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Le nouveau chapitre politique de l’Éthiopie : l’accès souverain à la mer au cœur de l’ambition nationale
Oct 16, 2026 46
Le 15 octobre, 2026 (ENA) Le nouveau chapitre politique quinquennal de l’Éthiopie s’ouvre sur une ambition nationale déterminante : bâtir un État pacifique, démocratique et prospère tout en poursuivant l’objectif d’un accès souverain à la mer. Sous le gouvernement de Medemer, les attentes sont grandes quant à la capacité des autorités à traduire leur mandat électoral en améliorations concrètes des conditions de vie des citoyens, tout en renforçant la position stratégique de l’Éthiopie dans la Corne de l’Afrique. Au cœur de ce programme figure l’aspiration de l’Éthiopie à disposer d’un accès souverain à la mer. Comptant parmi les pays enclavés les plus peuplés du monde, l’Éthiopie a un intérêt économique majeur à bénéficier d’un accès fiable au commerce maritime. L’obtention d’un tel accès dans le cadre d’accords mutuellement avantageux pourrait alléger les contraintes logistiques, améliorer la compétitivité des exportations, attirer les investissements et approfondir l’intégration économique régionale. Toutefois, l’accès maritime s’inscrit dans un programme plus vaste de transformation nationale. La réussite de ce nouveau chapitre politique dépendra également de la consolidation de la paix, du renforcement des institutions démocratiques, de la promotion de la réconciliation nationale et de la construction d’une économie inclusive. La philosophie de Medemer, qui met l’accent sur la coopération, la synergie et le progrès collectif, offre un cadre pour poursuivre ces priorités. Sa crédibilité dépendra, en définitive, de la capacité du gouvernement à traduire ses engagements politiques en résultats mesurables. Les progrès réalisés sur le plan intérieur revêtent également une importance régionale. En tant que pays hôte du siège de l’Union africaine et acteur politique et économique majeur de la Corne de l’Afrique, l’Éthiopie a un intérêt stratégique dans la stabilité régionale et dispose d’une occasion d’y contribuer. Une Éthiopie plus forte, soutenue par des institutions fiables et une économie résiliente, serait mieux placée pour défendre ses intérêts nationaux tout en favorisant la paix et la coopération dans la région. L’accès souverain à la mer : une priorité stratégique nationale Pour l’Éthiopie, l’accès à la mer dépasse la simple question géographique. Il est étroitement lié à la sécurité, au commerce, à la compétitivité économique, au développement national et aux intérêts stratégiques à long terme. La dépendance à l’égard de corridors maritimes extérieurs expose l’économie du pays aux coûts de transport élevés, aux goulets d’étranglement logistiques et aux perturbations du commerce international. Un accès fiable et diversifié aux infrastructures maritimes pourrait aider les entreprises éthiopiennes à atteindre plus efficacement les marchés internationaux, à renforcer les chaînes d’approvisionnement et à améliorer la compétitivité des exportations. L’Éthiopie doit faire partie intégrante de l’architecture de sécurité de la mer Rouge. En tant qu’acteur régional majeur ayant contribué de longue date aux opérations de maintien de la paix des Nations unies ainsi qu’aux efforts en faveur de la paix et de la sécurité dans la Corne de l’Afrique, l’Éthiopie a un intérêt stratégique évident dans la sécurité de ce corridor maritime vital et peut apporter une contribution significative à sa protection. Exclure un pays de l’importance régionale de l’Éthiopie des décisions relatives à la sécurité de la mer Rouge reviendrait à tenir à l’écart un acteur essentiel d’un processus ayant des conséquences directes sur ses intérêts économiques et nationaux. L’Éthiopie devrait donc disposer d’une place significative à la table des discussions afin de contribuer à la sécurité maritime, de protéger la navigation internationale, de renforcer la stabilité régionale et de participer à la protection de l’une des voies maritimes les plus stratégiques du monde. En définitive, les progrès se mesureront à la capacité de l’Éthiopie à diversifier ses options d’accès maritime, à réduire les contraintes commerciales et à renforcer sa résilience économique, tout en contribuant à la stabilité dans l’ensemble de la Corne de l’Afrique. L’unité nationale, fondement de l’ambition stratégique Aucune ambition nationale ne peut être durable sans stabilité intérieure et sans un objectif commun. Le nouveau chapitre politique de l’Éthiopie doit donc commencer par la volonté de renforcer l’unité nationale, de répondre aux griefs de longue date et de restaurer la confiance du public. La diversité culturelle du pays, son histoire complexe et la pluralité des intérêts politiques rendent indispensable une construction inclusive de l’État. L’unité ne peut être réalisée par de simples déclarations. Elle exige l’égalité des citoyens, la protection constitutionnelle des droits, un accès équitable aux possibilités et des institutions capables de gérer les désaccords de manière pacifique. L’approche Medemer peut contribuer à rapprocher les partis politiques, les institutions gouvernementales, les organisations de la société civile, les institutions religieuses, les chefs traditionnels et les différentes communautés. Le processus de dialogue national offre une occasion de traiter les griefs historiques, de cerner les intérêts communs et de jeter des bases plus solides pour parvenir à un consensus. Pour réussir, ce processus doit garantir une participation réelle, permettre l’expression de points de vue divers et traduire les recommandations en réformes concrètes. La réconciliation nationale ne doit pas être réduite à un slogan politique : elle doit se traduire par une confiance accrue, de meilleures relations entre les communautés et des mécanismes plus efficaces de règlement des différends. Les institutions démocratiques : transformer le mandat électoral en confiance publique La pérennité de la transition politique éthiopienne dépendra largement du fonctionnement de ses institutions démocratiques. Le Parlement, le pouvoir judiciaire, les organismes électoraux et les institutions exécutives doivent exercer leurs fonctions dans le respect de leurs mandats constitutionnels et garantir des mécanismes efficaces de responsabilité. La Chambre des représentants du peuple a la responsabilité non seulement d’adopter des lois, mais aussi de contrôler l’action gouvernementale, d’examiner les dépenses publiques et de veiller à ce que les politiques nationales répondent aux besoins des citoyens. Un contrôle parlementaire efficace peut permettre de repérer les lacunes dans la mise en œuvre des politiques, d’améliorer les dépenses publiques et de renforcer la reddition de comptes. L’indépendance et l’accessibilité du pouvoir judiciaire sont tout aussi importantes. Les citoyens doivent pouvoir obtenir réparation lorsque leurs droits sont violés, tandis que les différends doivent être résolus par des procédures judiciaires impartiales. Une application cohérente de la loi renforcerait l’égalité devant celle-ci et la confiance dans les institutions publiques. Les partis politiques ont également la responsabilité de consolider les pratiques démocratiques en présentant des propositions politiques crédibles, en participant à des débats constructifs et en respectant les procédures constitutionnelles. De son côté, le gouvernement doit protéger la participation politique légale, l’engagement civique et la liberté de critique publique. La lutte contre la corruption, la réduction des lourdeurs administratives et l’amélioration des services publics sont tout aussi essentielles. Des procédures de passation des marchés transparentes, une gestion responsable des finances publiques et des mécanismes de plainte accessibles contribueraient à garantir que les ressources publiques servent les objectifs auxquels elles sont destinées. Ces réformes sont directement liées aux ambitions stratégiques plus larges de l’Éthiopie. Des institutions prévisibles et une gouvernance responsable peuvent renforcer la confiance des investisseurs, améliorer l’environnement des affaires et favoriser la mise en œuvre efficace des projets d’infrastructure et de développement. Un gouvernement qui gagne la confiance de sa population est également mieux placé pour établir des partenariats crédibles à l’étranger. La responsabilité démocratique n’est donc pas distincte de la stratégie nationale : elle constitue l’un des fondements d’un progrès durable. Transformation économique et renforcement des capacités nécessaires à la souveraineté La quête d’un accès à la mer doit s’appuyer sur une économie capable de transformer une meilleure connectivité en prospérité. L’accès aux ports et aux marchés internationaux peut ouvrir de nouvelles possibilités, mais les bénéfices dépendront de la productivité nationale, de la compétitivité des industries et de la capacité du pays à créer de la valeur ajoutée. À cet égard, le mouvement industriel « Made in Ethiopia » joue un rôle important dans le renforcement de la production nationale, la promotion de la substitution aux importations et l’élargissement des capacités manufacturières du pays. En encourageant les industries locales à fabriquer des biens auparavant importés, cette initiative favorise l’autonomie économique, réduit la dépendance aux importations et ouvre des perspectives d’investissement national et de création d’emplois. L’agriculture demeure au cœur de la sécurité alimentaire et de l’économie éthiopiennes. Dans le cadre de la philosophie Medemer, le pays a réalisé des progrès notables, notamment dans la production de blé. Le développement de l’irrigation, de la mécanisation, de la recherche et de la transformation agroalimentaire peut encore accroître la productivité, réduire la vulnérabilité aux aléas climatiques et améliorer les revenus des agriculteurs. L’industrialisation, le secteur manufacturier et la transformation numérique sont également essentiels à la diversification des exportations, à la création d’emplois et au renforcement de la production nationale. Un approvisionnement fiable en électricité, une logistique efficace, un meilleur accès au financement et une main-d’œuvre qualifiée seront indispensables pour bâtir des entreprises compétitives. Une meilleure connectivité maritime pourrait réduire les obstacles au commerce et relier les producteurs éthiopiens aux marchés mondiaux, tandis que le renforcement des industries nationales permettrait au pays de capter une plus grande part de la valeur générée par les échanges internationaux. Coopération dans la Corne de l’Afrique et la région de la mer Rouge pour une prospérité partagée L’avenir national de l’Éthiopie est étroitement lié à l’évolution de la situation dans la Corne de l’Afrique. Les conflits, les déplacements de population, l’insécurité alimentaire et les pressions climatiques dépassent fréquemment les frontières, tandis que les tensions politiques peuvent perturber les échanges commerciaux et menacer les moyens de subsistance des communautés frontalières. La quête d’un accès à la mer doit donc s’inscrire dans un cadre plus large de coopération régionale. Les intérêts stratégiques et économiques de l’Éthiopie doivent être reliés au littoral de la mer Rouge dans un avenir proche, dans une perspective de bénéfices mutuels. Les activités portuaires, les corridors de transport, les services logistiques et les infrastructures transfrontalières peuvent créer des débouchés commerciaux pour les pays participants. Une meilleure connectivité peut renforcer les chaînes d’approvisionnement régionales, élargir les marchés et encourager les investissements dans les transports, l’industrie manufacturière et les services liés au commerce. Une Corne de l’Afrique plus stable et mieux connectée favoriserait les ambitions maritimes de l’Éthiopie tout en soutenant les priorités de développement de ses voisins. L’influence régionale de l’Éthiopie dépendra donc non seulement de l’ampleur de ses ambitions, mais aussi de sa capacité à instaurer la confiance, à maintenir le dialogue et à démontrer que la coopération peut produire des bénéfices concrets. Résilience climatique et sécurité hydrique sur le Nil Tout aussi important que l’ambition d’un accès souverain à la mer, le programme du nouveau gouvernement de Medemer doit viser à maximiser le potentiel de développement de l’Abay, ou Nil Bleu, en faisant progresser des projets supplémentaires d’hydroélectricité et d’irrigation. La valorisation de cette ressource stratégique est essentielle à l’augmentation de la production d’électricité, au renforcement de la sécurité alimentaire et à l’accélération de la transformation économique. La résilience climatique demeure au cœur de cette ambition. Les sécheresses, les inondations et les variations des régimes pluviométriques menacent l’agriculture, les ressources en eau, les infrastructures et les moyens de subsistance dans toute la Corne de l’Afrique. Les investissements de l’Éthiopie dans l’hydroélectricité et l’irrigation doivent donc aller de pair avec une gestion durable de l’eau, la protection de l’environnement et l’adaptation au changement climatique. Pour l’Éthiopie, valoriser pleinement le potentiel de l’Abay ne constitue pas seulement une priorité énergétique ou agricole. Il s’agit également d’un pilier stratégique de la souveraineté économique, de la sécurité alimentaire et du développement national à long terme. Jeunesse et femmes : élargir les fondements du progrès national La population jeune de l’Éthiopie représente une formidable possibilité de croissance économique, d’innovation et de renouveau national. Pour concrétiser ce potentiel, il ne suffit pas d’élargir l’accès à l’éducation : il faut également développer des compétences adaptées, créer des emplois productifs, soutenir l’entrepreneuriat et garantir une participation significative à la vie publique. Le manque de possibilités d’emploi peut accentuer les frustrations, notamment lorsque les jeunes ont le sentiment d’être exclus des décisions qui déterminent leur avenir. Les investissements dans l’enseignement et la formation techniques et professionnels, les compétences numériques et les secteurs à forte intensité de main-d’œuvre permettraient de mieux adapter la formation aux besoins de l’économie. Le renforcement des liens entre les écoles, les universités, les établissements de formation et les employeurs pourrait faciliter la transition entre les études et l’emploi. Le soutien à l’entrepreneuriat et aux petites entreprises permettrait également aux jeunes de transformer leurs compétences et leurs idées en activités économiques productives. La participation des jeunes est tout aussi importante pour la réconciliation nationale, le développement communautaire et le débat public. Leur offrir de véritables possibilités de contribuer aux affaires publiques renforcerait la cohésion sociale et permettrait aux politiques nationales de mieux répondre à leurs priorités. La participation des femmes constitue un autre élément essentiel d’un développement inclusif. L’élargissement de leur accès à l’éducation, à l’emploi, au financement, aux services publics et aux postes de responsabilité permettrait à un plus grand nombre de citoyens de contribuer au progrès national et améliorerait le bien-être des ménages. Ces investissements revêtent une importance stratégique. Une population qualifiée, productive et économiquement autonome renforcerait les industries nationales, améliorerait la compétitivité des exportations et permettrait à l’Éthiopie de tirer davantage profit de l’expansion du commerce régional et international. L’ambition nationale devient plus durable lorsque les citoyens ont une véritable place dans sa réalisation. L’autonomisation des jeunes et des femmes n’est donc pas seulement un objectif social : elle constitue un investissement dans la capacité productive, la stabilité et la prospérité à long terme de l’Éthiopie. De l’ambition nationale à des résultats mesurables La crédibilité du nouveau chapitre politique de l’Éthiopie dépendra, en définitive, de la mise en œuvre des engagements pris. Le gouvernement doit traduire ses priorités en objectifs clairs, affecter les ressources en fonction des besoins nationaux et mettre en place des mécanismes permettant d’évaluer les progrès accomplis. La sécurité, l’emploi, la prestation des services publics, la responsabilité institutionnelle et la résilience économique devraient figurer parmi les principaux indicateurs de performance. La publication régulière de rapports permettrait aux citoyens d’évaluer les engagements du gouvernement et de déterminer les domaines nécessitant des mesures correctives. Les autorités fédérales et régionales doivent coordonner leurs responsabilités tout en respectant leurs mandats constitutionnels et les réalités locales. La consultation des communautés, des entreprises, des associations professionnelles et de la société civile peut améliorer la prise de décision et contribuer à identifier les problèmes émergents. Une gestion efficace des finances publiques, des systèmes de passation des marchés renforcés et des mesures efficaces de lutte contre la corruption permettraient de mieux garantir que les ressources limitées produisent des résultats significatifs. Le gouvernement doit également trouver un équilibre entre les investissements dans les infrastructures à long terme et les besoins immédiats de la population. Les citoyens attendent une amélioration de l’accès aux soins de santé, à l’éducation, à une alimentation abordable, à l’emploi et à la sécurité personnelle. Les progrès dans ces domaines façonneront la confiance du public envers l’administration. Les ambitions stratégiques et les responsabilités intérieures doivent se renforcer mutuellement. L’accès maritime peut élargir les possibilités économiques, mais sa pleine valorisation dépendra de la présence d’industries productives, d’institutions capables, d’une main-d’œuvre qualifiée et d’un environnement politique stable. L’épreuve décisive consistera à déterminer si les politiques nationales améliorent les conditions de vie des citoyens tout en renforçant la capacité de l’Éthiopie à défendre ses intérêts par un engagement pacifique et constructif. En définitive, le nouveau chapitre politique quinquennal de l’Éthiopie offre l’occasion de consolider les fondements d’un État pacifique, démocratique et prospère. Sa réussite dépendra de la capacité du gouvernement à traduire son mandat électoral et la philosophie Medemer en progrès tangibles dans les domaines de l’unité nationale, de la sécurité, de la responsabilité institutionnelle et du niveau de vie. Au cœur de l’ambition stratégique du pays se trouve l’accès souverain à la mer. S’il est poursuivi dans le cadre d’accords mutuellement avantageux, le développement de la connectivité maritime pourrait contribuer à réduire les contraintes commerciales, à renforcer la compétitivité des exportations et à approfondir l’intégration économique régionale, tout en favorisant une paix durable. Au-delà de ses frontières, l’Éthiopie doit consolider ses relations constructives avec les États voisins, promouvoir la coopération dans les domaines du commerce, des infrastructures, de l’énergie et de la résilience climatique, et soutenir les initiatives régionales visant à prévenir les conflits. Son engagement auprès de l’Union africaine et de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) peut contribuer à la réalisation de ces objectifs, à condition de s’appuyer sur une diplomatie cohérente et des engagements concrets. La responsabilité du gouvernement est donc à la fois nationale et régionale : bâtir un État auquel les citoyens font confiance, une économie qui élargit les possibilités et une politique étrangère qui défend les intérêts nationaux tout en respectant les intérêts légitimes des autres pays. L’accès souverain à la mer peut être au cœur de l’ambition nationale de l’Éthiopie, mais l’unité nationale, la gouvernance démocratique et la transformation économique détermineront sa réussite. Le critère ultime de réussite de l’État de Medemer sera sa capacité à transformer cette ambition en améliorations durables des conditions de vie des citoyens, tout en contribuant à une Corne de l’Afrique plus pacifique, plus stable et mieux intégrée sur le plan économique.
Mise en place d'un gouvernement provisoire pour une durée de six mois dans la région du Tigray
Oct 16, 2026 70
Addis Ababa le 16 octobre, 2026 (ENA) Le gouvernement fédéral éthiopien a mis en place une administration provisoire d’une durée de six mois pour la région du Tigray. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le cabinet du Premier ministre a indiqué que cette administration avait pour mission de rétablir la paix et la stabilité, de reconstruire les infrastructures endommagées, de rétablir les services publics et de préparer la région à des élections libres et transparentes. Cette décision fait suite à une résolution de la Chambre de la Fédération et à une décision contraignante prise par la suite par le Conseil des ministres du gouvernement fédéral visant à mettre en place une administration provisoire pour la région, selon le cabinet du Premier ministre. Le communiqué indique que les efforts répétés visant à résoudre le conflit dans la région du Tigray dans le cadre de l’accord de Pretoria ont été entravés par les dirigeants du TPLF. Le communiqué mentionne que les dirigeants du TPLF ont rejeté la paix et déclenché une guerre destructrice pour la quatrième fois, soulignant que celle-ci s’était une nouvelle fois soldée par la défaite du groupe. Il a en outre souligné que la population du Tigray devait briser le cycle des conflits pour parvenir à une paix durable, exercer son droit à l’autonomie et bénéficier des opportunités de développement qui lui ont longtemps été refusées. À cette fin, le communiqué a insisté sur la nécessité pour le Tigray de renforcer sa place au sein du système fédéral éthiopien, de maintenir la paix, de donner la priorité au développement et d’approfondir l’unité avec les autres peuples du pays. Afin de faciliter la réalisation de ces objectifs aussi rapidement que possible, le gouvernement fédéral a mis en place une administration provisoire pour la région du Tigray en vertu d’un règlement du Conseil des ministres. Le communiqué ajoute qu’au-delà de la sécurité et du redressement institutionnel, l’administration a pour mandat de promouvoir la réconciliation sociale, de préparer les communautés à la reconstruction, de coordonner les activités médiatiques et d’organiser des forums publics. Elle s’efforcera également de garantir que les prochaines élections se déroulent dans le calme et soient inclusives. Le communiqué précise que cette administration doit agir dans le respect des intérêts nationaux de l’Éthiopie, de son intégrité territoriale et des intérêts fondamentaux de la population du Tigray. Son mandat se limitera à la gestion courante des affaires publiques et à la mise en place des conditions nécessaires à la tenue d’élections, à l’exclusion de toute décision stratégique à long terme, jusqu’à la mise en place d’un gouvernement régional démocratiquement élu. Cette administration fonctionnera sous la direction et la supervision du gouvernement fédéral. Dirigeants nommés Les personnalités suivantes ont été nommées à la tête du gouvernement d'intérim : 1. Assefa Abreha Hagos — Directeur général de l'Administration et des Services publics 2. Dr Tewodros Aregawe W/Selassie — Directeur général de l’Économie et de la Reconstruction 3. Général de brigade Gebre-Egziabher Beyene Hailu — Directeur général de la Paix et de la Sécurité 4 .Redae Halefom W/Selassie — Directeur général des Affaires politiques et de la Mobilisation publique 5. Dr Shishay Amare — Maire de la ville de Mekelle Le gouvernement fédéral fournira aux personnes nommées des orientations politiques, un encadrement et un soutien, tout en assurant le suivi de la mise en œuvre de leurs responsabilités. Cette période de transition de six mois place la paix, le rétablissement des institutions, la reconstruction et les préparatifs en vue d’une élection inclusive au cœur des efforts visant à ramener le Tigray à une gouvernance régionale régulière et à un retour à la normale.
