance et la coopération entre les pays voisins et au sein de la communauté internationale. Le chercheur a notamment insisté sur la nécessité de comprendre les véritables intentions qui sous-tendent la quête d’un accès à la mer de l’Éthiopie. « Les aspects géopolitiques, géoéconomiques, technologiques et énergétiques, ainsi que tous les autres, sont interconnectés et étroitement liés entre le milieu maritime, la mer et la terre », a-t-il déclaré. M. Gizachew a précisé que la nature interdépendante des défis régionaux exigeait des pays qu’ils se concentrent sur les menaces et les intérêts communs plutôt que de traiter la sécurité maritime et terrestre comme des questions distinctes. À cet égard, le rétablissement d’un accès fiable à la mer pour l’Éthiopie est essentiel pour la paix, l’intégration régionale et la sécurité collective de la Corne de l’Afrique et au-delà, a-t-il affirmé. « L’implication de l’Éthiopie dans la plateforme de la mer Rouge est un atout pour la région », a déclaré M. Gizachew, soulignant l’importance de la coopération et du partenariat régionaux. La sécurité maritime doit également être examinée sous l’angle de perspectives géopolitiques et géoéconomiques plus larges, compte tenu notamment de l’importance stratégique des voies navigables mondiales et de la concurrence qui les entoure. M. Gizachew a en outre souligné que l’Éthiopie fait partie intégrante du système économique et sécuritaire mondial et qu’elle doit donc continuer à s’impliquer dans les questions touchant à la mer Rouge et aux voies maritimes internationales. « Nous faisons partie du monde et nous devons y jouer un rôle ; il est indéniable que l’Éthiopie devrait avoir un accès à la mer ou être bordée par la mer », a-t-il déclaré. Il a souligné l’importance de collaborer étroitement avec les États et les institutions de la région, notant que le retour de l’Éthiopie à la mer serait non seulement déterminant pour son intérêt national, mais également crucial pour garantir la stabilité régionale. Compte tenu de sa population nombreuse, de son économie en pleine croissance et de sa situation stratégique, le retour de l’Éthiopie à la mer constitue un impératif géopolitique vital pour garantir la sécurité maritime dans la Corne de l’Afrique et, plus largement, dans le corridor de la mer Rouge, a souligné le chercheur principal. En tant que nation enclavée la plus peuplée au monde, la volonté stratégique du pays de renouer avec les corridors de la mer Rouge et du golfe d’Aden constitue un pilier fondamental tant pour sa survie nationale que pour son intégration géopolitique au sens large.
Les Comores et l'Éthiopie cherchent à renforcer leur coopération
Sep 17, 2026 373
Addis Ababa le 17 septembre, 2026 (ENA) Les Comores et l’Éthiopie entretiennent de solides relations diplomatiques et souhaitent renforcer leur coopération dans plusieurs domaines, a déclaré l’ambassadeur des Comores en Éthiopie. Les deux pays ont établi des relations de coopération qui se sont progressivement renforcées. Les Comores ont ouvert leur ambassade en Éthiopie en 2011, et les deux parties s’emploient actuellement à finaliser un accord portant sur la création d’une commission mixte. Dans une interview exclusive, l’ambassadeur et représentant permanent des Comores auprès de l’Union africaine, M. Youssouf Mondoha Assoumani, a déclaré que cette commission devrait contribuer à identifier de nouveaux domaines de coopération, notamment dans les secteurs du commerce, de la santé, de l’éducation, de la culture, du tourisme et de l’aviation civile. La coopération économique constitue également une priorité majeure. Les liaisons aériennes assurées par Ethiopian Airlines facilitent les échanges commerciaux entre les deux pays et contribuent à accroître les déplacements des citoyens et des opérateurs économiques comoriens et éthiopiens. Les Comores s’apprêtent à célébrer le 10e anniversaire de la desserte du pays par Ethiopian Airlines, et une délégation de la compagnie aérienne devrait se rendre aux Comores à cette occasion. L’ambassadeur a également souligné le potentiel d’expansion des échanges commerciaux, notant que les entreprises comoriennes pourraient renforcer leurs liens avec leurs homologues éthiopiennes, notamment par l’intermédiaire des chambres de commerce des deux pays. La coopération s’étend également au secteur de la sécurité. Une délégation de la police comorienne s’est récemment rendue en Éthiopie afin de s’informer sur l’expérience de ce pays en matière de sécurité, de lutte contre le crime organisé et de trafic de drogue. Dans le domaine de l’aviation civile, une coopération avec des institutions éthiopiennes est également en cours concernant la formation des contrôleurs aériens. Ce programme de formation, prévu pour plusieurs années, vise à renforcer les capacités nationales comoriennes dans ce secteur. L’ambassadeur Youssouf a également souligné l’importance du secteur de l’énergie pour le développement de l’Afrique, saluant les efforts déployés par l’Éthiopie pour accroître sa capacité énergétique et son potentiel à contribuer à l’accès à l’électricité dans la région. Il a également salué l’initiative de dialogue national lancée par l’Éthiopie, soulignant que la paix et la stabilité sont des conditions essentielles au développement du continent africain. Enfin, les Comores espèrent s’appuyer sur l’expertise de l’Éthiopie dans les domaines du tourisme, de l’hôtellerie et de l’organisation d’événements sportifs. Les Comores accueilleront notamment les prochains Jeux des îles de l’océan Indien, pour lesquels une coopération avec des partenaires éthiopiens est à l’étude. L’ambassadeur a réaffirmé l’engagement des Comores à continuer de renforcer leurs relations avec l’Éthiopie, notamment par le biais de la future commission mixte, qui devrait permettre d’identifier des domaines d’intérêt mutuel et de mener à bien de nouveaux projets de coopération.
