ENA - ENA Français
À la une
Le Conseil des ministres transmet à l'Assemblée populaire de la République (HPR) des projets de loi essentiels portant sur la gouvernance, les données, l'énergie et la défense
Sep 28, 2026 22
Addis Ababa le 28 septembre, 2026 (ENA) Le Conseil des ministres éthiopien a approuvé une série de mesures législatives et réglementaires visant à réorganiser les institutions fédérales, à renforcer la gouvernance des données, à moderniser le secteur de l’énergie, à améliorer l’administration fiscale et à consolider le cadre juridique régissant les forces de défense nationale. Le Conseil a tout d’abord délibéré sur un projet de proclamation définissant les pouvoirs et les responsabilités des organes exécutifs. Élaboré conformément à l’article 56 de la Constitution de la République fédérale démocratique d’Éthiopie (RFDE) à la suite des élections nationales de 2026, ce texte établit la structure institutionnelle permettant aux entités exécutives fédérales d’exercer efficacement leurs mandats au cours du prochain mandat. À l’issue de discussions approfondies, le Conseil a intégré les principales contributions et a renvoyé le projet à l’unanimité à la Chambre des représentants du peuple. Abordant les priorités en matière de transformation numérique, la session a examiné le projet de proclamation sur la gouvernance nationale des données. Conçu pour garantir la souveraineté des données, rationaliser la prestation des services publics grâce à l’interopérabilité des systèmes, développer la recherche en intelligence artificielle et stimuler une croissance économique fondée sur les données, le Conseil a transmis à l’unanimité ce projet de loi amélioré à l’assemblée parlementaire. En matière de financement du développement, le Conseil a approuvé un projet de décret ratifiant un accord de prêt de 145,8 millions de DTS signé avec l’Association internationale de développement. Ces fonds étant destinés à la première phase du projet de réforme, d’investissement et de modernisation du secteur de l’électricité, le Conseil s’est assuré que l’accord était pleinement conforme à la politique nationale en matière de dette avant de le transmettre à la Chambre des représentants du peuple pour adoption définitive. En matière de gouvernance fiscale, le Conseil a adopté des amendements au règlement fédéral relatif à l’impôt sur le revenu et au règlement fédéral relatif à la taxe sur la valeur ajoutée. La révision de l’impôt sur le revenu aligne les procédures administratives sur la proclamation fédérale n° 979/2016 relative à l’impôt sur le revenu afin de renforcer la transparence opérationnelle. L’ajustement de la taxe sur la valeur ajoutée porte sur les structures fiscales applicables aux anciens percepteurs de la taxe sur le chiffre d’affaires, tout en exonérant les biens de consommation essentiels afin de préserver le pouvoir d’achat des ménages et de stimuler la compétitivité de l’industrie locale. À l’issue d’un débat approfondi sur les projets de règlement, le Conseil a décidé à l’unanimité de les mettre en œuvre dès leur publication au Journal officiel « Negarit ». Enfin, le Conseil a examiné les propositions d’amendements à la Proclamation n° 1286/2023 relative aux forces de défense. Dans le but de renforcer le cadre juridique permettant aux forces armées nationales d’exercer leurs missions constitutionnelles définies à l’article 87, le Conseil a décidé à l’unanimité de transmettre le projet de loi à la Chambre des représentants du peuple.
Meskel : un ressortissant jordanien souligne le potentiel touristique et l’hospitalité de l’Éthiopie
Sep 28, 2026 67
Addis Ababa le 28 septembre, 2026 (ENA) La célébration de la Meskel constitue également une occasion de mettre en lumière le potentiel touristique et culturel de l’Éthiopie, ainsi que l’accueil réservé aux visiteurs étrangers. Présent à la place Meskel dans l’occasion des célébrations de la veille de la fête, Michelle Akashey, ressortissant jordanien travaillant actuellement en Éthiopie, a partagé son expérience du pays, mettant notamment en avant ses attraits touristiques, son environnement et l’hospitalité de sa population. Selon lui, l’Éthiopie offre aux visiteurs une diversité de sites et d’expériences, allant de son patrimoine religieux à sa gastronomie et à ses richesses naturelles. « L’Éthiopie est un très, très joli pays. Les gens ici sont très gentils. J’espère que vous aussi aurez la chance de visiter ce joli pays. Il y a beaucoup de choses à visiter, beaucoup d’églises », a-t-il déclaré. Son témoignage met également en évidence l’importance d’un environnement favorable à l’accueil des visiteurs internationaux. Michelle a indiqué se sentir à l’aise dans son quotidien en Éthiopie, soulignant notamment son expérience de la sécurité et de l’accueil de la population. Cette expérience constitue, selon lui, un cadre propice aux échanges entre les peuples et à la découverte mutuelle des cultures. Évoquant les différences entre l’Éthiopie et son pays d’origine, la Jordanie, il a notamment comparé les conditions climatiques des deux pays. « En Jordanie, nous n’avons pas beaucoup de pluie. C’est un grand problème pour la Jordanie. Mais ici, vous avez de la chance parce qu’il pleut beaucoup », a-t-il expliqué. Au-delà des différences entre les deux pays, Michelle a surtout insisté sur le sentiment d’appartenance qu’il dit avoir développé depuis son arrivée en Éthiopie, illustrant l’importance de l’hospitalité dans les échanges interculturels. « Vraiment, je n’ai pas le sentiment que je suis étranger. J’ai le sentiment que j’ai vécu ici pour longtemps », a-t-il témoigné. Dans ce contexte, il a adressé un message particulier aux étrangers désireux de découvrir la culture et le patrimoine éthiopiens, les encourageant à venir à la rencontre du pays et de sa population. « Il n’y a pas d’étranger ici. Au contraire, Soyez les bienvenus, toujours soyez les bienvenus en Éthiopie », a-t-il conclu. Le témoignage de ce ressortissant jordanien illustre ainsi le rôle que peuvent jouer les rencontres interculturelles dans la promotion du tourisme, la valorisation du patrimoine et le rapprochement entre les peuples.
L'Éthiopie et les Émirats arabes unis s'engagent à renforcer leurs relations bilatérales et à développer leur coopération au développement
Sep 28, 2026 82
Addis Ababa le 28 septembre, 2026 (ENA) Le président éthiopien Taye Atske-Selassie s’est entretenu avec le ministre d’État aux Affaires étrangères des Émirats arabes unis, le cheikh Shakhboot bin Nahyan Al Nahyan, en marge de la semaine de haut niveau de la 81e Assemblée générale des Nations unies (AGNU81) à New York. Les deux parties ont échangé leurs points de vue sur le renforcement du partenariat de longue date entre l’Éthiopie et les Émirats arabes unis, l’élargissement des initiatives de développement conjointes et l’intensification de la coopération sur les questions régionales et multilatérales d’intérêt commun. « En marge de la 81e AGNU, j’ai rencontré Cheikh Shakhbout bin Nahyan, ministre d’État des Émirats arabes unis. Nous avons échangé nos points de vue sur l’approfondissement de nos relations bilatérales, l’élargissement des initiatives de développement conjointes et le renforcement de la coopération sur les questions régionales et multilatérales importantes », a déclaré le président Taye dans un message publié sur X. Cette rencontre s'inscrit dans le cadre de l'intensification des échanges diplomatiques de haut niveau menés par l'Éthiopie lors de la 81e Assemblée générale des Nations unies, l'Éthiopie profitant de ce rassemblement mondial pour faire progresser ses partenariats bilatéraux et renforcer la coopération sur des priorités régionales et internationales communes. L'Éthiopie et les Émirats arabes unis ont noué des relations étendues couvrant le développement, l'investissement et d'autres domaines d'intérêt mutuel, les deux pays continuant à explorer les possibilités d'élargir leur coopération.
L'élan diplomatique de l'Éthiopie : d'un poids régional à une influence mondiale
Sep 27, 2026 264
Par la redaction Le 27 septembre, 2026 (ENA) La diplomatie éthiopienne entre dans une nouvelle ère : moins cantonnée aux relations politiques traditionnelles, elle est de plus en plus guidée par les intérêts économiques, les partenariats stratégiques et une présence mondiale plus étendue. Au cours des huit dernières années, l’Éthiopie a considérablement élargi les domaines dans lesquels elle interagit avec le monde. Du rôle d’Addis-Abeba en tant que capitale diplomatique de l’Afrique à son entrée au sein des BRICS, du processus de paix de Pretoria à la Déclaration d’Ankara, de la reprise des négociations à l’OMC à son siège au Conseil des droits de l’homme des Nations unies, l’Éthiopie a multiplié les plateformes par lesquelles elle cherche à influencer les affaires régionales et internationales. Il ne s’agit pas ici d’une avancée diplomatique ponctuelle, mais bien de l’élargissement de l’espace diplomatique de l’Éthiopie. D’Addis-Abeba aux BRICS L’un des symboles les plus évidents de cette expansion est l’adhésion de l’Éthiopie aux BRICS. Lors du sommet de Johannesburg en août 2023, les dirigeants des BRICS ont invité l’Éthiopie à devenir membre à part entière, son adhésion prenant effet le 1er janvier 2024. Pour Addis-Abeba, le BRICS a ouvert une nouvelle voie pour dialoguer avec les grandes économies émergentes et participer à des discussions portant sur la politique et la sécurité, la coopération économique et financière, ainsi que les relations entre les peuples. Plus important encore, cette initiative s’inscrit dans une stratégie diplomatique plus large : la diversification. L’Éthiopie s’est efforcée d’approfondir simultanément ses relations avec ses partenaires africains, les économies émergentes, les pays occidentaux, les États du Golfe et les puissances asiatiques, plutôt que de laisser son engagement international dépendre d’un cercle restreint de partenaires. Une diplomatie à vocation économique Le changement le plus important réside sans doute dans le poids croissant de la diplomatie économique. La politique étrangère est de plus en plus étroitement liée à l’investissement, au commerce, au tourisme, à la technologie, aux infrastructures et à l’accès aux marchés. Les missions diplomatiques sont censées non seulement représenter l’Éthiopie sur le plan politique, mais aussi contribuer à mettre le pays en relation avec les capitaux, les marchés et les opportunités commerciales. Cette évolution reflète la transformation économique de l’Éthiopie elle-même. Alors que le pays cherche à accroître ses capacités d’exportation, à attirer des investissements et à développer son industrie, la diplomatie devient de plus en plus un instrument économique. L’ambassade n’est plus seulement un pont politique ; elle fait de plus en plus partie intégrante du pont économique. La diplomatie régionale sous la pression stratégique La situation géographique de l’Éthiopie rend la diplomatie régionale incontournable. Le pays se trouve au carrefour de la Corne de l’Afrique, du bassin du Nil et de la mer Rouge, où se croisent les enjeux liés à la sécurité, au commerce, aux migrations, aux infrastructures et aux intérêts politiques. La Déclaration d’Ankara signée avec la Somalie en décembre 2024 a démontré le rôle du dialogue dans le règlement des questions régionales épineuses. L’Éthiopie et la Somalie ont réaffirmé leur respect mutuel de la souveraineté, de l’unité, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de chacune et ont convenu de poursuivre leur coopération en vue d’une prospérité partagée. L’importance de cette déclaration va bien au-delà d’un simple texte. Elle illustre la volonté de l’Éthiopie de maintenir les questions régionales litigieuses dans le cadre des voies diplomatiques tout en poursuivant ses intérêts stratégiques et économiques. De la gestion des conflits à la diplomatie africaine Pretoria a placé l’Éthiopie au cœur de l’une des initiatives de paix les plus importantes du continent africain. Mais même sous l’œil vigilant des médiateurs africains et internationaux, le TPLF a été critiqué à plusieurs reprises pour des actions qui menaçaient de compromettre les engagements pris dans le cadre de l’accord, mettant ainsi en évidence le chemin semé d’embûches qui mène d’un accord de paix signé à une stabilité durable. La leçon générale à en tirer est que le poids diplomatique de l’Éthiopie ne découle pas uniquement de sa taille ou de sa position géographique. Il provient également de son rôle au sein des institutions continentales. Addis-Abeba accueille le siège de l’Union africaine, ce qui fait de la ville un lieu de rencontre permanent pour les dirigeants africains, les diplomates et les organisations internationales. Cette position institutionnelle offre à l’Éthiopie une tribune unique à partir de laquelle elle peut participer aux débats sur la paix, la sécurité, le développement et l’intégration continentale. Une place sur la scène internationale L’élection de l’Éthiopie au Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour le mandat 2025-2027 a encore renforcé sa présence multilatérale. L’Assemblée générale des Nations unies a élu l’Éthiopie parmi les 18 membres le 9 octobre 2024 ; le Conseil est composé de 47 États. Ces mandats offrent à l’Éthiopie des opportunités supplémentaires de participer directement à l’élaboration des politiques internationales et à la diplomatie multilatérale. L’importance de cette élection n’est donc pas simplement symbolique. Cette représentation crée un nouveau canal diplomatique par lequel l’Éthiopie peut faire valoir ses positions, négocier ses intérêts et contribuer à orienter les débats internationaux. Les portes de l’OMC s’ouvrent davantage Le processus d’adhésion de l’Éthiopie à l’OMC, qui s’étire depuis longtemps, a lui aussi retrouvé un nouvel élan. L’OMC a déclaré en septembre 2025 que le processus était entré dans une « phase décisive ». En avril 2026, l’organisation a indiqué que les négociations avaient atteint un « tournant décisif », l’Éthiopie faisant état de nouvelles réformes nationales et d’un engagement continu auprès des membres de l’OMC. Ce processus d’adhésion revêt une importance particulière, car il relie directement la diplomatie à la structure de l’économie éthiopienne. L’adhésion au système commercial multilatéral permettrait à l’Éthiopie de s’ancrer davantage dans les marchés mondiaux, tout en exigeant la poursuite des réformes des institutions et des réglementations liées au commerce. En ce sens, la diplomatie à l’OMC ne se limite pas à Genève : il s’agit de transformer la manière dont l’Éthiopie commerce avec le reste du monde. La mer Rouge entre dans l’équation diplomatique Peu de questions illustrent aussi clairement l’évolution de la diplomatie éthiopienne que celle de la mer Rouge. Pour un pays enclavé dont l’économie dépend fortement du commerce maritime, les développements autour de la mer Rouge et de Bab el-Mandeb ont des conséquences économiques et stratégiques directes. La connectivité maritime occupe donc désormais une place plus importante dans l’agenda diplomatique de l’Éthiopie. Cette question recoupe le commerce, la logistique, la sécurité régionale et l’intégration économique, ce qui amène l’Éthiopie à prendre part à des discussions qui s’étendent bien au-delà de ses frontières. La question de la mer Rouge illustre donc la caractéristique centrale de la diplomatie éthiopienne en pleine évolution : les intérêts économiques nationaux et la stratégie régionale sont de plus en plus étroitement liés. Un cercle de partenaires élargi Les relations de l’Éthiopie avec la Chine, l’Inde, la Russie, les États-Unis, les pays européens et les États du Golfe se sont développées parallèlement à ses relations avec ses voisins africains et à sa participation au groupe des BRICS. L’objectif n’est pas nécessairement de choisir un camp géopolitique. Il s’agit d’élargir la marge de manœuvre de l’Éthiopie en matière d’engagement diplomatique et économique. Ce réseau élargi offre à Addis-Abeba davantage de voies de coopération dans les domaines de l’investissement, des infrastructures, du commerce, de la technologie, de la sécurité et du développement. Il en résulte une politique étrangère de plus en plus articulée autour de partenariats multiples plutôt que d’un axe diplomatique unique. Le véritable défi commence maintenant Pour autant, l’expansion diplomatique n’est pas une fin en soi. Les années à venir détermineront si l’Éthiopie sera capable de transformer son rayonnement diplomatique en opportunités économiques concrètes, en une meilleure connectivité régionale, en un accroissement des investissements, en un renforcement des échanges commerciaux et en des partenariats durables. Les adhésions, les déclarations, les élections et les sommets créent des plateformes. Ce qui importe désormais, c’est ce que l’Éthiopie saura construire à partir de ces plateformes. Les huit dernières années ont néanmoins été marquées par une expansion notable de la portée diplomatique de l’Éthiopie. Le groupe des BRICS a ouvert une nouvelle plateforme mondiale. Le Conseil des droits de l’homme a renforcé sa présence multilatérale. Pretoria a démontré le potentiel d’une diplomatie menée par l’Afrique. Ankara a créé un cadre pour un engagement renouvelé avec la Somalie. Les négociations au sein de l’OMC ont pris un nouvel élan. La diplomatie économique occupe une place de plus en plus centrale dans la politique étrangère, tandis que la mer Rouge s’est imposée comme une priorité stratégique. Par conséquent, ces évolutions laissent entrevoir une transformation plus large. L’Éthiopie ne considère plus la diplomatie simplement comme un moyen d’entretenir des relations. Elle y recourt de plus en plus pour conquérir des marchés, nouer des partenariats, développer la connectivité, assurer la sécurité et favoriser le développement national. Du siège de l’Union africaine à Addis-Abeba à la table des BRICS, des initiatives de paix régionales aux négociations commerciales mondiales, la carte diplomatique de l’Éthiopie s’est considérablement élargie. Le prochain chapitre ne sera pas défini par le nombre de portes que l’Éthiopie aura ouvertes, mais par son efficacité à transformer ces ouvertures en acquis nationaux et régionaux durables.
L'Éthiopie et la mer Rouge : le retour inévitable à un lien historique
Sep 27, 2026 236
Par Neway Abay S. L'Éthiopie n'a jamais vraiment été étrangère à la mer Rouge. Bien avant que les frontières modernes ne redessinent la carte de la Corne de l'Afrique, la civilisation éthiopienne était liée à la mer Rouge par le commerce, la diplomatie et des voies d'accès côtières reliant les hauts plateaux à l'Arabie, à la Méditerranée et au vaste monde de l'océan Indien. Ce lien historique a finalement été rompu. Mais la géographie, elle, ne l'était pas. L'Éthiopie compte aujourd'hui plus de 130 millions d'habitants, figure parmi les plus grandes économies d'Afrique et constitue un pôle économique majeur de la Corne de l'Afrique ; pourtant, elle demeure sans accès à la mer. Depuis des décennies, son commerce international dépend fortement des ports voisins, notamment de Djibouti. La Banque mondiale continue de considérer Djibouti comme la principale porte d'entrée maritime de l'Éthiopie, tandis que des évaluations récentes soulignent comment les perturbations sur ce corridor peuvent se traduire directement par une hausse des coûts logistiques et des pressions économiques en Éthiopie. Cette réalité a transformé l'accès maritime d'une question historique en un enjeu économique, sécuritaire et stratégique contemporain. On ne peut pas négocier la géographie. La perte par l'Éthiopie d'un accès direct à la mer n'a pas effacé sa position géographique. Le pays demeure au cœur de la Corne de l'Afrique, jouxtant l'une des régions maritimes les plus importantes au monde. La mer Rouge, le golfe d'Aden et le détroit de Bab el-Mandeb relient l'Afrique au Moyen-Orient, à l'Asie et à l'Europe, et toute perturbation à cet endroit peut avoir des répercussions sur le commerce mondial, les marchés de l'énergie et les chaînes d'approvisionnement. Pour l'Éthiopie, les conséquences sont particulièrement directes. Une économie enclavée de cette envergure ne peut considérer la connectivité maritime comme une préoccupation secondaire. Chaque conteneur entrant ou sortant du pays dépend en fin de compte d'un corridor reliant l'intérieur du pays à la côte. Le système actuel a certes permis de tisser des liens économiques importants avec Djibouti, mais il a également mis en lumière la vulnérabilité structurelle d'une dépendance quasi-totale à un seul point d'accès maritime. Le corridor Addis-Djibouti demeure essentiel au commerce éthiopien, tandis que la Banque mondiale souligne que les perturbations et les inefficacités tout au long de la chaîne logistique peuvent impacter les entreprises et les consommateurs. La question n'est donc plus de savoir si l'Éthiopie s'intéresse à la mer, mais comment un pays du poids démographique et économique de l'Éthiopie peut bâtir une connectivité maritime fiable, diversifiée et durable. Plus important encore, l'évolution rapide de la dynamique politique et militaire en mer Rouge et dans la Corne de l'Afrique a rendu l'accès souverain à la mer non seulement souhaitable pour l'Éthiopie, mais de plus en plus inévitable. La mer Rouge n'est plus seulement une voie commerciale. L'importance stratégique de la mer Rouge est devenue impossible à ignorer. Le détroit de Bab el-Mandeb est un point de passage maritime crucial. Les perturbations récentes ont démontré à quel point l'insécurité en mer peut rapidement engendrer des problèmes économiques à terre, augmentant les coûts de fret, allongeant les délais de livraison et perturbant les chaînes d'approvisionnement. L'ONU Commerce et Développement a récemment averti que la recrudescence des perturbations autour de Bab el-Mandeb entraîne des allongements des itinéraires, une augmentation de la consommation de carburant, une hausse des coûts et une pression accrue sur le commerce mondial. Pour l'Éthiopie, cela crée un paradoxe frappant. Bien que le pays ne possède pas de littoral, l'instabilité le long de la mer Rouge peut avoir des répercussions directes sur son économie. L’Éthiopie a donc un intérêt considérable dans la sécurité d’un espace maritime où sa présence directe est actuellement limitée. C’est pourquoi la question de la mer Rouge ne peut se réduire à la recherche d’un port. Il s'agit de connectivité, de sécurité économique et de stabilité régionale. D'un port à un corridor L'ambition maritime de l'Éthiopie prend tout son sens lorsqu'on la considère non pas comme la recherche d'une simple infrastructure côtière, mais comme faisant partie d'un corridor économique beaucoup plus vaste. Une liaison maritime fonctionnelle relierait la côte aux routes, aux voies ferrées, aux ports secs, aux parcs industriels, aux centres de production agricole et aux marchés de consommation de l'Éthiopie. L'objectif ne serait pas simplement de déplacer des conteneurs, mais de faire bouger une économie. Cette distinction est importante. Un port sans réseau fluvial efficace n'est qu'un point sur une carte. Un port connecté à la production, à l'industrie, à l'agriculture et aux marchés régionaux devient un moteur d'intégration économique. L’expérience de l’Éthiopie avec le corridor de Djibouti démontre déjà l’importance de ce système plus vaste. Les travaux récents de la Banque mondiale sur le port sec de Modjo, par exemple, soulignent comment l’amélioration de la logistique intérieure peut réduire les délais de traitement et renforcer les liens de l’Éthiopie avec les marchés internationaux. La prochaine étape de la réflexion maritime éthiopienne peut donc être comprise comme la recherche de corridors multiples, de portes d'entrée multiples et d'une plus grande résilience. La sécurité économique est la sécurité maritime La mer Rouge a également mis en lumière une autre réalité : la sécurité maritime et la sécurité économique sont de plus en plus indissociables. Lorsque les routes maritimes sont menacées, les coûts d'assurance augmentent. Lorsque les navires doivent contourner des zones dangereuses, les délais de livraison s'allongent. Lorsque les coûts de transport de marchandises augmentent, les conséquences finissent par toucher les usines, les agriculteurs, les commerçants et les ménages situés loin des côtes. L’Éthiopie n’a pas besoin d’être un pays côtier pour subir ces conséquences. De fait, son enclavement rend un accès maritime fiable encore plus important. Une stratégie maritime diversifiée pourrait renforcer la résilience de l'Éthiopie face aux perturbations, tout en créant des opportunités supplémentaires en matière de commerce, d'investissement et de développement industriel. Cela pourrait également renforcer les intérêts économiques que l'Éthiopie partage avec ses voisins côtiers. Un retour à la mer ne signifie pas forcément un retour à la rivalité. La question maritime éthiopienne comporte une autre dimension qui mérite une attention accrue. L'accès à la mer ne doit pas nécessairement devenir une nouvelle source de concurrence régionale. Il peut devenir un instrument d'intégration régionale. Un port desservant le commerce éthiopien peut dynamiser l'économie d'un État côtier. Une route ou une voie ferrée reliant l'intérieur des terres à la côte peut connecter plusieurs économies. Des zones industrielles et logistiques peuvent créer des emplois et des investissements de part et d'autre de la frontière. En ce sens, les ambitions maritimes de l'Éthiopie ne peuvent être envisagées comme une simple revendication nationale, mais comme un élément d'une équation économique plus vaste à l'échelle de la Corne de l'Afrique. Cette région a longtemps considéré la géographie comme une source de rivalité stratégique. Elle peut aussi y voir une opportunité d'intégration. La question maritime de l'Éthiopie prend de l'ampleur, elle ne s'estompe pas. Le Premier ministre Abiy Ahmed a souligné à plusieurs reprises que le désir de l'Éthiopie d'accéder à la mer repose sur des considérations géographiques, des impératifs économiques, le dialogue et une coopération mutuellement avantageuse, et non sur une volonté d'expansion militaire. Le gouvernement éthiopien a déclaré que la taille démographique et économique du pays fait d'une connectivité maritime fiable un intérêt national majeur. Cet argument s'inscrit dans une réalité plus large. L'Éthiopie n'est plus le même pays qu'il y a trente ans. Sa population et son économie se sont développées. Ses ambitions commerciales se sont accrues. Sa production industrielle et agricole s'intègre davantage aux marchés internationaux. Et sa vulnérabilité aux perturbations sur les routes maritimes mondiales s'accroît. La question maritime deviendra donc plus importante, et non moins, à mesure que l'économie éthiopienne se développera. Le regain d'intérêt pour les affaires maritimes, notamment le rétablissement de la marine éthiopienne en 2018, témoigne de ce changement stratégique plus large. Mais l'objectif ultime ne doit pas nécessairement être la projection de puissance. Il peut s'agir de la protection des intérêts économiques, de la participation à la sécurité maritime régionale et de la création de liens commerciaux durables entre l'intérieur de l'Éthiopie et l'économie mondiale. La géographie du futur Le fait central demeure remarquablement simple : L'enclavement de l'Éthiopie est une tragédie historique, fruit de forces extérieures et de décisions politiques prises durant une période tumultueuse des décisions qui ont profondément modifié le rapport du pays à la mer. Pourtant, cette nation immense n'a jamais été véritablement coupée de la mer Rouge. Son économie repose sur le commerce maritime. Son environnement sécuritaire est façonné par la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb. Sa position géographique la place au cœur de la Corne de l'Afrique. Enfin, la croissance démographique et économique du pays rend l'accès fiable aux routes commerciales internationales de plus en plus crucial. Le défi n’est donc pas de recréer l’histoire à l’identique, mais de bâtir une nouvelle relation avec la mer, adaptée aux réalités du XXIe siècle. Cela concerne les ports, mais aussi les corridors. Cela concerne le commerce, mais aussi la sécurité. Cela signifie l'intérêt national, mais aussi la coopération régionale. Et surtout, cela signifie reconnaître que la mer Rouge n'est pas une étendue d'eau lointaine séparée de l'Éthiopie par des frontières politiques. Cela fait partie de la géographie stratégique dans laquelle se dessine l'avenir de l'Éthiopie. Pour un pays dont la civilisation est liée à la mer Rouge depuis des siècles, la recherche renouvelée de connexions maritimes n'est pas simplement un voyage dans le passé. C'est l'Éthiopie qui regarde vers l'avenir et vers la mer.
