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Les négociations d'adhésion de l'Éthiopie à l'OMC entrent dans leur phase finale : ministère
Sep 23, 2026 85
Addis Ababa le 23 septembre, 2026 (ENA) Selon le ministère du Commerce et de l’Intégration régionale, le processus d’adhésion de l’Éthiopie à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), engagé de longue date, entre désormais dans sa phase finale. Au terme d’une longue série de discussions, le ministère a souligné que la conclusion réussie du processus de négociation et l’obtention du statut de membre à part entière de l’OMC renforceraient les réformes économiques en cours dans le pays et favoriseraient une croissance économique durable. Le ministère a déclaré que le processus d’adhésion restait une priorité nationale majeure, reposant sur deux piliers fondamentaux : les négociations multilatérales et les accords bilatéraux d’accès aux marchés. Dans le cadre multilatéral, l’Éthiopie a franchi plusieurs cycles d’examens, répondant aux questions d’ordre macroéconomique et commercial posées par les États membres de l’OMC. Ces efforts ont permis au pays d’atteindre avec succès la phase finale de la rédaction du rapport du groupe de travail. Parallèlement, l’Éthiopie a mené des négociations bilatérales d’accès au marché avec 17 pays. Des accords officiels ont été finalisés avec 11 d’entre eux, tandis que les discussions avec les six autres se poursuivent par la voie diplomatique. Selon le ministère, l’adhésion à l’OMC offrira à l’Éthiopie un système commercial moderne et prévisible, permettant au pays de préserver ses intérêts et de participer activement aux processus juridiques et législatifs régissant le commerce mondial. En rendant les procédures d’exportation plus prévisibles et non discriminatoires, le pays s’ouvrira à de nouvelles opportunités pour attirer les investissements directs étrangers. En outre, cette adhésion élargira l’accès aux marchés, favorisera la transition des exportations de matières premières vers une intégration plus poussée dans les chaînes de valeur mondiales, et renforcera les capacités institutionnelles en alignant la législation nationale sur les normes internationales. Afin de garantir que le pays tire pleinement parti des avantages de son adhésion, le gouvernement a mené un vaste travail préparatoire. Celui-ci comprend notamment le renforcement de la compétitivité internationale des secteurs manufacturier et agricole nationaux, la mise en œuvre de réformes juridiques essentielles et la sensibilisation des milieux d’affaires locaux. Pour l’avenir, le ministère a défini les priorités clés visant à finaliser rapidement le processus d’adhésion, notamment la préparation de la huitième réunion du groupe de travail, la conclusion des négociations bilatérales avec les six pays restants et la résolution des questions nécessitant des décisions gouvernementales de haut niveau. Il sera essentiel de maintenir cette dynamique dans tous ces domaines pour mener à bien le long processus d'adhésion de l'Éthiopie à l'OMC.
L'illusion égyptienne d'une tutelle sur le Nil est définitivement anéantie
Sep 23, 2026 82
Par un rédacteur Le 23 septembre, 2026 (ENA) Quels que soient les changements de gouvernement ou de direction en Égypte, une chose reste constante dans le discours officiel égyptien concernant le Nil : il s’agit d’aborder les ressources des pays du bassin sous l’angle de la tutelle et de considérer le développement des pays en amont comme une question nécessitant l’accord du Caire. Cependant, cette mentalité hydro-impérialiste lamentable n’est plus en mesure d’expliquer la réalité actuelle du Nil. L’Afrique a changé et le système régional du bassin du Nil a évolué, tandis que le discours égyptien continue d’utiliser un langage appartenant à une époque historique que le continent a dépassée depuis des décennies. Comme l’a si bien souligné le ministère éthiopien de l’Eau et de l’Énergie, les récentes déclarations du ministre égyptien des Ressources en eau et de l’Irrigation reflètent une « mentalité coloniale grossière » qui caractérise la politique de l’Égypte envers les pays africains. Cette caractérisation n’a pas été motivée uniquement par ces dernières déclarations, car le ministère éthiopien de l’Eau et de l’Énergie avait déjà mis en garde contre la persistance de ce qu’il décrivait comme une mentalité héritée de l’époque coloniale dans le traitement de la question du Nil, affirmant que l’Éthiopie ne renoncerait pas à son droit d’utiliser le fleuve pour répondre aux besoins de développement de sa population. Le discours officiel égyptien, maintes fois répété, et les expressions utilisées en référence au Nil sont « droits historiques », « toutes les mesures disponibles » et « sécurité hydrique » ; comme si le simple fait de répéter ces termes pouvait en soi conférer à un État des droits supplémentaires sur un fleuve transfrontalier. Mais les mots, aussi tranchants et peu diplomatiques soient-ils, ne peuvent changer le fait que l’Éthiopie est un État souverain et que ses ressources naturelles situées sur son territoire relèvent de son droit au développement. Le ministre éthiopien de l’Eau et de l’Énergie, Habtamu Itefa, avait précédemment déclaré que l’Éthiopie n’avait besoin de l’autorisation d’aucun pays pour exploiter ses ressources en eau, expliquant que le pays avait construit le Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne sans demander l’autorisation à quiconque et qu’il continuerait à construire d’autres barrages dans ses bassins fluviaux lorsque le besoin s’en ferait sentir. Il ne s’agit pas là d’une simple déclaration politique, mais du reflet d’une réalité déjà établie sur le terrain. Le barrage est achevé et produit de l’énergie ; l’Éthiopie est ainsi passée du statut de pays confronté à un déficit majeur en matière de production d’électricité à celui d’un pays qui développe ses exportations d’énergie vers ses voisins, tout en s’attachant à exploiter son énorme potentiel hydroélectrique pour assurer l’accès à l’électricité à sa population, soutenir l’industrialisation et favoriser le développement. Le double standard effréné L’un des paradoxes les plus flagrants du discours égyptien réside dans l’insistance du Caire sur la nécessité d’une consultation et d’une approbation de sa part avant que les pays en amont ne mettent en œuvre des projets, alors que l’Égypte elle-même a procédé à la construction du haut barrage d’Assouan sans que les pays en amont aient eu un rôle comparable dans la prise de décision concernant ce projet. Le ministère éthiopien de l’Eau et de l’Énergie a souligné ce deux poids deux mesures dans son communiqué, insistant sur le fait que Le Caire considère son accord comme une condition préalable à l’exploitation de leurs ressources en eau par les pays du bassin du Nil, alors même que l’Égypte a construit le grand barrage d’Assouan sans consulter les pays en amont. C’est là que se pose la question à laquelle le discours politique ne peut échapper : si l’Égypte a le droit de développer ses ressources en eau sur son territoire sans demander l’autorisation des pays en amont, pourquoi le même principe ne s’applique-t-il pas à l’Éthiopie et aux autres pays ? Un double standard effréné ne permet pas de créer un système équitable de gestion des cours d’eau transfrontaliers. Un héritage injuste ne peut régir l’avenir Une partie fondamentale de la position égyptienne repose toujours sur des arrangements et accords historiques remontant à des circonstances politiques totalement différentes de la réalité africaine d’aujourd’hui. L’Éthiopie n’était pas partie à l’accord de 1959, pas plus que les autres pays en amont n’ont participé à l’élaboration d’un système visant à déterminer l’avenir des eaux du Nil sans leur participation. Par conséquent, tenter de présenter ces arrangements comme une base définitive pour les droits de tous les pays du bassin revient à ignorer un fait fondamental : un État qui n’était pas partie à un accord ne peut, avec le temps, s’y voir lié simplement parce qu’un autre État l’exige. L’Afrique a changé sur les plans politique, démographique et économique. Les besoins en électricité, en denrées alimentaires et en eau se sont multipliés, de nouveaux projets d’intégration régionale ont vu le jour, et les pays en amont sont désormais mieux à même d’exploiter leurs ressources naturelles. Par conséquent, reproduire les accords du passé comme seule solution pour l’avenir n’est pas de la coopération. Il s’agit d’une tentative de préserver un héritage injuste malgré l’évolution des circonstances qui l’ont engendré. L'Éthiopie soutient que les fleuves transfrontaliers doivent être des vecteurs de coopération, de développement et d'intégration, et non des instruments visant à exclure les pays situés en amont ou à restreindre leur droit au développement. En janvier 2026, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Habtamu Itefa, a affirmé que les fleuves transfrontaliers éthiopiens devaient être considérés comme des ressources partagées et des opportunités de coopération et de croissance verte, soulignant que la disponibilité de l’eau en Éthiopie pouvait apporter des avantages potentiels au Soudan, au Soudan du Sud, au Kenya, à la Somalie et à l’Égypte. Voici la position éthiopienne : l’eau n’est pas la propriété exclusive de l’Éthiopie, mais elle n’est pas non plus celle de l’Égypte. L’Éthiopie ne revendique pas le monopole sur le Nil ; elle refuse simplement que la participation à la gestion du fleuve serve de prétexte pour la priver de l’utilisation de ses ressources. La différence entre ces deux positions est fondamentale. Le Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne : un projet contre-hégémonique Le Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne n’est plus un projet susceptible d’être influencé par des déclarations politiques ou par les avertissements diplomatiques de l’Égypte, largement relayés par les médias. Il est devenu une réalité en matière de développement et de stratégie. Le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Habtamu Itefa, a déclaré que le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne avait contribué à doubler la capacité de production d’électricité de l’Éthiopie pour la porter à environ 9,6 gigawatts, et qu’il était également devenu un catalyseur de l’interconnexion électrique et de la coopération économique régionale. Il a également expliqué que l’Éthiopie exportait de l’électricité vers Djibouti, le Soudan et le Kenya, et qu’elle cherchait à étendre son réseau d’interconnexion électrique avec d’autres pays. Ainsi, le projet que le discours égyptien a tenté pendant des années de présenter comme une source de menace fait en réalité désormais partie d’une transformation plus large du système énergétique africain. Plus important encore, l’Éthiopie ne considère pas ses ressources en eau comme un moyen d’exercer une influence sur les autres, mais comme un fondement pour surmonter la pauvreté énergétique et parvenir à l’industrialisation et à la croissance économique. Le problème de l’Égypte ne se limite toutefois pas au GERD. Pour ceux qui savent lire entre les lignes, la volonté sous-jacente du pays a été exprimée à maintes reprises dans ses déclarations officielles. Le Caire n’est en aucun cas prêt à accepter l’Éthiopie comme un pays en développement fort, capable d’investir dans ses ressources naturelles sans attendre l’approbation extérieure. Mais l’Éthiopie a déjà démontré qu’elle était capable et déterminée à exploiter ses ressources sans l’autorisation de quiconque. Accepter cette réalité et développer la région de manière conjointe constitue la bonne réponse. En août, le ministre éthiopien de l’Eau et de l’Énergie a affirmé que son pays continuerait à exploiter ses ressources en eau et construirait d’autres barrages si nécessaire. Le ministre a également souligné que l’avenir de l’Éthiopie était étroitement lié au fleuve Abay et à la mer Rouge, et que le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne constituait un projet transformateur qui avait modifié la position du pays dans les domaines de l’énergie, du développement et de l’intégration régionale. Ainsi, parier que de fermes déclarations politiques puissent ramener l’Éthiopie à une phase d’hésitation ou d’attente revient à parier sur une réalité qui n’existe plus. L’Éthiopie a déclaré à maintes reprises que les cours d’eau transfrontaliers devaient être des moteurs de coopération et de prospérité partagée, tout en rejetant toute notion d’hégémonie sur l’eau qui priverait les pays en amont de leurs droits souverains. C’est la position réaffirmée par le ministère de l’Eau et de l’Énergie. Conformément à ce principe, l’Éthiopie continue de renforcer ses capacités, de produire de l’électricité et d’exporter de l’énergie, ainsi que d’investir dans ses ressources en eau. Elle poursuit également ses efforts en matière de réhabilitation des bassins versants, de reboisement, de préservation de l’environnement et de renforcement de la durabilité du bassin de l’Abay, un point souligné par le ministère de l’Eau et de l’Énergie dans sa dernière déclaration. L’Éthiopie ne fera pas marche arrière Les déclarations répétées de l’Égypte ne changeront pas le cours des choses, pas plus que les propos virulents ne conféreront au Caire une autorité que ni la loi ni la réalité ne lui ont accordée. Les accords passés ne permettront pas de revenir en arrière et ne pousseront pas l’Éthiopie à renoncer à son droit d’utiliser ses ressources naturelles. Au contraire, la poursuite de ce discours risque d’aboutir au résultat inverse : révéler la profondeur d’une mentalité qui continue de considérer le développement éthiopien comme une menace plutôt que comme une opportunité de coopération africaine. Il est donc temps que l’Égypte considère le Nil comme un bassin africain commun, et non comme une sphère d’influence unilatérale. Il est également temps de reconnaître que l’Éthiopie n’est pas un pays qui attend qu’on lui donne la permission de décider de son avenir. Le Nil ne sera pas un instrument de domination et le développement de l’Éthiopie ne s’arrêtera pas à cause d’une rhétorique politique, aussi bruyante soit-elle. La réalité du XXIe siècle impose une autre règle : le respect mutuel plutôt que la tutelle, la coopération plutôt que l’hégémonie, et le développement partagé plutôt que l’exclusion. Il ne s’agit pas simplement d’une vision éthiopienne. C’est la seule voie capable de faire passer le bassin du Nil d’un héritage de conflits à un espace d’intégration africaine.
« Les sentiments colonialistes de l'Égypte sont intolérables dans le paysage diplomatique moderne », déclare Zerihun, directeur général des Affaires africaines
Sep 23, 2026 48
Addis Ababa le 23 septembre, 2026 (ENA) L’ambassadeur Zerihun Abebe, directeur général des Affaires africaines au ministère éthiopien des Affaires étrangères, a critiqué les récentes déclarations de responsables égyptiens concernant le Nil, les qualifiant de reflet d’attitudes coloniales dépassées qui n’ont pas leur place dans le paysage diplomatique moderne. S’adressant à l’ENA, l’ambassadeur Zerihun a notamment critiqué le ministre égyptien des Ressources en eau et de l’Irrigation, Hani Sewilam, pour des propos qui auraient laissé entendre que les Éthiopiens devaient être sensibilisés au droit international régissant le Nil. M. Zerihun a qualifié ces propos de « très malheureux, regrettables, voire risibles », affirmant qu’ils reflétaient une incompréhension de la position de l’Éthiopie et de ses droits en vertu du droit international. Il a déclaré que l’Éthiopie connaissait parfaitement les principes juridiques régissant l’utilisation des ressources en eau transfrontalières et qu’elle avait toujours fondé sa position sur les principes établis du droit international. Concernant le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD), le directeur général a déclaré que l’Éthiopie avait construit ce projet conformément aux principes internationalement reconnus, notamment l’utilisation équitable et raisonnable des ressources en eau partagées. Il a qualifié la position égyptienne de « confusion » et de « caricature » de la position de l’Éthiopie, affirmant que ces propos reflétaient une mentalité du XIXe siècle qui persiste encore aujourd’hui à l’égard de l’Afrique et de ses nations. « De telles remarques sont le reflet direct d’un sentiment colonial, d’une attitude ancrée dans le XIXe siècle, envers l’Afrique et ses nations », a déclaré M. Zerihun. Il a souligné que la souveraineté de l’Éthiopie et ce qu’elle considère comme ses droits légitimes sont reconnus par le droit international, ajoutant que le pays continuerait à défendre ses intérêts nationaux. M. Zerihun a également appelé à ce que les relations au sein du bassin du Nil soient guidées par les principes diplomatiques contemporains et la coopération entre les pays riverains, plutôt que par des approches impérialistes ou monopolistiques. « Nous ne vivons pas dans un monde impérialiste », a-t-il déclaré. « Il est temps que l’Égypte entre dans l’ère moderne de la diplomatie. » Le directeur général a réaffirmé l’engagement déclaré de l’Éthiopie en faveur de l’intégration régionale, de la coopération et de l’utilisation durable des ressources en eau partagées. Il a déclaré que l'Éthiopie avait démontré sa volonté de dialoguer avec les pays en aval et de répondre à leurs préoccupations concernant le GERD, tout en faisant valoir ce qu'elle considère comme ses droits à une utilisation équitable du Nil.
L'Éthiopie fait preuve de retenue face à la provocation de l'axe du « cheval de Troie » qui ne cesse de s'intensifier
Sep 23, 2026 103
Par un rédacteur Le 23 septebre, 2026 (ENA) Depuis des années, le gouvernement fédéral d’Éthiopie fait preuve d’un engagement clair et constant en faveur de la paix, du dialogue et de la stabilité nationale. Même face à de graves provocations, il a à maintes reprises privilégié la retenue à la vengeance, la négociation à l’escalade et la reconstruction aux représailles. Cette attitude n’est pas le fruit du hasard. Elle reflète un profond sens des responsabilités envers le peuple éthiopien, la prise de conscience du coût terrible de la guerre et la conviction inébranlable que les divergences politiques doivent être réglées par le dialogue plutôt que par la destruction. Pourtant, malgré cet effort soutenu, le TPLF s’est montré à maintes reprises peu disposé à renoncer à l’antagonisme, à la méfiance et à la confrontation. À maintes reprises, il a agi d’une manière qui a aggravé les divisions politiques, menacé la paix régionale et mis en danger la population même qu’il prétend représenter. Les racines de la crise actuelle ne sont pas apparues du jour au lendemain. Elles ont été alimentées pendant des décennies par une culture politique qui a banalisé la méfiance envers le gouvernement central et fait passer la confrontation pour une stratégie plutôt que pour un échec. Même après l’entrée de l’Éthiopie dans une nouvelle phase politique, le TPLF n’a pas réagi par une réflexion lucide, mais par la résistance et le ressentiment. Le changement à la tête du pays et l’accueil chaleureux réservé au Premier ministre Abiy Ahmed au Tigray ont semblé déstabiliser un groupe qui avait depuis longtemps l’habitude de dominer la vie politique. Plutôt que de s’adapter à la réalité politique en mutation du pays, il aurait œuvré pour faire obstacle aux réformes, s’opposer à la mise en place d’un ordre politique plus large et saper le processus même destiné à unifier les institutions dirigeantes du pays. S’imposant comme un leader national rassembleur, le Premier ministre Abiy s’est d’abord rendu dans la région du Tigray, où il a reçu un accueil enthousiaste de la part de la population. L’enthousiasme et l’accueil réservé par la population étaient sans précédent, reflétant un fort sentiment d’espoir et d’acceptation dans cette partie du pays. Malheureusement, le TPLF a réagi avec malaise et s’est rapidement tourné vers une rhétorique hostile, cherchant à éloigner la population du Tigray du discours de réconciliation nationale en attisant le ressentiment. Ce groupe belliqueux est désormais à la dernière minute d’une nouvelle vague de destruction. Le TPLF, désormais interdit, a une fois de plus été présenté comme un cheval de Troie au service des forces anti-éthiopiennes. Passons en revue le bilan de ce groupe depuis son entrée sur la scène politique éthiopienne. Lorsque des efforts ont été déployés pour fusionner le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF) et ses partis alliés au sein d’un cadre politique plus large, le TPLF se serait opposé à cette initiative à chaque étape. Même après qu’il fut devenu évident que le pays s’engageait dans une nouvelle direction, il a refusé de participer de manière constructive au projet du Parti de la prospérité et s’est au contraire positionné en dehors du consensus national. Il n’en a pas résulté un désaccord de principe, mais un élargissement délibéré de la distance politique. Ce faisant, il s’est aliéné des institutions nationales et a mis fin à son rôle actif dans la vie politique fédérale, laissant le Tigray politiquement isolé à un moment où l’unité était plus que jamais nécessaire. Pire encore, tout en prônant publiquement les droits et la légitimité, le groupe se serait préparé à l’affrontement. Les informations faisant état d’une militarisation, d’un entraînement de commandos et d’un renforcement des capacités armées régionales laissaient présager une évolution dangereuse. Plutôt que de soutenir la paix, il semble avoir choisi une voie qui faisait passer les calculs militaires avant la responsabilité politique. La tragédie qui s’ensuivit ne fut pas simplement le résultat de l’évolution de la situation sur le champ de bataille ; elle fut l’aboutissement d’une longue série de décisions mûrement réfléchies qui ont poussé le pays vers le conflit. L'attaque contre le Commandement du Nord reste l'un des chapitres les plus sombres et les plus douloureux de cette période. Selon la position du gouvernement fédéral, le TPLF a exploité la confiance et l’affection que la population éprouvait envers l’armée nationale, s’est servi de cette confiance pour maintenir le Commandement du Nord en place, puis s’est retourné contre lui dans un acte de trahison choquant. Cela a été suivi d’une campagne de désinformation visant à inverser la vérité et à présenter l’agresseur comme la victime. Un tel comportement n’a pas seulement attisé la guerre ; il a ébranlé la confiance nationale et infligé un préjudice profond au tissu social et politique de l’Éthiopie. Même après le déclenchement de la guerre, le gouvernement fédéral a continué à œuvrer en faveur de la paix. Il a appelé les anciens, les chefs religieux et toutes les voix responsables à intervenir. Il a offert des occasions de dialogue, de retenue et d’apaisement. Pourtant, selon la version officielle du gouvernement fédéral, le TPLF a bafoué ces appels et a poursuivi sa rhétorique belliqueuse, traitant le conflit comme un instrument de pouvoir. Il a entraîné les jeunes dans la violence, les plaçant en première ligne d’un conflit qui aurait pu être évité. Il a également élargi le champ de la guerre en menant des attaques transfrontalières, aggravant ainsi les souffrances de la région et entraînant les forces voisines dans un conflit déjà dévastateur. Malgré tout cela, le gouvernement fédéral n’a toujours pas renoncé à sa responsabilité de rechercher la paix. L’accord de paix de Pretoria a marqué un tournant qui a mis fin à la guerre dans le nord de l’Éthiopie et offert une chance de relance. Même alors, le gouvernement fédéral a fait preuve de magnanimité. Il a soutenu le rétablissement des services, alloué des ressources substantielles à la reconstruction et œuvré à la stabilisation du Tigré. Il a apporté son aide par l’intermédiaire des institutions fédérales, des administrations régionales et des partenaires de développement, démontrant une fois de plus que sa priorité n’était pas la punition, mais la réconciliation nationale. Si l’objectif avait été la vengeance, l’issue aurait pu être très différente. Au lieu de cela, le gouvernement a fait preuve de retenue, laissant à la population du Tigré l’espace nécessaire pour se remettre et réfléchir. Pourtant, la promesse de paix a été maintes fois compromise par des agissements attribués au TPLF lui-même. Au lieu de s'engager pleinement dans le désarmement et la normalisation politique, il se serait livré à des manœuvres de dissimulation, d'obstruction et de diversion. La mise en œuvre de l’accord a été compliquée par des ingérences persistantes, notamment la manipulation de l’aide humanitaire, l’entrave à la libre circulation et la persistance de pratiques illicites portant préjudice aux civils ordinaires. Plutôt que d’utiliser le processus de paix pour rétablir la confiance, il semble l’avoir considéré comme une pause, une opportunité tactique de se regrouper plutôt que comme une véritable voie vers la réconciliation. Le gouvernement fédéral, quant à lui, a continué à faire preuve d’une patience inhabituelle. Il s’est abstenu de déployer des forces dans les principaux sites du Tigré, même lorsqu’il disposait de motifs juridiques et pratiques pour le faire. Il a respecté les sensibilités du moment, accepté les critiques politiques et choisi de préserver la paix même lorsque celle-ci n’était pas pleinement réciproque. Ce n’était pas de la faiblesse ; c’était de l’art de gouverner. Cela reflétait un effort délibéré pour empêcher de nouvelles souffrances civiles et empêcher le pays de retomber dans une guerre à grande échelle. Aujourd’hui, le fardeau le plus lourd pèse non seulement sur l’État fédéral, mais aussi sur la population du Tigray elle-même. Les parents, les jeunes, les aînés et les intellectuels ne peuvent rester silencieux alors que l’histoire menace de se répéter. Aucune force politique ne devrait être autorisée à sacrifier une nouvelle génération au nom du pouvoir, du ressentiment ou de la vengeance. Les jeunes du Tigré méritent l’éducation, le travail, la dignité et l’espoir ; ils ne doivent pas être utilisés comme des instruments dans un nouveau cycle de destruction. Les parents doivent faire entendre leur voix contre ceux qui transforment la vie de leurs enfants en combustible pour la guerre. Les dirigeants communautaires et les élites doivent privilégier la responsabilité plutôt que le silence, la vérité plutôt que la peur, et la paix plutôt que la loyauté envers une faction. L’Éthiopie a payé un prix trop élevé pour la guerre. Ce dont le pays a besoin aujourd’hui, ce n’est pas d’une nouvelle vague de sang versé, mais d’un engagement commun en faveur de la stabilité, de la responsabilité et de la reconstruction. Le gouvernement fédéral a fait preuve de patience, a accordé des concessions et a ouvert la voie à la paix à plusieurs reprises. Pour que la paix tienne, chaque acteur doit désormais la choisir en toute sincérité. La population du Tigray, comme tous les Éthiopiens, mérite un avenir fondé sur le développement et la dignité. Il faut dire clairement à ceux qui continuent de jouer avec cet avenir : ça suffit.
Les Politiques Éthiopiennes en Matière d’E-Mobilité Inspirent l’Afrique
Sep 23, 2026 66
Addis Ababa le 23 septembre, 2026 (ENA) Selon Damilola Odunlade-Akeju, entrepreneur nigérian spécialisé dans la mobilité, les politiques de l’Éthiopie en matière de mobilité électrique incitent d’autres pays africains à revoir et à élaborer leurs propres cadres pour accélérer le développement des transports écologiques. Lors du Sommet nordique-africain sur les véhicules électriques qui s’est tenu en Éthiopie, M. Odunlade-Akeju, fondateur et PDG de DriveMe Mobility au Nigeria, a souligné que les villes et les pays africains s’inspirent de plus en plus de l’orientation politique de l’Éthiopie lorsqu’ils examinent les mesures visant à accélérer l’adoption de la mobilité électrique. L’expérience de l’Éthiopie démontre l’importance des politiques gouvernementales pour créer un environnement propice au développement des transports verts, d’autant plus que d’autres pays africains réfléchissent à la manière de structurer leur propre secteur de la mobilité électrique. « Les politiques gouvernementales seront le moteur de l’adoption et du développement de la mobilité électrique à travers l’Afrique », a déclaré M. Odunlade-Akeju, soulignant qu’une orientation politique claire est essentielle pour instaurer la confiance parmi les acteurs du secteur privé. La sécurité politique encourage les entreprises privées à investir dans la mobilité électrique en leur offrant un cadre plus clair pour le développement du marché et leur participation à long terme. L’expérience de l’Éthiopie est pertinente pour d’autres pays africains, car la politique gouvernementale doit s’accompagner de mesures favorisant la normalisation, garantissant ainsi que les différents acteurs puissent opérer au sein d’un système de mobilité électrique cohérent. Si la politique gouvernementale fournit le cadre, les initiatives du secteur privé contribuent tout autant au développement du secteur. La combinaison de l’orientation gouvernementale et de l’initiative du secteur privé est essentielle pour accélérer la transition, des politiques appropriées garantissant que ce secteur émergent se développe de manière coordonnée. Odunlade-Akeju a évoqué l’utilisation croissante des bus électriques à Addis-Abeba comme exemple de la manière dont la mobilité verte peut être intégrée aux transports publics. Les transports en commun peuvent contribuer à accroître l’adoption de la mobilité électrique. Après avoir observé les bus électriques d’Addis-Abeba, il a souligné que le développement des transports publics électriques apporte une dimension concrète à l’approche plus large de l’Éthiopie en matière de politique de mobilité électrique. Renforcer la compréhension et la sensibilisation aux transports verts, parallèlement à des politiques de soutien et à des solutions de transports en commun, peut aider les pays africains à faire progresser leur transition vers la mobilité électrique. Jan Tore Gjøby, fondateur norvégien et conseiller en mobilité électrique, a mis en avant l’expérience naissante de l’Éthiopie, affirmant que le pays devrait développer des solutions adaptées à ses besoins tout en tenant compte de leur pertinence pour l’ensemble du marché africain.   M. Gjøby a souligné la nécessité de disposer de feuilles de route claires, d'exigences précises et de normes communes à mesure que l'Éthiopie développe la mobilité électrique. Selon lui, des systèmes coordonnés sont indispensables pour garantir que les véhicules électriques, les infrastructures de recharge et les réseaux électriques fonctionnent ensemble de manière efficace.
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Les négociations d'adhésion de l'Éthiopie à l'OMC entrent dans leur phase finale : ministère
Sep 23, 2026 85
Addis Ababa le 23 septembre, 2026 (ENA) Selon le ministère du Commerce et de l’Intégration régionale, le processus d’adhésion de l’Éthiopie à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), engagé de longue date, entre désormais dans sa phase finale. Au terme d’une longue série de discussions, le ministère a souligné que la conclusion réussie du processus de négociation et l’obtention du statut de membre à part entière de l’OMC renforceraient les réformes économiques en cours dans le pays et favoriseraient une croissance économique durable. Le ministère a déclaré que le processus d’adhésion restait une priorité nationale majeure, reposant sur deux piliers fondamentaux : les négociations multilatérales et les accords bilatéraux d’accès aux marchés. Dans le cadre multilatéral, l’Éthiopie a franchi plusieurs cycles d’examens, répondant aux questions d’ordre macroéconomique et commercial posées par les États membres de l’OMC. Ces efforts ont permis au pays d’atteindre avec succès la phase finale de la rédaction du rapport du groupe de travail. Parallèlement, l’Éthiopie a mené des négociations bilatérales d’accès au marché avec 17 pays. Des accords officiels ont été finalisés avec 11 d’entre eux, tandis que les discussions avec les six autres se poursuivent par la voie diplomatique. Selon le ministère, l’adhésion à l’OMC offrira à l’Éthiopie un système commercial moderne et prévisible, permettant au pays de préserver ses intérêts et de participer activement aux processus juridiques et législatifs régissant le commerce mondial. En rendant les procédures d’exportation plus prévisibles et non discriminatoires, le pays s’ouvrira à de nouvelles opportunités pour attirer les investissements directs étrangers. En outre, cette adhésion élargira l’accès aux marchés, favorisera la transition des exportations de matières premières vers une intégration plus poussée dans les chaînes de valeur mondiales, et renforcera les capacités institutionnelles en alignant la législation nationale sur les normes internationales. Afin de garantir que le pays tire pleinement parti des avantages de son adhésion, le gouvernement a mené un vaste travail préparatoire. Celui-ci comprend notamment le renforcement de la compétitivité internationale des secteurs manufacturier et agricole nationaux, la mise en œuvre de réformes juridiques essentielles et la sensibilisation des milieux d’affaires locaux. Pour l’avenir, le ministère a défini les priorités clés visant à finaliser rapidement le processus d’adhésion, notamment la préparation de la huitième réunion du groupe de travail, la conclusion des négociations bilatérales avec les six pays restants et la résolution des questions nécessitant des décisions gouvernementales de haut niveau. Il sera essentiel de maintenir cette dynamique dans tous ces domaines pour mener à bien le long processus d'adhésion de l'Éthiopie à l'OMC.