L'IFC salue les réformes économiques menées par l'Éthiopie, soulignant qu'elles renforcent les fondements de l'investissement privé
Sep 17, 2026 198
Addis Ababa le 17 septembre, 2026 (ENA) La Société financière internationale (SFI) a salué les efforts de réforme économique de l’Éthiopie, affirmant que les progrès réalisés sur le marché des changes, au niveau des réserves internationales et en matière d’inflation contribuent à lever certains des principaux obstacles qui décourageaient auparavant les investissements du secteur privé. Dans un entretien exclusif accordé à The Pulse of Africa, le directeur général de la SFI, Makhtar Diop, a déclaré que l’Éthiopie avait réalisé des progrès significatifs dans la résolution des défis économiques qui, historiquement, avaient été source d’incertitude pour les investisseurs. Revenant sur son engagement passé auprès de l’Éthiopie, M. Diop a souligné que trois contraintes majeures se détachaient : une inflation élevée, des pressions sur le marché des changes et des niveaux de réserves insuffisants. Selon lui, ces défis affectaient directement la capacité des entreprises à fonctionner et à investir. La pénurie de devises, par exemple, rendait difficile l’importation de biens essentiels par les entreprises et pouvait compliquer le rapatriement des bénéfices. Il a indiqué que l’Éthiopie avait depuis pris des mesures pour remédier à ces contraintes, soulignant en particulier l’évolution vers un système de taux de change plus flexible, la reconstitution des réserves de change et la réduction de l’inflation. M. Diop a noté que l’inflation, qui se maintenait auparavant à deux chiffres, est désormais redescendue à un chiffre à certains moments, même si elle continue de fluctuer en fonction de la conjoncture économique. Pour les investisseurs du secteur privé, a expliqué M. Diop, ces évolutions sont importantes car les décisions d’investissement dépendent fortement de la prévisibilité économique. M. Diop a déclaré que ces fondamentaux étaient essentiels pour attirer les capitaux privés, soulignant que les investisseurs avaient besoin d’un certain degré de certitude avant d’engager des ressources sur un marché. Il a donc salué le gouvernement éthiopien pour avoir pris ce qu’il a qualifié de mesures sérieuses visant à remédier aux contraintes économiques qui pesaient auparavant sur les investissements du secteur privé. Son analyse replace les réformes économiques en cours en Éthiopie dans le cadre d’un effort plus large visant à créer un environnement plus prévisible pour les entreprises nationales et internationales, avec des implications pour l’investissement, le commerce, les infrastructures et la croissance tirée par le secteur privé dans tout le pays. Pour l’Afrique, ces évolutions soulignent également l’importance de la stabilité macroéconomique, de l’accès aux devises étrangères et de la sécurité des investissements pour favoriser une plus grande participation du secteur privé à la transformation économique du continent. M. Diop a également mis en avant les opportunités offertes par les secteurs de l’économie numérique, du tourisme, de l’aviation, des infrastructures et des énergies renouvelables en Éthiopie, ainsi que le potentiel du pays à attirer des investissements dans le logement. Lors de sa visite en Éthiopie du 1er au 3 septembre, le directeur général de l’IFC, Makhtar Diop, a rencontré le Premier ministre Abiy Ahmed et d’autres responsables gouvernementaux pour discuter des réformes économiques, des investissements du secteur privé et de la création d’emplois. Le 3 septembre, le Premier ministre Abiy a présidé la signature d’un accord-cadre entre la Banque nationale d’Éthiopie et l’IFC visant à créer la première société de refinancement hypothécaire du pays. L'institution envisagée devrait disposer d'un capital de 100 milliards de birrs, l'IFC y contribuant à hauteur d'au moins 200 millions de dollars américains, afin de soutenir l'ambition du gouvernement de construire 1,5 million de logements au cours des cinq prochaines années. Le directeur général de l'IFC a déclaré que le développement du logement nécessiterait également une plus grande participation des promoteurs privés ainsi que des investissements dans les compétences et les capacités de construction.
Technologie
L'Éthiopie et la Corée du Sud étudient les possibilités de coopération dans les domaines de la logistique verte et de la mobilité intelligente
Aug 28, 2026 1273
Addis Ababa le 28 août, 2026 (ENA) L'Éthiopie et la Corée du Sud ont mené des discussions sur le renforcement de leur coopération bilatérale dans les secteurs de la logistique verte et de la mobilité intelligente. Le ministre d'État chargé des Transports et de la Logistique, Dhenge Boru, a reçu dans son bureau une délégation de chercheurs sud-coréens afin d'évoquer les possibilités de partenariat dans le domaine des systèmes de logistique et de mobilité intelligents. Cette réunion de consultation a porté principalement sur le « projet d’aide publique au développement (APD) relatif au programme de transition vers une logistique verte d’Ethiopost ». Le responsable du groupe de recherche, Yang Ho Lee, a déclaré que la logistique verte et la mobilité figuraient parmi les principaux domaines d’investissement de la Corée du Sud en Éthiopie. M. Dhenge a souligné que la mise en œuvre du projet avançait sans encombre et s’inscrivait dans la feuille de route stratégique du secteur des transports et de la logistique. Selon une publication du ministère sur les réseaux sociaux, M. Dhenge a souligné que, ce projet s’inscrivant directement dans la ligne de la politique gouvernementale et des objectifs de développement, l’administration s’engage pleinement à apporter tout le soutien nécessaire. Il a également insisté sur le fait que l’intégration des technologies modernes dans les opérations est essentielle pour améliorer l’efficacité et la performance globale des services logistiques. Le ministère a en outre déclaré que la vaste expérience pratique et les capacités technologiques de pointe de la Corée du Sud apporteraient des avantages significatifs à l’Éthiopie. De son côté, Yang Ho Lee a déclaré que les progrès notables réalisés par l’Éthiopie en matière de transport écologique et de protection de l’environnement constituaient un facteur majeur de l’intérêt de la Corée du Sud pour les investissements dans ce pays. Selon la publication du ministère sur les réseaux sociaux, les deux parties ont conclu leur rencontre en explorant les moyens de renforcer la coopération bilatérale par le biais d’échanges de connaissances et d’une collaboration entre experts dans les domaines de la logistique verte, de la mobilité intelligente et de l’application des technologies modernes.
L'Éthiopie met en avant la transformation numérique lors de la 7e réunion du groupe de travail des BRICS sur les TIC en Inde
Aug 20, 2026 1136
Addis Ababa le 20 août, 2026 (ENA) L'Éthiopie a présenté son programme de transformation numérique et l'architecture stratégique « Digital Ethiopia 2030 » lors de la 7e réunion du groupe de travail des BRICS sur les technologies de l'information et de la communication (TIC), qui s'est tenue à Pune, en Inde. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, l'ambassade d'Éthiopie à New Delhi a indiqué que la délégation éthiopienne avait présenté les efforts déployés par le pays pour développer les services numériques, tirer parti de la technologie afin de moderniser la prestation des services publics et soutenir la croissance économique. Soulignant l’importance de renforcer la coopération en matière de TIC entre les pays du BRICS, la délégation a présenté des solutions numériques clés, notamment Fayda Digital ID et MESOB, une plateforme de services numériques à guichet unique conçue pour fournir des services publics selon une approche de « guichet unique ». Ces initiatives ont été présentées dans le cadre des efforts plus larges déployés par l’Éthiopie pour mettre en place un écosystème numérique intégré, améliorer l’accès aux services publics et promouvoir un développement économique fondé sur l’innovation. La réunion, organisée sous le thème de la présidence indienne du BRICS, « Construire pour la résilience, l’innovation, la coopération et la durabilité », a rassemblé des représentants des pays membres pour des discussions stratégiques sur la coopération en matière de TIC et les technologies numériques émergentes. La participation de l'Éthiopie a mis en évidence son engagement à renforcer la coopération numérique avec les pays du BRICS, à partager ses expériences et à promouvoir une transformation numérique inclusive et durable.