Publicité
Des travaux sont en cors pour que les investisseurs de la ville coréenne d'Ulsan investissent en Éthiopie.
Mar 25, 2024 62514
Addis Abeba, le 25 mars 2024 (ENA) : - Il a été annoncé que les investisseurs d'Ulsan, une ville manufacturière et industrielle de la République de Corée du Sud, pourront investir en Éthiopie. L'ambassadeur éthiopien en République de Corée du Sud, Dessie Dalke, a eu une discussion avec le maire de la ville d'Ulsan, Kim Du-geum qui a porté sur les conditions dans lesquelles les investisseurs de la ville peuvent investir en Éthiopie et dans lesquelles la ville peut établir de solides relations fraternelles avec les villes éthiopiennes. Au cours de la discussion, l'ambassadeur Dessie Dalke a mentionné que l'Éthiopie et la Corée sont des pays entretenant des relations fortes et historiques et a déclaré que les relations devraient être renforcées par l'échange d'expériences et d'investissements, en particulier au niveau urbain. L'ambassadeur a ajouté que le maire a également demandé d'encourager les investisseurs de la ville à investir en Éthiopie. Pour sa part, le maire d'Ulsan, Doo-geum, a remercié l'Éthiopie pour son soutien pendant les moments difficiles de la Corée du Sud et a déclaré qu'ils travailleraient à établir une relation entre les villes éthiopiennes et la ville d'Ulsan. Citant comme exemple le constructeur automobile sud-coréen Hyundai, il a souligné que le pays utilise l'Éthiopie comme destination stratégique pour atteindre le marché africain ajoutant que les investisseurs de la ville auront de larges opportunités sur le marché des affaires africain en investissant en Ethiopie. Selon l'ambassade d’Ethiopie en République de Corée du Sud, l'ambassadeur Dessie Dalke a rendu visite à la compagnie Hyundai Motors lors de sa visite de travail dans la ville.
POA English
Pulse Of Africa - English Language
Your news, current affairs and entertainment channel
Join us on
POA Arabic - عربي
Pulse Of Africa - Arabic Language
قناتكم الاخبارية و الترفيهية
Join us on
Politique
Le Conseil des ministres transmet à l'Assemblée populaire de la République (HPR) des projets de loi essentiels portant sur la gouvernance, les données, l'énergie et la défense
Sep 28, 2026 22
Addis Ababa le 28 septembre, 2026 (ENA) Le Conseil des ministres éthiopien a approuvé une série de mesures législatives et réglementaires visant à réorganiser les institutions fédérales, à renforcer la gouvernance des données, à moderniser le secteur de l’énergie, à améliorer l’administration fiscale et à consolider le cadre juridique régissant les forces de défense nationale. Le Conseil a tout d’abord délibéré sur un projet de proclamation définissant les pouvoirs et les responsabilités des organes exécutifs. Élaboré conformément à l’article 56 de la Constitution de la République fédérale démocratique d’Éthiopie (RFDE) à la suite des élections nationales de 2026, ce texte établit la structure institutionnelle permettant aux entités exécutives fédérales d’exercer efficacement leurs mandats au cours du prochain mandat. À l’issue de discussions approfondies, le Conseil a intégré les principales contributions et a renvoyé le projet à l’unanimité à la Chambre des représentants du peuple. Abordant les priorités en matière de transformation numérique, la session a examiné le projet de proclamation sur la gouvernance nationale des données. Conçu pour garantir la souveraineté des données, rationaliser la prestation des services publics grâce à l’interopérabilité des systèmes, développer la recherche en intelligence artificielle et stimuler une croissance économique fondée sur les données, le Conseil a transmis à l’unanimité ce projet de loi amélioré à l’assemblée parlementaire. En matière de financement du développement, le Conseil a approuvé un projet de décret ratifiant un accord de prêt de 145,8 millions de DTS signé avec l’Association internationale de développement. Ces fonds étant destinés à la première phase du projet de réforme, d’investissement et de modernisation du secteur de l’électricité, le Conseil s’est assuré que l’accord était pleinement conforme à la politique nationale en matière de dette avant de le transmettre à la Chambre des représentants du peuple pour adoption définitive. En matière de gouvernance fiscale, le Conseil a adopté des amendements au règlement fédéral relatif à l’impôt sur le revenu et au règlement fédéral relatif à la taxe sur la valeur ajoutée. La révision de l’impôt sur le revenu aligne les procédures administratives sur la proclamation fédérale n° 979/2016 relative à l’impôt sur le revenu afin de renforcer la transparence opérationnelle. L’ajustement de la taxe sur la valeur ajoutée porte sur les structures fiscales applicables aux anciens percepteurs de la taxe sur le chiffre d’affaires, tout en exonérant les biens de consommation essentiels afin de préserver le pouvoir d’achat des ménages et de stimuler la compétitivité de l’industrie locale. À l’issue d’un débat approfondi sur les projets de règlement, le Conseil a décidé à l’unanimité de les mettre en œuvre dès leur publication au Journal officiel « Negarit ». Enfin, le Conseil a examiné les propositions d’amendements à la Proclamation n° 1286/2023 relative aux forces de défense. Dans le but de renforcer le cadre juridique permettant aux forces armées nationales d’exercer leurs missions constitutionnelles définies à l’article 87, le Conseil a décidé à l’unanimité de transmettre le projet de loi à la Chambre des représentants du peuple.
L'Éthiopie et les Émirats arabes unis s'engagent à renforcer leurs relations bilatérales et à développer leur coopération au développement
Sep 28, 2026 82
Addis Ababa le 28 septembre, 2026 (ENA) Le président éthiopien Taye Atske-Selassie s’est entretenu avec le ministre d’État aux Affaires étrangères des Émirats arabes unis, le cheikh Shakhboot bin Nahyan Al Nahyan, en marge de la semaine de haut niveau de la 81e Assemblée générale des Nations unies (AGNU81) à New York. Les deux parties ont échangé leurs points de vue sur le renforcement du partenariat de longue date entre l’Éthiopie et les Émirats arabes unis, l’élargissement des initiatives de développement conjointes et l’intensification de la coopération sur les questions régionales et multilatérales d’intérêt commun. « En marge de la 81e AGNU, j’ai rencontré Cheikh Shakhbout bin Nahyan, ministre d’État des Émirats arabes unis. Nous avons échangé nos points de vue sur l’approfondissement de nos relations bilatérales, l’élargissement des initiatives de développement conjointes et le renforcement de la coopération sur les questions régionales et multilatérales importantes », a déclaré le président Taye dans un message publié sur X. Cette rencontre s'inscrit dans le cadre de l'intensification des échanges diplomatiques de haut niveau menés par l'Éthiopie lors de la 81e Assemblée générale des Nations unies, l'Éthiopie profitant de ce rassemblement mondial pour faire progresser ses partenariats bilatéraux et renforcer la coopération sur des priorités régionales et internationales communes. L'Éthiopie et les Émirats arabes unis ont noué des relations étendues couvrant le développement, l'investissement et d'autres domaines d'intérêt mutuel, les deux pays continuant à explorer les possibilités d'élargir leur coopération.
L'élan diplomatique de l'Éthiopie : d'un poids régional à une influence mondiale
Sep 27, 2026 264
Par la redaction Le 27 septembre, 2026 (ENA) La diplomatie éthiopienne entre dans une nouvelle ère : moins cantonnée aux relations politiques traditionnelles, elle est de plus en plus guidée par les intérêts économiques, les partenariats stratégiques et une présence mondiale plus étendue. Au cours des huit dernières années, l’Éthiopie a considérablement élargi les domaines dans lesquels elle interagit avec le monde. Du rôle d’Addis-Abeba en tant que capitale diplomatique de l’Afrique à son entrée au sein des BRICS, du processus de paix de Pretoria à la Déclaration d’Ankara, de la reprise des négociations à l’OMC à son siège au Conseil des droits de l’homme des Nations unies, l’Éthiopie a multiplié les plateformes par lesquelles elle cherche à influencer les affaires régionales et internationales. Il ne s’agit pas ici d’une avancée diplomatique ponctuelle, mais bien de l’élargissement de l’espace diplomatique de l’Éthiopie. D’Addis-Abeba aux BRICS L’un des symboles les plus évidents de cette expansion est l’adhésion de l’Éthiopie aux BRICS. Lors du sommet de Johannesburg en août 2023, les dirigeants des BRICS ont invité l’Éthiopie à devenir membre à part entière, son adhésion prenant effet le 1er janvier 2024. Pour Addis-Abeba, le BRICS a ouvert une nouvelle voie pour dialoguer avec les grandes économies émergentes et participer à des discussions portant sur la politique et la sécurité, la coopération économique et financière, ainsi que les relations entre les peuples. Plus important encore, cette initiative s’inscrit dans une stratégie diplomatique plus large : la diversification. L’Éthiopie s’est efforcée d’approfondir simultanément ses relations avec ses partenaires africains, les économies émergentes, les pays occidentaux, les États du Golfe et les puissances asiatiques, plutôt que de laisser son engagement international dépendre d’un cercle restreint de partenaires. Une diplomatie à vocation économique Le changement le plus important réside sans doute dans le poids croissant de la diplomatie économique. La politique étrangère est de plus en plus étroitement liée à l’investissement, au commerce, au tourisme, à la technologie, aux infrastructures et à l’accès aux marchés. Les missions diplomatiques sont censées non seulement représenter l’Éthiopie sur le plan politique, mais aussi contribuer à mettre le pays en relation avec les capitaux, les marchés et les opportunités commerciales. Cette évolution reflète la transformation économique de l’Éthiopie elle-même. Alors que le pays cherche à accroître ses capacités d’exportation, à attirer des investissements et à développer son industrie, la diplomatie devient de plus en plus un instrument économique. L’ambassade n’est plus seulement un pont politique ; elle fait de plus en plus partie intégrante du pont économique. La diplomatie régionale sous la pression stratégique La situation géographique de l’Éthiopie rend la diplomatie régionale incontournable. Le pays se trouve au carrefour de la Corne de l’Afrique, du bassin du Nil et de la mer Rouge, où se croisent les enjeux liés à la sécurité, au commerce, aux migrations, aux infrastructures et aux intérêts politiques. La Déclaration d’Ankara signée avec la Somalie en décembre 2024 a démontré le rôle du dialogue dans le règlement des questions régionales épineuses. L’Éthiopie et la Somalie ont réaffirmé leur respect mutuel de la souveraineté, de l’unité, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de chacune et ont convenu de poursuivre leur coopération en vue d’une prospérité partagée. L’importance de cette déclaration va bien au-delà d’un simple texte. Elle illustre la volonté de l’Éthiopie de maintenir les questions régionales litigieuses dans le cadre des voies diplomatiques tout en poursuivant ses intérêts stratégiques et économiques. De la gestion des conflits à la diplomatie africaine Pretoria a placé l’Éthiopie au cœur de l’une des initiatives de paix les plus importantes du continent africain. Mais même sous l’œil vigilant des médiateurs africains et internationaux, le TPLF a été critiqué à plusieurs reprises pour des actions qui menaçaient de compromettre les engagements pris dans le cadre de l’accord, mettant ainsi en évidence le chemin semé d’embûches qui mène d’un accord de paix signé à une stabilité durable. La leçon générale à en tirer est que le poids diplomatique de l’Éthiopie ne découle pas uniquement de sa taille ou de sa position géographique. Il provient également de son rôle au sein des institutions continentales. Addis-Abeba accueille le siège de l’Union africaine, ce qui fait de la ville un lieu de rencontre permanent pour les dirigeants africains, les diplomates et les organisations internationales. Cette position institutionnelle offre à l’Éthiopie une tribune unique à partir de laquelle elle peut participer aux débats sur la paix, la sécurité, le développement et l’intégration continentale. Une place sur la scène internationale L’élection de l’Éthiopie au Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour le mandat 2025-2027 a encore renforcé sa présence multilatérale. L’Assemblée générale des Nations unies a élu l’Éthiopie parmi les 18 membres le 9 octobre 2024 ; le Conseil est composé de 47 États. Ces mandats offrent à l’Éthiopie des opportunités supplémentaires de participer directement à l’élaboration des politiques internationales et à la diplomatie multilatérale. L’importance de cette élection n’est donc pas simplement symbolique. Cette représentation crée un nouveau canal diplomatique par lequel l’Éthiopie peut faire valoir ses positions, négocier ses intérêts et contribuer à orienter les débats internationaux. Les portes de l’OMC s’ouvrent davantage Le processus d’adhésion de l’Éthiopie à l’OMC, qui s’étire depuis longtemps, a lui aussi retrouvé un nouvel élan. L’OMC a déclaré en septembre 2025 que le processus était entré dans une « phase décisive ». En avril 2026, l’organisation a indiqué que les négociations avaient atteint un « tournant décisif », l’Éthiopie faisant état de nouvelles réformes nationales et d’un engagement continu auprès des membres de l’OMC. Ce processus d’adhésion revêt une importance particulière, car il relie directement la diplomatie à la structure de l’économie éthiopienne. L’adhésion au système commercial multilatéral permettrait à l’Éthiopie de s’ancrer davantage dans les marchés mondiaux, tout en exigeant la poursuite des réformes des institutions et des réglementations liées au commerce. En ce sens, la diplomatie à l’OMC ne se limite pas à Genève : il s’agit de transformer la manière dont l’Éthiopie commerce avec le reste du monde. La mer Rouge entre dans l’équation diplomatique Peu de questions illustrent aussi clairement l’évolution de la diplomatie éthiopienne que celle de la mer Rouge. Pour un pays enclavé dont l’économie dépend fortement du commerce maritime, les développements autour de la mer Rouge et de Bab el-Mandeb ont des conséquences économiques et stratégiques directes. La connectivité maritime occupe donc désormais une place plus importante dans l’agenda diplomatique de l’Éthiopie. Cette question recoupe le commerce, la logistique, la sécurité régionale et l’intégration économique, ce qui amène l’Éthiopie à prendre part à des discussions qui s’étendent bien au-delà de ses frontières. La question de la mer Rouge illustre donc la caractéristique centrale de la diplomatie éthiopienne en pleine évolution : les intérêts économiques nationaux et la stratégie régionale sont de plus en plus étroitement liés. Un cercle de partenaires élargi Les relations de l’Éthiopie avec la Chine, l’Inde, la Russie, les États-Unis, les pays européens et les États du Golfe se sont développées parallèlement à ses relations avec ses voisins africains et à sa participation au groupe des BRICS. L’objectif n’est pas nécessairement de choisir un camp géopolitique. Il s’agit d’élargir la marge de manœuvre de l’Éthiopie en matière d’engagement diplomatique et économique. Ce réseau élargi offre à Addis-Abeba davantage de voies de coopération dans les domaines de l’investissement, des infrastructures, du commerce, de la technologie, de la sécurité et du développement. Il en résulte une politique étrangère de plus en plus articulée autour de partenariats multiples plutôt que d’un axe diplomatique unique. Le véritable défi commence maintenant Pour autant, l’expansion diplomatique n’est pas une fin en soi. Les années à venir détermineront si l’Éthiopie sera capable de transformer son rayonnement diplomatique en opportunités économiques concrètes, en une meilleure connectivité régionale, en un accroissement des investissements, en un renforcement des échanges commerciaux et en des partenariats durables. Les adhésions, les déclarations, les élections et les sommets créent des plateformes. Ce qui importe désormais, c’est ce que l’Éthiopie saura construire à partir de ces plateformes. Les huit dernières années ont néanmoins été marquées par une expansion notable de la portée diplomatique de l’Éthiopie. Le groupe des BRICS a ouvert une nouvelle plateforme mondiale. Le Conseil des droits de l’homme a renforcé sa présence multilatérale. Pretoria a démontré le potentiel d’une diplomatie menée par l’Afrique. Ankara a créé un cadre pour un engagement renouvelé avec la Somalie. Les négociations au sein de l’OMC ont pris un nouvel élan. La diplomatie économique occupe une place de plus en plus centrale dans la politique étrangère, tandis que la mer Rouge s’est imposée comme une priorité stratégique. Par conséquent, ces évolutions laissent entrevoir une transformation plus large. L’Éthiopie ne considère plus la diplomatie simplement comme un moyen d’entretenir des relations. Elle y recourt de plus en plus pour conquérir des marchés, nouer des partenariats, développer la connectivité, assurer la sécurité et favoriser le développement national. Du siège de l’Union africaine à Addis-Abeba à la table des BRICS, des initiatives de paix régionales aux négociations commerciales mondiales, la carte diplomatique de l’Éthiopie s’est considérablement élargie. Le prochain chapitre ne sera pas défini par le nombre de portes que l’Éthiopie aura ouvertes, mais par son efficacité à transformer ces ouvertures en acquis nationaux et régionaux durables.