Du Sinaï au Nil : l’Égypte ne peut exiger la paix d’Israël tout en menaçant l’Éthiopie de guerre
Oct 16, 2026 44
Par le professeur Al Mariam (émérite et avocat) Le 16 octobre 2026 (ENA) (Ce qui est bon pour l’oie est bon pour le jars) Le 14 octobre 2026, le président Abdel Fatah El-Sissi a répondu aux avertissements lancés par le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, selon lesquels l’Égypte perdrait la péninsule du Sinaï si elle attaquait Israël. El-Sissi a affirmé que son pays s’était battu pour son territoire, qu’il n’avait pas l’intention d’annexer le moindre territoire et qu’il ne souhaitait que la sécurité et la stabilité. La déclaration d’El-Sissi repose sur le principe diplomatique solide selon lequel les États ne doivent pas porter atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale d’un autre pays pour défendre leurs propres intérêts, leur propre intégrité territoriale et leur propre sécurité. L’Éthiopie n’a jamais proféré la moindre menace d’occupation ou d’attaque du territoire égyptien. La construction et l’exploitation du Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD) sur le Nil Bleu constituent un projet de développement en Éthiopie qui s’achèvera en septembre 2025 grâce au sang, à la sueur et aux larmes des Éthiopiens. La controverse autour du GERD porte uniquement sur le remplissage et l’exploitation du barrage, la sécurité de l’approvisionnement en eau en aval et l’absence d’accord de coopération commun — et non sur une revendication de l’Éthiopie sur un quelconque territoire égyptien. L’Éthiopie n’a jamais nié le droit de l’Égypte aux eaux du Nil en vertu du droit international. L’Éthiopie dispose également d’un droit souverain incontestable de développer ses ressources en eau et de produire de l’énergie hydroélectrique pour son économie, conformément à la Convention des Nations unies de 1997 sur les cours d’eau, qui impose aux pays riverains de faire un usage équitable et raisonnable des ressources en eau partagées et de ne causer aucun préjudice significatif ce faisant. Tout comme il l’a fait auprès d’Israël, El Sisi devrait adresser à l’Éthiopie un message similaire de coexistence pacifique : « L’Égypte ne veut pas la guerre avec l’Éthiopie. L’Égypte n’a aucune prétention territoriale sur l’Éthiopie. L’Égypte respecte la souveraineté de l’Éthiopie et attend la même chose de sa part. L’Égypte ne soutient pas et ne soutiendra aucun groupe terroriste ni aucun pays qui parraine des groupes terroristes pour commettre des actes de terrorisme en Éthiopie, ni ne leur fournit secrètement des armes et d’autres équipements militaires sous le couvert de la nuit ou de toute autre manière. Les différends entre les deux pays doivent être réglés par la négociation, le droit international, la coopération technologique et des garanties de sécurité mutuelles. » En effet, c’est selon ce principe que l’Égypte doit traiter avec Israël, l’Éthiopie et tous les autres pays de la Corne de l’Afrique. Trois principes contenus dans la déclaration du président El-Sissi méritent d’être soulignés. Premièrement, il estime que le Sinaï appartient à l’Égypte et que son intégrité territoriale doit être préservée. Deuxièmement, il affirme que l’Égypte souhaite défendre son territoire, et non annexer celui d’autrui. Troisièmement, la sécurité nationale de l’Égypte ne doit pas se faire au détriment de la souveraineté d’un autre État. Ces trois principes s’appliquent également à l’Éthiopie.L'Égypte ne peut raisonnablement exiger qu'Israël respecte le territoire égyptien tout en traitant le développement par l'Éthiopie d'un barrage sur le territoire éthiopien comme une menace justifiant une action militaire coercitive. L'Éthiopie a publiquement déclaré à maintes reprises qu'elle est prête à répondre aux préoccupations légitimes de l'Égypte concernant la sécurité de l'eau en aval par le biais de négociations pacifiques dans un esprit de fraternité, de respect mutuel et d'accords juridiques contraignants qui protègent les intérêts légitimes de l'Éthiopie, du Soudan et de l'Égypte. L’Éthiopie ne nie pas que les eaux du Nil soient essentielles à l’agriculture, à l’approvisionnement en eau potable, à l’industrie et à l’économie nationale égyptiennes. Il n’en reste pas moins que l’Égypte dépend fortement du Nil, tandis que l’Éthiopie est la principale source des eaux du Nil Bleu ; 86 % des eaux du Nil proviennent d’Éthiopie. Les préoccupations de l’Égypte en matière de sécurité ne lui confèrent pas un droit de veto sur le développement de l’Éthiopie. Ces réalités géographiques établissent un besoin commun de coopération économique, et non un droit exclusif pour l’Égypte de déterminer comment l’Éthiopie développe ses ressources en eau. Le GERD est la source d’énergie de l’Éthiopie pour produire de l’électricité et stimuler son développement économique. La principale préoccupation, à savoir que le GERD puisse avoir un impact sur la programmation des rejets d’eau de son réservoir en période de sécheresse, peut être résolue grâce à un processus transparent d’échange d’informations, à une exploitation coordonnée du barrage, à un régime rigoureux de sécurité du barrage et à un système conjoint de gestion de la sécheresse. En janvier 2020, dans une déclaration commune de l’Égypte, de l’Éthiopie, du Soudan, des États-Unis et de la Banque mondiale, certains points d’accord ont été définis, notamment le remplissage progressif du réservoir, la gestion de la sécheresse, l’exploitation à long terme du barrage, la coordination, l’échange d’informations et le règlement des différends. Le problème réside dans la mise en œuvre. L’Égypte constitue un obstacle majeur au processus. Elle est obsédée par une stratégie consistant à blâmer et à stigmatiser l’Éthiopie, tout en restant attachée à des accords obsolètes datant de l’époque coloniale. Il ne se passe pratiquement pas une semaine sans que l’Égypte ne lance une campagne de diabolisation médiatique à l’encontre de l’Éthiopie. L’Égypte a invoqué le « unilatéralisme » à l’encontre de l’Éthiopie, l’accusant de négliger les intérêts des pays situés en aval et de violer le droit et les normes internationales. L’Éthiopie reste fermement attachée à son engagement de faire valoir son droit au développement et de veiller à ce que son utilisation légitime des ressources en eau partagées soit reconnue. La Déclaration de principes de 2015 entre l’Égypte, l’Éthiopie et le Soudan, ainsi que les principes du droit international relatifs aux cours d’eau, fournissent un cadre de solution. Les principes énoncés par la Déclaration et le droit relatif aux cours d’eau stipulent que les eaux du Nil peuvent être utilisées de manière juste et raisonnable, grâce à la coopération et à la diligence requise, afin de ne causer aucun préjudice aux autres États. Il est important de noter que le droit à la sécurité hydrique de l’État en aval n’équivaut pas à un droit illimité de contrôler les ressources en eau en amont. De même, la souveraineté en amont ne peut signifier que les conséquences en aval peuvent simplement être ignorées. La seule issue à cette impasse réside dans la négociation de règles pratiques, fondées sur des données factuelles et réciproques. Menaces égyptiennes et rumeurs de guerre contre l’Éthiopie au sujet du Nil L’argument selon lequel l’Égypte devrait adopter une approche pacifique vis-à-vis de l’Éthiopie ne repose ni sur des spéculations ni sur des conjectures. Il existe un long historique, bien documenté, de la rhétorique égyptienne, des mises en garde concernant des options militaires et des signaux militaires régionaux liés au différend sur le Nil. Il est essentiel de distinguer une menace, une déclaration de politique générale et une décision concrète de recourir à la force. Les faits démontrent pourquoi l’Éthiopie a des raisons de prendre au sérieux la rhétorique incessamment hostile de l’Égypte. En 1979, le président Anwar Sadat avait averti que l’Égypte n’accepterait pas passivement une menace pesant sur son approvisionnement en eau. Il a déclaré de manière théâtrale : « Si l’Éthiopie prend la moindre mesure visant à nous priver de notre droit à l’eau du Nil, nous n’aurons d’autre choix que de recourir à la force. » En 2013, lors d’une réunion télévisée, le président Mohamed Morsi a proclamé que l’Égypte soutiendrait les forces militantes en Éthiopie et irait même jusqu’à attaquer le barrage. Au cours des sept dernières années, le président El-Sissi a averti que toute atteinte à la sécurité de l’Égypte en matière d’eau du Nil constituait une ligne rouge, et que les conséquences affecteraient l’ensemble de la région. Pour ne pas paraître trop agressif, El-Sissi a également tenu un double discours, affirmant qu’il préférait la diplomatie à la force militaire, et que l’Égypte reconnaissait le droit de l’Éthiopie à produire de l’électricité, à condition que la sécurité de l’Égypte en matière d’eau reste intacte. Recourir à la puissance militaire égyptienne contre l’Éthiopie n’est pas une option. Les défaites subies par l’Égypte lorsque ses forces ont envahi l’Éthiopie au XIXe siècle devraient servir de leçon et dissuader de recourir à la force militaire. Par le passé, l’armée égyptienne a lancé des campagnes visant à accroître l’influence égyptienne dans la Corne de l’Afrique, qui comprend la mer Rouge et les hauts plateaux éthiopiens. L’histoire nous enseigne que le recours à l’action militaire contre l’Éthiopie ne fera pas de l’Égypte le pays dominant, ne garantira pas son usage exclusif des eaux du Nil et ne résoudra pas les différends entre les deux pays pour instaurer une paix durable. Le khédive d’Égypte, Ismaïl Pacha, a entrepris une invasion de l’Empire éthiopien par des moyens militaires en 1874 et 1876 dans le but de prendre le contrôle de l’ensemble du bassin du Nil afin de bâtir un empire en Afrique. Lors de la bataille de Gundet (1875), les forces éthiopiennes ont écrasé les forces égyptiennes. Un historien de renom a fait remarquer : « Les armées égyptiennes, souvent commandées par des officiers européens et américains, ont été vaincues et pratiquement anéanties à plusieurs reprises par les forces éthiopiennes menées par l’empereur Yohannes. » Lors de la bataille de Gura (1876), les forces éthiopiennes ont mis en déroute les forces égyptiennes envahissantes. Un historien a noté : « La bataille de Gura, qui s’est déroulée six mois plus tard [Gundet], confirme la supériorité militaire de l’armée éthiopienne. » Un autre a ajouté : « Yohannes a affronté les Égyptiens à Hamasien et les a vaincus de manière décisive à Gura au cours d’une bataille de trois jours, du 7 au 9 mars 1876. » Lors de la bataille d’Adoua contre l’Italie coloniale, qui eut lieu le 1er mars 1896, les Éthiopiens anéantirent en quelques heures seulement une armée européenne moderne et lourdement armée. Un historien contemporain très réputé écrivit : « Contrairement à la campagne de Napoléon en Russie, la campagne d’Adoua s’est soldée par une victoire. C’est cela, la grandeur. »La leçon historique apprise ici est que l'Éthiopie ne peut pas être considérée comme un pays qui se plierait devant ses ennemis en raison d'une supériorité militaire. Un équipement militaire supérieur ne garantit pas l'atteinte d'objectifs stratégiques. Les invasions lancées par l'Égypte contre l'Éthiopie au dix-neuvième siècle n'ont pas réussi, et dans toute nouvelle guerre menée contre l'Éthiopie, le résultat sera le même. Il n’est pas exagéré de comparer les guerres d’Israël aux campagnes menées par l’Égypte au XIXe siècle contre l’Éthiopie. Lors de la guerre des Six Jours de juin 1967, l’Égypte fut vaincue par Israël et ses alliés arabes. L'effondrement de l'armée égyptienne s'est produit dans le Sinaï, et Israël s'est emparé de la péninsule du Sinaï. Lors de la guerre d'octobre 1973, l'Égypte a remporté des victoires initiales en traversant le canal de Suez et en perçant les défenses israéliennes dans le Sinaï. Israël riposta, traversa le canal de Suez et encercla la troisième armée égyptienne. Le Sinaï fut finalement récupéré par l’Égypte par la voie diplomatique, après la signature du traité de paix égypto-israélien de 1979, lorsque Israël se retira du Sinaï en 1982. L’importance stratégique et les implications politiques de cette guerre résident dans le fait qu’elle a permis à l’Égypte de récupérer le Sinaï grâce à la diplomatie et à l’accord de paix de 1979. Dans le différend sur le Nil, la forme de l'Égypte est telle que sa propre histoire prouve l'utilité de passer d'une confrontation militaire à une résolution diplomatique. L'Égypte a récupéré le Sinaï grâce à la diplomatie et à un accord de paix après certaines actions militaires. L'Égypte n'a pas besoin d'être dans un état de guerre permanent avec Israël. Une intervention militaire contre l'Éthiopie ne permettra ni à l'Égypte de dominer le Nil, ni de garantir la sécurité de son approvisionnement en eau, ni de contraindre l'Éthiopie à devenir un État colonial ou satellite. Plutôt que de menacer de guerre et d'attaquer l'Éthiopie, le président el-Sissi devrait donner un signal fort à l'Éthiopie et aux pays du bassin du Nil concernant la coexistence pacifique et la prospérité grâce à l'utilisation équitable de l'eau du Nil. En effet, l'Égypte devrait signer l'Accord-cadre coopératif qui établit un cadre institutionnel pour coordonner la gestion à l'échelle du bassin et le développement du Nil. Le Nil ne doit pas être un obstacle entre l’Éthiopie et l’Égypte ; il devrait au contraire devenir le lien entre les deux nations. Unies par de nombreux points communs, tels que l’histoire du fleuve et l’économie, les deux nations devraient unir leurs forces pour faire de l’eau du Nil un moteur de paix et de prospérité. L’Éthiopie ne sera jamais menacée ni intimidée militairement par l’Égypte dans son utilisation légitime du Nil. Il est certain que l’Éthiopie n’a ni l’intention ni le désir de menacer ou de déstabiliser l’Égypte, ni d’utiliser des moyens militaires pour dicter à l’Égypte la manière dont elle doit se développer. Les événements liés à Gundet et à Gura montrent que l’Éthiopie ne se laissera pas intimider au point de renoncer à sa souveraineté. Les événements entourant la guerre israélo-arabe montrent que la victoire ou la défaite sur le champ de bataille ne résoudront pas nécessairement les problèmes politiques en jeu. La restitution du Sinaï illustre les avantages de la diplomatie et des accords. Une véritable victoire est celle qui préserve la paix et la souveraineté d’une nation. L’histoire des Éthiopiens montre qu’ils ont toujours été forts et unis dans la défense de leur patrie. Que ce soit lors de la bataille de Gundet et de Gura ou de celle d’Adoua, le peuple éthiopien a démontré sa capacité à organiser ses troupes et à tirer parti de terrains difficiles pour repousser ses ennemis. La défense de l’Éthiopie contre l’invasion de la Somalie en 1977-1978 offre un exemple supplémentaire de la capacité des Éthiopiens à résister et à repousser les envahisseurs. L’une des leçons à tirer de ces batailles est que, chaque fois que la souveraineté de l’Éthiopie a été remise en cause, son peuple a toujours fait preuve d’une grande détermination, d’une grande résilience et d’une grande capacité à défendre son territoire. Cette glorieuse tradition fait partie intégrante de chaque Éthiopien, mais la leçon la plus importante qu’elle nous enseigne est que la plus grande victoire est celle qui est remportée sans combat. Toutefois, si le combat devient inévitable, chaque Éthiopien est prêt à se battre pour sa patrie, rendant ainsi les Forces de défense nationale éthiopiennes invincibles. Que faire ? L’Éthiopie, l’Égypte et le Soudan devraient s’engager à la non-agression — en promettant de ne pas recourir à la menace ou à l’usage de la force les uns contre les autres, en violation de la Charte des Nations Unies, de ne pas soutenir d’actes de terrorisme dirigés contre l’un ou l’autre, et de s’abstenir de toute action susceptible de déstabiliser la région. Les trois pays devraient mettre en place des mécanismes concrets pour le partage d’informations, la garantie de la sécurité des barrages, l’atténuation des risques liés à la sécheresse et la coordination de la gestion des réservoirs. Il est essentiel de garantir le droit de l’Éthiopie à gérer ses ressources en eau de manière équitable et raisonnable, tout en tenant compte des préoccupations des pays situés en aval. Les divergences techniques peuvent être résolues par la négociation et la concertation. Par ailleurs, des échanges militaires réguliers ainsi qu’un dialogue — sous l’égide de l’Union africaine — devraient être instaurés, permettant d’aborder les questions en litige dans un esprit de bonne foi et de bonne volonté. Si la revendication de l'Égypte est que le respect de la souveraineté territoriale élimine la possibilité d'une guerre, alors l'Égypte devrait considérer l'Éthiopie dans des circonstances similaires. Si l'Égypte pense que sa sécurité est mieux garantie par des négociations pacifiques entre elle-même et Israël, alors l'Éthiopie doit être considérée dans des conditions similaires. Cela ne devrait pas consister en une perte pour l'Égypte ou une victoire pour l'Éthiopie ; il s'agit de parvenir à une solution où aucun des deux pays n'est contraint de choisir entre son propre développement et la sécurité de son voisin. Les dirigeants égyptiens devraient voir le paradoxe — l'ironie — qu'il y a à faire une déclaration affirmant qu'ils n'ont aucun plan secret contre Israël alors que des menaces militaires font toujours partie du discours public concernant l'utilisation par l'Éthiopie des eaux du Nil. Le président El-Sisi a articulé une politique qui vaut la peine d'être suivie : l'Égypte n'a pas besoin de la terre d'un autre pays pour sa sécurité. L'Éthiopie n'a pas besoin que l'Égypte se sente insecuée pour pouvoir se développer. Le Nil doit être géré par la coopération, non par la coercition ; par l'accord, non par les menaces ; et par le respect, non par les animosités historiques. Telle est la politique de paix que l'Égypte doit appliquer à l'Éthiopie — et le test auquel sa rhétorique doit être soumise. Unissons nos mains et veillons à ce que nous prospérions tous en tant que pays du bassin du Nil et faisons de chacun de nous un NIL GRAND !
L'Éthiopie et l'UE réaffirment leur engagement en faveur de la coopération pour le progrès économique et la stabilité régionale
Oct 16, 2026 55
Addis Ababa le 16 octobre, 2026 (ENA) La délégation éthiopienne a rencontré le commissaire européen chargé des partenariats internationaux, Jozef Síkela, en marge des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale qui se tiennent actuellement. Les discussions ont porté sur les progrès économiques de l’Éthiopie, la situation dans les régions du nord du pays, ainsi que sur les possibilités de renforcer l’alignement sur les priorités de développement et de pérenniser la coopération entre l’Éthiopie et l’Union européenne (UE). Le commissaire Síkela a réaffirmé le ferme engagement politique de l’UE envers l’Éthiopie, reconnaissant ce pays comme un pilier essentiel de stabilité et un partenaire fiable dans la Corne de l’Afrique, en particulier dans la région de la mer Rouge, dans un contexte de fragilité persistante et de défis régionaux en constante évolution. Il a également réaffirmé le soutien constant de l'UE à la stabilité et au développement de l'Éthiopie, soulignant le rôle stratégique de ce pays dans la promotion de la stabilité et de la coopération régionales.
L'Éthiopie envisage de jouer un rôle plus important sur les marchés financiers et d'investissement africains : le président de l'Assemblée nationale
Oct 16, 2026 59
Addis Ababa le 16 octobre, 2026 (ENA) L'Éthiopie s'impose comme une destination d'investissement et un marché financier de plus en plus importants en Afrique, grâce aux réformes économiques et au développement des partenariats d'investissement transfrontaliers, a déclaré Ahmed Shide, président de la Chambre des représentants du peuple. S'exprimant cet après-midi à Addis-Abeba lors de la tournée de présentation aux investisseurs éthiopiens consacrée à l'introduction en bourse de la raffinerie de pétrole Dangote, organisée par la Bourse éthiopienne (ESX) en collaboration avec Dangote Industries Limited, M. Ahmed a déclaré que les réformes économiques de l'Éthiopie ouvraient de nouvelles opportunités aux investisseurs nationaux et internationaux. Ces réformes renforcent également la capacité de l’Afrique à financer son propre développement, a précisé le président de l’Assemblée. « Grâce à une économie en expansion, à des réformes en cours et à un secteur privé en pleine croissance, nous envisageons que l’Éthiopie devienne une destination d’investissement et un marché financier de plus en plus importants en Afrique. » Il a souligné que la création de l’Autorité éthiopienne des marchés de capitaux, de la Bourse éthiopienne et des infrastructures de marché connexes constituait des étapes clés dans la modernisation du système financier du pays et la mobilisation de capitaux à long terme. « Le marché des capitaux éthiopien, en plein essor, offre des opportunités considérables aux investisseurs nationaux et internationaux, aux institutions financières et aux entreprises », a-t-il déclaré. Ahmed a ajouté que l’introduction de l’offre publique initiale de Dangote Petroleum Refinery auprès d’investisseurs éthiopiens éligibles témoigne du potentiel croissant des entreprises et des investisseurs africains à s’engager au-delà des frontières nationales. L’orateur a en outre souligné que la confiance des investisseurs, la transparence, la coopération réglementaire et une protection solide des investisseurs sont essentielles à la mise en place d’un marché des capitaux crédible et durable, d’autant plus que les émissions de titres dépassent de plus en plus les frontières nationales. Il s’est dit convaincu que l’expansion économique du pays, les réformes en cours et la croissance du secteur privé renforceraient sa position dans le paysage de l’investissement en Afrique, et a invité les entreprises et institutions financières internationales à participer à cette transformation. « Nous accueillons les entreprises et les institutions financières internationales qui souhaitent participer à cette transformation et contribuer au développement de notre marché des capitaux. » S’exprimant à cette occasion, Aliko Dangote, président du groupe Dangote, a pour sa part réaffirmé son engagement à développer les investissements en Éthiopie. « Nos investissements en Éthiopie n’ont pas de limite », a-t-il déclaré, soulignant la volonté du groupe de réinvestir ses bénéfices localement et de construire un partenariat à long terme qui soutienne la transformation économique du pays. « Notre partenariat en Éthiopie est un partenariat très harmonieux. Il ne s’agit pas de venir gagner de l’argent pour ensuite le retirer du pays, non. Tout ce que nous gagnons ici, non seulement nous l’investissons, mais nous apportons également davantage d’investissements », a-t-il affirmé.
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Des travaux sont en cors pour que les investisseurs de la ville coréenne d'Ulsan investissent en Éthiopie.
Mar 25, 2024 63154
Addis Abeba, le 25 mars 2024 (ENA) : - Il a été annoncé que les investisseurs d'Ulsan, une ville manufacturière et industrielle de la République de Corée du Sud, pourront investir en Éthiopie. L'ambassadeur éthiopien en République de Corée du Sud, Dessie Dalke, a eu une discussion avec le maire de la ville d'Ulsan, Kim Du-geum qui a porté sur les conditions dans lesquelles les investisseurs de la ville peuvent investir en Éthiopie et dans lesquelles la ville peut établir de solides relations fraternelles avec les villes éthiopiennes. Au cours de la discussion, l'ambassadeur Dessie Dalke a mentionné que l'Éthiopie et la Corée sont des pays entretenant des relations fortes et historiques et a déclaré que les relations devraient être renforcées par l'échange d'expériences et d'investissements, en particulier au niveau urbain. L'ambassadeur a ajouté que le maire a également demandé d'encourager les investisseurs de la ville à investir en Éthiopie. Pour sa part, le maire d'Ulsan, Doo-geum, a remercié l'Éthiopie pour son soutien pendant les moments difficiles de la Corée du Sud et a déclaré qu'ils travailleraient à établir une relation entre les villes éthiopiennes et la ville d'Ulsan. Citant comme exemple le constructeur automobile sud-coréen Hyundai, il a souligné que le pays utilise l'Éthiopie comme destination stratégique pour atteindre le marché africain ajoutant que les investisseurs de la ville auront de larges opportunités sur le marché des affaires africain en investissant en Ethiopie. Selon l'ambassade d’Ethiopie en République de Corée du Sud, l'ambassadeur Dessie Dalke a rendu visite à la compagnie Hyundai Motors lors de sa visite de travail dans la ville.
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Politique
Mise en place d'un gouvernement provisoire pour une durée de six mois dans la région du Tigray
Oct 16, 2026 70
Addis Ababa le 16 octobre, 2026 (ENA) Le gouvernement fédéral éthiopien a mis en place une administration provisoire d’une durée de six mois pour la région du Tigray. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le cabinet du Premier ministre a indiqué que cette administration avait pour mission de rétablir la paix et la stabilité, de reconstruire les infrastructures endommagées, de rétablir les services publics et de préparer la région à des élections libres et transparentes. Cette décision fait suite à une résolution de la Chambre de la Fédération et à une décision contraignante prise par la suite par le Conseil des ministres du gouvernement fédéral visant à mettre en place une administration provisoire pour la région, selon le cabinet du Premier ministre. Le communiqué indique que les efforts répétés visant à résoudre le conflit dans la région du Tigray dans le cadre de l’accord de Pretoria ont été entravés par les dirigeants du TPLF. Le communiqué mentionne que les dirigeants du TPLF ont rejeté la paix et déclenché une guerre destructrice pour la quatrième fois, soulignant que celle-ci s’était une nouvelle fois soldée par la défaite du groupe. Il a en outre souligné que la population du Tigray devait briser le cycle des conflits pour parvenir à une paix durable, exercer son droit à l’autonomie et bénéficier des opportunités de développement qui lui ont longtemps été refusées. À cette fin, le communiqué a insisté sur la nécessité pour le Tigray de renforcer sa place au sein du système fédéral éthiopien, de maintenir la paix, de donner la priorité au développement et d’approfondir l’unité avec les autres peuples du pays. Afin de faciliter la réalisation de ces objectifs aussi rapidement que possible, le gouvernement fédéral a mis en place une administration provisoire pour la région du Tigray en vertu d’un règlement du Conseil des ministres. Le communiqué ajoute qu’au-delà de la sécurité et du redressement institutionnel, l’administration a pour mandat de promouvoir la réconciliation sociale, de préparer les communautés à la reconstruction, de coordonner les activités médiatiques et d’organiser des forums publics. Elle s’efforcera également de garantir que les prochaines élections se déroulent dans le calme et soient inclusives. Le communiqué précise que cette administration doit agir dans le respect des intérêts nationaux de l’Éthiopie, de son intégrité territoriale et des intérêts fondamentaux de la population du Tigray. Son mandat se limitera à la gestion courante des affaires publiques et à la mise en place des conditions nécessaires à la tenue d’élections, à l’exclusion de toute décision stratégique à long terme, jusqu’à la mise en place d’un gouvernement régional démocratiquement élu. Cette administration fonctionnera sous la direction et la supervision du gouvernement fédéral. Dirigeants nommés Les personnalités suivantes ont été nommées à la tête du gouvernement d'intérim : 1. Assefa Abreha Hagos — Directeur général de l'Administration et des Services publics 2. Dr Tewodros Aregawe W/Selassie — Directeur général de l’Économie et de la Reconstruction 3. Général de brigade Gebre-Egziabher Beyene Hailu — Directeur général de la Paix et de la Sécurité 4 .Redae Halefom W/Selassie — Directeur général des Affaires politiques et de la Mobilisation publique 5. Dr Shishay Amare — Maire de la ville de Mekelle Le gouvernement fédéral fournira aux personnes nommées des orientations politiques, un encadrement et un soutien, tout en assurant le suivi de la mise en œuvre de leurs responsabilités. Cette période de transition de six mois place la paix, le rétablissement des institutions, la reconstruction et les préparatifs en vue d’une élection inclusive au cœur des efforts visant à ramener le Tigray à une gouvernance régionale régulière et à un retour à la normale.