Le maréchal Birhanu insiste sur la nécessité d'adapter les technologies pour préserver la souveraineté et les intérêts nationaux
Aug 13, 2026 1152
Addis Ababa le 13 aout, 2026 (ENA) Le chef d'état-major général des Forces de défense nationales éthiopiennes (ENDF), le maréchal Birhanu Jula, a déclaré que l'adoption des technologies était essentielle pour préserver efficacement la souveraineté et les intérêts nationaux de l'Éthiopie. Le maréchal a fait cette déclaration lors de la signature d’un protocole d’accord entre l’ENDF et l’Institut éthiopien d’intelligence artificielle. Ce protocole d’accord vise à mettre en place une force de défense moderne dotée de capacités en matière d’intelligence artificielle. Au cours de la cérémonie de signature, les deux parties ont discuté des domaines clés dans lesquels l’IA pourrait renforcer l’efficacité militaire, notamment la logistique, la formation, la cybersécurité, les soins de santé militaires, l’armée de l’air et la guerre électronique. À cette occasion, le maréchal Birhanu a souligné que l’intégration de l’intelligence artificielle dans les efforts de modernisation de l’armée était essentielle pour mieux atteindre les objectifs fixés. Cet accord soutiendra le développement militaire en cours grâce à la technologie de l’IA, a-t-il ajouté. Soulignant que l’intelligence artificielle est largement utilisée dans le secteur de la santé, le maréchal a déclaré que le protocole d’accord jouerait un rôle majeur dans la mise en œuvre efficace de l’IA au sein des établissements de santé de la défense. Il a également souligné l’importance de la formation assistée par la technologie pour développer une force compétente et a déclaré que les institutions renforceraient leur coopération dans ce domaine. De son côté, le directeur général de l’Institut éthiopien d’intelligence artificielle, Worku Gachena, a déclaré que l’IA recelait un immense potentiel pour les forces de défense, notamment pour renforcer les capacités aériennes, terrestres et cybernétiques. Il a réaffirmé l'engagement de l'institut à collaborer avec l'ENDF dans le cadre des efforts visant à mettre en place une armée moderne.
Des entrepreneurs du secteur des technologies encouragent les jeunes à développer des solutions concrètes au sein de l'écosystème numérique éthiopien
Aug 10, 2026 1173
Addis Ababa le 10 août, 2026 (ENA) Les entrepreneurs du secteur des technologies ont exhorté la jeunesse éthiopienne à continuer de développer ses compétences numériques, à créer des solutions concrètes et à contribuer à la croissance et à l’innovation au sein de l’écosystème numérique du pays. Cet appel a été lancé lors d’un programme de partage d’expériences consacré à l’initiative « 5 millions de codeurs éthiopiens », organisé par le cabinet du Premier ministre, à la suite de l’appel lancé par le Premier ministre Abiy Ahmed à la jeunesse éthiopienne pour qu’elle rejoigne cette initiative et en porte le nombre de participants à 7 millions d’ici la fin de la saison des pluies. Ce programme a réuni des diplômés certifiés, des leaders du secteur, des décideurs politiques et de jeunes professionnels afin de partager leurs expériences et leurs points de vue, et de contribuer à l’avancement du programme « Digital Ethiopia 2030 » grâce au développement de compétences numériques concrètes. La table ronde comptait parmi ses intervenants le Dr Abiyot Bayou, conseiller principal auprès du ministre de l’Innovation et de la Technologie ; Bethlehem Dessie, PDG de Gheero et ancienne participante à l’initiative Azimeraw Taddese ; ainsi que Mahlet Seyoum, entrepreneuse dans le domaine des technologies. Selon le cabinet du Premier ministre, les intervenants ont encouragé les participants à améliorer en permanence leurs compétences, à développer des solutions concrètes et à contribuer à la croissance et à l’innovation au sein de l’écosystème numérique éthiopien. Bethlehem Dessie a partagé son expérience personnelle, expliquant que sa carrière dans le domaine des technologies avait débuté il y a 17 ans, à l’âge de 10 ans, alors qu’elle n’avait aucun accès aux technologies numériques à l’époque. En comparant son expérience aux opportunités offertes aux jeunes d’aujourd’hui, elle a déclaré que l’accessibilité croissante à la technologie avait ouvert aux jeunes une voie bien plus facile pour réaliser leurs ambitions. Elle a toutefois souligné que l’accès à la technologie ne suffisait pas à lui seul et a appelé à une action immédiate. Bethlehem a exhorté les étudiants universitaires à cesser d’attendre que les opportunités se présentent, à commencer à être les moteurs du changement et à améliorer de manière proactive leurs compétences pour suivre le rythme des avancées technologiques. Azimeraw Taddese, ancien participant à l’initiative « 5 Million Ethiopian Coders », a expliqué qu’il avait rejoint le programme au cours de ses dernières années à l’université. Ce qui a commencé comme une simple volonté d’apprendre à coder l’a finalement conduit à développer un site web mettant en relation les codeurs d’Addis-Abeba. Il est depuis devenu développeur full stack. « Ne vous arrêtez pas à la certification. Mettez en pratique ce que vous apprenez, puis continuez à vous entraîner. C’est là que réside la véritable progression », a déclaré Azimeraw. Il a ajouté que cette initiative lui avait apporté les bases dont il avait besoin pour poursuivre ses objectifs professionnels. Mahlet Seyoum, une autre ancienne participante à l’initiative « 5 Million Ethiopian Coders » et entrepreneuse dans le domaine des technologies, a déclaré que la programmation ne nécessitait pas de formation universitaire spécialisée. Elle a expliqué que chacun peut trouver des solutions à des problèmes concrets en tirant parti des ressources disponibles et en analysant les défis de son environnement immédiat. Mahlet a souligné que l’accessibilité croissante aux outils pédagogiques et aux ressources numériques permet désormais aux jeunes de relever des défis majeurs grâce à la technologie. Elle a exhorté les jeunes à actualiser en permanence leurs compétences, à s’inscrire à des formations ciblées et à se doter des technologies modernes. S’exprimant lors de cet événement, le Dr Abiyot Bayou, conseiller principal auprès du ministre de l’Innovation et de la Technologie, a quant à lui souligné que le développement de plateformes avancées et la mise en œuvre de la transformation numérique n’auraient qu’un impact limité si les personnes ne possédaient pas les compétences nécessaires pour les utiliser efficacement. Les objectifs du programme « Digital Ethiopia 2030 », qui visent notamment à autonomiser les citoyens, à mettre en place des écosystèmes numériques inclusifs, à élargir l'accessibilité au numérique et à faire de l'Éthiopie une plaque tournante numérique, dépendent en fin de compte des capacités humaines du pays, a-t-il ajouté. Il a également appelé les jeunes professionnels à développer activement leurs compétences et à viser l'excellence dans leurs domaines respectifs.