L'Éthiopie et la mer Rouge : le retour inévitable à un lien historique
Sep 27, 2026 236
Par Neway Abay S. L'Éthiopie n'a jamais vraiment été étrangère à la mer Rouge. Bien avant que les frontières modernes ne redessinent la carte de la Corne de l'Afrique, la civilisation éthiopienne était liée à la mer Rouge par le commerce, la diplomatie et des voies d'accès côtières reliant les hauts plateaux à l'Arabie, à la Méditerranée et au vaste monde de l'océan Indien. Ce lien historique a finalement été rompu. Mais la géographie, elle, ne l'était pas. L'Éthiopie compte aujourd'hui plus de 130 millions d'habitants, figure parmi les plus grandes économies d'Afrique et constitue un pôle économique majeur de la Corne de l'Afrique ; pourtant, elle demeure sans accès à la mer. Depuis des décennies, son commerce international dépend fortement des ports voisins, notamment de Djibouti. La Banque mondiale continue de considérer Djibouti comme la principale porte d'entrée maritime de l'Éthiopie, tandis que des évaluations récentes soulignent comment les perturbations sur ce corridor peuvent se traduire directement par une hausse des coûts logistiques et des pressions économiques en Éthiopie. Cette réalité a transformé l'accès maritime d'une question historique en un enjeu économique, sécuritaire et stratégique contemporain. On ne peut pas négocier la géographie. La perte par l'Éthiopie d'un accès direct à la mer n'a pas effacé sa position géographique. Le pays demeure au cœur de la Corne de l'Afrique, jouxtant l'une des régions maritimes les plus importantes au monde. La mer Rouge, le golfe d'Aden et le détroit de Bab el-Mandeb relient l'Afrique au Moyen-Orient, à l'Asie et à l'Europe, et toute perturbation à cet endroit peut avoir des répercussions sur le commerce mondial, les marchés de l'énergie et les chaînes d'approvisionnement. Pour l'Éthiopie, les conséquences sont particulièrement directes. Une économie enclavée de cette envergure ne peut considérer la connectivité maritime comme une préoccupation secondaire. Chaque conteneur entrant ou sortant du pays dépend en fin de compte d'un corridor reliant l'intérieur du pays à la côte. Le système actuel a certes permis de tisser des liens économiques importants avec Djibouti, mais il a également mis en lumière la vulnérabilité structurelle d'une dépendance quasi-totale à un seul point d'accès maritime. Le corridor Addis-Djibouti demeure essentiel au commerce éthiopien, tandis que la Banque mondiale souligne que les perturbations et les inefficacités tout au long de la chaîne logistique peuvent impacter les entreprises et les consommateurs. La question n'est donc plus de savoir si l'Éthiopie s'intéresse à la mer, mais comment un pays du poids démographique et économique de l'Éthiopie peut bâtir une connectivité maritime fiable, diversifiée et durable. Plus important encore, l'évolution rapide de la dynamique politique et militaire en mer Rouge et dans la Corne de l'Afrique a rendu l'accès souverain à la mer non seulement souhaitable pour l'Éthiopie, mais de plus en plus inévitable. La mer Rouge n'est plus seulement une voie commerciale. L'importance stratégique de la mer Rouge est devenue impossible à ignorer. Le détroit de Bab el-Mandeb est un point de passage maritime crucial. Les perturbations récentes ont démontré à quel point l'insécurité en mer peut rapidement engendrer des problèmes économiques à terre, augmentant les coûts de fret, allongeant les délais de livraison et perturbant les chaînes d'approvisionnement. L'ONU Commerce et Développement a récemment averti que la recrudescence des perturbations autour de Bab el-Mandeb entraîne des allongements des itinéraires, une augmentation de la consommation de carburant, une hausse des coûts et une pression accrue sur le commerce mondial. Pour l'Éthiopie, cela crée un paradoxe frappant. Bien que le pays ne possède pas de littoral, l'instabilité le long de la mer Rouge peut avoir des répercussions directes sur son économie. L’Éthiopie a donc un intérêt considérable dans la sécurité d’un espace maritime où sa présence directe est actuellement limitée. C’est pourquoi la question de la mer Rouge ne peut se réduire à la recherche d’un port. Il s'agit de connectivité, de sécurité économique et de stabilité régionale. D'un port à un corridor L'ambition maritime de l'Éthiopie prend tout son sens lorsqu'on la considère non pas comme la recherche d'une simple infrastructure côtière, mais comme faisant partie d'un corridor économique beaucoup plus vaste. Une liaison maritime fonctionnelle relierait la côte aux routes, aux voies ferrées, aux ports secs, aux parcs industriels, aux centres de production agricole et aux marchés de consommation de l'Éthiopie. L'objectif ne serait pas simplement de déplacer des conteneurs, mais de faire bouger une économie. Cette distinction est importante. Un port sans réseau fluvial efficace n'est qu'un point sur une carte. Un port connecté à la production, à l'industrie, à l'agriculture et aux marchés régionaux devient un moteur d'intégration économique. L’expérience de l’Éthiopie avec le corridor de Djibouti démontre déjà l’importance de ce système plus vaste. Les travaux récents de la Banque mondiale sur le port sec de Modjo, par exemple, soulignent comment l’amélioration de la logistique intérieure peut réduire les délais de traitement et renforcer les liens de l’Éthiopie avec les marchés internationaux. La prochaine étape de la réflexion maritime éthiopienne peut donc être comprise comme la recherche de corridors multiples, de portes d'entrée multiples et d'une plus grande résilience. La sécurité économique est la sécurité maritime La mer Rouge a également mis en lumière une autre réalité : la sécurité maritime et la sécurité économique sont de plus en plus indissociables. Lorsque les routes maritimes sont menacées, les coûts d'assurance augmentent. Lorsque les navires doivent contourner des zones dangereuses, les délais de livraison s'allongent. Lorsque les coûts de transport de marchandises augmentent, les conséquences finissent par toucher les usines, les agriculteurs, les commerçants et les ménages situés loin des côtes. L’Éthiopie n’a pas besoin d’être un pays côtier pour subir ces conséquences. De fait, son enclavement rend un accès maritime fiable encore plus important. Une stratégie maritime diversifiée pourrait renforcer la résilience de l'Éthiopie face aux perturbations, tout en créant des opportunités supplémentaires en matière de commerce, d'investissement et de développement industriel. Cela pourrait également renforcer les intérêts économiques que l'Éthiopie partage avec ses voisins côtiers. Un retour à la mer ne signifie pas forcément un retour à la rivalité. La question maritime éthiopienne comporte une autre dimension qui mérite une attention accrue. L'accès à la mer ne doit pas nécessairement devenir une nouvelle source de concurrence régionale. Il peut devenir un instrument d'intégration régionale. Un port desservant le commerce éthiopien peut dynamiser l'économie d'un État côtier. Une route ou une voie ferrée reliant l'intérieur des terres à la côte peut connecter plusieurs économies. Des zones industrielles et logistiques peuvent créer des emplois et des investissements de part et d'autre de la frontière. En ce sens, les ambitions maritimes de l'Éthiopie ne peuvent être envisagées comme une simple revendication nationale, mais comme un élément d'une équation économique plus vaste à l'échelle de la Corne de l'Afrique. Cette région a longtemps considéré la géographie comme une source de rivalité stratégique. Elle peut aussi y voir une opportunité d'intégration. La question maritime de l'Éthiopie prend de l'ampleur, elle ne s'estompe pas. Le Premier ministre Abiy Ahmed a souligné à plusieurs reprises que le désir de l'Éthiopie d'accéder à la mer repose sur des considérations géographiques, des impératifs économiques, le dialogue et une coopération mutuellement avantageuse, et non sur une volonté d'expansion militaire. Le gouvernement éthiopien a déclaré que la taille démographique et économique du pays fait d'une connectivité maritime fiable un intérêt national majeur. Cet argument s'inscrit dans une réalité plus large. L'Éthiopie n'est plus le même pays qu'il y a trente ans. Sa population et son économie se sont développées. Ses ambitions commerciales se sont accrues. Sa production industrielle et agricole s'intègre davantage aux marchés internationaux. Et sa vulnérabilité aux perturbations sur les routes maritimes mondiales s'accroît. La question maritime deviendra donc plus importante, et non moins, à mesure que l'économie éthiopienne se développera. Le regain d'intérêt pour les affaires maritimes, notamment le rétablissement de la marine éthiopienne en 2018, témoigne de ce changement stratégique plus large. Mais l'objectif ultime ne doit pas nécessairement être la projection de puissance. Il peut s'agir de la protection des intérêts économiques, de la participation à la sécurité maritime régionale et de la création de liens commerciaux durables entre l'intérieur de l'Éthiopie et l'économie mondiale. La géographie du futur Le fait central demeure remarquablement simple : L'enclavement de l'Éthiopie est une tragédie historique, fruit de forces extérieures et de décisions politiques prises durant une période tumultueuse des décisions qui ont profondément modifié le rapport du pays à la mer. Pourtant, cette nation immense n'a jamais été véritablement coupée de la mer Rouge. Son économie repose sur le commerce maritime. Son environnement sécuritaire est façonné par la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb. Sa position géographique la place au cœur de la Corne de l'Afrique. Enfin, la croissance démographique et économique du pays rend l'accès fiable aux routes commerciales internationales de plus en plus crucial. Le défi n’est donc pas de recréer l’histoire à l’identique, mais de bâtir une nouvelle relation avec la mer, adaptée aux réalités du XXIe siècle. Cela concerne les ports, mais aussi les corridors. Cela concerne le commerce, mais aussi la sécurité. Cela signifie l'intérêt national, mais aussi la coopération régionale. Et surtout, cela signifie reconnaître que la mer Rouge n'est pas une étendue d'eau lointaine séparée de l'Éthiopie par des frontières politiques. Cela fait partie de la géographie stratégique dans laquelle se dessine l'avenir de l'Éthiopie. Pour un pays dont la civilisation est liée à la mer Rouge depuis des siècles, la recherche renouvelée de connexions maritimes n'est pas simplement un voyage dans le passé. C'est l'Éthiopie qui regarde vers l'avenir et vers la mer.
Le Premier ministre Abiy nomme Abraham Belay au poste de commissaire de la Commission éthiopienne de l'énergie nucléaire
Sep 27, 2026 207
Addis Ababa le 27 septembre, 2026 (ENA) Le Premier ministre Abiy Ahmed a nommé Abraham Belay (titulaire d'un doctorat) au poste de commissaire de la Commission éthiopienne de l'énergie nucléaire, avec effet au 14 septembre 2026. Abraham, qui a occupé plusieurs postes à responsabilité au sein du gouvernement, était jusqu'à récemment ministre de l'Irrigation et des Zones de plaine. Sa nomination intervient alors que l'Éthiopie poursuit ses efforts en faveur du développement de l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire dans le cadre de sa stratégie plus large visant à développer des sources d'énergie propres, fiables et durables, a-t-on appris.
Le conseiller du Premier ministre insiste sur la nécessité de redynamiser les partenariats mondiaux
Sep 26, 2026 227
Addis Ababa le 26 septembre, 2026 (ENA) « Des partenariats plus solides, des solutions communes et un engagement renouvelé sont essentiels pour accélérer les progrès vers la réalisation de l’Agenda 2030 », a déclaré Getachew Reda, conseiller du Premier ministre chargé des affaires de l’Afrique de l’Est. L’Agenda 2030 pour le développement durable est un cadre mondial de développement adopté par tous les États membres de l’ONU en 2015. Lors du dialogue de haut niveau de la Global Development Initiative (GDI), organisé en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies, M. Getachew a souligné l’importance cruciale de redynamiser les partenariats mondiaux en faveur du développement durable, insistant sur la nécessité de traduire les engagements communs en résultats concrets en matière de développement. Le conseiller a souligné que le GDI constituait un partenariat concret et axé sur les résultats, susceptible de contribuer à accélérer la mise en œuvre des ODD et à faire progresser les priorités en matière de développement. Il a également insisté sur l'importance de donner la priorité aux transitions clés ayant des effets catalyseurs et multiplicateurs sur l'ensemble des ODD, notamment dans les domaines de l'éradication de la pauvreté, de l'énergie, des systèmes alimentaires, de la finance, de la transformation numérique, de l'éducation et de l'action pour le climat. M. Getachew a en outre souligné l'importance de tirer parti des avantages comparatifs, des expériences et des réussites des initiatives menées par les pays, de renforcer la coopération et de s'inspirer des solutions qui donnent des résultats sur le terrain.
L'adhésion de l'Éthiopie au BRICS ouvre de nouvelles perspectives économiques, selon un chercheur du FAI
Sep 26, 2026 260
Addis Ababa le 26 septembre, 2026 (ENA) L'adhésion de l'Éthiopie au BRICS ouvre de nouvelles perspectives dans divers secteurs, a déclaré à l'ENA Himanot Eshetu, chercheuse senior à l'Institut des affaires étrangères (FAI). Himanot a souligné que l'adhésion de l'Éthiopie au BRICS prenait de l'ampleur, offrant ainsi un levier accru pour renforcer les partenariats économiques, attirer les investissements, diversifier le financement du développement et promouvoir ses intérêts nationaux à l'échelle mondiale. L’engagement actif de l’Éthiopie auprès des grandes économies émergentes, associé à sa participation à des discussions de haut niveau sur les enjeux économiques et géopolitiques mondiaux, confère à son adhésion au BRICS une dimension profondément stratégique, a-t-elle ajouté. « Le BRICS n’est pas seulement un regroupement économique. Pour l’Éthiopie en particulier, il s’agit d’une plateforme supplémentaire d’engagement diplomatique », a-t-elle déclaré. Cette plateforme permet également à l’Éthiopie de faire valoir ses intérêts nationaux tout en défendant les priorités africaines dans des secteurs clés, notamment la finance mondiale, la technologie, le commerce, le développement durable et la sécurité. L’un des principaux avantages de cette adhésion est l’accès à la Nouvelle Banque de développement des BRICS (NDB), qui, comme l’a souligné Mme Himanot, permettra d’augmenter considérablement les financements destinés aux infrastructures et au développement durable. Le pays peut diversifier avec succès ses sources de financement du développement, car les objectifs de financement de la banque correspondent étroitement aux besoins nationaux de l’Éthiopie. « Si nous disposons de davantage de sources de financement, l’Éthiopie aura la possibilité et la flexibilité nécessaires pour mettre en œuvre ses priorités de développement », a-t-elle déclaré, soulignant que le financement de la NDB vise à compléter, plutôt qu’à remplacer, les partenariats existants. Depuis son adhésion au bloc en 2024, l’Éthiopie participe activement aux initiatives des BRICS, qu’il s’agisse de sommets des chefs d’État, de réunions ministérielles, de discussions entre experts ou de groupes de travail. Au-delà du financement, Mme Himanot a mis en avant le potentiel de création de liens avec les principaux marchés émergents, élargissant ainsi les horizons en matière de commerce et d’investissement. Pour tirer parti de ces perspectives, elle a souligné l’importance de promouvoir des secteurs nationaux compétitifs, tels que l’agriculture, la transformation agricole, l’industrie textile, l’énergie, le tourisme et l’exploitation minière. De plus, cette plateforme offre un moyen d’approfondir la coopération économique et de défendre les intérêts généraux des pays du Sud. En fin de compte, a conclu Mme Himanot, pour tirer pleinement parti de ces avantages, il faudra un engagement institutionnel coordonné, une attention particulière portée aux résultats économiques concrets et une promotion proactive du potentiel de l’Éthiopie en matière de commerce et d’investissement.
La pierre est posée, le lien reste solide
Sep 25, 2026 313
Par Al-Aghbari (Djibouti), tiré de POA Jeudi, dans le parc industriel de Damerjog à Djibouti, le Premier ministre Abiy Ahmed, le président Ismaïl Omar Guelleh et le milliardaire nigérian Aliko Dangote ont posé la première pierre d’un projet de stockage de carburant et de pipeline d’une valeur de 160 millions de dollars américains. Il ne s’agissait pas d’une cérémonie d’inauguration des travaux, mais d’une déclaration. L’Éthiopie et Djibouti ne sont pas simplement des voisins qui entretiennent des relations commerciales. Ce sont des partenaires liés par quelque chose de plus profond : une relation économique organique indissociable de la survie et de la prospérité des deux nations. Aucune allégation infondée, provenant d’une source partiale, ne pourra remettre en cause ce qui a été scellé aujourd’hui. Un lien né de la nécessité Plus de 95 % des produits pétroliers de l’Éthiopie transitent par Djibouti. Plus de 70 % de l’électricité de Djibouti provient d’Éthiopie. Rien qu’en 2025, 4,23 millions de tonnes de carburants raffinés ont traversé le territoire djiboutien à destination des marchés éthiopiens. Ce n’est pas du commerce. C’est une symbiose. Lorsque le port de Djibouti respire, l’économie éthiopienne respire. Lorsque les turbines éthiopiennes tournent, les foyers djiboutiens s’illuminent. Un tel lien ne se renégocie pas à volonté. Il se vit — au quotidien, par des millions de personnes des deux côtés de la frontière. Ce qui a été posé aujourd’hui Quatre-vingts hectares. 375 000 m³ de capacité de stockage. 5 millions de tonnes de transit annuel. Un pipeline de 120 kilomètres acheminant du Jet A-1, du gazole et de l’essence de Damerjog à Dawanleh. Il viendra compléter les transports routiers et ferroviaires, sans les remplacer. Il réduira les coûts logistiques du corridor de 10 à 30 %. Il permettra d’éviter près de 1 000 trajets de camions-citernes sur les routes chaque jour. Il épargnera à l’atmosphère 15 000 à 20 000 tonnes de CO₂ par an. Il créera jusqu’à 1 200 emplois directs au plus fort des travaux, puis 110 à 120 emplois permanents par la suite. Ce ne sont pas des abstractions. C’est le pouls mesurable d’un partenariat qui tient ses promesses. Les faits l’emportent sur les rumeurs Certaines voix — partiales, mal informées, ou les deux — murmurent des propos sur le déséquilibre, la dépendance, les intentions cachées. Leurs allégations s’effondrent sous le poids de l’évidence. Les avantages ne sont pas imposés d’en haut. Ils sont adoptés sur le terrain — tant par les gouvernements que par les populations. Ils se manifestent dans le carburant qui alimente les stations-service éthiopiennes. Dans le courant électrique qui éclaire les foyers djiboutiens. Dans les moyens de subsistance créés de part et d’autre de la frontière. Un lien organique ne se rompt pas sous l’effet d’insinuations. Il se renforce à chaque expédition, à chaque projet, à chaque réussite partagée. Aujourd’hui, il s’est encore renforcé — aux yeux du monde entier. Un modèle, pas une exception Ce que l’Éthiopie et Djibouti sont en train de construire n’est pas seulement une réussite bilatérale. C’est un modèle. À l’heure où l’Afrique est appelée à approfondir ses échanges intra-continentaux et à renforcer ses chaînes d’approvisionnement, ces deux nations montrent à quoi ressemble réellement l’intégration lorsqu’elle est ancrée dans la géographie, la nécessité et la confiance. Souveraineté et interdépendance ne sont pas antagonistes. L’intérêt national et la coopération régionale peuvent aller de pair. L’intérêt mutuel n’est pas un slogan. C’est une réalité vécue et mesurable. La pierre qui répond Hier, trois hommes ont posé la première pierre. Ils n’ont pas simplement inauguré un projet. Ils ont réaffirmé un lien. Ils ont répondu — par des actes, et non par des mots — à ceux qui sèment le doute. Comme l’a déclaré le président Guelleh : « L’indépendance énergétique est la condition de toute autre indépendance. » Ce projet est un élément constitutif de cette souveraineté, transformant une vulnérabilité commune en une force commune. La pierre a parlé. L’Éthiopie et Djibouti ne sont pas de simples voisins. Ce sont des partenaires liés par un destin commun. Leurs liens sont organiques. Leurs acquis sont partagés. Leur avenir est un seul et même avenir.
Politique
Le Conseil des ministres transmet à l'Assemblée populaire de la République (HPR) des projets de loi essentiels portant sur la gouvernance, les données, l'énergie et la défense
Sep 28, 2026 22
Addis Ababa le 28 septembre, 2026 (ENA) Le Conseil des ministres éthiopien a approuvé une série de mesures législatives et réglementaires visant à réorganiser les institutions fédérales, à renforcer la gouvernance des données, à moderniser le secteur de l’énergie, à améliorer l’administration fiscale et à consolider le cadre juridique régissant les forces de défense nationale. Le Conseil a tout d’abord délibéré sur un projet de proclamation définissant les pouvoirs et les responsabilités des organes exécutifs. Élaboré conformément à l’article 56 de la Constitution de la République fédérale démocratique d’Éthiopie (RFDE) à la suite des élections nationales de 2026, ce texte établit la structure institutionnelle permettant aux entités exécutives fédérales d’exercer efficacement leurs mandats au cours du prochain mandat. À l’issue de discussions approfondies, le Conseil a intégré les principales contributions et a renvoyé le projet à l’unanimité à la Chambre des représentants du peuple. Abordant les priorités en matière de transformation numérique, la session a examiné le projet de proclamation sur la gouvernance nationale des données. Conçu pour garantir la souveraineté des données, rationaliser la prestation des services publics grâce à l’interopérabilité des systèmes, développer la recherche en intelligence artificielle et stimuler une croissance économique fondée sur les données, le Conseil a transmis à l’unanimité ce projet de loi amélioré à l’assemblée parlementaire. En matière de financement du développement, le Conseil a approuvé un projet de décret ratifiant un accord de prêt de 145,8 millions de DTS signé avec l’Association internationale de développement. Ces fonds étant destinés à la première phase du projet de réforme, d’investissement et de modernisation du secteur de l’électricité, le Conseil s’est assuré que l’accord était pleinement conforme à la politique nationale en matière de dette avant de le transmettre à la Chambre des représentants du peuple pour adoption définitive. En matière de gouvernance fiscale, le Conseil a adopté des amendements au règlement fédéral relatif à l’impôt sur le revenu et au règlement fédéral relatif à la taxe sur la valeur ajoutée. La révision de l’impôt sur le revenu aligne les procédures administratives sur la proclamation fédérale n° 979/2016 relative à l’impôt sur le revenu afin de renforcer la transparence opérationnelle. L’ajustement de la taxe sur la valeur ajoutée porte sur les structures fiscales applicables aux anciens percepteurs de la taxe sur le chiffre d’affaires, tout en exonérant les biens de consommation essentiels afin de préserver le pouvoir d’achat des ménages et de stimuler la compétitivité de l’industrie locale. À l’issue d’un débat approfondi sur les projets de règlement, le Conseil a décidé à l’unanimité de les mettre en œuvre dès leur publication au Journal officiel « Negarit ». Enfin, le Conseil a examiné les propositions d’amendements à la Proclamation n° 1286/2023 relative aux forces de défense. Dans le but de renforcer le cadre juridique permettant aux forces armées nationales d’exercer leurs missions constitutionnelles définies à l’article 87, le Conseil a décidé à l’unanimité de transmettre le projet de loi à la Chambre des représentants du peuple.
L'Éthiopie et les Émirats arabes unis s'engagent à renforcer leurs relations bilatérales et à développer leur coopération au développement
Sep 28, 2026 82
Addis Ababa le 28 septembre, 2026 (ENA) Le président éthiopien Taye Atske-Selassie s’est entretenu avec le ministre d’État aux Affaires étrangères des Émirats arabes unis, le cheikh Shakhboot bin Nahyan Al Nahyan, en marge de la semaine de haut niveau de la 81e Assemblée générale des Nations unies (AGNU81) à New York. Les deux parties ont échangé leurs points de vue sur le renforcement du partenariat de longue date entre l’Éthiopie et les Émirats arabes unis, l’élargissement des initiatives de développement conjointes et l’intensification de la coopération sur les questions régionales et multilatérales d’intérêt commun. « En marge de la 81e AGNU, j’ai rencontré Cheikh Shakhbout bin Nahyan, ministre d’État des Émirats arabes unis. Nous avons échangé nos points de vue sur l’approfondissement de nos relations bilatérales, l’élargissement des initiatives de développement conjointes et le renforcement de la coopération sur les questions régionales et multilatérales importantes », a déclaré le président Taye dans un message publié sur X. Cette rencontre s'inscrit dans le cadre de l'intensification des échanges diplomatiques de haut niveau menés par l'Éthiopie lors de la 81e Assemblée générale des Nations unies, l'Éthiopie profitant de ce rassemblement mondial pour faire progresser ses partenariats bilatéraux et renforcer la coopération sur des priorités régionales et internationales communes. L'Éthiopie et les Émirats arabes unis ont noué des relations étendues couvrant le développement, l'investissement et d'autres domaines d'intérêt mutuel, les deux pays continuant à explorer les possibilités d'élargir leur coopération.