L'illusion égyptienne d'une tutelle sur le Nil est définitivement anéantie
Sep 23, 2026 82
Par un rédacteur Le 23 septembre, 2026 (ENA) Quels que soient les changements de gouvernement ou de direction en Égypte, une chose reste constante dans le discours officiel égyptien concernant le Nil : il s’agit d’aborder les ressources des pays du bassin sous l’angle de la tutelle et de considérer le développement des pays en amont comme une question nécessitant l’accord du Caire. Cependant, cette mentalité hydro-impérialiste lamentable n’est plus en mesure d’expliquer la réalité actuelle du Nil. L’Afrique a changé et le système régional du bassin du Nil a évolué, tandis que le discours égyptien continue d’utiliser un langage appartenant à une époque historique que le continent a dépassée depuis des décennies. Comme l’a si bien souligné le ministère éthiopien de l’Eau et de l’Énergie, les récentes déclarations du ministre égyptien des Ressources en eau et de l’Irrigation reflètent une « mentalité coloniale grossière » qui caractérise la politique de l’Égypte envers les pays africains. Cette caractérisation n’a pas été motivée uniquement par ces dernières déclarations, car le ministère éthiopien de l’Eau et de l’Énergie avait déjà mis en garde contre la persistance de ce qu’il décrivait comme une mentalité héritée de l’époque coloniale dans le traitement de la question du Nil, affirmant que l’Éthiopie ne renoncerait pas à son droit d’utiliser le fleuve pour répondre aux besoins de développement de sa population. Le discours officiel égyptien, maintes fois répété, et les expressions utilisées en référence au Nil sont « droits historiques », « toutes les mesures disponibles » et « sécurité hydrique » ; comme si le simple fait de répéter ces termes pouvait en soi conférer à un État des droits supplémentaires sur un fleuve transfrontalier. Mais les mots, aussi tranchants et peu diplomatiques soient-ils, ne peuvent changer le fait que l’Éthiopie est un État souverain et que ses ressources naturelles situées sur son territoire relèvent de son droit au développement. Le ministre éthiopien de l’Eau et de l’Énergie, Habtamu Itefa, avait précédemment déclaré que l’Éthiopie n’avait besoin de l’autorisation d’aucun pays pour exploiter ses ressources en eau, expliquant que le pays avait construit le Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne sans demander l’autorisation à quiconque et qu’il continuerait à construire d’autres barrages dans ses bassins fluviaux lorsque le besoin s’en ferait sentir. Il ne s’agit pas là d’une simple déclaration politique, mais du reflet d’une réalité déjà établie sur le terrain. Le barrage est achevé et produit de l’énergie ; l’Éthiopie est ainsi passée du statut de pays confronté à un déficit majeur en matière de production d’électricité à celui d’un pays qui développe ses exportations d’énergie vers ses voisins, tout en s’attachant à exploiter son énorme potentiel hydroélectrique pour assurer l’accès à l’électricité à sa population, soutenir l’industrialisation et favoriser le développement. Le double standard effréné L’un des paradoxes les plus flagrants du discours égyptien réside dans l’insistance du Caire sur la nécessité d’une consultation et d’une approbation de sa part avant que les pays en amont ne mettent en œuvre des projets, alors que l’Égypte elle-même a procédé à la construction du haut barrage d’Assouan sans que les pays en amont aient eu un rôle comparable dans la prise de décision concernant ce projet. Le ministère éthiopien de l’Eau et de l’Énergie a souligné ce deux poids deux mesures dans son communiqué, insistant sur le fait que Le Caire considère son accord comme une condition préalable à l’exploitation de leurs ressources en eau par les pays du bassin du Nil, alors même que l’Égypte a construit le grand barrage d’Assouan sans consulter les pays en amont. C’est là que se pose la question à laquelle le discours politique ne peut échapper : si l’Égypte a le droit de développer ses ressources en eau sur son territoire sans demander l’autorisation des pays en amont, pourquoi le même principe ne s’applique-t-il pas à l’Éthiopie et aux autres pays ? Un double standard effréné ne permet pas de créer un système équitable de gestion des cours d’eau transfrontaliers. Un héritage injuste ne peut régir l’avenir Une partie fondamentale de la position égyptienne repose toujours sur des arrangements et accords historiques remontant à des circonstances politiques totalement différentes de la réalité africaine d’aujourd’hui. L’Éthiopie n’était pas partie à l’accord de 1959, pas plus que les autres pays en amont n’ont participé à l’élaboration d’un système visant à déterminer l’avenir des eaux du Nil sans leur participation. Par conséquent, tenter de présenter ces arrangements comme une base définitive pour les droits de tous les pays du bassin revient à ignorer un fait fondamental : un État qui n’était pas partie à un accord ne peut, avec le temps, s’y voir lié simplement parce qu’un autre État l’exige. L’Afrique a changé sur les plans politique, démographique et économique. Les besoins en électricité, en denrées alimentaires et en eau se sont multipliés, de nouveaux projets d’intégration régionale ont vu le jour, et les pays en amont sont désormais mieux à même d’exploiter leurs ressources naturelles. Par conséquent, reproduire les accords du passé comme seule solution pour l’avenir n’est pas de la coopération. Il s’agit d’une tentative de préserver un héritage injuste malgré l’évolution des circonstances qui l’ont engendré. L'Éthiopie soutient que les fleuves transfrontaliers doivent être des vecteurs de coopération, de développement et d'intégration, et non des instruments visant à exclure les pays situés en amont ou à restreindre leur droit au développement. En janvier 2026, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Habtamu Itefa, a affirmé que les fleuves transfrontaliers éthiopiens devaient être considérés comme des ressources partagées et des opportunités de coopération et de croissance verte, soulignant que la disponibilité de l’eau en Éthiopie pouvait apporter des avantages potentiels au Soudan, au Soudan du Sud, au Kenya, à la Somalie et à l’Égypte. Voici la position éthiopienne : l’eau n’est pas la propriété exclusive de l’Éthiopie, mais elle n’est pas non plus celle de l’Égypte. L’Éthiopie ne revendique pas le monopole sur le Nil ; elle refuse simplement que la participation à la gestion du fleuve serve de prétexte pour la priver de l’utilisation de ses ressources. La différence entre ces deux positions est fondamentale. Le Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne : un projet contre-hégémonique Le Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne n’est plus un projet susceptible d’être influencé par des déclarations politiques ou par les avertissements diplomatiques de l’Égypte, largement relayés par les médias. Il est devenu une réalité en matière de développement et de stratégie. Le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Habtamu Itefa, a déclaré que le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne avait contribué à doubler la capacité de production d’électricité de l’Éthiopie pour la porter à environ 9,6 gigawatts, et qu’il était également devenu un catalyseur de l’interconnexion électrique et de la coopération économique régionale. Il a également expliqué que l’Éthiopie exportait de l’électricité vers Djibouti, le Soudan et le Kenya, et qu’elle cherchait à étendre son réseau d’interconnexion électrique avec d’autres pays. Ainsi, le projet que le discours égyptien a tenté pendant des années de présenter comme une source de menace fait en réalité désormais partie d’une transformation plus large du système énergétique africain. Plus important encore, l’Éthiopie ne considère pas ses ressources en eau comme un moyen d’exercer une influence sur les autres, mais comme un fondement pour surmonter la pauvreté énergétique et parvenir à l’industrialisation et à la croissance économique. Le problème de l’Égypte ne se limite toutefois pas au GERD. Pour ceux qui savent lire entre les lignes, la volonté sous-jacente du pays a été exprimée à maintes reprises dans ses déclarations officielles. Le Caire n’est en aucun cas prêt à accepter l’Éthiopie comme un pays en développement fort, capable d’investir dans ses ressources naturelles sans attendre l’approbation extérieure. Mais l’Éthiopie a déjà démontré qu’elle était capable et déterminée à exploiter ses ressources sans l’autorisation de quiconque. Accepter cette réalité et développer la région de manière conjointe constitue la bonne réponse. En août, le ministre éthiopien de l’Eau et de l’Énergie a affirmé que son pays continuerait à exploiter ses ressources en eau et construirait d’autres barrages si nécessaire. Le ministre a également souligné que l’avenir de l’Éthiopie était étroitement lié au fleuve Abay et à la mer Rouge, et que le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne constituait un projet transformateur qui avait modifié la position du pays dans les domaines de l’énergie, du développement et de l’intégration régionale. Ainsi, parier que de fermes déclarations politiques puissent ramener l’Éthiopie à une phase d’hésitation ou d’attente revient à parier sur une réalité qui n’existe plus. L’Éthiopie a déclaré à maintes reprises que les cours d’eau transfrontaliers devaient être des moteurs de coopération et de prospérité partagée, tout en rejetant toute notion d’hégémonie sur l’eau qui priverait les pays en amont de leurs droits souverains. C’est la position réaffirmée par le ministère de l’Eau et de l’Énergie. Conformément à ce principe, l’Éthiopie continue de renforcer ses capacités, de produire de l’électricité et d’exporter de l’énergie, ainsi que d’investir dans ses ressources en eau. Elle poursuit également ses efforts en matière de réhabilitation des bassins versants, de reboisement, de préservation de l’environnement et de renforcement de la durabilité du bassin de l’Abay, un point souligné par le ministère de l’Eau et de l’Énergie dans sa dernière déclaration. L’Éthiopie ne fera pas marche arrière Les déclarations répétées de l’Égypte ne changeront pas le cours des choses, pas plus que les propos virulents ne conféreront au Caire une autorité que ni la loi ni la réalité ne lui ont accordée. Les accords passés ne permettront pas de revenir en arrière et ne pousseront pas l’Éthiopie à renoncer à son droit d’utiliser ses ressources naturelles. Au contraire, la poursuite de ce discours risque d’aboutir au résultat inverse : révéler la profondeur d’une mentalité qui continue de considérer le développement éthiopien comme une menace plutôt que comme une opportunité de coopération africaine. Il est donc temps que l’Égypte considère le Nil comme un bassin africain commun, et non comme une sphère d’influence unilatérale. Il est également temps de reconnaître que l’Éthiopie n’est pas un pays qui attend qu’on lui donne la permission de décider de son avenir. Le Nil ne sera pas un instrument de domination et le développement de l’Éthiopie ne s’arrêtera pas à cause d’une rhétorique politique, aussi bruyante soit-elle. La réalité du XXIe siècle impose une autre règle : le respect mutuel plutôt que la tutelle, la coopération plutôt que l’hégémonie, et le développement partagé plutôt que l’exclusion. Il ne s’agit pas simplement d’une vision éthiopienne. C’est la seule voie capable de faire passer le bassin du Nil d’un héritage de conflits à un espace d’intégration africaine.
L'Éthiopie fait preuve de retenue face à la provocation de l'axe du « cheval de Troie » qui ne cesse de s'intensifier
Sep 23, 2026 103
Par un rédacteur Le 23 septebre, 2026 (ENA) Depuis des années, le gouvernement fédéral d’Éthiopie fait preuve d’un engagement clair et constant en faveur de la paix, du dialogue et de la stabilité nationale. Même face à de graves provocations, il a à maintes reprises privilégié la retenue à la vengeance, la négociation à l’escalade et la reconstruction aux représailles. Cette attitude n’est pas le fruit du hasard. Elle reflète un profond sens des responsabilités envers le peuple éthiopien, la prise de conscience du coût terrible de la guerre et la conviction inébranlable que les divergences politiques doivent être réglées par le dialogue plutôt que par la destruction. Pourtant, malgré cet effort soutenu, le TPLF s’est montré à maintes reprises peu disposé à renoncer à l’antagonisme, à la méfiance et à la confrontation. À maintes reprises, il a agi d’une manière qui a aggravé les divisions politiques, menacé la paix régionale et mis en danger la population même qu’il prétend représenter. Les racines de la crise actuelle ne sont pas apparues du jour au lendemain. Elles ont été alimentées pendant des décennies par une culture politique qui a banalisé la méfiance envers le gouvernement central et fait passer la confrontation pour une stratégie plutôt que pour un échec. Même après l’entrée de l’Éthiopie dans une nouvelle phase politique, le TPLF n’a pas réagi par une réflexion lucide, mais par la résistance et le ressentiment. Le changement à la tête du pays et l’accueil chaleureux réservé au Premier ministre Abiy Ahmed au Tigray ont semblé déstabiliser un groupe qui avait depuis longtemps l’habitude de dominer la vie politique. Plutôt que de s’adapter à la réalité politique en mutation du pays, il aurait œuvré pour faire obstacle aux réformes, s’opposer à la mise en place d’un ordre politique plus large et saper le processus même destiné à unifier les institutions dirigeantes du pays. S’imposant comme un leader national rassembleur, le Premier ministre Abiy s’est d’abord rendu dans la région du Tigray, où il a reçu un accueil enthousiaste de la part de la population. L’enthousiasme et l’accueil réservé par la population étaient sans précédent, reflétant un fort sentiment d’espoir et d’acceptation dans cette partie du pays. Malheureusement, le TPLF a réagi avec malaise et s’est rapidement tourné vers une rhétorique hostile, cherchant à éloigner la population du Tigray du discours de réconciliation nationale en attisant le ressentiment. Ce groupe belliqueux est désormais à la dernière minute d’une nouvelle vague de destruction. Le TPLF, désormais interdit, a une fois de plus été présenté comme un cheval de Troie au service des forces anti-éthiopiennes. Passons en revue le bilan de ce groupe depuis son entrée sur la scène politique éthiopienne. Lorsque des efforts ont été déployés pour fusionner le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF) et ses partis alliés au sein d’un cadre politique plus large, le TPLF se serait opposé à cette initiative à chaque étape. Même après qu’il fut devenu évident que le pays s’engageait dans une nouvelle direction, il a refusé de participer de manière constructive au projet du Parti de la prospérité et s’est au contraire positionné en dehors du consensus national. Il n’en a pas résulté un désaccord de principe, mais un élargissement délibéré de la distance politique. Ce faisant, il s’est aliéné des institutions nationales et a mis fin à son rôle actif dans la vie politique fédérale, laissant le Tigray politiquement isolé à un moment où l’unité était plus que jamais nécessaire. Pire encore, tout en prônant publiquement les droits et la légitimité, le groupe se serait préparé à l’affrontement. Les informations faisant état d’une militarisation, d’un entraînement de commandos et d’un renforcement des capacités armées régionales laissaient présager une évolution dangereuse. Plutôt que de soutenir la paix, il semble avoir choisi une voie qui faisait passer les calculs militaires avant la responsabilité politique. La tragédie qui s’ensuivit ne fut pas simplement le résultat de l’évolution de la situation sur le champ de bataille ; elle fut l’aboutissement d’une longue série de décisions mûrement réfléchies qui ont poussé le pays vers le conflit. L'attaque contre le Commandement du Nord reste l'un des chapitres les plus sombres et les plus douloureux de cette période. Selon la position du gouvernement fédéral, le TPLF a exploité la confiance et l’affection que la population éprouvait envers l’armée nationale, s’est servi de cette confiance pour maintenir le Commandement du Nord en place, puis s’est retourné contre lui dans un acte de trahison choquant. Cela a été suivi d’une campagne de désinformation visant à inverser la vérité et à présenter l’agresseur comme la victime. Un tel comportement n’a pas seulement attisé la guerre ; il a ébranlé la confiance nationale et infligé un préjudice profond au tissu social et politique de l’Éthiopie. Même après le déclenchement de la guerre, le gouvernement fédéral a continué à œuvrer en faveur de la paix. Il a appelé les anciens, les chefs religieux et toutes les voix responsables à intervenir. Il a offert des occasions de dialogue, de retenue et d’apaisement. Pourtant, selon la version officielle du gouvernement fédéral, le TPLF a bafoué ces appels et a poursuivi sa rhétorique belliqueuse, traitant le conflit comme un instrument de pouvoir. Il a entraîné les jeunes dans la violence, les plaçant en première ligne d’un conflit qui aurait pu être évité. Il a également élargi le champ de la guerre en menant des attaques transfrontalières, aggravant ainsi les souffrances de la région et entraînant les forces voisines dans un conflit déjà dévastateur. Malgré tout cela, le gouvernement fédéral n’a toujours pas renoncé à sa responsabilité de rechercher la paix. L’accord de paix de Pretoria a marqué un tournant qui a mis fin à la guerre dans le nord de l’Éthiopie et offert une chance de relance. Même alors, le gouvernement fédéral a fait preuve de magnanimité. Il a soutenu le rétablissement des services, alloué des ressources substantielles à la reconstruction et œuvré à la stabilisation du Tigré. Il a apporté son aide par l’intermédiaire des institutions fédérales, des administrations régionales et des partenaires de développement, démontrant une fois de plus que sa priorité n’était pas la punition, mais la réconciliation nationale. Si l’objectif avait été la vengeance, l’issue aurait pu être très différente. Au lieu de cela, le gouvernement a fait preuve de retenue, laissant à la population du Tigré l’espace nécessaire pour se remettre et réfléchir. Pourtant, la promesse de paix a été maintes fois compromise par des agissements attribués au TPLF lui-même. Au lieu de s'engager pleinement dans le désarmement et la normalisation politique, il se serait livré à des manœuvres de dissimulation, d'obstruction et de diversion. La mise en œuvre de l’accord a été compliquée par des ingérences persistantes, notamment la manipulation de l’aide humanitaire, l’entrave à la libre circulation et la persistance de pratiques illicites portant préjudice aux civils ordinaires. Plutôt que d’utiliser le processus de paix pour rétablir la confiance, il semble l’avoir considéré comme une pause, une opportunité tactique de se regrouper plutôt que comme une véritable voie vers la réconciliation. Le gouvernement fédéral, quant à lui, a continué à faire preuve d’une patience inhabituelle. Il s’est abstenu de déployer des forces dans les principaux sites du Tigré, même lorsqu’il disposait de motifs juridiques et pratiques pour le faire. Il a respecté les sensibilités du moment, accepté les critiques politiques et choisi de préserver la paix même lorsque celle-ci n’était pas pleinement réciproque. Ce n’était pas de la faiblesse ; c’était de l’art de gouverner. Cela reflétait un effort délibéré pour empêcher de nouvelles souffrances civiles et empêcher le pays de retomber dans une guerre à grande échelle. Aujourd’hui, le fardeau le plus lourd pèse non seulement sur l’État fédéral, mais aussi sur la population du Tigray elle-même. Les parents, les jeunes, les aînés et les intellectuels ne peuvent rester silencieux alors que l’histoire menace de se répéter. Aucune force politique ne devrait être autorisée à sacrifier une nouvelle génération au nom du pouvoir, du ressentiment ou de la vengeance. Les jeunes du Tigré méritent l’éducation, le travail, la dignité et l’espoir ; ils ne doivent pas être utilisés comme des instruments dans un nouveau cycle de destruction. Les parents doivent faire entendre leur voix contre ceux qui transforment la vie de leurs enfants en combustible pour la guerre. Les dirigeants communautaires et les élites doivent privilégier la responsabilité plutôt que le silence, la vérité plutôt que la peur, et la paix plutôt que la loyauté envers une faction. L’Éthiopie a payé un prix trop élevé pour la guerre. Ce dont le pays a besoin aujourd’hui, ce n’est pas d’une nouvelle vague de sang versé, mais d’un engagement commun en faveur de la stabilité, de la responsabilité et de la reconstruction. Le gouvernement fédéral a fait preuve de patience, a accordé des concessions et a ouvert la voie à la paix à plusieurs reprises. Pour que la paix tienne, chaque acteur doit désormais la choisir en toute sincérité. La population du Tigray, comme tous les Éthiopiens, mérite un avenir fondé sur le développement et la dignité. Il faut dire clairement à ceux qui continuent de jouer avec cet avenir : ça suffit.
Les Politiques Éthiopiennes en Matière d’E-Mobilité Inspirent l’Afrique
Sep 23, 2026 66
Addis Ababa le 23 septembre, 2026 (ENA) Selon Damilola Odunlade-Akeju, entrepreneur nigérian spécialisé dans la mobilité, les politiques de l’Éthiopie en matière de mobilité électrique incitent d’autres pays africains à revoir et à élaborer leurs propres cadres pour accélérer le développement des transports écologiques. Lors du Sommet nordique-africain sur les véhicules électriques qui s’est tenu en Éthiopie, M. Odunlade-Akeju, fondateur et PDG de DriveMe Mobility au Nigeria, a souligné que les villes et les pays africains s’inspirent de plus en plus de l’orientation politique de l’Éthiopie lorsqu’ils examinent les mesures visant à accélérer l’adoption de la mobilité électrique. L’expérience de l’Éthiopie démontre l’importance des politiques gouvernementales pour créer un environnement propice au développement des transports verts, d’autant plus que d’autres pays africains réfléchissent à la manière de structurer leur propre secteur de la mobilité électrique. « Les politiques gouvernementales seront le moteur de l’adoption et du développement de la mobilité électrique à travers l’Afrique », a déclaré M. Odunlade-Akeju, soulignant qu’une orientation politique claire est essentielle pour instaurer la confiance parmi les acteurs du secteur privé. La sécurité politique encourage les entreprises privées à investir dans la mobilité électrique en leur offrant un cadre plus clair pour le développement du marché et leur participation à long terme. L’expérience de l’Éthiopie est pertinente pour d’autres pays africains, car la politique gouvernementale doit s’accompagner de mesures favorisant la normalisation, garantissant ainsi que les différents acteurs puissent opérer au sein d’un système de mobilité électrique cohérent. Si la politique gouvernementale fournit le cadre, les initiatives du secteur privé contribuent tout autant au développement du secteur. La combinaison de l’orientation gouvernementale et de l’initiative du secteur privé est essentielle pour accélérer la transition, des politiques appropriées garantissant que ce secteur émergent se développe de manière coordonnée. Odunlade-Akeju a évoqué l’utilisation croissante des bus électriques à Addis-Abeba comme exemple de la manière dont la mobilité verte peut être intégrée aux transports publics. Les transports en commun peuvent contribuer à accroître l’adoption de la mobilité électrique. Après avoir observé les bus électriques d’Addis-Abeba, il a souligné que le développement des transports publics électriques apporte une dimension concrète à l’approche plus large de l’Éthiopie en matière de politique de mobilité électrique. Renforcer la compréhension et la sensibilisation aux transports verts, parallèlement à des politiques de soutien et à des solutions de transports en commun, peut aider les pays africains à faire progresser leur transition vers la mobilité électrique. Jan Tore Gjøby, fondateur norvégien et conseiller en mobilité électrique, a mis en avant l’expérience naissante de l’Éthiopie, affirmant que le pays devrait développer des solutions adaptées à ses besoins tout en tenant compte de leur pertinence pour l’ensemble du marché africain.   M. Gjøby a souligné la nécessité de disposer de feuilles de route claires, d'exigences précises et de normes communes à mesure que l'Éthiopie développe la mobilité électrique. Selon lui, des systèmes coordonnés sont indispensables pour garantir que les véhicules électriques, les infrastructures de recharge et les réseaux électriques fonctionnent ensemble de manière efficace.
Le rôle de l’Éthiopie en mer Rouge : le maillon manquant de la stabilité régionale
Sep 23, 2026 137
Pourquoi il ne peut y avoir de stabilité durable en mer Rouge sans l’Éthiopie Par Yordanos D. Le 22 septembre, 2026 (ENA) La mer Rouge n’est plus simplement un corridor maritime. Elle est devenue l’un des principaux foyers de tensions géopolitiques au monde — et la dernière crise autour du détroit de Bab el-Mandeb rend une réalité de plus en plus difficile à ignorer : la sécurité de la mer Rouge ne peut être dissociée de celle de la Corne de l’Afrique, et la sécurité de la Corne ne peut être véritablement prise en compte alors que l’Éthiopie reste en marge des décisions maritimes. Le 15 septembre 2026, le Secrétaire général adjoint de l’ONU, Khaled Khiari, a déclaré devant le Conseil de sécurité que la situation autour du détroit de Bab el-Mandeb était devenue de plus en plus volatile, alors que les combats s’intensifiaient le long de la côte occidentale du Yémen et que les forces houthies avançaient vers cette voie maritime stratégique. Il a appelé à la retenue, au dialogue ainsi qu’au rétablissement et au respect des droits et libertés de navigation conformément au droit international. Cet avertissement ne concernait pas uniquement le Yémen. Bab el-Mandeb est l’étroite porte maritime qui relie la mer Rouge au golfe d’Aden et, au-delà, à l’océan Indien. Toute perturbation prolongée dans cette zone peut se répercuter sur le transport maritime, les assurances, les marchés de l’énergie, l’approvisionnement alimentaire et les chaînes logistiques mondiales. Les conséquences ne s’arrêtent pas aux côtes du Yémen ou aux pays riverains de la mer Rouge. Elles peuvent atteindre des usines en Asie, des marchés en Europe et des consommateurs situés à des milliers de kilomètres. Et, directement de l’autre côté de cet espace stratégique, sur la façade africaine, se trouve l’Éthiopie. Depuis plus de trois décennies, l’Éthiopie est enclavée à la suite de l’indépendance de l’Érythrée en 1993. Pourtant, la géographie n’a jamais réellement séparé l’Éthiopie de la mer Rouge. Au contraire : son histoire, son économie, sa sécurité et sa diplomatie sont restées profondément liées à ce corridor maritime. Aujourd’hui, cette dépendance est très concrète. Le commerce international de l’Éthiopie repose largement sur le corridor de Djibouti, ce qui signifie que toute instabilité affectant le transport maritime en mer Rouge, les ports, les assurances ou les routes maritimes peut rapidement devenir une préoccupation économique pour l’Éthiopie. L’Institute of Foreign Affairs éthiopien a décrit cette exposition comme une vulnérabilité stratégique découlant de la dépendance du pays à l’égard d’un corridor maritime dont la sécurité est largement façonnée en dehors de son contrôle institutionnel direct. Cette réalité devrait modifier la manière dont le monde comprend les aspirations maritimes de l’Éthiopie. La volonté de l’Éthiopie d’obtenir un accès fiable à la mer est trop souvent réduite à un différend territorial ou politique. Cette lecture est incomplète. Au fond, l’Éthiopie est confrontée à un problème structurel : une grande économie africaine et l’un des États les plus peuplés du continent dépendent fortement d’un système maritime dans lequel elle dispose d’un accès direct limité et d’une influence limitée sur l’architecture de sécurité. Ce n’est pas seulement un problème éthiopien. C’est un problème régional. Et il devient également un problème mondial. La mer Rouge ne peut pas être sécurisée depuis le large La dernière crise autour de Bab el-Mandeb révèle les limites d’une approche qui considère la sécurité de la mer Rouge principalement comme une question relevant des puissances navales extérieures à la région. Les navires de guerre peuvent protéger les bâtiments commerciaux. Les déploiements militaires peuvent dissuader les attaques. Les missions internationales peuvent escorter les navires marchands. Mais aucune flotte, aussi puissante soit-elle, ne peut à elle seule résoudre les vulnérabilités politiques, économiques et institutionnelles qui rendent la mer Rouge susceptible de connaître des épisodes récurrents d’instabilité. L’ONU elle-même a souligné que la protection de la liberté de navigation devait aller de pair avec la prévention d’une nouvelle escalade au Yémen et la recherche d’une solution politique. Cela signifie que la sécurité maritime ne peut être dissociée de la diplomatie régionale. Et la diplomatie régionale ne peut être dissociée des pays dont les économies et la sécurité sont directement exposées à la mer Rouge. L’Éthiopie est l’un de ces pays. En effet, les enjeux régionaux sont désormais reconnus sur le plan institutionnel. Le 15 septembre, le Conseil des ministres de l’IGAD a identifié la sécurité et la liberté de navigation en mer Rouge et dans le golfe d’Aden comme des priorités essentielles en matière de paix, de sécurité et de développement régional. Il a chargé le Secrétariat de l’IGAD de renforcer la gouvernance maritime régionale, ainsi que la coopération et la coordination face à l’évolution des dynamiques géopolitiques et sécuritaires. Cette décision transmet un message important : la sécurité de la mer Rouge n’est plus une question maritime lointaine. C’est une question de sécurité pour la Corne de l’Afrique. Et si c’est une question concernant la Corne de l’Afrique, l’Éthiopie ne peut pas être considérée comme un acteur secondaire. L’Éthiopie ne demande pas à être spectatrice La revendication éthiopienne en faveur d’un accès maritime doit donc être comprise dans ce contexte stratégique plus large. Un pays du poids économique et démographique de l’Éthiopie ne peut pas rester indéfiniment presque entièrement dépendant d’un seul corridor maritime extérieur alors que la sécurité de celui-ci est vulnérable aux conflits, aux rivalités géopolitiques et aux perturbations échappant à son contrôle. Cela ne signifie pas que l’Éthiopie puisse ignorer la souveraineté des États côtiers. Bien au contraire. Le meilleur fondement pour l’avenir maritime de l’Éthiopie repose sur la négociation, les bénéfices mutuels, le droit international et le respect de la souveraineté des pays voisins. L’Éthiopie a régulièrement présenté son accès à la mer dans ces termes. Les discussions récentes ont établi un lien entre l’accès maritime, le développement économique, la sécurité nationale, l’intégration régionale et la coopération diplomatique, tout en mettant l’accent sur le dialogue pacifique et les arrangements mutuellement bénéfiques. Cette distinction est importante. L’Éthiopie n’a pas besoin de confrontation pour établir un rôle maritime. Elle a besoin d’un arrangement durable qui permette d’aligner ses intérêts économiques sur ceux des États côtiers. Un tel arrangement pourrait transformer l’accès maritime, d’une source d’inquiétude régionale, en un moteur d’interdépendance régionale. D’une vulnérabilité liée à l’enclavement à un acteur régional Une autre dimension mérite beaucoup plus d’attention internationale. Si l’Éthiopie obtient un accès fiable à la mer dans le cadre d’un accord négocié, elle n’obtiendrait pas seulement une nouvelle voie pour ses importations et ses exportations. Elle acquérirait également un intérêt économique et institutionnel plus important dans la sécurité même du corridor maritime. Cela pourrait modifier l’équation stratégique. Un pays dont le commerce, les infrastructures et l’avenir économique sont directement liés à un corridor maritime a de fortes raisons de contribuer à la protection de ce corridor. L’Éthiopie pourrait contribuer au partage d’informations maritimes, à la sécurité portuaire, aux opérations de recherche et de sauvetage, à la préparation aux situations d’urgence, à la lutte contre la traite, à la coopération douanière et à la prévention de la criminalité maritime organisée. Les bases d’une telle participation sont déjà en train d’émerger. En août 2026, l’Organisation maritime internationale a soutenu à Addis-Abeba un atelier destiné à élaborer une feuille de route pour la création d’un Centre national de partage d’informations maritimes, afin de renforcer la coordination entre les institutions maritimes éthiopiennes et de contribuer à la sécurité maritime régionale dans le cadre du Code de conduite de Djibouti et de son amendement de Djeddah. C’est important, car la sécurité maritime ne se résume pas à la puissance militaire. Elle concerne également l’information. Elle concerne les institutions. Elle concerne les ports, les douanes, les garde-côtes, les autorités maritimes, les services de renseignement, les mécanismes d’intervention d’urgence et la gouvernance maritime civile. En d’autres termes, l’Éthiopie peut devenir partie prenante de la solution sans transformer la mer Rouge en un nouveau théâtre de compétition militaire. Addis-Abeba possède un atout que d’autres peuvent difficilement reproduire L’Éthiopie possède également un atout diplomatique qui mérite d’être davantage pris en considération : Addis-Abeba. La capitale éthiopienne accueille l’Union africaine et demeure l’un des principaux centres diplomatiques du continent. L’Éthiopie est membre de l’IGAD et possède plusieurs décennies d’expérience dans les initiatives africaines de paix et de sécurité. Cela donne à l’Éthiopie des canaux diplomatiques potentiels qui dépassent le cadre immédiat des États riverains de la mer Rouge. Le pays entretient des relations à travers l’Afrique, le Golfe et le Moyen-Orient au sens large. Sa position diplomatique peut donc offrir des possibilités de dialogue entre des acteurs dont les intérêts entrent fréquemment en collision. Cela ne signifie pas que l’Éthiopie doive devenir partie à chaque conflit entourant la mer Rouge. Cela signifie que l’Éthiopie a intérêt et potentiellement un rôle à défendre des principes qui devraient concerner tous les États maritimes : la liberté de navigation, la protection de la navigation civile, le respect de la souveraineté, l’adhésion au droit international et le règlement pacifique des différends. L’illusion dangereuse d’une mer Rouge sans l’Éthiopie Il existe une contradiction stratégique persistante dans la manière dont la région est parfois abordée. Les puissances extérieures reconnaissent l’importance considérable de la mer Rouge. Des forces navales sont déployées. Les bases militaires se développent. Des missions internationales patrouillent dans les eaux. Les gouvernements mettent en garde contre les menaces pesant sur le transport maritime. Pourtant, les pays dont les économies et la sécurité sont les plus directement liées à la Corne de l’Afrique ne sont pas toujours placés au centre du débat sur la sécurité. Cette approche n’est pas durable. La mer Rouge ne peut pas être stabilisée durablement en regardant uniquement vers le nord, en direction du Moyen-Orient, ou vers l’extérieur, en direction des puissances mondiales. Sa dimension africaine est tout aussi fondamentale. Les problèmes de sécurité d’un côté de Bab el-Mandeb interagissent inévitablement avec ceux de l’autre côté. Le conflit au Yémen, l’instabilité au Soudan, le terrorisme, la traite, la piraterie, le trafic d’armes et la criminalité organisée peuvent se renforcer mutuellement à travers les frontières maritimes et terrestres. Les récentes discussions de l’ONU ont explicitement établi un lien entre l’instabilité autour de Bab el-Mandeb et les menaces plus larges qui affectent le transport maritime international et la Corne de l’Afrique. La leçon est simple : la mer Rouge constitue un espace de sécurité unique, même lorsque les frontières politiques le divisent. La connectivité peut devenir une stratégie de paix Les ambitions maritimes de l’Éthiopie devraient donc être intégrées à une vision économique régionale plus large. Les ports ne devraient pas seulement être des lieux où les navires chargent et déchargent leurs marchandises. Ils peuvent devenir des portes d’entrée reliant les économies enclavées aux marchés côtiers. Les routes, les chemins de fer, les centres logistiques, les systèmes douaniers numériques et les corridors commerciaux peuvent transformer l’accès maritime en un instrument d’intégration économique régionale. Pour l’Éthiopie, la diversification des routes maritimes ne signifierait pas nécessairement l’abandon de sa relation économique actuelle avec Djibouti. Elle pourrait la compléter. Davantage de routes peut signifier davantage de résilience. Davantage de partenariats peut signifier davantage d’interdépendance économique. Et une plus grande interdépendance peut créer des incitations supplémentaires pour que les gouvernements protègent les infrastructures, les corridors commerciaux et la stabilité régionale. La connectivité ne peut pas garantir la paix. Mais l’isolement économique crée rarement une interdépendance régionale durable. Une Corne de l’Afrique davantage interconnectée aurait davantage à perdre dans un conflit — et davantage à gagner dans la coopération. La mer Rouge a besoin d’une appropriation africaine La question fondamentale n’est donc pas de savoir si l’Éthiopie devrait être autorisée à jouer un rôle en mer Rouge. La question la plus importante est de savoir si la région peut réellement construire une stabilité maritime durable tout en excluant de l’architecture stratégique entourant cette mer l’une des plus grandes économies d’Afrique et l’un de ses principaux centres diplomatiques. Cette approche est de plus en plus difficile à justifier. Les ambitions maritimes de l’Éthiopie ne devraient pas être présentées comme une demande de confrontation avec les États côtiers. Elles devraient être considérées comme faisant partie d’un programme africain plus large en faveur de la connectivité, de la résilience économique et de la sécurité collective. Cela nécessite de la diplomatie, et non de la confrontation. Cela nécessite des arrangements négociés, et non des actions unilatérales. Cela nécessite des institutions régionales, et non une nouvelle compétition entre puissances extérieures. Et surtout, cela nécessite de reconnaître que la sécurité de la mer Rouge est une responsabilité partagée. Une opportunité stratégique cachée derrière la crise La crise actuelle autour de Bab el-Mandeb constitue un avertissement — mais également une opportunité. Elle montre à quelle vitesse l’instabilité dans une voie maritime étroite peut devenir un problème économique mondial. Elle montre également les limites des dispositifs de sécurité qui reposent excessivement sur les réponses militaires tout en négligeant les institutions régionales et les solutions politiques. Pour l’Éthiopie, la crise souligne le coût de rester économiquement exposée à un système maritime sur lequel elle exerce une influence directe limitée. Mais elle offre également l’occasion de présenter une vision plus ambitieuse. L’Éthiopie peut rechercher un accès maritime tout en renforçant simultanément la gouvernance maritime régionale. Elle peut approfondir sa coopération avec les États côtiers tout en continuant à respecter leur souveraineté. Elle peut travailler à travers l’IGAD, l’Union africaine et les Nations unies. Elle peut investir dans les systèmes d’information maritime, la logistique, les capacités d’intervention d’urgence et les institutions de sécurité. Et elle peut utiliser sa position diplomatique à Addis-Abeba pour promouvoir le dialogue plutôt que d’accentuer la confrontation. L’objectif devrait être d’institutionnaliser l’intérêt économique et sécuritaire légitime de l’Éthiopie en mer Rouge à travers des arrangements pacifiques, conformes au droit international et mutuellement bénéfiques. Pas de sécurité durable en mer Rouge sans l’Éthiopie L’avenir de la mer Rouge sera finalement déterminé non seulement par la géographie, mais aussi par la capacité des États qui l’entourent et qui en dépendent à construire un système capable de gérer leurs vulnérabilités communes. L’Éthiopie est trop importante pour être économiquement détachée de ce système. Trop directement liée à la région par sa géographie pour être stratégiquement ignorée. Trop importante sur le plan diplomatique pour être traitée comme un simple observateur continental. Et trop exposée aux perturbations de la mer Rouge pour rester durablement en dehors des dispositifs significatifs de sécurité maritime. La crise actuelle a rendu un fait incontestable : ce qui se passe autour de Bab el-Mandeb ne reste pas autour de Bab el-Mandeb. Cela atteint la Corne de l’Afrique. Cela atteint l’Éthiopie. Cela atteint le commerce mondial. Et si la région souhaite réellement construire une architecture durable de sécurité en mer Rouge, l’Éthiopie ne peut pas simplement être un pays affecté par les décisions prises concernant cette mer. Elle doit avoir une place à la table où ces décisions sont élaborées. Car la stabilité durable ne viendra ni de la sécurisation des eaux en ignorant les terres, ni de la protection du transport maritime en négligeant les économies et les sociétés qui en dépendent. Ainsi, l’avenir de la mer Rouge est indissociable de celui de la Corne de l’Afrique — et l’avenir de la Corne ne peut être conçu sans l’Éthiopie.