Sport
Tournoi de football diplomatique : les participants saluent le patrimoine et l’accueil éthiopiens
Jun 14, 2026 14270
Addis-Abeba, le 14 juin 2026 (ENA) : - Les participants à un tournoi diplomatique de football organisé à Addis-Abeba ont exprimé leur admiration pour la richesse culturelle, l’héritage historique et l’accueil chaleureux de l’Éthiopie. Organisé dans le cadre des préparatifs de la Coupe du monde 2026, le tournoi a rassemblé des équipes diplomatiques et plusieurs invités, qui ont ensuite effectué une visite de certains des principaux sites culturels et historiques de la capitale. La délégation s’est rendue au Musée national d’Éthiopie, au Mémorial de la Victoire d’Adoua ainsi qu’au Parc des sports d’Addis-Abeba, offrant à de nombreux visiteurs une meilleure compréhension de l’histoire et des progrès actuels du pays. Plusieurs participants ont indiqué que cette expérience avait profondément modifié leur perception de l’Éthiopie. Gordon Johnson, l’un des participants, a exprimé son enthousiasme face à ce qu’il a découvert durant sa visite. « Les habitants sont extrêmement accueillants et chaleureux. J’apprécie énormément leur culture », a-t-il déclaré. Il a ajouté : « Nous avons visité le musée, où le guide nous a présenté des fossiles d’hominidés découverts dans les années 1960, 1970 et 1990, remontant à plusieurs millions d’années. » Selon Johnson, cette expérience met en évidence l’importance historique exceptionnelle de l’Éthiopie, au-delà des perceptions contemporaines. Loïc Kovamo, une touriste venue du Cameroun, a également indiqué que cette visite avait bouleversé les idées qu’elle se faisait auparavant du pays. « Je suis impressionnée, car je n’imaginais pas l’Éthiopie sous cet angle. C’est un pays très développé et les Éthiopiens sont profondément fiers de leur identité », a-t-elle déclaré, ajoutant : « Je repars avec une immense fierté africaine après avoir découvert l’extraordinaire courage du peuple éthiopien. » Mark Hayes, un autre visiteur, a affirmé que sa vision du pays avait évolué dès son arrivée à Addis-Abeba. « Nous avons souvent des idées préconçues avant de venir, mais la réalité est tout autre. C’est un pays remarquable », a-t-il déclaré, ajoutant : « Nous retournons désormais chez nous pour raconter combien l’Éthiopie est exceptionnelle. Je suis fier d’en faire la promotion. » Il a également indiqué qu’il prévoyait de partager son expérience au Royaume-Uni, précisant qu’il « raconterait à ses compatriotes anglais ce qu’il a découvert à Addis-Abeba ». Joseph Kirule, employé de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à Addis-Abeba, a pour sa part souligné l’importance des sites historiques visités. « Aujourd’hui, nous avons découvert plusieurs étapes majeures de la civilisation humaine qui ont pris naissance ici », a-t-il déclaré, ajoutant : « Nous avons notamment appris l’histoire de la victoire d’Adoua. C’est un événement majeur qui renforce notre fierté et notre prestige en tant qu’Africains. »
« Après des décennies d'expansion et de succès, Ethiopian Airlines s'impose comme la première compagnie aérienne d'Afrique », déclare son PDG
May 17, 2026 15170
Addis Ababa le 17 mai,2026 (ENA) Ethiopian Airlines a consolidé sa position de première compagnie aérienne d’Afrique après des années de croissance soutenue et de succès opérationnel, a déclaré dimanche Mesfin Tasew, PDG du groupe. Ces propos ont été tenus lors d'une course de 8 kilomètres organisée dans le cadre des célébrations marquant le 80e anniversaire de la compagnie. S'exprimant lors de l'événement, le PDG Mesfin est revenu sur les modestes débuts de la compagnie en 1946, lorsqu'elle a démarré ses activités avec une petite flotte d'avions seulement. Depuis lors, a-t-il déclaré, la compagnie aérienne s'est considérablement développée et exploite aujourd'hui l'une des flottes les plus modernes du continent, comprenant des appareils de pointe de Boeing et d'Airbus. Selon M. Tasew, la compagnie dessert actuellement plus de 145 destinations internationales à travers le monde et a connu une forte croissance dans de nombreux secteurs, notamment le transport de fret, la formation aéronautique dispensée par l’Ethiopian Aviation Academy et d’autres services liés à l’aviation. Il a ajouté que la solidité opérationnelle de la compagnie et ses investissements stratégiques à long terme ont contribué à en faire l’un des transporteurs les plus prisés d’Afrique et un acteur majeur de l’industrie aéronautique mondiale. Dans le cadre de la commémoration de ses huit décennies d'activité, Ethiopian Airlines organise une série d'événements festifs, notamment une course urbaine, des tables rondes, des expositions et des programmes de sensibilisation communautaire. La course anniversaire a attiré des personnalités de haut rang, dont Sileshi Sihine, président de la Fédération éthiopienne d'athlétisme, ainsi que des dirigeants de la compagnie aérienne et des invités. La course a débuté sur la place Pouchkine, communément appelée Sar Bet, et devait s'achever à l'aéroport international de Bole. Des athlètes, des employés de compagnies aériennes, des membres de la communauté sportive et des représentants de diverses institutions participent à cet événement.
L’Éthiopienne Tigst Assefa défend avec succès son titre au marathon de Londres et établit un nouveau record.
Apr 26, 2026 14196
Addis-Abeba, le 26 avril 2026 (ENA) : - L’Éthiopienne Tigst Assefa a une nouvelle fois brillé en remportant la 46e édition du marathon de Londres, confirmant son statut de championne dans l’une des épreuves les plus prestigieuses du circuit mondial. Vice-championne olympique à Paris, elle a bouclé la course en 2 h 15 min 41 s, s’offrant ainsi une deuxième victoire consécutive dans la capitale britannique. Cette performance exceptionnelle s’accompagne d’un nouveau record du monde féminin, consolidant davantage sa position parmi les meilleures marathoniennes de l’histoire. La Kényane Hellen Obiri a décroché la deuxième place après une fin de course remarquable, tandis que Joyciline Jepkosgei a complété le podium, offrant un triplé africain. Ce résultat met une fois de plus en évidence la suprématie des coureuses éthiopiennes et kényanes sur la scène internationale, la prestation d’Assefa s’imposant comme l’un des faits marquants de la saison.
L’industrie manufacturière occupe une place stratégique dans les efforts de consolidation de l’économie éthiopienne : Ministre Melaku Alebel.
Apr 26, 2026 12477
Addis-Abeba, le 26 avril 2026 (ENA) : - Le ministre de l’Industrie, Melaku Alebel, a affirmé que le gouvernement met l’accent sur le développement du secteur manufacturier pour renforcer les fondements économiques de l’Éthiopie. S’exprimant à l’occasion de la course urbaine de 10 kilomètres « Ethiopia Tamrit », organisée sur la place Meskel, le ministre a réaffirmé l’engagement du gouvernement à renforcer les capacités industrielles et à valoriser les produits fabriqués localement. L’événement a réuni plusieurs hauts responsables, parmi lesquels la ministre de la Culture et des Sports, Shewit Shanka, l’adjoint au maire d’Addis-Abeba, Jantrar Abay, ainsi que le président de la Fédération éthiopienne d’athlétisme, Sileshi Sihine. Le ministre Melaku a expliqué que cette initiative visait à promouvoir les équipements sportifs produits dans le pays et à mettre en lumière les avancées des industries engagées dans la substitution aux importations. « Le gouvernement accorde une priorité claire à l’industrie manufacturière pour asseoir une base économique solide », a-t-il déclaré, soulignant que les réformes entreprises ces dernières années commencent à produire des résultats concrets. Il a également indiqué que la dynamique du secteur s’est intensifiée depuis le lancement de l’initiative « Ethiopia Tamrit », avec des progrès notables tant en termes de qualité que de volume de la production nationale. Selon lui, l’adoption des produits locaux s’inscrit dans une tendance croissante, plusieurs biens auparavant importés étant désormais fabriqués en Éthiopie. Il a assuré que les efforts se poursuivraient afin de renforcer la contribution du secteur à l’économie nationale et d’accélérer la transformation industrielle. De son côté, la ministre Shewit Shanka a mis en avant les investissements réalisés dans le domaine sportif, estimant que le développement des infrastructures crée de nouvelles opportunités pour la participation et l’épanouissement des jeunes. Elle a souligné que la synergie entre le sport et l’industrie favorise le remplacement des équipements importés par des produits locaux, précisant que les tenues utilisées lors de la course avaient été entièrement fabriquées en Éthiopie, illustrant ainsi le renforcement de cette coopération. Enfin, le maire adjoint, Jantrar Abay, a salué les progrès significatifs enregistrés dans le secteur industriel d’Addis-Abeba, notant que les réformes ont accru les capacités de production et consolidé le rôle de la capitale dans la mise en œuvre du programme national de fabrication.