L'élan diplomatique de l'Éthiopie : d'un poids régional à une influence mondiale
Sep 27, 2026 264
Par la redaction Le 27 septembre, 2026 (ENA) La diplomatie éthiopienne entre dans une nouvelle ère : moins cantonnée aux relations politiques traditionnelles, elle est de plus en plus guidée par les intérêts économiques, les partenariats stratégiques et une présence mondiale plus étendue. Au cours des huit dernières années, l’Éthiopie a considérablement élargi les domaines dans lesquels elle interagit avec le monde. Du rôle d’Addis-Abeba en tant que capitale diplomatique de l’Afrique à son entrée au sein des BRICS, du processus de paix de Pretoria à la Déclaration d’Ankara, de la reprise des négociations à l’OMC à son siège au Conseil des droits de l’homme des Nations unies, l’Éthiopie a multiplié les plateformes par lesquelles elle cherche à influencer les affaires régionales et internationales. Il ne s’agit pas ici d’une avancée diplomatique ponctuelle, mais bien de l’élargissement de l’espace diplomatique de l’Éthiopie. D’Addis-Abeba aux BRICS L’un des symboles les plus évidents de cette expansion est l’adhésion de l’Éthiopie aux BRICS. Lors du sommet de Johannesburg en août 2023, les dirigeants des BRICS ont invité l’Éthiopie à devenir membre à part entière, son adhésion prenant effet le 1er janvier 2024. Pour Addis-Abeba, le BRICS a ouvert une nouvelle voie pour dialoguer avec les grandes économies émergentes et participer à des discussions portant sur la politique et la sécurité, la coopération économique et financière, ainsi que les relations entre les peuples. Plus important encore, cette initiative s’inscrit dans une stratégie diplomatique plus large : la diversification. L’Éthiopie s’est efforcée d’approfondir simultanément ses relations avec ses partenaires africains, les économies émergentes, les pays occidentaux, les États du Golfe et les puissances asiatiques, plutôt que de laisser son engagement international dépendre d’un cercle restreint de partenaires. Une diplomatie à vocation économique Le changement le plus important réside sans doute dans le poids croissant de la diplomatie économique. La politique étrangère est de plus en plus étroitement liée à l’investissement, au commerce, au tourisme, à la technologie, aux infrastructures et à l’accès aux marchés. Les missions diplomatiques sont censées non seulement représenter l’Éthiopie sur le plan politique, mais aussi contribuer à mettre le pays en relation avec les capitaux, les marchés et les opportunités commerciales. Cette évolution reflète la transformation économique de l’Éthiopie elle-même. Alors que le pays cherche à accroître ses capacités d’exportation, à attirer des investissements et à développer son industrie, la diplomatie devient de plus en plus un instrument économique. L’ambassade n’est plus seulement un pont politique ; elle fait de plus en plus partie intégrante du pont économique. La diplomatie régionale sous la pression stratégique La situation géographique de l’Éthiopie rend la diplomatie régionale incontournable. Le pays se trouve au carrefour de la Corne de l’Afrique, du bassin du Nil et de la mer Rouge, où se croisent les enjeux liés à la sécurité, au commerce, aux migrations, aux infrastructures et aux intérêts politiques. La Déclaration d’Ankara signée avec la Somalie en décembre 2024 a démontré le rôle du dialogue dans le règlement des questions régionales épineuses. L’Éthiopie et la Somalie ont réaffirmé leur respect mutuel de la souveraineté, de l’unité, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de chacune et ont convenu de poursuivre leur coopération en vue d’une prospérité partagée. L’importance de cette déclaration va bien au-delà d’un simple texte. Elle illustre la volonté de l’Éthiopie de maintenir les questions régionales litigieuses dans le cadre des voies diplomatiques tout en poursuivant ses intérêts stratégiques et économiques. De la gestion des conflits à la diplomatie africaine Pretoria a placé l’Éthiopie au cœur de l’une des initiatives de paix les plus importantes du continent africain. Mais même sous l’œil vigilant des médiateurs africains et internationaux, le TPLF a été critiqué à plusieurs reprises pour des actions qui menaçaient de compromettre les engagements pris dans le cadre de l’accord, mettant ainsi en évidence le chemin semé d’embûches qui mène d’un accord de paix signé à une stabilité durable. La leçon générale à en tirer est que le poids diplomatique de l’Éthiopie ne découle pas uniquement de sa taille ou de sa position géographique. Il provient également de son rôle au sein des institutions continentales. Addis-Abeba accueille le siège de l’Union africaine, ce qui fait de la ville un lieu de rencontre permanent pour les dirigeants africains, les diplomates et les organisations internationales. Cette position institutionnelle offre à l’Éthiopie une tribune unique à partir de laquelle elle peut participer aux débats sur la paix, la sécurité, le développement et l’intégration continentale. Une place sur la scène internationale L’élection de l’Éthiopie au Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour le mandat 2025-2027 a encore renforcé sa présence multilatérale. L’Assemblée générale des Nations unies a élu l’Éthiopie parmi les 18 membres le 9 octobre 2024 ; le Conseil est composé de 47 États. Ces mandats offrent à l’Éthiopie des opportunités supplémentaires de participer directement à l’élaboration des politiques internationales et à la diplomatie multilatérale. L’importance de cette élection n’est donc pas simplement symbolique. Cette représentation crée un nouveau canal diplomatique par lequel l’Éthiopie peut faire valoir ses positions, négocier ses intérêts et contribuer à orienter les débats internationaux. Les portes de l’OMC s’ouvrent davantage Le processus d’adhésion de l’Éthiopie à l’OMC, qui s’étire depuis longtemps, a lui aussi retrouvé un nouvel élan. L’OMC a déclaré en septembre 2025 que le processus était entré dans une « phase décisive ». En avril 2026, l’organisation a indiqué que les négociations avaient atteint un « tournant décisif », l’Éthiopie faisant état de nouvelles réformes nationales et d’un engagement continu auprès des membres de l’OMC. Ce processus d’adhésion revêt une importance particulière, car il relie directement la diplomatie à la structure de l’économie éthiopienne. L’adhésion au système commercial multilatéral permettrait à l’Éthiopie de s’ancrer davantage dans les marchés mondiaux, tout en exigeant la poursuite des réformes des institutions et des réglementations liées au commerce. En ce sens, la diplomatie à l’OMC ne se limite pas à Genève : il s’agit de transformer la manière dont l’Éthiopie commerce avec le reste du monde. La mer Rouge entre dans l’équation diplomatique Peu de questions illustrent aussi clairement l’évolution de la diplomatie éthiopienne que celle de la mer Rouge. Pour un pays enclavé dont l’économie dépend fortement du commerce maritime, les développements autour de la mer Rouge et de Bab el-Mandeb ont des conséquences économiques et stratégiques directes. La connectivité maritime occupe donc désormais une place plus importante dans l’agenda diplomatique de l’Éthiopie. Cette question recoupe le commerce, la logistique, la sécurité régionale et l’intégration économique, ce qui amène l’Éthiopie à prendre part à des discussions qui s’étendent bien au-delà de ses frontières. La question de la mer Rouge illustre donc la caractéristique centrale de la diplomatie éthiopienne en pleine évolution : les intérêts économiques nationaux et la stratégie régionale sont de plus en plus étroitement liés. Un cercle de partenaires élargi Les relations de l’Éthiopie avec la Chine, l’Inde, la Russie, les États-Unis, les pays européens et les États du Golfe se sont développées parallèlement à ses relations avec ses voisins africains et à sa participation au groupe des BRICS. L’objectif n’est pas nécessairement de choisir un camp géopolitique. Il s’agit d’élargir la marge de manœuvre de l’Éthiopie en matière d’engagement diplomatique et économique. Ce réseau élargi offre à Addis-Abeba davantage de voies de coopération dans les domaines de l’investissement, des infrastructures, du commerce, de la technologie, de la sécurité et du développement. Il en résulte une politique étrangère de plus en plus articulée autour de partenariats multiples plutôt que d’un axe diplomatique unique. Le véritable défi commence maintenant Pour autant, l’expansion diplomatique n’est pas une fin en soi. Les années à venir détermineront si l’Éthiopie sera capable de transformer son rayonnement diplomatique en opportunités économiques concrètes, en une meilleure connectivité régionale, en un accroissement des investissements, en un renforcement des échanges commerciaux et en des partenariats durables. Les adhésions, les déclarations, les élections et les sommets créent des plateformes. Ce qui importe désormais, c’est ce que l’Éthiopie saura construire à partir de ces plateformes. Les huit dernières années ont néanmoins été marquées par une expansion notable de la portée diplomatique de l’Éthiopie. Le groupe des BRICS a ouvert une nouvelle plateforme mondiale. Le Conseil des droits de l’homme a renforcé sa présence multilatérale. Pretoria a démontré le potentiel d’une diplomatie menée par l’Afrique. Ankara a créé un cadre pour un engagement renouvelé avec la Somalie. Les négociations au sein de l’OMC ont pris un nouvel élan. La diplomatie économique occupe une place de plus en plus centrale dans la politique étrangère, tandis que la mer Rouge s’est imposée comme une priorité stratégique. Par conséquent, ces évolutions laissent entrevoir une transformation plus large. L’Éthiopie ne considère plus la diplomatie simplement comme un moyen d’entretenir des relations. Elle y recourt de plus en plus pour conquérir des marchés, nouer des partenariats, développer la connectivité, assurer la sécurité et favoriser le développement national. Du siège de l’Union africaine à Addis-Abeba à la table des BRICS, des initiatives de paix régionales aux négociations commerciales mondiales, la carte diplomatique de l’Éthiopie s’est considérablement élargie. Le prochain chapitre ne sera pas défini par le nombre de portes que l’Éthiopie aura ouvertes, mais par son efficacité à transformer ces ouvertures en acquis nationaux et régionaux durables.
L'Éthiopie et la mer Rouge : le retour inévitable à un lien historique
Sep 27, 2026 236
Par Neway Abay S. L'Éthiopie n'a jamais vraiment été étrangère à la mer Rouge. Bien avant que les frontières modernes ne redessinent la carte de la Corne de l'Afrique, la civilisation éthiopienne était liée à la mer Rouge par le commerce, la diplomatie et des voies d'accès côtières reliant les hauts plateaux à l'Arabie, à la Méditerranée et au vaste monde de l'océan Indien. Ce lien historique a finalement été rompu. Mais la géographie, elle, ne l'était pas. L'Éthiopie compte aujourd'hui plus de 130 millions d'habitants, figure parmi les plus grandes économies d'Afrique et constitue un pôle économique majeur de la Corne de l'Afrique ; pourtant, elle demeure sans accès à la mer. Depuis des décennies, son commerce international dépend fortement des ports voisins, notamment de Djibouti. La Banque mondiale continue de considérer Djibouti comme la principale porte d'entrée maritime de l'Éthiopie, tandis que des évaluations récentes soulignent comment les perturbations sur ce corridor peuvent se traduire directement par une hausse des coûts logistiques et des pressions économiques en Éthiopie. Cette réalité a transformé l'accès maritime d'une question historique en un enjeu économique, sécuritaire et stratégique contemporain. On ne peut pas négocier la géographie. La perte par l'Éthiopie d'un accès direct à la mer n'a pas effacé sa position géographique. Le pays demeure au cœur de la Corne de l'Afrique, jouxtant l'une des régions maritimes les plus importantes au monde. La mer Rouge, le golfe d'Aden et le détroit de Bab el-Mandeb relient l'Afrique au Moyen-Orient, à l'Asie et à l'Europe, et toute perturbation à cet endroit peut avoir des répercussions sur le commerce mondial, les marchés de l'énergie et les chaînes d'approvisionnement. Pour l'Éthiopie, les conséquences sont particulièrement directes. Une économie enclavée de cette envergure ne peut considérer la connectivité maritime comme une préoccupation secondaire. Chaque conteneur entrant ou sortant du pays dépend en fin de compte d'un corridor reliant l'intérieur du pays à la côte. Le système actuel a certes permis de tisser des liens économiques importants avec Djibouti, mais il a également mis en lumière la vulnérabilité structurelle d'une dépendance quasi-totale à un seul point d'accès maritime. Le corridor Addis-Djibouti demeure essentiel au commerce éthiopien, tandis que la Banque mondiale souligne que les perturbations et les inefficacités tout au long de la chaîne logistique peuvent impacter les entreprises et les consommateurs. La question n'est donc plus de savoir si l'Éthiopie s'intéresse à la mer, mais comment un pays du poids démographique et économique de l'Éthiopie peut bâtir une connectivité maritime fiable, diversifiée et durable. Plus important encore, l'évolution rapide de la dynamique politique et militaire en mer Rouge et dans la Corne de l'Afrique a rendu l'accès souverain à la mer non seulement souhaitable pour l'Éthiopie, mais de plus en plus inévitable. La mer Rouge n'est plus seulement une voie commerciale. L'importance stratégique de la mer Rouge est devenue impossible à ignorer. Le détroit de Bab el-Mandeb est un point de passage maritime crucial. Les perturbations récentes ont démontré à quel point l'insécurité en mer peut rapidement engendrer des problèmes économiques à terre, augmentant les coûts de fret, allongeant les délais de livraison et perturbant les chaînes d'approvisionnement. L'ONU Commerce et Développement a récemment averti que la recrudescence des perturbations autour de Bab el-Mandeb entraîne des allongements des itinéraires, une augmentation de la consommation de carburant, une hausse des coûts et une pression accrue sur le commerce mondial. Pour l'Éthiopie, cela crée un paradoxe frappant. Bien que le pays ne possède pas de littoral, l'instabilité le long de la mer Rouge peut avoir des répercussions directes sur son économie. L’Éthiopie a donc un intérêt considérable dans la sécurité d’un espace maritime où sa présence directe est actuellement limitée. C’est pourquoi la question de la mer Rouge ne peut se réduire à la recherche d’un port. Il s'agit de connectivité, de sécurité économique et de stabilité régionale. D'un port à un corridor L'ambition maritime de l'Éthiopie prend tout son sens lorsqu'on la considère non pas comme la recherche d'une simple infrastructure côtière, mais comme faisant partie d'un corridor économique beaucoup plus vaste. Une liaison maritime fonctionnelle relierait la côte aux routes, aux voies ferrées, aux ports secs, aux parcs industriels, aux centres de production agricole et aux marchés de consommation de l'Éthiopie. L'objectif ne serait pas simplement de déplacer des conteneurs, mais de faire bouger une économie. Cette distinction est importante. Un port sans réseau fluvial efficace n'est qu'un point sur une carte. Un port connecté à la production, à l'industrie, à l'agriculture et aux marchés régionaux devient un moteur d'intégration économique. L’expérience de l’Éthiopie avec le corridor de Djibouti démontre déjà l’importance de ce système plus vaste. Les travaux récents de la Banque mondiale sur le port sec de Modjo, par exemple, soulignent comment l’amélioration de la logistique intérieure peut réduire les délais de traitement et renforcer les liens de l’Éthiopie avec les marchés internationaux. La prochaine étape de la réflexion maritime éthiopienne peut donc être comprise comme la recherche de corridors multiples, de portes d'entrée multiples et d'une plus grande résilience. La sécurité économique est la sécurité maritime La mer Rouge a également mis en lumière une autre réalité : la sécurité maritime et la sécurité économique sont de plus en plus indissociables. Lorsque les routes maritimes sont menacées, les coûts d'assurance augmentent. Lorsque les navires doivent contourner des zones dangereuses, les délais de livraison s'allongent. Lorsque les coûts de transport de marchandises augmentent, les conséquences finissent par toucher les usines, les agriculteurs, les commerçants et les ménages situés loin des côtes. L’Éthiopie n’a pas besoin d’être un pays côtier pour subir ces conséquences. De fait, son enclavement rend un accès maritime fiable encore plus important. Une stratégie maritime diversifiée pourrait renforcer la résilience de l'Éthiopie face aux perturbations, tout en créant des opportunités supplémentaires en matière de commerce, d'investissement et de développement industriel. Cela pourrait également renforcer les intérêts économiques que l'Éthiopie partage avec ses voisins côtiers. Un retour à la mer ne signifie pas forcément un retour à la rivalité. La question maritime éthiopienne comporte une autre dimension qui mérite une attention accrue. L'accès à la mer ne doit pas nécessairement devenir une nouvelle source de concurrence régionale. Il peut devenir un instrument d'intégration régionale. Un port desservant le commerce éthiopien peut dynamiser l'économie d'un État côtier. Une route ou une voie ferrée reliant l'intérieur des terres à la côte peut connecter plusieurs économies. Des zones industrielles et logistiques peuvent créer des emplois et des investissements de part et d'autre de la frontière. En ce sens, les ambitions maritimes de l'Éthiopie ne peuvent être envisagées comme une simple revendication nationale, mais comme un élément d'une équation économique plus vaste à l'échelle de la Corne de l'Afrique. Cette région a longtemps considéré la géographie comme une source de rivalité stratégique. Elle peut aussi y voir une opportunité d'intégration. La question maritime de l'Éthiopie prend de l'ampleur, elle ne s'estompe pas. Le Premier ministre Abiy Ahmed a souligné à plusieurs reprises que le désir de l'Éthiopie d'accéder à la mer repose sur des considérations géographiques, des impératifs économiques, le dialogue et une coopération mutuellement avantageuse, et non sur une volonté d'expansion militaire. Le gouvernement éthiopien a déclaré que la taille démographique et économique du pays fait d'une connectivité maritime fiable un intérêt national majeur. Cet argument s'inscrit dans une réalité plus large. L'Éthiopie n'est plus le même pays qu'il y a trente ans. Sa population et son économie se sont développées. Ses ambitions commerciales se sont accrues. Sa production industrielle et agricole s'intègre davantage aux marchés internationaux. Et sa vulnérabilité aux perturbations sur les routes maritimes mondiales s'accroît. La question maritime deviendra donc plus importante, et non moins, à mesure que l'économie éthiopienne se développera. Le regain d'intérêt pour les affaires maritimes, notamment le rétablissement de la marine éthiopienne en 2018, témoigne de ce changement stratégique plus large. Mais l'objectif ultime ne doit pas nécessairement être la projection de puissance. Il peut s'agir de la protection des intérêts économiques, de la participation à la sécurité maritime régionale et de la création de liens commerciaux durables entre l'intérieur de l'Éthiopie et l'économie mondiale. La géographie du futur Le fait central demeure remarquablement simple : L'enclavement de l'Éthiopie est une tragédie historique, fruit de forces extérieures et de décisions politiques prises durant une période tumultueuse des décisions qui ont profondément modifié le rapport du pays à la mer. Pourtant, cette nation immense n'a jamais été véritablement coupée de la mer Rouge. Son économie repose sur le commerce maritime. Son environnement sécuritaire est façonné par la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb. Sa position géographique la place au cœur de la Corne de l'Afrique. Enfin, la croissance démographique et économique du pays rend l'accès fiable aux routes commerciales internationales de plus en plus crucial. Le défi n’est donc pas de recréer l’histoire à l’identique, mais de bâtir une nouvelle relation avec la mer, adaptée aux réalités du XXIe siècle. Cela concerne les ports, mais aussi les corridors. Cela concerne le commerce, mais aussi la sécurité. Cela signifie l'intérêt national, mais aussi la coopération régionale. Et surtout, cela signifie reconnaître que la mer Rouge n'est pas une étendue d'eau lointaine séparée de l'Éthiopie par des frontières politiques. Cela fait partie de la géographie stratégique dans laquelle se dessine l'avenir de l'Éthiopie. Pour un pays dont la civilisation est liée à la mer Rouge depuis des siècles, la recherche renouvelée de connexions maritimes n'est pas simplement un voyage dans le passé. C'est l'Éthiopie qui regarde vers l'avenir et vers la mer.
Le Premier ministre Abiy nomme Abraham Belay au poste de commissaire de la Commission éthiopienne de l'énergie nucléaire
Sep 27, 2026 207
Addis Ababa le 27 septembre, 2026 (ENA) Le Premier ministre Abiy Ahmed a nommé Abraham Belay (titulaire d'un doctorat) au poste de commissaire de la Commission éthiopienne de l'énergie nucléaire, avec effet au 14 septembre 2026. Abraham, qui a occupé plusieurs postes à responsabilité au sein du gouvernement, était jusqu'à récemment ministre de l'Irrigation et des Zones de plaine. Sa nomination intervient alors que l'Éthiopie poursuit ses efforts en faveur du développement de l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire dans le cadre de sa stratégie plus large visant à développer des sources d'énergie propres, fiables et durables, a-t-on appris.
Le conseiller du Premier ministre insiste sur la nécessité de redynamiser les partenariats mondiaux
Sep 26, 2026 227
Addis Ababa le 26 septembre, 2026 (ENA) « Des partenariats plus solides, des solutions communes et un engagement renouvelé sont essentiels pour accélérer les progrès vers la réalisation de l’Agenda 2030 », a déclaré Getachew Reda, conseiller du Premier ministre chargé des affaires de l’Afrique de l’Est. L’Agenda 2030 pour le développement durable est un cadre mondial de développement adopté par tous les États membres de l’ONU en 2015. Lors du dialogue de haut niveau de la Global Development Initiative (GDI), organisé en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies, M. Getachew a souligné l’importance cruciale de redynamiser les partenariats mondiaux en faveur du développement durable, insistant sur la nécessité de traduire les engagements communs en résultats concrets en matière de développement. Le conseiller a souligné que le GDI constituait un partenariat concret et axé sur les résultats, susceptible de contribuer à accélérer la mise en œuvre des ODD et à faire progresser les priorités en matière de développement. Il a également insisté sur l'importance de donner la priorité aux transitions clés ayant des effets catalyseurs et multiplicateurs sur l'ensemble des ODD, notamment dans les domaines de l'éradication de la pauvreté, de l'énergie, des systèmes alimentaires, de la finance, de la transformation numérique, de l'éducation et de l'action pour le climat. M. Getachew a en outre souligné l'importance de tirer parti des avantages comparatifs, des expériences et des réussites des initiatives menées par les pays, de renforcer la coopération et de s'inspirer des solutions qui donnent des résultats sur le terrain.
L'adhésion de l'Éthiopie au BRICS ouvre de nouvelles perspectives économiques, selon un chercheur du FAI
Sep 26, 2026 260
Addis Ababa le 26 septembre, 2026 (ENA) L'adhésion de l'Éthiopie au BRICS ouvre de nouvelles perspectives dans divers secteurs, a déclaré à l'ENA Himanot Eshetu, chercheuse senior à l'Institut des affaires étrangères (FAI). Himanot a souligné que l'adhésion de l'Éthiopie au BRICS prenait de l'ampleur, offrant ainsi un levier accru pour renforcer les partenariats économiques, attirer les investissements, diversifier le financement du développement et promouvoir ses intérêts nationaux à l'échelle mondiale. L’engagement actif de l’Éthiopie auprès des grandes économies émergentes, associé à sa participation à des discussions de haut niveau sur les enjeux économiques et géopolitiques mondiaux, confère à son adhésion au BRICS une dimension profondément stratégique, a-t-elle ajouté. « Le BRICS n’est pas seulement un regroupement économique. Pour l’Éthiopie en particulier, il s’agit d’une plateforme supplémentaire d’engagement diplomatique », a-t-elle déclaré. Cette plateforme permet également à l’Éthiopie de faire valoir ses intérêts nationaux tout en défendant les priorités africaines dans des secteurs clés, notamment la finance mondiale, la technologie, le commerce, le développement durable et la sécurité. L’un des principaux avantages de cette adhésion est l’accès à la Nouvelle Banque de développement des BRICS (NDB), qui, comme l’a souligné Mme Himanot, permettra d’augmenter considérablement les financements destinés aux infrastructures et au développement durable. Le pays peut diversifier avec succès ses sources de financement du développement, car les objectifs de financement de la banque correspondent étroitement aux besoins nationaux de l’Éthiopie. « Si nous disposons de davantage de sources de financement, l’Éthiopie aura la possibilité et la flexibilité nécessaires pour mettre en œuvre ses priorités de développement », a-t-elle déclaré, soulignant que le financement de la NDB vise à compléter, plutôt qu’à remplacer, les partenariats existants. Depuis son adhésion au bloc en 2024, l’Éthiopie participe activement aux initiatives des BRICS, qu’il s’agisse de sommets des chefs d’État, de réunions ministérielles, de discussions entre experts ou de groupes de travail. Au-delà du financement, Mme Himanot a mis en avant le potentiel de création de liens avec les principaux marchés émergents, élargissant ainsi les horizons en matière de commerce et d’investissement. Pour tirer parti de ces perspectives, elle a souligné l’importance de promouvoir des secteurs nationaux compétitifs, tels que l’agriculture, la transformation agricole, l’industrie textile, l’énergie, le tourisme et l’exploitation minière. De plus, cette plateforme offre un moyen d’approfondir la coopération économique et de défendre les intérêts généraux des pays du Sud. En fin de compte, a conclu Mme Himanot, pour tirer pleinement parti de ces avantages, il faudra un engagement institutionnel coordonné, une attention particulière portée aux résultats économiques concrets et une promotion proactive du potentiel de l’Éthiopie en matière de commerce et d’investissement.
La pierre est posée, le lien reste solide
Sep 25, 2026 313
Par Al-Aghbari (Djibouti), tiré de POA Jeudi, dans le parc industriel de Damerjog à Djibouti, le Premier ministre Abiy Ahmed, le président Ismaïl Omar Guelleh et le milliardaire nigérian Aliko Dangote ont posé la première pierre d’un projet de stockage de carburant et de pipeline d’une valeur de 160 millions de dollars américains. Il ne s’agissait pas d’une cérémonie d’inauguration des travaux, mais d’une déclaration. L’Éthiopie et Djibouti ne sont pas simplement des voisins qui entretiennent des relations commerciales. Ce sont des partenaires liés par quelque chose de plus profond : une relation économique organique indissociable de la survie et de la prospérité des deux nations. Aucune allégation infondée, provenant d’une source partiale, ne pourra remettre en cause ce qui a été scellé aujourd’hui. Un lien né de la nécessité Plus de 95 % des produits pétroliers de l’Éthiopie transitent par Djibouti. Plus de 70 % de l’électricité de Djibouti provient d’Éthiopie. Rien qu’en 2025, 4,23 millions de tonnes de carburants raffinés ont traversé le territoire djiboutien à destination des marchés éthiopiens. Ce n’est pas du commerce. C’est une symbiose. Lorsque le port de Djibouti respire, l’économie éthiopienne respire. Lorsque les turbines éthiopiennes tournent, les foyers djiboutiens s’illuminent. Un tel lien ne se renégocie pas à volonté. Il se vit — au quotidien, par des millions de personnes des deux côtés de la frontière. Ce qui a été posé aujourd’hui Quatre-vingts hectares. 375 000 m³ de capacité de stockage. 5 millions de tonnes de transit annuel. Un pipeline de 120 kilomètres acheminant du Jet A-1, du gazole et de l’essence de Damerjog à Dawanleh. Il viendra compléter les transports routiers et ferroviaires, sans les remplacer. Il réduira les coûts logistiques du corridor de 10 à 30 %. Il permettra d’éviter près de 1 000 trajets de camions-citernes sur les routes chaque jour. Il épargnera à l’atmosphère 15 000 à 20 000 tonnes de CO₂ par an. Il créera jusqu’à 1 200 emplois directs au plus fort des travaux, puis 110 à 120 emplois permanents par la suite. Ce ne sont pas des abstractions. C’est le pouls mesurable d’un partenariat qui tient ses promesses. Les faits l’emportent sur les rumeurs Certaines voix — partiales, mal informées, ou les deux — murmurent des propos sur le déséquilibre, la dépendance, les intentions cachées. Leurs allégations s’effondrent sous le poids de l’évidence. Les avantages ne sont pas imposés d’en haut. Ils sont adoptés sur le terrain — tant par les gouvernements que par les populations. Ils se manifestent dans le carburant qui alimente les stations-service éthiopiennes. Dans le courant électrique qui éclaire les foyers djiboutiens. Dans les moyens de subsistance créés de part et d’autre de la frontière. Un lien organique ne se rompt pas sous l’effet d’insinuations. Il se renforce à chaque expédition, à chaque projet, à chaque réussite partagée. Aujourd’hui, il s’est encore renforcé — aux yeux du monde entier. Un modèle, pas une exception Ce que l’Éthiopie et Djibouti sont en train de construire n’est pas seulement une réussite bilatérale. C’est un modèle. À l’heure où l’Afrique est appelée à approfondir ses échanges intra-continentaux et à renforcer ses chaînes d’approvisionnement, ces deux nations montrent à quoi ressemble réellement l’intégration lorsqu’elle est ancrée dans la géographie, la nécessité et la confiance. Souveraineté et interdépendance ne sont pas antagonistes. L’intérêt national et la coopération régionale peuvent aller de pair. L’intérêt mutuel n’est pas un slogan. C’est une réalité vécue et mesurable. La pierre qui répond Hier, trois hommes ont posé la première pierre. Ils n’ont pas simplement inauguré un projet. Ils ont réaffirmé un lien. Ils ont répondu — par des actes, et non par des mots — à ceux qui sèment le doute. Comme l’a déclaré le président Guelleh : « L’indépendance énergétique est la condition de toute autre indépendance. » Ce projet est un élément constitutif de cette souveraineté, transformant une vulnérabilité commune en une force commune. La pierre a parlé. L’Éthiopie et Djibouti ne sont pas de simples voisins. Ce sont des partenaires liés par un destin commun. Leurs liens sont organiques. Leurs acquis sont partagés. Leur avenir est un seul et même avenir.