Un analyste égyptien fustige les dirigeants égyptiens pour avoir tenté d'entraver le droit souverain de l'Éthiopie sur la mer Rouge
Oct 15, 2026 184
Addis Ababa le 15 octobre, 2026 (ENA) L'analyste politique égyptien Magdi Khalil a vivement critiqué les dirigeants égyptiens pour s'être opposés et avoir combattu le droit de l'Éthiopie à accéder à la mer Rouge. « S'il y avait en Égypte des dirigeants dotés de vision et de clairvoyance, ils s'efforceraient d'aider l'Éthiopie à obtenir un accès à la mer Rouge au lieu de s'y opposer et de le combattre », a-t-il déclaré. L’analyste égyptien a critiqué l’opposition de son pays aux efforts déployés par l’Éthiopie pour obtenir un accès à la mer Rouge et a appelé l’Égypte à réévaluer sa politique à l’égard de l’Éthiopie et à passer de la confrontation à la coopération. Lors d’un entretien sur Zoom avec l’ENA, M. Khalil a déclaré que l’Éthiopie, en tant que grand pays enclavé, disposait du droit souverain d’accéder à la mer Rouge. « L’Éthiopie dispose du droit souverain de conclure des accords avec des pays afin de s’assurer un ou plusieurs débouchés sur la mer Rouge, à condition que cela se fasse de manière pacifique, que ce soit pour cinquante ou cent ans », a-t-il ajouté. L’analyste s’est en outre interrogé sur les raisons sous-jacentes à l’opposition à l’accès de l’Éthiopie à la mer Rouge, soulignant que la présence historique de l’Éthiopie sur le littoral n’avait jamais porté préjudice aux pays voisins. Les revendications de l’Éthiopie devraient donc être abordées dans un esprit de coopération et d’intérêts mutuels plutôt que par la confrontation politique et l’hostilité. Khalil a appelé à la tenue d’une réunion rassemblant les pays riverains de la mer Rouge afin de discuter de leurs intérêts communs et de parvenir à des accords régionaux. L’analyste égyptien a souligné l’importance de remplacer la concurrence hostile par la coopération, insistant sur le fait que des accords pacifiques pourraient fournir un cadre concret pour répondre aux besoins maritimes de l’Éthiopie. Selon lui, certains pays étaient disposés à conclure des accords avec l’Éthiopie pour lui garantir un accès maritime, estimant que des arrangements à long terme pourraient renforcer la coopération et la stabilité dans la Corne de l’Afrique et la région de la mer Rouge. Par ailleurs, Khalil a critiqué la position historique de l’Égypte sur la question érythréenne, soulignant que l’Égypte, aux côtés d’autres pays arabes, avait soutenu le Front de libération de l’Érythrée, fondé au Caire en 1960. Il a fait valoir que l’indépendance de l’Érythrée en 1991 et le statut d’État enclavé de l’Éthiopie qui en a résulté nécessitaient une réévaluation des positions régionales ayant contribué à cette situation. L'analyste a qualifié le soutien apporté par l'Égypte au mouvement érythréen d'erreur historique qui a nui aux relations entre les deux pays, lesquelles auraient dû reposer sur la coopération.
L'ISP appelle à une utilisation responsable des réseaux sociaux pour favoriser l'unité et le respect de la diversité en Éthiopie
Oct 15, 2026 158
Addis Ababa le 15 octobre, 2026 (ENA) L’Institut éthiopien d’études politiques (PSI) souligne l’importance d’une utilisation responsable des réseaux sociaux pour promouvoir la compréhension, le respect de la diversité de l’Éthiopie et la cohésion sociale entre ses différentes communautés. S’exprimant lors d’un atelier de validation d’une étude sur l’utilisation et l’abus des réseaux sociaux en Éthiopie, le directeur général du PSI, Fikadu Tsega, a déclaré que les plateformes numériques pouvaient contribuer à surmonter les divergences sociales et politiques et à rassembler les citoyens autour d’objectifs nationaux communs. Il a souligné que la diversité des cultures, des croyances et des identités éthiopiennes devait être mise en valeur par un dialogue constructif et des valeurs partagées, permettant ainsi aux réseaux sociaux de contribuer à la cohésion nationale plutôt que d’aggraver les divisions. Le directeur général a noté que les réseaux sociaux pouvaient également soutenir cet effort en promouvant des contenus positifs, en renforçant la compréhension mutuelle et en encourageant le dialogue sur les enjeux politiques, économiques et culturels du pays. Il a déclaré que la lutte contre les abus passait à la fois par la sensibilisation du public et par la responsabilisation, expliquant que les contenus préjudiciables résultant d’un manque de sensibilisation pouvaient être combattus par l’éducation, tandis que les actions délibérées nécessitaient des mesures de responsabilisation appropriées. Tout en reconnaissant le rôle des lois existantes relatives aux discours de haine et aux fausses informations, il a souligné que l’application de la loi devait être complétée par des actions de sensibilisation visant à encourager une utilisation responsable et à protéger les droits d’autrui. L'atelier de validation a réuni des chercheurs de l'université d'Addis-Abeba, de l'Institut éthiopien d'études politiques (PSI) et de l'Autorité éthiopienne des médias. Il vise à valider les conclusions de l'étude et à s'appuyer sur l'expertise et les points de vue des participants afin d'identifier des approches politiques qui favorisent une utilisation responsable des réseaux sociaux et renforcent leur contribution à l'unité nationale et aux valeurs communes.
L'Éthiopie appelle à une restructuration de la dette souveraine plus rapide et mieux coordonnée
Oct 14, 2026 246
Addis Ababa le 14 octobre, 2026 (ENA) L'Éthiopie a appelé à un processus de restructuration de la dette souveraine plus rationalisé et plus prévisible, en insistant sur une coordination renforcée entre les créanciers et une coopération accrue dans le cadre du Cadre commun afin d'aider les pays à rétablir leur stabilité financière et à débloquer des financements pour le développement. Le gouverneur de la Banque nationale d’Éthiopie (NBE), Eyob Tekalign, a lancé cet appel lors d’une intervention à la Table ronde mondiale sur la dette souveraine (GSDR), en marge des Assemblées annuelles 2026 du FMI et du Groupe de la Banque mondiale à Bangkok, en Thaïlande. S'appuyant sur l'expérience de l'Éthiopie en matière de restructuration de la dette, Eyob a souligné la nécessité de fixer des délais précis pour les pays qui s'engagent dans ce processus, d'améliorer la coordination entre les créanciers et de plafonner dès le départ les honoraires des conseillers afin de rendre la restructuration plus efficace et plus prévisible. Pour l'avenir, l'Éthiopie a exhorté le GSDR à donner la priorité à une coopération plus étroite entre les institutions de Bretton Woods, à revoir les critères d'éligibilité trop stricts applicables aux pays sortant d'une restructuration dont la notation de crédit reste temporairement affaiblie, et à améliorer la coordination des nouveaux financements destinés à soutenir les priorités nationales en matière de développement, a-t-on indiqué.
Le Premier ministre Abiy s'entretient par téléphone avec le secrétaire d'État américain Rubio
Oct 14, 2026 198
Addis Ababa le 14 ocotbre, 2026 (ENA) Le Premier ministre Abiy Ahmed a déclaré avoir eu un entretien téléphonique fructueux avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio sur des questions bilatérales, régionales et multilatérales clés d’intérêt commun. « Notre discussion témoigne de la volonté des deux pays de transformer la relation durable entre l’Éthiopie et les États-Unis en un partenariat plus stratégique et plus concret », a écrit le Premier ministre sur les réseaux sociaux. Il s’est félicité de l’assurance donnée par Washington de son soutien continu à l’Éthiopie, réaffirmant l’engagement commun des deux pays à faire progresser la coopération bilatérale et à répondre aux priorités régionales et multilatérales. « Je me réjouis de l’assurance donnée par les États-Unis de leur soutien continu à l’Éthiopie et de notre engagement commun à faire progresser la coopération bilatérale et à répondre aux priorités régionales et multilatérales », a souligné le Premier ministre.
Le Forum de Tana place l'Éthiopie au cœur de la quête de paix et de sécurité en Afrique
Oct 14, 2026 212
Par Temesegen Assefa Le 14 octobre, 2026 (ENA) Alors que l’Afrique est confrontée à des conflits persistants, à des rivalités géopolitiques et à des vulnérabilités économiques, l’Éthiopie s’apprête à accueillir un rassemblement continental de haut niveau visant à promouvoir des solutions africaines aux défis de paix et de sécurité du continent. Le 12e Forum de haut niveau de Tana sur la sécurité en Afrique, prévu du 23 au 25 octobre à Bahir Dar, intervient à un moment crucial où les relations entre stabilité politique, souveraineté économique et concurrence entre les grandes puissances mondiales façonnent de plus en plus l’avenir de l’Afrique. Sous le thème « Les voies vers la paix en Afrique : souveraineté économique et transformation géopolitique », le forum réunira des dirigeants politiques, des décideurs, des chercheurs et des experts en sécurité afin d’explorer les moyens de renforcer la coopération continentale et de traduire les priorités communes en actions concrètes. Pour l’Éthiopie, accueillir ce forum représente bien plus qu’une simple occasion de réunir des voix africaines influentes. Cela renforce la contribution du pays à la diplomatie continentale et offre une tribune pour faire avancer le dialogue sur les défis structurels auxquels sont confrontés la Corne de l’Afrique et l’ensemble du continent. Créé en 2012, le Forum de Tana s’est imposé comme une plateforme permettant d’examiner les défis sécuritaires de l’Afrique sous un angle africain, en réunissant divers acteurs afin d’analyser les causes des conflits et d’explorer les voies menant à une paix durable. Sa question centrale reste d’actualité : comment l’Afrique peut-elle passer de la simple gestion des crises récurrentes à la mise en place des fondements politiques, économiques et institutionnels nécessaires à une stabilité durable ? Des solutions africaines aux défis africains Partout en Afrique, les conflits surgissent rarement de manière isolée. L’exclusion politique, la faiblesse des institutions, la concurrence pour les ressources, les inégalités économiques et les griefs non résolus peuvent se conjuguer pour créer des conditions dans lesquelles l’instabilité persiste bien au-delà de la flambée immédiate de la violence. Les conséquences s’étendent bien au-delà des champs de bataille. Les conflits provoquent des déplacements de populations, perturbent le commerce, découragent les investissements, affaiblissent les institutions publiques et détournent les ressources des services essentiels et du développement. Dans les régions déjà confrontées à des pressions liées au climat et à l’incertitude économique, l’insécurité peut fragiliser davantage les moyens de subsistance et aggraver les vulnérabilités. Pour relever ces défis, il faut aller au-delà des réponses militaires ou des interventions d’urgence. Une paix durable repose sur une diplomatie préventive, des processus politiques inclusifs, des institutions responsables et des opportunités économiques permettant aux communautés de participer de manière significative au développement national. C’est là que l’appropriation africaine revêt une importance particulière. Les pays africains et les institutions régionales possèdent une connaissance précieuse des griefs historiques, des dynamiques politiques et des réalités locales qui sous-tendent de nombreux conflits. Renforcer leur capacité à anticiper les crises, à servir de médiateurs dans les différends et à soutenir la consolidation de la paix peut contribuer à élaborer des réponses mieux adaptées aux spécificités du continent. Les solutions menées par l’Afrique n’impliquent toutefois pas que le continent agisse seul. Les partenariats internationaux restent essentiels pour apporter expertise, investissements et soutien diplomatique. Leur efficacité dépend de leur capacité à renforcer les priorités et les capacités institutionnelles africaines, plutôt qu’à se substituer au leadership local. En réunissant des dirigeants politiques, des universitaires et des professionnels de la sécurité, le Forum de Tana offre l’occasion de faire le lien entre les débats politiques et l’expérience pratique, en encourageant des approches qui s’attaquent non seulement aux symptômes de l’insécurité, mais aussi à ses causes profondes. Le rôle stratégique de l’Éthiopie dans la diplomatie continentale L’Éthiopie occupe une position stratégique majeure dans la Corne de l’Afrique, une région où les évolutions politiques, les enjeux sécuritaires et les intérêts économiques sont étroitement liés. Le fait qu’elle accueille le siège de l’Union africaine à Addis-Abeba a également fait de ce pays un pôle important de la diplomatie continentale. Dans ce contexte, le Forum de Tana vient compléter les engagements diplomatiques officiels en offrant un espace de réflexion approfondie sur les nouvelles tendances en matière de sécurité, les tensions régionales et les conditions structurelles qui façonnent la paix et la stabilité. Le fait d’accueillir cette rencontre à Bahir Dar permet également d’étendre le dialogue continental au-delà de la capitale politique de l’Éthiopie, en associant des discussions de haut niveau à une ville qui offre un cadre unique pour des échanges sur l’avenir de l’Afrique. Pour l’Éthiopie, ce forum offre l’occasion de contribuer à la réflexion continentale sur la prévention des conflits, la coopération régionale et la relation entre sécurité et développement. Il peut également contribuer à renforcer la collaboration entre les décideurs politiques, les chercheurs et les praticiens, dont la coopération est essentielle pour relever les défis régionaux complexes. Pourtant, l’importance d’organiser un forum international ne se mesure pas uniquement à l’envergure de ses participants ou à l’ampleur des débats qui y sont menés. Sa véritable valeur réside dans la capacité des idées qui y naissent à influencer les politiques, à renforcer les partenariats et à contribuer à des progrès concrets. La contribution de l’Éthiopie à la diplomatie continentale dépendra donc d’un engagement soutenu, d’un dialogue constructif et de la capacité à relier les discussions menées dans le cadre de plateformes telles que Tana à des initiatives plus larges de consolidation de la paix. Pourquoi la coopération régionale est-elle essentielle ? La Corne de l’Afrique illustre à quel point la sécurité nationale est étroitement liée à la stabilité régionale. Les tensions politiques, les conflits armés, le terrorisme, les pressions liées au climat et les vulnérabilités économiques peuvent dépasser les frontières, entraînant des conséquences qu’aucun pays ne peut gérer efficacement de manière isolée. L’insécurité dans un pays peut provoquer des déplacements de population vers les États voisins, perturber les voies commerciales et nuire aux investissements régionaux. Les désaccords concernant les ressources partagées et les intérêts stratégiques concurrents peuvent également mettre à rude épreuve les relations, rendant la coopération plus difficile précisément au moment où elle est la plus nécessaire. Pour l’Éthiopie, la stabilité régionale est étroitement liée au développement économique, aux relations diplomatiques et aux perspectives d’une intégration plus poussée dans toute la Corne de l’Afrique. Le renforcement du commerce transfrontalier, de la connectivité des transports, du développement des infrastructures et de la coopération dans la gestion des ressources communes peut générer des opportunités économiques tout en renforçant les intérêts mutuels entre pays voisins. À l’inverse, des tensions prolongées peuvent augmenter les coûts, affaiblir la confiance et limiter le potentiel de développement de la région. Le défi consiste à mettre en place des mécanismes permettant aux pays de gérer pacifiquement leurs désaccords, d’empêcher l’escalade des conflits locaux et d’identifier des domaines d’intérêt commun malgré leurs divergences politiques. Le Forum de Tana offre une tribune permettant d’examiner ces possibilités. Grâce au dialogue et à l’échange d’expériences en matière de politiques publiques, les participants peuvent explorer comment les États voisins et les institutions régionales peuvent renforcer la diplomatie préventive, améliorer la coordination et élaborer des approches qui s’attaquent à la fois aux menaces immédiates pour la sécurité et à leurs causes profondes. Dans une région marquée par des intérêts nationaux qui se chevauchent et par une concurrence géopolitique plus large, un engagement soutenu n’est pas simplement une préférence diplomatique ; c’est un élément essentiel d’une stabilité durable. La souveraineté économique, fondement de la paix L’accent mis par le 12e Forum de Tana sur la souveraineté économique met en lumière une dimension souvent négligée de la sécurité africaine : la capacité des pays à bâtir des économies résilientes et à faire des choix significatifs quant à leurs priorités de développement. Partout sur le continent, les pressions liées à la dette extérieure, les capacités industrielles limitées, la dépendance vis-à-vis des exportations de matières premières et l’exposition à la volatilité des marchés internationaux peuvent restreindre les options politiques des gouvernements. Ces vulnérabilités peuvent limiter les investissements dans les services publics, les infrastructures et les secteurs productifs, tout en réduisant les ressources disponibles pour relever les défis en matière de sécurité. La dépendance économique peut également réduire la marge de manœuvre d’un pays alors que les puissances mondiales se disputent l’accès aux ressources naturelles, aux marchés, aux infrastructures et aux emplacements stratégiques. Cette concurrence présente à la fois des opportunités et des risques pour l’Afrique. Les investissements étrangers, les transferts de technologie et les partenariats internationaux peuvent soutenir l’industrialisation et la transformation économique. Cependant, lorsque les intérêts extérieurs prennent le pas sur les priorités de développement africaines, ces relations peuvent exacerber les rivalités et limiter les bénéfices dont peuvent bénéficier les économies locales. La souveraineté économique ne doit donc pas être comprise simplement comme une réduction de la dépendance vis-à-vis de l’extérieur. Elle implique également de renforcer les capacités de production nationales, de mobiliser des ressources, de mettre en place des institutions efficaces, d’élargir les marchés régionaux et de négocier des partenariats internationaux qui favorisent la réalisation des objectifs de développement à long terme. Ces priorités ont des implications directes pour la paix et la sécurité. Lorsque les opportunités économiques sont limitées et que les inégalités persistent, les mécontentements sociaux peuvent s’aggraver et les tensions politiques devenir plus difficiles à résoudre. À l’inverse, une croissance économique inclusive, des institutions plus solides et un meilleur accès aux moyens de subsistance peuvent contribuer à créer des conditions plus propices à la stabilité. Pour l’Éthiopie et ses voisins, une coopération accrue dans les domaines du commerce, des infrastructures, de l’énergie et de la gestion des ressources peut renforcer la résilience économique et consolider les intérêts communs en matière de paix. L’intégration économique régionale peut également encourager le dialogue en démontrant les avantages concrets de la stabilité. Le thème du forum met donc en lumière une réalité stratégique plus large : la capacité de l’Afrique à préserver la paix est étroitement liée à sa capacité à façonner son avenir économique et à s’adapter à un environnement international de plus en plus concurrentiel. Du dialogue à l’action concrète Malgré toute l’importance du dialogue continental, le programme africain en matière de paix et de sécurité reste confronté à un défi fondamental : traduire les engagements politiques en résultats concrets sur le terrain. Les réunions de haut niveau peuvent instaurer la confiance, susciter des idées et définir des priorités communes. Mais leur impact dépend en fin de compte de la mise en œuvre, de la coordination institutionnelle et d’un engagement politique durable. Les gouvernements, l’Union africaine, les organisations régionales, les instituts de recherche et les autres parties prenantes ont tous un rôle à jouer pour faire le lien entre les discussions politiques et les réponses concrètes. Une coopération renforcée peut améliorer les systèmes d’alerte précoce, soutenir les efforts de médiation, renforcer la prévention des conflits et encourager des approches de consolidation de la paix fondées sur des données factuelles. Les instituts de recherche peuvent aider à identifier les facteurs d’instabilité et à évaluer l’efficacité des interventions. Les expériences des communautés touchées par les conflits peuvent également éclairer l’élaboration de politiques qui répondent aux réalités locales plutôt que de s’appuyer exclusivement sur des évaluations de haut niveau. La continuité revêt une importance tout aussi grande. Les recommandations issues de forums tels que celui de Tana doivent éclairer les discussions politiques ultérieures, les partenariats institutionnels et les initiatives concrètes. Les progrès doivent être évalués non seulement à l’aune des déclarations et des engagements, mais aussi à travers les améliorations apportées à la coopération, à la prévention des conflits et à la capacité des institutions à répondre aux menaces émergentes. Pour l’Éthiopie, contribuer à renforcer ces liens permettrait d’accroître la contribution du forum à la diplomatie continentale et de soutenir les efforts africains plus larges visant à instaurer une paix durable. Le succès de la réunion de Bahir Dar se mesurera en fin de compte à la capacité de ses discussions à rapprocher le continent de solutions pouvant être mises en œuvre, pérennisées et adaptées à l’évolution des circonstances. Renforcer la voie de l’Afrique vers la paix Les défis liés à la paix et à la sécurité en Afrique sont indissociables de ses perspectives économiques, de ses institutions politiques et de sa place dans un ordre mondial en mutation. Y répondre nécessite une approche globale alliant diplomatie préventive, gouvernance inclusive, coopération régionale et développement durable. Le 12e Forum de haut niveau de Tana est très attendu, car il offre l’occasion de faire progresser cette approche en plaçant les perspectives africaines au cœur des discussions sur l’avenir du continent. Pour l’Éthiopie, l’organisation de ce forum renforce son engagement dans les affaires continentales et crée un espace propice à la promotion de la coopération entre les partenaires africains. Pour l’ensemble du continent, ce rassemblement offre l’occasion d’examiner comment la souveraineté économique, les partenariats stratégiques et des institutions régionales plus solides peuvent contribuer à un avenir plus stable et plus résilient. En fin de compte, la quête de paix de l’Afrique ne peut reposer uniquement sur le dialogue. Elle nécessite une volonté politique, des capacités institutionnelles, des opportunités économiques et un engagement durable à résoudre les différends par des moyens pacifiques. Alors que les participants se réunissent à Bahir Dar, le défi consistera à traduire en actions concrètes cet engagement commun en faveur de l’appropriation africaine : renforcer les institutions, approfondir la coopération régionale et s’attaquer aux conditions structurelles qui permettent aux conflits de perdurer. L’importance durable du Forum de Tana ne résidera pas simplement dans les discussions qu’il suscitera, mais dans les progrès que ces discussions contribueront à rendre possibles : une Afrique mieux armée pour gérer ses propres défis en matière de sécurité, façonner son avenir géopolitique et veiller à ce que la paix et le développement aillent de pair.
La Chambre des députés approuve un prêt de 145,8 millions de dollars américains destiné à la modernisation du secteur de l'électricité
Oct 14, 2026 145
Addis Ababa le 14 octobre, 2026 (ENA) La Chambre des représentants du peuple (HPR) d’Éthiopie a approuvé à l’unanimité un accord de prêt concessionnel de 145,8 millions de dollars américains avec l’Association internationale de développement (IDA) afin de financer la première phase du projet de réforme, d’investissement et de modernisation du secteur de l’électricité. Cette approbation est intervenue lors de la deuxième session ordinaire de la 7e législature, au cours de laquelle les députés ont examiné et adopté le projet de décret ratifiant l'accord de financement complémentaire signé entre le gouvernement éthiopien et l'IDA. Lors de la présentation de l’accord à la Chambre, le chef de groupe du gouvernement, Fekadu Tessema, a déclaré que ces fonds seraient utilisés pour moderniser les infrastructures électriques d’Addis-Abeba. Parmi les principales initiatives figurent l’extension du réseau de transport d’électricité, la construction de nouvelles sous-stations, la modernisation des installations existantes et l’installation de lignes électriques souterraines. Fekadu a souligné que ce projet jouera également un rôle essentiel pour garantir un approvisionnement en électricité fiable et moderne lors de la 32e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP32), que l’Éthiopie doit accueillir en 2027. Selon le chef de groupe parlementaire, ce prêt offre des conditions concessionnelles très avantageuses, notamment un délai de grâce de six ans et une durée de remboursement de 31 ans, ce qui minimise la charge financière pesant sur le gouvernement. Il a ajouté que ce financement s'inscrit dans le cadre de la stratégie nationale globale de gestion de la dette de l'Éthiopie, tout en favorisant une croissance économique durable grâce au renforcement du réseau électrique. À l'issue des délibérations, la Chambre a approuvé à l'unanimité le projet de proclamation, ratifiant officiellement l'accord portant sur un montant supplémentaire de 145,8 millions de dollars américains sous le numéro de proclamation n° 1441/2026.