Environnement
Les défis liés au phénomène El Niño prévu pour 2026 exigent une solidarité régionale : le commissaire adjoint
Sep 18, 2026 326
Addis Ababa le 18 septembre, 2026 (ENA) Les répercussions potentielles du phénomène El Niño en 2026 exigent un leadership politique, une appropriation nationale et une solidarité régionale, a souligné Aydrus Hassan, commissaire adjoint chargé de la gestion des risques de catastrophe en Éthiopie. Il a ajouté que cela nécessitait également un financement en temps opportun et une action précoce allant au-delà de la préparation technique. Dans son discours d’ouverture du Forum régional de haut niveau de l’IGAD sur la préparation au phénomène El Niño dans la Corne de l’Afrique, le commissaire adjoint a déclaré que l’Éthiopie renforçait son système de gestion des risques de catastrophe afin de le rendre plus polyvalent face aux risques, axé sur les impacts, anticipatif et multisectoriel. Ce système associe la surveillance, les prévisions, l’évaluation des impacts, l’alerte précoce, la préparation, les mesures anticipatives et l’intervention, a ajouté Aydrus. Il a par ailleurs indiqué que l’Éthiopie renforce son autonomie nationale, notamment grâce à son Fonds de réponse aux risques de catastrophe, qui fournit un financement prévisible pour la préparation aux catastrophes, l’alerte précoce, les mesures anticipatives, l’intervention et le renforcement de la résilience. Au niveau régional, l’IGAD et l’ICPAC s’efforcent de renforcer le partage transfrontalier d’informations, l’analyse conjointe des risques, l’interopérabilité des systèmes d’alerte précoce et la coordination des mesures préventives. Ces efforts sont essentiels compte tenu des risques pesant sur les bassins fluviaux partagés, les couloirs de transhumance, les marchés et les mouvements de population. M. Aydrus a exhorté les États membres de l’IGAD à veiller à ce que des financements soient disponibles avant que les catastrophes ne surviennent et à traduire l’appel à l’action régional de haut niveau en engagements concrets. Il a ajouté que l’aide internationale devait venir en complément du leadership national plutôt que de s’y substituer. Le commissaire adjoint a en outre souligné la nécessité de relier les prévisions, les seuils de déclenchement, le financement et l’action afin de protéger les vies, les moyens de subsistance et les acquis en matière de développement. Ce forum a réuni les États membres de l’IGAD et leurs partenaires afin de renforcer la préparation régionale et l’action précoce. L’Organisation météorologique mondiale prévoit que le phénomène El Niño de 2026 sera très intense, voire historique, avec un pic à la fin de l’année et des répercussions s’étendant jusqu’en 2027.
L'Éthiopie s'impose comme un modèle en matière de promotion de la mobilité verte : un responsable de la CEA
Sep 17, 2026 204
Addis Ababa le 17 septembre, 2026 (ENA) La transition vers les véhicules électriques (VE) devient une priorité essentielle pour le développement durable des transports en Afrique, l’Éthiopie s’imposant comme un exemple phare dans la promotion de la mobilité verte, a déclaré la Commission économique pour l’Afrique (CEA). Dans un entretien exclusive accordée à l'ENA, Robert Lisinge, directeur de la division Technologie, innovation et infrastructures de la CEA, a déclaré que les véhicules électriques jouaient un rôle important dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre et dans le soutien à des systèmes de transport écologiquement durables à travers le continent. M. Lisinge a souligné que le secteur des transports figurait parmi les principaux responsables du changement climatique, et que le passage des véhicules fonctionnant aux combustibles fossiles à la mobilité électrique était essentiel pour relever les défis environnementaux. Il a noté que cette réunion intervenait à un moment crucial, après l’adoption par l’Afrique d’un cadre continental pour les véhicules électriques, qui vise à accélérer la transition vers des systèmes de transport plus propres. Il a souligné que la participation de l’Éthiopie aux côtés des pays nordiques, notamment la Norvège, la Suède, la Finlande et le Danemark, constituait une occasion importante d’échanger des expériences et de renforcer les partenariats en matière de développement de la mobilité électrique. « Le fait de rassembler ces pays offre une formidable opportunité d’apprendre les uns des autres, de tisser des réseaux et d’encourager les entreprises du monde entier à explorer les opportunités disponibles en Afrique », a-t-il déclaré. Il a souligné que les pays souhaitant faire progresser la mobilité électrique doivent élaborer des stratégies claires, des plans de mise en œuvre et des politiques de soutien, tout en investissant dans les infrastructures de recharge et en renforçant les capacités techniques nécessaires à l’entretien des véhicules électriques. « Cette transition nécessite une approche écosystémique qui inclut des stratégies, des mesures incitatives, le développement des infrastructures et le renforcement des capacités des techniciens locaux », a déclaré M. Lisinge. M. Lisinge a également salué les efforts de l’Éthiopie en faveur des transports verts, décrivant le pays comme un leader de la transition vers la mobilité électrique en Afrique. Il a ajouté que la décision de l’Éthiopie de restreindre l’importation de véhicules à moteur à combustion interne témoignait d’un engagement politique fort et constituait un exemple pour d’autres pays à la recherche de solutions de transport durables. Le responsable de la CEA a en outre expliqué que plusieurs pays africains vont au-delà de la simple adoption des véhicules électriques et développent également des capacités de production locales, avec l’ambition de desservir à la fois les marchés nationaux et internationaux. Enfin, M. Lisinge a ajouté que la mobilité électrique offrait des opportunités plus larges à l’Afrique, notamment en matière de développement industriel, d’innovation, de création d’emplois et de renforcement de la coopération entre les entreprises africaines et internationales.
Mobilité électrique : l’Afrique appelée à en faire un moteur de la croissance industrielle
Sep 16, 2026 267
Addis Ababa le 16 septembre, 2026 (ENA) Le ministre éthiopien des Transports et de la Logistique, Dr Alemu Sime Feyisa, a appelé les pays africains et leurs partenaires à faire de la mobilité électrique un levier de développement industriel, de création d’emplois et de croissance durable. S’exprimant lors du Sommet nordique-africain sur les véhicules électriques 2026, tenu à Addis-Abeba, il a souligné que la transition ne devait pas se limiter à l’importation de véhicules, mais favoriser également la fabrication locale, le développement des compétences et la création de valeur. « L’Afrique doit s’impliquer à tous les niveaux de la chaîne de valeur », a déclaré Dr Alemu, appelant à renforcer les capacités locales et la coopération régionale. Il a également insisté sur la nécessité de développer des infrastructures adaptées, notamment des réseaux électriques fiables, des stations de recharge et des systèmes de gestion et de recyclage des batteries. Selon lui, les investissements doivent couvrir l’ensemble de l’écosystème, y compris la formation et les infrastructures. Le ministre a souligné le potentiel des énergies renouvelables de l’Éthiopie pour soutenir cette transition et appelé à une approche intégrée incluant les transports publics, les bus électriques, les véhicules à deux et trois roues ainsi que l’électrification progressive du fret et de la logistique. Le sommet a réuni des représentants de l’Union africaine, des Nations unies, d’institutions financières, du secteur privé, de la recherche et de l’innovation afin d’examiner les moyens d’accélérer la mobilité électrique en Afrique. Dr Alemu a enfin appelé à transformer les discussions en actions concrètes à travers des investissements, des partenariats technologiques, des programmes de formation et une coopération régionale renforcée.