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Des travaux sont en cors pour que les investisseurs de la ville coréenne d'Ulsan investissent en Éthiopie.
Mar 25, 2024 62278
Addis Abeba, le 25 mars 2024 (ENA) : - Il a été annoncé que les investisseurs d'Ulsan, une ville manufacturière et industrielle de la République de Corée du Sud, pourront investir en Éthiopie.   L'ambassadeur éthiopien en République de Corée du Sud, Dessie Dalke, a eu une discussion avec le maire de la ville d'Ulsan, Kim Du-geum qui a porté sur les conditions dans lesquelles les investisseurs de la ville peuvent investir en Éthiopie et dans lesquelles la ville peut établir de solides relations fraternelles avec les villes éthiopiennes.   Au cours de la discussion, l'ambassadeur Dessie Dalke a mentionné que l'Éthiopie et la Corée sont des pays entretenant des relations fortes et historiques et a déclaré que les relations devraient être renforcées par l'échange d'expériences et d'investissements, en particulier au niveau urbain.   L'ambassadeur a ajouté que le maire a également demandé d'encourager les investisseurs de la ville à investir en Éthiopie.   Pour sa part, le maire d'Ulsan, Doo-geum, a remercié l'Éthiopie pour son soutien pendant les moments difficiles de la Corée du Sud et a déclaré qu'ils travailleraient à établir une relation entre les villes éthiopiennes et la ville d'Ulsan.   Citant comme exemple le constructeur automobile sud-coréen Hyundai, il a souligné que le pays utilise l'Éthiopie comme destination stratégique pour atteindre le marché africain ajoutant que les investisseurs de la ville auront de larges opportunités sur le marché des affaires africain en investissant en Ethiopie.   Selon l'ambassade d’Ethiopie en République de Corée du Sud, l'ambassadeur Dessie Dalke a rendu visite à la compagnie Hyundai Motors lors de sa visite de travail dans la ville.
ENA
Feb 7, 2023 42402
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Politique
L'illusion égyptienne d'une tutelle sur le Nil est définitivement anéantie
Sep 23, 2026 82
Par un rédacteur Le 23 septembre, 2026 (ENA) Quels que soient les changements de gouvernement ou de direction en Égypte, une chose reste constante dans le discours officiel égyptien concernant le Nil : il s’agit d’aborder les ressources des pays du bassin sous l’angle de la tutelle et de considérer le développement des pays en amont comme une question nécessitant l’accord du Caire. Cependant, cette mentalité hydro-impérialiste lamentable n’est plus en mesure d’expliquer la réalité actuelle du Nil. L’Afrique a changé et le système régional du bassin du Nil a évolué, tandis que le discours égyptien continue d’utiliser un langage appartenant à une époque historique que le continent a dépassée depuis des décennies. Comme l’a si bien souligné le ministère éthiopien de l’Eau et de l’Énergie, les récentes déclarations du ministre égyptien des Ressources en eau et de l’Irrigation reflètent une « mentalité coloniale grossière » qui caractérise la politique de l’Égypte envers les pays africains. Cette caractérisation n’a pas été motivée uniquement par ces dernières déclarations, car le ministère éthiopien de l’Eau et de l’Énergie avait déjà mis en garde contre la persistance de ce qu’il décrivait comme une mentalité héritée de l’époque coloniale dans le traitement de la question du Nil, affirmant que l’Éthiopie ne renoncerait pas à son droit d’utiliser le fleuve pour répondre aux besoins de développement de sa population. Le discours officiel égyptien, maintes fois répété, et les expressions utilisées en référence au Nil sont « droits historiques », « toutes les mesures disponibles » et « sécurité hydrique » ; comme si le simple fait de répéter ces termes pouvait en soi conférer à un État des droits supplémentaires sur un fleuve transfrontalier. Mais les mots, aussi tranchants et peu diplomatiques soient-ils, ne peuvent changer le fait que l’Éthiopie est un État souverain et que ses ressources naturelles situées sur son territoire relèvent de son droit au développement. Le ministre éthiopien de l’Eau et de l’Énergie, Habtamu Itefa, avait précédemment déclaré que l’Éthiopie n’avait besoin de l’autorisation d’aucun pays pour exploiter ses ressources en eau, expliquant que le pays avait construit le Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne sans demander l’autorisation à quiconque et qu’il continuerait à construire d’autres barrages dans ses bassins fluviaux lorsque le besoin s’en ferait sentir. Il ne s’agit pas là d’une simple déclaration politique, mais du reflet d’une réalité déjà établie sur le terrain. Le barrage est achevé et produit de l’énergie ; l’Éthiopie est ainsi passée du statut de pays confronté à un déficit majeur en matière de production d’électricité à celui d’un pays qui développe ses exportations d’énergie vers ses voisins, tout en s’attachant à exploiter son énorme potentiel hydroélectrique pour assurer l’accès à l’électricité à sa population, soutenir l’industrialisation et favoriser le développement. Le double standard effréné L’un des paradoxes les plus flagrants du discours égyptien réside dans l’insistance du Caire sur la nécessité d’une consultation et d’une approbation de sa part avant que les pays en amont ne mettent en œuvre des projets, alors que l’Égypte elle-même a procédé à la construction du haut barrage d’Assouan sans que les pays en amont aient eu un rôle comparable dans la prise de décision concernant ce projet. Le ministère éthiopien de l’Eau et de l’Énergie a souligné ce deux poids deux mesures dans son communiqué, insistant sur le fait que Le Caire considère son accord comme une condition préalable à l’exploitation de leurs ressources en eau par les pays du bassin du Nil, alors même que l’Égypte a construit le grand barrage d’Assouan sans consulter les pays en amont. C’est là que se pose la question à laquelle le discours politique ne peut échapper : si l’Égypte a le droit de développer ses ressources en eau sur son territoire sans demander l’autorisation des pays en amont, pourquoi le même principe ne s’applique-t-il pas à l’Éthiopie et aux autres pays ? Un double standard effréné ne permet pas de créer un système équitable de gestion des cours d’eau transfrontaliers. Un héritage injuste ne peut régir l’avenir Une partie fondamentale de la position égyptienne repose toujours sur des arrangements et accords historiques remontant à des circonstances politiques totalement différentes de la réalité africaine d’aujourd’hui. L’Éthiopie n’était pas partie à l’accord de 1959, pas plus que les autres pays en amont n’ont participé à l’élaboration d’un système visant à déterminer l’avenir des eaux du Nil sans leur participation. Par conséquent, tenter de présenter ces arrangements comme une base définitive pour les droits de tous les pays du bassin revient à ignorer un fait fondamental : un État qui n’était pas partie à un accord ne peut, avec le temps, s’y voir lié simplement parce qu’un autre État l’exige. L’Afrique a changé sur les plans politique, démographique et économique. Les besoins en électricité, en denrées alimentaires et en eau se sont multipliés, de nouveaux projets d’intégration régionale ont vu le jour, et les pays en amont sont désormais mieux à même d’exploiter leurs ressources naturelles. Par conséquent, reproduire les accords du passé comme seule solution pour l’avenir n’est pas de la coopération. Il s’agit d’une tentative de préserver un héritage injuste malgré l’évolution des circonstances qui l’ont engendré. L'Éthiopie soutient que les fleuves transfrontaliers doivent être des vecteurs de coopération, de développement et d'intégration, et non des instruments visant à exclure les pays situés en amont ou à restreindre leur droit au développement. En janvier 2026, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Habtamu Itefa, a affirmé que les fleuves transfrontaliers éthiopiens devaient être considérés comme des ressources partagées et des opportunités de coopération et de croissance verte, soulignant que la disponibilité de l’eau en Éthiopie pouvait apporter des avantages potentiels au Soudan, au Soudan du Sud, au Kenya, à la Somalie et à l’Égypte. Voici la position éthiopienne : l’eau n’est pas la propriété exclusive de l’Éthiopie, mais elle n’est pas non plus celle de l’Égypte. L’Éthiopie ne revendique pas le monopole sur le Nil ; elle refuse simplement que la participation à la gestion du fleuve serve de prétexte pour la priver de l’utilisation de ses ressources. La différence entre ces deux positions est fondamentale. Le Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne : un projet contre-hégémonique Le Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne n’est plus un projet susceptible d’être influencé par des déclarations politiques ou par les avertissements diplomatiques de l’Égypte, largement relayés par les médias. Il est devenu une réalité en matière de développement et de stratégie. Le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Habtamu Itefa, a déclaré que le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne avait contribué à doubler la capacité de production d’électricité de l’Éthiopie pour la porter à environ 9,6 gigawatts, et qu’il était également devenu un catalyseur de l’interconnexion électrique et de la coopération économique régionale. Il a également expliqué que l’Éthiopie exportait de l’électricité vers Djibouti, le Soudan et le Kenya, et qu’elle cherchait à étendre son réseau d’interconnexion électrique avec d’autres pays. Ainsi, le projet que le discours égyptien a tenté pendant des années de présenter comme une source de menace fait en réalité désormais partie d’une transformation plus large du système énergétique africain. Plus important encore, l’Éthiopie ne considère pas ses ressources en eau comme un moyen d’exercer une influence sur les autres, mais comme un fondement pour surmonter la pauvreté énergétique et parvenir à l’industrialisation et à la croissance économique. Le problème de l’Égypte ne se limite toutefois pas au GERD. Pour ceux qui savent lire entre les lignes, la volonté sous-jacente du pays a été exprimée à maintes reprises dans ses déclarations officielles. Le Caire n’est en aucun cas prêt à accepter l’Éthiopie comme un pays en développement fort, capable d’investir dans ses ressources naturelles sans attendre l’approbation extérieure. Mais l’Éthiopie a déjà démontré qu’elle était capable et déterminée à exploiter ses ressources sans l’autorisation de quiconque. Accepter cette réalité et développer la région de manière conjointe constitue la bonne réponse. En août, le ministre éthiopien de l’Eau et de l’Énergie a affirmé que son pays continuerait à exploiter ses ressources en eau et construirait d’autres barrages si nécessaire. Le ministre a également souligné que l’avenir de l’Éthiopie était étroitement lié au fleuve Abay et à la mer Rouge, et que le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne constituait un projet transformateur qui avait modifié la position du pays dans les domaines de l’énergie, du développement et de l’intégration régionale. Ainsi, parier que de fermes déclarations politiques puissent ramener l’Éthiopie à une phase d’hésitation ou d’attente revient à parier sur une réalité qui n’existe plus. L’Éthiopie a déclaré à maintes reprises que les cours d’eau transfrontaliers devaient être des moteurs de coopération et de prospérité partagée, tout en rejetant toute notion d’hégémonie sur l’eau qui priverait les pays en amont de leurs droits souverains. C’est la position réaffirmée par le ministère de l’Eau et de l’Énergie. Conformément à ce principe, l’Éthiopie continue de renforcer ses capacités, de produire de l’électricité et d’exporter de l’énergie, ainsi que d’investir dans ses ressources en eau. Elle poursuit également ses efforts en matière de réhabilitation des bassins versants, de reboisement, de préservation de l’environnement et de renforcement de la durabilité du bassin de l’Abay, un point souligné par le ministère de l’Eau et de l’Énergie dans sa dernière déclaration. L’Éthiopie ne fera pas marche arrière Les déclarations répétées de l’Égypte ne changeront pas le cours des choses, pas plus que les propos virulents ne conféreront au Caire une autorité que ni la loi ni la réalité ne lui ont accordée. Les accords passés ne permettront pas de revenir en arrière et ne pousseront pas l’Éthiopie à renoncer à son droit d’utiliser ses ressources naturelles. Au contraire, la poursuite de ce discours risque d’aboutir au résultat inverse : révéler la profondeur d’une mentalité qui continue de considérer le développement éthiopien comme une menace plutôt que comme une opportunité de coopération africaine. Il est donc temps que l’Égypte considère le Nil comme un bassin africain commun, et non comme une sphère d’influence unilatérale. Il est également temps de reconnaître que l’Éthiopie n’est pas un pays qui attend qu’on lui donne la permission de décider de son avenir. Le Nil ne sera pas un instrument de domination et le développement de l’Éthiopie ne s’arrêtera pas à cause d’une rhétorique politique, aussi bruyante soit-elle. La réalité du XXIe siècle impose une autre règle : le respect mutuel plutôt que la tutelle, la coopération plutôt que l’hégémonie, et le développement partagé plutôt que l’exclusion. Il ne s’agit pas simplement d’une vision éthiopienne. C’est la seule voie capable de faire passer le bassin du Nil d’un héritage de conflits à un espace d’intégration africaine.
« Les sentiments colonialistes de l'Égypte sont intolérables dans le paysage diplomatique moderne », déclare Zerihun, directeur général des Affaires africaines
Sep 23, 2026 48
Addis Ababa le 23 septembre, 2026 (ENA) L’ambassadeur Zerihun Abebe, directeur général des Affaires africaines au ministère éthiopien des Affaires étrangères, a critiqué les récentes déclarations de responsables égyptiens concernant le Nil, les qualifiant de reflet d’attitudes coloniales dépassées qui n’ont pas leur place dans le paysage diplomatique moderne. S’adressant à l’ENA, l’ambassadeur Zerihun a notamment critiqué le ministre égyptien des Ressources en eau et de l’Irrigation, Hani Sewilam, pour des propos qui auraient laissé entendre que les Éthiopiens devaient être sensibilisés au droit international régissant le Nil. M. Zerihun a qualifié ces propos de « très malheureux, regrettables, voire risibles », affirmant qu’ils reflétaient une incompréhension de la position de l’Éthiopie et de ses droits en vertu du droit international. Il a déclaré que l’Éthiopie connaissait parfaitement les principes juridiques régissant l’utilisation des ressources en eau transfrontalières et qu’elle avait toujours fondé sa position sur les principes établis du droit international. Concernant le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD), le directeur général a déclaré que l’Éthiopie avait construit ce projet conformément aux principes internationalement reconnus, notamment l’utilisation équitable et raisonnable des ressources en eau partagées. Il a qualifié la position égyptienne de « confusion » et de « caricature » de la position de l’Éthiopie, affirmant que ces propos reflétaient une mentalité du XIXe siècle qui persiste encore aujourd’hui à l’égard de l’Afrique et de ses nations. « De telles remarques sont le reflet direct d’un sentiment colonial, d’une attitude ancrée dans le XIXe siècle, envers l’Afrique et ses nations », a déclaré M. Zerihun. Il a souligné que la souveraineté de l’Éthiopie et ce qu’elle considère comme ses droits légitimes sont reconnus par le droit international, ajoutant que le pays continuerait à défendre ses intérêts nationaux. M. Zerihun a également appelé à ce que les relations au sein du bassin du Nil soient guidées par les principes diplomatiques contemporains et la coopération entre les pays riverains, plutôt que par des approches impérialistes ou monopolistiques. « Nous ne vivons pas dans un monde impérialiste », a-t-il déclaré. « Il est temps que l’Égypte entre dans l’ère moderne de la diplomatie. » Le directeur général a réaffirmé l’engagement déclaré de l’Éthiopie en faveur de l’intégration régionale, de la coopération et de l’utilisation durable des ressources en eau partagées. Il a déclaré que l'Éthiopie avait démontré sa volonté de dialoguer avec les pays en aval et de répondre à leurs préoccupations concernant le GERD, tout en faisant valoir ce qu'elle considère comme ses droits à une utilisation équitable du Nil.
L'Éthiopie fait preuve de retenue face à la provocation de l'axe du « cheval de Troie » qui ne cesse de s'intensifier
Sep 23, 2026 103
Par un rédacteur Le 23 septebre, 2026 (ENA) Depuis des années, le gouvernement fédéral d’Éthiopie fait preuve d’un engagement clair et constant en faveur de la paix, du dialogue et de la stabilité nationale. Même face à de graves provocations, il a à maintes reprises privilégié la retenue à la vengeance, la négociation à l’escalade et la reconstruction aux représailles. Cette attitude n’est pas le fruit du hasard. Elle reflète un profond sens des responsabilités envers le peuple éthiopien, la prise de conscience du coût terrible de la guerre et la conviction inébranlable que les divergences politiques doivent être réglées par le dialogue plutôt que par la destruction. Pourtant, malgré cet effort soutenu, le TPLF s’est montré à maintes reprises peu disposé à renoncer à l’antagonisme, à la méfiance et à la confrontation. À maintes reprises, il a agi d’une manière qui a aggravé les divisions politiques, menacé la paix régionale et mis en danger la population même qu’il prétend représenter. Les racines de la crise actuelle ne sont pas apparues du jour au lendemain. Elles ont été alimentées pendant des décennies par une culture politique qui a banalisé la méfiance envers le gouvernement central et fait passer la confrontation pour une stratégie plutôt que pour un échec. Même après l’entrée de l’Éthiopie dans une nouvelle phase politique, le TPLF n’a pas réagi par une réflexion lucide, mais par la résistance et le ressentiment. Le changement à la tête du pays et l’accueil chaleureux réservé au Premier ministre Abiy Ahmed au Tigray ont semblé déstabiliser un groupe qui avait depuis longtemps l’habitude de dominer la vie politique. Plutôt que de s’adapter à la réalité politique en mutation du pays, il aurait œuvré pour faire obstacle aux réformes, s’opposer à la mise en place d’un ordre politique plus large et saper le processus même destiné à unifier les institutions dirigeantes du pays. S’imposant comme un leader national rassembleur, le Premier ministre Abiy s’est d’abord rendu dans la région du Tigray, où il a reçu un accueil enthousiaste de la part de la population. L’enthousiasme et l’accueil réservé par la population étaient sans précédent, reflétant un fort sentiment d’espoir et d’acceptation dans cette partie du pays. Malheureusement, le TPLF a réagi avec malaise et s’est rapidement tourné vers une rhétorique hostile, cherchant à éloigner la population du Tigray du discours de réconciliation nationale en attisant le ressentiment. Ce groupe belliqueux est désormais à la dernière minute d’une nouvelle vague de destruction. Le TPLF, désormais interdit, a une fois de plus été présenté comme un cheval de Troie au service des forces anti-éthiopiennes. Passons en revue le bilan de ce groupe depuis son entrée sur la scène politique éthiopienne. Lorsque des efforts ont été déployés pour fusionner le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF) et ses partis alliés au sein d’un cadre politique plus large, le TPLF se serait opposé à cette initiative à chaque étape. Même après qu’il fut devenu évident que le pays s’engageait dans une nouvelle direction, il a refusé de participer de manière constructive au projet du Parti de la prospérité et s’est au contraire positionné en dehors du consensus national. Il n’en a pas résulté un désaccord de principe, mais un élargissement délibéré de la distance politique. Ce faisant, il s’est aliéné des institutions nationales et a mis fin à son rôle actif dans la vie politique fédérale, laissant le Tigray politiquement isolé à un moment où l’unité était plus que jamais nécessaire. Pire encore, tout en prônant publiquement les droits et la légitimité, le groupe se serait préparé à l’affrontement. Les informations faisant état d’une militarisation, d’un entraînement de commandos et d’un renforcement des capacités armées régionales laissaient présager une évolution dangereuse. Plutôt que de soutenir la paix, il semble avoir choisi une voie qui faisait passer les calculs militaires avant la responsabilité politique. La tragédie qui s’ensuivit ne fut pas simplement le résultat de l’évolution de la situation sur le champ de bataille ; elle fut l’aboutissement d’une longue série de décisions mûrement réfléchies qui ont poussé le pays vers le conflit. L'attaque contre le Commandement du Nord reste l'un des chapitres les plus sombres et les plus douloureux de cette période. Selon la position du gouvernement fédéral, le TPLF a exploité la confiance et l’affection que la population éprouvait envers l’armée nationale, s’est servi de cette confiance pour maintenir le Commandement du Nord en place, puis s’est retourné contre lui dans un acte de trahison choquant. Cela a été suivi d’une campagne de désinformation visant à inverser la vérité et à présenter l’agresseur comme la victime. Un tel comportement n’a pas seulement attisé la guerre ; il a ébranlé la confiance nationale et infligé un préjudice profond au tissu social et politique de l’Éthiopie. Même après le déclenchement de la guerre, le gouvernement fédéral a continué à œuvrer en faveur de la paix. Il a appelé les anciens, les chefs religieux et toutes les voix responsables à intervenir. Il a offert des occasions de dialogue, de retenue et d’apaisement. Pourtant, selon la version officielle du gouvernement fédéral, le TPLF a bafoué ces appels et a poursuivi sa rhétorique belliqueuse, traitant le conflit comme un instrument de pouvoir. Il a entraîné les jeunes dans la violence, les plaçant en première ligne d’un conflit qui aurait pu être évité. Il a également élargi le champ de la guerre en menant des attaques transfrontalières, aggravant ainsi les souffrances de la région et entraînant les forces voisines dans un conflit déjà dévastateur. Malgré tout cela, le gouvernement fédéral n’a toujours pas renoncé à sa responsabilité de rechercher la paix. L’accord de paix de Pretoria a marqué un tournant qui a mis fin à la guerre dans le nord de l’Éthiopie et offert une chance de relance. Même alors, le gouvernement fédéral a fait preuve de magnanimité. Il a soutenu le rétablissement des services, alloué des ressources substantielles à la reconstruction et œuvré à la stabilisation du Tigré. Il a apporté son aide par l’intermédiaire des institutions fédérales, des administrations régionales et des partenaires de développement, démontrant une fois de plus que sa priorité n’était pas la punition, mais la réconciliation nationale. Si l’objectif avait été la vengeance, l’issue aurait pu être très différente. Au lieu de cela, le gouvernement a fait preuve de retenue, laissant à la population du Tigré l’espace nécessaire pour se remettre et réfléchir. Pourtant, la promesse de paix a été maintes fois compromise par des agissements attribués au TPLF lui-même. Au lieu de s'engager pleinement dans le désarmement et la normalisation politique, il se serait livré à des manœuvres de dissimulation, d'obstruction et de diversion. La mise en œuvre de l’accord a été compliquée par des ingérences persistantes, notamment la manipulation de l’aide humanitaire, l’entrave à la libre circulation et la persistance de pratiques illicites portant préjudice aux civils ordinaires. Plutôt que d’utiliser le processus de paix pour rétablir la confiance, il semble l’avoir considéré comme une pause, une opportunité tactique de se regrouper plutôt que comme une véritable voie vers la réconciliation. Le gouvernement fédéral, quant à lui, a continué à faire preuve d’une patience inhabituelle. Il s’est abstenu de déployer des forces dans les principaux sites du Tigré, même lorsqu’il disposait de motifs juridiques et pratiques pour le faire. Il a respecté les sensibilités du moment, accepté les critiques politiques et choisi de préserver la paix même lorsque celle-ci n’était pas pleinement réciproque. Ce n’était pas de la faiblesse ; c’était de l’art de gouverner. Cela reflétait un effort délibéré pour empêcher de nouvelles souffrances civiles et empêcher le pays de retomber dans une guerre à grande échelle. Aujourd’hui, le fardeau le plus lourd pèse non seulement sur l’État fédéral, mais aussi sur la population du Tigray elle-même. Les parents, les jeunes, les aînés et les intellectuels ne peuvent rester silencieux alors que l’histoire menace de se répéter. Aucune force politique ne devrait être autorisée à sacrifier une nouvelle génération au nom du pouvoir, du ressentiment ou de la vengeance. Les jeunes du Tigré méritent l’éducation, le travail, la dignité et l’espoir ; ils ne doivent pas être utilisés comme des instruments dans un nouveau cycle de destruction. Les parents doivent faire entendre leur voix contre ceux qui transforment la vie de leurs enfants en combustible pour la guerre. Les dirigeants communautaires et les élites doivent privilégier la responsabilité plutôt que le silence, la vérité plutôt que la peur, et la paix plutôt que la loyauté envers une faction. L’Éthiopie a payé un prix trop élevé pour la guerre. Ce dont le pays a besoin aujourd’hui, ce n’est pas d’une nouvelle vague de sang versé, mais d’un engagement commun en faveur de la stabilité, de la responsabilité et de la reconstruction. Le gouvernement fédéral a fait preuve de patience, a accordé des concessions et a ouvert la voie à la paix à plusieurs reprises. Pour que la paix tienne, chaque acteur doit désormais la choisir en toute sincérité. La population du Tigray, comme tous les Éthiopiens, mérite un avenir fondé sur le développement et la dignité. Il faut dire clairement à ceux qui continuent de jouer avec cet avenir : ça suffit.