L'Égypte aggrave la guerre civile au Soudan avec le récent massacre de plus de 200 civils
Oct 13, 2026 314
Addis Ababa le 13 octobre, 2026 (ENA) L'Égypte aurait massacré au moins 200 mineurs soudanais et en aurait blessé de nombreux autres lors d'attaques menées contre des sites miniers dans la région d'Al-Wadi Nord, au Soudan. De nombreux observateurs estiment que ces récentes attaques contre des civils s'inscrivent dans le cadre de l'implication directe et indirecte de l'Égypte dans le conflit qui sévit actuellement au Soudan, dans le but de maximiser ses propres intérêts. Dans un entretien récent accordé à l’ENA, Abdulshakur Abdulsamad, chercheur senior au Centre d’études stratégiques et d’initiative pour l’intégration régionale, a souligné que l’Égypte cherchait à prolonger la guerre au Soudan afin de continuer à tirer profit des ressources en eau de ce pays. Le conflit en cours permet à l’Égypte de bénéficier de quantités d’eau supérieures à la normale que le Soudan n’a pas été en mesure d’utiliser, a noté le chercheur senior. À cet égard, l’Égypte aurait mené, samedi 10 octobre, des frappes aériennes sur des sites miniers artisanaux situés dans la zone de Shamal al-Wadi, au nord-est de la région soudanaise de la mer Rouge, alors que les mineurs s’apprêtaient à commencer leur travail, selon le Sudan Tribune. En réponse, l’Alliance civile démocratique des forces de la révolution, connue sous le nom de Somoud, a confirmé et condamné ces frappes aériennes, affirmant qu’elles avaient été menées par l’armée égyptienne sur le territoire soudanais. « Prendre pour cible des civils et mettre leur vie en danger est inacceptable et ne peut être justifié par aucun argument sécuritaire. Nous tenons les dirigeants des autorités nommées par les Forces armées soudanaises pour responsables de ce qui se passe dans ces zones sous leur contrôle », a déclaré Somoud. L’alliance a ajouté : « Nous exigeons qu’elles s’abstiennent de garder le silence, comme elles l’ont fait à la suite des précédentes frappes aériennes, et qu’elles prennent publiquement une position claire sur ce qui s’est passé — d’autant plus qu’elles invoquent sans cesse la souveraineté comme prétexte pour prolonger la guerre qui dévaste le peuple soudanais. » Somoud a également appelé à une enquête urgente et indépendante sur ces frappes aériennes, à la mise en place de mesures visant à protéger les mineurs, à la fourniture de soins médicaux d’urgence et d’une aide aux personnes touchées, ainsi qu’à des garanties contre la répétition de telles attaques.
Politique
Mise en place d'un gouvernement provisoire pour une durée de six mois dans la région du Tigray
Oct 16, 2026 70
Addis Ababa le 16 octobre, 2026 (ENA) Le gouvernement fédéral éthiopien a mis en place une administration provisoire d’une durée de six mois pour la région du Tigray. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le cabinet du Premier ministre a indiqué que cette administration avait pour mission de rétablir la paix et la stabilité, de reconstruire les infrastructures endommagées, de rétablir les services publics et de préparer la région à des élections libres et transparentes. Cette décision fait suite à une résolution de la Chambre de la Fédération et à une décision contraignante prise par la suite par le Conseil des ministres du gouvernement fédéral visant à mettre en place une administration provisoire pour la région, selon le cabinet du Premier ministre. Le communiqué indique que les efforts répétés visant à résoudre le conflit dans la région du Tigray dans le cadre de l’accord de Pretoria ont été entravés par les dirigeants du TPLF. Le communiqué mentionne que les dirigeants du TPLF ont rejeté la paix et déclenché une guerre destructrice pour la quatrième fois, soulignant que celle-ci s’était une nouvelle fois soldée par la défaite du groupe. Il a en outre souligné que la population du Tigray devait briser le cycle des conflits pour parvenir à une paix durable, exercer son droit à l’autonomie et bénéficier des opportunités de développement qui lui ont longtemps été refusées. À cette fin, le communiqué a insisté sur la nécessité pour le Tigray de renforcer sa place au sein du système fédéral éthiopien, de maintenir la paix, de donner la priorité au développement et d’approfondir l’unité avec les autres peuples du pays. Afin de faciliter la réalisation de ces objectifs aussi rapidement que possible, le gouvernement fédéral a mis en place une administration provisoire pour la région du Tigray en vertu d’un règlement du Conseil des ministres. Le communiqué ajoute qu’au-delà de la sécurité et du redressement institutionnel, l’administration a pour mandat de promouvoir la réconciliation sociale, de préparer les communautés à la reconstruction, de coordonner les activités médiatiques et d’organiser des forums publics. Elle s’efforcera également de garantir que les prochaines élections se déroulent dans le calme et soient inclusives. Le communiqué précise que cette administration doit agir dans le respect des intérêts nationaux de l’Éthiopie, de son intégrité territoriale et des intérêts fondamentaux de la population du Tigray. Son mandat se limitera à la gestion courante des affaires publiques et à la mise en place des conditions nécessaires à la tenue d’élections, à l’exclusion de toute décision stratégique à long terme, jusqu’à la mise en place d’un gouvernement régional démocratiquement élu. Cette administration fonctionnera sous la direction et la supervision du gouvernement fédéral. Dirigeants nommés Les personnalités suivantes ont été nommées à la tête du gouvernement d'intérim : 1. Assefa Abreha Hagos — Directeur général de l'Administration et des Services publics 2. Dr Tewodros Aregawe W/Selassie — Directeur général de l’Économie et de la Reconstruction 3. Général de brigade Gebre-Egziabher Beyene Hailu — Directeur général de la Paix et de la Sécurité 4 .Redae Halefom W/Selassie — Directeur général des Affaires politiques et de la Mobilisation publique 5. Dr Shishay Amare — Maire de la ville de Mekelle Le gouvernement fédéral fournira aux personnes nommées des orientations politiques, un encadrement et un soutien, tout en assurant le suivi de la mise en œuvre de leurs responsabilités. Cette période de transition de six mois place la paix, le rétablissement des institutions, la reconstruction et les préparatifs en vue d’une élection inclusive au cœur des efforts visant à ramener le Tigray à une gouvernance régionale régulière et à un retour à la normale.
Un analyste égyptien fustige les dirigeants égyptiens pour avoir tenté d'entraver le droit souverain de l'Éthiopie sur la mer Rouge
Oct 15, 2026 184
Addis Ababa le 15 octobre, 2026 (ENA) L'analyste politique égyptien Magdi Khalil a vivement critiqué les dirigeants égyptiens pour s'être opposés et avoir combattu le droit de l'Éthiopie à accéder à la mer Rouge. « S'il y avait en Égypte des dirigeants dotés de vision et de clairvoyance, ils s'efforceraient d'aider l'Éthiopie à obtenir un accès à la mer Rouge au lieu de s'y opposer et de le combattre », a-t-il déclaré. L’analyste égyptien a critiqué l’opposition de son pays aux efforts déployés par l’Éthiopie pour obtenir un accès à la mer Rouge et a appelé l’Égypte à réévaluer sa politique à l’égard de l’Éthiopie et à passer de la confrontation à la coopération. Lors d’un entretien sur Zoom avec l’ENA, M. Khalil a déclaré que l’Éthiopie, en tant que grand pays enclavé, disposait du droit souverain d’accéder à la mer Rouge. « L’Éthiopie dispose du droit souverain de conclure des accords avec des pays afin de s’assurer un ou plusieurs débouchés sur la mer Rouge, à condition que cela se fasse de manière pacifique, que ce soit pour cinquante ou cent ans », a-t-il ajouté. L’analyste s’est en outre interrogé sur les raisons sous-jacentes à l’opposition à l’accès de l’Éthiopie à la mer Rouge, soulignant que la présence historique de l’Éthiopie sur le littoral n’avait jamais porté préjudice aux pays voisins. Les revendications de l’Éthiopie devraient donc être abordées dans un esprit de coopération et d’intérêts mutuels plutôt que par la confrontation politique et l’hostilité. Khalil a appelé à la tenue d’une réunion rassemblant les pays riverains de la mer Rouge afin de discuter de leurs intérêts communs et de parvenir à des accords régionaux. L’analyste égyptien a souligné l’importance de remplacer la concurrence hostile par la coopération, insistant sur le fait que des accords pacifiques pourraient fournir un cadre concret pour répondre aux besoins maritimes de l’Éthiopie. Selon lui, certains pays étaient disposés à conclure des accords avec l’Éthiopie pour lui garantir un accès maritime, estimant que des arrangements à long terme pourraient renforcer la coopération et la stabilité dans la Corne de l’Afrique et la région de la mer Rouge. Par ailleurs, Khalil a critiqué la position historique de l’Égypte sur la question érythréenne, soulignant que l’Égypte, aux côtés d’autres pays arabes, avait soutenu le Front de libération de l’Érythrée, fondé au Caire en 1960. Il a fait valoir que l’indépendance de l’Érythrée en 1991 et le statut d’État enclavé de l’Éthiopie qui en a résulté nécessitaient une réévaluation des positions régionales ayant contribué à cette situation. L'analyste a qualifié le soutien apporté par l'Égypte au mouvement érythréen d'erreur historique qui a nui aux relations entre les deux pays, lesquelles auraient dû reposer sur la coopération.
L'ISP appelle à une utilisation responsable des réseaux sociaux pour favoriser l'unité et le respect de la diversité en Éthiopie
Oct 15, 2026 158
Addis Ababa le 15 octobre, 2026 (ENA) L’Institut éthiopien d’études politiques (PSI) souligne l’importance d’une utilisation responsable des réseaux sociaux pour promouvoir la compréhension, le respect de la diversité de l’Éthiopie et la cohésion sociale entre ses différentes communautés. S’exprimant lors d’un atelier de validation d’une étude sur l’utilisation et l’abus des réseaux sociaux en Éthiopie, le directeur général du PSI, Fikadu Tsega, a déclaré que les plateformes numériques pouvaient contribuer à surmonter les divergences sociales et politiques et à rassembler les citoyens autour d’objectifs nationaux communs. Il a souligné que la diversité des cultures, des croyances et des identités éthiopiennes devait être mise en valeur par un dialogue constructif et des valeurs partagées, permettant ainsi aux réseaux sociaux de contribuer à la cohésion nationale plutôt que d’aggraver les divisions. Le directeur général a noté que les réseaux sociaux pouvaient également soutenir cet effort en promouvant des contenus positifs, en renforçant la compréhension mutuelle et en encourageant le dialogue sur les enjeux politiques, économiques et culturels du pays. Il a déclaré que la lutte contre les abus passait à la fois par la sensibilisation du public et par la responsabilisation, expliquant que les contenus préjudiciables résultant d’un manque de sensibilisation pouvaient être combattus par l’éducation, tandis que les actions délibérées nécessitaient des mesures de responsabilisation appropriées. Tout en reconnaissant le rôle des lois existantes relatives aux discours de haine et aux fausses informations, il a souligné que l’application de la loi devait être complétée par des actions de sensibilisation visant à encourager une utilisation responsable et à protéger les droits d’autrui. L'atelier de validation a réuni des chercheurs de l'université d'Addis-Abeba, de l'Institut éthiopien d'études politiques (PSI) et de l'Autorité éthiopienne des médias. Il vise à valider les conclusions de l'étude et à s'appuyer sur l'expertise et les points de vue des participants afin d'identifier des approches politiques qui favorisent une utilisation responsable des réseaux sociaux et renforcent leur contribution à l'unité nationale et aux valeurs communes.
L'Éthiopie appelle à une restructuration de la dette souveraine plus rapide et mieux coordonnée
Oct 14, 2026 246
Addis Ababa le 14 octobre, 2026 (ENA) L'Éthiopie a appelé à un processus de restructuration de la dette souveraine plus rationalisé et plus prévisible, en insistant sur une coordination renforcée entre les créanciers et une coopération accrue dans le cadre du Cadre commun afin d'aider les pays à rétablir leur stabilité financière et à débloquer des financements pour le développement. Le gouverneur de la Banque nationale d’Éthiopie (NBE), Eyob Tekalign, a lancé cet appel lors d’une intervention à la Table ronde mondiale sur la dette souveraine (GSDR), en marge des Assemblées annuelles 2026 du FMI et du Groupe de la Banque mondiale à Bangkok, en Thaïlande. S'appuyant sur l'expérience de l'Éthiopie en matière de restructuration de la dette, Eyob a souligné la nécessité de fixer des délais précis pour les pays qui s'engagent dans ce processus, d'améliorer la coordination entre les créanciers et de plafonner dès le départ les honoraires des conseillers afin de rendre la restructuration plus efficace et plus prévisible. Pour l'avenir, l'Éthiopie a exhorté le GSDR à donner la priorité à une coopération plus étroite entre les institutions de Bretton Woods, à revoir les critères d'éligibilité trop stricts applicables aux pays sortant d'une restructuration dont la notation de crédit reste temporairement affaiblie, et à améliorer la coordination des nouveaux financements destinés à soutenir les priorités nationales en matière de développement, a-t-on indiqué.
Le Premier ministre Abiy s'entretient par téléphone avec le secrétaire d'État américain Rubio
Oct 14, 2026 198
Addis Ababa le 14 ocotbre, 2026 (ENA) Le Premier ministre Abiy Ahmed a déclaré avoir eu un entretien téléphonique fructueux avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio sur des questions bilatérales, régionales et multilatérales clés d’intérêt commun. « Notre discussion témoigne de la volonté des deux pays de transformer la relation durable entre l’Éthiopie et les États-Unis en un partenariat plus stratégique et plus concret », a écrit le Premier ministre sur les réseaux sociaux. Il s’est félicité de l’assurance donnée par Washington de son soutien continu à l’Éthiopie, réaffirmant l’engagement commun des deux pays à faire progresser la coopération bilatérale et à répondre aux priorités régionales et multilatérales. « Je me réjouis de l’assurance donnée par les États-Unis de leur soutien continu à l’Éthiopie et de notre engagement commun à faire progresser la coopération bilatérale et à répondre aux priorités régionales et multilatérales », a souligné le Premier ministre.
Le Forum de Tana place l'Éthiopie au cœur de la quête de paix et de sécurité en Afrique
Oct 14, 2026 212
Par Temesegen Assefa Le 14 octobre, 2026 (ENA) Alors que l’Afrique est confrontée à des conflits persistants, à des rivalités géopolitiques et à des vulnérabilités économiques, l’Éthiopie s’apprête à accueillir un rassemblement continental de haut niveau visant à promouvoir des solutions africaines aux défis de paix et de sécurité du continent. Le 12e Forum de haut niveau de Tana sur la sécurité en Afrique, prévu du 23 au 25 octobre à Bahir Dar, intervient à un moment crucial où les relations entre stabilité politique, souveraineté économique et concurrence entre les grandes puissances mondiales façonnent de plus en plus l’avenir de l’Afrique. Sous le thème « Les voies vers la paix en Afrique : souveraineté économique et transformation géopolitique », le forum réunira des dirigeants politiques, des décideurs, des chercheurs et des experts en sécurité afin d’explorer les moyens de renforcer la coopération continentale et de traduire les priorités communes en actions concrètes. Pour l’Éthiopie, accueillir ce forum représente bien plus qu’une simple occasion de réunir des voix africaines influentes. Cela renforce la contribution du pays à la diplomatie continentale et offre une tribune pour faire avancer le dialogue sur les défis structurels auxquels sont confrontés la Corne de l’Afrique et l’ensemble du continent. Créé en 2012, le Forum de Tana s’est imposé comme une plateforme permettant d’examiner les défis sécuritaires de l’Afrique sous un angle africain, en réunissant divers acteurs afin d’analyser les causes des conflits et d’explorer les voies menant à une paix durable. Sa question centrale reste d’actualité : comment l’Afrique peut-elle passer de la simple gestion des crises récurrentes à la mise en place des fondements politiques, économiques et institutionnels nécessaires à une stabilité durable ? Des solutions africaines aux défis africains Partout en Afrique, les conflits surgissent rarement de manière isolée. L’exclusion politique, la faiblesse des institutions, la concurrence pour les ressources, les inégalités économiques et les griefs non résolus peuvent se conjuguer pour créer des conditions dans lesquelles l’instabilité persiste bien au-delà de la flambée immédiate de la violence. Les conséquences s’étendent bien au-delà des champs de bataille. Les conflits provoquent des déplacements de populations, perturbent le commerce, découragent les investissements, affaiblissent les institutions publiques et détournent les ressources des services essentiels et du développement. Dans les régions déjà confrontées à des pressions liées au climat et à l’incertitude économique, l’insécurité peut fragiliser davantage les moyens de subsistance et aggraver les vulnérabilités. Pour relever ces défis, il faut aller au-delà des réponses militaires ou des interventions d’urgence. Une paix durable repose sur une diplomatie préventive, des processus politiques inclusifs, des institutions responsables et des opportunités économiques permettant aux communautés de participer de manière significative au développement national. C’est là que l’appropriation africaine revêt une importance particulière. Les pays africains et les institutions régionales possèdent une connaissance précieuse des griefs historiques, des dynamiques politiques et des réalités locales qui sous-tendent de nombreux conflits. Renforcer leur capacité à anticiper les crises, à servir de médiateurs dans les différends et à soutenir la consolidation de la paix peut contribuer à élaborer des réponses mieux adaptées aux spécificités du continent. Les solutions menées par l’Afrique n’impliquent toutefois pas que le continent agisse seul. Les partenariats internationaux restent essentiels pour apporter expertise, investissements et soutien diplomatique. Leur efficacité dépend de leur capacité à renforcer les priorités et les capacités institutionnelles africaines, plutôt qu’à se substituer au leadership local. En réunissant des dirigeants politiques, des universitaires et des professionnels de la sécurité, le Forum de Tana offre l’occasion de faire le lien entre les débats politiques et l’expérience pratique, en encourageant des approches qui s’attaquent non seulement aux symptômes de l’insécurité, mais aussi à ses causes profondes. Le rôle stratégique de l’Éthiopie dans la diplomatie continentale L’Éthiopie occupe une position stratégique majeure dans la Corne de l’Afrique, une région où les évolutions politiques, les enjeux sécuritaires et les intérêts économiques sont étroitement liés. Le fait qu’elle accueille le siège de l’Union africaine à Addis-Abeba a également fait de ce pays un pôle important de la diplomatie continentale. Dans ce contexte, le Forum de Tana vient compléter les engagements diplomatiques officiels en offrant un espace de réflexion approfondie sur les nouvelles tendances en matière de sécurité, les tensions régionales et les conditions structurelles qui façonnent la paix et la stabilité. Le fait d’accueillir cette rencontre à Bahir Dar permet également d’étendre le dialogue continental au-delà de la capitale politique de l’Éthiopie, en associant des discussions de haut niveau à une ville qui offre un cadre unique pour des échanges sur l’avenir de l’Afrique. Pour l’Éthiopie, ce forum offre l’occasion de contribuer à la réflexion continentale sur la prévention des conflits, la coopération régionale et la relation entre sécurité et développement. Il peut également contribuer à renforcer la collaboration entre les décideurs politiques, les chercheurs et les praticiens, dont la coopération est essentielle pour relever les défis régionaux complexes. Pourtant, l’importance d’organiser un forum international ne se mesure pas uniquement à l’envergure de ses participants ou à l’ampleur des débats qui y sont menés. Sa véritable valeur réside dans la capacité des idées qui y naissent à influencer les politiques, à renforcer les partenariats et à contribuer à des progrès concrets. La contribution de l’Éthiopie à la diplomatie continentale dépendra donc d’un engagement soutenu, d’un dialogue constructif et de la capacité à relier les discussions menées dans le cadre de plateformes telles que Tana à des initiatives plus larges de consolidation de la paix. Pourquoi la coopération régionale est-elle essentielle ? La Corne de l’Afrique illustre à quel point la sécurité nationale est étroitement liée à la stabilité régionale. Les tensions politiques, les conflits armés, le terrorisme, les pressions liées au climat et les vulnérabilités économiques peuvent dépasser les frontières, entraînant des conséquences qu’aucun pays ne peut gérer efficacement de manière isolée. L’insécurité dans un pays peut provoquer des déplacements de population vers les États voisins, perturber les voies commerciales et nuire aux investissements régionaux. Les désaccords concernant les ressources partagées et les intérêts stratégiques concurrents peuvent également mettre à rude épreuve les relations, rendant la coopération plus difficile précisément au moment où elle est la plus nécessaire. Pour l’Éthiopie, la stabilité régionale est étroitement liée au développement économique, aux relations diplomatiques et aux perspectives d’une intégration plus poussée dans toute la Corne de l’Afrique. Le renforcement du commerce transfrontalier, de la connectivité des transports, du développement des infrastructures et de la coopération dans la gestion des ressources communes peut générer des opportunités économiques tout en renforçant les intérêts mutuels entre pays voisins. À l’inverse, des tensions prolongées peuvent augmenter les coûts, affaiblir la confiance et limiter le potentiel de développement de la région. Le défi consiste à mettre en place des mécanismes permettant aux pays de gérer pacifiquement leurs désaccords, d’empêcher l’escalade des conflits locaux et d’identifier des domaines d’intérêt commun malgré leurs divergences politiques. Le Forum de Tana offre une tribune permettant d’examiner ces possibilités. Grâce au dialogue et à l’échange d’expériences en matière de politiques publiques, les participants peuvent explorer comment les États voisins et les institutions régionales peuvent renforcer la diplomatie préventive, améliorer la coordination et élaborer des approches qui s’attaquent à la fois aux menaces immédiates pour la sécurité et à leurs causes profondes. Dans une région marquée par des intérêts nationaux qui se chevauchent et par une concurrence géopolitique plus large, un engagement soutenu n’est pas simplement une préférence diplomatique ; c’est un élément essentiel d’une stabilité durable. La souveraineté économique, fondement de la paix L’accent mis par le 12e Forum de Tana sur la souveraineté économique met en lumière une dimension souvent négligée de la sécurité africaine : la capacité des pays à bâtir des économies résilientes et à faire des choix significatifs quant à leurs priorités de développement. Partout sur le continent, les pressions liées à la dette extérieure, les capacités industrielles limitées, la dépendance vis-à-vis des exportations de matières premières et l’exposition à la volatilité des marchés internationaux peuvent restreindre les options politiques des gouvernements. Ces vulnérabilités peuvent limiter les investissements dans les services publics, les infrastructures et les secteurs productifs, tout en réduisant les ressources disponibles pour relever les défis en matière de sécurité. La dépendance économique peut également réduire la marge de manœuvre d’un pays alors que les puissances mondiales se disputent l’accès aux ressources naturelles, aux marchés, aux infrastructures et aux emplacements stratégiques. Cette concurrence présente à la fois des opportunités et des risques pour l’Afrique. Les investissements étrangers, les transferts de technologie et les partenariats internationaux peuvent soutenir l’industrialisation et la transformation économique. Cependant, lorsque les intérêts extérieurs prennent le pas sur les priorités de développement africaines, ces relations peuvent exacerber les rivalités et limiter les bénéfices dont peuvent bénéficier les économies locales. La souveraineté économique ne doit donc pas être comprise simplement comme une réduction de la dépendance vis-à-vis de l’extérieur. Elle implique également de renforcer les capacités de production nationales, de mobiliser des ressources, de mettre en place des institutions efficaces, d’élargir les marchés régionaux et de négocier des partenariats internationaux qui favorisent la réalisation des objectifs de développement à long terme. Ces priorités ont des implications directes pour la paix et la sécurité. Lorsque les opportunités économiques sont limitées et que les inégalités persistent, les mécontentements sociaux peuvent s’aggraver et les tensions politiques devenir plus difficiles à résoudre. À l’inverse, une croissance économique inclusive, des institutions plus solides et un meilleur accès aux moyens de subsistance peuvent contribuer à créer des conditions plus propices à la stabilité. Pour l’Éthiopie et ses voisins, une coopération accrue dans les domaines du commerce, des infrastructures, de l’énergie et de la gestion des ressources peut renforcer la résilience économique et consolider les intérêts communs en matière de paix. L’intégration économique régionale peut également encourager le dialogue en démontrant les avantages concrets de la stabilité. Le thème du forum met donc en lumière une réalité stratégique plus large : la capacité de l’Afrique à préserver la paix est étroitement liée à sa capacité à façonner son avenir économique et à s’adapter à un environnement international de plus en plus concurrentiel. Du dialogue à l’action concrète Malgré toute l’importance du dialogue continental, le programme africain en matière de paix et de sécurité reste confronté à un défi fondamental : traduire les engagements politiques en résultats concrets sur le terrain. Les réunions de haut niveau peuvent instaurer la confiance, susciter des idées et définir des priorités communes. Mais leur impact dépend en fin de compte de la mise en œuvre, de la coordination institutionnelle et d’un engagement politique durable. Les gouvernements, l’Union africaine, les organisations régionales, les instituts de recherche et les autres parties prenantes ont tous un rôle à jouer pour faire le lien entre les discussions politiques et les réponses concrètes. Une coopération renforcée peut améliorer les systèmes d’alerte précoce, soutenir les efforts de médiation, renforcer la prévention des conflits et encourager des approches de consolidation de la paix fondées sur des données factuelles. Les instituts de recherche peuvent aider à identifier les facteurs d’instabilité et à évaluer l’efficacité des interventions. Les expériences des communautés touchées par les conflits peuvent également éclairer l’élaboration de politiques qui répondent aux réalités locales plutôt que de s’appuyer exclusivement sur des évaluations de haut niveau. La continuité revêt une importance tout aussi grande. Les recommandations issues de forums tels que celui de Tana doivent éclairer les discussions politiques ultérieures, les partenariats institutionnels et les initiatives concrètes. Les progrès doivent être évalués non seulement à l’aune des déclarations et des engagements, mais aussi à travers les améliorations apportées à la coopération, à la prévention des conflits et à la capacité des institutions à répondre aux menaces émergentes. Pour l’Éthiopie, contribuer à renforcer ces liens permettrait d’accroître la contribution du forum à la diplomatie continentale et de soutenir les efforts africains plus larges visant à instaurer une paix durable. Le succès de la réunion de Bahir Dar se mesurera en fin de compte à la capacité de ses discussions à rapprocher le continent de solutions pouvant être mises en œuvre, pérennisées et adaptées à l’évolution des circonstances. Renforcer la voie de l’Afrique vers la paix Les défis liés à la paix et à la sécurité en Afrique sont indissociables de ses perspectives économiques, de ses institutions politiques et de sa place dans un ordre mondial en mutation. Y répondre nécessite une approche globale alliant diplomatie préventive, gouvernance inclusive, coopération régionale et développement durable. Le 12e Forum de haut niveau de Tana est très attendu, car il offre l’occasion de faire progresser cette approche en plaçant les perspectives africaines au cœur des discussions sur l’avenir du continent. Pour l’Éthiopie, l’organisation de ce forum renforce son engagement dans les affaires continentales et crée un espace propice à la promotion de la coopération entre les partenaires africains. Pour l’ensemble du continent, ce rassemblement offre l’occasion d’examiner comment la souveraineté économique, les partenariats stratégiques et des institutions régionales plus solides peuvent contribuer à un avenir plus stable et plus résilient. En fin de compte, la quête de paix de l’Afrique ne peut reposer uniquement sur le dialogue. Elle nécessite une volonté politique, des capacités institutionnelles, des opportunités économiques et un engagement durable à résoudre les différends par des moyens pacifiques. Alors que les participants se réunissent à Bahir Dar, le défi consistera à traduire en actions concrètes cet engagement commun en faveur de l’appropriation africaine : renforcer les institutions, approfondir la coopération régionale et s’attaquer aux conditions structurelles qui permettent aux conflits de perdurer. L’importance durable du Forum de Tana ne résidera pas simplement dans les discussions qu’il suscitera, mais dans les progrès que ces discussions contribueront à rendre possibles : une Afrique mieux armée pour gérer ses propres défis en matière de sécurité, façonner son avenir géopolitique et veiller à ce que la paix et le développement aillent de pair.