L’Afrique doit passer des engagements climatiques à leur mise en œuvre : le secrétaire exécutif de la CEA
Sep 7, 2026 834
Addis Ababa le 7 septembre, 2026 (ENA) L’Afrique doit de toute urgence passer des engagements climatiques à la mise en œuvre de mesures concrètes pour faire face aux impacts du changement climatique, a déclaré Claver Gatete, secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA). M. Gatete s’exprimait lors de l’ouverture de la 14e Conférence sur le changement climatique et le développement en Afrique (CCDA-XIV), qui s’est tenue à Addis-Abeba sous le thème « Des promesses à l’action : la feuille de route Belém-Antalya-Addis ». Il a souligné que l’Afrique représente moins de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, mais qu’elle est pourtant très vulnérable aux effets du changement climatique. Malgré les engagements pris et l’élaboration de contributions déterminées au niveau national (CDN) et de plans d’adaptation, leur mise en œuvre reste insuffisante. « Nous avons négocié des engagements, fixé des objectifs et élaboré des CDN ainsi que des plans nationaux d’adaptation. Pourtant, la mise en œuvre continue d’accuser un retard », a déclaré M. Gatete. Le secrétaire exécutif de la CEA a mis en avant le potentiel du continent en matière d’énergies renouvelables et de ressources minérales essentielles, ainsi que sa population jeune, ses marchés en expansion et ses capacités technologiques croissantes. L’un des principaux obstacles demeure l’accès limité à un financement climatique abordable. L’Afrique aurait besoin d’environ 277 milliards de dollars par an jusqu’en 2030 pour mettre en œuvre ses CDN, alors que les financements actuels ne couvriraient qu’environ 11 % de ce besoin. M. Gatete a appelé à un accès accru aux subventions et aux financements concessionnels, mettant en garde contre les financements susceptibles d’aggraver le fardeau de la dette des pays africains. « Un financement qui alourdit une dette déjà insoutenable ne fera que rendre la mise en œuvre plus difficile », a-t-il averti. Il a également souligné la nécessité de lier l’action climatique au développement économique, en particulier à l’accès à l’énergie, au renforcement des capacités productives et à la création d’emplois.Plus de 600 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité. « Pour nous, à la CEA, l’action climatique doit aller de pair avec l’élargissement de l’accès à l’énergie, le renforcement des capacités productives et la création d’emplois », a-t-il déclaré. Selon lui, les ressources renouvelables et les minéraux essentiels de l’Afrique pourraient favoriser le développement de chaînes de valeur régionales et la création d’emplois. La Zone de libre-échange continentale africaine (AfCFTA) pourrait contribuer à porter ces initiatives à plus grande échelle. M. Gatete a enfin appelé l’Afrique à jouer un rôle plus actif dans la définition des solutions mondiales en matière de financement climatique, d’adaptation, d’énergie, de commerce, de technologie et de gouvernance climatique. « Notre ambition doit aller plus loin. L’Afrique doit également contribuer à définir ces solutions », a-t-il souligné. La conférence, qui se déroule sur trois jours, devrait adopter les « Messages d’Addis-Abeba sur l’action climatique », qui serviront de propositions africaines en amont de la COP31 à Antalya et contribueront aux préparatifs de la COP32, prévue à Addis-Abeba en 2027. Pour M. Gatete, le succès de l’action climatique devra se mesurer à travers des résultats concrets pour les populations, notamment une meilleure résilience des agriculteurs et des communautés, un accès accru à l’électricité ainsi que la création de nouvelles industries et d’emplois.
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L'engagement de l'Éthiopie au sein des BRICS marque une nouvelle ère de partenariat mondial et d'opportunités économiques
Sep 20, 2026 119
Par un rédacteur Le 20 septembre, 2026 (ENA) La participation de l'Éthiopie au 18e sommet des dirigeants du BRICS à New Delhi a marqué un tournant important dans l'élargissement de l'engagement international du pays et dans sa quête d'une croissance économique inclusive. Ce sommet, organisé sous le thème « Construire pour la résilience, l'innovation, la coopération et la durabilité », a réuni les dirigeants des principales économies émergentes afin de renforcer la coopération dans les domaines du commerce, de l'investissement, de la technologie, de l'action climatique et du développement durable. L'adoption de la Déclaration de New Delhi, qui comprenait 140 points de consensus, a démontré l'engagement commun des membres du BRICS et des pays partenaires à approfondir la coopération et à créer de nouvelles opportunités pour les économies en développement. Pour l'Éthiopie, ce sommet a constitué une occasion précieuse de mettre en avant ses efforts de transformation, de présenter des opportunités d'investissement et de renforcer les partenariats qui soutiennent ses objectifs nationaux de développement. Renforcer l'intégration mondiale et les partenariats de développement de l'Éthiopie La participation active de l'Éthiopie au sommet a suscité un vif intérêt, les dirigeants des pays du BRICS ayant exprimé leur soutien à plusieurs initiatives internationales importantes du pays. Le BRICS a réaffirmé son soutien au processus d'adhésion en cours de l'Éthiopie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), reconnaissant les efforts déployés par le pays pour renforcer son intégration dans le commerce mondial et élargir la coopération économique avec ses partenaires internationaux. Le sommet a également marqué une avancée pour le rôle de l'Éthiopie dans la diplomatie aéronautique mondiale. Les dirigeants des pays du BRICS ont soutenu la candidature de l'Éthiopie à un siège élargi au Conseil de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), après que l'Union africaine eut désigné l'Éthiopie comme seul candidat africain. Cette reconnaissance reflète la contribution croissante de l'Éthiopie à la connectivité continentale, au développement de l'aviation et à la coopération internationale. L'une des principales réalisations mises en avant lors du sommet a été la préparation de l'Éthiopie à accueillir la 32e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP32) à Addis-Abeba en 2027. Le soutien des dirigeants des pays du BRICS offre à l'Éthiopie l'occasion de mettre en avant les priorités de l'Afrique en matière de climat, de promouvoir des solutions de développement vert et d'encourager une coopération internationale renforcée sur l'adaptation au changement climatique, les énergies renouvelables et le financement climatique. S'exprimant lors du sommet, le Premier ministre Abiy Ahmed a présenté une vision de partenariat entre les pays du BRICS et l'Afrique fondée sur une croissance partagée et des avantages mutuels. Il a souligné que les abondantes ressources naturelles de l'Afrique, associées aux investissements, aux technologies et à l'expertise mondiaux, peuvent créer une plus grande valeur économique et accélérer le développement industriel à travers le continent. Le Premier ministre a mis en avant la transformation agricole de l'Éthiopie comme un exemple de progrès national. Il a souligné les avancées réalisées par le pays pour passer d'une dépendance vis-à-vis du blé importé