Social
Meskel : un ressortissant jordanien souligne le potentiel touristique et l’hospitalité de l’Éthiopie
Sep 28, 2026 67
Addis Ababa le 28 septembre, 2026 (ENA) La célébration de la Meskel constitue également une occasion de mettre en lumière le potentiel touristique et culturel de l’Éthiopie, ainsi que l’accueil réservé aux visiteurs étrangers. Présent à la place Meskel dans l’occasion des célébrations de la veille de la fête, Michelle Akashey, ressortissant jordanien travaillant actuellement en Éthiopie, a partagé son expérience du pays, mettant notamment en avant ses attraits touristiques, son environnement et l’hospitalité de sa population. Selon lui, l’Éthiopie offre aux visiteurs une diversité de sites et d’expériences, allant de son patrimoine religieux à sa gastronomie et à ses richesses naturelles. « L’Éthiopie est un très, très joli pays. Les gens ici sont très gentils. J’espère que vous aussi aurez la chance de visiter ce joli pays. Il y a beaucoup de choses à visiter, beaucoup d’églises », a-t-il déclaré. Son témoignage met également en évidence l’importance d’un environnement favorable à l’accueil des visiteurs internationaux. Michelle a indiqué se sentir à l’aise dans son quotidien en Éthiopie, soulignant notamment son expérience de la sécurité et de l’accueil de la population. Cette expérience constitue, selon lui, un cadre propice aux échanges entre les peuples et à la découverte mutuelle des cultures. Évoquant les différences entre l’Éthiopie et son pays d’origine, la Jordanie, il a notamment comparé les conditions climatiques des deux pays. « En Jordanie, nous n’avons pas beaucoup de pluie. C’est un grand problème pour la Jordanie. Mais ici, vous avez de la chance parce qu’il pleut beaucoup », a-t-il expliqué. Au-delà des différences entre les deux pays, Michelle a surtout insisté sur le sentiment d’appartenance qu’il dit avoir développé depuis son arrivée en Éthiopie, illustrant l’importance de l’hospitalité dans les échanges interculturels. « Vraiment, je n’ai pas le sentiment que je suis étranger. J’ai le sentiment que j’ai vécu ici pour longtemps », a-t-il témoigné. Dans ce contexte, il a adressé un message particulier aux étrangers désireux de découvrir la culture et le patrimoine éthiopiens, les encourageant à venir à la rencontre du pays et de sa population. « Il n’y a pas d’étranger ici. Au contraire, Soyez les bienvenus, toujours soyez les bienvenus en Éthiopie », a-t-il conclu. Le témoignage de ce ressortissant jordanien illustre ainsi le rôle que peuvent jouer les rencontres interculturelles dans la promotion du tourisme, la valorisation du patrimoine et le rapprochement entre les peuples.
Le festival de Meskel, « quelque chose d’unique et d’impressionnant » pour les touristes
Sep 27, 2026 110
Addis Ababa le 27 septembre, 2026 (ENA) Les touristes venus de différentes régions du monde en Éthiopie pour assister au festival de Meskel ont décrit cette célébration comme une expérience unique et impressionnante, profondément liée au patrimoine religieux et culturel du pays. Il a été constaté un intérêt croissant des visiteurs internationaux pour les célébrations religieuses et le patrimoine culturel de l’Éthiopie. Meskel offre notamment l’occasion de découvrir directement l’un des grands événements religieux publics du pays. « Je suis chrétien, je suis catholique. Un ami m’a demandé de l’accompagner aujourd’hui pour voir ce magnifique festival, que j’aime beaucoup », a déclaré Akasheu. Il a expliqué que cette célébration lui avait permis d’être témoin d’une tradition chrétienne profondément enracinée en Éthiopie. « Le christianisme est très, très ancien dans ce pays et il est profondément ancré dans l’esprit de ses habitants », a-t-il déclaré, ajoutant que la présence de prêtres issus de différentes Églises ainsi que la participation de l’ensemble de la communauté rendaient l’événement particulièrement remarquable. Akasheu, qui a indiqué avoir déjà visité le Vatican et assisté à d’autres événements religieux, a décrit Meskel comme une expérience unique liée à l’Église orthodoxe éthiopienne. Il a également exprimé son intérêt pour la découverte des sites historiques et culturels de l’Éthiopie au-delà d’Addis-Abeba, notamment ses églises rupestres et ses monastères. « Il y a beaucoup de choses à voir ici », a-t-il souligné, appelant à davantage d’efforts pour promouvoir l’Éthiopie comme destination touristique. Un autre visiteur, le Jamaïcaine Njkita Nkruma Lundsay, qui vit en Éthiopie depuis environ 19 ans, a déclaré que Meskel revêtait pour lui une importance particulière sur les plans spirituel et culturel. Lindsay, qui se décrit comme chrétien orthodoxe, a déclaré que l’Éthiopie représentait la liberté et un sentiment d’appartenance pour les personnes d’ascendance africaine dont les ancêtres ont été déportés pendant la traite transatlantique des esclaves. « Pour nous, l’Éthiopie est la terre de la liberté, la liberté sous toutes ses formes, la liberté religieuse et la liberté physique », a-t-il déclaré. Il a ajouté que Meskel témoignait de la place importante qu’occupe le christianisme dans la vie culturelle de l’Éthiopie et qu’il permettait à un grand nombre de personnes de célébrer ensemble. « Meskel représente le christianisme. C’est la découverte de la Vraie Croix », a déclaré Lindsay. Il a également souligné que le caractère national de la célébration la distinguait des pratiques religieuses qu’elle avait connues ailleurs. « En Éthiopie, la célébration de Meskel concerne tous les chrétiens », a-t-il déclaré, décrivant le festival comme une combinaison de dévotion religieuse et de tradition culturelle. Lindsay a encouragé les personnes d’autres régions du monde à visiter l’Éthiopie et à découvrir cette célébration. Pour le touriste norvégien Jorulf Husbyn, assister à Meskel a été une surprise particulièrement heureuse au cours de son voyage. « Nous ne savions pas qu’il y avait un festival. Nous voulions nous arrêter en Éthiopie sur notre chemin vers l’Afrique australe et découvrir sa culture, sa géographie et son histoire. C’est donc une chance incroyable d’être arrivés ici le jour de ce festival », a déclaré Husbyn. Husbyn, qui visitait l’Éthiopie pour la première fois, s’est dit impressionné par la population et par l’atmosphère qui entourait les célébrations. Il a décrit le festival comme haut en couleur et a souligné qu’il lui avait permis d’en apprendre davantage sur l’histoire, la culture et les traditions chrétiennes de l’Éthiopie. Chrétien et luthérien, Husbyn a déclaré que le fait d’assister à Meskel revêtait pour lui une signification particulière. « Je suis très heureux d’être ici, de découvrir et d’explorer la culture ainsi que cette partie du christianisme », a-t-il déclaré. Il a également fait l’éloge des paysages naturels, de l’histoire et de l’hospitalité de l’Éthiopie, affirmant qu’il recommanderait le pays aux touristes intéressés par la culture et le patrimoine. Le visiteur allemand Andreas Schaible, qui se rendait en Éthiopie pour la deuxième fois, a déclaré que Meskel constituait sa première expérience de ce festival. « Il est très intéressant de voir les différences entre la culture allemande et la culture éthiopienne », a déclaré Schaible. Il a expliqué que le fait de vivre et de travailler à Addis-Abeba lui avait donné l’occasion d’observer les traditions culturelles et les célébrations publiques de l’Éthiopie. « C’est très enrichissant pour moi d’apprendre à connaître la culture éthiopienne », a-t-il déclaré, soulignant l’importance de comprendre à la fois les différences et les similitudes entre les cultures. Schaible a également évoqué l’Éthiopie comme destination touristique, citant notamment ses traditions, sa cuisine et son café parmi les expériences qu’il a appréciées. Il a ajouté que sa famille envisageait de visiter le pays à l’avenir. Par ailleurs, le visiteur croate Branimir Akidžan a déclaré avoir un lien ancien avec l’Éthiopie. Il y a vécu de 1966 à 1973 et a fréquenté l’école Saint-Joseph. Il est revenu en Éthiopie avec son épouse afin de redécouvrir les festivals et les traditions culturelles du pays. Akidžan a déclaré que les festivals éthiopiens étaient restés particulièrement importants à ses yeux et a salué la population, les paysages et le patrimoine culturel du pays. Les visiteurs étrangers se disent impressionnés par l’accueil, la sécurité et les transformations concrètes observées en Ethiopie. Heureux de participer à Meskel, ils souhaitent poursuivre la découverte du pays, de sa culture et de son développement.
« Les Églises orthodoxes d'Éthiopie et d'Inde sont très proches sur le plan spirituel », déclare le patriarche Baselios Marthoma Mathews III
Sep 26, 2026 219
Addis Ababa le 26 septembre, 2026 (ENA) « L’Éthiopie et l’Inde sont géographiquement éloignées, mais nos Églises sont spirituellement très proches, leurs Églises orthodoxes étant unies par une foi apostolique commune », a déclaré le patriarche de l’Église orthodoxe syrienne de Malankara en Inde, Sa Sainteté Baselios Marthoma Mathews III. S'exprimant aujourd'hui lors de la célébration de la fête de Demera à Addis-Abeba, le patriarche a déclaré que l'Église orthodoxe éthiopienne Tewahedo et l'Église orthodoxe syrienne de Malankara appartiennent à la famille des Églises orthodoxes orientales et partagent un héritage spirituel façonné par l'Eucharistie, le jeûne, la prière, l'ascétisme, la communion des saints et la croix du Christ. « Nos nations sont géographiquement éloignées, mais nos Églises sont spirituellement très proches », a-t-il souligné, précisant que le lien entre les deux Églises ne repose pas principalement sur la diplomatie ou les relations institutionnelles, mais sur leur foi apostolique commune. Sa Sainteté Baselios Marthoma Mathews III a déclaré que les relations entre les deux Églises s’étaient développées au fil de décennies de visites, de coopération théologique et d’échanges, rappelant que la rencontre des chefs des Églises orthodoxes orientales à Addis-Abeba en 1965 avait constitué une étape importante dans l’histoire de leur communion. Il a également mis en avant les contributions des théologiens et du clergé de l’Église orthodoxe malankare à l’enseignement théologique et à la fraternité en Éthiopie, ainsi que les visites réciproques des chefs des deux Églises. Le patriarche a en outre rappelé qu’un accord bilatéral entre les deux Églises avait été officiellement signé lors de la célébration du Meskel en 2017 en Éthiopie, décrivant cet événement comme une expression significative de leur amitié historique et de leur héritage apostolique commun. Selon lui, l’inscription du Meskel sur la Liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO reconnaît à juste titre son rôle dans le rapprochement des personnes au-delà des communautés et des générations, tout en favorisant la réconciliation, la cohésion sociale et la coexistence pacifique. Pour les chrétiens orthodoxes, a déclaré le patriarche, le Meskel représente bien plus qu’un patrimoine culturel ; il l’a décrit comme une « foi vivante » et un culte centré sur le Christ. Cette célébration illustre le message d’unité et de réconciliation de la croix, qui rassemble les gens et les oriente vers Dieu et les uns vers les autres, a-t-il ajouté. « La croix nous rassemble. La croix nous réconcilie. » Sa Sainteté Baselios Marthoma Mathews III a conclu : « Pour nous, chrétiens orthodoxes, Meskel représente encore davantage. Avant d’être un patrimoine culturel, c’est une foi vivante. Avant d’être un spectacle, c’est un culte. Avant d’appartenir à l’histoire, elle appartient au Christ. »
Le patriarche orthodoxe éthiopien appelle à la paix nationale par l'unité et la réconciliation
Sep 26, 2026 145
Addis Ababa le 26 septembre, 2026 (ENA) Le patriarche de l’Église orthodoxe éthiopienne Tewahedo, Sa Sainteté Abune Mathias, a appelé les Éthiopiens à œuvrer avec détermination en faveur d’une paix nationale globale, en surmontant avec patience et clairvoyance les obstacles à l’unité et au progrès. Dans son message paternel prononcé lors de la célébration du Meskel Demera sur la place Meskel à Addis-Abeba, Abune Mathias a souligné l’importance de l’unité, du progrès et d’un engagement commun en faveur de la réconciliation. « Le message premier de la Croix est d’instaurer la paix et l’unité, le pardon et la réconciliation, ainsi que l’amour et l’harmonie entre tous les hommes », a déclaré Abune Mathias. Il a exhorté les Éthiopiens à relever avec patience et clairvoyance les défis qui entravent l’unité nationale et le progrès, soulignant la nécessité d’efforts soutenus pour instaurer une paix et une unité durables dans tout le pays. Le patriarche a déclaré que le message de Meskel et de la Croix véhiculait un appel universel à la paix, au pardon, à la réconciliation et à l’harmonie, qu’il a qualifiés d’essentiels à la quête de l’unité nationale et de la coexistence pacifique en Éthiopie. La cérémonie de Demera a été célébrée dans une ambiance haute en couleur sur la place Meskel, réunissant des évêques, de hauts responsables gouvernementaux, des ambassadeurs et diplomates étrangers, des visiteurs internationaux, des fidèles et des membres de la communauté au sens large. Cette célébration a placé le patrimoine religieux et culturel séculaire de l’Éthiopie au cœur d’un message puissant de paix, d’unité et de réconciliation.
Économie
L'élan diplomatique de l'Éthiopie : d'un poids régional à une influence mondiale
Sep 27, 2026 264
Par la redaction Le 27 septembre, 2026 (ENA) La diplomatie éthiopienne entre dans une nouvelle ère : moins cantonnée aux relations politiques traditionnelles, elle est de plus en plus guidée par les intérêts économiques, les partenariats stratégiques et une présence mondiale plus étendue. Au cours des huit dernières années, l’Éthiopie a considérablement élargi les domaines dans lesquels elle interagit avec le monde. Du rôle d’Addis-Abeba en tant que capitale diplomatique de l’Afrique à son entrée au sein des BRICS, du processus de paix de Pretoria à la Déclaration d’Ankara, de la reprise des négociations à l’OMC à son siège au Conseil des droits de l’homme des Nations unies, l’Éthiopie a multiplié les plateformes par lesquelles elle cherche à influencer les affaires régionales et internationales. Il ne s’agit pas ici d’une avancée diplomatique ponctuelle, mais bien de l’élargissement de l’espace diplomatique de l’Éthiopie. D’Addis-Abeba aux BRICS L’un des symboles les plus évidents de cette expansion est l’adhésion de l’Éthiopie aux BRICS. Lors du sommet de Johannesburg en août 2023, les dirigeants des BRICS ont invité l’Éthiopie à devenir membre à part entière, son adhésion prenant effet le 1er janvier 2024. Pour Addis-Abeba, le BRICS a ouvert une nouvelle voie pour dialoguer avec les grandes économies émergentes et participer à des discussions portant sur la politique et la sécurité, la coopération économique et financière, ainsi que les relations entre les peuples. Plus important encore, cette initiative s’inscrit dans une stratégie diplomatique plus large : la diversification. L’Éthiopie s’est efforcée d’approfondir simultanément ses relations avec ses partenaires africains, les économies émergentes, les pays occidentaux, les États du Golfe et les puissances asiatiques, plutôt que de laisser son engagement international dépendre d’un cercle restreint de partenaires. Une diplomatie à vocation économique Le changement le plus important réside sans doute dans le poids croissant de la diplomatie économique. La politique étrangère est de plus en plus étroitement liée à l’investissement, au commerce, au tourisme, à la technologie, aux infrastructures et à l’accès aux marchés. Les missions diplomatiques sont censées non seulement représenter l’Éthiopie sur le plan politique, mais aussi contribuer à mettre le pays en relation avec les capitaux, les marchés et les opportunités commerciales. Cette évolution reflète la transformation économique de l’Éthiopie elle-même. Alors que le pays cherche à accroître ses capacités d’exportation, à attirer des investissements et à développer son industrie, la diplomatie devient de plus en plus un instrument économique. L’ambassade n’est plus seulement un pont politique ; elle fait de plus en plus partie intégrante du pont économique. La diplomatie régionale sous la pression stratégique La situation géographique de l’Éthiopie rend la diplomatie régionale incontournable. Le pays se trouve au carrefour de la Corne de l’Afrique, du bassin du Nil et de la mer Rouge, où se croisent les enjeux liés à la sécurité, au commerce, aux migrations, aux infrastructures et aux intérêts politiques. La Déclaration d’Ankara signée avec la Somalie en décembre 2024 a démontré le rôle du dialogue dans le règlement des questions régionales épineuses. L’Éthiopie et la Somalie ont réaffirmé leur respect mutuel de la souveraineté, de l’unité, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de chacune et ont convenu de poursuivre leur coopération en vue d’une prospérité partagée. L’importance de cette déclaration va bien au-delà d’un simple texte. Elle illustre la volonté de l’Éthiopie de maintenir les questions régionales litigieuses dans le cadre des voies diplomatiques tout en poursuivant ses intérêts stratégiques et économiques. De la gestion des conflits à la diplomatie africaine Pretoria a placé l’Éthiopie au cœur de l’une des initiatives de paix les plus importantes du continent africain. Mais même sous l’œil vigilant des médiateurs africains et internationaux, le TPLF a été critiqué à plusieurs reprises pour des actions qui menaçaient de compromettre les engagements pris dans le cadre de l’accord, mettant ainsi en évidence le chemin semé d’embûches qui mène d’un accord de paix signé à une stabilité durable. La leçon générale à en tirer est que le poids diplomatique de l’Éthiopie ne découle pas uniquement de sa taille ou de sa position géographique. Il provient également de son rôle au sein des institutions continentales. Addis-Abeba accueille le siège de l’Union africaine, ce qui fait de la ville un lieu de rencontre permanent pour les dirigeants africains, les diplomates et les organisations internationales. Cette position institutionnelle offre à l’Éthiopie une tribune unique à partir de laquelle elle peut participer aux débats sur la paix, la sécurité, le développement et l’intégration continentale. Une place sur la scène internationale L’élection de l’Éthiopie au Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour le mandat 2025-2027 a encore renforcé sa présence multilatérale. L’Assemblée générale des Nations unies a élu l’Éthiopie parmi les 18 membres le 9 octobre 2024 ; le Conseil est composé de 47 États. Ces mandats offrent à l’Éthiopie des opportunités supplémentaires de participer directement à l’élaboration des politiques internationales et à la diplomatie multilatérale. L’importance de cette élection n’est donc pas simplement symbolique. Cette représentation crée un nouveau canal diplomatique par lequel l’Éthiopie peut faire valoir ses positions, négocier ses intérêts et contribuer à orienter les débats internationaux. Les portes de l’OMC s’ouvrent davantage Le processus d’adhésion de l’Éthiopie à l’OMC, qui s’étire depuis longtemps, a lui aussi retrouvé un nouvel élan. L’OMC a déclaré en septembre 2025 que le processus était entré dans une « phase décisive ». En avril 2026, l’organisation a indiqué que les négociations avaient atteint un « tournant décisif », l’Éthiopie faisant état de nouvelles réformes nationales et d’un engagement continu auprès des membres de l’OMC. Ce processus d’adhésion revêt une importance particulière, car il relie directement la diplomatie à la structure de l’économie éthiopienne. L’adhésion au système commercial multilatéral permettrait à l’Éthiopie de s’ancrer davantage dans les marchés mondiaux, tout en exigeant la poursuite des réformes des institutions et des réglementations liées au commerce. En ce sens, la diplomatie à l’OMC ne se limite pas à Genève : il s’agit de transformer la manière dont l’Éthiopie commerce avec le reste du monde. La mer Rouge entre dans l’équation diplomatique Peu de questions illustrent aussi clairement l’évolution de la diplomatie éthiopienne que celle de la mer Rouge. Pour un pays enclavé dont l’économie dépend fortement du commerce maritime, les développements autour de la mer Rouge et de Bab el-Mandeb ont des conséquences économiques et stratégiques directes. La connectivité maritime occupe donc désormais une place plus importante dans l’agenda diplomatique de l’Éthiopie. Cette question recoupe le commerce, la logistique, la sécurité régionale et l’intégration économique, ce qui amène l’Éthiopie à prendre part à des discussions qui s’étendent bien au-delà de ses frontières. La question de la mer Rouge illustre donc la caractéristique centrale de la diplomatie éthiopienne en pleine évolution : les intérêts économiques nationaux et la stratégie régionale sont de plus en plus étroitement liés. Un cercle de partenaires élargi Les relations de l’Éthiopie avec la Chine, l’Inde, la Russie, les États-Unis, les pays européens et les États du Golfe se sont développées parallèlement à ses relations avec ses voisins africains et à sa participation au groupe des BRICS. L’objectif n’est pas nécessairement de choisir un camp géopolitique. Il s’agit d’élargir la marge de manœuvre de l’Éthiopie en matière d’engagement diplomatique et économique. Ce réseau élargi offre à Addis-Abeba davantage de voies de coopération dans les domaines de l’investissement, des infrastructures, du commerce, de la technologie, de la sécurité et du développement. Il en résulte une politique étrangère de plus en plus articulée autour de partenariats multiples plutôt que d’un axe diplomatique unique. Le véritable défi commence maintenant Pour autant, l’expansion diplomatique n’est pas une fin en soi. Les années à venir détermineront si l’Éthiopie sera capable de transformer son rayonnement diplomatique en opportunités économiques concrètes, en une meilleure connectivité régionale, en un accroissement des investissements, en un renforcement des échanges commerciaux et en des partenariats durables. Les adhésions, les déclarations, les élections et les sommets créent des plateformes. Ce qui importe désormais, c’est ce que l’Éthiopie saura construire à partir de ces plateformes. Les huit dernières années ont néanmoins été marquées par une expansion notable de la portée diplomatique de l’Éthiopie. Le groupe des BRICS a ouvert une nouvelle plateforme mondiale. Le Conseil des droits de l’homme a renforcé sa présence multilatérale. Pretoria a démontré le potentiel d’une diplomatie menée par l’Afrique. Ankara a créé un cadre pour un engagement renouvelé avec la Somalie. Les négociations au sein de l’OMC ont pris un nouvel élan. La diplomatie économique occupe une place de plus en plus centrale dans la politique étrangère, tandis que la mer Rouge s’est imposée comme une priorité stratégique. Par conséquent, ces évolutions laissent entrevoir une transformation plus large. L’Éthiopie ne considère plus la diplomatie simplement comme un moyen d’entretenir des relations. Elle y recourt de plus en plus pour conquérir des marchés, nouer des partenariats, développer la connectivité, assurer la sécurité et favoriser le développement national. Du siège de l’Union africaine à Addis-Abeba à la table des BRICS, des initiatives de paix régionales aux négociations commerciales mondiales, la carte diplomatique de l’Éthiopie s’est considérablement élargie. Le prochain chapitre ne sera pas défini par le nombre de portes que l’Éthiopie aura ouvertes, mais par son efficacité à transformer ces ouvertures en acquis nationaux et régionaux durables.