La Chambre des députés approuve un prêt de 145,8 millions de dollars américains destiné à la modernisation du secteur de l'électricité
Oct 14, 2026 145
Addis Ababa le 14 octobre, 2026 (ENA) La Chambre des représentants du peuple (HPR) d’Éthiopie a approuvé à l’unanimité un accord de prêt concessionnel de 145,8 millions de dollars américains avec l’Association internationale de développement (IDA) afin de financer la première phase du projet de réforme, d’investissement et de modernisation du secteur de l’électricité. Cette approbation est intervenue lors de la deuxième session ordinaire de la 7e législature, au cours de laquelle les députés ont examiné et adopté le projet de décret ratifiant l'accord de financement complémentaire signé entre le gouvernement éthiopien et l'IDA. Lors de la présentation de l’accord à la Chambre, le chef de groupe du gouvernement, Fekadu Tessema, a déclaré que ces fonds seraient utilisés pour moderniser les infrastructures électriques d’Addis-Abeba. Parmi les principales initiatives figurent l’extension du réseau de transport d’électricité, la construction de nouvelles sous-stations, la modernisation des installations existantes et l’installation de lignes électriques souterraines. Fekadu a souligné que ce projet jouera également un rôle essentiel pour garantir un approvisionnement en électricité fiable et moderne lors de la 32e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP32), que l’Éthiopie doit accueillir en 2027. Selon le chef de groupe parlementaire, ce prêt offre des conditions concessionnelles très avantageuses, notamment un délai de grâce de six ans et une durée de remboursement de 31 ans, ce qui minimise la charge financière pesant sur le gouvernement. Il a ajouté que ce financement s'inscrit dans le cadre de la stratégie nationale globale de gestion de la dette de l'Éthiopie, tout en favorisant une croissance économique durable grâce au renforcement du réseau électrique. À l'issue des délibérations, la Chambre a approuvé à l'unanimité le projet de proclamation, ratifiant officiellement l'accord portant sur un montant supplémentaire de 145,8 millions de dollars américains sous le numéro de proclamation n° 1441/2026.
L'Égypte aggrave la guerre civile au Soudan avec le récent massacre de plus de 200 civils
Oct 13, 2026 314
Addis Ababa le 13 octobre, 2026 (ENA) L'Égypte aurait massacré au moins 200 mineurs soudanais et en aurait blessé de nombreux autres lors d'attaques menées contre des sites miniers dans la région d'Al-Wadi Nord, au Soudan. De nombreux observateurs estiment que ces récentes attaques contre des civils s'inscrivent dans le cadre de l'implication directe et indirecte de l'Égypte dans le conflit qui sévit actuellement au Soudan, dans le but de maximiser ses propres intérêts. Dans un entretien récent accordé à l’ENA, Abdulshakur Abdulsamad, chercheur senior au Centre d’études stratégiques et d’initiative pour l’intégration régionale, a souligné que l’Égypte cherchait à prolonger la guerre au Soudan afin de continuer à tirer profit des ressources en eau de ce pays. Le conflit en cours permet à l’Égypte de bénéficier de quantités d’eau supérieures à la normale que le Soudan n’a pas été en mesure d’utiliser, a noté le chercheur senior. À cet égard, l’Égypte aurait mené, samedi 10 octobre, des frappes aériennes sur des sites miniers artisanaux situés dans la zone de Shamal al-Wadi, au nord-est de la région soudanaise de la mer Rouge, alors que les mineurs s’apprêtaient à commencer leur travail, selon le Sudan Tribune. En réponse, l’Alliance civile démocratique des forces de la révolution, connue sous le nom de Somoud, a confirmé et condamné ces frappes aériennes, affirmant qu’elles avaient été menées par l’armée égyptienne sur le territoire soudanais. « Prendre pour cible des civils et mettre leur vie en danger est inacceptable et ne peut être justifié par aucun argument sécuritaire. Nous tenons les dirigeants des autorités nommées par les Forces armées soudanaises pour responsables de ce qui se passe dans ces zones sous leur contrôle », a déclaré Somoud. L’alliance a ajouté : « Nous exigeons qu’elles s’abstiennent de garder le silence, comme elles l’ont fait à la suite des précédentes frappes aériennes, et qu’elles prennent publiquement une position claire sur ce qui s’est passé — d’autant plus qu’elles invoquent sans cesse la souveraineté comme prétexte pour prolonger la guerre qui dévaste le peuple soudanais. » Somoud a également appelé à une enquête urgente et indépendante sur ces frappes aériennes, à la mise en place de mesures visant à protéger les mineurs, à la fourniture de soins médicaux d’urgence et d’une aide aux personnes touchées, ainsi qu’à des garanties contre la répétition de telles attaques.
Social
L’Éthiopie place les agricultrices et les éleveuses au cœur de la transformation Agricole
Oct 15, 2026 136
Addis Ababa le 15 octobre, 2026 (ENA) L’Éthiopie a célébré pour la première fois à l’échelle nationale la Journée internationale des agricultrices et des éleveuses, mettant en lumière leur contribution à la sécurité alimentaire et au développement agricole du pays. Organisée à Addis-Abeba dans le cadre de l’Année des agricultrices 2026, cette célébration est placée sous le thème « Autonomiser les agricultrices, renforcer la sécurité alimentaire et bâtir une Éthiopie prospère ». L’initiative vise à reconnaître le rôle essentiel des femmes dans l’agriculture et le pastoralisme, tout en mobilisant les institutions concernées pour relever les défis auxquels elles sont confrontées et renforcer leur participation au développement du secteur. Prenant la parole à cette occasion, la ministre d’État chargée de l’Irrigation, Dr Sofia Kassa, a souligné la nécessité de garantir aux femmes un accès équitable à la terre, aux technologies agricoles et aux ressources financières afin de renforcer leur capacité de production. « Lorsque les femmes bénéficient des mêmes possibilités que les hommes en matière d’accès à la terre, aux technologies et aux ressources financières, leur productivité peut augmenter de 20 à 30 % », a-t-elle déclaré. La ministre a également insisté sur la nécessité de traduire les engagements en faveur de la participation des femmes en résultats concrets. « Lorsque nous concevons des projets et des programmes, nous affirmons souvent que la participation des femmes sera prise en compte. Mais nous devons vérifier si, dans la pratique, elles en sont réellement bénéficiaires », a-t-elle souligné. Dr Sofia Kassa a par ailleurs mis en avant les progrès réalisés dans la reconnaissance des droits fonciers des femmes, tout en appelant à poursuivre les efforts pour consolider ces acquis et faciliter leur accès aux innovations agricoles. Elle a notamment insisté sur la nécessité d’intégrer les besoins des agricultrices et des éleveuses dans la conception et la mise en œuvre des programmes de développement, afin qu’elles puissent bénéficier effectivement des technologies et des équipements adaptés à leurs activités. La ministre a également appelé à renforcer les mécanismes de suivi des projets agricoles pour s’assurer que les femmes bénéficient concrètement des initiatives mises en place. Au-delà de la célébration, cette journée constitue également une occasion de renforcer la coopération entre les institutions agricoles et les organismes de recherche, de favoriser le partage des connaissances et de promouvoir des pratiques innovantes. À travers l’Année des agricultrices 2026, l’Éthiopie entend ainsi renforcer l’autonomisation économique des femmes rurales et leur contribution à la sécurité alimentaire, à la résilience agricole et à la prospérité du pays.
L'aide d'urgence parvient aux communautés touchées par le changement climatique dans la région d'Afar
Oct 14, 2026 159
Addis Ababa le 14 octobre, 2026 (ENA) Une aide humanitaire d’urgence parvient aux communautés touchées par la sécheresse dans la région d’Afar, en Éthiopie, et cible les ménages vulnérables et les personnes dans le besoin confrontées à des difficultés liées au climat. La première série de fournitures d’urgence, expédiée depuis l’entrepôt central de céréales de la ville d’Adama, est en cours de distribution aux personnes et aux familles prioritaires dans toute la région. À Girifo Kebele, dans le woreda de Bidu, les habitants ont commencé à recevoir cette aide qui, selon les bénéficiaires, arrive à un moment crucial, alors que la sécheresse continue de mettre à mal leurs moyens de subsistance et leur accès à la nourriture. Meyrem Abdu, l’une des bénéficiaires, a déclaré que cette aide permettrait de subvenir aux besoins de ses enfants et des autres membres de sa famille, qui sont confrontés à des pénuries alimentaires. Elle a salué la réaction du gouvernement face à la situation qui touche les communautés de la région. Asiya Mohammed, une autre bénéficiaire, a déclaré que cette intervention contribuerait à soulager les difficultés auxquelles sont confrontées sa famille et les autres habitants. Elle a en outre souligné que ce soutien était particulièrement important compte tenu de leur situation difficile. De son côté, Mohammed Abdella, chef d’équipe chargé de la qualité et du contrôle des stocks au sein de la Commission de gestion des risques de catastrophe de la région d’Afar, a précisé que la distribution ciblait les groupes les plus vulnérables dans les zones touchées. Il a expliqué que la région avait auparavant mobilisé ses propres ressources pour venir en aide aux communautés touchées par la sécheresse et qu’elle complétait désormais ces efforts par des fournitures de secours supplémentaires envoyées par la Commission éthiopienne de gestion des risques de catastrophe. Yesuf Mohammed, responsable du bureau de l’agriculture et des ressources naturelles du woreda de Bidu, a déclaré que la sécheresse liée au changement climatique avait causé d’importantes difficultés aux habitants de la région, qualifiant cette intervention humanitaire d’opportune et d’essentielle. Cette distribution, qui se poursuit actuellement, vise à apporter une aide d'urgence aux foyers touchés, tandis que les autorités mobilisent des moyens pour venir en aide aux communautés confrontées aux conséquences de la sécheresse. Comme l'a appris l'ENA, cette aide humanitaire s'inscrit dans le cadre des efforts déployés actuellement par les autorités régionales et fédérales pour soutenir les communautés touchées par la sécheresse et remédier aux pénuries alimentaires dans les zones vulnérables.
La Commission annonce l'envoi d'une deuxième tranche d'aide humanitaire aux communautés touchées par les changements climatiques dans la région d'Afar
Oct 14, 2026 108
Addis Ababa le 14 octobre, 2026 (ENA) La Commission éthiopienne de gestion des risques de catastrophe (EDRMC) a annoncé le lancement de sa deuxième vague d’aide humanitaire en faveur des communautés durement touchées par des chocs liés au climat dans la région d’Afar. Des fournitures de secours chargées depuis les entrepôts de réserve centraux d’Adama sont actuellement en route pour venir en aide aux ménages vulnérables confrontés à un grave stress hydrique, à la sécheresse et aux risques d’inondations saisonnières dans la région. Des camions transportant des fournitures d'urgence ont quitté aujourd'hui l'entrepôt central de stockage de céréales d'Adama pour se rendre dans les zones touchées de la région. Selon la commission, cette aide vise à soutenir les communautés les plus vulnérables, tandis que le gouvernement régional continue de mobiliser les ressources locales pour faire face à la crise. Réaffirmant son engagement à soutenir les populations touchées, la commission a souligné ses efforts continus pour renforcer la capacité du pays à faire face aux catastrophes tant naturelles que d’origine humaine. La commission a également assuré au public que des mesures étaient en place pour garantir que les fournitures d’aide humanitaire parviennent efficacement à leurs bénéficiaires. Ce communiqué fait suite à une première vague d’aide humanitaire acheminée vers plusieurs zones de la région d’Afar il y a quelques jours, selon l’EDRMC.
L'Éthiopie et le Fonds « Beginnings » lancent un investissement de 90 millions de dollars américains pour mettre fin aux décès évitables de mères et de nouveau-nés.
Oct 14, 2026 141
Addis Ababa le 14 octobre, 2026 (ENA) Le ministère de la Santé et le Fonds « Beginnings » ont lancé un programme d’investissement de 90 millions de dollars US sur cinq ans afin d’accélérer les efforts de l’Éthiopie pour prévenir les décès maternels et néonatals et renforcer les services de santé. Lors de la cérémonie de lancement, la ministre de la Santé, le Dr Mekdes Daba, a déclaré que ce partenariat avec une coalition de fondations philanthropiques internationales, d’investisseurs et de partenaires institutionnels constituait une étape majeure vers la réalisation de cet objectif. « Notre partenariat avec le Fonds Beginnings revêt une importance particulière, car nous lançons une initiative historique d’investissement de 90 millions de dollars américains destinée à accélérer les progrès vers l’élimination des décès évitables de mères et de nouveau-nés en Éthiopie », a-t-elle déclaré. Le Dr Mekdes a ajouté que cet investissement contribuerait à garantir que « les professionnels les plus compétents » soient en première ligne des soins, afin que les mères puissent faire confiance aux établissements de santé publics et y recourir. Elle a souligné que l’Éthiopie avait enregistré des progrès remarquables au cours des deux dernières décennies, avec une réduction significative de la mortalité maternelle et un nombre croissant de femmes recourant aux soins prénataux. Elle a toutefois mis en garde contre tout relâchement : « Nous ne pouvons pas nous contenter des améliorations obtenues dans les zones urbaines. L’heure est venue pour nous de nous dépasser et d’agir pour notre communauté. » Alice Kang’ethe, PDG du Fonds Beginnings, a déclaré que le rôle de l’organisation était de soutenir les priorités du gouvernement plutôt que de poursuivre des objectifs distincts. « Le fonds s’attache à aider les gouvernements à accélérer les progrès… en investissant dans les personnes, les produits et les systèmes de santé afin d’assurer des soins de qualité aux mères et aux nouveau-nés », a-t-elle déclaré. Mme Kang’ethe s’est dite convaincue que l’Éthiopie pourrait dépasser les objectifs de développement durable fixés en matière de réduction de la mortalité. « Nous savons ce qu’il faut faire pour lutter contre les décès évitables. Des solutions existent, notamment grâce à de nouvelles innovations. Notre rôle commun est de veiller à ce que ces interventions soient mises en œuvre rapidement, avec qualité, pour toutes les femmes et tous les nouveau-nés, de manière cohérente et à grande échelle », a-t-elle déclaré. L’ambassadeur des Émirats arabes unis en Éthiopie, Abdalla Hassan Alshamsi, a salué le leadership et l’engagement de l’Éthiopie en faveur de l’amélioration des soins de santé. « Cette réussite témoigne du leadership de l’Éthiopie et de son dévouement à l’amélioration des soins de santé pour sa population », a-t-il déclaré. Il a ajouté que l’initiative du Fonds Beginnings lancé à Abou Dhabi vise à améliorer les soins de santé pour 34 millions de mères et de nouveau-nés à travers l’Afrique et à contribuer à prévenir plus de 300 milles de décès évitables d’ici 2031. Le Fonds « The Beginnings Fund » bénéficie du soutien d’organismes philanthropiques tels que la Fondation Mohamed bin Zayed pour l’humanité, la Fondation Gates, la Fondation Children’s Investment Fund et Delta Philanthropies. Il intervient en Éthiopie, au Kenya, au Rwanda, en Ouganda, en Tanzanie, au Zimbabwe, au Malawi, au Lesotho, au Ghana et au Nigeria. Ce nouvel investissement marque un nouvel élan pour venir en aide aux mères et aux nouveau-nés dans les communautés isolées et fortement touchées, où le taux de mortalité évitable reste le plus élevé, a-t-on indiqué.
Économie
L'Éthiopie et l'UE réaffirment leur engagement en faveur de la coopération pour le progrès économique et la stabilité régionale
Oct 16, 2026 55
Addis Ababa le 16 octobre, 2026 (ENA) La délégation éthiopienne a rencontré le commissaire européen chargé des partenariats internationaux, Jozef Síkela, en marge des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale qui se tiennent actuellement. Les discussions ont porté sur les progrès économiques de l’Éthiopie, la situation dans les régions du nord du pays, ainsi que sur les possibilités de renforcer l’alignement sur les priorités de développement et de pérenniser la coopération entre l’Éthiopie et l’Union européenne (UE). Le commissaire Síkela a réaffirmé le ferme engagement politique de l’UE envers l’Éthiopie, reconnaissant ce pays comme un pilier essentiel de stabilité et un partenaire fiable dans la Corne de l’Afrique, en particulier dans la région de la mer Rouge, dans un contexte de fragilité persistante et de défis régionaux en constante évolution. Il a également réaffirmé le soutien constant de l'UE à la stabilité et au développement de l'Éthiopie, soulignant le rôle stratégique de ce pays dans la promotion de la stabilité et de la coopération régionales.
L'Éthiopie envisage de jouer un rôle plus important sur les marchés financiers et d'investissement africains : le président de l'Assemblée nationale
Oct 16, 2026 59
Addis Ababa le 16 octobre, 2026 (ENA) L'Éthiopie s'impose comme une destination d'investissement et un marché financier de plus en plus importants en Afrique, grâce aux réformes économiques et au développement des partenariats d'investissement transfrontaliers, a déclaré Ahmed Shide, président de la Chambre des représentants du peuple. S'exprimant cet après-midi à Addis-Abeba lors de la tournée de présentation aux investisseurs éthiopiens consacrée à l'introduction en bourse de la raffinerie de pétrole Dangote, organisée par la Bourse éthiopienne (ESX) en collaboration avec Dangote Industries Limited, M. Ahmed a déclaré que les réformes économiques de l'Éthiopie ouvraient de nouvelles opportunités aux investisseurs nationaux et internationaux. Ces réformes renforcent également la capacité de l’Afrique à financer son propre développement, a précisé le président de l’Assemblée. « Grâce à une économie en expansion, à des réformes en cours et à un secteur privé en pleine croissance, nous envisageons que l’Éthiopie devienne une destination d’investissement et un marché financier de plus en plus importants en Afrique. » Il a souligné que la création de l’Autorité éthiopienne des marchés de capitaux, de la Bourse éthiopienne et des infrastructures de marché connexes constituait des étapes clés dans la modernisation du système financier du pays et la mobilisation de capitaux à long terme. « Le marché des capitaux éthiopien, en plein essor, offre des opportunités considérables aux investisseurs nationaux et internationaux, aux institutions financières et aux entreprises », a-t-il déclaré. Ahmed a ajouté que l’introduction de l’offre publique initiale de Dangote Petroleum Refinery auprès d’investisseurs éthiopiens éligibles témoigne du potentiel croissant des entreprises et des investisseurs africains à s’engager au-delà des frontières nationales. L’orateur a en outre souligné que la confiance des investisseurs, la transparence, la coopération réglementaire et une protection solide des investisseurs sont essentielles à la mise en place d’un marché des capitaux crédible et durable, d’autant plus que les émissions de titres dépassent de plus en plus les frontières nationales. Il s’est dit convaincu que l’expansion économique du pays, les réformes en cours et la croissance du secteur privé renforceraient sa position dans le paysage de l’investissement en Afrique, et a invité les entreprises et institutions financières internationales à participer à cette transformation. « Nous accueillons les entreprises et les institutions financières internationales qui souhaitent participer à cette transformation et contribuer au développement de notre marché des capitaux. » S’exprimant à cette occasion, Aliko Dangote, président du groupe Dangote, a pour sa part réaffirmé son engagement à développer les investissements en Éthiopie. « Nos investissements en Éthiopie n’ont pas de limite », a-t-il déclaré, soulignant la volonté du groupe de réinvestir ses bénéfices localement et de construire un partenariat à long terme qui soutienne la transformation économique du pays. « Notre partenariat en Éthiopie est un partenariat très harmonieux. Il ne s’agit pas de venir gagner de l’argent pour ensuite le retirer du pays, non. Tout ce que nous gagnons ici, non seulement nous l’investissons, mais nous apportons également davantage d’investissements », a-t-il affirmé.
Un analyste égyptien fustige les dirigeants égyptiens pour avoir tenté d'entraver le droit souverain de l'Éthiopie sur la mer Rouge
Oct 15, 2026 184
Addis Ababa le 15 octobre, 2026 (ENA) L'analyste politique égyptien Magdi Khalil a vivement critiqué les dirigeants égyptiens pour s'être opposés et avoir combattu le droit de l'Éthiopie à accéder à la mer Rouge. « S'il y avait en Égypte des dirigeants dotés de vision et de clairvoyance, ils s'efforceraient d'aider l'Éthiopie à obtenir un accès à la mer Rouge au lieu de s'y opposer et de le combattre », a-t-il déclaré. L’analyste égyptien a critiqué l’opposition de son pays aux efforts déployés par l’Éthiopie pour obtenir un accès à la mer Rouge et a appelé l’Égypte à réévaluer sa politique à l’égard de l’Éthiopie et à passer de la confrontation à la coopération. Lors d’un entretien sur Zoom avec l’ENA, M. Khalil a déclaré que l’Éthiopie, en tant que grand pays enclavé, disposait du droit souverain d’accéder à la mer Rouge. « L’Éthiopie dispose du droit souverain de conclure des accords avec des pays afin de s’assurer un ou plusieurs débouchés sur la mer Rouge, à condition que cela se fasse de manière pacifique, que ce soit pour cinquante ou cent ans », a-t-il ajouté. L’analyste s’est en outre interrogé sur les raisons sous-jacentes à l’opposition à l’accès de l’Éthiopie à la mer Rouge, soulignant que la présence historique de l’Éthiopie sur le littoral n’avait jamais porté préjudice aux pays voisins. Les revendications de l’Éthiopie devraient donc être abordées dans un esprit de coopération et d’intérêts mutuels plutôt que par la confrontation politique et l’hostilité. Khalil a appelé à la tenue d’une réunion rassemblant les pays riverains de la mer Rouge afin de discuter de leurs intérêts communs et de parvenir à des accords régionaux. L’analyste égyptien a souligné l’importance de remplacer la concurrence hostile par la coopération, insistant sur le fait que des accords pacifiques pourraient fournir un cadre concret pour répondre aux besoins maritimes de l’Éthiopie. Selon lui, certains pays étaient disposés à conclure des accords avec l’Éthiopie pour lui garantir un accès maritime, estimant que des arrangements à long terme pourraient renforcer la coopération et la stabilité dans la Corne de l’Afrique et la région de la mer Rouge. Par ailleurs, Khalil a critiqué la position historique de l’Égypte sur la question érythréenne, soulignant que l’Égypte, aux côtés d’autres pays arabes, avait soutenu le Front de libération de l’Érythrée, fondé au Caire en 1960. Il a fait valoir que l’indépendance de l’Érythrée en 1991 et le statut d’État enclavé de l’Éthiopie qui en a résulté nécessitaient une réévaluation des positions régionales ayant contribué à cette situation. L'analyste a qualifié le soutien apporté par l'Égypte au mouvement érythréen d'erreur historique qui a nui aux relations entre les deux pays, lesquelles auraient dû reposer sur la coopération.