à une capacité de production nationale accrue. Cette évolution, a-t-il expliqué, offre à l'Éthiopie la possibilité de participer à des initiatives telles que la Bourse des céréales des BRICS proposée, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire régionale et à la coopération agricole. L'Éthiopie a également souligné l'importance de l'innovation et de la technologie dans la construction de l'économie de demain. Le Premier ministre Abiy a mis en avant l'intelligence artificielle comme un domaine clé de coopération et a appelé à des partenariats dans la recherche sur l'IA, le développement des infrastructures numériques, les capacités de calcul et la gouvernance responsable des technologies. Ces priorités soutiennent l'ambition de l'Éthiopie de bâtir une économie fondée sur la connaissance, portée par l'innovation, le développement des compétences et la transformation numérique. Sur le plan financier, l'Éthiopie a participé activement aux discussions économiques du BRICS par l'intermédiaire de la délégation de la Banque nationale d'Éthiopie, dirigée par le gouverneur Eyob Tekalign. L'Éthiopie a présenté ses réformes économiques en cours, notamment les mesures relatives aux devises, les améliorations de la politique monétaire et les initiatives de restructuration budgétaire visant à renforcer la résilience économique et à créer un environnement plus attractif pour les investisseurs. Renforcement des relations bilatérales avec les pays du BRICS et les partenaires mondiaux Au-delà des discussions multilatérales, le sommet du BRICS a offert à l'Éthiopie une tribune importante pour renforcer ses relations bilatérales avec des partenaires mondiaux clés. Le Premier ministre Abiy Ahmed a tenu des entretiens de haut niveau avec les dirigeants de l'Inde, de la Chine, de la Russie, de l'Iran, de la Malaisie et des Émirats arabes unis, axés sur le commerce, l'investissement, le transfert de technologies, le développement des infrastructures, la coopération énergétique et les relations diplomatiques. La rencontre avec le Premier ministre indien Narendra Modi a mis en avant les relations de longue date entre l'Éthiopie et l'Inde, notamment dans des domaines tels que le commerce, l'investissement, l'éducation, l'industrie pharmaceutique, l'agriculture et la technologie. L'Inde reste l'un des partenaires économiques majeurs de l'Éthiopie, les entreprises indiennes étant présentes dans des secteurs tels que l'industrie manufacturière, l'agriculture et les infrastructures. Les discussions ont également mis l'accent sur l'élargissement de la coopération dans les domaines des technologies numériques, du renforcement des capacités et du développement industriel. Les échanges de l'Éthiopie avec le président chinois Xi Jinping ont encore renforcé le partenariat stratégique entre les deux pays. L'Éthiopie et la Chine entretiennent une coopération étendue dans les domaines du développement des infrastructures, des transports, des télécommunications, de l'industrie manufacturière et des parcs industriels. Les discussions ont porté sur l'élargissement de la coopération économique, l'encouragement à davantage d'investissements et le renforcement des partenariats de développement dans le cadre plus large de la coopération sino-africaine. Les discussions avec le président russe Vladimir Poutine ont porté sur l'élargissement de la coopération dans des domaines tels que l'énergie, la technologie, l'éducation, l'agriculture et les relations économiques. L'Éthiopie et la Russie entretiennent des liens diplomatiques historiques, et les deux parties ont exprimé leur intérêt pour un renforcement de la coopération dans les secteurs contribuant au développement économique et aux priorités nationales. L'Éthiopie a également eu des discussions avec le président iranien Masoud Pezeshkian sur les possibilités de renforcer la coopération dans les domaines du commerce, de l'industrie, de l'agriculture, de la technologie et des échanges scientifiques. Les deux pays ont exploré les moyens d'approfondir leurs relations économiques et d'accroître leur collaboration dans des domaines d'intérêt mutuel. La rencontre avec le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim a été l'occasion de renforcer la coopération en matière d'investissement, d'éducation, d'agriculture, de tourisme et de développement industriel. L'Éthiopie s'est efforcée d'attirer les investissements et l'expertise malaisiens, en particulier dans les secteurs de l'industrie manufacturière et du développement économique. Les échanges entre l'Éthiopie et le prince héritier d'Abou Dhabi, Cheikh Khaled bin Mohamed bin Zayed Al Nahyan, ont mis en évidence le partenariat croissant entre l'Éthiopie et les Émirats arabes unis. Les Émirats arabes unis sont devenus un partenaire important de l'Éthiopie grâce à des investissements dans la logistique, l'agriculture, les énergies renouvelables, le commerce et la coopération financière. Les discussions ont mis l'accent sur l'élargissement des opportunités d'investissement et le renforcement des liens économiques. Ces échanges bilatéraux ont illustré la stratégie de l'Éthiopie visant à diversifier ses partenariats internationaux et à attirer des investissements provenant de différentes régions du monde. Grâce à des relations diplomatiques et économiques plus solides, l'Éthiopie vise à multiplier les opportunités commerciales, à accéder à des technologies de pointe, à promouvoir l'industrialisation et à soutenir le développement durable. Au-delà des priorités nationales de l'Éthiopie, le sommet des BRICS a abordé des enjeux mondiaux plus larges, notamment la nécessité d'une représentation accrue des pays en développement au sein des institutions internationales. Les dirigeants ont souligné l'importance de la coopération, de l'équité et des solutions durables pour relever les défis mondiaux. Conclusion La participation de l'Éthiopie au sommet des BRICS a démontré la confiance, l'ambition et l'engagement croissants du pays en faveur de la coopération internationale. Le soutien apporté à l'adhésion de l'Éthiopie à l'OMC, à sa candidature à l'OACI et à son rôle de chef de file lors de la COP32, ainsi que les discussions sur les investissements, la technologie, l'agriculture et les partenariats financiers, ont ouvert de nouvelles perspectives de progrès économiques et diplomatiques. Ce sommet a permis à l'Éthiopie de mettre en avant ses réalisations en matière de développement et de présenter une vision fondée sur l'innovation, la productivité, la durabilité et le partenariat international. L'élargissement des relations bilatérales avec les membres du BRICS et d'autres partenaires mondiaux a encore renforcé la capacité de l'Éthiopie à attirer les investissements, à échanger des connaissances et à participer activement à la coopération économique mondiale. Grâce à un engagement continu auprès des économies émergentes et des institutions internationales, l'Éthiopie se positionne comme un contributeur actif au programme de développement de l'Afrique. Les résultats du sommet constituent une étape importante vers une intégration mondiale plus profonde, des partenariats plus solides et un rôle accru de l'Éthiopie dans la promotion d'une croissance et d'une prospérité partagées en Afrique et au-delà.
Pourquoi la sécurité en mer Rouge a-t-elle besoin de l’Éthiopie ?