Le rôle de l’Éthiopie en mer Rouge : le maillon manquant de la stabilité régionale
Sep 23, 2026 137
Pourquoi il ne peut y avoir de stabilité durable en mer Rouge sans l’Éthiopie Par Yordanos D. Le 22 septembre, 2026 (ENA) La mer Rouge n’est plus simplement un corridor maritime. Elle est devenue l’un des principaux foyers de tensions géopolitiques au monde — et la dernière crise autour du détroit de Bab el-Mandeb rend une réalité de plus en plus difficile à ignorer : la sécurité de la mer Rouge ne peut être dissociée de celle de la Corne de l’Afrique, et la sécurité de la Corne ne peut être véritablement prise en compte alors que l’Éthiopie reste en marge des décisions maritimes. Le 15 septembre 2026, le Secrétaire général adjoint de l’ONU, Khaled Khiari, a déclaré devant le Conseil de sécurité que la situation autour du détroit de Bab el-Mandeb était devenue de plus en plus volatile, alors que les combats s’intensifiaient le long de la côte occidentale du Yémen et que les forces houthies avançaient vers cette voie maritime stratégique. Il a appelé à la retenue, au dialogue ainsi qu’au rétablissement et au respect des droits et libertés de navigation conformément au droit international. Cet avertissement ne concernait pas uniquement le Yémen. Bab el-Mandeb est l’étroite porte maritime qui relie la mer Rouge au golfe d’Aden et, au-delà, à l’océan Indien. Toute perturbation prolongée dans cette zone peut se répercuter sur le transport maritime, les assurances, les marchés de l’énergie, l’approvisionnement alimentaire et les chaînes logistiques mondiales. Les conséquences ne s’arrêtent pas aux côtes du Yémen ou aux pays riverains de la mer Rouge. Elles peuvent atteindre des usines en Asie, des marchés en Europe et des consommateurs situés à des milliers de kilomètres. Et, directement de l’autre côté de cet espace stratégique, sur la façade africaine, se trouve l’Éthiopie. Depuis plus de trois décennies, l’Éthiopie est enclavée à la suite de l’indépendance de l’Érythrée en 1993. Pourtant, la géographie n’a jamais réellement séparé l’Éthiopie de la mer Rouge. Au contraire : son histoire, son économie, sa sécurité et sa diplomatie sont restées profondément liées à ce corridor maritime. Aujourd’hui, cette dépendance est très concrète. Le commerce international de l’Éthiopie repose largement sur le corridor de Djibouti, ce qui signifie que toute instabilité affectant le transport maritime en mer Rouge, les ports, les assurances ou les routes maritimes peut rapidement devenir une préoccupation économique pour l’Éthiopie. L’Institute of Foreign Affairs éthiopien a décrit cette exposition comme une vulnérabilité stratégique découlant de la dépendance du pays à l’égard d’un corridor maritime dont la sécurité est largement façonnée en dehors de son contrôle institutionnel direct. Cette réalité devrait modifier la manière dont le monde comprend les aspirations maritimes de l’Éthiopie. La volonté de l’Éthiopie d’obtenir un accès fiable à la mer est trop souvent réduite à un différend territorial ou politique. Cette lecture est incomplète. Au fond, l’Éthiopie est confrontée à un problème structurel : une grande économie africaine et l’un des États les plus peuplés du continent dépendent fortement d’un système maritime dans lequel elle dispose d’un accès direct limité et d’une influence limitée sur l’architecture de sécurité. Ce n’est pas seulement un problème éthiopien. C’est un problème régional. Et il devient également un problème mondial. La mer Rouge ne peut pas être sécurisée depuis le large La dernière crise autour de Bab el-Mandeb révèle les limites d’une approche qui considère la sécurité de la mer Rouge principalement comme une question relevant des puissances navales extérieures à la région. Les navires de guerre peuvent protéger les bâtiments commerciaux. Les déploiements militaires peuvent dissuader les attaques. Les missions internationales peuvent escorter les navires marchands. Mais aucune flotte, aussi puissante soit-elle, ne peut à elle seule résoudre les vulnérabilités politiques, économiques et institutionnelles qui rendent la mer Rouge susceptible de connaître des épisodes récurrents d’instabilité. L’ONU elle-même a souligné que la protection de la liberté de navigation devait aller de pair avec la prévention d’une nouvelle escalade au Yémen et la recherche d’une solution politique. Cela signifie que la sécurité maritime ne peut être dissociée de la diplomatie régionale. Et la diplomatie régionale ne peut être dissociée des pays dont les économies et la sécurité sont directement exposées à la mer Rouge. L’Éthiopie est l’un de ces pays. En effet, les enjeux régionaux sont désormais reconnus sur le plan institutionnel. Le 15 septembre, le Conseil des ministres de l’IGAD a identifié la sécurité et la liberté de navigation en mer Rouge et dans le golfe d’Aden comme des priorités essentielles en matière de paix, de sécurité et de développement régional. Il a chargé le Secrétariat de l’IGAD de renforcer la gouvernance maritime régionale, ainsi que la coopération et la coordination face à l’évolution des dynamiques géopolitiques et sécuritaires. Cette décision transmet un message important : la sécurité de la mer Rouge n’est plus une question maritime lointaine. C’est une question de sécurité pour la Corne de l’Afrique. Et si c’est une question concernant la Corne de l’Afrique, l’Éthiopie ne peut pas être considérée comme un acteur secondaire. L’Éthiopie ne demande pas à être spectatrice La revendication éthiopienne en faveur d’un accès maritime doit donc être comprise dans ce contexte stratégique plus large. Un pays du poids économique et démographique de l’Éthiopie ne peut pas rester indéfiniment presque entièrement dépendant d’un seul corridor maritime extérieur alors que la sécurité de celui-ci est vulnérable aux conflits, aux rivalités géopolitiques et aux perturbations échappant à son contrôle. Cela ne signifie pas que l’Éthiopie puisse ignorer la souveraineté des États côtiers. Bien au contraire. Le meilleur fondement pour l’avenir maritime de l’Éthiopie repose sur la négociation, les bénéfices mutuels, le droit international et le respect de la souveraineté des pays voisins. L’Éthiopie a régulièrement présenté son accès à la mer dans ces termes. Les discussions récentes ont établi un lien entre l’accès maritime, le développement économique, la sécurité nationale, l’intégration régionale et la coopération diplomatique, tout en mettant l’accent sur le dialogue pacifique et les arrangements mutuellement bénéfiques. Cette distinction est importante. L’Éthiopie n’a pas besoin de confrontation pour établir un rôle maritime. Elle a besoin d’un arrangement durable qui permette d’aligner ses intérêts économiques sur ceux des États côtiers. Un tel arrangement pourrait transformer l’accès maritime, d’une source d’inquiétude régionale, en un moteur d’interdépendance régionale. D’une vulnérabilité liée à l’enclavement à un acteur régional Une autre dimension mérite beaucoup plus d’attention internationale. Si l’Éthiopie obtient un accès fiable à la mer dans le cadre d’un accord négocié, elle n’obtiendrait pas seulement une nouvelle voie pour ses importations et ses exportations. Elle acquérirait également un intérêt économique et institutionnel plus important dans la sécurité même du corridor maritime. Cela pourrait modifier l’équation stratégique. Un pays dont le commerce, les infrastructures et l’avenir économique sont directement liés à un corridor maritime a de fortes raisons de contribuer à la protection de ce corridor. L’Éthiopie pourrait contribuer au partage d’informations maritimes, à la sécurité portuaire, aux opérations de recherche et de sauvetage, à la préparation aux situations d’urgence, à la lutte contre la traite, à la coopération douanière et à la prévention de la criminalité maritime organisée. Les bases d’une telle participation sont déjà en train d’émerger. En août 2026, l’Organisation maritime internationale a soutenu à Addis-Abeba un atelier destiné à élaborer une feuille de route pour la création d’un Centre national de partage d’informations maritimes, afin de renforcer la coordination entre les institutions maritimes éthiopiennes et de contribuer à la sécurité maritime régionale dans le cadre du Code de conduite de Djibouti et de son amendement de Djeddah. C’est important, car la sécurité maritime ne se résume pas à la puissance militaire. Elle concerne également l’information. Elle concerne les institutions. Elle concerne les ports, les douanes, les garde-côtes, les autorités maritimes, les services de renseignement, les mécanismes d’intervention d’urgence et la gouvernance maritime civile. En d’autres termes, l’Éthiopie peut devenir partie prenante de la solution sans transformer la mer Rouge en un nouveau théâtre de compétition militaire. Addis-Abeba possède un atout que d’autres peuvent difficilement reproduire L’Éthiopie possède également un atout diplomatique qui mérite d’être davantage pris en considération : Addis-Abeba. La capitale éthiopienne accueille l’Union africaine et demeure l’un des principaux centres diplomatiques du continent. L’Éthiopie est membre de l’IGAD et possède plusieurs décennies d’expérience dans les initiatives africaines de paix et de sécurité. Cela donne à l’Éthiopie des canaux diplomatiques potentiels qui dépassent le cadre immédiat des États riverains de la mer Rouge. Le pays entretient des relations à travers l’Afrique, le Golfe et le Moyen-Orient au sens large. Sa position diplomatique peut donc offrir des possibilités de dialogue entre des acteurs dont les intérêts entrent fréquemment en collision. Cela ne signifie pas que l’Éthiopie doive devenir partie à chaque conflit entourant la mer Rouge. Cela signifie que l’Éthiopie a intérêt et potentiellement un rôle à défendre des principes qui devraient concerner tous les États maritimes : la liberté de navigation, la protection de la navigation civile, le respect de la souveraineté, l’adhésion au droit international et le règlement pacifique des différends. L’illusion dangereuse d’une mer Rouge sans l’Éthiopie Il existe une contradiction stratégique persistante dans la manière dont la région est parfois abordée. Les puissances extérieures reconnaissent l’importance considérable de la mer Rouge. Des forces navales sont déployées. Les bases militaires se développent. Des missions internationales patrouillent dans les eaux. Les gouvernements mettent en garde contre les menaces pesant sur le transport maritime. Pourtant, les pays dont les économies et la sécurité sont les plus directement liées à la Corne de l’Afrique ne sont pas toujours placés au centre du débat sur la sécurité. Cette approche n’est pas durable. La mer Rouge ne peut pas être stabilisée durablement en regardant uniquement vers le nord, en direction du Moyen-Orient, ou vers l’extérieur, en direction des puissances mondiales. Sa dimension africaine est tout aussi fondamentale. Les problèmes de sécurité d’un côté de Bab el-Mandeb interagissent inévitablement avec ceux de l’autre côté. Le conflit au Yémen, l’instabilité au Soudan, le terrorisme, la traite, la piraterie, le trafic d’armes et la criminalité organisée peuvent se renforcer mutuellement à travers les frontières maritimes et terrestres. Les récentes discussions de l’ONU ont explicitement établi un lien entre l’instabilité autour de Bab el-Mandeb et les menaces plus larges qui affectent le transport maritime international et la Corne de l’Afrique. La leçon est simple : la mer Rouge constitue un espace de sécurité unique, même lorsque les frontières politiques le divisent. La connectivité peut devenir une stratégie de paix Les ambitions maritimes de l’Éthiopie devraient donc être intégrées à une vision économique régionale plus large. Les ports ne devraient pas seulement être des lieux où les navires chargent et déchargent leurs marchandises. Ils peuvent devenir des portes d’entrée reliant les économies enclavées aux marchés côtiers. Les routes, les chemins de fer, les centres logistiques, les systèmes douaniers numériques et les corridors commerciaux peuvent transformer l’accès maritime en un instrument d’intégration économique régionale. Pour l’Éthiopie, la diversification des routes maritimes ne signifierait pas nécessairement l’abandon de sa relation économique actuelle avec Djibouti. Elle pourrait la compléter. Davantage de routes peut signifier davantage de résilience. Davantage de partenariats peut signifier davantage d’interdépendance économique. Et une plus grande interdépendance peut créer des incitations supplémentaires pour que les gouvernements protègent les infrastructures, les corridors commerciaux et la stabilité régionale. La connectivité ne peut pas garantir la paix. Mais l’isolement économique crée rarement une interdépendance régionale durable. Une Corne de l’Afrique davantage interconnectée aurait davantage à perdre dans un conflit — et davantage à gagner dans la coopération. La mer Rouge a besoin d’une appropriation africaine La question fondamentale n’est donc pas de savoir si l’Éthiopie devrait être autorisée à jouer un rôle en mer Rouge. La question la plus importante est de savoir si la région peut réellement construire une stabilité maritime durable tout en excluant de l’architecture stratégique entourant cette mer l’une des plus grandes économies d’Afrique et l’un de ses principaux centres diplomatiques. Cette approche est de plus en plus difficile à justifier. Les ambitions maritimes de l’Éthiopie ne devraient pas être présentées comme une demande de confrontation avec les États côtiers. Elles devraient être considérées comme faisant partie d’un programme africain plus large en faveur de la connectivité, de la résilience économique et de la sécurité collective. Cela nécessite de la diplomatie, et non de la confrontation. Cela nécessite des arrangements négociés, et non des actions unilatérales. Cela nécessite des institutions régionales, et non une nouvelle compétition entre puissances extérieures. Et surtout, cela nécessite de reconnaître que la sécurité de la mer Rouge est une responsabilité partagée. Une opportunité stratégique cachée derrière la crise La crise actuelle autour de Bab el-Mandeb constitue un avertissement — mais également une opportunité. Elle montre à quelle vitesse l’instabilité dans une voie maritime étroite peut devenir un problème économique mondial. Elle montre également les limites des dispositifs de sécurité qui reposent excessivement sur les réponses militaires tout en négligeant les institutions régionales et les solutions politiques. Pour l’Éthiopie, la crise souligne le coût de rester économiquement exposée à un système maritime sur lequel elle exerce une influence directe limitée. Mais elle offre également l’occasion de présenter une vision plus ambitieuse. L’Éthiopie peut rechercher un accès maritime tout en renforçant simultanément la gouvernance maritime régionale. Elle peut approfondir sa coopération avec les États côtiers tout en continuant à respecter leur souveraineté. Elle peut travailler à travers l’IGAD, l’Union africaine et les Nations unies. Elle peut investir dans les systèmes d’information maritime, la logistique, les capacités d’intervention d’urgence et les institutions de sécurité. Et elle peut utiliser sa position diplomatique à Addis-Abeba pour promouvoir le dialogue plutôt que d’accentuer la confrontation. L’objectif devrait être d’institutionnaliser l’intérêt économique et sécuritaire légitime de l’Éthiopie en mer Rouge à travers des arrangements pacifiques, conformes au droit international et mutuellement bénéfiques. Pas de sécurité durable en mer Rouge sans l’Éthiopie L’avenir de la mer Rouge sera finalement déterminé non seulement par la géographie, mais aussi par la capacité des États qui l’entourent et qui en dépendent à construire un système capable de gérer leurs vulnérabilités communes. L’Éthiopie est trop importante pour être économiquement détachée de ce système. Trop directement liée à la région par sa géographie pour être stratégiquement ignorée. Trop importante sur le plan diplomatique pour être traitée comme un simple observateur continental. Et trop exposée aux perturbations de la mer Rouge pour rester durablement en dehors des dispositifs significatifs de sécurité maritime. La crise actuelle a rendu un fait incontestable : ce qui se passe autour de Bab el-Mandeb ne reste pas autour de Bab el-Mandeb. Cela atteint la Corne de l’Afrique. Cela atteint l’Éthiopie. Cela atteint le commerce mondial. Et si la région souhaite réellement construire une architecture durable de sécurité en mer Rouge, l’Éthiopie ne peut pas simplement être un pays affecté par les décisions prises concernant cette mer. Elle doit avoir une place à la table où ces décisions sont élaborées. Car la stabilité durable ne viendra ni de la sécurisation des eaux en ignorant les terres, ni de la protection du transport maritime en négligeant les économies et les sociétés qui en dépendent. Ainsi, l’avenir de la mer Rouge est indissociable de celui de la Corne de l’Afrique — et l’avenir de la Corne ne peut être conçu sans l’Éthiopie.
Les problèmes hydriques de l’Égypte : une histoire de mauvaise gestion et d’hypocrisie
Sep 22, 2026 331
Par la rédaction Le 22 septembre, 2026 (ENA) Alors que le monde est confronté aux défis de la pénurie d’eau et du développement durable, la position de l’Égypte sur ces questions suscite des interrogations. Bien qu’elle dispose de vastes réserves d’eau souterraines qui pourraient durer des siècles, même si les précipitations en Éthiopie venaient à cesser, l’Égypte continue de crier au scandale concernant l’utilisation des eaux de l’Abay (le Nil). Mais cette préoccupation porte-t-elle véritablement sur la pénurie d’eau, ou s’agit-il d’une tentative à peine voilée d’étouffer le développement de ses pays voisins ? Une histoire de mauvaise gestion de l’eau Les pratiques de gestion de l’eau en Égypte comptent en effet parmi les pires au monde. Le secteur agricole du pays, qui consomme la part du lion de ses ressources en eau, est dominé par des cultures très gourmandes en eau comme la canne à sucre et le riz. Ces cultures sont non seulement non durables, mais elles contribuent également aux problèmes hydriques du pays. Il est ironique que, alors que l’Égypte est prête à gaspiller ses ressources en eau pour ces cultures, elle attende d’autres pays, comme l’Éthiopie, qu’ils renoncent à leur propre développement et limitent leur consommation d’eau à un simple filet.   Un deux poids, deux mesures L’approche de l’Égypte en matière de gestion de l’eau est un exemple classique du « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». D’un côté, le pays est prêt à gaspiller ses ressources en eau dans des projets somptueux, tels que des villes tentaculaires construites dans le désert, tandis que de l’autre, il attend des Éthiopiens qu’ils vivent dans l’obscurité, sans même disposer des commodités de base que sont l’électricité et l’eau potable. Ce deux poids, deux mesures est non seulement hypocrite, mais rappelle aussi de manière flagrante la propension de l’Égypte à gaspiller l’eau dans le désert, tout en refusant à ses voisins le droit de développer leurs propres ressources en eau. Un manque de gratitude Malgré les efforts de l’Éthiopie pour planter plus de 56 milliards de jeunes plants, une initiative qui contribuera non seulement à réduire l’évaporation de l’eau du Nil, mais aussi à la lutte mondiale contre le changement climatique, l’Égypte a choisi de répondre par l’ingratitude. Au lieu de remercier l’Éthiopie pour sa gestion responsable de l’environnement, l’Égypte a choisi de déstabiliser le pays, en utilisant toutes les ruses possibles pour saper son développement. Cette logique tordue témoigne du manque de vision à long terme de l’Égypte et de son incapacité à avoir une vision d’ensemble. Une mentalité néocoloniale Le comportement de l’Égypte envers ses voisins, en particulier le Soudan, rappelle cruellement sa mentalité néocoloniale. En traitant le Soudan comme un appendice, l’Égypte tente de démanteler la souveraineté de ce pays et de le réduire à un simple État vassal. Cette approche est non seulement contre-productive, mais constitue également une menace pour la stabilité et la sécurité régionales. Une stratégie de la corde raide L’objectif ultime de l’Égypte est de s’assurer qu’aucun pays, d’un côté ou de l’autre de la mer Rouge, ne prospère. Cette stratégie de la corde raide est la recette du désastre, car elle ne fera qu’exacerber les tensions et créer un climat de méfiance et d’hostilité. En adoptant cette approche, l’Égypte nuit non seulement à ses voisins, mais sape également ses propres intérêts à long terme. En conclusion, les problèmes hydriques de l’Égypte sont une blessure qu’elle s’est infligée elle-même, causée par sa propre mauvaise gestion et son hypocrisie. Au lieu de rejeter la responsabilité de sa pénurie d’eau sur ses voisins, l’Égypte devrait examiner de près ses propres pratiques et politiques. En adoptant une approche plus durable et plus équitable de la gestion de l’eau, l’Égypte peut non seulement garantir sa propre sécurité hydrique, mais aussi contribuer au développement et à la prospérité de ses pays voisins. D’ici là, les lamentations de l’Égypte sur la pénurie d’eau ne resteront rien d’autre qu’une tentative à peine voilée d’étouffer le développement des autres, tandis qu’elle continue de gaspiller ses propres ressources en eau en toute impunité.
Les propos d'un ministre égyptien témoignent d'une mentalité coloniale grossière : ministère de l'Eau et de l'Énergie
Sep 22, 2026 203
Addis Ababa le 22 septembre, 2206 (ENA) La récente déclaration du ministre égyptien des Ressources en eau et de l'Irrigation suggérant que les Éthiopiens manquent d'éducation est une manifestation d'une mentalité coloniale grossière qui définit la politique du Caire dans ses relations avec les États africains, a souligné le ministère éthiopien de l'Eau et de l'Énergie. Les propos tenus récemment par le ministre égyptien des Ressources en eau et de l'Irrigation, Hani Sewilam, sont profondément regrettables, a déclaré aujourd'hui le ministère dans un communiqué publié en réponse aux déclarations de M. Sewilam. « Cette déclaration est la manifestation d'une mentalité coloniale grossière qui caractérise la politique du Caire dans ses relations avec les États africains », a-t-on déclaré dans un communiqué. Pour Le Caire, son approbation est une condition préalable à l'exploitation des ressources en eau par les pays riverains du Nil et de l'Abbaye. Et ce, malgré le fait que l'Égypte ait entrepris la construction du haut barrage d'Assouan sans consulter aucun État riverain situé en amont. Le communiqué publié par le ministère éthiopien de l'Eau et de l'Énergie souligne que les propos incendiaires des responsables égyptiens et le double discours qu'ils affichent n'ont pas leur place dans le cadre d'une coopération à l'échelle du bassin. L’Éthiopie réaffirme son droit souverain d’utiliser ses ressources naturelles, notamment le fleuve Abbay, pour répondre aux besoins de ses générations présentes et futures, a-t-elle ajouté. Elle a souligné que l'Éthiopie a toujours soutenu que les fleuves transfrontaliers devraient favoriser la coopération, la prospérité partagée et l'intégration régionale plutôt que la rivalité monopolistique et l'exclusion, rejetant toute notion d'hydro-impérialisme qui cherche à nier aux pays sources leurs droits inhérents en tant que nations souveraines. Alors que certains continuent de percevoir le fleuve Abay principalement sous l'angle de la sécurité et de la concurrence à somme nulle, l'Éthiopie a investi massivement dans la réhabilitation du bassin versant, le reboisement et la conservation de l'environnement afin de renforcer la durabilité à long terme du bassin. L’approche de l’Éthiopie contraste fortement avec le discours hostile qui a trop souvent dominé le discours officiel au Caire. Il est temps pour Le Caire de se détacher de sa politique obsolète et d'aborder la question avec une perspective du XXIe siècle, fondée sur le respect mutuel et les intérêts éclairés à long terme de tous, a souligné le ministère, insistant sur la nécessité de renoncer aux rêves hégémoniques dépassés et d'embrasser l'aube d'une nouvelle réalité.
L’Égypte gaspille l’eau et adopte certaines des pires pratiques en la matière.
Sep 22, 2026 201
Le 22 septembre, 2026 (ENA) L’Égypte se distingue par sa mauvaise gestion chronique des ressources en eau, alors qu’elle ne contribue pratiquement pas au débit de l’Abay (Nil Bleu) — un paradoxe frappant au cœur du débat sur le Nil. Pour de nombreux analystes du secteur hydroélectrique et experts en eaux transfrontalières, l’eau stockée dans les réservoirs égyptiens situés en aval subit des taux d’évaporation élevés en raison du climat désertique et chaud du pays. Pour Fekahmed Negash, président de l’équipe consultative sur les eaux transfrontalières et le GERD au sein du ministère éthiopien de l’Eau et de l’Énergie, le vaste réservoir de ce pays en aval se trouve dans l’environnement désertique et chaud de l’Égypte et est exposé à d’importantes pertes par évaporation. Il a estimé que le haut barrage d’Assouan perdait environ 15 à 16 milliards de mètres cubes d’eau par an par évaporation. Contrairement à une idée reçue, malgré cette réalité et le fait que l’ONU classe l’Égypte parmi les pays souffrant de pénurie d’eau, la nation possède un immense potentiel hydrique qui reste largement méconnu. L’Égypte dispose de suffisamment d’eau souterraine pour des centaines d’années, même si les pluies venaient à cesser en Éthiopie pendant des années. L’Égypte gaspille l’eau et adopte certaines des pires pratiques en la matière. L’Égypte se distingue par sa mauvaise gestion chronique des ressources en eau, alors qu’elle ne contribue pratiquement pas au débit de l’Abay (Nil Bleu) — un paradoxe frappant au cœur du débat sur le Nil. L’Égypte se comporte comme si elle disposait d’une vaste étendue de marais où elle cultivait de la canne à sucre et du riz. Ce qui est frappant, c’est qu’elle souhaite que les autres ne boivent même pas d’eau douce et ne cultivent pas de choux, afin qu’elle puisse continuer à gaspiller l’eau. L’Égypte veut que l’Éthiopie renonce à son développement et s’enlise dans la pauvreté pour que les Égyptiens puissent jouir de la prospérité. L’Égypte a tendance à déverser de l’eau dans le désert et à créer des villes tentaculaires, alors qu’elle ne souhaite même pas que les Éthiopiens aient de la lumière et des cuisinières chez eux. L’Égypte ne sait pas ce qu’est la gratitude. Elle prétend craindre la pénurie d’eau, mais ne tient pas à remercier l’Éthiopie d’avoir prévu la plantation de plus de 50 milliards de jeunes plants. Au contraire, elle met tout en œuvre pour déstabiliser l’Éthiopie — quelle ironie. L’Égypte se considère comme un voisin de l’Éthiopie parce qu’elle ne voit le Soudan que comme un simple appendice. C’est pourquoi elle s’acharne à démanteler le Soudan en recourant à des traîtres. L’Égypte ne souhaite la prospérité d’aucun pays des deux côtés de la mer Rouge — quelle politique de la corde raide !
Pourquoi la Communauté Internationale Doit Confronter les Factions Radicales du TPLF & les Saboteurs Étrangers
Sep 22, 2026 147
Addis Ababa le 22 septembre, 2026 (ENA) La signature de l’Accord de Pretoria sur la cessation permanente des hostilités (CoHA) en novembre 2022 a été largement saluée comme un tournant décisif pour l’Éthiopie. Après deux ans de conflit dévastateur dans le nord du pays, cet accord a établi un cadre clair et légal pour rétablir l’ordre constitutionnel, démobiliser les combattants, acheminer l’aide humanitaire et reconstruire les communautés dévastées. Depuis la signature du CoHA, le gouvernement fédéral éthiopien n’a cessé de démontrer son attachement à l’esprit et à la lettre de l’accord de Pretoria. Les institutions fédérales ont agi rapidement pour reconnecter le Tigré au réseau électrique national, rétablir les services bancaires et de télécommunications, et rouvrir les liaisons aériennes commerciales vers Mekelle. Le gouvernement a également facilité l’accès sans entrave de l’aide humanitaire dans toute la région, tout en allouant d’importantes ressources publiques à la reconstruction des infrastructures, des écoles et des établissements de santé endommagés. Conformément à une exigence diplomatique fondamentale, le Parlement fédéral a officiellement retiré le TPLF de la liste nationale des organisations terroristes afin de permettre un engagement politique inclusif. En outre, dans le strict respect de l’article 10 de l’accord, le gouvernement fédéral a facilité la mise en place de l’Administration régionale provisoire du Tigré (IRA) afin d’assurer la gouvernance locale, la prestation de services et la stabilité pendant la transition. Au-delà des concessions diplomatiques initiales, le gouvernement fédéral éthiopien a soutenu son engagement envers l’Accord de Pretoria par un apport financier massif, allouant des milliards de birrs provenant du Trésor public pour financer la reconstruction immédiate et le redressement socio-économique de la région du Tigré. Consciente que la paix ne peut s’enraciner dans un contexte de ruine économique, Addis-Abeba a donné la priorité au financement de la remise en état des systèmes de santé dévastés, à la reconstruction des écoles endommagées et à la réparation des infrastructures essentielles de transport, d’électricité et de télécommunications, considérant la revitalisation du Tigré comme une priorité nationale absolue. Ces transferts budgétaires fédéraux, versés directement pour financer les services publics, rémunérer les fonctionnaires et subventionner les produits de première nécessité, ont constitué une preuve tangible de la détermination de l’État à réintégrer le Tigré dans le tissu national. Pourtant, cette bonne volonté financière massive et ces investissements en capital se sont heurtés à une profonde mauvaise foi de la part des partisans de la ligne dure du TPLF, qui ont détourné les ressources locales, entravé les projets de développement fédéraux et canalisé les fonds administratifs régionaux vers une remilitarisation clandestine plutôt que vers le bien-être civil que cet argent était censé garantir. Au lieu de canaliser ses efforts vers une concurrence politique pacifique et la relance régionale, la direction du TPLF a activement sapé le cadre de gouvernance envisagé à Pretoria. Derrière cette résistance se cache un objectif mûrement réfléchi : la faction intransigeante dirigée par Debretsion Gebremichael cherche à retrouver l’hégémonie sans partage d’un parti unique qu’elle exerçait autrefois sur l’Éthiopie. Ébranlée par la perte de sa domination fédérale et s'opposant à l'ordre constitutionnel, la TPLF a pour ambition principale de créer une instabilité régionale, de paralyser les institutions de l'État et d'imposer une renégociation totale de l'accord de Pretoria selon des conditions qui soustraient ses dirigeants d'élite à toute obligation de rendre des comptes. L'un des piliers centraux de l'accord de paix était la mise en place d'une administration régionale provisoire inclusive, mais les dirigeants de la faction intransigeante au sein de la TPLF ont systématiquement œuvré à son démantèlement. En tentant d’évincer unilatéralement la direction de l’IRA, de s’emparer par la force des organes administratifs régionaux et de rejeter les mandats fédéraux accordés pour préserver la stabilité régionale, le groupe a fait preuve d’un mépris alarmant pour la gouvernance transitoire légale. Cette prise de contrôle systématique remplace une administration publique transitoire et inclusive par un régime à parti unique, violant directement les principes fondamentaux de l’accord de Pretoria et privant les citoyens tigréens d’une gouvernance civile et responsable. Pour concrétiser ces ambitions perturbatrices, les partisans de la ligne dure du TPLF ont conclu des alliances contre nature et opportunistes avec des acteurs extérieurs perturbateurs et des adversaires régionaux. Tirant parti des tensions géopolitiques plus larges qui règnent dans la Corne de l’Afrique, cette faction s’est assurée le soutien tacite d’acteurs étrangers cherchant à exploiter les vulnérabilités internes de l’Éthiopie. Parmi ces acteurs figurent en premier lieu les régimes du Caire et d’Asmara, dont les intérêts historiques et stratégiques convergent vers le maintien d’un État éthiopien fracturé et vulnérable. Pour le régime égyptien, la motivation trouve son origine dans une paranoïa existentielle concernant les eaux du Nil et la réalité opérationnelle du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD). Le Caire considère depuis longtemps toute Éthiopie forte, unifiée et économiquement souveraine comme une menace directe pour son hégémonie hydroélectrique séculaire sur le fleuve Abay. Incapable d’empêcher l’achèvement du GERD par la diplomatie internationale ou la coercition juridique, l’appareil diplomatique et de renseignement égyptien s’est orienté vers une stratégie d’encerclement à somme nulle. En apportant un soutien indirect, une couverture diplomatique et des canaux logistiques opérationnels aux factions dissidentes éthiopiennes, Le Caire cherche à maintenir Addis-Abeba en proie à des conflits internes. Pour l’Égypte, une Éthiopie en proie à la guerre civile est une Éthiopie incapable de projeter sa puissance, de faire progresser le développement en aval du fleuve ou de faire valoir ses droits souverains sur le commerce régional et les infrastructures maritimes. Le régime totalitaire de l’Érythrée, dirigé par Isaias Afwerki, mène une stratégie parallèle motivée par une hostilité profondément enracinée envers la domination régionale de l’Éthiopie et par une histoire politique toxique avec les élites du TPLF. Bien qu’Asmara et le TPLF se soient livrés une guerre brutale de 1998 à 2000, leurs intérêts tactiques actuels les ont contraints à un rapprochement opportuniste. Alors que l’Éthiopie affirme son ambition souveraine de s’assurer un accès fiable à la mer Rouge, le président Isaias considère une Éthiopie consolidée et économiquement dynamique comme une menace pour l’influence régionale et le monopole maritime de son régime. Tirant parti des frictions politiques internes entre l’Éthiopie et le Tigré, Asmara a discrètement ouvert des canaux de communication avec les partisans de la ligne dure du TPLF et d’autres acteurs insurgés, attisant une militarisation localisée afin d’enfermer l’Éthiopie dans un enchevêtrement de crises perpétuelles liées à la sécurité des frontières. Ensemble, Le Caire et Asmara ont transformé la Corne de l’Afrique en un théâtre de guerre par procuration, utilisant la faction radicale du TPLF comme un levier décisif pour déstabiliser la nation de l’intérieur. Ces alliés extérieurs fournissent une couverture diplomatique, une logistique et un soutien matériel pour maintenir le nord de l’Éthiopie dans un état de crise perpétuelle. En agissant comme un mandataire des forces régionales hostiles à l’autodétermination économique et à l’intégrité territoriale de l’Éthiopie, les dirigeants du TPLF externalisent activement la déstabilisation de leur propre patrie. L’accord de Pretoria prévoyait explicitement le désarmement, la démobilisation et la réintégration (DDR) complets des forces armées tigréennes, établissant que l’Éthiopie ne dispose que d’une seule force de défense nationale unifiée. Alors que le gouvernement fédéral a mis en place le cadre national de DDR, le TPLF s’est opposé à un désarmement total. D'importants contingents de combattants restent armés, actifs et organisés selon des structures de commandement régionales. Les informations faisant état d'un réarmement, de recrutements forcés et de mouvements offensifs de troupes près des frontières régionales — coordonnés avec des éléments extérieurs — indiquent que le groupe se prépare activement à une nouvelle vague de guerre plutôt que d'opter pour la paix. Le fait de prendre en otage les populations civiles sous la menace d'une reprise des hostilités compromet gravement la sécurité régionale, freine la reprise économique et prolonge les souffrances humaines dans tout le nord de l'Éthiopie. La communauté internationale, notamment l’Union africaine, les Nations unies, les États-Unis et l’Union européenne, a joué un rôle constructif pour amener les parties à la table des négociations en 2022, et les partenaires internationaux doivent désormais renforcer la mise en œuvre des accords afin de protéger cet investissement dans la paix. Les acteurs internationaux doivent clairement dénoncer et condamner les actions qui violent l’Accord de Haïti (CoHA), en particulier le démantèlement de l’Administration provisoire et les refus de mener à bien le désarmement. Le soutien aux programmes de transition devrait être directement lié à des progrès mesurables et vérifiés dans le processus de DDR (désarmement, démobilisation et réintégration), parallèlement à un soutien sans équivoque à l’autorité fédérale légitime et à la gouvernance provisoire légalement reconnue. De plus, les agences d’aide internationales doivent veiller à ce que l’aide humanitaire parvienne directement à la population civile sans être détournée ou accaparée par des factions armées. Une prise de conscience croissante parmi les principaux acteurs internationaux révèle que le principal obstacle à une paix durable dans le nord de l’Éthiopie n’est plus un manque de bonne volonté fédérale, mais la subversion délibérée orchestrée par les factions radicales du TPLF et leurs soutiens régionaux extérieurs. Les récentes mesures diplomatiques prises par le gouvernement américain — notamment les restrictions ciblées en matière de visas imposées en vertu de la section 212(a)(3)(C) à l’encontre de figures radicales du TPLF et d’acteurs associés complices de l’érosion de l’accord de Pretoria — marquent un tournant décisif vers la responsabilisation. En sanctionnant directement les responsables du démantèlement de l’administration régionale provisoire du Tigré, du retard pris dans le désarmement et de l’orchestration d’une remilitarisation illégale, Washington a effectivement validé la position de longue date de l’État éthiopien : ce sont les élites internes récalcitrantes et les saboteurs extérieurs, en particulier ceux qui s’alignent sur les intérêts étrangers à Asmara et au Caire, qui sont les véritables auteurs de l’instabilité dans la Corne de l’Afrique. Pour protéger cet immense investissement en faveur de la paix, les partenaires internationaux doivent s’appuyer sur ces premières mesures de responsabilisation et mettre en place un dispositif systématique de mise en œuvre. Les déclarations diplomatiques doivent déboucher sur une mise en œuvre rigoureuse et conditionnelle, dans laquelle l’aide au développement, le soutien à la transition et la légitimité internationale dépendent strictement du respect vérifiable des protocoles de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR). En outre, les agences d’aide et les observateurs internationaux doivent contrôler les mécanismes de distribution de l’aide humanitaire afin d’empêcher les factions armées de détourner les fournitures de secours pour alimenter une mobilisation illicite. En soutenant sans équivoque une gouvernance intérimaire légitime et reconnue par la Constitution, et en renforçant les sanctions ciblées à l’encontre tant des partisans de la ligne dure au sein du pays que des saboteurs extérieurs, l’Union africaine, les Nations unies, les États-Unis et l’Union européenne peuvent garantir que l’accord de Pretoria reste un pont durable vers la paix plutôt qu’une simple trêve temporaire dans le conflit. Pour garantir une paix durable dans la Corne de l’Afrique, la communauté internationale ne peut plus se permettre d’adopter cette dangereuse posture de fausse équivalence. L’accord de Pretoria a tracé une voie claire et légale vers le rétablissement de l’unité nationale, mais sa mise en œuvre reste otage des ambitions révisionnistes des partisans de la ligne dure du TPLF et des jeux géopolitiques à somme nulle menés par des acteurs étrangers perturbateurs au Caire et à Asmara. Permettre à des acteurs internes de démanteler le gouvernement provisoire légitime et de se remilitariser sous le couvert d’un soutien étranger risque non seulement de réduire à néant la stabilité durement acquise par l’Éthiopie, mais aussi de déclencher un embrasement régional plus vaste. La communauté internationale — sous l’égide de l’UA, de l’ONU, des États-Unis et de l’UE — doit aller bien au-delà d’une rhétorique passive et agir avec détermination. En imposant une responsabilité stricte, en subordonnant leur soutien à un désarmement vérifié et en s’opposant à toute intervention étrangère, les acteurs internationaux peuvent neutraliser ces forces perturbatrices, protéger l’intégrité de l’accord de Pretoria et veiller à ce que la trajectoire souveraine de l’Éthiopie reste définie par la paix, l’unité et le progrès économique.