L'adhésion de l'Éthiopie au BRICS ouvre de nouvelles perspectives économiques, selon un chercheur du FAI
Sep 26, 2026 260
Addis Ababa le 26 septembre, 2026 (ENA) L'adhésion de l'Éthiopie au BRICS ouvre de nouvelles perspectives dans divers secteurs, a déclaré à l'ENA Himanot Eshetu, chercheuse senior à l'Institut des affaires étrangères (FAI). Himanot a souligné que l'adhésion de l'Éthiopie au BRICS prenait de l'ampleur, offrant ainsi un levier accru pour renforcer les partenariats économiques, attirer les investissements, diversifier le financement du développement et promouvoir ses intérêts nationaux à l'échelle mondiale. L’engagement actif de l’Éthiopie auprès des grandes économies émergentes, associé à sa participation à des discussions de haut niveau sur les enjeux économiques et géopolitiques mondiaux, confère à son adhésion au BRICS une dimension profondément stratégique, a-t-elle ajouté. « Le BRICS n’est pas seulement un regroupement économique. Pour l’Éthiopie en particulier, il s’agit d’une plateforme supplémentaire d’engagement diplomatique », a-t-elle déclaré. Cette plateforme permet également à l’Éthiopie de faire valoir ses intérêts nationaux tout en défendant les priorités africaines dans des secteurs clés, notamment la finance mondiale, la technologie, le commerce, le développement durable et la sécurité. L’un des principaux avantages de cette adhésion est l’accès à la Nouvelle Banque de développement des BRICS (NDB), qui, comme l’a souligné Mme Himanot, permettra d’augmenter considérablement les financements destinés aux infrastructures et au développement durable. Le pays peut diversifier avec succès ses sources de financement du développement, car les objectifs de financement de la banque correspondent étroitement aux besoins nationaux de l’Éthiopie. « Si nous disposons de davantage de sources de financement, l’Éthiopie aura la possibilité et la flexibilité nécessaires pour mettre en œuvre ses priorités de développement », a-t-elle déclaré, soulignant que le financement de la NDB vise à compléter, plutôt qu’à remplacer, les partenariats existants. Depuis son adhésion au bloc en 2024, l’Éthiopie participe activement aux initiatives des BRICS, qu’il s’agisse de sommets des chefs d’État, de réunions ministérielles, de discussions entre experts ou de groupes de travail. Au-delà du financement, Mme Himanot a mis en avant le potentiel de création de liens avec les principaux marchés émergents, élargissant ainsi les horizons en matière de commerce et d’investissement. Pour tirer parti de ces perspectives, elle a souligné l’importance de promouvoir des secteurs nationaux compétitifs, tels que l’agriculture, la transformation agricole, l’industrie textile, l’énergie, le tourisme et l’exploitation minière. De plus, cette plateforme offre un moyen d’approfondir la coopération économique et de défendre les intérêts généraux des pays du Sud. En fin de compte, a conclu Mme Himanot, pour tirer pleinement parti de ces avantages, il faudra un engagement institutionnel coordonné, une attention particulière portée aux résultats économiques concrets et une promotion proactive du potentiel de l’Éthiopie en matière de commerce et d’investissement.
L'Éthiopie renouvelle son partenariat avec le FIDA et multiplie par dix sa contribution
Sep 26, 2026 114
Addis Ababa le 26 septembre, 2026 (ENA) L’Éthiopie a réaffirmé son partenariat de longue date avec le Fonds international de développement agricole (FIDA) en multipliant par dix sa contribution à la 14e reconstitution des ressources du Fonds (FIDA 14). Le président Taye Atske-Selassie a pris cet engagement lors d’une réunion de haut niveau à laquelle ont participé des chefs d’État et de gouvernement africains, la secrétaire générale adjointe des Nations unies, Amina Mohammed, et le président du FIDA, Alvaro Lario. Cet engagement renouvelé intervient alors que l’Éthiopie intensifie ses efforts pour transformer les moyens de subsistance en milieu rural et renforcer le développement agricole. Le président Taye a souligné le partenariat de près de cinq décennies qui lie l’Éthiopie au FIDA, lequel a soutenu les efforts visant à améliorer les moyens de subsistance et la résilience de millions de personnes au sein des communautés rurales et pastorales du pays. Grâce à des programmes successifs, ce partenariat a bénéficié à près de 10 millions de personnes, grâce à 227 millions de dollars de contributions nationales et à environ 1,2 milliard de dollars de cofinancement total. Témoignant de l’engagement renouvelé de l’Éthiopie envers ce partenariat, le gouvernement a multiplié par dix sa contribution au FIDA14, la faisant passer de 100 000 dollars américains à 1 million de dollars américains. Cette initiative souligne l’importance que l’Éthiopie continue d’accorder à la transformation rurale, au développement agricole et au renforcement des opportunités pour les communautés rurales et pastorales, a-t-on appris.
Un oléoduc reliant les ports, les marchés et l’avenir de la Corne de l’Afrique
Sep 25, 2026 323
Par Henok Tadele Haile Le septembre, 2026 (ENA) La Corne de l’Afrique est à l’aube d’une transformation majeure, portée par un nouveau projet d’infrastructure de 660 millions de dollars américains. Ce projet promet de révolutionner la manière dont l’Éthiopie reçoit, stocke et distribue les produits pétroliers. Au cœur de ce projet se trouve un oléoduc de 120 kilomètres reliant Damerjog, à Djibouti, à Dewele, en Éthiopie. Ce projet devrait réduire le temps de transport du carburant de cinq jours à un seul jour, améliorant ainsi considérablement l’efficacité de la distribution de carburant dans la région. Le Premier ministre Abiy Ahmed a déclaré : « L’Éthiopie, Djibouti et le groupe Dangote vont développer un oléoduc de 120 kilomètres reliant Damerjog à Dewele, avec une capacité de stockage combinée de plus d’un million de mètres cubes aux deux extrémités. » L’infrastructure de stockage est considérable, avec 375 000 mètres cubes à Damerjog et 875 000 mètres cubes à Dewele. L’infrastructure de stockage est considérable, avec 375 000 mètres cubes à Damerjog et 875 000 mètres cubes à Dewele. Le Dr Brook Taye, PDG d’Ethiopian Investment Holdings, a expliqué : « Le dépôt de Dewele jouera un double rôle : d’une part, il offre à l’Éthiopie une réserve stratégique majeure à l’intérieur de nos frontières, capable d’assurer l’approvisionnement du pays pendant plusieurs mois ; d’autre part, comme il est directement relié à notre ligne ferroviaire, la distribution de carburant s’effectuera par rail en plus du transport par camion, ce qui réduira considérablement les contraintes de transit et les coûts globaux de transport. » Ce projet est le fruit d’un partenariat entre Ethiopian Investment Holdings et le groupe Dangote, dont le coût d’investissement est estimé à 660 millions de dollars américains. Ce partenariat s’inscrit dans une approche plus large visant à utiliser les actifs publics et les investissements stratégiques pour attirer des capitaux, des technologies et une expertise en matière de gestion. Aliko Dangote, fondateur du groupe Dangote, a joué un rôle clé dans ce partenariat, en apportant son expertise et ses ressources. L’interdépendance économique entre l’Éthiopie et Djibouti ne cesse de croître, Djibouti offrant à l’Éthiopie sa principale porte d’entrée maritime et un accès stratégique aux routes commerciales internationales. Ce partenariat illustre parfaitement comment l’intégration régionale peut créer des opportunités mutuellement bénéfiques pour la croissance et le développement économiques. Les deux pays collaborent pour créer une économie plus intégrée et mieux connectée, le projet de pipeline constituant un élément clé de cet effort. Lors de son discours d’inauguration, le président djiboutien Ismail Omar Guelleh a souligné l’importance de l’intégration régionale, déclarant : « Nous sommes déterminés à travailler main dans la main avec nos homologues éthiopiens pour créer une économie plus intégrée et mieux connectée. Ce projet de gazoduc est un élément clé de cet effort, et nous sommes convaincus qu’il aura un impact significatif sur l’économie régionale. » Il a également souligné : « Le développement de nos infrastructures est crucial pour notre croissance économique, et nous travaillons sans relâche pour créer un environnement commercial plus favorable. » Le président Guelleh a également mis en avant les avantages potentiels du projet, déclarant : « Ce pipeline permettra non seulement de réduire le temps de transport du carburant, mais il créera également de nouvelles opportunités en matière de commerce, d’investissement et de croissance économique. Nous sommes convaincus que ce projet changera la donne pour notre région, et nous sommes déterminés à le mener à bien. » Le projet aura un impact significatif sur l’économie régionale, en créant de nouvelles opportunités en matière de commerce, d’investissement et de croissance économique. Selon la vision d’Aliko Dangote, les lacunes en matière d’infrastructures limitent la croissance industrielle et découragent les investissements. Cependant, il considère ces lacunes comme une opportunité de jeter les bases d’une transformation économique. Grâce aux infrastructures, l’industrie peut prospérer, des emplois sont créés et la prospérité s’installe. En conclusion, ce projet pétrolier de 660 millions de dollars américains constitue une avancée majeure qui promet de transformer le paysage économique de la Corne de l’Afrique. Il créera une nouvelle géographie économique, reliant la porte d’entrée maritime de Djibouti à l’économie intérieure de l’Éthiopie, et démontrera comment les infrastructures peuvent faire de l’intégration régionale une réalité commerciale. Principaux avantages du projet Les principaux avantages du projet comprennent la réduction du temps de transport du carburant, qui passe de cinq jours à un jour, l’amélioration de l’efficacité de la distribution du carburant, l’augmentation de la capacité de stockage (avec une capacité totale de 1,25 million de mètres cubes), la création d’une chaîne d’approvisionnement multimodale reliant les ports, les installations de stockage, les oléoducs, les voies ferrées et les marchés, ainsi que le renforcement de l’interdépendance économique entre l’Éthiopie et Djibouti. Le projet devrait être achevé d’ici deux ans, et son succès dépendra de la capacité des partenaires à tenir leurs engagements. Comme l’a déclaré le Premier ministre Abiy Ahmed : « Les annonces suscitent des attentes ; les résultats gagnent la confiance. Nous devons désormais transformer cet engagement en un oléoduc opérationnel. » S’il est mené à bien comme prévu, le projet aura un impact durable sur la région, en stimulant la croissance économique et en favorisant l’intégration régionale. Perspectives d’avenir Le projet a le potentiel de redessiner la géographie économique de la Corne de l’Afrique, en reliant la porte d’entrée maritime de Djibouti à l’économie intérieure de l’Éthiopie. Cela créera de nouvelles opportunités en matière de commerce, d’investissement et de croissance économique, et démontrera comment les infrastructures peuvent transformer l’intégration régionale en une réalité commerciale. Le succès du projet dépendra également de la capacité des partenaires à attirer de nouveaux investissements et à créer un environnement commercial favorable. Intégration régionale Le projet s’inscrit dans le cadre d’un effort plus large visant à promouvoir l’intégration régionale dans la Corne de l’Afrique. La région présente un potentiel de croissance économique considérable, avec un marché vaste et en expansion, ainsi que des ressources naturelles abondantes. Cependant, elle est également confrontée à des défis majeurs, notamment des lacunes en matière d’infrastructures et une diversification économique limitée. Le projet contribuera à relever ces défis en créant une nouvelle géographie économique et en favorisant l’intégration régionale.
Technologie
L'émergence de l'armée éthiopienne : une garantie stratégique pour la sécurité de la mer Rouge et de la région de la Corne de l'Afrique
Sep 24, 2026 578
Par Guillermo Patria Le 24 septembre, 2026 (ENA) L'Éthiopie entreprend actuellement une vaste transformation de son système de défense nationale, dans le but de mettre en place une armée plus professionnelle, à la pointe de la technologie, prête à intervenir et de plus en plus capable de subvenir à ses propres besoins grâce à la production nationale. Cette transformation concerne l'ensemble des Forces de défense nationales éthiopiennes (ENDF), l'armée de l'air, le commandement des opérations spéciales, les industries de défense, la production de drones, la recherche et la formation militaires, l'intelligence artificielle ainsi que la reconstruction des capacités maritimes du pays. Au cœur de cette démarche se trouve un principe stratégique : la protection de la souveraineté et des intérêts nationaux de l’Éthiopie nécessite non seulement des soldats et des armes, mais aussi des institutions solides, des technologies, des capacités industrielles et un capital humain capables de les soutenir. Le chef d’état-major général de l’ENDF, le maréchal Birhanu Jula, a décrit cette réforme comme une transformation historique visant à renforcer la structure organisationnelle, l’unité, le professionnalisme, l’état de préparation et les capacités technologiques des forces armées. L’objectif n’est donc pas simplement d’augmenter le matériel militaire, mais de modifier la nature et les capacités des forces armées. Une force adaptée à la guerre moderne Le champ de bataille évolue rapidement. Les effectifs traditionnels et les armes conventionnelles restent importants, mais l’efficacité militaire dépend de plus en plus de l’information, de la précision, des communications, des systèmes sans pilote, de l’intelligence artificielle, des capacités cybernétiques, de la guerre électronique et de la capacité à prendre des décisions rapidement. Les réformes menées par l’Éthiopie s’adaptent de plus en plus à cette réalité. En février 2026, le maréchal Birhanu a décrit les Forces de défense nationales éthiopiennes (ENDF) modernisées en termes de quantité, de qualité et de technologie, soulignant la nécessité d’adapter les capacités militaires à l’évolution des technologies et des menaces sécuritaires. Cette évolution technologique s’inscrit également dans une dimension institutionnelle. En août 2026, l’ENDF a signé un accord avec l’Institut éthiopien d’intelligence artificielle afin d’étudier les applications de l’IA dans les domaines de la logistique, de la formation militaire, de la cybersécurité, des soins de santé militaires, des opérations aériennes et de la guerre électronique. Cependant, la technologie à elle seule ne suffit pas à créer une puissance militaire. Elle doit s’accompagner d’un personnel formé, d’institutions efficaces et d’une préparation opérationnelle. La réforme éthiopienne met donc également l’accent sur la formation militaire professionnelle, la formation spécialisée, ainsi que sur l’expertise technique et en ingénierie. La préparation au cœur des préoccupations La finalité ultime d’une force de défense réside dans sa capacité à réagir lorsque les intérêts nationaux sont menacés. Le maréchal Birhanu a souligné à plusieurs reprises l’état de préparation des Forces de défense nationales éthiopiennes (ENDF) dans un contexte que l’Éthiopie qualifie d’environnement sécuritaire complexe et en constante évolution. En juillet 2026, il a déclaré que les réformes avaient renforcé la structure organisationnelle et l’unité de la force, tout en maintenant un niveau élevé de préparation et en introduisant des technologies militaires modernes. Le Commandement des opérations spéciales représente une autre dimension de cette approche ; les responsables militaires le présentent comme une force hautement performante, conçue pour une réponse rapide et une action proactive face aux menaces émergentes. Pour l’Éthiopie, l’objectif général est clair : la souveraineté nationale doit être protégée par une force capable de détecter les menaces, de se mobiliser rapidement et de réagir efficacement lorsque les intérêts nationaux sont en jeu. De l'achat d'armes à leur fabrication L'aspect le plus important de la transformation du secteur de la défense en Éthiopie se déroule peut-être loin du champ de bataille, dans les usines, les laboratoires et les centres d'ingénierie. Le Premier ministre Abiy Ahmed a de plus en plus associé l’industrie de la défense à la résilience économique et à l’autonomie technologique. Il a déclaré que l’Éthiopie développait des capacités nationales pour fabriquer des drones, des véhicules militaires blindés, des armes lourdes, de l’artillerie et des munitions. L’importance de cette évolution va au-delà des produits eux-mêmes. L’industrie de la défense nécessite des ingénieurs, des techniciens, des chercheurs, des machines spécialisées et des systèmes industriels fiables, créant ainsi des capacités technologiques susceptibles de renforcer l’économie dans son ensemble. Le complexe d’ingénierie des munitions de Homicho illustre cette évolution. Sa capacité de production croissante a permis à l’Éthiopie non seulement de répondre à ses besoins nationaux, mais aussi de pénétrer les marchés étrangers, le gouvernement faisant état de contrats d’exportation de munitions d’une valeur supérieure à 30 millions de dollars américains. L’orientation évolue donc de la simple acquisition de produits finis vers le développement de la capacité à produire, entretenir et améliorer les systèmes critiques au niveau national. L’armée de l’air et l’écosystème technologique L’armée de l’air éthiopienne offre sans doute l’exemple le plus parlant de cette transformation. L’institution affirme être passée d’un environnement opérationnel analogique à l’ère numérique, tout en développant la maintenance des appareils, leur modernisation, la production de pièces de rechange et l’aviation sans pilote. Cela signifie qu’une armée de l’air moderne nécessite tout un écosystème technologique : pilotes, ingénieurs, techniciens, installations de maintenance, pièces de rechange, recherche, communications et systèmes numériques. L’Éthiopie cherche de plus en plus à développer ces capacités au niveau local. L’armée de l’air a fait état d’une augmentation de la production de composants et de pièces de rechange, tandis que les ingénieurs et techniciens éthiopiens jouent un rôle accru dans la maintenance et la modernisation des avions, ainsi que dans les systèmes sans pilote. L’objectif n’est donc pas simplement d’acquérir des avions à l’étranger, mais de développer les connaissances nécessaires pour exploiter, entretenir, moderniser et, à terme, mettre au point des systèmes de plus en plus sophistiqués. Cela explique également l’importance accordée au capital humain. Le Premier ministre Abiy a souligné que des avions sophistiqués ne suffisent pas à eux seuls à créer une armée de l’air efficace. Des pilotes, ingénieurs, techniciens, scientifiques et commandants hautement qualifiés sont essentiels pour transformer la technologie en capacité militaire. Drones et intelligence artificielle Peu d’évolutions illustrent aussi clairement cette mutation technologique que l’essor de l’industrie des drones en Éthiopie. La création de SkyWin Aeronautics Industries a marqué une étape importante dans la production nationale de drones. Les drones allient l’aviation, l’électronique, les capteurs, les communications, les logiciels, le traitement des données et, de plus en plus, l’intelligence artificielle. En juin 2026, l’Administration de la sécurité des réseaux d’information et l’armée de l’air éthiopienne ont convenu de créer un Centre de technologie des drones dédié à la recherche, à l’innovation et au développement dans le domaine des systèmes aériens sans pilote. Cette initiative relie les besoins de la défense à la recherche, aux laboratoires, au développement des ressources humaines et au transfert de technologie, contribuant ainsi à créer une chaîne technologique nationale allant de la recherche et de l’ingénierie à la production et au déploiement. L’IA représente la prochaine étape de cette transformation. La coopération de l’ENDF avec l’Institut éthiopien d’intelligence artificielle vise à explorer les applications de l’IA dans les domaines de la logistique, de la formation, de la cybersécurité, des soins de santé militaires, des opérations aériennes et de la guerre électronique. Plus largement, cela signifie que la modernisation de la défense éthiopienne va au-delà du matériel pour s’orienter vers des technologies capables d’améliorer la manière dont les informations sont collectées, traitées et utilisées. Des capacités de quatrième génération, une ambition de cinquième génération Les ambitions de l’armée de l’air éthiopienne vont encore plus loin. En janvier 2026, le Premier ministre Abiy a déclaré que l’armée de l’air éthiopienne avait développé des capacités de combat de quatrième génération et s’était fixé pour objectif d’évoluer vers des capacités de cinquième génération d’ici 2030, parallèlement à des projets visant à doubler la capacité du pays en matière d’avions de combat. Il s’agit là d’objectifs officiels du gouvernement plutôt que de capacités déjà pleinement atteintes. Ils témoignent néanmoins de l’orientation de la planification militaire éthiopienne : maintenir les capacités de défense en phase avec des technologies en évolution rapide tout en continuant à investir dans l’expertise humaine nécessaire à leur exploitation. La transformation ne peut donc pas être mesurée uniquement à l’aune du nombre d’avions acquis, mais également à celle de la capacité du pays à exploiter, entretenir, moderniser et développer de plus en plus de systèmes sophistiqués. Terre, air et mer La transformation du secteur de la défense en Éthiopie comporte également une dimension maritime. Le pays a perdu son accès direct à la mer Rouge à la suite de l’indépendance de l’Érythrée, et la marine éthiopienne a par la suite été dissoute. Sa reconstruction s’inscrit désormais dans le cadre de l’évolution de l’architecture de sécurité nationale du pays. Le vice-amiral Kindu Gezu, commandant en chef de la marine éthiopienne, a mis en avant l’évolution du contexte sécuritaire en mer Rouge et dans le golfe d’Aden, notamment la piraterie, le trafic d’armes, la migration irrégulière, les réseaux insurgés et la concurrence géopolitique. Pour l’Éthiopie, la sécurité maritime a des implications qui vont au-delà des opérations navales. Les routes commerciales, les ports, l’approvisionnement énergétique, le transport maritime commercial et la sécurité régionale sont tous liés à l’environnement maritime au sens large. La marine ajoute ainsi une nouvelle dimension à la transformation de la défense, les capacités terrestres, aériennes, cybernétiques et maritimes s’intégrant de plus en plus dans une architecture de sécurité nationale unifiée. Renforcer l'autonomie stratégique Pris dans leur ensemble, ces développements révèlent l'orientation générale de la réforme de la défense en Éthiopie. Les Forces de défense nationales éthiopiennes (ENDF) font l’objet d’une réorganisation et d’une professionnalisation. Des forces spécialisées sont mises en place pour assurer une réponse rapide. L’armée de l’air renforce ses capacités numériques, de maintenance et d’ingénierie. Une production nationale de drones voit le jour. Les industries de défense produisent des munitions, des véhicules blindés et d’autres équipements militaires. L’intelligence artificielle fait l’objet d’études en vue d’applications dans le domaine de la défense, tandis que les universités et laboratoires militaires s’impliquent dans la recherche et le développement technologiques. La marine reconstitue ses capacités maritimes. Prises individuellement, chacune de ces initiatives représente une réforme militaire. Ensemble, elles témoignent d’un effort visant à instaurer une autonomie stratégique. Un pays ne peut garantir la pérennité de ses capacités de défense si chaque élément essentiel dépend de fournisseurs extérieurs. La production nationale n’élimine pas la nécessité d’une coopération internationale ou du recours à des technologies étrangères, mais elle peut renforcer la capacité de l’Éthiopie à maintenir ses capacités essentielles, à réagir aux situations d’urgence et à développer des technologies adaptées à ses propres besoins. C’est là l’enjeu plus large qui se dessine à travers la transformation du secteur de la défense en Éthiopie. L’objectif n’est pas simplement de posséder des armes modernes. Il s’agit de créer une institution de défense capable d’utiliser efficacement la technologie, d’assurer la maintenance de son matériel, de développer son propre savoir-faire technique et de réagir rapidement lorsque les intérêts nationaux sont menacés. L’histoire profonde s’écrit donc non seulement sur le terrain militaire, mais aussi dans les ateliers aéronautiques, les usines de drones, les usines de munitions, les laboratoires, les académies militaires et les instituts technologiques. Le soldat reste au cœur de cette évolution. Mais à ses côtés se trouve un réseau de plus en plus important de pilotes, d’ingénieurs, de scientifiques, de techniciens, de programmeurs, de chercheurs et de fabricants. Ensemble, ils incarnent une conception en pleine mutation de la puissance militaire. Pour l’Éthiopie, l’objectif qui se dessine est celui d’une force de défense dotée d’une structure professionnelle, prête à intervenir, dotée de capacités technologiques et de plus en plus autonome en matière de production. À une époque où la sécurité nationale est autant déterminée par la technologie que par les effectifs, la capacité à développer et à maintenir ces moyens pourrait devenir aussi importante que les armes elles-mêmes. La transformation de la défense éthiopienne ne consiste donc pas simplement à bâtir une armée plus forte. Il s’agit de jeter les fondements technologiques, industriels et humains qui permettront au pays de défendre sa souveraineté et ses intérêts nationaux avec davantage de confiance et de préparation.