Sep 17, 2026 294
D'après une analyse de Pulse of Africa (POA) Sept. 17, 2026 La mer Rouge, une voie navigable étroite reliant le golfe d’Aden et l’océan Indien à la Méditerranée, est en proie depuis quelques années à une grave insécurité. La présence de groupes armés autour de cette voie navigable, aggravée par des menaces telles que la piraterie, a compromis sa fiabilité, alors même qu’elle achemine environ 13 % du trafic maritime mondial. Cette menace est désormais au centre de l’attention. Lorsque la guerre a éclaté entre l’Iran d’un côté, et Israël et les États-Unis de l’autre, une voie navigable similaire, le golfe Persique, ainsi que le goulet d’étranglement le reliant à l’océan Indien, ont été transformés en armes, Téhéran étouffant de fait un passage par lequel transitent 25 % de la production mondiale de pétrole et de gaz. Cette même instrumentalisation s’est manifestée à Bab-el-Mandeb, le goulet d’étranglement de la mer Rouge, lorsque les Houthis du Yémen, qui contrôlent le nord du pays limitrophe de ce goulet d’étranglement, ont déclaré un blocus contre Israël en mars 2025, motivés en partie par leur alignement sur l’Iran. Les rebelles ont depuis étendu ce blocus à l’Arabie saoudite, avec laquelle ils sont en guerre depuis plus d’une décennie, un conflit suspendu par une trêve conclue en 2022. La semaine dernière, une offensive éclair menée par les forces houthistes a bouleversé le statu quo régional, leur permettant de prendre le contrôle total du détroit stratégique de Bab al-Mandeb. Balayant la côte ouest du Yémen avec une vigueur implacable, ces forces ont complètement submergé les positions du gouvernement soutenu par l’Arabie saoudite, ne rencontrant pratiquement aucune résistance sur leur passage. L’Arabie saoudite aurait lancé des contre-offensives avec des sorties aériennes visant les positions houthistes. La situation reste instable. Les navires saoudiens, à l’instar des navires israéliens, sont devenus des cibles pour les Houthis, ce qui aggrave encore l’insécurité qui règne dans cette voie maritime. À cela s’ajoute la piraterie, provenant principalement des côtes somaliennes, qui continue de constituer une menace. Bien que l’on ait pensé que sa fréquence avait diminué, la piraterie dans le détroit de Bab el-Mandeb et en mer Rouge semble connaître un regain d’activité. Le New York Times a rapporté fin août que la tendance laisse entrevoir une possible recrudescence, avec 17 incidents liés à la piraterie recensés pour la seule année 2026. Bien que le transport maritime israélien et saoudien, ainsi que le fret international, soient directement visés, les effets de cette insécurité sont davantage de nature structurelle. Selon Reuters, le trafic maritime à travers la mer Rouge a chuté de près de 60 % depuis 2023, date à laquelle les Houthis ont commencé à utiliser ce point d’étranglement comme arme, et ne s’est pas réellement redressé depuis. Ces chiffres se traduisent par une augmentation des coûts de transport maritime et un ralentissement du trafic, les navires étant contraints de faire un détour par le cap de Bonne-Espérance, au large de l’Afrique australe, ce qui allonge la durée du voyage de plusieurs jours et entraîne des coûts de carburant supplémentaires. Pour les pays desservis par la mer Rouge elle-même, cela s’est traduit par une plus grande volatilité de leurs échanges commerciaux. Au-delà des coûts supplémentaires liés au transport maritime, cela signifie devoir composer avec le risque de perturbation, en particulier pour les produits essentiels tels que le pétrole et le gaz. C’est le cas des pays de la Corne de l’Afrique et du golfe Persique, dont les voies d’approvisionnement ont été perturbées. Les mesures prises pour sécuriser la mer Rouge et le détroit de Bab-el-Mandeb se sont révélées largement vaines, faute d’un plan global et cohérent pour relever ce défi, la concurrence géopolitique au Moyen-Orient et dans la Corne de l’Afrique ayant sapé ces efforts. L’Éthiopie est l’un des pays qui s’efforce d’assurer la sécurité de la mer Rouge. Cet État de la Corne de l’Afrique, le plus grand de la région tant en termes de population que d’économie, tente de mettre en place une présence sécuritaire sur cette voie navigable afin de contribuer à remédier à l’insécurité qui y règne. L’Éthiopie dépend de Djibouti, le pays situé du côté africain du détroit de Bab-el-Mandeb, pour plus de 85 % de ses activités maritimes, et son statut de pays enclavé a limité sa capacité à contribuer à la résolution d’un dilemme sécuritaire qui a des répercussions sur sa propre économie et sa stabilité, ainsi que sur celles de ses voisins. Cette situation, conjuguée aux réalités historiques et aux préoccupations démographiques, a constitué le fondement de l’argumentaire du pays en faveur d’un retour vers la mer Rouge. L’accès à la mer est depuis longtemps considéré comme une question d’intérêt national primordial par la majorité des Éthiopiens — une question qui a pris une importance accrue notamment depuis 2018, date à laquelle le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed est arrivé au pouvoir. Parallèlement au lancement d’une offensive diplomatique, l’Éthiopie a également relancé sa marine cette même année, affirmant ainsi clairement son vif intérêt pour le rétablissement d’une présence sécuritaire en mer Rouge. La marine éthiopienne a été un acteur majeur dans les affaires de la mer Rouge pendant des décennies. Créée en 1955, elle est plus ancienne que la plupart des institutions de sécurité navale de la région, y compris celle de l’Arabie saoudite, qui a vu le jour en 1960. Elle a constitué un pilier de la sécurité de la mer Rouge pendant des décennies et n’a été dissoute qu’en 1996, à la suite de la sécession de l’Érythrée de l’Éthiopie en 1991. Aujourd’hui rétablie, elle propose de contribuer à la sécurité maritime et d’aider à résoudre le dilemme croissant auquel sont confrontés le Moyen-Orient et la Corne de l’Afrique. S’exprimant lors du 4e Dialogue annuel sur la mer Rouge et le golfe d’Aden en avril dernier, le commandant en chef de la marine éthiopienne, Kindu Gezu, a déclaré que l’initiative de l’Éthiopie visait également « l’intérêt commun de la région », ajoutant que « l’inclusivité renforce la légitimité et favorise les intérêts partagés en matière de sécurité et de connectivité ». Pour la région, et pour ceux qui sont touchés par l’insécurité en mer Rouge, il vaut la peine d’examiner ce qu’un rôle accru de l’Éthiopie pourrait apporter. Pour Djibouti, le Yémen et l’Arabie saoudite, mais aussi pour les superpuissances présentes dans la région, il est raisonnable de soutenir le retour de l’Éthiopie à la mer pour des raisons de sécurité maritime. Dans un article publié par le média moyen-oriental MEMRI, Anna Mahjar-Barducci, spécialiste du Maroc, a plaidé en faveur de l’accès de l’Éthiopie à la mer pour des raisons de sécurité similaires, faisant valoir que les États-Unis, puissance mondiale qui considère la sécurité de la mer Rouge comme une priorité stratégique, devraient soutenir l’Éthiopie, car ce pays pourrait jouer un rôle crucial dans la sécurisation de cette voie navigable. Le Moyen-Orient et la Corne de l’Afrique sont confrontés aux mêmes enjeux stratégiques. Au-delà de la concurrence stratégique, les États de la région doivent désormais considérer la sécurité maritime comme une préoccupation permanente. En fin de compte, la solution repose sur des mécanismes inclusifs permettant de mettre en commun les ressources disponibles, y compris celles que l’Éthiopie peut apporter. Le retour de l’Éthiopie sur la mer Rouge pourrait renforcer la sécurité régionale.