Politique
L'illusion égyptienne d'une tutelle sur le Nil est définitivement anéantie
Sep 23, 2026 82
Par un rédacteur Le 23 septembre, 2026 (ENA) Quels que soient les changements de gouvernement ou de direction en Égypte, une chose reste constante dans le discours officiel égyptien concernant le Nil : il s’agit d’aborder les ressources des pays du bassin sous l’angle de la tutelle et de considérer le développement des pays en amont comme une question nécessitant l’accord du Caire. Cependant, cette mentalité hydro-impérialiste lamentable n’est plus en mesure d’expliquer la réalité actuelle du Nil. L’Afrique a changé et le système régional du bassin du Nil a évolué, tandis que le discours égyptien continue d’utiliser un langage appartenant à une époque historique que le continent a dépassée depuis des décennies. Comme l’a si bien souligné le ministère éthiopien de l’Eau et de l’Énergie, les récentes déclarations du ministre égyptien des Ressources en eau et de l’Irrigation reflètent une « mentalité coloniale grossière » qui caractérise la politique de l’Égypte envers les pays africains. Cette caractérisation n’a pas été motivée uniquement par ces dernières déclarations, car le ministère éthiopien de l’Eau et de l’Énergie avait déjà mis en garde contre la persistance de ce qu’il décrivait comme une mentalité héritée de l’époque coloniale dans le traitement de la question du Nil, affirmant que l’Éthiopie ne renoncerait pas à son droit d’utiliser le fleuve pour répondre aux besoins de développement de sa population. Le discours officiel égyptien, maintes fois répété, et les expressions utilisées en référence au Nil sont « droits historiques », « toutes les mesures disponibles » et « sécurité hydrique » ; comme si le simple fait de répéter ces termes pouvait en soi conférer à un État des droits supplémentaires sur un fleuve transfrontalier. Mais les mots, aussi tranchants et peu diplomatiques soient-ils, ne peuvent changer le fait que l’Éthiopie est un État souverain et que ses ressources naturelles situées sur son territoire relèvent de son droit au développement. Le ministre éthiopien de l’Eau et de l’Énergie, Habtamu Itefa, avait précédemment déclaré que l’Éthiopie n’avait besoin de l’autorisation d’aucun pays pour exploiter ses ressources en eau, expliquant que le pays avait construit le Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne sans demander l’autorisation à quiconque et qu’il continuerait à construire d’autres barrages dans ses bassins fluviaux lorsque le besoin s’en ferait sentir. Il ne s’agit pas là d’une simple déclaration politique, mais du reflet d’une réalité déjà établie sur le terrain. Le barrage est achevé et produit de l’énergie ; l’Éthiopie est ainsi passée du statut de pays confronté à un déficit majeur en matière de production d’électricité à celui d’un pays qui développe ses exportations d’énergie vers ses voisins, tout en s’attachant à exploiter son énorme potentiel hydroélectrique pour assurer l’accès à l’électricité à sa population, soutenir l’industrialisation et favoriser le développement. Le double standard effréné L’un des paradoxes les plus flagrants du discours égyptien réside dans l’insistance du Caire sur la nécessité d’une consultation et d’une approbation de sa part avant que les pays en amont ne mettent en œuvre des projets, alors que l’Égypte elle-même a procédé à la construction du haut barrage d’Assouan sans que les pays en amont aient eu un rôle comparable dans la prise de décision concernant ce projet. Le ministère éthiopien de l’Eau et de l’Énergie a souligné ce deux poids deux mesures dans son communiqué, insistant sur le fait que Le Caire considère son accord comme une condition préalable à l’exploitation de leurs ressources en eau par les pays du bassin du Nil, alors même que l’Égypte a construit le grand barrage d’Assouan sans consulter les pays en amont. C’est là que se pose la question à laquelle le discours politique ne peut échapper : si l’Égypte a le droit de développer ses ressources en eau sur son territoire sans demander l’autorisation des pays en amont, pourquoi le même principe ne s’applique-t-il pas à l’Éthiopie et aux autres pays ? Un double standard effréné ne permet pas de créer un système équitable de gestion des cours d’eau transfrontaliers. Un héritage injuste ne peut régir l’avenir Une partie fondamentale de la position égyptienne repose toujours sur des arrangements et accords historiques remontant à des circonstances politiques totalement différentes de la réalité africaine d’aujourd’hui. L’Éthiopie n’était pas partie à l’accord de 1959, pas plus que les autres pays en amont n’ont participé à l’élaboration d’un système visant à déterminer l’avenir des eaux du Nil sans leur participation. Par conséquent, tenter de présenter ces arrangements comme une base définitive pour les droits de tous les pays du bassin revient à ignorer un fait fondamental : un État qui n’était pas partie à un accord ne peut, avec le temps, s’y voir lié simplement parce qu’un autre État l’exige. L’Afrique a changé sur les plans politique, démographique et économique. Les besoins en électricité, en denrées alimentaires et en eau se sont multipliés, de nouveaux projets d’intégration régionale ont vu le jour, et les pays en amont sont désormais mieux à même d’exploiter leurs ressources naturelles. Par conséquent, reproduire les accords du passé comme seule solution pour l’avenir n’est pas de la coopération. Il s’agit d’une tentative de préserver un héritage injuste malgré l’évolution des circonstances qui l’ont engendré. L'Éthiopie soutient que les fleuves transfrontaliers doivent être des vecteurs de coopération, de développement et d'intégration, et non des instruments visant à exclure les pays situés en amont ou à restreindre leur droit au développement. En janvier 2026, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Habtamu Itefa, a affirmé que les fleuves transfrontaliers éthiopiens devaient être considérés comme des ressources partagées et des opportunités de coopération et de croissance verte, soulignant que la disponibilité de l’eau en Éthiopie pouvait apporter des avantages potentiels au Soudan, au Soudan du Sud, au Kenya, à la Somalie et à l’Égypte. Voici la position éthiopienne : l’eau n’est pas la propriété exclusive de l’Éthiopie, mais elle n’est pas non plus celle de l’Égypte. L’Éthiopie ne revendique pas le monopole sur le Nil ; elle refuse simplement que la participation à la gestion du fleuve serve de prétexte pour la priver de l’utilisation de ses ressources. La différence entre ces deux positions est fondamentale. Le Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne : un projet contre-hégémonique Le Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne n’est plus un projet susceptible d’être influencé par des déclarations politiques ou par les avertissements diplomatiques de l’Égypte, largement relayés par les médias. Il est devenu une réalité en matière de développement et de stratégie. Le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Habtamu Itefa, a déclaré que le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne avait contribué à doubler la capacité de production d’électricité de l’Éthiopie pour la porter à environ 9,6 gigawatts, et qu’il était également devenu un catalyseur de l’interconnexion électrique et de la coopération économique régionale. Il a également expliqué que l’Éthiopie exportait de l’électricité vers Djibouti, le Soudan et le Kenya, et qu’elle cherchait à étendre son réseau d’interconnexion électrique avec d’autres pays. Ainsi, le projet que le discours égyptien a tenté pendant des années de présenter comme une source de menace fait en réalité désormais partie d’une transformation plus large du système énergétique africain. Plus important encore, l’Éthiopie ne considère pas ses ressources en eau comme un moyen d’exercer une influence sur les autres, mais comme un fondement pour surmonter la pauvreté énergétique et parvenir à l’industrialisation et à la croissance économique. Le problème de l’Égypte ne se limite toutefois pas au GERD. Pour ceux qui savent lire entre les lignes, la volonté sous-jacente du pays a été exprimée à maintes reprises dans ses déclarations officielles. Le Caire n’est en aucun cas prêt à accepter l’Éthiopie comme un pays en développement fort, capable d’investir dans ses ressources naturelles sans attendre l’approbation extérieure. Mais l’Éthiopie a déjà démontré qu’elle était capable et déterminée à exploiter ses ressources sans l’autorisation de quiconque. Accepter cette réalité et développer la région de manière conjointe constitue la bonne réponse. En août, le ministre éthiopien de l’Eau et de l’Énergie a affirmé que son pays continuerait à exploiter ses ressources en eau et construirait d’autres barrages si nécessaire. Le ministre a également souligné que l’avenir de l’Éthiopie était étroitement lié au fleuve Abay et à la mer Rouge, et que le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne constituait un projet transformateur qui avait modifié la position du pays dans les domaines de l’énergie, du développement et de l’intégration régionale. Ainsi, parier que de fermes déclarations politiques puissent ramener l’Éthiopie à une phase d’hésitation ou d’attente revient à parier sur une réalité qui n’existe plus. L’Éthiopie a déclaré à maintes reprises que les cours d’eau transfrontaliers devaient être des moteurs de coopération et de prospérité partagée, tout en rejetant toute notion d’hégémonie sur l’eau qui priverait les pays en amont de leurs droits souverains. C’est la position réaffirmée par le ministère de l’Eau et de l’Énergie. Conformément à ce principe, l’Éthiopie continue de renforcer ses capacités, de produire de l’électricité et d’exporter de l’énergie, ainsi que d’investir dans ses ressources en eau. Elle poursuit également ses efforts en matière de réhabilitation des bassins versants, de reboisement, de préservation de l’environnement et de renforcement de la durabilité du bassin de l’Abay, un point souligné par le ministère de l’Eau et de l’Énergie dans sa dernière déclaration. L’Éthiopie ne fera pas marche arrière Les déclarations répétées de l’Égypte ne changeront pas le cours des choses, pas plus que les propos virulents ne conféreront au Caire une autorité que ni la loi ni la réalité ne lui ont accordée. Les accords passés ne permettront pas de revenir en arrière et ne pousseront pas l’Éthiopie à renoncer à son droit d’utiliser ses ressources naturelles. Au contraire, la poursuite de ce discours risque d’aboutir au résultat inverse : révéler la profondeur d’une mentalité qui continue de considérer le développement éthiopien comme une menace plutôt que comme une opportunité de coopération africaine. Il est donc temps que l’Égypte considère le Nil comme un bassin africain commun, et non comme une sphère d’influence unilatérale. Il est également temps de reconnaître que l’Éthiopie n’est pas un pays qui attend qu’on lui donne la permission de décider de son avenir. Le Nil ne sera pas un instrument de domination et le développement de l’Éthiopie ne s’arrêtera pas à cause d’une rhétorique politique, aussi bruyante soit-elle. La réalité du XXIe siècle impose une autre règle : le respect mutuel plutôt que la tutelle, la coopération plutôt que l’hégémonie, et le développement partagé plutôt que l’exclusion. Il ne s’agit pas simplement d’une vision éthiopienne. C’est la seule voie capable de faire passer le bassin du Nil d’un héritage de conflits à un espace d’intégration africaine.
« Les sentiments colonialistes de l'Égypte sont intolérables dans le paysage diplomatique moderne », déclare Zerihun, directeur général des Affaires africaines
Sep 23, 2026 48
Addis Ababa le 23 septembre, 2026 (ENA) L’ambassadeur Zerihun Abebe, directeur général des Affaires africaines au ministère éthiopien des Affaires étrangères, a critiqué les récentes déclarations de responsables égyptiens concernant le Nil, les qualifiant de reflet d’attitudes coloniales dépassées qui n’ont pas leur place dans le paysage diplomatique moderne. S’adressant à l’ENA, l’ambassadeur Zerihun a notamment critiqué le ministre égyptien des Ressources en eau et de l’Irrigation, Hani Sewilam, pour des propos qui auraient laissé entendre que les Éthiopiens devaient être sensibilisés au droit international régissant le Nil. M. Zerihun a qualifié ces propos de « très malheureux, regrettables, voire risibles », affirmant qu’ils reflétaient une incompréhension de la position de l’Éthiopie et de ses droits en vertu du droit international. Il a déclaré que l’Éthiopie connaissait parfaitement les principes juridiques régissant l’utilisation des ressources en eau transfrontalières et qu’elle avait toujours fondé sa position sur les principes établis du droit international. Concernant le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD), le directeur général a déclaré que l’Éthiopie avait construit ce projet conformément aux principes internationalement reconnus, notamment l’utilisation équitable et raisonnable des ressources en eau partagées. Il a qualifié la position égyptienne de « confusion » et de « caricature » de la position de l’Éthiopie, affirmant que ces propos reflétaient une mentalité du XIXe siècle qui persiste encore aujourd’hui à l’égard de l’Afrique et de ses nations. « De telles remarques sont le reflet direct d’un sentiment colonial, d’une attitude ancrée dans le XIXe siècle, envers l’Afrique et ses nations », a déclaré M. Zerihun. Il a souligné que la souveraineté de l’Éthiopie et ce qu’elle considère comme ses droits légitimes sont reconnus par le droit international, ajoutant que le pays continuerait à défendre ses intérêts nationaux. M. Zerihun a également appelé à ce que les relations au sein du bassin du Nil soient guidées par les principes diplomatiques contemporains et la coopération entre les pays riverains, plutôt que par des approches impérialistes ou monopolistiques. « Nous ne vivons pas dans un monde impérialiste », a-t-il déclaré. « Il est temps que l’Égypte entre dans l’ère moderne de la diplomatie. » Le directeur général a réaffirmé l’engagement déclaré de l’Éthiopie en faveur de l’intégration régionale, de la coopération et de l’utilisation durable des ressources en eau partagées. Il a déclaré que l'Éthiopie avait démontré sa volonté de dialoguer avec les pays en aval et de répondre à leurs préoccupations concernant le GERD, tout en faisant valoir ce qu'elle considère comme ses droits à une utilisation équitable du Nil.
L'Éthiopie fait preuve de retenue face à la provocation de l'axe du « cheval de Troie » qui ne cesse de s'intensifier
Sep 23, 2026 103
Par un rédacteur Le 23 septebre, 2026 (ENA) Depuis des années, le gouvernement fédéral d’Éthiopie fait preuve d’un engagement clair et constant en faveur de la paix, du dialogue et de la stabilité nationale. Même face à de graves provocations, il a à maintes reprises privilégié la retenue à la vengeance, la négociation à l’escalade et la reconstruction aux représailles. Cette attitude n’est pas le fruit du hasard. Elle reflète un profond sens des responsabilités envers le peuple éthiopien, la prise de conscience du coût terrible de la guerre et la conviction inébranlable que les divergences politiques doivent être réglées par le dialogue plutôt que par la destruction. Pourtant, malgré cet effort soutenu, le TPLF s’est montré à maintes reprises peu disposé à renoncer à l’antagonisme, à la méfiance et à la confrontation. À maintes reprises, il a agi d’une manière qui a aggravé les divisions politiques, menacé la paix régionale et mis en danger la population même qu’il prétend représenter. Les racines de la crise actuelle ne sont pas apparues du jour au lendemain. Elles ont été alimentées pendant des décennies par une culture politique qui a banalisé la méfiance envers le gouvernement central et fait passer la confrontation pour une stratégie plutôt que pour un échec. Même après l’entrée de l’Éthiopie dans une nouvelle phase politique, le TPLF n’a pas réagi par une réflexion lucide, mais par la résistance et le ressentiment. Le changement à la tête du pays et l’accueil chaleureux réservé au Premier ministre Abiy Ahmed au Tigray ont semblé déstabiliser un groupe qui avait depuis longtemps l’habitude de dominer la vie politique. Plutôt que de s’adapter à la réalité politique en mutation du pays, il aurait œuvré pour faire obstacle aux réformes, s’opposer à la mise en place d’un ordre politique plus large et saper le processus même destiné à unifier les institutions dirigeantes du pays. S’imposant comme un leader national rassembleur, le Premier ministre Abiy s’est d’abord rendu dans la région du Tigray, où il a reçu un accueil enthousiaste de la part de la population. L’enthousiasme et l’accueil réservé par la population étaient sans précédent, reflétant un fort sentiment d’espoir et d’acceptation dans cette partie du pays. Malheureusement, le TPLF a réagi avec malaise et s’est rapidement tourné vers une rhétorique hostile, cherchant à éloigner la population du Tigray du discours de réconciliation nationale en attisant le ressentiment. Ce groupe belliqueux est désormais à la dernière minute d’une nouvelle vague de destruction. Le TPLF, désormais interdit, a une fois de plus été présenté comme un cheval de Troie au service des forces anti-éthiopiennes. Passons en revue le bilan de ce groupe depuis son entrée sur la scène politique éthiopienne. Lorsque des efforts ont été déployés pour fusionner le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF) et ses partis alliés au sein d’un cadre politique plus large, le TPLF se serait opposé à cette initiative à chaque étape. Même après qu’il fut devenu évident que le pays s’engageait dans une nouvelle direction, il a refusé de participer de manière constructive au projet du Parti de la prospérité et s’est au contraire positionné en dehors du consensus national. Il n’en a pas résulté un désaccord de principe, mais un élargissement délibéré de la distance politique. Ce faisant, il s’est aliéné des institutions nationales et a mis fin à son rôle actif dans la vie politique fédérale, laissant le Tigray politiquement isolé à un moment où l’unité était plus que jamais nécessaire. Pire encore, tout en prônant publiquement les droits et la légitimité, le groupe se serait préparé à l’affrontement. Les informations faisant état d’une militarisation, d’un entraînement de commandos et d’un renforcement des capacités armées régionales laissaient présager une évolution dangereuse. Plutôt que de soutenir la paix, il semble avoir choisi une voie qui faisait passer les calculs militaires avant la responsabilité politique. La tragédie qui s’ensuivit ne fut pas simplement le résultat de l’évolution de la situation sur le champ de bataille ; elle fut l’aboutissement d’une longue série de décisions mûrement réfléchies qui ont poussé le pays vers le conflit. L'attaque contre le Commandement du Nord reste l'un des chapitres les plus sombres et les plus douloureux de cette période. Selon la position du gouvernement fédéral, le TPLF a exploité la confiance et l’affection que la population éprouvait envers l’armée nationale, s’est servi de cette confiance pour maintenir le Commandement du Nord en place, puis s’est retourné contre lui dans un acte de trahison choquant. Cela a été suivi d’une campagne de désinformation visant à inverser la vérité et à présenter l’agresseur comme la victime. Un tel comportement n’a pas seulement attisé la guerre ; il a ébranlé la confiance nationale et infligé un préjudice profond au tissu social et politique de l’Éthiopie. Même après le déclenchement de la guerre, le gouvernement fédéral a continué à œuvrer en faveur de la paix. Il a appelé les anciens, les chefs religieux et toutes les voix responsables à intervenir. Il a offert des occasions de dialogue, de retenue et d’apaisement. Pourtant, selon la version officielle du gouvernement fédéral, le TPLF a bafoué ces appels et a poursuivi sa rhétorique belliqueuse, traitant le conflit comme un instrument de pouvoir. Il a entraîné les jeunes dans la violence, les plaçant en première ligne d’un conflit qui aurait pu être évité. Il a également élargi le champ de la guerre en menant des attaques transfrontalières, aggravant ainsi les souffrances de la région et entraînant les forces voisines dans un conflit déjà dévastateur. Malgré tout cela, le gouvernement fédéral n’a toujours pas renoncé à sa responsabilité de rechercher la paix. L’accord de paix de Pretoria a marqué un tournant qui a mis fin à la guerre dans le nord de l’Éthiopie et offert une chance de relance. Même alors, le gouvernement fédéral a fait preuve de magnanimité. Il a soutenu le rétablissement des services, alloué des ressources substantielles à la reconstruction et œuvré à la stabilisation du Tigré. Il a apporté son aide par l’intermédiaire des institutions fédérales, des administrations régionales et des partenaires de développement, démontrant une fois de plus que sa priorité n’était pas la punition, mais la réconciliation nationale. Si l’objectif avait été la vengeance, l’issue aurait pu être très différente. Au lieu de cela, le gouvernement a fait preuve de retenue, laissant à la population du Tigré l’espace nécessaire pour se remettre et réfléchir. Pourtant, la promesse de paix a été maintes fois compromise par des agissements attribués au TPLF lui-même. Au lieu de s'engager pleinement dans le désarmement et la normalisation politique, il se serait livré à des manœuvres de dissimulation, d'obstruction et de diversion. La mise en œuvre de l’accord a été compliquée par des ingérences persistantes, notamment la manipulation de l’aide humanitaire, l’entrave à la libre circulation et la persistance de pratiques illicites portant préjudice aux civils ordinaires. Plutôt que d’utiliser le processus de paix pour rétablir la confiance, il semble l’avoir considéré comme une pause, une opportunité tactique de se regrouper plutôt que comme une véritable voie vers la réconciliation. Le gouvernement fédéral, quant à lui, a continué à faire preuve d’une patience inhabituelle. Il s’est abstenu de déployer des forces dans les principaux sites du Tigré, même lorsqu’il disposait de motifs juridiques et pratiques pour le faire. Il a respecté les sensibilités du moment, accepté les critiques politiques et choisi de préserver la paix même lorsque celle-ci n’était pas pleinement réciproque. Ce n’était pas de la faiblesse ; c’était de l’art de gouverner. Cela reflétait un effort délibéré pour empêcher de nouvelles souffrances civiles et empêcher le pays de retomber dans une guerre à grande échelle. Aujourd’hui, le fardeau le plus lourd pèse non seulement sur l’État fédéral, mais aussi sur la population du Tigray elle-même. Les parents, les jeunes, les aînés et les intellectuels ne peuvent rester silencieux alors que l’histoire menace de se répéter. Aucune force politique ne devrait être autorisée à sacrifier une nouvelle génération au nom du pouvoir, du ressentiment ou de la vengeance. Les jeunes du Tigré méritent l’éducation, le travail, la dignité et l’espoir ; ils ne doivent pas être utilisés comme des instruments dans un nouveau cycle de destruction. Les parents doivent faire entendre leur voix contre ceux qui transforment la vie de leurs enfants en combustible pour la guerre. Les dirigeants communautaires et les élites doivent privilégier la responsabilité plutôt que le silence, la vérité plutôt que la peur, et la paix plutôt que la loyauté envers une faction. L’Éthiopie a payé un prix trop élevé pour la guerre. Ce dont le pays a besoin aujourd’hui, ce n’est pas d’une nouvelle vague de sang versé, mais d’un engagement commun en faveur de la stabilité, de la responsabilité et de la reconstruction. Le gouvernement fédéral a fait preuve de patience, a accordé des concessions et a ouvert la voie à la paix à plusieurs reprises. Pour que la paix tienne, chaque acteur doit désormais la choisir en toute sincérité. La population du Tigray, comme tous les Éthiopiens, mérite un avenir fondé sur le développement et la dignité. Il faut dire clairement à ceux qui continuent de jouer avec cet avenir : ça suffit.
Le rôle de l’Éthiopie en mer Rouge : le maillon manquant de la stabilité régionale
Sep 23, 2026 137
Pourquoi il ne peut y avoir de stabilité durable en mer Rouge sans l’Éthiopie Par Yordanos D. Le 22 septembre, 2026 (ENA) La mer Rouge n’est plus simplement un corridor maritime. Elle est devenue l’un des principaux foyers de tensions géopolitiques au monde — et la dernière crise autour du détroit de Bab el-Mandeb rend une réalité de plus en plus difficile à ignorer : la sécurité de la mer Rouge ne peut être dissociée de celle de la Corne de l’Afrique, et la sécurité de la Corne ne peut être véritablement prise en compte alors que l’Éthiopie reste en marge des décisions maritimes. Le 15 septembre 2026, le Secrétaire général adjoint de l’ONU, Khaled Khiari, a déclaré devant le Conseil de sécurité que la situation autour du détroit de Bab el-Mandeb était devenue de plus en plus volatile, alors que les combats s’intensifiaient le long de la côte occidentale du Yémen et que les forces houthies avançaient vers cette voie maritime stratégique. Il a appelé à la retenue, au dialogue ainsi qu’au rétablissement et au respect des droits et libertés de navigation conformément au droit international. Cet avertissement ne concernait pas uniquement le Yémen. Bab el-Mandeb est l’étroite porte maritime qui relie la mer Rouge au golfe d’Aden et, au-delà, à l’océan Indien. Toute perturbation prolongée dans cette zone peut se répercuter sur le transport maritime, les assurances, les marchés de l’énergie, l’approvisionnement alimentaire et les chaînes logistiques mondiales. Les conséquences ne s’arrêtent pas aux côtes du Yémen ou aux pays riverains de la mer Rouge. Elles peuvent atteindre des usines en Asie, des marchés en Europe et des consommateurs situés à des milliers de kilomètres. Et, directement de l’autre côté de cet espace stratégique, sur la façade africaine, se trouve l’Éthiopie. Depuis plus de trois décennies, l’Éthiopie est enclavée à la suite de l’indépendance de l’Érythrée en 1993. Pourtant, la géographie n’a jamais réellement séparé l’Éthiopie de la mer Rouge. Au contraire : son histoire, son économie, sa sécurité et sa diplomatie sont restées profondément liées à ce corridor maritime. Aujourd’hui, cette dépendance est très concrète. Le commerce international de l’Éthiopie repose largement sur le corridor de Djibouti, ce qui signifie que toute instabilité affectant le transport maritime en mer Rouge, les ports, les assurances ou les routes maritimes peut rapidement devenir une préoccupation économique pour l’Éthiopie. L’Institute of Foreign Affairs éthiopien a décrit cette exposition comme une vulnérabilité stratégique découlant de la dépendance du pays à l’égard d’un corridor maritime dont la sécurité est largement façonnée en dehors de son contrôle institutionnel direct. Cette réalité devrait modifier la manière dont le monde comprend les aspirations maritimes de l’Éthiopie. La volonté de l’Éthiopie d’obtenir un accès fiable à la mer est trop souvent réduite à un différend territorial ou politique. Cette lecture est incomplète. Au fond, l’Éthiopie est confrontée à un problème structurel : une grande économie africaine et l’un des États les plus peuplés du continent dépendent fortement d’un système maritime dans lequel elle dispose d’un accès direct limité et d’une influence limitée sur l’architecture de sécurité. Ce n’est pas seulement un problème éthiopien. C’est un problème régional. Et il devient également un problème mondial. La mer Rouge ne peut pas être sécurisée depuis le large La dernière crise autour de Bab el-Mandeb révèle les limites d’une approche qui considère la sécurité de la mer Rouge principalement comme une question relevant des puissances navales extérieures à la région. Les navires de guerre peuvent protéger les bâtiments commerciaux. Les déploiements militaires peuvent dissuader les attaques. Les missions internationales peuvent escorter les navires marchands. Mais aucune flotte, aussi puissante soit-elle, ne peut à elle seule résoudre les vulnérabilités politiques, économiques et institutionnelles qui rendent la mer Rouge susceptible de connaître des épisodes récurrents d’instabilité. L’ONU elle-même a souligné que la protection de la liberté de navigation devait aller de pair avec la prévention d’une nouvelle escalade au Yémen et la recherche d’une solution politique. Cela signifie que la sécurité maritime ne peut être dissociée de la diplomatie régionale. Et la diplomatie régionale ne peut être dissociée des pays dont les économies et la sécurité sont directement exposées à la mer Rouge. L’Éthiopie est l’un de ces pays. En effet, les enjeux régionaux sont désormais reconnus sur le plan institutionnel. Le 15 septembre, le Conseil des ministres de l’IGAD a identifié la sécurité et la liberté de navigation en mer Rouge et dans le golfe d’Aden comme des priorités essentielles en matière de paix, de sécurité et de développement régional. Il a chargé le Secrétariat de l’IGAD de renforcer la gouvernance maritime régionale, ainsi que la coopération et la coordination face à l’évolution des dynamiques géopolitiques et sécuritaires. Cette décision transmet un message important : la sécurité de la mer Rouge n’est plus une question maritime lointaine. C’est une question de sécurité pour la Corne de l’Afrique. Et si c’est une question concernant la Corne de l’Afrique, l’Éthiopie ne peut pas être considérée comme un acteur secondaire. L’Éthiopie ne demande pas à être spectatrice La revendication éthiopienne en faveur d’un accès maritime doit donc être comprise dans ce contexte stratégique plus large. Un pays du poids économique et démographique de l’Éthiopie ne peut pas rester indéfiniment presque entièrement dépendant d’un seul corridor maritime extérieur alors que la sécurité de celui-ci est vulnérable aux conflits, aux rivalités géopolitiques et aux perturbations échappant à son contrôle. Cela ne signifie pas que l’Éthiopie puisse ignorer la souveraineté des États côtiers. Bien au contraire. Le meilleur fondement pour l’avenir maritime de l’Éthiopie repose sur la négociation, les bénéfices mutuels, le droit international et le respect de la souveraineté des pays voisins. L’Éthiopie a régulièrement présenté son accès à la mer dans ces termes. Les discussions récentes ont établi un lien entre l’accès maritime, le développement économique, la sécurité nationale, l’intégration régionale et la coopération diplomatique, tout en mettant l’accent sur le dialogue pacifique et les arrangements mutuellement bénéfiques. Cette distinction est importante. L’Éthiopie n’a pas besoin de confrontation pour établir un rôle maritime. Elle a besoin d’un arrangement durable qui permette d’aligner ses intérêts économiques sur ceux des États côtiers. Un tel arrangement pourrait transformer l’accès maritime, d’une source d’inquiétude régionale, en un moteur d’interdépendance régionale. D’une vulnérabilité liée à l’enclavement à un acteur régional Une autre dimension mérite beaucoup plus d’attention internationale. Si l’Éthiopie obtient un accès fiable à la mer dans le cadre d’un accord négocié, elle n’obtiendrait pas seulement une nouvelle voie pour ses importations et ses exportations. Elle acquérirait également un intérêt économique et institutionnel plus important dans la sécurité même du corridor maritime. Cela pourrait modifier l’équation stratégique. Un pays dont le commerce, les infrastructures et l’avenir économique sont directement liés à un corridor maritime a de fortes raisons de contribuer à la protection de ce corridor. L’Éthiopie pourrait contribuer au partage d’informations maritimes, à la sécurité portuaire, aux opérations de recherche et de sauvetage, à la préparation aux situations d’urgence, à la lutte contre la traite, à la coopération douanière et à la prévention de la criminalité maritime organisée. Les bases d’une telle participation sont déjà en train d’émerger. En août 2026, l’Organisation maritime internationale a soutenu à Addis-Abeba un atelier destiné à élaborer une feuille de route pour la création d’un Centre national de partage d’informations maritimes, afin de renforcer la coordination entre les institutions maritimes éthiopiennes et de contribuer à la sécurité maritime régionale dans le cadre du Code de conduite de Djibouti et de son amendement de Djeddah. C’est important, car la sécurité maritime ne se résume pas à la puissance militaire. Elle concerne également l’information. Elle concerne les institutions. Elle concerne les ports, les douanes, les garde-côtes, les autorités maritimes, les services de renseignement, les mécanismes d’intervention d’urgence et la gouvernance maritime civile. En d’autres termes, l’Éthiopie peut devenir partie prenante de la solution sans transformer la mer Rouge en un nouveau théâtre de compétition militaire. Addis-Abeba possède un atout que d’autres peuvent difficilement reproduire L’Éthiopie possède également un atout diplomatique qui mérite d’être davantage pris en considération : Addis-Abeba. La capitale éthiopienne accueille l’Union africaine et demeure l’un des principaux centres diplomatiques du continent. L’Éthiopie est membre de l’IGAD et possède plusieurs décennies d’expérience dans les initiatives africaines de paix et de sécurité. Cela donne à l’Éthiopie des canaux diplomatiques potentiels qui dépassent le cadre immédiat des États riverains de la mer Rouge. Le pays entretient des relations à travers l’Afrique, le Golfe et le Moyen-Orient au sens large. Sa position diplomatique peut donc offrir des possibilités de dialogue entre des acteurs dont les intérêts entrent fréquemment en collision. Cela ne signifie pas que l’Éthiopie doive devenir partie à chaque conflit entourant la mer Rouge. Cela signifie que l’Éthiopie a intérêt et potentiellement un rôle à défendre des principes qui devraient concerner tous les États maritimes : la liberté de navigation, la protection de la navigation civile, le respect de la souveraineté, l’adhésion au droit international et le règlement pacifique des différends. L’illusion dangereuse d’une mer Rouge sans l’Éthiopie Il existe une contradiction stratégique persistante dans la manière dont la région est parfois abordée. Les puissances extérieures reconnaissent l’importance considérable de la mer Rouge. Des forces navales sont déployées. Les bases militaires se développent. Des missions internationales patrouillent dans les eaux. Les gouvernements mettent en garde contre les menaces pesant sur le transport maritime. Pourtant, les pays dont les économies et la sécurité sont les plus directement liées à la Corne de l’Afrique ne sont pas toujours placés au centre du débat sur la sécurité. Cette approche n’est pas durable. La mer Rouge ne peut pas être stabilisée durablement en regardant uniquement vers le nord, en direction du Moyen-Orient, ou vers l’extérieur, en direction des puissances mondiales. Sa dimension africaine est tout aussi fondamentale. Les problèmes de sécurité d’un côté de Bab el-Mandeb interagissent inévitablement avec ceux de l’autre côté. Le conflit au Yémen, l’instabilité au Soudan, le terrorisme, la traite, la piraterie, le trafic d’armes et la criminalité organisée peuvent se renforcer mutuellement à travers les frontières maritimes et terrestres. Les récentes discussions de l’ONU ont explicitement établi un lien entre l’instabilité autour de Bab el-Mandeb et les menaces plus larges qui affectent le transport maritime international et la Corne de l’Afrique. La leçon est simple : la mer Rouge constitue un espace de sécurité unique, même lorsque les frontières politiques le divisent. La connectivité peut devenir une stratégie de paix Les ambitions maritimes de l’Éthiopie devraient donc être intégrées à une vision économique régionale plus large. Les ports ne devraient pas seulement être des lieux où les navires chargent et déchargent leurs marchandises. Ils peuvent devenir des portes d’entrée reliant les économies enclavées aux marchés côtiers. Les routes, les chemins de fer, les centres logistiques, les systèmes douaniers numériques et les corridors commerciaux peuvent transformer l’accès maritime en un instrument d’intégration économique régionale. Pour l’Éthiopie, la diversification des routes maritimes ne signifierait pas nécessairement l’abandon de sa relation économique actuelle avec Djibouti. Elle pourrait la compléter. Davantage de routes peut signifier davantage de résilience. Davantage de partenariats peut signifier davantage d’interdépendance économique. Et une plus grande interdépendance peut créer des incitations supplémentaires pour que les gouvernements protègent les infrastructures, les corridors commerciaux et la stabilité régionale. La connectivité ne peut pas garantir la paix. Mais l’isolement économique crée rarement une interdépendance régionale durable. Une Corne de l’Afrique davantage interconnectée aurait davantage à perdre dans un conflit — et davantage à gagner dans la coopération. La mer Rouge a besoin d’une appropriation africaine La question fondamentale n’est donc pas de savoir si l’Éthiopie devrait être autorisée à jouer un rôle en mer Rouge. La question la plus importante est de savoir si la région peut réellement construire une stabilité maritime durable tout en excluant de l’architecture stratégique entourant cette mer l’une des plus grandes économies d’Afrique et l’un de ses principaux centres diplomatiques. Cette approche est de plus en plus difficile à justifier. Les ambitions maritimes de l’Éthiopie ne devraient pas être présentées comme une demande de confrontation avec les États côtiers. Elles devraient être considérées comme faisant partie d’un programme africain plus large en faveur de la connectivité, de la résilience économique et de la sécurité collective. Cela nécessite de la diplomatie, et non de la confrontation. Cela nécessite des arrangements négociés, et non des actions unilatérales. Cela nécessite des institutions régionales, et non une nouvelle compétition entre puissances extérieures. Et surtout, cela nécessite de reconnaître que la sécurité de la mer Rouge est une responsabilité partagée. Une opportunité stratégique cachée derrière la crise La crise actuelle autour de Bab el-Mandeb constitue un avertissement — mais également une opportunité. Elle montre à quelle vitesse l’instabilité dans une voie maritime étroite peut devenir un problème économique mondial. Elle montre également les limites des dispositifs de sécurité qui reposent excessivement sur les réponses militaires tout en négligeant les institutions régionales et les solutions politiques. Pour l’Éthiopie, la crise souligne le coût de rester économiquement exposée à un système maritime sur lequel elle exerce une influence directe limitée. Mais elle offre également l’occasion de présenter une vision plus ambitieuse. L’Éthiopie peut rechercher un accès maritime tout en renforçant simultanément la gouvernance maritime régionale. Elle peut approfondir sa coopération avec les États côtiers tout en continuant à respecter leur souveraineté. Elle peut travailler à travers l’IGAD, l’Union africaine et les Nations unies. Elle peut investir dans les systèmes d’information maritime, la logistique, les capacités d’intervention d’urgence et les institutions de sécurité. Et elle peut utiliser sa position diplomatique à Addis-Abeba pour promouvoir le dialogue plutôt que d’accentuer la confrontation. L’objectif devrait être d’institutionnaliser l’intérêt économique et sécuritaire légitime de l’Éthiopie en mer Rouge à travers des arrangements pacifiques, conformes au droit international et mutuellement bénéfiques. Pas de sécurité durable en mer Rouge sans l’Éthiopie L’avenir de la mer Rouge sera finalement déterminé non seulement par la géographie, mais aussi par la capacité des États qui l’entourent et qui en dépendent à construire un système capable de gérer leurs vulnérabilités communes. L’Éthiopie est trop importante pour être économiquement détachée de ce système. Trop directement liée à la région par sa géographie pour être stratégiquement ignorée. Trop importante sur le plan diplomatique pour être traitée comme un simple observateur continental. Et trop exposée aux perturbations de la mer Rouge pour rester durablement en dehors des dispositifs significatifs de sécurité maritime. La crise actuelle a rendu un fait incontestable : ce qui se passe autour de Bab el-Mandeb ne reste pas autour de Bab el-Mandeb. Cela atteint la Corne de l’Afrique. Cela atteint l’Éthiopie. Cela atteint le commerce mondial. Et si la région souhaite réellement construire une architecture durable de sécurité en mer Rouge, l’Éthiopie ne peut pas simplement être un pays affecté par les décisions prises concernant cette mer. Elle doit avoir une place à la table où ces décisions sont élaborées. Car la stabilité durable ne viendra ni de la sécurisation des eaux en ignorant les terres, ni de la protection du transport maritime en négligeant les économies et les sociétés qui en dépendent. Ainsi, l’avenir de la mer Rouge est indissociable de celui de la Corne de l’Afrique — et l’avenir de la Corne ne peut être conçu sans l’Éthiopie.