Les Politiques Éthiopiennes en Matière d’E-Mobilité Inspirent l’Afrique
Sep 23, 2026 278
Addis Ababa le 23 septembre, 2026 (ENA) Selon Damilola Odunlade-Akeju, entrepreneur nigérian spécialisé dans la mobilité, les politiques de l’Éthiopie en matière de mobilité électrique incitent d’autres pays africains à revoir et à élaborer leurs propres cadres pour accélérer le développement des transports écologiques. Lors du Sommet nordique-africain sur les véhicules électriques qui s’est tenu en Éthiopie, M. Odunlade-Akeju, fondateur et PDG de DriveMe Mobility au Nigeria, a souligné que les villes et les pays africains s’inspirent de plus en plus de l’orientation politique de l’Éthiopie lorsqu’ils examinent les mesures visant à accélérer l’adoption de la mobilité électrique. L’expérience de l’Éthiopie démontre l’importance des politiques gouvernementales pour créer un environnement propice au développement des transports verts, d’autant plus que d’autres pays africains réfléchissent à la manière de structurer leur propre secteur de la mobilité électrique. « Les politiques gouvernementales seront le moteur de l’adoption et du développement de la mobilité électrique à travers l’Afrique », a déclaré M. Odunlade-Akeju, soulignant qu’une orientation politique claire est essentielle pour instaurer la confiance parmi les acteurs du secteur privé. La sécurité politique encourage les entreprises privées à investir dans la mobilité électrique en leur offrant un cadre plus clair pour le développement du marché et leur participation à long terme. L’expérience de l’Éthiopie est pertinente pour d’autres pays africains, car la politique gouvernementale doit s’accompagner de mesures favorisant la normalisation, garantissant ainsi que les différents acteurs puissent opérer au sein d’un système de mobilité électrique cohérent. Si la politique gouvernementale fournit le cadre, les initiatives du secteur privé contribuent tout autant au développement du secteur. La combinaison de l’orientation gouvernementale et de l’initiative du secteur privé est essentielle pour accélérer la transition, des politiques appropriées garantissant que ce secteur émergent se développe de manière coordonnée. Odunlade-Akeju a évoqué l’utilisation croissante des bus électriques à Addis-Abeba comme exemple de la manière dont la mobilité verte peut être intégrée aux transports publics. Les transports en commun peuvent contribuer à accroître l’adoption de la mobilité électrique. Après avoir observé les bus électriques d’Addis-Abeba, il a souligné que le développement des transports publics électriques apporte une dimension concrète à l’approche plus large de l’Éthiopie en matière de politique de mobilité électrique. Renforcer la compréhension et la sensibilisation aux transports verts, parallèlement à des politiques de soutien et à des solutions de transports en commun, peut aider les pays africains à faire progresser leur transition vers la mobilité électrique. Jan Tore Gjøby, fondateur norvégien et conseiller en mobilité électrique, a mis en avant l’expérience naissante de l’Éthiopie, affirmant que le pays devrait développer des solutions adaptées à ses besoins tout en tenant compte de leur pertinence pour l’ensemble du marché africain. M. Gjøby a souligné la nécessité de disposer de feuilles de route claires, d'exigences précises et de normes communes à mesure que l'Éthiopie développe la mobilité électrique. Selon lui, des systèmes coordonnés sont indispensables pour garantir que les véhicules électriques, les infrastructures de recharge et les réseaux électriques fonctionnent ensemble de manière efficace.
L'Éthiopie et la Corée du Sud étudient les possibilités de coopération dans les domaines de la logistique verte et de la mobilité intelligente
Aug 28, 2026 1525
Addis Ababa le 28 août, 2026 (ENA) L'Éthiopie et la Corée du Sud ont mené des discussions sur le renforcement de leur coopération bilatérale dans les secteurs de la logistique verte et de la mobilité intelligente. Le ministre d'État chargé des Transports et de la Logistique, Dhenge Boru, a reçu dans son bureau une délégation de chercheurs sud-coréens afin d'évoquer les possibilités de partenariat dans le domaine des systèmes de logistique et de mobilité intelligents. Cette réunion de consultation a porté principalement sur le « projet d’aide publique au développement (APD) relatif au programme de transition vers une logistique verte d’Ethiopost ». Le responsable du groupe de recherche, Yang Ho Lee, a déclaré que la logistique verte et la mobilité figuraient parmi les principaux domaines d’investissement de la Corée du Sud en Éthiopie. M. Dhenge a souligné que la mise en œuvre du projet avançait sans encombre et s’inscrivait dans la feuille de route stratégique du secteur des transports et de la logistique. Selon une publication du ministère sur les réseaux sociaux, M. Dhenge a souligné que, ce projet s’inscrivant directement dans la ligne de la politique gouvernementale et des objectifs de développement, l’administration s’engage pleinement à apporter tout le soutien nécessaire. Il a également insisté sur le fait que l’intégration des technologies modernes dans les opérations est essentielle pour améliorer l’efficacité et la performance globale des services logistiques. Le ministère a en outre déclaré que la vaste expérience pratique et les capacités technologiques de pointe de la Corée du Sud apporteraient des avantages significatifs à l’Éthiopie. De son côté, Yang Ho Lee a déclaré que les progrès notables réalisés par l’Éthiopie en matière de transport écologique et de protection de l’environnement constituaient un facteur majeur de l’intérêt de la Corée du Sud pour les investissements dans ce pays. Selon la publication du ministère sur les réseaux sociaux, les deux parties ont conclu leur rencontre en explorant les moyens de renforcer la coopération bilatérale par le biais d’échanges de connaissances et d’une collaboration entre experts dans les domaines de la logistique verte, de la mobilité intelligente et de l’application des technologies modernes.
L'Éthiopie met en avant la transformation numérique lors de la 7e réunion du groupe de travail des BRICS sur les TIC en Inde
Aug 20, 2026 1333
Addis Ababa le 20 août, 2026 (ENA) L'Éthiopie a présenté son programme de transformation numérique et l'architecture stratégique « Digital Ethiopia 2030 » lors de la 7e réunion du groupe de travail des BRICS sur les technologies de l'information et de la communication (TIC), qui s'est tenue à Pune, en Inde. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, l'ambassade d'Éthiopie à New Delhi a indiqué que la délégation éthiopienne avait présenté les efforts déployés par le pays pour développer les services numériques, tirer parti de la technologie afin de moderniser la prestation des services publics et soutenir la croissance économique. Soulignant l’importance de renforcer la coopération en matière de TIC entre les pays du BRICS, la délégation a présenté des solutions numériques clés, notamment Fayda Digital ID et MESOB, une plateforme de services numériques à guichet unique conçue pour fournir des services publics selon une approche de « guichet unique ». Ces initiatives ont été présentées dans le cadre des efforts plus larges déployés par l’Éthiopie pour mettre en place un écosystème numérique intégré, améliorer l’accès aux services publics et promouvoir un développement économique fondé sur l’innovation. La réunion, organisée sous le thème de la présidence indienne du BRICS, « Construire pour la résilience, l’innovation, la coopération et la durabilité », a rassemblé des représentants des pays membres pour des discussions stratégiques sur la coopération en matière de TIC et les technologies numériques émergentes. La participation de l'Éthiopie a mis en évidence son engagement à renforcer la coopération numérique avec les pays du BRICS, à partager ses expériences et à promouvoir une transformation numérique inclusive et durable.
Sport
Tournoi de football diplomatique : les participants saluent le patrimoine et l’accueil éthiopiens
Jun 14, 2026 14633
Addis-Abeba, le 14 juin 2026 (ENA) : - Les participants à un tournoi diplomatique de football organisé à Addis-Abeba ont exprimé leur admiration pour la richesse culturelle, l’héritage historique et l’accueil chaleureux de l’Éthiopie. Organisé dans le cadre des préparatifs de la Coupe du monde 2026, le tournoi a rassemblé des équipes diplomatiques et plusieurs invités, qui ont ensuite effectué une visite de certains des principaux sites culturels et historiques de la capitale. La délégation s’est rendue au Musée national d’Éthiopie, au Mémorial de la Victoire d’Adoua ainsi qu’au Parc des sports d’Addis-Abeba, offrant à de nombreux visiteurs une meilleure compréhension de l’histoire et des progrès actuels du pays. Plusieurs participants ont indiqué que cette expérience avait profondément modifié leur perception de l’Éthiopie. Gordon Johnson, l’un des participants, a exprimé son enthousiasme face à ce qu’il a découvert durant sa visite. « Les habitants sont extrêmement accueillants et chaleureux. J’apprécie énormément leur culture », a-t-il déclaré. Il a ajouté : « Nous avons visité le musée, où le guide nous a présenté des fossiles d’hominidés découverts dans les années 1960, 1970 et 1990, remontant à plusieurs millions d’années. » Selon Johnson, cette expérience met en évidence l’importance historique exceptionnelle de l’Éthiopie, au-delà des perceptions contemporaines. Loïc Kovamo, une touriste venue du Cameroun, a également indiqué que cette visite avait bouleversé les idées qu’elle se faisait auparavant du pays. « Je suis impressionnée, car je n’imaginais pas l’Éthiopie sous cet angle. C’est un pays très développé et les Éthiopiens sont profondément fiers de leur identité », a-t-elle déclaré, ajoutant : « Je repars avec une immense fierté africaine après avoir découvert l’extraordinaire courage du peuple éthiopien. » Mark Hayes, un autre visiteur, a affirmé que sa vision du pays avait évolué dès son arrivée à Addis-Abeba. « Nous avons souvent des idées préconçues avant de venir, mais la réalité est tout autre. C’est un pays remarquable », a-t-il déclaré, ajoutant : « Nous retournons désormais chez nous pour raconter combien l’Éthiopie est exceptionnelle. Je suis fier d’en faire la promotion. » Il a également indiqué qu’il prévoyait de partager son expérience au Royaume-Uni, précisant qu’il « raconterait à ses compatriotes anglais ce qu’il a découvert à Addis-Abeba ». Joseph Kirule, employé de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à Addis-Abeba, a pour sa part souligné l’importance des sites historiques visités. « Aujourd’hui, nous avons découvert plusieurs étapes majeures de la civilisation humaine qui ont pris naissance ici », a-t-il déclaré, ajoutant : « Nous avons notamment appris l’histoire de la victoire d’Adoua. C’est un événement majeur qui renforce notre fierté et notre prestige en tant qu’Africains. »
« Après des décennies d'expansion et de succès, Ethiopian Airlines s'impose comme la première compagnie aérienne d'Afrique », déclare son PDG
May 17, 2026 15359
Addis Ababa le 17 mai,2026 (ENA) Ethiopian Airlines a consolidé sa position de première compagnie aérienne d’Afrique après des années de croissance soutenue et de succès opérationnel, a déclaré dimanche Mesfin Tasew, PDG du groupe. Ces propos ont été tenus lors d'une course de 8 kilomètres organisée dans le cadre des célébrations marquant le 80e anniversaire de la compagnie. S'exprimant lors de l'événement, le PDG Mesfin est revenu sur les modestes débuts de la compagnie en 1946, lorsqu'elle a démarré ses activités avec une petite flotte d'avions seulement. Depuis lors, a-t-il déclaré, la compagnie aérienne s'est considérablement développée et exploite aujourd'hui l'une des flottes les plus modernes du continent, comprenant des appareils de pointe de Boeing et d'Airbus. Selon M. Tasew, la compagnie dessert actuellement plus de 145 destinations internationales à travers le monde et a connu une forte croissance dans de nombreux secteurs, notamment le transport de fret, la formation aéronautique dispensée par l’Ethiopian Aviation Academy et d’autres services liés à l’aviation. Il a ajouté que la solidité opérationnelle de la compagnie et ses investissements stratégiques à long terme ont contribué à en faire l’un des transporteurs les plus prisés d’Afrique et un acteur majeur de l’industrie aéronautique mondiale. Dans le cadre de la commémoration de ses huit décennies d'activité, Ethiopian Airlines organise une série d'événements festifs, notamment une course urbaine, des tables rondes, des expositions et des programmes de sensibilisation communautaire. La course anniversaire a attiré des personnalités de haut rang, dont Sileshi Sihine, président de la Fédération éthiopienne d'athlétisme, ainsi que des dirigeants de la compagnie aérienne et des invités. La course a débuté sur la place Pouchkine, communément appelée Sar Bet, et devait s'achever à l'aéroport international de Bole. Des athlètes, des employés de compagnies aériennes, des membres de la communauté sportive et des représentants de diverses institutions participent à cet événement.
L’Éthiopienne Tigst Assefa défend avec succès son titre au marathon de Londres et établit un nouveau record.
Apr 26, 2026 14424
Addis-Abeba, le 26 avril 2026 (ENA) : - L’Éthiopienne Tigst Assefa a une nouvelle fois brillé en remportant la 46e édition du marathon de Londres, confirmant son statut de championne dans l’une des épreuves les plus prestigieuses du circuit mondial. Vice-championne olympique à Paris, elle a bouclé la course en 2 h 15 min 41 s, s’offrant ainsi une deuxième victoire consécutive dans la capitale britannique. Cette performance exceptionnelle s’accompagne d’un nouveau record du monde féminin, consolidant davantage sa position parmi les meilleures marathoniennes de l’histoire. La Kényane Hellen Obiri a décroché la deuxième place après une fin de course remarquable, tandis que Joyciline Jepkosgei a complété le podium, offrant un triplé africain. Ce résultat met une fois de plus en évidence la suprématie des coureuses éthiopiennes et kényanes sur la scène internationale, la prestation d’Assefa s’imposant comme l’un des faits marquants de la saison.
L’industrie manufacturière occupe une place stratégique dans les efforts de consolidation de l’économie éthiopienne : Ministre Melaku Alebel.
Apr 26, 2026 12758
Addis-Abeba, le 26 avril 2026 (ENA) : - Le ministre de l’Industrie, Melaku Alebel, a affirmé que le gouvernement met l’accent sur le développement du secteur manufacturier pour renforcer les fondements économiques de l’Éthiopie. S’exprimant à l’occasion de la course urbaine de 10 kilomètres « Ethiopia Tamrit », organisée sur la place Meskel, le ministre a réaffirmé l’engagement du gouvernement à renforcer les capacités industrielles et à valoriser les produits fabriqués localement. L’événement a réuni plusieurs hauts responsables, parmi lesquels la ministre de la Culture et des Sports, Shewit Shanka, l’adjoint au maire d’Addis-Abeba, Jantrar Abay, ainsi que le président de la Fédération éthiopienne d’athlétisme, Sileshi Sihine. Le ministre Melaku a expliqué que cette initiative visait à promouvoir les équipements sportifs produits dans le pays et à mettre en lumière les avancées des industries engagées dans la substitution aux importations. « Le gouvernement accorde une priorité claire à l’industrie manufacturière pour asseoir une base économique solide », a-t-il déclaré, soulignant que les réformes entreprises ces dernières années commencent à produire des résultats concrets. Il a également indiqué que la dynamique du secteur s’est intensifiée depuis le lancement de l’initiative « Ethiopia Tamrit », avec des progrès notables tant en termes de qualité que de volume de la production nationale. Selon lui, l’adoption des produits locaux s’inscrit dans une tendance croissante, plusieurs biens auparavant importés étant désormais fabriqués en Éthiopie. Il a assuré que les efforts se poursuivraient afin de renforcer la contribution du secteur à l’économie nationale et d’accélérer la transformation industrielle. De son côté, la ministre Shewit Shanka a mis en avant les investissements réalisés dans le domaine sportif, estimant que le développement des infrastructures crée de nouvelles opportunités pour la participation et l’épanouissement des jeunes. Elle a souligné que la synergie entre le sport et l’industrie favorise le remplacement des équipements importés par des produits locaux, précisant que les tenues utilisées lors de la course avaient été entièrement fabriquées en Éthiopie, illustrant ainsi le renforcement de cette coopération. Enfin, le maire adjoint, Jantrar Abay, a salué les progrès significatifs enregistrés dans le secteur industriel d’Addis-Abeba, notant que les réformes ont accru les capacités de production et consolidé le rôle de la capitale dans la mise en œuvre du programme national de fabrication.
Environnement
Les énergies renouvelables et la transition vers les véhicules électriques en Éthiopie suscitent l’intérêt des investisseurs Nordiques
Sep 22, 2026 497
Addis Ababa le 22 septembre, 2026 (ENA) Les vastes ressources de l’Éthiopie en énergies renouvelables et sa transition rapide vers la mobilité électrique suscitent un intérêt croissant auprès des investisseurs et des entreprises technologiques nordiques, selon des acteurs du secteur. Cette déclaration a été faite en marge du Nordic Africa EV Summit, organisé en Éthiopie du 14 au 16 septembre, qui a réuni des acteurs régionaux et internationaux pour échanger sur la mobilité électrique, les infrastructures de recharge et les opportunités d’investissement. Hosaena A. Samuel, PDG et cofondatrice d’Easy Power, entreprise norvégienne et premier opérateur privé de recharge de véhicules électriques en Éthiopie, a indiqué que les investisseurs nordiques s’intéressent particulièrement à l’essor de l’adoption des véhicules électriques dans le pays ainsi qu’à son important potentiel en matière d’énergie propre. Selon Hosaena, plus de 20 institutions financières nordiques ont échangé avec des responsables éthiopiens et des acteurs du secteur lors du sommet afin d’examiner les possibilités d’investissement dans la fiabilité du réseau électrique et les infrastructures de recharge pour véhicules électriques. Cet intérêt concerne également les technologies et l’expertise technique nordiques, qui pourraient contribuer à la mise en place de réseaux de recharge plus résilients. Elle a souligné que les partenaires nordiques avaient été particulièrement impressionnés par la décision politique ambitieuse de l’Éthiopie de progressivement abandonner les véhicules à moteur thermique au profit de la mobilité électrique, une transition soutenue par l’abondance de ses ressources renouvelables. Les pays nordiques disposent d’une vaste expérience dans le développement des infrastructures de recharge pour véhicules électriques et de systèmes électriques fiables, a-t-elle expliqué, ajoutant que cette expertise pourrait offrir des enseignements précieux à l’Éthiopie alors qu’elle poursuit l’expansion de son réseau national de recharge. Hosaena a également cité le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD) et les grands projets éoliens parmi les principaux facteurs suscitant l’intérêt des investisseurs nordiques. Au-delà des infrastructures, elle a souligné que l’expansion du marché éthiopien des véhicules électriques offre d’importantes possibilités de transfert de technologies et d’investissements bilatéraux. Abondant dans le même sens, Kumeel Alsmail, responsable des solutions industrielles de Nokia pour le Moyen-Orient et l’Afrique, a indiqué que le développement de l’écosystème des véhicules électriques en Afrique ouvrira de nouvelles perspectives de coopération numérique et technologique entre les pays africains et les entreprises nordiques. S’exprimant à l’ENA en marge de l’événement, Alsmail a souligné que la connectivité fiable sera essentielle au fonctionnement des réseaux de recharge des véhicules électriques, notamment alors que les pays s’efforcent de mettre en place des corridors régionaux de mobilité électrique. Il a notamment évoqué les corridors potentiels reliant l’Éthiopie, Djibouti et le Kenya, estimant que ces axes pourraient desservir aussi bien les véhicules de transport de passagers que les véhicules électriques lourds. Alsmail a indiqué que Nokia entrevoit d’importantes possibilités de fournir des solutions de connectivité numérique destinées aux réseaux de recharge, tout en soulignant que l’augmentation de la capacité de production d’énergie renouvelable de l’Éthiopie doit s’accompagner de systèmes robustes de transport et de distribution d’électricité. Le sommet a ainsi mis en évidence l’interconnexion entre les énergies renouvelables, la mobilité électrique, la connectivité numérique et les infrastructures. Les participants ont souligné que les partenariats technologiques transfrontaliers et les investissements privés seront essentiels pour accélérer la transition de l’Afrique vers une énergie propre.
El Niño : Mohamed Ware souligne l’importance d’investir dans l’action anticipée
Sep 22, 2026 291
Addis Ababa le 22 septembre, 2026 (ENA) Le Secrétaire exécutif adjoint de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), Mohamed Ware, a souligné l’importance d’investir dans l’action anticipée afin de limiter les pertes humaines, économiques et environnementales liées aux impacts attendus du phénomène El Niño dans la Corne de l’Afrique. S’exprimant en marge du Forum régional de haut niveau de l’IGAD sur la préparation à El Niño dans la Corne de l’Afrique, M. Ware a indiqué que les pays de la région disposent aujourd’hui de données scientifiques, de modèles climatiques et de prévisions permettant de prendre des mesures avant que les conséquences du phénomène ne se manifestent pleinement. « Nous avons l’information, la science et les données », a-t-il déclaré, soulignant que la question n’est désormais plus de savoir si les impacts se produiront, mais plutôt de déterminer « ce que nous faisons maintenant ». Selon lui, le phénomène El Niño pourrait avoir des répercussions importantes sur l’agriculture, l’élevage, les infrastructures, les moyens de subsistance, l’approvisionnement alimentaire urbain et la santé, tout en aggravant les déplacements de populations et certaines tensions au sein des communautés. M. Ware a rappelé que la région avait déjà enregistré d’importantes pertes humaines et économiques lors de précédents épisodes d’El Niño, insistant sur la nécessité de tirer les leçons de ces expériences pour renforcer la préparation. Le Secrétaire exécutif adjoint de l’IGAD a particulièrement insisté sur la rentabilité de l’action anticipée, soulignant que les investissements réalisés avant une catastrophe peuvent permettre de réduire considérablement les coûts des interventions et de la reconstruction. Selon les chiffres présentés lors du forum, chaque dollar investi dans l’anticipation permettrait d’éviter entre quatre et six dollars de pertes évitables. « Ces activités auront besoin de financement », a-t-il affirmé, appelant les partenaires au développement, mais aussi les ministères des Finances des États membres, à travailler étroitement avec les institutions chargées de la gestion des risques de catastrophe. Il a souligné la nécessité de rendre disponibles des ressources nationales afin de permettre aux mesures anticipatoires d’avoir un impact concret sur les populations exposées. Abordant les initiatives environnementales entreprises par les États membres, M. Ware a particulièrement salué les efforts de l’Éthiopie en matière de restauration des terres dégradées, de protection des bassins versants, de plantation d’arbres comme « l’Initiative héritage du vert » et de collecte des eaux. « Les mesures prises par le gouvernement éthiopien dans cette initiative sont très encourageantes », a-t-il déclaré. Selon lui, ces initiatives contribuent non seulement à prévenir certains risques à court terme, mais également à renforcer la santé environnementale et les moyens de subsistance des communautés à long terme. La restauration des terres et la protection des bassins versants peuvent notamment contribuer à préserver les ressources en eau et les terres productives, à réduire les risques de glissements de terrain et à limiter les déplacements de populations liés à la dégradation environnementale, a-t-il expliqué. M. Ware a également souligné le rôle de l’IGAD dans le partage des connaissances et des expériences entre ses États membres, afin de permettre la reproduction et la mise à l’échelle des initiatives ayant démontré leur efficacité. Le responsable de l’IGAD a ainsi appelé à une mobilisation coordonnée des ressources, des connaissances scientifiques et des expériences nationales afin de transformer les prévisions climatiques en mesures concrètes de protection des populations et des moyens de subsistance face aux risques liés à El Niño.
Le président Taye appelle à une transition mondiale de la production d'énergie renouvelable vers la distribution d'électricité
Sep 21, 2026 532
Addis Ababa le 21 septembre, 2026 (ENA) Le président éthiopien Taye Atske Selassie a appelé à un changement radical dans la stratégie mondiale en matière d’énergies renouvelables : il ne s’agit plus de se contenter d’augmenter la production d’électricité, mais de mettre en place les réseaux, les systèmes de stockage, les mécanismes de financement et les systèmes productifs nécessaires pour transformer l’électricité propre en moteur de transformation économique. S’exprimant lors du dialogue de haut niveau « Delivering Electrify Now » organisé dans le cadre du Sommet mondial sur les énergies renouvelables à New York, le président Taye a déclaré que les pays dotés de ressources renouvelables abondantes avaient besoin d’un soutien international accru pour convertir leur potentiel énergétique en un accès fiable à l’électricité, en croissance industrielle et en prospérité inclusive. « Une production d’électricité dépourvue de réseaux, de systèmes de stockage et d’une capacité de distribution solide ne peut pas être le moteur d’une transformation économique », a déclaré le président, soulignant que les financements internationaux doivent soutenir l’ensemble de la chaîne de valeur de l’électricité — de la production et du transport à la distribution, en passant par le stockage et les raccordements du dernier kilomètre. Le Sommet mondial sur les énergies renouvelables, qui se tient pendant la Semaine du climat de New York en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, rassemble des dirigeants politiques, des entreprises, des investisseurs et des institutions internationales afin d’accélérer l’électrification à partir d’énergies renouvelables et de s’attaquer aux obstacles liés aux infrastructures et aux investissements qui ralentissent la transition énergétique. Le président Taye a déclaré que l’Éthiopie apportait un potentiel considérable en matière d’énergies renouvelables au débat mondial, plus de 95 % de sa capacité de production installée provenant de sources renouvelables. Il a mis en avant le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD) et d’autres investissements dans les énergies renouvelables comme des piliers essentiels pour élargir l’accès à l’électricité et alimenter l’industrialisation du pays. Il a défini trois priorités interdépendantes pour l’Éthiopie : développer et diversifier la production d’énergie renouvelable, avec une capacité installée devant atteindre 14 000 MW d’ici 2030 et les énergies renouvelables non hydrauliques représentant au moins 15 % ; utiliser une électricité propre et abordable pour renforcer la compétitivité industrielle, notamment par le biais de parcs industriels ; et mener des réformes macroéconomiques et du secteur énergétique afin d’attirer davantage d’investissements privés, notamment en renforçant la participation du secteur privé dans le transport et la distribution. Le président a toutefois souligné que le financement restait le maillon essentiel entre le potentiel des énergies renouvelables et le développement effectif. Il a appelé à la mise en place de projets plus bancables, soutenus par des ressources publiques et des partenaires internationaux, notamment la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et l’Union européenne par le biais de l’initiative « Global Gateway ». Selon lui, une attention particulière devrait être accordée aux infrastructures de transport, aux sous-stations, au renforcement du réseau, au remplacement des câbles et aux raccordements du dernier kilomètre. Le président Taye a cité l’expérience de l’Éthiopie, qui a financé le GERD grâce à des ressources nationales et à une large mobilisation populaire, comme exemple de l’importance de l’appropriation et de l’engagement nationaux. Dans le même temps, il a souligné que la coopération financière internationale restait essentielle pour les pays en développement qui cherchent à mettre en place des réseaux électriques modernes, fiables et interconnectés. Il a salué le soutien international apporté au secteur électrique éthiopien, notamment le programme RISED de l’Union européenne, ainsi que l’aide de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement pour la modernisation, la réhabilitation et la numérisation des infrastructures électriques. Le président a également averti que la transition énergétique mondiale ne pourrait pas tenir pleinement ses promesses si les investissements dans les énergies renouvelables restaient concentrés dans un nombre limité de régions riches. Pour les pays en développement, a-t-il déclaré, l’ambition doit aller au-delà de la simple production d’énergie renouvelable : du potentiel énergétique à l’accès à l’électricité, de l’accès à l’utilisation productive, et de l’utilisation productive à l’industrialisation et à la création d’emplois. Alors que l'Éthiopie se prépare à accueillir la COP32 à Addis-Abeba en 2027, le président Taye a déclaré que son pays s'efforcerait de veiller à ce que les engagements mondiaux en matière de climat et d'énergies renouvelables se traduisent par des mesures concrètes à travers toute l'Afrique. Son message intervient alors que l'agenda international en matière d'énergies renouvelables met de plus en plus l'accent non seulement sur l'augmentation de la production, mais aussi sur le développement des réseaux, du stockage et de l'électrification afin de rendre l'énergie propre accessible à l'ensemble des économies.