L’Éthiopie place les agricultrices et les éleveuses au cœur de la transformation Agricole
Oct 15, 2026 136
Addis Ababa le 15 octobre, 2026 (ENA) L’Éthiopie a célébré pour la première fois à l’échelle nationale la Journée internationale des agricultrices et des éleveuses, mettant en lumière leur contribution à la sécurité alimentaire et au développement agricole du pays. Organisée à Addis-Abeba dans le cadre de l’Année des agricultrices 2026, cette célébration est placée sous le thème « Autonomiser les agricultrices, renforcer la sécurité alimentaire et bâtir une Éthiopie prospère ». L’initiative vise à reconnaître le rôle essentiel des femmes dans l’agriculture et le pastoralisme, tout en mobilisant les institutions concernées pour relever les défis auxquels elles sont confrontées et renforcer leur participation au développement du secteur. Prenant la parole à cette occasion, la ministre d’État chargée de l’Irrigation, Dr Sofia Kassa, a souligné la nécessité de garantir aux femmes un accès équitable à la terre, aux technologies agricoles et aux ressources financières afin de renforcer leur capacité de production. « Lorsque les femmes bénéficient des mêmes possibilités que les hommes en matière d’accès à la terre, aux technologies et aux ressources financières, leur productivité peut augmenter de 20 à 30 % », a-t-elle déclaré. La ministre a également insisté sur la nécessité de traduire les engagements en faveur de la participation des femmes en résultats concrets. « Lorsque nous concevons des projets et des programmes, nous affirmons souvent que la participation des femmes sera prise en compte. Mais nous devons vérifier si, dans la pratique, elles en sont réellement bénéficiaires », a-t-elle souligné. Dr Sofia Kassa a par ailleurs mis en avant les progrès réalisés dans la reconnaissance des droits fonciers des femmes, tout en appelant à poursuivre les efforts pour consolider ces acquis et faciliter leur accès aux innovations agricoles. Elle a notamment insisté sur la nécessité d’intégrer les besoins des agricultrices et des éleveuses dans la conception et la mise en œuvre des programmes de développement, afin qu’elles puissent bénéficier effectivement des technologies et des équipements adaptés à leurs activités. La ministre a également appelé à renforcer les mécanismes de suivi des projets agricoles pour s’assurer que les femmes bénéficient concrètement des initiatives mises en place. Au-delà de la célébration, cette journée constitue également une occasion de renforcer la coopération entre les institutions agricoles et les organismes de recherche, de favoriser le partage des connaissances et de promouvoir des pratiques innovantes. À travers l’Année des agricultrices 2026, l’Éthiopie entend ainsi renforcer l’autonomisation économique des femmes rurales et leur contribution à la sécurité alimentaire, à la résilience agricole et à la prospérité du pays.
Technologie
Le Premier ministre Abiy souligne que les investissements dans les infrastructures météorologiques et les systèmes de données sont essentiels à la résilience climatique
Oct 13, 2026 222
Addis Ababa le 13 octobre, 2026 (ENA) Le Premier ministre Abiy Ahmed a souligné que le renforcement des institutions nationales, la modernisation des capacités technologiques et le développement des infrastructures de données au sein de l’Institut éthiopien de météorologie constituaient des mesures essentielles pour améliorer la résilience climatique du pays et soutenir les secteurs économiques clés. Le Premier ministre Abiy Ahmed s’est rendu à l’Institut éthiopien de météorologie, soulignant le rôle crucial que joue cette institution de longue date dans la promotion du développement national et le renforcement de la résilience climatique à travers le pays. À l’issue de cette visite, le Premier ministre a souligné que cette rencontre avait réaffirmé la nécessité de poursuivre la collecte de données météorologiques, la recherche scientifique et le progrès technologique afin de renforcer les capacités nationales en matière d’anticipation et de réponse à l’évolution des phénomènes météorologiques et des conditions climatiques. Soulignant la nécessité d’un développement institutionnel ciblé, le Premier ministre Abiy a déclaré que le renforcement d’institutions telles que l’Institut de météorologie d’Éthiopie exigeait des investissements soutenus dans les ressources humaines, les technologies modernes et les infrastructures de données. Il a souligné que ces investissements stratégiques étaient essentiels pour améliorer les services fondamentaux dont dépendent fortement des secteurs nationaux clés, notamment l’agriculture, la gestion des ressources en eau, la santé publique, l’aviation et la gestion des risques de catastrophe. Le Premier ministre a souligné l’importance cruciale des systèmes d’alerte précoce, soulignant leur rôle essentiel pour aider le pays à anticiper les risques, à identifier les zones où les interventions sont les plus nécessaires et à agir de manière rapide et efficace. Des données météorologiques fiables, lorsqu’elles sont transformées en informations exploitables, permettent de sauver des vies, de protéger les moyens de subsistance et de favoriser une meilleure prise de décision à tous les niveaux de gouvernance. Le Premier ministre Abiy a en outre fait remarquer que un travail météorologique efficace va bien au-delà de l’observation par satellite. Il a souligné que ce système repose essentiellement sur un réseau solide, couvrant l'ensemble du territoire national, de stations de collecte de données et de centres de traitement où les informations sont recueillies, traitées et analysées afin de permettre la mise en œuvre d'actions rapides et vitales.
L'Éthiopie s'apprête à célébrer la 19e Journée du drapeau national
Oct 9, 2026 250
Addis Ababa le 9 octobre, 2026 (ENA) L'Éthiopie célébrera le 12 octobre sa 19e Journée du drapeau national sous le thème « Notre drapeau, symbole de consensus national et d'unité », selon un communiqué de presse publié par la Chambre des représentants des peuples (HPR). Le président Taye Atske-Selassie devrait assister à la cérémonie principale au siège de l'HPR à Addis-Abeba. La cérémonie débutera par un discours du président Taye, suivi d’une cérémonie nationale de prestation de serment devant le drapeau national, présidée en direct par le président de la Cour suprême. La cérémonie officielle de lever du drapeau sera ensuite présidée par le président Taye, accompagné de la fanfare des Forces de défense nationale éthiopiennes et de la garde d’honneur. La Journée du drapeau national est célébrée chaque année le 12 octobre, deuxième mois du calendrier éthiopien, conformément à l’article 2 de la proclamation n° 863/2006 relative au drapeau, telle que modifiée. Cette célébration reconnaît le drapeau national comme un symbole de l’identité, de la souveraineté et de la dignité éthiopiennes. Elle vise également à promouvoir le respect du drapeau, à renforcer les valeurs nationales communes et à consolider l’unité entre les diverses communautés du pays. La Chambre des représentants du peuple (HPR), qui coordonne la commémoration annuelle, a déclaré que les célébrations de cette année comprendraient des cérémonies reflétant les réalités nationales actuelles du pays. Parmi les participants attendus à l'événement principal figurent des membres de la HPR et de la Chambre de la Fédération, les dirigeants des institutions relevant de la HPR, des officiers supérieurs des Forces de défense nationales éthiopiennes, des chefs religieux, des représentants de l'Association des anciens patriotes éthiopiens et d'autres invités. Au-delà de la célébration principale à Addis-Abeba, la Journée du drapeau national sera commémorée dans tous les États régionaux, les administrations municipales, les administrations publiques et les écoles, ainsi que dans les ambassades et consulats éthiopiens à travers le monde. La campagne de cette année mettra principalement l’accent sur la protection des enfants en ligne, avec des actions ciblées visant à sensibiliser les familles et les jeunes aux risques liés à l’utilisation d’Internet. Parmi les activités prévues figurent des concours destinés aux jeunes et des forums de discussion explorant les liens entre l’intelligence artificielle et la cybersécurité. Réaffirmant l’engagement de l’INSA à protéger l’espace numérique national, Tigist a appelé à un effort collectif à l’échelle nationale pour renforcer la résilience en matière de cybersécurité. Elle a également exhorté les organisations des secteurs public et privé à marquer ce mois en organisant des programmes de sensibilisation à l’intention de leurs employés, soulignant que la cybersécurité est une responsabilité partagée. L’INSA a confirmé que tous les préparatifs nécessaires au bon déroulement de la campagne étaient terminés. À l’échelle mondiale, cette journée de sensibilisation à la cybersécurité est célébrée pour la 23e fois, et pour la septième année consécutive en Éthiopie.
« L'Éthiopie dispose d'un fort potentiel pour contribuer à la transformation numérique de l'Afrique », selon un conseiller de la JICA
Oct 1, 2026 551
Addis Ababa le 1 octobre, 2026 (ENA) « Le vivier croissant de talents technologiques en Éthiopie et le soutien apporté par le gouvernement à l’écosystème technologique créent un fort potentiel permettant au pays de contribuer à la transformation numérique de l’Afrique », a déclaré Takeshi Oikawa, conseiller en chef d’un projet de la JICA et directeur général du Boston Consulting Group (BCG) pour l’Afrique de l’Est. Dans un entretien exclusif accordé à l’ENA, M. Oikawa, qui participe à la transformation numérique de l’Éthiopie aux côtés de start-ups technologiques et du gouvernement, a déclaré que les jeunes talents ambitieux et férus de technologie du pays, associés aux efforts du gouvernement pour mettre en place un écosystème propice, lui donnaient une grande confiance dans l’avenir numérique de l’Éthiopie. « Je pense que la combinaison de ces jeunes talents et du soutien du gouvernement me rend très optimiste quant à la transformation numérique de l’Éthiopie », a-t-il déclaré. Il a notamment cité les efforts du ministère de l’Innovation et de la Technologie pour soutenir les start-ups par le biais du « Startup Act », qui prévoit notamment des mesures incitatives, un accompagnement et un coaching destinés aux jeunes entreprises technologiques. M. Oikawa a souligné que la croissance numérique de l’Éthiopie pourrait également avoir des retombées positives plus larges pour l’Afrique, compte tenu de l’importance de la population et de l’économie du pays, ainsi que de son potentiel à fournir des technologies et des services numériques aux pays africains voisins. « L’essor de l’Éthiopie, c’est l’essor de l’Afrique », a-t-il déclaré, ajoutant que les talents éthiopiens dans le domaine technologique pourraient fournir des services plus pertinents et personnalisés à d’autres pays africains, créant ainsi des opportunités pour l’Éthiopie d’accroître ses exportations de services. Il a également salué les efforts déployés par l’Éthiopie pour se positionner comme un pôle panafricain de l’IA, soulignant la création de l’Institut éthiopien d’intelligence artificielle et sa mission de piloter la stratégie nationale en matière d’IA. Selon M. Oikawa, le fait de disposer d’une institution dotée d’un mandat clair pour diriger la stratégie en matière d’IA confère à l’Éthiopie une base solide, même si le pays doit également trouver un équilibre entre les opportunités créées par l’IA et les risques potentiels ainsi que les préoccupations en matière de sécurité. Il a en outre souligné les opportunités d’une coopération technologique renforcée entre le Japon et l’Éthiopie, en particulier dans les domaines de l’IA et de la robotique. « Le Japon et l’Éthiopie peuvent travailler ensemble pour faire avancer la stratégie en matière d’IA », a déclaré M. Oikawa, soulignant l’expérience du Japon dans les domaines de l’IA et de la robotique, ainsi que le potentiel de combinaison de ces deux domaines. M. Oikawa a salué l’approche de l’Éthiopie, qui consiste à mettre en place des institutions dotées de mandats clairs pour faire progresser la technologie et l’IA, tout en élaborant des politiques visant à permettre aux acteurs du secteur privé, y compris les start-ups, de se développer. Il a encouragé l’écosystème technologique et d’IA éthiopien à sortir des sentiers battus et à tirer parti des opportunités créées par l’évolution technologique rapide. Son message à l’écosystème technologique et d’IA éthiopien était de « sortir des sentiers battus », soulignant que le développement technologique n’est plus nécessairement linéaire et que les pays peuvent sauter des étapes de développement. Il a également insisté sur l’importance de gérer simultanément les risques liés à l’IA et d’exploiter les opportunités offertes par cette technologie.
L’Éthiopie et la France lancent un laboratoire commun de recherche en paléontologie
Sep 30, 2026 477
Addis Ababa le 30 septembre, 2026 (ENA) L’Éthiopie et la France ont officiellement lancé un Laboratoire international de recherche commun dédié à la paléontologie, à la paléoanthropologie, à l’archéologie et à la conservation du patrimoine. Le laboratoire, dénommé PALETHIOPIES, est le fruit d’une coopération entre l’Autorité éthiopienne du patrimoine et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) de France. La nouvelle structure vise à renforcer la coopération scientifique entre les deux pays, à développer les capacités nationales de recherche et à accroître la visibilité internationale du patrimoine paléontologique et archéologique de l’Éthiopie. S’exprimant lors de la cérémonie de lancement, le directeur général adjoint de l’Autorité éthiopienne du patrimoine, Elias Shikur, a déclaré que le laboratoire constituait bien plus qu’une simple institution scientifique. « Ce laboratoire n’est pas simplement un centre de recherche ; c’est un monument vivant qui témoigne de l’amitié durable entre l’Éthiopie et la France, de leur vision scientifique commune et de leur volonté d’explorer l’histoire de l’humanité », a-t-il déclaré. Selon lui, PALETHIOPIES servira de plateforme internationale permettant aux chercheurs éthiopiens et français de partager leurs connaissances, d’utiliser des technologies avancées et de mener conjointement des travaux de terrain et des analyses spécialisées. Il a ajouté que les publications scientifiques conjointes, les missions de terrain et les travaux de laboratoire contribueront au renforcement des capacités de recherche de l’Autorité éthiopienne du patrimoine et à la consolidation de sa coopération scientifique internationale. Elias Shikur a également souligné le soutien apporté depuis plusieurs années par la France à la préservation du patrimoine culturel éthiopien. Cette coopération comprend notamment des initiatives de conservation et de restauration des églises rupestres de Lalibela ainsi que du National Palace. Dans le cadre du nouveau partenariat, l’Autorité éthiopienne du patrimoine s’est engagée à faciliter les activités de recherche, à accélérer les procédures administratives et juridiques nécessaires, à favoriser le transfert de connaissances et à garantir la protection et l’intégrité des ressources patrimoniales. Elle prévoit également de rendre les résultats des recherches accessibles au public afin de contribuer à la diffusion des connaissances scientifiques. De son côté, le conseiller à la coopération et aux affaires culturelles, Julien Voituriez, représentant l’ambassadeur de France en Éthiopie, a indiqué que le lancement du laboratoire constituait une nouvelle étape dans la coopération scientifique de longue date entre les deux pays. Il a rappelé que l’Éthiopie occupe une place importante dans l’histoire de la paléontologie et de la paléoanthropologie, en raison notamment des nombreuses découvertes réalisées sur son territoire et de leur contribution à l’étude de l’évolution humaine. Voituriez a également mis en avant le rôle du Centre français des études éthiopiennes (CFEE) dans le développement de la coopération scientifique entre la France et l’Éthiopie. Selon lui, le CFEE accompagne les chercheurs, facilite les missions de terrain, contribue à la formation de jeunes scientifiques et participe à la promotion de la recherche et du patrimoine éthiopiens à l’étranger. Le nouveau laboratoire sera dirigé par Dr Jean-Renaud Boisserie, dont les travaux dans la basse vallée de l’Omo portent notamment sur l’évolution humaine, la biodiversité et les changements environnementaux. PALETHIOPIES devrait ainsi fournir un cadre durable permettant aux chercheurs des deux pays de développer des programmes scientifiques conjoints et de renforcer les échanges entre institutions de recherche. La coopération scientifique franco-éthiopienne a également contribué à la rénovation de la galerie de paléontologie du Musée national d’Éthiopie et au retour de spécimens fossiles découverts au cours de missions conjointes menées dans les années 1970 et 1980. Le lancement de PALETHIOPIES marque ainsi une nouvelle étape dans la coopération entre l’Éthiopie et la France dans les domaines de la recherche scientifique, de la formation, de la paléontologie et de la conservation du patrimoine.
Sport
Tournoi de football diplomatique : les participants saluent le patrimoine et l’accueil éthiopiens
Jun 14, 2026 15242
Addis-Abeba, le 14 juin 2026 (ENA) : - Les participants à un tournoi diplomatique de football organisé à Addis-Abeba ont exprimé leur admiration pour la richesse culturelle, l’héritage historique et l’accueil chaleureux de l’Éthiopie. Organisé dans le cadre des préparatifs de la Coupe du monde 2026, le tournoi a rassemblé des équipes diplomatiques et plusieurs invités, qui ont ensuite effectué une visite de certains des principaux sites culturels et historiques de la capitale. La délégation s’est rendue au Musée national d’Éthiopie, au Mémorial de la Victoire d’Adoua ainsi qu’au Parc des sports d’Addis-Abeba, offrant à de nombreux visiteurs une meilleure compréhension de l’histoire et des progrès actuels du pays. Plusieurs participants ont indiqué que cette expérience avait profondément modifié leur perception de l’Éthiopie. Gordon Johnson, l’un des participants, a exprimé son enthousiasme face à ce qu’il a découvert durant sa visite. « Les habitants sont extrêmement accueillants et chaleureux. J’apprécie énormément leur culture », a-t-il déclaré. Il a ajouté : « Nous avons visité le musée, où le guide nous a présenté des fossiles d’hominidés découverts dans les années 1960, 1970 et 1990, remontant à plusieurs millions d’années. » Selon Johnson, cette expérience met en évidence l’importance historique exceptionnelle de l’Éthiopie, au-delà des perceptions contemporaines. Loïc Kovamo, une touriste venue du Cameroun, a également indiqué que cette visite avait bouleversé les idées qu’elle se faisait auparavant du pays. « Je suis impressionnée, car je n’imaginais pas l’Éthiopie sous cet angle. C’est un pays très développé et les Éthiopiens sont profondément fiers de leur identité », a-t-elle déclaré, ajoutant : « Je repars avec une immense fierté africaine après avoir découvert l’extraordinaire courage du peuple éthiopien. » Mark Hayes, un autre visiteur, a affirmé que sa vision du pays avait évolué dès son arrivée à Addis-Abeba. « Nous avons souvent des idées préconçues avant de venir, mais la réalité est tout autre. C’est un pays remarquable », a-t-il déclaré, ajoutant : « Nous retournons désormais chez nous pour raconter combien l’Éthiopie est exceptionnelle. Je suis fier d’en faire la promotion. » Il a également indiqué qu’il prévoyait de partager son expérience au Royaume-Uni, précisant qu’il « raconterait à ses compatriotes anglais ce qu’il a découvert à Addis-Abeba ». Joseph Kirule, employé de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à Addis-Abeba, a pour sa part souligné l’importance des sites historiques visités. « Aujourd’hui, nous avons découvert plusieurs étapes majeures de la civilisation humaine qui ont pris naissance ici », a-t-il déclaré, ajoutant : « Nous avons notamment appris l’histoire de la victoire d’Adoua. C’est un événement majeur qui renforce notre fierté et notre prestige en tant qu’Africains. »
« Après des décennies d'expansion et de succès, Ethiopian Airlines s'impose comme la première compagnie aérienne d'Afrique », déclare son PDG
May 17, 2026 15700
Addis Ababa le 17 mai,2026 (ENA) Ethiopian Airlines a consolidé sa position de première compagnie aérienne d’Afrique après des années de croissance soutenue et de succès opérationnel, a déclaré dimanche Mesfin Tasew, PDG du groupe. Ces propos ont été tenus lors d'une course de 8 kilomètres organisée dans le cadre des célébrations marquant le 80e anniversaire de la compagnie. S'exprimant lors de l'événement, le PDG Mesfin est revenu sur les modestes débuts de la compagnie en 1946, lorsqu'elle a démarré ses activités avec une petite flotte d'avions seulement. Depuis lors, a-t-il déclaré, la compagnie aérienne s'est considérablement développée et exploite aujourd'hui l'une des flottes les plus modernes du continent, comprenant des appareils de pointe de Boeing et d'Airbus. Selon M. Tasew, la compagnie dessert actuellement plus de 145 destinations internationales à travers le monde et a connu une forte croissance dans de nombreux secteurs, notamment le transport de fret, la formation aéronautique dispensée par l’Ethiopian Aviation Academy et d’autres services liés à l’aviation. Il a ajouté que la solidité opérationnelle de la compagnie et ses investissements stratégiques à long terme ont contribué à en faire l’un des transporteurs les plus prisés d’Afrique et un acteur majeur de l’industrie aéronautique mondiale. Dans le cadre de la commémoration de ses huit décennies d'activité, Ethiopian Airlines organise une série d'événements festifs, notamment une course urbaine, des tables rondes, des expositions et des programmes de sensibilisation communautaire. La course anniversaire a attiré des personnalités de haut rang, dont Sileshi Sihine, président de la Fédération éthiopienne d'athlétisme, ainsi que des dirigeants de la compagnie aérienne et des invités. La course a débuté sur la place Pouchkine, communément appelée Sar Bet, et devait s'achever à l'aéroport international de Bole. Des athlètes, des employés de compagnies aériennes, des membres de la communauté sportive et des représentants de diverses institutions participent à cet événement.
L’Éthiopienne Tigst Assefa défend avec succès son titre au marathon de Londres et établit un nouveau record.
Apr 26, 2026 14868
Addis-Abeba, le 26 avril 2026 (ENA) : - L’Éthiopienne Tigst Assefa a une nouvelle fois brillé en remportant la 46e édition du marathon de Londres, confirmant son statut de championne dans l’une des épreuves les plus prestigieuses du circuit mondial. Vice-championne olympique à Paris, elle a bouclé la course en 2 h 15 min 41 s, s’offrant ainsi une deuxième victoire consécutive dans la capitale britannique. Cette performance exceptionnelle s’accompagne d’un nouveau record du monde féminin, consolidant davantage sa position parmi les meilleures marathoniennes de l’histoire. La Kényane Hellen Obiri a décroché la deuxième place après une fin de course remarquable, tandis que Joyciline Jepkosgei a complété le podium, offrant un triplé africain. Ce résultat met une fois de plus en évidence la suprématie des coureuses éthiopiennes et kényanes sur la scène internationale, la prestation d’Assefa s’imposant comme l’un des faits marquants de la saison.
L’industrie manufacturière occupe une place stratégique dans les efforts de consolidation de l’économie éthiopienne : Ministre Melaku Alebel.
Apr 26, 2026 13090
Addis-Abeba, le 26 avril 2026 (ENA) : - Le ministre de l’Industrie, Melaku Alebel, a affirmé que le gouvernement met l’accent sur le développement du secteur manufacturier pour renforcer les fondements économiques de l’Éthiopie. S’exprimant à l’occasion de la course urbaine de 10 kilomètres « Ethiopia Tamrit », organisée sur la place Meskel, le ministre a réaffirmé l’engagement du gouvernement à renforcer les capacités industrielles et à valoriser les produits fabriqués localement. L’événement a réuni plusieurs hauts responsables, parmi lesquels la ministre de la Culture et des Sports, Shewit Shanka, l’adjoint au maire d’Addis-Abeba, Jantrar Abay, ainsi que le président de la Fédération éthiopienne d’athlétisme, Sileshi Sihine. Le ministre Melaku a expliqué que cette initiative visait à promouvoir les équipements sportifs produits dans le pays et à mettre en lumière les avancées des industries engagées dans la substitution aux importations. « Le gouvernement accorde une priorité claire à l’industrie manufacturière pour asseoir une base économique solide », a-t-il déclaré, soulignant que les réformes entreprises ces dernières années commencent à produire des résultats concrets. Il a également indiqué que la dynamique du secteur s’est intensifiée depuis le lancement de l’initiative « Ethiopia Tamrit », avec des progrès notables tant en termes de qualité que de volume de la production nationale. Selon lui, l’adoption des produits locaux s’inscrit dans une tendance croissante, plusieurs biens auparavant importés étant désormais fabriqués en Éthiopie. Il a assuré que les efforts se poursuivraient afin de renforcer la contribution du secteur à l’économie nationale et d’accélérer la transformation industrielle. De son côté, la ministre Shewit Shanka a mis en avant les investissements réalisés dans le domaine sportif, estimant que le développement des infrastructures crée de nouvelles opportunités pour la participation et l’épanouissement des jeunes. Elle a souligné que la synergie entre le sport et l’industrie favorise le remplacement des équipements importés par des produits locaux, précisant que les tenues utilisées lors de la course avaient été entièrement fabriquées en Éthiopie, illustrant ainsi le renforcement de cette coopération. Enfin, le maire adjoint, Jantrar Abay, a salué les progrès significatifs enregistrés dans le secteur industriel d’Addis-Abeba, notant que les réformes ont accru les capacités de production et consolidé le rôle de la capitale dans la mise en œuvre du programme national de fabrication.