Les problèmes hydriques de l’Égypte : une histoire de mauvaise gestion et d’hypocrisie
Sep 22, 2026 331
Par la rédaction Le 22 septembre, 2026 (ENA) Alors que le monde est confronté aux défis de la pénurie d’eau et du développement durable, la position de l’Égypte sur ces questions suscite des interrogations. Bien qu’elle dispose de vastes réserves d’eau souterraines qui pourraient durer des siècles, même si les précipitations en Éthiopie venaient à cesser, l’Égypte continue de crier au scandale concernant l’utilisation des eaux de l’Abay (le Nil). Mais cette préoccupation porte-t-elle véritablement sur la pénurie d’eau, ou s’agit-il d’une tentative à peine voilée d’étouffer le développement de ses pays voisins ? Une histoire de mauvaise gestion de l’eau Les pratiques de gestion de l’eau en Égypte comptent en effet parmi les pires au monde. Le secteur agricole du pays, qui consomme la part du lion de ses ressources en eau, est dominé par des cultures très gourmandes en eau comme la canne à sucre et le riz. Ces cultures sont non seulement non durables, mais elles contribuent également aux problèmes hydriques du pays. Il est ironique que, alors que l’Égypte est prête à gaspiller ses ressources en eau pour ces cultures, elle attende d’autres pays, comme l’Éthiopie, qu’ils renoncent à leur propre développement et limitent leur consommation d’eau à un simple filet.   Un deux poids, deux mesures L’approche de l’Égypte en matière de gestion de l’eau est un exemple classique du « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». D’un côté, le pays est prêt à gaspiller ses ressources en eau dans des projets somptueux, tels que des villes tentaculaires construites dans le désert, tandis que de l’autre, il attend des Éthiopiens qu’ils vivent dans l’obscurité, sans même disposer des commodités de base que sont l’électricité et l’eau potable. Ce deux poids, deux mesures est non seulement hypocrite, mais rappelle aussi de manière flagrante la propension de l’Égypte à gaspiller l’eau dans le désert, tout en refusant à ses voisins le droit de développer leurs propres ressources en eau. Un manque de gratitude Malgré les efforts de l’Éthiopie pour planter plus de 56 milliards de jeunes plants, une initiative qui contribuera non seulement à réduire l’évaporation de l’eau du Nil, mais aussi à la lutte mondiale contre le changement climatique, l’Égypte a choisi de répondre par l’ingratitude. Au lieu de remercier l’Éthiopie pour sa gestion responsable de l’environnement, l’Égypte a choisi de déstabiliser le pays, en utilisant toutes les ruses possibles pour saper son développement. Cette logique tordue témoigne du manque de vision à long terme de l’Égypte et de son incapacité à avoir une vision d’ensemble. Une mentalité néocoloniale Le comportement de l’Égypte envers ses voisins, en particulier le Soudan, rappelle cruellement sa mentalité néocoloniale. En traitant le Soudan comme un appendice, l’Égypte tente de démanteler la souveraineté de ce pays et de le réduire à un simple État vassal. Cette approche est non seulement contre-productive, mais constitue également une menace pour la stabilité et la sécurité régionales. Une stratégie de la corde raide L’objectif ultime de l’Égypte est de s’assurer qu’aucun pays, d’un côté ou de l’autre de la mer Rouge, ne prospère. Cette stratégie de la corde raide est la recette du désastre, car elle ne fera qu’exacerber les tensions et créer un climat de méfiance et d’hostilité. En adoptant cette approche, l’Égypte nuit non seulement à ses voisins, mais sape également ses propres intérêts à long terme. En conclusion, les problèmes hydriques de l’Égypte sont une blessure qu’elle s’est infligée elle-même, causée par sa propre mauvaise gestion et son hypocrisie. Au lieu de rejeter la responsabilité de sa pénurie d’eau sur ses voisins, l’Égypte devrait examiner de près ses propres pratiques et politiques. En adoptant une approche plus durable et plus équitable de la gestion de l’eau, l’Égypte peut non seulement garantir sa propre sécurité hydrique, mais aussi contribuer au développement et à la prospérité de ses pays voisins. D’ici là, les lamentations de l’Égypte sur la pénurie d’eau ne resteront rien d’autre qu’une tentative à peine voilée d’étouffer le développement des autres, tandis qu’elle continue de gaspiller ses propres ressources en eau en toute impunité.
Les propos d'un ministre égyptien témoignent d'une mentalité coloniale grossière : ministère de l'Eau et de l'Énergie
Sep 22, 2026 203
Addis Ababa le 22 septembre, 2206 (ENA) La récente déclaration du ministre égyptien des Ressources en eau et de l'Irrigation suggérant que les Éthiopiens manquent d'éducation est une manifestation d'une mentalité coloniale grossière qui définit la politique du Caire dans ses relations avec les États africains, a souligné le ministère éthiopien de l'Eau et de l'Énergie. Les propos tenus récemment par le ministre égyptien des Ressources en eau et de l'Irrigation, Hani Sewilam, sont profondément regrettables, a déclaré aujourd'hui le ministère dans un communiqué publié en réponse aux déclarations de M. Sewilam. « Cette déclaration est la manifestation d'une mentalité coloniale grossière qui caractérise la politique du Caire dans ses relations avec les États africains », a-t-on déclaré dans un communiqué. Pour Le Caire, son approbation est une condition préalable à l'exploitation des ressources en eau par les pays riverains du Nil et de l'Abbaye. Et ce, malgré le fait que l'Égypte ait entrepris la construction du haut barrage d'Assouan sans consulter aucun État riverain situé en amont. Le communiqué publié par le ministère éthiopien de l'Eau et de l'Énergie souligne que les propos incendiaires des responsables égyptiens et le double discours qu'ils affichent n'ont pas leur place dans le cadre d'une coopération à l'échelle du bassin. L’Éthiopie réaffirme son droit souverain d’utiliser ses ressources naturelles, notamment le fleuve Abbay, pour répondre aux besoins de ses générations présentes et futures, a-t-elle ajouté. Elle a souligné que l'Éthiopie a toujours soutenu que les fleuves transfrontaliers devraient favoriser la coopération, la prospérité partagée et l'intégration régionale plutôt que la rivalité monopolistique et l'exclusion, rejetant toute notion d'hydro-impérialisme qui cherche à nier aux pays sources leurs droits inhérents en tant que nations souveraines. Alors que certains continuent de percevoir le fleuve Abay principalement sous l'angle de la sécurité et de la concurrence à somme nulle, l'Éthiopie a investi massivement dans la réhabilitation du bassin versant, le reboisement et la conservation de l'environnement afin de renforcer la durabilité à long terme du bassin. L’approche de l’Éthiopie contraste fortement avec le discours hostile qui a trop souvent dominé le discours officiel au Caire. Il est temps pour Le Caire de se détacher de sa politique obsolète et d'aborder la question avec une perspective du XXIe siècle, fondée sur le respect mutuel et les intérêts éclairés à long terme de tous, a souligné le ministère, insistant sur la nécessité de renoncer aux rêves hégémoniques dépassés et d'embrasser l'aube d'une nouvelle réalité.
L’Égypte gaspille l’eau et adopte certaines des pires pratiques en la matière.
Sep 22, 2026 201
Le 22 septembre, 2026 (ENA) L’Égypte se distingue par sa mauvaise gestion chronique des ressources en eau, alors qu’elle ne contribue pratiquement pas au débit de l’Abay (Nil Bleu) — un paradoxe frappant au cœur du débat sur le Nil. Pour de nombreux analystes du secteur hydroélectrique et experts en eaux transfrontalières, l’eau stockée dans les réservoirs égyptiens situés en aval subit des taux d’évaporation élevés en raison du climat désertique et chaud du pays. Pour Fekahmed Negash, président de l’équipe consultative sur les eaux transfrontalières et le GERD au sein du ministère éthiopien de l’Eau et de l’Énergie, le vaste réservoir de ce pays en aval se trouve dans l’environnement désertique et chaud de l’Égypte et est exposé à d’importantes pertes par évaporation. Il a estimé que le haut barrage d’Assouan perdait environ 15 à 16 milliards de mètres cubes d’eau par an par évaporation. Contrairement à une idée reçue, malgré cette réalité et le fait que l’ONU classe l’Égypte parmi les pays souffrant de pénurie d’eau, la nation possède un immense potentiel hydrique qui reste largement méconnu. L’Égypte dispose de suffisamment d’eau souterraine pour des centaines d’années, même si les pluies venaient à cesser en Éthiopie pendant des années. L’Égypte gaspille l’eau et adopte certaines des pires pratiques en la matière. L’Égypte se distingue par sa mauvaise gestion chronique des ressources en eau, alors qu’elle ne contribue pratiquement pas au débit de l’Abay (Nil Bleu) — un paradoxe frappant au cœur du débat sur le Nil. L’Égypte se comporte comme si elle disposait d’une vaste étendue de marais où elle cultivait de la canne à sucre et du riz. Ce qui est frappant, c’est qu’elle souhaite que les autres ne boivent même pas d’eau douce et ne cultivent pas de choux, afin qu’elle puisse continuer à gaspiller l’eau. L’Égypte veut que l’Éthiopie renonce à son développement et s’enlise dans la pauvreté pour que les Égyptiens puissent jouir de la prospérité. L’Égypte a tendance à déverser de l’eau dans le désert et à créer des villes tentaculaires, alors qu’elle ne souhaite même pas que les Éthiopiens aient de la lumière et des cuisinières chez eux. L’Égypte ne sait pas ce qu’est la gratitude. Elle prétend craindre la pénurie d’eau, mais ne tient pas à remercier l’Éthiopie d’avoir prévu la plantation de plus de 50 milliards de jeunes plants. Au contraire, elle met tout en œuvre pour déstabiliser l’Éthiopie — quelle ironie. L’Égypte se considère comme un voisin de l’Éthiopie parce qu’elle ne voit le Soudan que comme un simple appendice. C’est pourquoi elle s’acharne à démanteler le Soudan en recourant à des traîtres. L’Égypte ne souhaite la prospérité d’aucun pays des deux côtés de la mer Rouge — quelle politique de la corde raide !
Pourquoi la Communauté Internationale Doit Confronter les Factions Radicales du TPLF & les Saboteurs Étrangers
Sep 22, 2026 147
Addis Ababa le 22 septembre, 2026 (ENA) La signature de l’Accord de Pretoria sur la cessation permanente des hostilités (CoHA) en novembre 2022 a été largement saluée comme un tournant décisif pour l’Éthiopie. Après deux ans de conflit dévastateur dans le nord du pays, cet accord a établi un cadre clair et légal pour rétablir l’ordre constitutionnel, démobiliser les combattants, acheminer l’aide humanitaire et reconstruire les communautés dévastées. Depuis la signature du CoHA, le gouvernement fédéral éthiopien n’a cessé de démontrer son attachement à l’esprit et à la lettre de l’accord de Pretoria. Les institutions fédérales ont agi rapidement pour reconnecter le Tigré au réseau électrique national, rétablir les services bancaires et de télécommunications, et rouvrir les liaisons aériennes commerciales vers Mekelle. Le gouvernement a également facilité l’accès sans entrave de l’aide humanitaire dans toute la région, tout en allouant d’importantes ressources publiques à la reconstruction des infrastructures, des écoles et des établissements de santé endommagés. Conformément à une exigence diplomatique fondamentale, le Parlement fédéral a officiellement retiré le TPLF de la liste nationale des organisations terroristes afin de permettre un engagement politique inclusif. En outre, dans le strict respect de l’article 10 de l’accord, le gouvernement fédéral a facilité la mise en place de l’Administration régionale provisoire du Tigré (IRA) afin d’assurer la gouvernance locale, la prestation de services et la stabilité pendant la transition. Au-delà des concessions diplomatiques initiales, le gouvernement fédéral éthiopien a soutenu son engagement envers l’Accord de Pretoria par un apport financier massif, allouant des milliards de birrs provenant du Trésor public pour financer la reconstruction immédiate et le redressement socio-économique de la région du Tigré. Consciente que la paix ne peut s’enraciner dans un contexte de ruine économique, Addis-Abeba a donné la priorité au financement de la remise en état des systèmes de santé dévastés, à la reconstruction des écoles endommagées et à la réparation des infrastructures essentielles de transport, d’électricité et de télécommunications, considérant la revitalisation du Tigré comme une priorité nationale absolue. Ces transferts budgétaires fédéraux, versés directement pour financer les services publics, rémunérer les fonctionnaires et subventionner les produits de première nécessité, ont constitué une preuve tangible de la détermination de l’État à réintégrer le Tigré dans le tissu national. Pourtant, cette bonne volonté financière massive et ces investissements en capital se sont heurtés à une profonde mauvaise foi de la part des partisans de la ligne dure du TPLF, qui ont détourné les ressources locales, entravé les projets de développement fédéraux et canalisé les fonds administratifs régionaux vers une remilitarisation clandestine plutôt que vers le bien-être civil que cet argent était censé garantir. Au lieu de canaliser ses efforts vers une concurrence politique pacifique et la relance régionale, la direction du TPLF a activement sapé le cadre de gouvernance envisagé à Pretoria. Derrière cette résistance se cache un objectif mûrement réfléchi : la faction intransigeante dirigée par Debretsion Gebremichael cherche à retrouver l’hégémonie sans partage d’un parti unique qu’elle exerçait autrefois sur l’Éthiopie. Ébranlée par la perte de sa domination fédérale et s'opposant à l'ordre constitutionnel, la TPLF a pour ambition principale de créer une instabilité régionale, de paralyser les institutions de l'État et d'imposer une renégociation totale de l'accord de Pretoria selon des conditions qui soustraient ses dirigeants d'élite à toute obligation de rendre des comptes. L'un des piliers centraux de l'accord de paix était la mise en place d'une administration régionale provisoire inclusive, mais les dirigeants de la faction intransigeante au sein de la TPLF ont systématiquement œuvré à son démantèlement. En tentant d’évincer unilatéralement la direction de l’IRA, de s’emparer par la force des organes administratifs régionaux et de rejeter les mandats fédéraux accordés pour préserver la stabilité régionale, le groupe a fait preuve d’un mépris alarmant pour la gouvernance transitoire légale. Cette prise de contrôle systématique remplace une administration publique transitoire et inclusive par un régime à parti unique, violant directement les principes fondamentaux de l’accord de Pretoria et privant les citoyens tigréens d’une gouvernance civile et responsable. Pour concrétiser ces ambitions perturbatrices, les partisans de la ligne dure du TPLF ont conclu des alliances contre nature et opportunistes avec des acteurs extérieurs perturbateurs et des adversaires régionaux. Tirant parti des tensions géopolitiques plus larges qui règnent dans la Corne de l’Afrique, cette faction s’est assurée le soutien tacite d’acteurs étrangers cherchant à exploiter les vulnérabilités internes de l’Éthiopie. Parmi ces acteurs figurent en premier lieu les régimes du Caire et d’Asmara, dont les intérêts historiques et stratégiques convergent vers le maintien d’un État éthiopien fracturé et vulnérable. Pour le régime égyptien, la motivation trouve son origine dans une paranoïa existentielle concernant les eaux du Nil et la réalité opérationnelle du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD). Le Caire considère depuis longtemps toute Éthiopie forte, unifiée et économiquement souveraine comme une menace directe pour son hégémonie hydroélectrique séculaire sur le fleuve Abay. Incapable d’empêcher l’achèvement du GERD par la diplomatie internationale ou la coercition juridique, l’appareil diplomatique et de renseignement égyptien s’est orienté vers une stratégie d’encerclement à somme nulle. En apportant un soutien indirect, une couverture diplomatique et des canaux logistiques opérationnels aux factions dissidentes éthiopiennes, Le Caire cherche à maintenir Addis-Abeba en proie à des conflits internes. Pour l’Égypte, une Éthiopie en proie à la guerre civile est une Éthiopie incapable de projeter sa puissance, de faire progresser le développement en aval du fleuve ou de faire valoir ses droits souverains sur le commerce régional et les infrastructures maritimes. Le régime totalitaire de l’Érythrée, dirigé par Isaias Afwerki, mène une stratégie parallèle motivée par une hostilité profondément enracinée envers la domination régionale de l’Éthiopie et par une histoire politique toxique avec les élites du TPLF. Bien qu’Asmara et le TPLF se soient livrés une guerre brutale de 1998 à 2000, leurs intérêts tactiques actuels les ont contraints à un rapprochement opportuniste. Alors que l’Éthiopie affirme son ambition souveraine de s’assurer un accès fiable à la mer Rouge, le président Isaias considère une Éthiopie consolidée et économiquement dynamique comme une menace pour l’influence régionale et le monopole maritime de son régime. Tirant parti des frictions politiques internes entre l’Éthiopie et le Tigré, Asmara a discrètement ouvert des canaux de communication avec les partisans de la ligne dure du TPLF et d’autres acteurs insurgés, attisant une militarisation localisée afin d’enfermer l’Éthiopie dans un enchevêtrement de crises perpétuelles liées à la sécurité des frontières. Ensemble, Le Caire et Asmara ont transformé la Corne de l’Afrique en un théâtre de guerre par procuration, utilisant la faction radicale du TPLF comme un levier décisif pour déstabiliser la nation de l’intérieur. Ces alliés extérieurs fournissent une couverture diplomatique, une logistique et un soutien matériel pour maintenir le nord de l’Éthiopie dans un état de crise perpétuelle. En agissant comme un mandataire des forces régionales hostiles à l’autodétermination économique et à l’intégrité territoriale de l’Éthiopie, les dirigeants du TPLF externalisent activement la déstabilisation de leur propre patrie. L’accord de Pretoria prévoyait explicitement le désarmement, la démobilisation et la réintégration (DDR) complets des forces armées tigréennes, établissant que l’Éthiopie ne dispose que d’une seule force de défense nationale unifiée. Alors que le gouvernement fédéral a mis en place le cadre national de DDR, le TPLF s’est opposé à un désarmement total. D'importants contingents de combattants restent armés, actifs et organisés selon des structures de commandement régionales. Les informations faisant état d'un réarmement, de recrutements forcés et de mouvements offensifs de troupes près des frontières régionales — coordonnés avec des éléments extérieurs — indiquent que le groupe se prépare activement à une nouvelle vague de guerre plutôt que d'opter pour la paix. Le fait de prendre en otage les populations civiles sous la menace d'une reprise des hostilités compromet gravement la sécurité régionale, freine la reprise économique et prolonge les souffrances humaines dans tout le nord de l'Éthiopie. La communauté internationale, notamment l’Union africaine, les Nations unies, les États-Unis et l’Union européenne, a joué un rôle constructif pour amener les parties à la table des négociations en 2022, et les partenaires internationaux doivent désormais renforcer la mise en œuvre des accords afin de protéger cet investissement dans la paix. Les acteurs internationaux doivent clairement dénoncer et condamner les actions qui violent l’Accord de Haïti (CoHA), en particulier le démantèlement de l’Administration provisoire et les refus de mener à bien le désarmement. Le soutien aux programmes de transition devrait être directement lié à des progrès mesurables et vérifiés dans le processus de DDR (désarmement, démobilisation et réintégration), parallèlement à un soutien sans équivoque à l’autorité fédérale légitime et à la gouvernance provisoire légalement reconnue. De plus, les agences d’aide internationales doivent veiller à ce que l’aide humanitaire parvienne directement à la population civile sans être détournée ou accaparée par des factions armées. Une prise de conscience croissante parmi les principaux acteurs internationaux révèle que le principal obstacle à une paix durable dans le nord de l’Éthiopie n’est plus un manque de bonne volonté fédérale, mais la subversion délibérée orchestrée par les factions radicales du TPLF et leurs soutiens régionaux extérieurs. Les récentes mesures diplomatiques prises par le gouvernement américain — notamment les restrictions ciblées en matière de visas imposées en vertu de la section 212(a)(3)(C) à l’encontre de figures radicales du TPLF et d’acteurs associés complices de l’érosion de l’accord de Pretoria — marquent un tournant décisif vers la responsabilisation. En sanctionnant directement les responsables du démantèlement de l’administration régionale provisoire du Tigré, du retard pris dans le désarmement et de l’orchestration d’une remilitarisation illégale, Washington a effectivement validé la position de longue date de l’État éthiopien : ce sont les élites internes récalcitrantes et les saboteurs extérieurs, en particulier ceux qui s’alignent sur les intérêts étrangers à Asmara et au Caire, qui sont les véritables auteurs de l’instabilité dans la Corne de l’Afrique. Pour protéger cet immense investissement en faveur de la paix, les partenaires internationaux doivent s’appuyer sur ces premières mesures de responsabilisation et mettre en place un dispositif systématique de mise en œuvre. Les déclarations diplomatiques doivent déboucher sur une mise en œuvre rigoureuse et conditionnelle, dans laquelle l’aide au développement, le soutien à la transition et la légitimité internationale dépendent strictement du respect vérifiable des protocoles de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR). En outre, les agences d’aide et les observateurs internationaux doivent contrôler les mécanismes de distribution de l’aide humanitaire afin d’empêcher les factions armées de détourner les fournitures de secours pour alimenter une mobilisation illicite. En soutenant sans équivoque une gouvernance intérimaire légitime et reconnue par la Constitution, et en renforçant les sanctions ciblées à l’encontre tant des partisans de la ligne dure au sein du pays que des saboteurs extérieurs, l’Union africaine, les Nations unies, les États-Unis et l’Union européenne peuvent garantir que l’accord de Pretoria reste un pont durable vers la paix plutôt qu’une simple trêve temporaire dans le conflit. Pour garantir une paix durable dans la Corne de l’Afrique, la communauté internationale ne peut plus se permettre d’adopter cette dangereuse posture de fausse équivalence. L’accord de Pretoria a tracé une voie claire et légale vers le rétablissement de l’unité nationale, mais sa mise en œuvre reste otage des ambitions révisionnistes des partisans de la ligne dure du TPLF et des jeux géopolitiques à somme nulle menés par des acteurs étrangers perturbateurs au Caire et à Asmara. Permettre à des acteurs internes de démanteler le gouvernement provisoire légitime et de se remilitariser sous le couvert d’un soutien étranger risque non seulement de réduire à néant la stabilité durement acquise par l’Éthiopie, mais aussi de déclencher un embrasement régional plus vaste. La communauté internationale — sous l’égide de l’UA, de l’ONU, des États-Unis et de l’UE — doit aller bien au-delà d’une rhétorique passive et agir avec détermination. En imposant une responsabilité stricte, en subordonnant leur soutien à un désarmement vérifié et en s’opposant à toute intervention étrangère, les acteurs internationaux peuvent neutraliser ces forces perturbatrices, protéger l’intégrité de l’accord de Pretoria et veiller à ce que la trajectoire souveraine de l’Éthiopie reste définie par la paix, l’unité et le progrès économique.
Social
L'offensive diplomatique de l'Éthiopie porte ses fruits dans la récupération de son patrimoine spolié, Alula Pankhurst
Sep 21, 2026 405
Addis Ababa le 21 septembre, 2026 (ENA) Alula Pankhurst a salué les efforts diplomatiques déployés par le gouvernement éthiopien pour récupérer les objets du patrimoine culturalement volés au pays par le pillage, la force ou d’autres moyens illicites. Mme Pankhurst, chercheuse et membre du Comité national éthiopien pour la restitution du patrimoine, a souligné que l’Éthiopie avait obtenu des résultats encourageants ces dernières années en renforçant son engagement diplomatique, en améliorant la coordination entre les parties prenantes et en appliquant le principe du « Medemer », ou synergie, pour faciliter le retour des biens du patrimoine culturel. Dans un entretien exclusif accordé à l’ENA, il a déclaré que de nombreux objets éthiopiens avaient été rapatriés au cours des sept dernières années grâce à des initiatives diplomatiques et à des efforts coordonnés impliquant des institutions gouvernementales, des chercheurs, des organisations de protection du patrimoine et des musées internationaux. M. Pankhurst a souligné que les objets du patrimoine soustraits par la force, le pillage ou d’autres moyens illicites devaient être restitués à leurs propriétaires historiques légitimes. Dans ce contexte, un chercheur britannique et consultant en développement social a déclaré que l’Éthiopie avait intensifié ses efforts pour identifier et récupérer les objets du patrimoine illégalement sortis du pays, y compris les artefacts qui sont par la suite apparus sur les marchés internationaux de l’art et des antiquités. Selon M. Pankhurst, les autorités éthiopiennes ont, à plusieurs reprises, formulé des objections diplomatiques officielles afin d’empêcher la vente d’objets éthiopiens sur les marchés étrangers. À la suite de l’annulation de ces ventes, le gouvernement et d’autres parties prenantes ont engagé des discussions avec les parties concernées pour négocier la restitution des objets, parfois par le biais d’accords prévoyant une indemnisation raisonnable et abordable, a-t-il précisé. M. Pankhurst a également mis en avant les efforts actuellement déployés pour récupérer l’Évangile de l’empereur Tewodros II, qui avait été pillé à Maqdala puis mis en vente à Abu Dhabi par une société autrichienne. Il a déclaré que le dialogue direct avec les musées internationaux était également devenu un moyen important d’obtenir la restitution du patrimoine éthiopien. À cet égard, un accord a été conclu avec le Toledo Museum of Art, aux États-Unis, en vue du rapatriement progressif d’environ 380 objets éthiopiens acquis par le musée auprès d’un particulier, a noté M. Pankhurst. En vertu de cet accord, le musée devrait restituer prochainement deux manuscrits du XVe siècle et trois croix, tandis que les autres objets seront rapatriés par étapes au cours des cinq à dix prochaines années.   M. Pankhurst a déclaré que ces accords témoignaient de l’importance d’un engagement diplomatique soutenu et d’une coopération entre les institutions gouvernementales, les chercheurs, les organismes chargés du patrimoine et les musées internationaux pour la restauration du patrimoine culturel de l’Éthiopie. Il a ajouté que les efforts de rapatriement actuellement menés contribuaient à la récupération d’objets historiques qui constituent une partie importante de l’identité culturelle et historique de l’Éthiopie.
La Corne de l’Afrique appelée à transformer les prévisions d’El Niño en actions anticipatoires
Sep 17, 2026 464
Addis Ababa le 17 septembre, 2026 (ENA) L’Éthiopie a appelé les États membres de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) à renforcer les mesures anticipatoires face aux risques liés au phénomène El Niño, en mettant l’accent sur le financement précoce, la coordination régionale et la transformation des systèmes d’alerte précoce en actions concrètes.   Le Secrétaire exécutif adjoint de l’IGAD, M. Mohamed Abdi Ware, a souligné que les prévisions disponibles offrent à la région une occasion d’agir avant que les risques ne se transforment en crise. Selon les prévisions de l’IGAD Climate Prédiction and Applications Centre (ICPAC), Il a rappelé les conséquences des épisodes précédents, notamment les inondations de 2023 qui ont fait au moins 352 morts en Éthiopie, au Kenya et en Somalie et déplacé plus de 2,4 millions de personnes, selon les chiffres présentés lors du forum. « Nous ne pouvons pas arrêter la pluie, mais nous pouvons décider de ce qu’elle trouvera à son arrivée », a-t-il déclaré, appelant les États membres à activer leurs plans de préparation, à prépositionner les fournitures nécessaires et à renforcer le partage des alertes au-delà des frontières. Pour sa part, le représentant du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Dr Zeynu Ummer, a estimé que les vulnérabilités révélées par les précédents épisodes d’El Niño en matière de financement, de coordination transfrontalière, d’infrastructures et de planification des évacuations constituent également des défis de développement à long terme.   Il a appelé à intégrer la gestion des risques de catastrophe dans les budgets nationaux et à développer des investissements durables dans le stockage de l’eau, la restauration des bassins versants, les infrastructures de transport résilientes et la gestion conjointe des bassins transfrontaliers. El Niño est un phénomène climatique lié au réchauffement des eaux de l'océan Pacifique, qui perturbe les précipitations et les conditions météorologiques. Ce forum se tient alors que la Corne de l'Afrique se prépare à faire face aux éventuels impacts d'El Niño, dans le but de renforcer la préparation régionale, les systèmes d'alerte précoce et les mesures préventives avant que les risques liés au climat ne s'intensifient.  