Les défis liés au phénomène El Niño prévu pour 2026 exigent une solidarité régionale : le commissaire adjoint
Sep 18, 2026 558
Addis Ababa le 18 septembre, 2026 (ENA) Les répercussions potentielles du phénomène El Niño en 2026 exigent un leadership politique, une appropriation nationale et une solidarité régionale, a souligné Aydrus Hassan, commissaire adjoint chargé de la gestion des risques de catastrophe en Éthiopie. Il a ajouté que cela nécessitait également un financement en temps opportun et une action précoce allant au-delà de la préparation technique. Dans son discours d’ouverture du Forum régional de haut niveau de l’IGAD sur la préparation au phénomène El Niño dans la Corne de l’Afrique, le commissaire adjoint a déclaré que l’Éthiopie renforçait son système de gestion des risques de catastrophe afin de le rendre plus polyvalent face aux risques, axé sur les impacts, anticipatif et multisectoriel. Ce système associe la surveillance, les prévisions, l’évaluation des impacts, l’alerte précoce, la préparation, les mesures anticipatives et l’intervention, a ajouté Aydrus. Il a par ailleurs indiqué que l’Éthiopie renforce son autonomie nationale, notamment grâce à son Fonds de réponse aux risques de catastrophe, qui fournit un financement prévisible pour la préparation aux catastrophes, l’alerte précoce, les mesures anticipatives, l’intervention et le renforcement de la résilience. Au niveau régional, l’IGAD et l’ICPAC s’efforcent de renforcer le partage transfrontalier d’informations, l’analyse conjointe des risques, l’interopérabilité des systèmes d’alerte précoce et la coordination des mesures préventives. Ces efforts sont essentiels compte tenu des risques pesant sur les bassins fluviaux partagés, les couloirs de transhumance, les marchés et les mouvements de population. M. Aydrus a exhorté les États membres de l’IGAD à veiller à ce que des financements soient disponibles avant que les catastrophes ne surviennent et à traduire l’appel à l’action régional de haut niveau en engagements concrets. Il a ajouté que l’aide internationale devait venir en complément du leadership national plutôt que de s’y substituer. Le commissaire adjoint a en outre souligné la nécessité de relier les prévisions, les seuils de déclenchement, le financement et l’action afin de protéger les vies, les moyens de subsistance et les acquis en matière de développement. Ce forum a réuni les États membres de l’IGAD et leurs partenaires afin de renforcer la préparation régionale et l’action précoce. L’Organisation météorologique mondiale prévoit que le phénomène El Niño de 2026 sera très intense, voire historique, avec un pic à la fin de l’année et des répercussions s’étendant jusqu’en 2027.
Article vedette
L'élan diplomatique de l'Éthiopie : d'un poids régional à une influence mondiale
Sep 27, 2026 264
Par la redaction Le 27 septembre, 2026 (ENA) La diplomatie éthiopienne entre dans une nouvelle ère : moins cantonnée aux relations politiques traditionnelles, elle est de plus en plus guidée par les intérêts économiques, les partenariats stratégiques et une présence mondiale plus étendue. Au cours des huit dernières années, l’Éthiopie a considérablement élargi les domaines dans lesquels elle interagit avec le monde. Du rôle d’Addis-Abeba en tant que capitale diplomatique de l’Afrique à son entrée au sein des BRICS, du processus de paix de Pretoria à la Déclaration d’Ankara, de la reprise des négociations à l’OMC à son siège au Conseil des droits de l’homme des Nations unies, l’Éthiopie a multiplié les plateformes par lesquelles elle cherche à influencer les affaires régionales et internationales. Il ne s’agit pas ici d’une avancée diplomatique ponctuelle, mais bien de l’élargissement de l’espace diplomatique de l’Éthiopie. D’Addis-Abeba aux BRICS L’un des symboles les plus évidents de cette expansion est l’adhésion de l’Éthiopie aux BRICS. Lors du sommet de Johannesburg en août 2023, les dirigeants des BRICS ont invité l’Éthiopie à devenir membre à part entière, son adhésion prenant effet le 1er janvier 2024. Pour Addis-Abeba, le BRICS a ouvert une nouvelle voie pour dialoguer avec les grandes économies émergentes et participer à des discussions portant sur la politique et la sécurité, la coopération économique et financière, ainsi que les relations entre les peuples. Plus important encore, cette initiative s’inscrit dans une stratégie diplomatique plus large : la diversification. L’Éthiopie s’est efforcée d’approfondir simultanément ses relations avec ses partenaires africains, les économies émergentes, les pays occidentaux, les États du Golfe et les puissances asiatiques, plutôt que de laisser son engagement international dépendre d’un cercle restreint de partenaires. Une diplomatie à vocation économique Le changement le plus important réside sans doute dans le poids croissant de la diplomatie économique. La politique étrangère est de plus en plus étroitement liée à l’investissement, au commerce, au tourisme, à la technologie, aux infrastructures et à l’accès aux marchés. Les missions diplomatiques sont censées non seulement représenter l’Éthiopie sur le plan politique, mais aussi contribuer à mettre le pays en relation avec les capitaux, les marchés et les opportunités commerciales. Cette évolution reflète la transformation économique de l’Éthiopie elle-même. Alors que le pays cherche à accroître ses capacités d’exportation, à attirer des investissements et à développer son industrie, la diplomatie devient de plus en plus un instrument économique. L’ambassade n’est plus seulement un pont politique ; elle fait de plus en plus partie intégrante du pont économique. La diplomatie régionale sous la pression stratégique La situation géographique de l’Éthiopie rend la diplomatie régionale incontournable. Le pays se trouve au carrefour de la Corne de l’Afrique, du bassin du Nil et de la mer Rouge, où se croisent les enjeux liés à la sécurité, au commerce, aux migrations, aux infrastructures et aux intérêts politiques. La Déclaration d’Ankara signée avec la Somalie en décembre 2024 a démontré le rôle du dialogue dans le règlement des questions régionales épineuses. L’Éthiopie et la Somalie ont réaffirmé leur respect mutuel de la souveraineté, de l’unité, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de chacune et ont convenu de poursuivre leur coopération en vue d’une prospérité partagée. L’importance de cette déclaration va bien au-delà d’un simple texte. Elle illustre la volonté de l’Éthiopie de maintenir les questions régionales litigieuses dans le cadre des voies diplomatiques tout en poursuivant ses intérêts stratégiques et économiques. De la gestion des conflits à la diplomatie africaine Pretoria a placé l’Éthiopie au cœur de l’une des initiatives de paix les plus importantes du continent africain. Mais même sous l’œil vigilant des médiateurs africains et internationaux, le TPLF a été critiqué à plusieurs reprises pour des actions qui menaçaient de compromettre les engagements pris dans le cadre de l’accord, mettant ainsi en évidence le chemin semé d’embûches qui mène d’un accord de paix signé à une stabilité durable. La leçon générale à en tirer est que le poids diplomatique de l’Éthiopie ne découle pas uniquement de sa taille ou de sa position géographique. Il provient également de son rôle au sein des institutions continentales. Addis-Abeba accueille le siège de l’Union africaine, ce qui fait de la ville un lieu de rencontre permanent pour les dirigeants africains, les diplomates et les organisations internationales. Cette position institutionnelle offre à l’Éthiopie une tribune unique à partir de laquelle elle peut participer aux débats sur la paix, la sécurité, le développement et l’intégration continentale. Une place sur la scène internationale L’élection de l’Éthiopie au Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour le mandat 2025-2027 a encore renforcé sa présence multilatérale. L’Assemblée générale des Nations unies a élu l’Éthiopie parmi les 18 membres le 9 octobre 2024 ; le Conseil est composé de 47 États. Ces mandats offrent à l’Éthiopie des opportunités supplémentaires de participer directement à l’élaboration des politiques internationales et à la diplomatie multilatérale. L’importance de cette élection n’est donc pas simplement symbolique. Cette représentation crée un nouveau canal diplomatique par lequel l’Éthiopie peut faire valoir ses positions, négocier ses intérêts et contribuer à orienter les débats internationaux. Les portes de l’OMC s’ouvrent davantage Le processus d’adhésion de l’Éthiopie à l’OMC, qui s’étire depuis longtemps, a lui aussi retrouvé un nouvel élan. L’OMC a déclaré en septembre 2025 que le processus était entré dans une « phase décisive ». En avril 2026, l’organisation a indiqué que les négociations avaient atteint un « tournant décisif », l’Éthiopie faisant état de nouvelles réformes nationales et d’un engagement continu auprès des membres de l’OMC. Ce processus d’adhésion revêt une importance particulière, car il relie directement la diplomatie à la structure de l’économie éthiopienne. L’adhésion au système commercial multilatéral permettrait à l’Éthiopie de s’ancrer davantage dans les marchés mondiaux, tout en exigeant la poursuite des réformes des institutions et des réglementations liées au commerce. En ce sens, la diplomatie à l’OMC ne se limite pas à Genève : il s’agit de transformer la manière dont l’Éthiopie commerce avec le reste du monde. La mer Rouge entre dans l’équation diplomatique Peu de questions illustrent aussi clairement l’évolution de la diplomatie éthiopienne que celle de la mer Rouge. Pour un pays enclavé dont l’économie dépend fortement du commerce maritime, les développements autour de la mer Rouge et de Bab el-Mandeb ont des conséquences économiques et stratégiques directes. La connectivité maritime occupe donc désormais une place plus importante dans l’agenda diplomatique de l’Éthiopie. Cette question recoupe le commerce, la logistique, la sécurité régionale et l’intégration économique, ce qui amène l’Éthiopie à prendre part à des discussions qui s’étendent bien au-delà de ses frontières. La question de la mer Rouge illustre donc la caractéristique centrale de la diplomatie éthiopienne en pleine évolution : les intérêts économiques nationaux et la stratégie régionale sont de plus en plus étroitement liés. Un cercle de partenaires élargi Les relations de l’Éthiopie avec la Chine, l’Inde, la Russie, les États-Unis, les pays européens et les États du Golfe se sont développées parallèlement à ses relations avec ses voisins africains et à sa participation au groupe des BRICS. L’objectif n’est pas nécessairement de choisir un camp géopolitique. Il s’agit d’élargir la marge de manœuvre de l’Éthiopie en matière d’engagement diplomatique et économique. Ce réseau élargi offre à Addis-Abeba davantage de voies de coopération dans les domaines de l’investissement, des infrastructures, du commerce, de la technologie, de la sécurité et du développement. Il en résulte une politique étrangère de plus en plus articulée autour de partenariats multiples plutôt que d’un axe diplomatique unique. Le véritable défi commence maintenant Pour autant, l’expansion diplomatique n’est pas une fin en soi. Les années à venir détermineront si l’Éthiopie sera capable de transformer son rayonnement diplomatique en opportunités économiques concrètes, en une meilleure connectivité régionale, en un accroissement des investissements, en un renforcement des échanges commerciaux et en des partenariats durables. Les adhésions, les déclarations, les élections et les sommets créent des plateformes. Ce qui importe désormais, c’est ce que l’Éthiopie saura construire à partir de ces plateformes. Les huit dernières années ont néanmoins été marquées par une expansion notable de la portée diplomatique de l’Éthiopie. Le groupe des BRICS a ouvert une nouvelle plateforme mondiale. Le Conseil des droits de l’homme a renforcé sa présence multilatérale. Pretoria a démontré le potentiel d’une diplomatie menée par l’Afrique. Ankara a créé un cadre pour un engagement renouvelé avec la Somalie. Les négociations au sein de l’OMC ont pris un nouvel élan. La diplomatie économique occupe une place de plus en plus centrale dans la politique étrangère, tandis que la mer Rouge s’est imposée comme une priorité stratégique. Par conséquent, ces évolutions laissent entrevoir une transformation plus large. L’Éthiopie ne considère plus la diplomatie simplement comme un moyen d’entretenir des relations. Elle y recourt de plus en plus pour conquérir des marchés, nouer des partenariats, développer la connectivité, assurer la sécurité et favoriser le développement national. Du siège de l’Union africaine à Addis-Abeba à la table des BRICS, des initiatives de paix régionales aux négociations commerciales mondiales, la carte diplomatique de l’Éthiopie s’est considérablement élargie. Le prochain chapitre ne sera pas défini par le nombre de portes que l’Éthiopie aura ouvertes, mais par son efficacité à transformer ces ouvertures en acquis nationaux et régionaux durables.
L'Éthiopie et la mer Rouge : le retour inévitable à un lien historique
Sep 27, 2026 236
Par Neway Abay S. L'Éthiopie n'a jamais vraiment été étrangère à la mer Rouge. Bien avant que les frontières modernes ne redessinent la carte de la Corne de l'Afrique, la civilisation éthiopienne était liée à la mer Rouge par le commerce, la diplomatie et des voies d'accès côtières reliant les hauts plateaux à l'Arabie, à la Méditerranée et au vaste monde de l'océan Indien. Ce lien historique a finalement été rompu. Mais la géographie, elle, ne l'était pas. L'Éthiopie compte aujourd'hui plus de 130 millions d'habitants, figure parmi les plus grandes économies d'Afrique et constitue un pôle économique majeur de la Corne de l'Afrique ; pourtant, elle demeure sans accès à la mer. Depuis des décennies, son commerce international dépend fortement des ports voisins, notamment de Djibouti. La Banque mondiale continue de considérer Djibouti comme la principale porte d'entrée maritime de l'Éthiopie, tandis que des évaluations récentes soulignent comment les perturbations sur ce corridor peuvent se traduire directement par une hausse des coûts logistiques et des pressions économiques en Éthiopie. Cette réalité a transformé l'accès maritime d'une question historique en un enjeu économique, sécuritaire et stratégique contemporain. On ne peut pas négocier la géographie. La perte par l'Éthiopie d'un accès direct à la mer n'a pas effacé sa position géographique. Le pays demeure au cœur de la Corne de l'Afrique, jouxtant l'une des régions maritimes les plus importantes au monde. La mer Rouge, le golfe d'Aden et le détroit de Bab el-Mandeb relient l'Afrique au Moyen-Orient, à l'Asie et à l'Europe, et toute perturbation à cet endroit peut avoir des répercussions sur le commerce mondial, les marchés de l'énergie et les chaînes d'approvisionnement. Pour l'Éthiopie, les conséquences sont particulièrement directes. Une économie enclavée de cette envergure ne peut considérer la connectivité maritime comme une préoccupation secondaire. Chaque conteneur entrant ou sortant du pays dépend en fin de compte d'un corridor reliant l'intérieur du pays à la côte. Le système actuel a certes permis de tisser des liens économiques importants avec Djibouti, mais il a également mis en lumière la vulnérabilité structurelle d'une dépendance quasi-totale à un seul point d'accès maritime. Le corridor Addis-Djibouti demeure essentiel au commerce éthiopien, tandis que la Banque mondiale souligne que les perturbations et les inefficacités tout au long de la chaîne logistique peuvent impacter les entreprises et les consommateurs. La question n'est donc plus de savoir si l'Éthiopie s'intéresse à la mer, mais comment un pays du poids démographique et économique de l'Éthiopie peut bâtir une connectivité maritime fiable, diversifiée et durable. Plus important encore, l'évolution rapide de la dynamique politique et militaire en mer Rouge et dans la Corne de l'Afrique a rendu l'accès souverain à la mer non seulement souhaitable pour l'Éthiopie, mais de plus en plus inévitable. La mer Rouge n'est plus seulement une voie commerciale. L'importance stratégique de la mer Rouge est devenue impossible à ignorer. Le détroit de Bab el-Mandeb est un point de passage maritime crucial. Les perturbations récentes ont démontré à quel point l'insécurité en mer peut rapidement engendrer des problèmes économiques à terre, augmentant les coûts de fret, allongeant les délais de livraison et perturbant les chaînes d'approvisionnement. L'ONU Commerce et Développement a récemment averti que la recrudescence des perturbations autour de Bab el-Mandeb entraîne des allongements des itinéraires, une augmentation de la consommation de carburant, une hausse des coûts et une pression accrue sur le commerce mondial. Pour l'Éthiopie, cela crée un paradoxe frappant. Bien que le pays ne possède pas de littoral, l'instabilité le long de la mer Rouge peut avoir des répercussions directes sur son économie. L’Éthiopie a donc un intérêt considérable dans la sécurité d’un espace maritime où sa présence directe est actuellement limitée. C’est pourquoi la question de la mer Rouge ne peut se réduire à la recherche d’un port. Il s'agit de connectivité, de sécurité économique et de stabilité régionale. D'un port à un corridor L'ambition maritime de l'Éthiopie prend tout son sens lorsqu'on la considère non pas comme la recherche d'une simple infrastructure côtière, mais comme faisant partie d'un corridor économique beaucoup plus vaste. Une liaison maritime fonctionnelle relierait la côte aux routes, aux voies ferrées, aux ports secs, aux parcs industriels, aux centres de production agricole et aux marchés de consommation de l'Éthiopie. L'objectif ne serait pas simplement de déplacer des conteneurs, mais de faire bouger une économie. Cette distinction est importante. Un port sans réseau fluvial efficace n'est qu'un point sur une carte. Un port connecté à la production, à l'industrie, à l'agriculture et aux marchés régionaux devient un moteur d'intégration économique. L’expérience de l’Éthiopie avec le corridor de Djibouti démontre déjà l’importance de ce système plus vaste. Les travaux récents de la Banque mondiale sur le port sec de Modjo, par exemple, soulignent comment l’amélioration de la logistique intérieure peut réduire les délais de traitement et renforcer les liens de l’Éthiopie avec les marchés internationaux. La prochaine étape de la réflexion maritime éthiopienne peut donc être comprise comme la recherche de corridors multiples, de portes d'entrée multiples et d'une plus grande résilience. La sécurité économique est la sécurité maritime La mer Rouge a également mis en lumière une autre réalité : la sécurité maritime et la sécurité économique sont de plus en plus indissociables. Lorsque les routes maritimes sont menacées, les coûts d'assurance augmentent. Lorsque les navires doivent contourner des zones dangereuses, les délais de livraison s'allongent. Lorsque les coûts de transport de marchandises augmentent, les conséquences finissent par toucher les usines, les agriculteurs, les commerçants et les ménages situés loin des côtes. L’Éthiopie n’a pas besoin d’être un pays côtier pour subir ces conséquences. De fait, son enclavement rend un accès maritime fiable encore plus important. Une stratégie maritime diversifiée pourrait renforcer la résilience de l'Éthiopie face aux perturbations, tout en créant des opportunités supplémentaires en matière de commerce, d'investissement et de développement industriel. Cela pourrait également renforcer les intérêts économiques que l'Éthiopie partage avec ses voisins côtiers. Un retour à la mer ne signifie pas forcément un retour à la rivalité. La question maritime éthiopienne comporte une autre dimension qui mérite une attention accrue. L'accès à la mer ne doit pas nécessairement devenir une nouvelle source de concurrence régionale. Il peut devenir un instrument d'intégration régionale. Un port desservant le commerce éthiopien peut dynamiser l'économie d'un État côtier. Une route ou une voie ferrée reliant l'intérieur des terres à la côte peut connecter plusieurs économies. Des zones industrielles et logistiques peuvent créer des emplois et des investissements de part et d'autre de la frontière. En ce sens, les ambitions maritimes de l'Éthiopie ne peuvent être envisagées comme une simple revendication nationale, mais comme un élément d'une équation économique plus vaste à l'échelle de la Corne de l'Afrique. Cette région a longtemps considéré la géographie comme une source de rivalité stratégique. Elle peut aussi y voir une opportunité d'intégration. La question maritime de l'Éthiopie prend de l'ampleur, elle ne s'estompe pas. Le Premier ministre Abiy Ahmed a souligné à plusieurs reprises que le désir de l'Éthiopie d'accéder à la mer repose sur des considérations géographiques, des impératifs économiques, le dialogue et une coopération mutuellement avantageuse, et non sur une volonté d'expansion militaire. Le gouvernement éthiopien a déclaré que la taille démographique et économique du pays fait d'une connectivité maritime fiable un intérêt national majeur. Cet argument s'inscrit dans une réalité plus large. L'Éthiopie n'est plus le même pays qu'il y a trente ans. Sa population et son économie se sont développées. Ses ambitions commerciales se sont accrues. Sa production industrielle et agricole s'intègre davantage aux marchés internationaux. Et sa vulnérabilité aux perturbations sur les routes maritimes mondiales s'accroît. La question maritime deviendra donc plus importante, et non moins, à mesure que l'économie éthiopienne se développera. Le regain d'intérêt pour les affaires maritimes, notamment le rétablissement de la marine éthiopienne en 2018, témoigne de ce changement stratégique plus large. Mais l'objectif ultime ne doit pas nécessairement être la projection de puissance. Il peut s'agir de la protection des intérêts économiques, de la participation à la sécurité maritime régionale et de la création de liens commerciaux durables entre l'intérieur de l'Éthiopie et l'économie mondiale. La géographie du futur Le fait central demeure remarquablement simple : L'enclavement de l'Éthiopie est une tragédie historique, fruit de forces extérieures et de décisions politiques prises durant une période tumultueuse des décisions qui ont profondément modifié le rapport du pays à la mer. Pourtant, cette nation immense n'a jamais été véritablement coupée de la mer Rouge. Son économie repose sur le commerce maritime. Son environnement sécuritaire est façonné par la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb. Sa position géographique la place au cœur de la Corne de l'Afrique. Enfin, la croissance démographique et économique du pays rend l'accès fiable aux routes commerciales internationales de plus en plus crucial. Le défi n’est donc pas de recréer l’histoire à l’identique, mais de bâtir une nouvelle relation avec la mer, adaptée aux réalités du XXIe siècle. Cela concerne les ports, mais aussi les corridors. Cela concerne le commerce, mais aussi la sécurité. Cela signifie l'intérêt national, mais aussi la coopération régionale. Et surtout, cela signifie reconnaître que la mer Rouge n'est pas une étendue d'eau lointaine séparée de l'Éthiopie par des frontières politiques. Cela fait partie de la géographie stratégique dans laquelle se dessine l'avenir de l'Éthiopie. Pour un pays dont la civilisation est liée à la mer Rouge depuis des siècles, la recherche renouvelée de connexions maritimes n'est pas simplement un voyage dans le passé. C'est l'Éthiopie qui regarde vers l'avenir et vers la mer.