Environnement
Climat : l’Afrique appelle à renforcer sa résilience, le GIEC à un consensus sur son 7ᵉ rapport
Oct 13, 2026 203
Addis Ababa le 13 octobre, 2026 (ENA) Le directeur général de l’Institut éthiopien de météorologie, Dr Fetene Teshome, a appelé à renforcer les capacités météorologiques et climatiques de l’Afrique, tandis que le président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), Dr Jim Skea, a exhorté les États membres à parvenir à un consensus sur le calendrier de son septième rapport d’évaluation, à l’ouverture de la 65e session du Groupe à Addis-Abeba. S’exprimant lors de la cérémonie d’ouverture, Dr Fetene Teshome, également président de l’Association régionale pour l’Afrique de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), a souligné que l’Afrique, malgré sa faible contribution aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, demeure particulièrement vulnérable aux changements climatiques. « Cette réalité souligne la nécessité urgente de renforcer l’adaptation, d’améliorer la résilience et d’élargir l’accès aux services climatiques qui favorisent une prise de décision éclairée à tous les niveaux », a-t-il déclaré. Il a notamment insisté sur l’importance des systèmes d’alerte précoce, des réseaux d’observation météorologique et des services climatiques pour protéger les populations et soutenir le développement durable. « En renforçant les réseaux d’observation, en développant les capacités d’alerte précoce et en favorisant la diffusion d’informations climatiques exploitables, ces initiatives aident les pays à renforcer leur résilience et à mieux protéger les vies, les moyens de subsistance et les économies face aux effets croissants des changements climatiques », a-t-il affirmé. Dr Fetene a également réaffirmé l’engagement de l’Éthiopie à améliorer les prévisions météorologiques, à développer la recherche climatique et à contribuer aux initiatives régionales et internationales dans ce domaine. Pour sa part, Dr Jim Skea a souligné les progrès réalisés dans la préparation du septième rapport d’évaluation du GIEC, tout en insistant sur la nécessité de parvenir à un accord concernant le calendrier des contributions des trois groupes de travail. « Les auteurs méritent de la clarté et de la certitude concernant les principales échéances et la durée de leur engagement bénévole auprès du GIEC », a-t-il déclaré, appelant les États membres à tout mettre en œuvre pour parvenir à un consensus au cours de la session. Le président du GIEC a également indiqué que les travaux de la semaine porteraient sur le rôle de l’intelligence artificielle dans les évaluations scientifiques, notamment les garanties nécessaires pour préserver la responsabilité humaine et respecter les principes régissant les travaux du Groupe. Abordant la situation financière de l’organisation, il a précisé que les contributions volontaires reçues pour 2026 représentaient environ un tiers du budget approuvé, appelant les États membres à accroître leur soutien financier afin de garantir la réalisation des travaux prévus. La 65e session du GIEC se tient du 12 au 16 octobre 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie, et porte notamment sur l’avancement du septième cycle d’évaluation scientifique des changements climatiques.
L'Éthiopie appelle à un renforcement de la coopération scientifique internationale lors de la 65e session du GIEC à Addis-Abeba
Oct 13, 2026 180
Addis Ababa le 13 octobre, 2026 (ENA) Le ministre éthiopien de l’Eau et de l’Énergie, Dr Habtamu Itefa, a souligné l’importance de la coopération scientifique internationale face aux changements climatiques, à l’occasion de l’ouverture de la 65e session du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), organisée à Addis-Abeba. S’exprimant lors de la cérémonie d’ouverture, le ministre a souhaité la bienvenue aux représentants des États membres du GIEC, aux scientifiques et aux partenaires internationaux, tout en réaffirmant l’engagement de l’Éthiopie en faveur de l’action climatique et du développement durable. Le ministre a rappelé que l’Éthiopie, se caractérise par une grande diversité de reliefs et de conditions climatiques. Il a également souligné le rôle du pays dans les ressources hydriques régionales, notamment à travers le bassin du Nil Bleu, dont les eaux contribuent à soutenir les populations de plusieurs pays voisins. Dr Habtamu Itefa a, par ailleurs, souligné que « nous sommes un champion mondial de l’action climatique. » Le ministre a également mis en avant l’Initiative Héritage vert (Green Legacy Initiative), lancée sous la direction du Premier ministre Abiy Ahmed. Abordant les travaux de la 65e session du GIEC, le ministre a insisté sur la nécessité de traduire les connaissances scientifiques en solutions concrètes pour les décideurs politiques, en particulier dans les pays en développement. « Comment le septième rapport d’évaluation (AR7) permettra-t-il d’apporter des solutions concrètes aux décideurs politiques et de contribuer au prochain bilan mondial ? », a-t-il interrogé, appelant à renforcer les capacités scientifiques et à combler les lacunes en matière de données climatiques dans les pays en développement. Il a souligné que des données fiables sont indispensables pour mieux évaluer les vulnérabilités économiques et sociales, anticiper les évolutions climatiques et définir des mesures efficaces d’adaptation et d’atténuation. Le ministre a également rappelé la contribution des institutions éthiopiennes, notamment de l’Institut éthiopien de météorologie, aux travaux du GIEC, à travers la participation de scientifiques et d’experts aux activités d’évaluation et de recherche. En conclusion, Dr Habtamu Itefa a exprimé sa reconnaissance au GIEC pour avoir choisi l’Éthiopie comme pays hôte de cette session, soulignant les efforts déployés pour moderniser les services météorologiques nationaux. Il a invité les participants à découvrir la culture et l’hospitalité éthiopiennes, tout en réaffirmant le soutien du gouvernement aux travaux de la session. La réunion offre ainsi aux représentants des États membres et à la communauté scientifique une occasion d’examiner les priorités du septième rapport d’évaluation du GIEC et de renforcer le dialogue entre les connaissances scientifiques et l’élaboration des politiques climatiques.
Les énergies renouvelables et la transition vers les véhicules électriques en Éthiopie suscitent l’intérêt des investisseurs Nordiques
Sep 22, 2026 1089
Addis Ababa le 22 septembre, 2026 (ENA) Les vastes ressources de l’Éthiopie en énergies renouvelables et sa transition rapide vers la mobilité électrique suscitent un intérêt croissant auprès des investisseurs et des entreprises technologiques nordiques, selon des acteurs du secteur. Cette déclaration a été faite en marge du Nordic Africa EV Summit, organisé en Éthiopie du 14 au 16 septembre, qui a réuni des acteurs régionaux et internationaux pour échanger sur la mobilité électrique, les infrastructures de recharge et les opportunités d’investissement. Hosaena A. Samuel, PDG et cofondatrice d’Easy Power, entreprise norvégienne et premier opérateur privé de recharge de véhicules électriques en Éthiopie, a indiqué que les investisseurs nordiques s’intéressent particulièrement à l’essor de l’adoption des véhicules électriques dans le pays ainsi qu’à son important potentiel en matière d’énergie propre. Selon Hosaena, plus de 20 institutions financières nordiques ont échangé avec des responsables éthiopiens et des acteurs du secteur lors du sommet afin d’examiner les possibilités d’investissement dans la fiabilité du réseau électrique et les infrastructures de recharge pour véhicules électriques. Cet intérêt concerne également les technologies et l’expertise technique nordiques, qui pourraient contribuer à la mise en place de réseaux de recharge plus résilients. Elle a souligné que les partenaires nordiques avaient été particulièrement impressionnés par la décision politique ambitieuse de l’Éthiopie de progressivement abandonner les véhicules à moteur thermique au profit de la mobilité électrique, une transition soutenue par l’abondance de ses ressources renouvelables. Les pays nordiques disposent d’une vaste expérience dans le développement des infrastructures de recharge pour véhicules électriques et de systèmes électriques fiables, a-t-elle expliqué, ajoutant que cette expertise pourrait offrir des enseignements précieux à l’Éthiopie alors qu’elle poursuit l’expansion de son réseau national de recharge. Hosaena a également cité le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD) et les grands projets éoliens parmi les principaux facteurs suscitant l’intérêt des investisseurs nordiques. Au-delà des infrastructures, elle a souligné que l’expansion du marché éthiopien des véhicules électriques offre d’importantes possibilités de transfert de technologies et d’investissements bilatéraux. Abondant dans le même sens, Kumeel Alsmail, responsable des solutions industrielles de Nokia pour le Moyen-Orient et l’Afrique, a indiqué que le développement de l’écosystème des véhicules électriques en Afrique ouvrira de nouvelles perspectives de coopération numérique et technologique entre les pays africains et les entreprises nordiques. S’exprimant à l’ENA en marge de l’événement, Alsmail a souligné que la connectivité fiable sera essentielle au fonctionnement des réseaux de recharge des véhicules électriques, notamment alors que les pays s’efforcent de mettre en place des corridors régionaux de mobilité électrique. Il a notamment évoqué les corridors potentiels reliant l’Éthiopie, Djibouti et le Kenya, estimant que ces axes pourraient desservir aussi bien les véhicules de transport de passagers que les véhicules électriques lourds. Alsmail a indiqué que Nokia entrevoit d’importantes possibilités de fournir des solutions de connectivité numérique destinées aux réseaux de recharge, tout en soulignant que l’augmentation de la capacité de production d’énergie renouvelable de l’Éthiopie doit s’accompagner de systèmes robustes de transport et de distribution d’électricité. Le sommet a ainsi mis en évidence l’interconnexion entre les énergies renouvelables, la mobilité électrique, la connectivité numérique et les infrastructures. Les participants ont souligné que les partenariats technologiques transfrontaliers et les investissements privés seront essentiels pour accélérer la transition de l’Afrique vers une énergie propre.
El Niño : Mohamed Ware souligne l’importance d’investir dans l’action anticipée
Sep 22, 2026 643
Addis Ababa le 22 septembre, 2026 (ENA) Le Secrétaire exécutif adjoint de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), Mohamed Ware, a souligné l’importance d’investir dans l’action anticipée afin de limiter les pertes humaines, économiques et environnementales liées aux impacts attendus du phénomène El Niño dans la Corne de l’Afrique. S’exprimant en marge du Forum régional de haut niveau de l’IGAD sur la préparation à El Niño dans la Corne de l’Afrique, M. Ware a indiqué que les pays de la région disposent aujourd’hui de données scientifiques, de modèles climatiques et de prévisions permettant de prendre des mesures avant que les conséquences du phénomène ne se manifestent pleinement. « Nous avons l’information, la science et les données », a-t-il déclaré, soulignant que la question n’est désormais plus de savoir si les impacts se produiront, mais plutôt de déterminer « ce que nous faisons maintenant ». Selon lui, le phénomène El Niño pourrait avoir des répercussions importantes sur l’agriculture, l’élevage, les infrastructures, les moyens de subsistance, l’approvisionnement alimentaire urbain et la santé, tout en aggravant les déplacements de populations et certaines tensions au sein des communautés. M. Ware a rappelé que la région avait déjà enregistré d’importantes pertes humaines et économiques lors de précédents épisodes d’El Niño, insistant sur la nécessité de tirer les leçons de ces expériences pour renforcer la préparation. Le Secrétaire exécutif adjoint de l’IGAD a particulièrement insisté sur la rentabilité de l’action anticipée, soulignant que les investissements réalisés avant une catastrophe peuvent permettre de réduire considérablement les coûts des interventions et de la reconstruction. Selon les chiffres présentés lors du forum, chaque dollar investi dans l’anticipation permettrait d’éviter entre quatre et six dollars de pertes évitables. « Ces activités auront besoin de financement », a-t-il affirmé, appelant les partenaires au développement, mais aussi les ministères des Finances des États membres, à travailler étroitement avec les institutions chargées de la gestion des risques de catastrophe. Il a souligné la nécessité de rendre disponibles des ressources nationales afin de permettre aux mesures anticipatoires d’avoir un impact concret sur les populations exposées. Abordant les initiatives environnementales entreprises par les États membres, M. Ware a particulièrement salué les efforts de l’Éthiopie en matière de restauration des terres dégradées, de protection des bassins versants, de plantation d’arbres comme « l’Initiative héritage du vert » et de collecte des eaux. « Les mesures prises par le gouvernement éthiopien dans cette initiative sont très encourageantes », a-t-il déclaré. Selon lui, ces initiatives contribuent non seulement à prévenir certains risques à court terme, mais également à renforcer la santé environnementale et les moyens de subsistance des communautés à long terme. La restauration des terres et la protection des bassins versants peuvent notamment contribuer à préserver les ressources en eau et les terres productives, à réduire les risques de glissements de terrain et à limiter les déplacements de populations liés à la dégradation environnementale, a-t-il expliqué. M. Ware a également souligné le rôle de l’IGAD dans le partage des connaissances et des expériences entre ses États membres, afin de permettre la reproduction et la mise à l’échelle des initiatives ayant démontré leur efficacité. Le responsable de l’IGAD a ainsi appelé à une mobilisation coordonnée des ressources, des connaissances scientifiques et des expériences nationales afin de transformer les prévisions climatiques en mesures concrètes de protection des populations et des moyens de subsistance face aux risques liés à El Niño.
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Le nouveau chapitre politique de l’Éthiopie : l’accès souverain à la mer au cœur de l’ambition nationale
Oct 16, 2026 46
Le 15 octobre, 2026 (ENA) Le nouveau chapitre politique quinquennal de l’Éthiopie s’ouvre sur une ambition nationale déterminante : bâtir un État pacifique, démocratique et prospère tout en poursuivant l’objectif d’un accès souverain à la mer. Sous le gouvernement de Medemer, les attentes sont grandes quant à la capacité des autorités à traduire leur mandat électoral en améliorations concrètes des conditions de vie des citoyens, tout en renforçant la position stratégique de l’Éthiopie dans la Corne de l’Afrique. Au cœur de ce programme figure l’aspiration de l’Éthiopie à disposer d’un accès souverain à la mer. Comptant parmi les pays enclavés les plus peuplés du monde, l’Éthiopie a un intérêt économique majeur à bénéficier d’un accès fiable au commerce maritime. L’obtention d’un tel accès dans le cadre d’accords mutuellement avantageux pourrait alléger les contraintes logistiques, améliorer la compétitivité des exportations, attirer les investissements et approfondir l’intégration économique régionale. Toutefois, l’accès maritime s’inscrit dans un programme plus vaste de transformation nationale. La réussite de ce nouveau chapitre politique dépendra également de la consolidation de la paix, du renforcement des institutions démocratiques, de la promotion de la réconciliation nationale et de la construction d’une économie inclusive. La philosophie de Medemer, qui met l’accent sur la coopération, la synergie et le progrès collectif, offre un cadre pour poursuivre ces priorités. Sa crédibilité dépendra, en définitive, de la capacité du gouvernement à traduire ses engagements politiques en résultats mesurables. Les progrès réalisés sur le plan intérieur revêtent également une importance régionale. En tant que pays hôte du siège de l’Union africaine et acteur politique et économique majeur de la Corne de l’Afrique, l’Éthiopie a un intérêt stratégique dans la stabilité régionale et dispose d’une occasion d’y contribuer. Une Éthiopie plus forte, soutenue par des institutions fiables et une économie résiliente, serait mieux placée pour défendre ses intérêts nationaux tout en favorisant la paix et la coopération dans la région. L’accès souverain à la mer : une priorité stratégique nationale Pour l’Éthiopie, l’accès à la mer dépasse la simple question géographique. Il est étroitement lié à la sécurité, au commerce, à la compétitivité économique, au développement national et aux intérêts stratégiques à long terme. La dépendance à l’égard de corridors maritimes extérieurs expose l’économie du pays aux coûts de transport élevés, aux goulets d’étranglement logistiques et aux perturbations du commerce international. Un accès fiable et diversifié aux infrastructures maritimes pourrait aider les entreprises éthiopiennes à atteindre plus efficacement les marchés internationaux, à renforcer les chaînes d’approvisionnement et à améliorer la compétitivité des exportations. L’Éthiopie doit faire partie intégrante de l’architecture de sécurité de la mer Rouge. En tant qu’acteur régional majeur ayant contribué de longue date aux opérations de maintien de la paix des Nations unies ainsi qu’aux efforts en faveur de la paix et de la sécurité dans la Corne de l’Afrique, l’Éthiopie a un intérêt stratégique évident dans la sécurité de ce corridor maritime vital et peut apporter une contribution significative à sa protection. Exclure un pays de l’importance régionale de l’Éthiopie des décisions relatives à la sécurité de la mer Rouge reviendrait à tenir à l’écart un acteur essentiel d’un processus ayant des conséquences directes sur ses intérêts économiques et nationaux. L’Éthiopie devrait donc disposer d’une place significative à la table des discussions afin de contribuer à la sécurité maritime, de protéger la navigation internationale, de renforcer la stabilité régionale et de participer à la protection de l’une des voies maritimes les plus stratégiques du monde. En définitive, les progrès se mesureront à la capacité de l’Éthiopie à diversifier ses options d’accès maritime, à réduire les contraintes commerciales et à renforcer sa résilience économique, tout en contribuant à la stabilité dans l’ensemble de la Corne de l’Afrique. L’unité nationale, fondement de l’ambition stratégique Aucune ambition nationale ne peut être durable sans stabilité intérieure et sans un objectif commun. Le nouveau chapitre politique de l’Éthiopie doit donc commencer par la volonté de renforcer l’unité nationale, de répondre aux griefs de longue date et de restaurer la confiance du public. La diversité culturelle du pays, son histoire complexe et la pluralité des intérêts politiques rendent indispensable une construction inclusive de l’État. L’unité ne peut être réalisée par de simples déclarations. Elle exige l’égalité des citoyens, la protection constitutionnelle des droits, un accès équitable aux possibilités et des institutions capables de gérer les désaccords de manière pacifique. L’approche Medemer peut contribuer à rapprocher les partis politiques, les institutions gouvernementales, les organisations de la société civile, les institutions religieuses, les chefs traditionnels et les différentes communautés. Le processus de dialogue national offre une occasion de traiter les griefs historiques, de cerner les intérêts communs et de jeter des bases plus solides pour parvenir à un consensus. Pour réussir, ce processus doit garantir une participation réelle, permettre l’expression de points de vue divers et traduire les recommandations en réformes concrètes. La réconciliation nationale ne doit pas être réduite à un slogan politique : elle doit se traduire par une confiance accrue, de meilleures relations entre les communautés et des mécanismes plus efficaces de règlement des différends. Les institutions démocratiques : transformer le mandat électoral en confiance publique La pérennité de la transition politique éthiopienne dépendra largement du fonctionnement de ses institutions démocratiques. Le Parlement, le pouvoir judiciaire, les organismes électoraux et les institutions exécutives doivent exercer leurs fonctions dans le respect de leurs mandats constitutionnels et garantir des mécanismes efficaces de responsabilité. La Chambre des représentants du peuple a la responsabilité non seulement d’adopter des lois, mais aussi de contrôler l’action gouvernementale, d’examiner les dépenses publiques et de veiller à ce que les politiques nationales répondent aux besoins des citoyens. Un contrôle parlementaire efficace peut permettre de repérer les lacunes dans la mise en œuvre des politiques, d’améliorer les dépenses publiques et de renforcer la reddition de comptes. L’indépendance et l’accessibilité du pouvoir judiciaire sont tout aussi importantes. Les citoyens doivent pouvoir obtenir réparation lorsque leurs droits sont violés, tandis que les différends doivent être résolus par des procédures judiciaires impartiales. Une application cohérente de la loi renforcerait l’égalité devant celle-ci et la confiance dans les institutions publiques. Les partis politiques ont également la responsabilité de consolider les pratiques démocratiques en présentant des propositions politiques crédibles, en participant à des débats constructifs et en respectant les procédures constitutionnelles. De son côté, le gouvernement doit protéger la participation politique légale, l’engagement civique et la liberté de critique publique. La lutte contre la corruption, la réduction des lourdeurs administratives et l’amélioration des services publics sont tout aussi essentielles. Des procédures de passation des marchés transparentes, une gestion responsable des finances publiques et des mécanismes de plainte accessibles contribueraient à garantir que les ressources publiques servent les objectifs auxquels elles sont destinées. Ces réformes sont directement liées aux ambitions stratégiques plus larges de l’Éthiopie. Des institutions prévisibles et une gouvernance responsable peuvent renforcer la confiance des investisseurs, améliorer l’environnement des affaires et favoriser la mise en œuvre efficace des projets d’infrastructure et de développement. Un gouvernement qui gagne la confiance de sa population est également mieux placé pour établir des partenariats crédibles à l’étranger. La responsabilité démocratique n’est donc pas distincte de la stratégie nationale : elle constitue l’un des fondements d’un progrès durable. Transformation économique et renforcement des capacités nécessaires à la souveraineté La quête d’un accès à la mer doit s’appuyer sur une économie capable de transformer une meilleure connectivité en prospérité. L’accès aux ports et aux marchés internationaux peut ouvrir de nouvelles possibilités, mais les bénéfices dépendront de la productivité nationale, de la compétitivité des industries et de la capacité du pays à créer de la valeur ajoutée. À cet égard, le mouvement industriel « Made in Ethiopia » joue un rôle important dans le renforcement de la production nationale, la promotion de la substitution aux importations et l’élargissement des capacités manufacturières du pays. En encourageant les industries locales à fabriquer des biens auparavant importés, cette initiative favorise l’autonomie économique, réduit la dépendance aux importations et ouvre des perspectives d’investissement national et de création d’emplois. L’agriculture demeure au cœur de la sécurité alimentaire et de l’économie éthiopiennes. Dans le cadre de la philosophie Medemer, le pays a réalisé des progrès notables, notamment dans la production de blé. Le développement de l’irrigation, de la mécanisation, de la recherche et de la transformation agroalimentaire peut encore accroître la productivité, réduire la vulnérabilité aux aléas climatiques et améliorer les revenus des agriculteurs. L’industrialisation, le secteur manufacturier et la transformation numérique sont également essentiels à la diversification des exportations, à la création d’emplois et au renforcement de la production nationale. Un approvisionnement fiable en électricité, une logistique efficace, un meilleur accès au financement et une main-d’œuvre qualifiée seront indispensables pour bâtir des entreprises compétitives. Une meilleure connectivité maritime pourrait réduire les obstacles au commerce et relier les producteurs éthiopiens aux marchés mondiaux, tandis que le renforcement des industries nationales permettrait au pays de capter une plus grande part de la valeur générée par les échanges internationaux. Coopération dans la Corne de l’Afrique et la région de la mer Rouge pour une prospérité partagée L’avenir national de l’Éthiopie est étroitement lié à l’évolution de la situation dans la Corne de l’Afrique. Les conflits, les déplacements de population, l’insécurité alimentaire et les pressions climatiques dépassent fréquemment les frontières, tandis que les tensions politiques peuvent perturber les échanges commerciaux et menacer les moyens de subsistance des communautés frontalières. La quête d’un accès à la mer doit donc s’inscrire dans un cadre plus large de coopération régionale. Les intérêts stratégiques et économiques de l’Éthiopie doivent être reliés au littoral de la mer Rouge dans un avenir proche, dans une perspective de bénéfices mutuels. Les activités portuaires, les corridors de transport, les services logistiques et les infrastructures transfrontalières peuvent créer des débouchés commerciaux pour les pays participants. Une meilleure connectivité peut renforcer les chaînes d’approvisionnement régionales, élargir les marchés et encourager les investissements dans les transports, l’industrie manufacturière et les services liés au commerce. Une Corne de l’Afrique plus stable et mieux connectée favoriserait les ambitions maritimes de l’Éthiopie tout en soutenant les priorités de développement de ses voisins. L’influence régionale de l’Éthiopie dépendra donc non seulement de l’ampleur de ses ambitions, mais aussi de sa capacité à instaurer la confiance, à maintenir le dialogue et à démontrer que la coopération peut produire des bénéfices concrets. Résilience climatique et sécurité hydrique sur le Nil Tout aussi important que l’ambition d’un accès souverain à la mer, le programme du nouveau gouvernement de Medemer doit viser à maximiser le potentiel de développement de l’Abay, ou Nil Bleu, en faisant progresser des projets supplémentaires d’hydroélectricité et d’irrigation. La valorisation de cette ressource stratégique est essentielle à l’augmentation de la production d’électricité, au renforcement de la sécurité alimentaire et à l’accélération de la transformation économique. La résilience climatique demeure au cœur de cette ambition. Les sécheresses, les inondations et les variations des régimes pluviométriques menacent l’agriculture, les ressources en eau, les infrastructures et les moyens de subsistance dans toute la Corne de l’Afrique. Les investissements de l’Éthiopie dans l’hydroélectricité et l’irrigation doivent donc aller de pair avec une gestion durable de l’eau, la protection de l’environnement et l’adaptation au changement climatique. Pour l’Éthiopie, valoriser pleinement le potentiel de l’Abay ne constitue pas seulement une priorité énergétique ou agricole. Il s’agit également d’un pilier stratégique de la souveraineté économique, de la sécurité alimentaire et du développement national à long terme. Jeunesse et femmes : élargir les fondements du progrès national La population jeune de l’Éthiopie représente une formidable possibilité de croissance économique, d’innovation et de renouveau national. Pour concrétiser ce potentiel, il ne suffit pas d’élargir l’accès à l’éducation : il faut également développer des compétences adaptées, créer des emplois productifs, soutenir l’entrepreneuriat et garantir une participation significative à la vie publique. Le manque de possibilités d’emploi peut accentuer les frustrations, notamment lorsque les jeunes ont le sentiment d’être exclus des décisions qui déterminent leur avenir. Les investissements dans l’enseignement et la formation techniques et professionnels, les compétences numériques et les secteurs à forte intensité de main-d’œuvre permettraient de mieux adapter la formation aux besoins de l’économie. Le renforcement des liens entre les écoles, les universités, les établissements de formation et les employeurs pourrait faciliter la transition entre les études et l’emploi. Le soutien à l’entrepreneuriat et aux petites entreprises permettrait également aux jeunes de transformer leurs compétences et leurs idées en activités économiques productives. La participation des jeunes est tout aussi importante pour la réconciliation nationale, le développement communautaire et le débat public. Leur offrir de véritables possibilités de contribuer aux affaires publiques renforcerait la cohésion sociale et permettrait aux politiques nationales de mieux répondre à leurs priorités. La participation des femmes constitue un autre élément essentiel d’un développement inclusif. L’élargissement de leur accès à l’éducation, à l’emploi, au financement, aux services publics et aux postes de responsabilité permettrait à un plus grand nombre de citoyens de contribuer au progrès national et améliorerait le bien-être des ménages. Ces investissements revêtent une importance stratégique. Une population qualifiée, productive et économiquement autonome renforcerait les industries nationales, améliorerait la compétitivité des exportations et permettrait à l’Éthiopie de tirer davantage profit de l’expansion du commerce régional et international. L’ambition nationale devient plus durable lorsque les citoyens ont une véritable place dans sa réalisation. L’autonomisation des jeunes et des femmes n’est donc pas seulement un objectif social : elle constitue un investissement dans la capacité productive, la stabilité et la prospérité à long terme de l’Éthiopie. De l’ambition nationale à des résultats mesurables La crédibilité du nouveau chapitre politique de l’Éthiopie dépendra, en définitive, de la mise en œuvre des engagements pris. Le gouvernement doit traduire ses priorités en objectifs clairs, affecter les ressources en fonction des besoins nationaux et mettre en place des mécanismes permettant d’évaluer les progrès accomplis. La sécurité, l’emploi, la prestation des services publics, la responsabilité institutionnelle et la résilience économique devraient figurer parmi les principaux indicateurs de performance. La publication régulière de rapports permettrait aux citoyens d’évaluer les engagements du gouvernement et de déterminer les domaines nécessitant des mesures correctives. Les autorités fédérales et régionales doivent coordonner leurs responsabilités tout en respectant leurs mandats constitutionnels et les réalités locales. La consultation des communautés, des entreprises, des associations professionnelles et de la société civile peut améliorer la prise de décision et contribuer à identifier les problèmes émergents. Une gestion efficace des finances publiques, des systèmes de passation des marchés renforcés et des mesures efficaces de lutte contre la corruption permettraient de mieux garantir que les ressources limitées produisent des résultats significatifs. Le gouvernement doit également trouver un équilibre entre les investissements dans les infrastructures à long terme et les besoins immédiats de la population. Les citoyens attendent une amélioration de l’accès aux soins de santé, à l’éducation, à une alimentation abordable, à l’emploi et à la sécurité personnelle. Les progrès dans ces domaines façonneront la confiance du public envers l’administration. Les ambitions stratégiques et les responsabilités intérieures doivent se renforcer mutuellement. L’accès maritime peut élargir les possibilités économiques, mais sa pleine valorisation dépendra de la présence d’industries productives, d’institutions capables, d’une main-d’œuvre qualifiée et d’un environnement politique stable. L’épreuve décisive consistera à déterminer si les politiques nationales améliorent les conditions de vie des citoyens tout en renforçant la capacité de l’Éthiopie à défendre ses intérêts par un engagement pacifique et constructif. En définitive, le nouveau chapitre politique quinquennal de l’Éthiopie offre l’occasion de consolider les fondements d’un État pacifique, démocratique et prospère. Sa réussite dépendra de la capacité du gouvernement à traduire son mandat électoral et la philosophie Medemer en progrès tangibles dans les domaines de l’unité nationale, de la sécurité, de la responsabilité institutionnelle et du niveau de vie. Au cœur de l’ambition stratégique du pays se trouve l’accès souverain à la mer. S’il est poursuivi dans le cadre d’accords mutuellement avantageux, le développement de la connectivité maritime pourrait contribuer à réduire les contraintes commerciales, à renforcer la compétitivité des exportations et à approfondir l’intégration économique régionale, tout en favorisant une paix durable. Au-delà de ses frontières, l’Éthiopie doit consolider ses relations constructives avec les États voisins, promouvoir la coopération dans les domaines du commerce, des infrastructures, de l’énergie et de la résilience climatique, et soutenir les initiatives régionales visant à prévenir les conflits. Son engagement auprès de l’Union africaine et de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) peut contribuer à la réalisation de ces objectifs, à condition de s’appuyer sur une diplomatie cohérente et des engagements concrets. La responsabilité du gouvernement est donc à la fois nationale et régionale : bâtir un État auquel les citoyens font confiance, une économie qui élargit les possibilités et une politique étrangère qui défend les intérêts nationaux tout en respectant les intérêts légitimes des autres pays. L’accès souverain à la mer peut être au cœur de l’ambition nationale de l’Éthiopie, mais l’unité nationale, la gouvernance démocratique et la transformation économique détermineront sa réussite. Le critère ultime de réussite de l’État de Medemer sera sa capacité à transformer cette ambition en améliorations durables des conditions de vie des citoyens, tout en contribuant à une Corne de l’Afrique plus pacifique, plus stable et mieux intégrée sur le plan économique.