Le Premier ministre Abiy souhaite bonne chance aux élèves à l'occasion de la rentrée scolaire
Sep 16, 2026 385
Addis Ababa le 16 septembre,2026 (ENA) Le Premier ministre Abiy Ahmed a adressé ses meilleurs vœux aux étudiants de toute l’Éthiopie à l’occasion de la rentrée universitaire 2019, les exhortant à viser l’excellence et à contribuer à façonner l’avenir du pays.   Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le Premier ministre Abiy Ahmed a déclaré : « Notre jeune génération est la plus grande richesse de l’Éthiopie », ajoutant : « À l’aube de l’année universitaire 2019, j’encourage chaque étudiant à apprendre avec curiosité, à viser l’excellence et à développer les compétences nécessaires pour façonner l’avenir de notre nation. »   Il a précisé qu’une grande partie de ce qui se construit aujourd’hui est destinée « aux générations futures », soulignant que les élèves, en tant que « bénéficiaires et gardiens de cet avenir », ont un rôle essentiel à jouer pour « perpétuer le fier héritage civilisationnel » de l’Éthiopie.   Il a également rendu hommage aux enseignants, affirmant que leur dévouement est « essentiel pour former une génération compétente et sûre d’elle ».   « Continuez à inspirer nos élèves, à cultiver leur potentiel et à leur transmettre les connaissances et les valeurs qui leur permettront de s’épanouir », a-t-il déclaré.   Le Premier ministre a également souhaité à tous les acteurs du secteur de l’éducation « une année scolaire couronnée de succès et enrichissante ».
Économie
Les négociations d'adhésion de l'Éthiopie à l'OMC entrent dans leur phase finale : ministère
Sep 23, 2026 85
Addis Ababa le 23 septembre, 2026 (ENA) Selon le ministère du Commerce et de l’Intégration régionale, le processus d’adhésion de l’Éthiopie à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), engagé de longue date, entre désormais dans sa phase finale. Au terme d’une longue série de discussions, le ministère a souligné que la conclusion réussie du processus de négociation et l’obtention du statut de membre à part entière de l’OMC renforceraient les réformes économiques en cours dans le pays et favoriseraient une croissance économique durable. Le ministère a déclaré que le processus d’adhésion restait une priorité nationale majeure, reposant sur deux piliers fondamentaux : les négociations multilatérales et les accords bilatéraux d’accès aux marchés. Dans le cadre multilatéral, l’Éthiopie a franchi plusieurs cycles d’examens, répondant aux questions d’ordre macroéconomique et commercial posées par les États membres de l’OMC. Ces efforts ont permis au pays d’atteindre avec succès la phase finale de la rédaction du rapport du groupe de travail. Parallèlement, l’Éthiopie a mené des négociations bilatérales d’accès au marché avec 17 pays. Des accords officiels ont été finalisés avec 11 d’entre eux, tandis que les discussions avec les six autres se poursuivent par la voie diplomatique. Selon le ministère, l’adhésion à l’OMC offrira à l’Éthiopie un système commercial moderne et prévisible, permettant au pays de préserver ses intérêts et de participer activement aux processus juridiques et législatifs régissant le commerce mondial. En rendant les procédures d’exportation plus prévisibles et non discriminatoires, le pays s’ouvrira à de nouvelles opportunités pour attirer les investissements directs étrangers. En outre, cette adhésion élargira l’accès aux marchés, favorisera la transition des exportations de matières premières vers une intégration plus poussée dans les chaînes de valeur mondiales, et renforcera les capacités institutionnelles en alignant la législation nationale sur les normes internationales. Afin de garantir que le pays tire pleinement parti des avantages de son adhésion, le gouvernement a mené un vaste travail préparatoire. Celui-ci comprend notamment le renforcement de la compétitivité internationale des secteurs manufacturier et agricole nationaux, la mise en œuvre de réformes juridiques essentielles et la sensibilisation des milieux d’affaires locaux. Pour l’avenir, le ministère a défini les priorités clés visant à finaliser rapidement le processus d’adhésion, notamment la préparation de la huitième réunion du groupe de travail, la conclusion des négociations bilatérales avec les six pays restants et la résolution des questions nécessitant des décisions gouvernementales de haut niveau. Il sera essentiel de maintenir cette dynamique dans tous ces domaines pour mener à bien le long processus d'adhésion de l'Éthiopie à l'OMC.
L'illusion égyptienne d'une tutelle sur le Nil est définitivement anéantie
Sep 23, 2026 82
Par un rédacteur Le 23 septembre, 2026 (ENA) Quels que soient les changements de gouvernement ou de direction en Égypte, une chose reste constante dans le discours officiel égyptien concernant le Nil : il s’agit d’aborder les ressources des pays du bassin sous l’angle de la tutelle et de considérer le développement des pays en amont comme une question nécessitant l’accord du Caire. Cependant, cette mentalité hydro-impérialiste lamentable n’est plus en mesure d’expliquer la réalité actuelle du Nil. L’Afrique a changé et le système régional du bassin du Nil a évolué, tandis que le discours égyptien continue d’utiliser un langage appartenant à une époque historique que le continent a dépassée depuis des décennies. Comme l’a si bien souligné le ministère éthiopien de l’Eau et de l’Énergie, les récentes déclarations du ministre égyptien des Ressources en eau et de l’Irrigation reflètent une « mentalité coloniale grossière » qui caractérise la politique de l’Égypte envers les pays africains. Cette caractérisation n’a pas été motivée uniquement par ces dernières déclarations, car le ministère éthiopien de l’Eau et de l’Énergie avait déjà mis en garde contre la persistance de ce qu’il décrivait comme une mentalité héritée de l’époque coloniale dans le traitement de la question du Nil, affirmant que l’Éthiopie ne renoncerait pas à son droit d’utiliser le fleuve pour répondre aux besoins de développement de sa population. Le discours officiel égyptien, maintes fois répété, et les expressions utilisées en référence au Nil sont « droits historiques », « toutes les mesures disponibles » et « sécurité hydrique » ; comme si le simple fait de répéter ces termes pouvait en soi conférer à un État des droits supplémentaires sur un fleuve transfrontalier. Mais les mots, aussi tranchants et peu diplomatiques soient-ils, ne peuvent changer le fait que l’Éthiopie est un État souverain et que ses ressources naturelles situées sur son territoire relèvent de son droit au développement. Le ministre éthiopien de l’Eau et de l’Énergie, Habtamu Itefa, avait précédemment déclaré que l’Éthiopie n’avait besoin de l’autorisation d’aucun pays pour exploiter ses ressources en eau, expliquant que le pays avait construit le Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne sans demander l’autorisation à quiconque et qu’il continuerait à construire d’autres barrages dans ses bassins fluviaux lorsque le besoin s’en ferait sentir. Il ne s’agit pas là d’une simple déclaration politique, mais du reflet d’une réalité déjà établie sur le terrain. Le barrage est achevé et produit de l’énergie ; l’Éthiopie est ainsi passée du statut de pays confronté à un déficit majeur en matière de production d’électricité à celui d’un pays qui développe ses exportations d’énergie vers ses voisins, tout en s’attachant à exploiter son énorme potentiel hydroélectrique pour assurer l’accès à l’électricité à sa population, soutenir l’industrialisation et favoriser le développement. Le double standard effréné L’un des paradoxes les plus flagrants du discours égyptien réside dans l’insistance du Caire sur la nécessité d’une consultation et d’une approbation de sa part avant que les pays en amont ne mettent en œuvre des projets, alors que l’Égypte elle-même a procédé à la construction du haut barrage d’Assouan sans que les pays en amont aient eu un rôle comparable dans la prise de décision concernant ce projet. Le ministère éthiopien de l’Eau et de l’Énergie a souligné ce deux poids deux mesures dans son communiqué, insistant sur le fait que Le Caire considère son accord comme une condition préalable à l’exploitation de leurs ressources en eau par les pays du bassin du Nil, alors même que l’Égypte a construit le grand barrage d’Assouan sans consulter les pays en amont. C’est là que se pose la question à laquelle le discours politique ne peut échapper : si l’Égypte a le droit de développer ses ressources en eau sur son territoire sans demander l’autorisation des pays en amont, pourquoi le même principe ne s’applique-t-il pas à l’Éthiopie et aux autres pays ? Un double standard effréné ne permet pas de créer un système équitable de gestion des cours d’eau transfrontaliers. Un héritage injuste ne peut régir l’avenir Une partie fondamentale de la position égyptienne repose toujours sur des arrangements et accords historiques remontant à des circonstances politiques totalement différentes de la réalité africaine d’aujourd’hui. L’Éthiopie n’était pas partie à l’accord de 1959, pas plus que les autres pays en amont n’ont participé à l’élaboration d’un système visant à déterminer l’avenir des eaux du Nil sans leur participation. Par conséquent, tenter de présenter ces arrangements comme une base définitive pour les droits de tous les pays du bassin revient à ignorer un fait fondamental : un État qui n’était pas partie à un accord ne peut, avec le temps, s’y voir lié simplement parce qu’un autre État l’exige. L’Afrique a changé sur les plans politique, démographique et économique. Les besoins en électricité, en denrées alimentaires et en eau se sont multipliés, de nouveaux projets d’intégration régionale ont vu le jour, et les pays en amont sont désormais mieux à même d’exploiter leurs ressources naturelles. Par conséquent, reproduire les accords du passé comme seule solution pour l’avenir n’est pas de la coopération. Il s’agit d’une tentative de préserver un héritage injuste malgré l’évolution des circonstances qui l’ont engendré. L'Éthiopie soutient que les fleuves transfrontaliers doivent être des vecteurs de coopération, de développement et d'intégration, et non des instruments visant à exclure les pays situés en amont ou à restreindre leur droit au développement. En janvier 2026, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Habtamu Itefa, a affirmé que les fleuves transfrontaliers éthiopiens devaient être considérés comme des ressources partagées et des opportunités de coopération et de croissance verte, soulignant que la disponibilité de l’eau en Éthiopie pouvait apporter des avantages potentiels au Soudan, au Soudan du Sud, au Kenya, à la Somalie et à l’Égypte. Voici la position éthiopienne : l’eau n’est pas la propriété exclusive de l’Éthiopie, mais elle n’est pas non plus celle de l’Égypte. L’Éthiopie ne revendique pas le monopole sur le Nil ; elle refuse simplement que la participation à la gestion du fleuve serve de prétexte pour la priver de l’utilisation de ses ressources. La différence entre ces deux positions est fondamentale. Le Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne : un projet contre-hégémonique Le Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne n’est plus un projet susceptible d’être influencé par des déclarations politiques ou par les avertissements diplomatiques de l’Égypte, largement relayés par les médias. Il est devenu une réalité en matière de développement et de stratégie. Le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Habtamu Itefa, a déclaré que le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne avait contribué à doubler la capacité de production d’électricité de l’Éthiopie pour la porter à environ 9,6 gigawatts, et qu’il était également devenu un catalyseur de l’interconnexion électrique et de la coopération économique régionale. Il a également expliqué que l’Éthiopie exportait de l’électricité vers Djibouti, le Soudan et le Kenya, et qu’elle cherchait à étendre son réseau d’interconnexion électrique avec d’autres pays. Ainsi, le projet que le discours égyptien a tenté pendant des années de présenter comme une source de menace fait en réalité désormais partie d’une transformation plus large du système énergétique africain. Plus important encore, l’Éthiopie ne considère pas ses ressources en eau comme un moyen d’exercer une influence sur les autres, mais comme un fondement pour surmonter la pauvreté énergétique et parvenir à l’industrialisation et à la croissance économique. Le problème de l’Égypte ne se limite toutefois pas au GERD. Pour ceux qui savent lire entre les lignes, la volonté sous-jacente du pays a été exprimée à maintes reprises dans ses déclarations officielles. Le Caire n’est en aucun cas prêt à accepter l’Éthiopie comme un pays en développement fort, capable d’investir dans ses ressources naturelles sans attendre l’approbation extérieure. Mais l’Éthiopie a déjà démontré qu’elle était capable et déterminée à exploiter ses ressources sans l’autorisation de quiconque. Accepter cette réalité et développer la région de manière conjointe constitue la bonne réponse. En août, le ministre éthiopien de l’Eau et de l’Énergie a affirmé que son pays continuerait à exploiter ses ressources en eau et construirait d’autres barrages si nécessaire. Le ministre a également souligné que l’avenir de l’Éthiopie était étroitement lié au fleuve Abay et à la mer Rouge, et que le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne constituait un projet transformateur qui avait modifié la position du pays dans les domaines de l’énergie, du développement et de l’intégration régionale. Ainsi, parier que de fermes déclarations politiques puissent ramener l’Éthiopie à une phase d’hésitation ou d’attente revient à parier sur une réalité qui n’existe plus. L’Éthiopie a déclaré à maintes reprises que les cours d’eau transfrontaliers devaient être des moteurs de coopération et de prospérité partagée, tout en rejetant toute notion d’hégémonie sur l’eau qui priverait les pays en amont de leurs droits souverains. C’est la position réaffirmée par le ministère de l’Eau et de l’Énergie. Conformément à ce principe, l’Éthiopie continue de renforcer ses capacités, de produire de l’électricité et d’exporter de l’énergie, ainsi que d’investir dans ses ressources en eau. Elle poursuit également ses efforts en matière de réhabilitation des bassins versants, de reboisement, de préservation de l’environnement et de renforcement de la durabilité du bassin de l’Abay, un point souligné par le ministère de l’Eau et de l’Énergie dans sa dernière déclaration. L’Éthiopie ne fera pas marche arrière Les déclarations répétées de l’Égypte ne changeront pas le cours des choses, pas plus que les propos virulents ne conféreront au Caire une autorité que ni la loi ni la réalité ne lui ont accordée. Les accords passés ne permettront pas de revenir en arrière et ne pousseront pas l’Éthiopie à renoncer à son droit d’utiliser ses ressources naturelles. Au contraire, la poursuite de ce discours risque d’aboutir au résultat inverse : révéler la profondeur d’une mentalité qui continue de considérer le développement éthiopien comme une menace plutôt que comme une opportunité de coopération africaine. Il est donc temps que l’Égypte considère le Nil comme un bassin africain commun, et non comme une sphère d’influence unilatérale. Il est également temps de reconnaître que l’Éthiopie n’est pas un pays qui attend qu’on lui donne la permission de décider de son avenir. Le Nil ne sera pas un instrument de domination et le développement de l’Éthiopie ne s’arrêtera pas à cause d’une rhétorique politique, aussi bruyante soit-elle. La réalité du XXIe siècle impose une autre règle : le respect mutuel plutôt que la tutelle, la coopération plutôt que l’hégémonie, et le développement partagé plutôt que l’exclusion. Il ne s’agit pas simplement d’une vision éthiopienne. C’est la seule voie capable de faire passer le bassin du Nil d’un héritage de conflits à un espace d’intégration africaine.
Les problèmes hydriques de l’Égypte : une histoire de mauvaise gestion et d’hypocrisie
Sep 22, 2026 331
Par la rédaction Le 22 septembre, 2026 (ENA) Alors que le monde est confronté aux défis de la pénurie d’eau et du développement durable, la position de l’Égypte sur ces questions suscite des interrogations. Bien qu’elle dispose de vastes réserves d’eau souterraines qui pourraient durer des siècles, même si les précipitations en Éthiopie venaient à cesser, l’Égypte continue de crier au scandale concernant l’utilisation des eaux de l’Abay (le Nil). Mais cette préoccupation porte-t-elle véritablement sur la pénurie d’eau, ou s’agit-il d’une tentative à peine voilée d’étouffer le développement de ses pays voisins ? Une histoire de mauvaise gestion de l’eau Les pratiques de gestion de l’eau en Égypte comptent en effet parmi les pires au monde. Le secteur agricole du pays, qui consomme la part du lion de ses ressources en eau, est dominé par des cultures très gourmandes en eau comme la canne à sucre et le riz. Ces cultures sont non seulement non durables, mais elles contribuent également aux problèmes hydriques du pays. Il est ironique que, alors que l’Égypte est prête à gaspiller ses ressources en eau pour ces cultures, elle attende d’autres pays, comme l’Éthiopie, qu’ils renoncent à leur propre développement et limitent leur consommation d’eau à un simple filet.   Un deux poids, deux mesures L’approche de l’Égypte en matière de gestion de l’eau est un exemple classique du « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». D’un côté, le pays est prêt à gaspiller ses ressources en eau dans des projets somptueux, tels que des villes tentaculaires construites dans le désert, tandis que de l’autre, il attend des Éthiopiens qu’ils vivent dans l’obscurité, sans même disposer des commodités de base que sont l’électricité et l’eau potable. Ce deux poids, deux mesures est non seulement hypocrite, mais rappelle aussi de manière flagrante la propension de l’Égypte à gaspiller l’eau dans le désert, tout en refusant à ses voisins le droit de développer leurs propres ressources en eau. Un manque de gratitude Malgré les efforts de l’Éthiopie pour planter plus de 56 milliards de jeunes plants, une initiative qui contribuera non seulement à réduire l’évaporation de l’eau du Nil, mais aussi à la lutte mondiale contre le changement climatique, l’Égypte a choisi de répondre par l’ingratitude. Au lieu de remercier l’Éthiopie pour sa gestion responsable de l’environnement, l’Égypte a choisi de déstabiliser le pays, en utilisant toutes les ruses possibles pour saper son développement. Cette logique tordue témoigne du manque de vision à long terme de l’Égypte et de son incapacité à avoir une vision d’ensemble. Une mentalité néocoloniale Le comportement de l’Égypte envers ses voisins, en particulier le Soudan, rappelle cruellement sa mentalité néocoloniale. En traitant le Soudan comme un appendice, l’Égypte tente de démanteler la souveraineté de ce pays et de le réduire à un simple État vassal. Cette approche est non seulement contre-productive, mais constitue également une menace pour la stabilité et la sécurité régionales. Une stratégie de la corde raide L’objectif ultime de l’Égypte est de s’assurer qu’aucun pays, d’un côté ou de l’autre de la mer Rouge, ne prospère. Cette stratégie de la corde raide est la recette du désastre, car elle ne fera qu’exacerber les tensions et créer un climat de méfiance et d’hostilité. En adoptant cette approche, l’Égypte nuit non seulement à ses voisins, mais sape également ses propres intérêts à long terme. En conclusion, les problèmes hydriques de l’Égypte sont une blessure qu’elle s’est infligée elle-même, causée par sa propre mauvaise gestion et son hypocrisie. Au lieu de rejeter la responsabilité de sa pénurie d’eau sur ses voisins, l’Égypte devrait examiner de près ses propres pratiques et politiques. En adoptant une approche plus durable et plus équitable de la gestion de l’eau, l’Égypte peut non seulement garantir sa propre sécurité hydrique, mais aussi contribuer au développement et à la prospérité de ses pays voisins. D’ici là, les lamentations de l’Égypte sur la pénurie d’eau ne resteront rien d’autre qu’une tentative à peine voilée d’étouffer le développement des autres, tandis qu’elle continue de gaspiller ses propres ressources en eau en toute impunité.
Les propos d'un ministre égyptien témoignent d'une mentalité coloniale grossière : ministère de l'Eau et de l'Énergie
Sep 22, 2026 203
Addis Ababa le 22 septembre, 2206 (ENA) La récente déclaration du ministre égyptien des Ressources en eau et de l'Irrigation suggérant que les Éthiopiens manquent d'éducation est une manifestation d'une mentalité coloniale grossière qui définit la politique du Caire dans ses relations avec les États africains, a souligné le ministère éthiopien de l'Eau et de l'Énergie. Les propos tenus récemment par le ministre égyptien des Ressources en eau et de l'Irrigation, Hani Sewilam, sont profondément regrettables, a déclaré aujourd'hui le ministère dans un communiqué publié en réponse aux déclarations de M. Sewilam. « Cette déclaration est la manifestation d'une mentalité coloniale grossière qui caractérise la politique du Caire dans ses relations avec les États africains », a-t-on déclaré dans un communiqué. Pour Le Caire, son approbation est une condition préalable à l'exploitation des ressources en eau par les pays riverains du Nil et de l'Abbaye. Et ce, malgré le fait que l'Égypte ait entrepris la construction du haut barrage d'Assouan sans consulter aucun État riverain situé en amont. Le communiqué publié par le ministère éthiopien de l'Eau et de l'Énergie souligne que les propos incendiaires des responsables égyptiens et le double discours qu'ils affichent n'ont pas leur place dans le cadre d'une coopération à l'échelle du bassin. L’Éthiopie réaffirme son droit souverain d’utiliser ses ressources naturelles, notamment le fleuve Abbay, pour répondre aux besoins de ses générations présentes et futures, a-t-elle ajouté. Elle a souligné que l'Éthiopie a toujours soutenu que les fleuves transfrontaliers devraient favoriser la coopération, la prospérité partagée et l'intégration régionale plutôt que la rivalité monopolistique et l'exclusion, rejetant toute notion d'hydro-impérialisme qui cherche à nier aux pays sources leurs droits inhérents en tant que nations souveraines. Alors que certains continuent de percevoir le fleuve Abay principalement sous l'angle de la sécurité et de la concurrence à somme nulle, l'Éthiopie a investi massivement dans la réhabilitation du bassin versant, le reboisement et la conservation de l'environnement afin de renforcer la durabilité à long terme du bassin. L’approche de l’Éthiopie contraste fortement avec le discours hostile qui a trop souvent dominé le discours officiel au Caire. Il est temps pour Le Caire de se détacher de sa politique obsolète et d'aborder la question avec une perspective du XXIe siècle, fondée sur le respect mutuel et les intérêts éclairés à long terme de tous, a souligné le ministère, insistant sur la nécessité de renoncer aux rêves hégémoniques dépassés et d'embrasser l'aube d'une nouvelle réalité.
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Les Politiques Éthiopiennes en Matière d’E-Mobilité Inspirent l’Afrique
Sep 23, 2026 66
Addis Ababa le 23 septembre, 2026 (ENA) Selon Damilola Odunlade-Akeju, entrepreneur nigérian spécialisé dans la mobilité, les politiques de l’Éthiopie en matière de mobilité électrique incitent d’autres pays africains à revoir et à élaborer leurs propres cadres pour accélérer le développement des transports écologiques. Lors du Sommet nordique-africain sur les véhicules électriques qui s’est tenu en Éthiopie, M. Odunlade-Akeju, fondateur et PDG de DriveMe Mobility au Nigeria, a souligné que les villes et les pays africains s’inspirent de plus en plus de l’orientation politique de l’Éthiopie lorsqu’ils examinent les mesures visant à accélérer l’adoption de la mobilité électrique. L’expérience de l’Éthiopie démontre l’importance des politiques gouvernementales pour créer un environnement propice au développement des transports verts, d’autant plus que d’autres pays africains réfléchissent à la manière de structurer leur propre secteur de la mobilité électrique. « Les politiques gouvernementales seront le moteur de l’adoption et du développement de la mobilité électrique à travers l’Afrique », a déclaré M. Odunlade-Akeju, soulignant qu’une orientation politique claire est essentielle pour instaurer la confiance parmi les acteurs du secteur privé. La sécurité politique encourage les entreprises privées à investir dans la mobilité électrique en leur offrant un cadre plus clair pour le développement du marché et leur participation à long terme. L’expérience de l’Éthiopie est pertinente pour d’autres pays africains, car la politique gouvernementale doit s’accompagner de mesures favorisant la normalisation, garantissant ainsi que les différents acteurs puissent opérer au sein d’un système de mobilité électrique cohérent. Si la politique gouvernementale fournit le cadre, les initiatives du secteur privé contribuent tout autant au développement du secteur. La combinaison de l’orientation gouvernementale et de l’initiative du secteur privé est essentielle pour accélérer la transition, des politiques appropriées garantissant que ce secteur émergent se développe de manière coordonnée. Odunlade-Akeju a évoqué l’utilisation croissante des bus électriques à Addis-Abeba comme exemple de la manière dont la mobilité verte peut être intégrée aux transports publics. Les transports en commun peuvent contribuer à accroître l’adoption de la mobilité électrique. Après avoir observé les bus électriques d’Addis-Abeba, il a souligné que le développement des transports publics électriques apporte une dimension concrète à l’approche plus large de l’Éthiopie en matière de politique de mobilité électrique. Renforcer la compréhension et la sensibilisation aux transports verts, parallèlement à des politiques de soutien et à des solutions de transports en commun, peut aider les pays africains à faire progresser leur transition vers la mobilité électrique. Jan Tore Gjøby, fondateur norvégien et conseiller en mobilité électrique, a mis en avant l’expérience naissante de l’Éthiopie, affirmant que le pays devrait développer des solutions adaptées à ses besoins tout en tenant compte de leur pertinence pour l’ensemble du marché africain.   M. Gjøby a souligné la nécessité de disposer de feuilles de route claires, d'exigences précises et de normes communes à mesure que l'Éthiopie développe la mobilité électrique. Selon lui, des systèmes coordonnés sont indispensables pour garantir que les véhicules électriques, les infrastructures de recharge et les réseaux électriques fonctionnent ensemble de manière efficace.
L'Éthiopie et la Corée du Sud étudient les possibilités de coopération dans les domaines de la logistique verte et de la mobilité intelligente
Aug 28, 2026 1403
Addis Ababa le 28 août, 2026 (ENA) L'Éthiopie et la Corée du Sud ont mené des discussions sur le renforcement de leur coopération bilatérale dans les secteurs de la logistique verte et de la mobilité intelligente. Le ministre d'État chargé des Transports et de la Logistique, Dhenge Boru, a reçu dans son bureau une délégation de chercheurs sud-coréens afin d'évoquer les possibilités de partenariat dans le domaine des systèmes de logistique et de mobilité intelligents. Cette réunion de consultation a porté principalement sur le « projet d’aide publique au développement (APD) relatif au programme de transition vers une logistique verte d’Ethiopost ». Le responsable du groupe de recherche, Yang Ho Lee, a déclaré que la logistique verte et la mobilité figuraient parmi les principaux domaines d’investissement de la Corée du Sud en Éthiopie. M. Dhenge a souligné que la mise en œuvre du projet avançait sans encombre et s’inscrivait dans la feuille de route stratégique du secteur des transports et de la logistique. Selon une publication du ministère sur les réseaux sociaux, M. Dhenge a souligné que, ce projet s’inscrivant directement dans la ligne de la politique gouvernementale et des objectifs de développement, l’administration s’engage pleinement à apporter tout le soutien nécessaire. Il a également insisté sur le fait que l’intégration des technologies modernes dans les opérations est essentielle pour améliorer l’efficacité et la performance globale des services logistiques. Le ministère a en outre déclaré que la vaste expérience pratique et les capacités technologiques de pointe de la Corée du Sud apporteraient des avantages significatifs à l’Éthiopie. De son côté, Yang Ho Lee a déclaré que les progrès notables réalisés par l’Éthiopie en matière de transport écologique et de protection de l’environnement constituaient un facteur majeur de l’intérêt de la Corée du Sud pour les investissements dans ce pays.   Selon la publication du ministère sur les réseaux sociaux, les deux parties ont conclu leur rencontre en explorant les moyens de renforcer la coopération bilatérale par le biais d’échanges de connaissances et d’une collaboration entre experts dans les domaines de la logistique verte, de la mobilité intelligente et de l’application des technologies modernes.
L'Éthiopie met en avant la transformation numérique lors de la 7e réunion du groupe de travail des BRICS sur les TIC en Inde
Aug 20, 2026 1207
Addis Ababa le 20 août, 2026 (ENA) L'Éthiopie a présenté son programme de transformation numérique et l'architecture stratégique « Digital Ethiopia 2030 » lors de la 7e réunion du groupe de travail des BRICS sur les technologies de l'information et de la communication (TIC), qui s'est tenue à Pune, en Inde. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, l'ambassade d'Éthiopie à New Delhi a indiqué que la délégation éthiopienne avait présenté les efforts déployés par le pays pour développer les services numériques, tirer parti de la technologie afin de moderniser la prestation des services publics et soutenir la croissance économique. Soulignant l’importance de renforcer la coopération en matière de TIC entre les pays du BRICS, la délégation a présenté des solutions numériques clés, notamment Fayda Digital ID et MESOB, une plateforme de services numériques à guichet unique conçue pour fournir des services publics selon une approche de « guichet unique ». Ces initiatives ont été présentées dans le cadre des efforts plus larges déployés par l’Éthiopie pour mettre en place un écosystème numérique intégré, améliorer l’accès aux services publics et promouvoir un développement économique fondé sur l’innovation. La réunion, organisée sous le thème de la présidence indienne du BRICS, « Construire pour la résilience, l’innovation, la coopération et la durabilité », a rassemblé des représentants des pays membres pour des discussions stratégiques sur la coopération en matière de TIC et les technologies numériques émergentes.   La participation de l'Éthiopie a mis en évidence son engagement à renforcer la coopération numérique avec les pays du BRICS, à partager ses expériences et à promouvoir une transformation numérique inclusive et durable.
Le maréchal Birhanu insiste sur la nécessité d'adapter les technologies pour préserver la souveraineté et les intérêts nationaux
Aug 13, 2026 1223
Addis Ababa le 13 aout, 2026 (ENA) Le chef d'état-major général des Forces de défense nationales éthiopiennes (ENDF), le maréchal Birhanu Jula, a déclaré que l'adoption des technologies était essentielle pour préserver efficacement la souveraineté et les intérêts nationaux de l'Éthiopie. Le maréchal a fait cette déclaration lors de la signature d’un protocole d’accord entre l’ENDF et l’Institut éthiopien d’intelligence artificielle. Ce protocole d’accord vise à mettre en place une force de défense moderne dotée de capacités en matière d’intelligence artificielle. Au cours de la cérémonie de signature, les deux parties ont discuté des domaines clés dans lesquels l’IA pourrait renforcer l’efficacité militaire, notamment la logistique, la formation, la cybersécurité, les soins de santé militaires, l’armée de l’air et la guerre électronique. À cette occasion, le maréchal Birhanu a souligné que l’intégration de l’intelligence artificielle dans les efforts de modernisation de l’armée était essentielle pour mieux atteindre les objectifs fixés. Cet accord soutiendra le développement militaire en cours grâce à la technologie de l’IA, a-t-il ajouté. Soulignant que l’intelligence artificielle est largement utilisée dans le secteur de la santé, le maréchal a déclaré que le protocole d’accord jouerait un rôle majeur dans la mise en œuvre efficace de l’IA au sein des établissements de santé de la défense.   Il a également souligné l’importance de la formation assistée par la technologie pour développer une force compétente et a déclaré que les institutions renforceraient leur coopération dans ce domaine. De son côté, le directeur général de l’Institut éthiopien d’intelligence artificielle, Worku Gachena, a déclaré que l’IA recelait un immense potentiel pour les forces de défense, notamment pour renforcer les capacités aériennes, terrestres et cybernétiques.   Il a réaffirmé l'engagement de l'institut à collaborer avec l'ENDF dans le cadre des efforts visant à mettre en place une armée moderne.
Sport
Tournoi de football diplomatique : les participants saluent le patrimoine et l’accueil éthiopiens
Jun 14, 2026 14402
Addis-Abeba, le 14 juin 2026 (ENA) : - Les participants à un tournoi diplomatique de football organisé à Addis-Abeba ont exprimé leur admiration pour la richesse culturelle, l’héritage historique et l’accueil chaleureux de l’Éthiopie.   Organisé dans le cadre des préparatifs de la Coupe du monde 2026, le tournoi a rassemblé des équipes diplomatiques et plusieurs invités, qui ont ensuite effectué une visite de certains des principaux sites culturels et historiques de la capitale.   La délégation s’est rendue au Musée national d’Éthiopie, au Mémorial de la Victoire d’Adoua ainsi qu’au Parc des sports d’Addis-Abeba, offrant à de nombreux visiteurs une meilleure compréhension de l’histoire et des progrès actuels du pays.   Plusieurs participants ont indiqué que cette expérience avait profondément modifié leur perception de l’Éthiopie.   Gordon Johnson, l’un des participants, a exprimé son enthousiasme face à ce qu’il a découvert durant sa visite. « Les habitants sont extrêmement accueillants et chaleureux. J’apprécie énormément leur culture », a-t-il déclaré.   Il a ajouté : « Nous avons visité le musée, où le guide nous a présenté des fossiles d’hominidés découverts dans les années 1960, 1970 et 1990, remontant à plusieurs millions d’années. »   Selon Johnson, cette expérience met en évidence l’importance historique exceptionnelle de l’Éthiopie, au-delà des perceptions contemporaines.   Loïc Kovamo, une touriste venue du Cameroun, a également indiqué que cette visite avait bouleversé les idées qu’elle se faisait auparavant du pays.   « Je suis impressionnée, car je n’imaginais pas l’Éthiopie sous cet angle. C’est un pays très développé et les Éthiopiens sont profondément fiers de leur identité », a-t-elle déclaré, ajoutant : « Je repars avec une immense fierté africaine après avoir découvert l’extraordinaire courage du peuple éthiopien. »   Mark Hayes, un autre visiteur, a affirmé que sa vision du pays avait évolué dès son arrivée à Addis-Abeba.   « Nous avons souvent des idées préconçues avant de venir, mais la réalité est tout autre. C’est un pays remarquable », a-t-il déclaré, ajoutant : « Nous retournons désormais chez nous pour raconter combien l’Éthiopie est exceptionnelle. Je suis fier d’en faire la promotion. »   Il a également indiqué qu’il prévoyait de partager son expérience au Royaume-Uni, précisant qu’il « raconterait à ses compatriotes anglais ce qu’il a découvert à Addis-Abeba ».   Joseph Kirule, employé de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à Addis-Abeba, a pour sa part souligné l’importance des sites historiques visités.   « Aujourd’hui, nous avons découvert plusieurs étapes majeures de la civilisation humaine qui ont pris naissance ici », a-t-il déclaré, ajoutant : « Nous avons notamment appris l’histoire de la victoire d’Adoua. C’est un événement majeur qui renforce notre fierté et notre prestige en tant qu’Africains. »
« Après des décennies d'expansion et de succès, Ethiopian Airlines s'impose comme la première compagnie aérienne d'Afrique », déclare son PDG
May 17, 2026 15238
Addis Ababa le 17 mai,2026 (ENA) Ethiopian Airlines a consolidé sa position de première compagnie aérienne d’Afrique après des années de croissance soutenue et de succès opérationnel, a déclaré dimanche Mesfin Tasew, PDG du groupe.   Ces propos ont été tenus lors d'une course de 8 kilomètres organisée dans le cadre des célébrations marquant le 80e anniversaire de la compagnie.   S'exprimant lors de l'événement, le PDG Mesfin est revenu sur les modestes débuts de la compagnie en 1946, lorsqu'elle a démarré ses activités avec une petite flotte d'avions seulement.   Depuis lors, a-t-il déclaré, la compagnie aérienne s'est considérablement développée et exploite aujourd'hui l'une des flottes les plus modernes du continent, comprenant des appareils de pointe de Boeing et d'Airbus.   Selon M. Tasew, la compagnie dessert actuellement plus de 145 destinations internationales à travers le monde et a connu une forte croissance dans de nombreux secteurs, notamment le transport de fret, la formation aéronautique dispensée par l’Ethiopian Aviation Academy et d’autres services liés à l’aviation.   Il a ajouté que la solidité opérationnelle de la compagnie et ses investissements stratégiques à long terme ont contribué à en faire l’un des transporteurs les plus prisés d’Afrique et un acteur majeur de l’industrie aéronautique mondiale.   Dans le cadre de la commémoration de ses huit décennies d'activité, Ethiopian Airlines organise une série d'événements festifs, notamment une course urbaine, des tables rondes, des expositions et des programmes de sensibilisation communautaire.   La course anniversaire a attiré des personnalités de haut rang, dont Sileshi Sihine, président de la Fédération éthiopienne d'athlétisme, ainsi que des dirigeants de la compagnie aérienne et des invités.   La course a débuté sur la place Pouchkine, communément appelée Sar Bet, et devait s'achever à l'aéroport international de Bole.   Des athlètes, des employés de compagnies aériennes, des membres de la communauté sportive et des représentants de diverses institutions participent à cet événement.