Du Sinaï au Nil : l’Égypte ne peut exiger la paix d’Israël tout en menaçant l’Éthiopie de guerre
Oct 16, 2026 44
Par le professeur Al Mariam (émérite et avocat) Le 16 octobre 2026 (ENA) (Ce qui est bon pour l’oie est bon pour le jars) Le 14 octobre 2026, le président Abdel Fatah El-Sissi a répondu aux avertissements lancés par le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, selon lesquels l’Égypte perdrait la péninsule du Sinaï si elle attaquait Israël. El-Sissi a affirmé que son pays s’était battu pour son territoire, qu’il n’avait pas l’intention d’annexer le moindre territoire et qu’il ne souhaitait que la sécurité et la stabilité. La déclaration d’El-Sissi repose sur le principe diplomatique solide selon lequel les États ne doivent pas porter atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale d’un autre pays pour défendre leurs propres intérêts, leur propre intégrité territoriale et leur propre sécurité. L’Éthiopie n’a jamais proféré la moindre menace d’occupation ou d’attaque du territoire égyptien. La construction et l’exploitation du Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD) sur le Nil Bleu constituent un projet de développement en Éthiopie qui s’achèvera en septembre 2025 grâce au sang, à la sueur et aux larmes des Éthiopiens. La controverse autour du GERD porte uniquement sur le remplissage et l’exploitation du barrage, la sécurité de l’approvisionnement en eau en aval et l’absence d’accord de coopération commun — et non sur une revendication de l’Éthiopie sur un quelconque territoire égyptien. L’Éthiopie n’a jamais nié le droit de l’Égypte aux eaux du Nil en vertu du droit international. L’Éthiopie dispose également d’un droit souverain incontestable de développer ses ressources en eau et de produire de l’énergie hydroélectrique pour son économie, conformément à la Convention des Nations unies de 1997 sur les cours d’eau, qui impose aux pays riverains de faire un usage équitable et raisonnable des ressources en eau partagées et de ne causer aucun préjudice significatif ce faisant. Tout comme il l’a fait auprès d’Israël, El Sisi devrait adresser à l’Éthiopie un message similaire de coexistence pacifique : « L’Égypte ne veut pas la guerre avec l’Éthiopie. L’Égypte n’a aucune prétention territoriale sur l’Éthiopie. L’Égypte respecte la souveraineté de l’Éthiopie et attend la même chose de sa part. L’Égypte ne soutient pas et ne soutiendra aucun groupe terroriste ni aucun pays qui parraine des groupes terroristes pour commettre des actes de terrorisme en Éthiopie, ni ne leur fournit secrètement des armes et d’autres équipements militaires sous le couvert de la nuit ou de toute autre manière. Les différends entre les deux pays doivent être réglés par la négociation, le droit international, la coopération technologique et des garanties de sécurité mutuelles. » En effet, c’est selon ce principe que l’Égypte doit traiter avec Israël, l’Éthiopie et tous les autres pays de la Corne de l’Afrique. Trois principes contenus dans la déclaration du président El-Sissi méritent d’être soulignés. Premièrement, il estime que le Sinaï appartient à l’Égypte et que son intégrité territoriale doit être préservée. Deuxièmement, il affirme que l’Égypte souhaite défendre son territoire, et non annexer celui d’autrui. Troisièmement, la sécurité nationale de l’Égypte ne doit pas se faire au détriment de la souveraineté d’un autre État. Ces trois principes s’appliquent également à l’Éthiopie.L'Égypte ne peut raisonnablement exiger qu'Israël respecte le territoire égyptien tout en traitant le développement par l'Éthiopie d'un barrage sur le territoire éthiopien comme une menace justifiant une action militaire coercitive. L'Éthiopie a publiquement déclaré à maintes reprises qu'elle est prête à répondre aux préoccupations légitimes de l'Égypte concernant la sécurité de l'eau en aval par le biais de négociations pacifiques dans un esprit de fraternité, de respect mutuel et d'accords juridiques contraignants qui protègent les intérêts légitimes de l'Éthiopie, du Soudan et de l'Égypte. L’Éthiopie ne nie pas que les eaux du Nil soient essentielles à l’agriculture, à l’approvisionnement en eau potable, à l’industrie et à l’économie nationale égyptiennes. Il n’en reste pas moins que l’Égypte dépend fortement du Nil, tandis que l’Éthiopie est la principale source des eaux du Nil Bleu ; 86 % des eaux du Nil proviennent d’Éthiopie. Les préoccupations de l’Égypte en matière de sécurité ne lui confèrent pas un droit de veto sur le développement de l’Éthiopie. Ces réalités géographiques établissent un besoin commun de coopération économique, et non un droit exclusif pour l’Égypte de déterminer comment l’Éthiopie développe ses ressources en eau. Le GERD est la source d’énergie de l’Éthiopie pour produire de l’électricité et stimuler son développement économique. La principale préoccupation, à savoir que le GERD puisse avoir un impact sur la programmation des rejets d’eau de son réservoir en période de sécheresse, peut être résolue grâce à un processus transparent d’échange d’informations, à une exploitation coordonnée du barrage, à un régime rigoureux de sécurité du barrage et à un système conjoint de gestion de la sécheresse. En janvier 2020, dans une déclaration commune de l’Égypte, de l’Éthiopie, du Soudan, des États-Unis et de la Banque mondiale, certains points d’accord ont été définis, notamment le remplissage progressif du réservoir, la gestion de la sécheresse, l’exploitation à long terme du barrage, la coordination, l’échange d’informations et le règlement des différends. Le problème réside dans la mise en œuvre. L’Égypte constitue un obstacle majeur au processus. Elle est obsédée par une stratégie consistant à blâmer et à stigmatiser l’Éthiopie, tout en restant attachée à des accords obsolètes datant de l’époque coloniale. Il ne se passe pratiquement pas une semaine sans que l’Égypte ne lance une campagne de diabolisation médiatique à l’encontre de l’Éthiopie. L’Égypte a invoqué le « unilatéralisme » à l’encontre de l’Éthiopie, l’accusant de négliger les intérêts des pays situés en aval et de violer le droit et les normes internationales. L’Éthiopie reste fermement attachée à son engagement de faire valoir son droit au développement et de veiller à ce que son utilisation légitime des ressources en eau partagées soit reconnue. La Déclaration de principes de 2015 entre l’Égypte, l’Éthiopie et le Soudan, ainsi que les principes du droit international relatifs aux cours d’eau, fournissent un cadre de solution. Les principes énoncés par la Déclaration et le droit relatif aux cours d’eau stipulent que les eaux du Nil peuvent être utilisées de manière juste et raisonnable, grâce à la coopération et à la diligence requise, afin de ne causer aucun préjudice aux autres États. Il est important de noter que le droit à la sécurité hydrique de l’État en aval n’équivaut pas à un droit illimité de contrôler les ressources en eau en amont. De même, la souveraineté en amont ne peut signifier que les conséquences en aval peuvent simplement être ignorées. La seule issue à cette impasse réside dans la négociation de règles pratiques, fondées sur des données factuelles et réciproques. Menaces égyptiennes et rumeurs de guerre contre l’Éthiopie au sujet du Nil L’argument selon lequel l’Égypte devrait adopter une approche pacifique vis-à-vis de l’Éthiopie ne repose ni sur des spéculations ni sur des conjectures. Il existe un long historique, bien documenté, de la rhétorique égyptienne, des mises en garde concernant des options militaires et des signaux militaires régionaux liés au différend sur le Nil. Il est essentiel de distinguer une menace, une déclaration de politique générale et une décision concrète de recourir à la force. Les faits démontrent pourquoi l’Éthiopie a des raisons de prendre au sérieux la rhétorique incessamment hostile de l’Égypte. En 1979, le président Anwar Sadat avait averti que l’Égypte n’accepterait pas passivement une menace pesant sur son approvisionnement en eau. Il a déclaré de manière théâtrale : « Si l’Éthiopie prend la moindre mesure visant à nous priver de notre droit à l’eau du Nil, nous n’aurons d’autre choix que de recourir à la force. » En 2013, lors d’une réunion télévisée, le président Mohamed Morsi a proclamé que l’Égypte soutiendrait les forces militantes en Éthiopie et irait même jusqu’à attaquer le barrage. Au cours des sept dernières années, le président El-Sissi a averti que toute atteinte à la sécurité de l’Égypte en matière d’eau du Nil constituait une ligne rouge, et que les conséquences affecteraient l’ensemble de la région. Pour ne pas paraître trop agressif, El-Sissi a également tenu un double discours, affirmant qu’il préférait la diplomatie à la force militaire, et que l’Égypte reconnaissait le droit de l’Éthiopie à produire de l’électricité, à condition que la sécurité de l’Égypte en matière d’eau reste intacte. Recourir à la puissance militaire égyptienne contre l’Éthiopie n’est pas une option. Les défaites subies par l’Égypte lorsque ses forces ont envahi l’Éthiopie au XIXe siècle devraient servir de leçon et dissuader de recourir à la force militaire. Par le passé, l’armée égyptienne a lancé des campagnes visant à accroître l’influence égyptienne dans la Corne de l’Afrique, qui comprend la mer Rouge et les hauts plateaux éthiopiens. L’histoire nous enseigne que le recours à l’action militaire contre l’Éthiopie ne fera pas de l’Égypte le pays dominant, ne garantira pas son usage exclusif des eaux du Nil et ne résoudra pas les différends entre les deux pays pour instaurer une paix durable. Le khédive d’Égypte, Ismaïl Pacha, a entrepris une invasion de l’Empire éthiopien par des moyens militaires en 1874 et 1876 dans le but de prendre le contrôle de l’ensemble du bassin du Nil afin de bâtir un empire en Afrique. Lors de la bataille de Gundet (1875), les forces éthiopiennes ont écrasé les forces égyptiennes. Un historien de renom a fait remarquer : « Les armées égyptiennes, souvent commandées par des officiers européens et américains, ont été vaincues et pratiquement anéanties à plusieurs reprises par les forces éthiopiennes menées par l’empereur Yohannes. » Lors de la bataille de Gura (1876), les forces éthiopiennes ont mis en déroute les forces égyptiennes envahissantes. Un historien a noté : « La bataille de Gura, qui s’est déroulée six mois plus tard [Gundet], confirme la supériorité militaire de l’armée éthiopienne. » Un autre a ajouté : « Yohannes a affronté les Égyptiens à Hamasien et les a vaincus de manière décisive à Gura au cours d’une bataille de trois jours, du 7 au 9 mars 1876. » Lors de la bataille d’Adoua contre l’Italie coloniale, qui eut lieu le 1er mars 1896, les Éthiopiens anéantirent en quelques heures seulement une armée européenne moderne et lourdement armée. Un historien contemporain très réputé écrivit : « Contrairement à la campagne de Napoléon en Russie, la campagne d’Adoua s’est soldée par une victoire. C’est cela, la grandeur. »La leçon historique apprise ici est que l'Éthiopie ne peut pas être considérée comme un pays qui se plierait devant ses ennemis en raison d'une supériorité militaire. Un équipement militaire supérieur ne garantit pas l'atteinte d'objectifs stratégiques. Les invasions lancées par l'Égypte contre l'Éthiopie au dix-neuvième siècle n'ont pas réussi, et dans toute nouvelle guerre menée contre l'Éthiopie, le résultat sera le même. Il n’est pas exagéré de comparer les guerres d’Israël aux campagnes menées par l’Égypte au XIXe siècle contre l’Éthiopie. Lors de la guerre des Six Jours de juin 1967, l’Égypte fut vaincue par Israël et ses alliés arabes. L'effondrement de l'armée égyptienne s'est produit dans le Sinaï, et Israël s'est emparé de la péninsule du Sinaï. Lors de la guerre d'octobre 1973, l'Égypte a remporté des victoires initiales en traversant le canal de Suez et en perçant les défenses israéliennes dans le Sinaï. Israël riposta, traversa le canal de Suez et encercla la troisième armée égyptienne. Le Sinaï fut finalement récupéré par l’Égypte par la voie diplomatique, après la signature du traité de paix égypto-israélien de 1979, lorsque Israël se retira du Sinaï en 1982. L’importance stratégique et les implications politiques de cette guerre résident dans le fait qu’elle a permis à l’Égypte de récupérer le Sinaï grâce à la diplomatie et à l’accord de paix de 1979. Dans le différend sur le Nil, la forme de l'Égypte est telle que sa propre histoire prouve l'utilité de passer d'une confrontation militaire à une résolution diplomatique. L'Égypte a récupéré le Sinaï grâce à la diplomatie et à un accord de paix après certaines actions militaires. L'Égypte n'a pas besoin d'être dans un état de guerre permanent avec Israël. Une intervention militaire contre l'Éthiopie ne permettra ni à l'Égypte de dominer le Nil, ni de garantir la sécurité de son approvisionnement en eau, ni de contraindre l'Éthiopie à devenir un État colonial ou satellite. Plutôt que de menacer de guerre et d'attaquer l'Éthiopie, le président el-Sissi devrait donner un signal fort à l'Éthiopie et aux pays du bassin du Nil concernant la coexistence pacifique et la prospérité grâce à l'utilisation équitable de l'eau du Nil. En effet, l'Égypte devrait signer l'Accord-cadre coopératif qui établit un cadre institutionnel pour coordonner la gestion à l'échelle du bassin et le développement du Nil. Le Nil ne doit pas être un obstacle entre l’Éthiopie et l’Égypte ; il devrait au contraire devenir le lien entre les deux nations. Unies par de nombreux points communs, tels que l’histoire du fleuve et l’économie, les deux nations devraient unir leurs forces pour faire de l’eau du Nil un moteur de paix et de prospérité. L’Éthiopie ne sera jamais menacée ni intimidée militairement par l’Égypte dans son utilisation légitime du Nil. Il est certain que l’Éthiopie n’a ni l’intention ni le désir de menacer ou de déstabiliser l’Égypte, ni d’utiliser des moyens militaires pour dicter à l’Égypte la manière dont elle doit se développer. Les événements liés à Gundet et à Gura montrent que l’Éthiopie ne se laissera pas intimider au point de renoncer à sa souveraineté. Les événements entourant la guerre israélo-arabe montrent que la victoire ou la défaite sur le champ de bataille ne résoudront pas nécessairement les problèmes politiques en jeu. La restitution du Sinaï illustre les avantages de la diplomatie et des accords. Une véritable victoire est celle qui préserve la paix et la souveraineté d’une nation. L’histoire des Éthiopiens montre qu’ils ont toujours été forts et unis dans la défense de leur patrie. Que ce soit lors de la bataille de Gundet et de Gura ou de celle d’Adoua, le peuple éthiopien a démontré sa capacité à organiser ses troupes et à tirer parti de terrains difficiles pour repousser ses ennemis. La défense de l’Éthiopie contre l’invasion de la Somalie en 1977-1978 offre un exemple supplémentaire de la capacité des Éthiopiens à résister et à repousser les envahisseurs. L’une des leçons à tirer de ces batailles est que, chaque fois que la souveraineté de l’Éthiopie a été remise en cause, son peuple a toujours fait preuve d’une grande détermination, d’une grande résilience et d’une grande capacité à défendre son territoire. Cette glorieuse tradition fait partie intégrante de chaque Éthiopien, mais la leçon la plus importante qu’elle nous enseigne est que la plus grande victoire est celle qui est remportée sans combat. Toutefois, si le combat devient inévitable, chaque Éthiopien est prêt à se battre pour sa patrie, rendant ainsi les Forces de défense nationale éthiopiennes invincibles. Que faire ? L’Éthiopie, l’Égypte et le Soudan devraient s’engager à la non-agression — en promettant de ne pas recourir à la menace ou à l’usage de la force les uns contre les autres, en violation de la Charte des Nations Unies, de ne pas soutenir d’actes de terrorisme dirigés contre l’un ou l’autre, et de s’abstenir de toute action susceptible de déstabiliser la région. Les trois pays devraient mettre en place des mécanismes concrets pour le partage d’informations, la garantie de la sécurité des barrages, l’atténuation des risques liés à la sécheresse et la coordination de la gestion des réservoirs. Il est essentiel de garantir le droit de l’Éthiopie à gérer ses ressources en eau de manière équitable et raisonnable, tout en tenant compte des préoccupations des pays situés en aval. Les divergences techniques peuvent être résolues par la négociation et la concertation. Par ailleurs, des échanges militaires réguliers ainsi qu’un dialogue — sous l’égide de l’Union africaine — devraient être instaurés, permettant d’aborder les questions en litige dans un esprit de bonne foi et de bonne volonté. Si la revendication de l'Égypte est que le respect de la souveraineté territoriale élimine la possibilité d'une guerre, alors l'Égypte devrait considérer l'Éthiopie dans des circonstances similaires. Si l'Égypte pense que sa sécurité est mieux garantie par des négociations pacifiques entre elle-même et Israël, alors l'Éthiopie doit être considérée dans des conditions similaires. Cela ne devrait pas consister en une perte pour l'Égypte ou une victoire pour l'Éthiopie ; il s'agit de parvenir à une solution où aucun des deux pays n'est contraint de choisir entre son propre développement et la sécurité de son voisin. Les dirigeants égyptiens devraient voir le paradoxe — l'ironie — qu'il y a à faire une déclaration affirmant qu'ils n'ont aucun plan secret contre Israël alors que des menaces militaires font toujours partie du discours public concernant l'utilisation par l'Éthiopie des eaux du Nil. Le président El-Sisi a articulé une politique qui vaut la peine d'être suivie : l'Égypte n'a pas besoin de la terre d'un autre pays pour sa sécurité. L'Éthiopie n'a pas besoin que l'Égypte se sente insecuée pour pouvoir se développer. Le Nil doit être géré par la coopération, non par la coercition ; par l'accord, non par les menaces ; et par le respect, non par les animosités historiques. Telle est la politique de paix que l'Égypte doit appliquer à l'Éthiopie — et le test auquel sa rhétorique doit être soumise. Unissons nos mains et veillons à ce que nous prospérions tous en tant que pays du bassin du Nil et faisons de chacun de nous un NIL GRAND !