L’industrie manufacturière occupe une place stratégique dans les efforts de consolidation de l’économie éthiopienne : Ministre Melaku Alebel.
Apr 26, 2026 12545
Addis-Abeba, le 26 avril 2026 (ENA) : - Le ministre de l’Industrie, Melaku Alebel, a affirmé que le gouvernement met l’accent sur le développement du secteur manufacturier pour renforcer les fondements économiques de l’Éthiopie.   S’exprimant à l’occasion de la course urbaine de 10 kilomètres « Ethiopia Tamrit », organisée sur la place Meskel, le ministre a réaffirmé l’engagement du gouvernement à renforcer les capacités industrielles et à valoriser les produits fabriqués localement. L’événement a réuni plusieurs hauts responsables, parmi lesquels la ministre de la Culture et des Sports, Shewit Shanka, l’adjoint au maire d’Addis-Abeba, Jantrar Abay, ainsi que le président de la Fédération éthiopienne d’athlétisme, Sileshi Sihine. Le ministre Melaku a expliqué que cette initiative visait à promouvoir les équipements sportifs produits dans le pays et à mettre en lumière les avancées des industries engagées dans la substitution aux importations. « Le gouvernement accorde une priorité claire à l’industrie manufacturière pour asseoir une base économique solide », a-t-il déclaré, soulignant que les réformes entreprises ces dernières années commencent à produire des résultats concrets. Il a également indiqué que la dynamique du secteur s’est intensifiée depuis le lancement de l’initiative « Ethiopia Tamrit », avec des progrès notables tant en termes de qualité que de volume de la production nationale. Selon lui, l’adoption des produits locaux s’inscrit dans une tendance croissante, plusieurs biens auparavant importés étant désormais fabriqués en Éthiopie. Il a assuré que les efforts se poursuivraient afin de renforcer la contribution du secteur à l’économie nationale et d’accélérer la transformation industrielle. De son côté, la ministre Shewit Shanka a mis en avant les investissements réalisés dans le domaine sportif, estimant que le développement des infrastructures crée de nouvelles opportunités pour la participation et l’épanouissement des jeunes. Elle a souligné que la synergie entre le sport et l’industrie favorise le remplacement des équipements importés par des produits locaux, précisant que les tenues utilisées lors de la course avaient été entièrement fabriquées en Éthiopie, illustrant ainsi le renforcement de cette coopération. Enfin, le maire adjoint, Jantrar Abay, a salué les progrès significatifs enregistrés dans le secteur industriel d’Addis-Abeba, notant que les réformes ont accru les capacités de production et consolidé le rôle de la capitale dans la mise en œuvre du programme national de fabrication.
Environnement
Les énergies renouvelables et la transition vers les véhicules électriques en Éthiopie suscitent l’intérêt des investisseurs Nordiques
Sep 22, 2026 237
Addis Ababa le 22 septembre, 2026 (ENA) Les vastes ressources de l’Éthiopie en énergies renouvelables et sa transition rapide vers la mobilité électrique suscitent un intérêt croissant auprès des investisseurs et des entreprises technologiques nordiques, selon des acteurs du secteur. Cette déclaration a été faite en marge du Nordic Africa EV Summit, organisé en Éthiopie du 14 au 16 septembre, qui a réuni des acteurs régionaux et internationaux pour échanger sur la mobilité électrique, les infrastructures de recharge et les opportunités d’investissement. Hosaena A. Samuel, PDG et cofondatrice d’Easy Power, entreprise norvégienne et premier opérateur privé de recharge de véhicules électriques en Éthiopie, a indiqué que les investisseurs nordiques s’intéressent particulièrement à l’essor de l’adoption des véhicules électriques dans le pays ainsi qu’à son important potentiel en matière d’énergie propre. Selon Hosaena, plus de 20 institutions financières nordiques ont échangé avec des responsables éthiopiens et des acteurs du secteur lors du sommet afin d’examiner les possibilités d’investissement dans la fiabilité du réseau électrique et les infrastructures de recharge pour véhicules électriques. Cet intérêt concerne également les technologies et l’expertise technique nordiques, qui pourraient contribuer à la mise en place de réseaux de recharge plus résilients. Elle a souligné que les partenaires nordiques avaient été particulièrement impressionnés par la décision politique ambitieuse de l’Éthiopie de progressivement abandonner les véhicules à moteur thermique au profit de la mobilité électrique, une transition soutenue par l’abondance de ses ressources renouvelables. Les pays nordiques disposent d’une vaste expérience dans le développement des infrastructures de recharge pour véhicules électriques et de systèmes électriques fiables, a-t-elle expliqué, ajoutant que cette expertise pourrait offrir des enseignements précieux à l’Éthiopie alors qu’elle poursuit l’expansion de son réseau national de recharge. Hosaena a également cité le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD) et les grands projets éoliens parmi les principaux facteurs suscitant l’intérêt des investisseurs nordiques. Au-delà des infrastructures, elle a souligné que l’expansion du marché éthiopien des véhicules électriques offre d’importantes possibilités de transfert de technologies et d’investissements bilatéraux. Abondant dans le même sens, Kumeel Alsmail, responsable des solutions industrielles de Nokia pour le Moyen-Orient et l’Afrique, a indiqué que le développement de l’écosystème des véhicules électriques en Afrique ouvrira de nouvelles perspectives de coopération numérique et technologique entre les pays africains et les entreprises nordiques.   S’exprimant à l’ENA en marge de l’événement, Alsmail a souligné que la connectivité fiable sera essentielle au fonctionnement des réseaux de recharge des véhicules électriques, notamment alors que les pays s’efforcent de mettre en place des corridors régionaux de mobilité électrique. Il a notamment évoqué les corridors potentiels reliant l’Éthiopie, Djibouti et le Kenya, estimant que ces axes pourraient desservir aussi bien les véhicules de transport de passagers que les véhicules électriques lourds.   Alsmail a indiqué que Nokia entrevoit d’importantes possibilités de fournir des solutions de connectivité numérique destinées aux réseaux de recharge, tout en soulignant que l’augmentation de la capacité de production d’énergie renouvelable de l’Éthiopie doit s’accompagner de systèmes robustes de transport et de distribution d’électricité. Le sommet a ainsi mis en évidence l’interconnexion entre les énergies renouvelables, la mobilité électrique, la connectivité numérique et les infrastructures. Les participants ont souligné que les partenariats technologiques transfrontaliers et les investissements privés seront essentiels pour accélérer la transition de l’Afrique vers une énergie propre.
El Niño : Mohamed Ware souligne l’importance d’investir dans l’action anticipée
Sep 22, 2026 147
Addis Ababa le 22 septembre, 2026 (ENA) Le Secrétaire exécutif adjoint de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), Mohamed Ware, a souligné l’importance d’investir dans l’action anticipée afin de limiter les pertes humaines, économiques et environnementales liées aux impacts attendus du phénomène El Niño dans la Corne de l’Afrique. S’exprimant en marge du Forum régional de haut niveau de l’IGAD sur la préparation à El Niño dans la Corne de l’Afrique, M. Ware a indiqué que les pays de la région disposent aujourd’hui de données scientifiques, de modèles climatiques et de prévisions permettant de prendre des mesures avant que les conséquences du phénomène ne se manifestent pleinement. « Nous avons l’information, la science et les données », a-t-il déclaré, soulignant que la question n’est désormais plus de savoir si les impacts se produiront, mais plutôt de déterminer « ce que nous faisons maintenant ». Selon lui, le phénomène El Niño pourrait avoir des répercussions importantes sur l’agriculture, l’élevage, les infrastructures, les moyens de subsistance, l’approvisionnement alimentaire urbain et la santé, tout en aggravant les déplacements de populations et certaines tensions au sein des communautés. M. Ware a rappelé que la région avait déjà enregistré d’importantes pertes humaines et économiques lors de précédents épisodes d’El Niño, insistant sur la nécessité de tirer les leçons de ces expériences pour renforcer la préparation. Le Secrétaire exécutif adjoint de l’IGAD a particulièrement insisté sur la rentabilité de l’action anticipée, soulignant que les investissements réalisés avant une catastrophe peuvent permettre de réduire considérablement les coûts des interventions et de la reconstruction. Selon les chiffres présentés lors du forum, chaque dollar investi dans l’anticipation permettrait d’éviter entre quatre et six dollars de pertes évitables. « Ces activités auront besoin de financement », a-t-il affirmé, appelant les partenaires au développement, mais aussi les ministères des Finances des États membres, à travailler étroitement avec les institutions chargées de la gestion des risques de catastrophe. Il a souligné la nécessité de rendre disponibles des ressources nationales afin de permettre aux mesures anticipatoires d’avoir un impact concret sur les populations exposées.   Abordant les initiatives environnementales entreprises par les États membres, M. Ware a particulièrement salué les efforts de l’Éthiopie en matière de restauration des terres dégradées, de protection des bassins versants, de plantation d’arbres comme « l’Initiative héritage du vert » et de collecte des eaux. « Les mesures prises par le gouvernement éthiopien dans cette initiative sont très encourageantes », a-t-il déclaré. Selon lui, ces initiatives contribuent non seulement à prévenir certains risques à court terme, mais également à renforcer la santé environnementale et les moyens de subsistance des communautés à long terme. La restauration des terres et la protection des bassins versants peuvent notamment contribuer à préserver les ressources en eau et les terres productives, à réduire les risques de glissements de terrain et à limiter les déplacements de populations liés à la dégradation environnementale, a-t-il expliqué. M. Ware a également souligné le rôle de l’IGAD dans le partage des connaissances et des expériences entre ses États membres, afin de permettre la reproduction et la mise à l’échelle des initiatives ayant démontré leur efficacité. Le responsable de l’IGAD a ainsi appelé à une mobilisation coordonnée des ressources, des connaissances scientifiques et des expériences nationales afin de transformer les prévisions climatiques en mesures concrètes de protection des populations et des moyens de subsistance face aux risques liés à El Niño.
Le président Taye appelle à une transition mondiale de la production d'énergie renouvelable vers la distribution d'électricité
Sep 21, 2026 390
Addis Ababa le 21 septembre, 2026 (ENA) Le président éthiopien Taye Atske Selassie a appelé à un changement radical dans la stratégie mondiale en matière d’énergies renouvelables : il ne s’agit plus de se contenter d’augmenter la production d’électricité, mais de mettre en place les réseaux, les systèmes de stockage, les mécanismes de financement et les systèmes productifs nécessaires pour transformer l’électricité propre en moteur de transformation économique. S’exprimant lors du dialogue de haut niveau « Delivering Electrify Now » organisé dans le cadre du Sommet mondial sur les énergies renouvelables à New York, le président Taye a déclaré que les pays dotés de ressources renouvelables abondantes avaient besoin d’un soutien international accru pour convertir leur potentiel énergétique en un accès fiable à l’électricité, en croissance industrielle et en prospérité inclusive. « Une production d’électricité dépourvue de réseaux, de systèmes de stockage et d’une capacité de distribution solide ne peut pas être le moteur d’une transformation économique », a déclaré le président, soulignant que les financements internationaux doivent soutenir l’ensemble de la chaîne de valeur de l’électricité — de la production et du transport à la distribution, en passant par le stockage et les raccordements du dernier kilomètre. Le Sommet mondial sur les énergies renouvelables, qui se tient pendant la Semaine du climat de New York en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, rassemble des dirigeants politiques, des entreprises, des investisseurs et des institutions internationales afin d’accélérer l’électrification à partir d’énergies renouvelables et de s’attaquer aux obstacles liés aux infrastructures et aux investissements qui ralentissent la transition énergétique. Le président Taye a déclaré que l’Éthiopie apportait un potentiel considérable en matière d’énergies renouvelables au débat mondial, plus de 95 % de sa capacité de production installée provenant de sources renouvelables. Il a mis en avant le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD) et d’autres investissements dans les énergies renouvelables comme des piliers essentiels pour élargir l’accès à l’électricité et alimenter l’industrialisation du pays. Il a défini trois priorités interdépendantes pour l’Éthiopie : développer et diversifier la production d’énergie renouvelable, avec une capacité installée devant atteindre 14 000 MW d’ici 2030 et les énergies renouvelables non hydrauliques représentant au moins 15 % ; utiliser une électricité propre et abordable pour renforcer la compétitivité industrielle, notamment par le biais de parcs industriels ; et mener des réformes macroéconomiques et du secteur énergétique afin d’attirer davantage d’investissements privés, notamment en renforçant la participation du secteur privé dans le transport et la distribution. Le président a toutefois souligné que le financement restait le maillon essentiel entre le potentiel des énergies renouvelables et le développement effectif. Il a appelé à la mise en place de projets plus bancables, soutenus par des ressources publiques et des partenaires internationaux, notamment la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et l’Union européenne par le biais de l’initiative « Global Gateway ». Selon lui, une attention particulière devrait être accordée aux infrastructures de transport, aux sous-stations, au renforcement du réseau, au remplacement des câbles et aux raccordements du dernier kilomètre. Le président Taye a cité l’expérience de l’Éthiopie, qui a financé le GERD grâce à des ressources nationales et à une large mobilisation populaire, comme exemple de l’importance de l’appropriation et de l’engagement nationaux. Dans le même temps, il a souligné que la coopération financière internationale restait essentielle pour les pays en développement qui cherchent à mettre en place des réseaux électriques modernes, fiables et interconnectés. Il a salué le soutien international apporté au secteur électrique éthiopien, notamment le programme RISED de l’Union européenne, ainsi que l’aide de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement pour la modernisation, la réhabilitation et la numérisation des infrastructures électriques. Le président a également averti que la transition énergétique mondiale ne pourrait pas tenir pleinement ses promesses si les investissements dans les énergies renouvelables restaient concentrés dans un nombre limité de régions riches. Pour les pays en développement, a-t-il déclaré, l’ambition doit aller au-delà de la simple production d’énergie renouvelable : du potentiel énergétique à l’accès à l’électricité, de l’accès à l’utilisation productive, et de l’utilisation productive à l’industrialisation et à la création d’emplois. Alors que l'Éthiopie se prépare à accueillir la COP32 à Addis-Abeba en 2027, le président Taye a déclaré que son pays s'efforcerait de veiller à ce que les engagements mondiaux en matière de climat et d'énergies renouvelables se traduisent par des mesures concrètes à travers toute l'Afrique. Son message intervient alors que l'agenda international en matière d'énergies renouvelables met de plus en plus l'accent non seulement sur l'augmentation de la production, mais aussi sur le développement des réseaux, du stockage et de l'électrification afin de rendre l'énergie propre accessible à l'ensemble des économies.
Les défis liés au phénomène El Niño prévu pour 2026 exigent une solidarité régionale : le commissaire adjoint
Sep 18, 2026 422
Addis Ababa le 18 septembre, 2026 (ENA) Les répercussions potentielles du phénomène El Niño en 2026 exigent un leadership politique, une appropriation nationale et une solidarité régionale, a souligné Aydrus Hassan, commissaire adjoint chargé de la gestion des risques de catastrophe en Éthiopie. Il a ajouté que cela nécessitait également un financement en temps opportun et une action précoce allant au-delà de la préparation technique. Dans son discours d’ouverture du Forum régional de haut niveau de l’IGAD sur la préparation au phénomène El Niño dans la Corne de l’Afrique, le commissaire adjoint a déclaré que l’Éthiopie renforçait son système de gestion des risques de catastrophe afin de le rendre plus polyvalent face aux risques, axé sur les impacts, anticipatif et multisectoriel. Ce système associe la surveillance, les prévisions, l’évaluation des impacts, l’alerte précoce, la préparation, les mesures anticipatives et l’intervention, a ajouté Aydrus. Il a par ailleurs indiqué que l’Éthiopie renforce son autonomie nationale, notamment grâce à son Fonds de réponse aux risques de catastrophe, qui fournit un financement prévisible pour la préparation aux catastrophes, l’alerte précoce, les mesures anticipatives, l’intervention et le renforcement de la résilience. Au niveau régional, l’IGAD et l’ICPAC s’efforcent de renforcer le partage transfrontalier d’informations, l’analyse conjointe des risques, l’interopérabilité des systèmes d’alerte précoce et la coordination des mesures préventives. Ces efforts sont essentiels compte tenu des risques pesant sur les bassins fluviaux partagés, les couloirs de transhumance, les marchés et les mouvements de population. M. Aydrus a exhorté les États membres de l’IGAD à veiller à ce que des financements soient disponibles avant que les catastrophes ne surviennent et à traduire l’appel à l’action régional de haut niveau en engagements concrets. Il a ajouté que l’aide internationale devait venir en complément du leadership national plutôt que de s’y substituer. Le commissaire adjoint a en outre souligné la nécessité de relier les prévisions, les seuils de déclenchement, le financement et l’action afin de protéger les vies, les moyens de subsistance et les acquis en matière de développement. Ce forum a réuni les États membres de l’IGAD et leurs partenaires afin de renforcer la préparation régionale et l’action précoce. L’Organisation météorologique mondiale prévoit que le phénomène El Niño de 2026 sera très intense, voire historique, avec un pic à la fin de l’année et des répercussions s’étendant jusqu’en 2027.
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Le Premier ministre a clairement indiqué que cinq problèmes en Éthiopie doivent être équilibrés.
Jun 14, 2022 30888
Lors de la 13e réunion ordinaire de la chambre des représentants du peuple, le Premier ministre a répondu aux questions posées par les membres du parlement notant qu'il est important de maintenir l'équilibre de cinq questions. Selon le premier ministre, la démocratie et la paix, les affaires ethniques et nationales, les droits des individus et des groupes, l'histoire d'hier et l'épreuve d'hier ainsi que l'intérêt national et les relations internationales. Selon l'explication donnée sur le maintien de l'équilibre concernant les droits des individus et des groupes, il a indiqué que les noms de groupe ne devraient pas être nommés après avoir commis un crime contre la personne. Le Premier ministre a déclaré que l'équilibre entre l'histoire d'hier et le test d'hier devait être maintenu ; l'intérêt national et les relations internationales doivent être préservés. Voilà le résumé de la réponse et des explications données par le Premier ministre Abiy Ahmed lors de la 13e réunion ordinaire de la 6e chambre des représentants du peuple. En considérant les défis qui se sont produits au cours des 4 derniers mois, il est important d'équilibrer les développements et les pertes qui se sont produits.Au cours des dernières années, malgré les défis du COVID-19, de la guerre et de la sécheresse, de nombreux travaux ont été réalisés.4700 kilomètres de routes ont été construits au cours des 4 dernières années.Après le changement, 116 routes piétonnes de large et 151 kilomètres de route goudronnée ont été construites à Addis-Abeba.504 km de route ont été construits dans la zone East Gojam au cours des 2 dernières années.La télécommunication comptait 38 millions d'utilisateurs auparavant et maintenant elle compte 65, 5 millions de clients.Alors q’on dit qu'il faut en faire plus, il n'est pas nécessaire de nier ce qui a été fait.Malgré la guerre et l'instabilité, il y avait 4 sucreries et maintenant il y en a 9.La raison de la pénurie de sucre pendant la construction de l'usine sucrière est due à la forte demande.La destination de la compagnie aérienne était de 115 et maintenant elle est de 127. Le revenu de la compagnie aérienne était de 3, 3 milliards de dollars avant le changement. Maintenant, après le changement, c'est 4, 8 milliards de dollars.La compagnie aérienne éthiopienne a servi 22 millions de passagers.28% des terres agricoles ont été cultivées en tracteur alors que 45% en grappe.Le blé d'été devrait être de 23-24 millions de quintaux.Le gouvernement a accordé 15 milliards de birr d'aide au développement.
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L'illusion égyptienne d'une tutelle sur le Nil est définitivement anéantie
Sep 23, 2026 82
Par un rédacteur Le 23 septembre, 2026 (ENA) Quels que soient les changements de gouvernement ou de direction en Égypte, une chose reste constante dans le discours officiel égyptien concernant le Nil : il s’agit d’aborder les ressources des pays du bassin sous l’angle de la tutelle et de considérer le développement des pays en amont comme une question nécessitant l’accord du Caire. Cependant, cette mentalité hydro-impérialiste lamentable n’est plus en mesure d’expliquer la réalité actuelle du Nil. L’Afrique a changé et le système régional du bassin du Nil a évolué, tandis que le discours égyptien continue d’utiliser un langage appartenant à une époque historique que le continent a dépassée depuis des décennies. Comme l’a si bien souligné le ministère éthiopien de l’Eau et de l’Énergie, les récentes déclarations du ministre égyptien des Ressources en eau et de l’Irrigation reflètent une « mentalité coloniale grossière » qui caractérise la politique de l’Égypte envers les pays africains. Cette caractérisation n’a pas été motivée uniquement par ces dernières déclarations, car le ministère éthiopien de l’Eau et de l’Énergie avait déjà mis en garde contre la persistance de ce qu’il décrivait comme une mentalité héritée de l’époque coloniale dans le traitement de la question du Nil, affirmant que l’Éthiopie ne renoncerait pas à son droit d’utiliser le fleuve pour répondre aux besoins de développement de sa population. Le discours officiel égyptien, maintes fois répété, et les expressions utilisées en référence au Nil sont « droits historiques », « toutes les mesures disponibles » et « sécurité hydrique » ; comme si le simple fait de répéter ces termes pouvait en soi conférer à un État des droits supplémentaires sur un fleuve transfrontalier. Mais les mots, aussi tranchants et peu diplomatiques soient-ils, ne peuvent changer le fait que l’Éthiopie est un État souverain et que ses ressources naturelles situées sur son territoire relèvent de son droit au développement. Le ministre éthiopien de l’Eau et de l’Énergie, Habtamu Itefa, avait précédemment déclaré que l’Éthiopie n’avait besoin de l’autorisation d’aucun pays pour exploiter ses ressources en eau, expliquant que le pays avait construit le Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne sans demander l’autorisation à quiconque et qu’il continuerait à construire d’autres barrages dans ses bassins fluviaux lorsque le besoin s’en ferait sentir. Il ne s’agit pas là d’une simple déclaration politique, mais du reflet d’une réalité déjà établie sur le terrain. Le barrage est achevé et produit de l’énergie ; l’Éthiopie est ainsi passée du statut de pays confronté à un déficit majeur en matière de production d’électricité à celui d’un pays qui développe ses exportations d’énergie vers ses voisins, tout en s’attachant à exploiter son énorme potentiel hydroélectrique pour assurer l’accès à l’électricité à sa population, soutenir l’industrialisation et favoriser le développement. Le double standard effréné L’un des paradoxes les plus flagrants du discours égyptien réside dans l’insistance du Caire sur la nécessité d’une consultation et d’une approbation de sa part avant que les pays en amont ne mettent en œuvre des projets, alors que l’Égypte elle-même a procédé à la construction du haut barrage d’Assouan sans que les pays en amont aient eu un rôle comparable dans la prise de décision concernant ce projet. Le ministère éthiopien de l’Eau et de l’Énergie a souligné ce deux poids deux mesures dans son communiqué, insistant sur le fait que Le Caire considère son accord comme une condition préalable à l’exploitation de leurs ressources en eau par les pays du bassin du Nil, alors même que l’Égypte a construit le grand barrage d’Assouan sans consulter les pays en amont. C’est là que se pose la question à laquelle le discours politique ne peut échapper : si l’Égypte a le droit de développer ses ressources en eau sur son territoire sans demander l’autorisation des pays en amont, pourquoi le même principe ne s’applique-t-il pas à l’Éthiopie et aux autres pays ? Un double standard effréné ne permet pas de créer un système équitable de gestion des cours d’eau transfrontaliers. Un héritage injuste ne peut régir l’avenir Une partie fondamentale de la position égyptienne repose toujours sur des arrangements et accords historiques remontant à des circonstances politiques totalement différentes de la réalité africaine d’aujourd’hui. L’Éthiopie n’était pas partie à l’accord de 1959, pas plus que les autres pays en amont n’ont participé à l’élaboration d’un système visant à déterminer l’avenir des eaux du Nil sans leur participation. Par conséquent, tenter de présenter ces arrangements comme une base définitive pour les droits de tous les pays du bassin revient à ignorer un fait fondamental : un État qui n’était pas partie à un accord ne peut, avec le temps, s’y voir lié simplement parce qu’un autre État l’exige. L’Afrique a changé sur les plans politique, démographique et économique. Les besoins en électricité, en denrées alimentaires et en eau se sont multipliés, de nouveaux projets d’intégration régionale ont vu le jour, et les pays en amont sont désormais mieux à même d’exploiter leurs ressources naturelles. Par conséquent, reproduire les accords du passé comme seule solution pour l’avenir n’est pas de la coopération. Il s’agit d’une tentative de préserver un héritage injuste malgré l’évolution des circonstances qui l’ont engendré. L'Éthiopie soutient que les fleuves transfrontaliers doivent être des vecteurs de coopération, de développement et d'intégration, et non des instruments visant à exclure les pays situés en amont ou à restreindre leur droit au développement. En janvier 2026, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Habtamu Itefa, a affirmé que les fleuves transfrontaliers éthiopiens devaient être considérés comme des ressources partagées et des opportunités de coopération et de croissance verte, soulignant que la disponibilité de l’eau en Éthiopie pouvait apporter des avantages potentiels au Soudan, au Soudan du Sud, au Kenya, à la Somalie et à l’Égypte. Voici la position éthiopienne : l’eau n’est pas la propriété exclusive de l’Éthiopie, mais elle n’est pas non plus celle de l’Égypte. L’Éthiopie ne revendique pas le monopole sur le Nil ; elle refuse simplement que la participation à la gestion du fleuve serve de prétexte pour la priver de l’utilisation de ses ressources. La différence entre ces deux positions est fondamentale. Le Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne : un projet contre-hégémonique Le Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne n’est plus un projet susceptible d’être influencé par des déclarations politiques ou par les avertissements diplomatiques de l’Égypte, largement relayés par les médias. Il est devenu une réalité en matière de développement et de stratégie. Le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Habtamu Itefa, a déclaré que le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne avait contribué à doubler la capacité de production d’électricité de l’Éthiopie pour la porter à environ 9,6 gigawatts, et qu’il était également devenu un catalyseur de l’interconnexion électrique et de la coopération économique régionale. Il a également expliqué que l’Éthiopie exportait de l’électricité vers Djibouti, le Soudan et le Kenya, et qu’elle cherchait à étendre son réseau d’interconnexion électrique avec d’autres pays. Ainsi, le projet que le discours égyptien a tenté pendant des années de présenter comme une source de menace fait en réalité désormais partie d’une transformation plus large du système énergétique africain. Plus important encore, l’Éthiopie ne considère pas ses ressources en eau comme un moyen d’exercer une influence sur les autres, mais comme un fondement pour surmonter la pauvreté énergétique et parvenir à l’industrialisation et à la croissance économique. Le problème de l’Égypte ne se limite toutefois pas au GERD. Pour ceux qui savent lire entre les lignes, la volonté sous-jacente du pays a été exprimée à maintes reprises dans ses déclarations officielles. Le Caire n’est en aucun cas prêt à accepter l’Éthiopie comme un pays en développement fort, capable d’investir dans ses ressources naturelles sans attendre l’approbation extérieure. Mais l’Éthiopie a déjà démontré qu’elle était capable et déterminée à exploiter ses ressources sans l’autorisation de quiconque. Accepter cette réalité et développer la région de manière conjointe constitue la bonne réponse. En août, le ministre éthiopien de l’Eau et de l’Énergie a affirmé que son pays continuerait à exploiter ses ressources en eau et construirait d’autres barrages si nécessaire. Le ministre a également souligné que l’avenir de l’Éthiopie était étroitement lié au fleuve Abay et à la mer Rouge, et que le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne constituait un projet transformateur qui avait modifié la position du pays dans les domaines de l’énergie, du développement et de l’intégration régionale. Ainsi, parier que de fermes déclarations politiques puissent ramener l’Éthiopie à une phase d’hésitation ou d’attente revient à parier sur une réalité qui n’existe plus. L’Éthiopie a déclaré à maintes reprises que les cours d’eau transfrontaliers devaient être des moteurs de coopération et de prospérité partagée, tout en rejetant toute notion d’hégémonie sur l’eau qui priverait les pays en amont de leurs droits souverains. C’est la position réaffirmée par le ministère de l’Eau et de l’Énergie. Conformément à ce principe, l’Éthiopie continue de renforcer ses capacités, de produire de l’électricité et d’exporter de l’énergie, ainsi que d’investir dans ses ressources en eau. Elle poursuit également ses efforts en matière de réhabilitation des bassins versants, de reboisement, de préservation de l’environnement et de renforcement de la durabilité du bassin de l’Abay, un point souligné par le ministère de l’Eau et de l’Énergie dans sa dernière déclaration. L’Éthiopie ne fera pas marche arrière Les déclarations répétées de l’Égypte ne changeront pas le cours des choses, pas plus que les propos virulents ne conféreront au Caire une autorité que ni la loi ni la réalité ne lui ont accordée. Les accords passés ne permettront pas de revenir en arrière et ne pousseront pas l’Éthiopie à renoncer à son droit d’utiliser ses ressources naturelles. Au contraire, la poursuite de ce discours risque d’aboutir au résultat inverse : révéler la profondeur d’une mentalité qui continue de considérer le développement éthiopien comme une menace plutôt que comme une opportunité de coopération africaine. Il est donc temps que l’Égypte considère le Nil comme un bassin africain commun, et non comme une sphère d’influence unilatérale. Il est également temps de reconnaître que l’Éthiopie n’est pas un pays qui attend qu’on lui donne la permission de décider de son avenir. Le Nil ne sera pas un instrument de domination et le développement de l’Éthiopie ne s’arrêtera pas à cause d’une rhétorique politique, aussi bruyante soit-elle. La réalité du XXIe siècle impose une autre règle : le respect mutuel plutôt que la tutelle, la coopération plutôt que l’hégémonie, et le développement partagé plutôt que l’exclusion. Il ne s’agit pas simplement d’une vision éthiopienne. C’est la seule voie capable de faire passer le bassin du Nil d’un héritage de conflits à un espace d’intégration africaine.
Le rôle de l’Éthiopie en mer Rouge : le maillon manquant de la stabilité régionale
Sep 23, 2026 137
Pourquoi il ne peut y avoir de stabilité durable en mer Rouge sans l’Éthiopie Par Yordanos D. Le 22 septembre, 2026 (ENA) La mer Rouge n’est plus simplement un corridor maritime. Elle est devenue l’un des principaux foyers de tensions géopolitiques au monde — et la dernière crise autour du détroit de Bab el-Mandeb rend une réalité de plus en plus difficile à ignorer : la sécurité de la mer Rouge ne peut être dissociée de celle de la Corne de l’Afrique, et la sécurité de la Corne ne peut être véritablement prise en compte alors que l’Éthiopie reste en marge des décisions maritimes. Le 15 septembre 2026, le Secrétaire général adjoint de l’ONU, Khaled Khiari, a déclaré devant le Conseil de sécurité que la situation autour du détroit de Bab el-Mandeb était devenue de plus en plus volatile, alors que les combats s’intensifiaient le long de la côte occidentale du Yémen et que les forces houthies avançaient vers cette voie maritime stratégique. Il a appelé à la retenue, au dialogue ainsi qu’au rétablissement et au respect des droits et libertés de navigation conformément au droit international. Cet avertissement ne concernait pas uniquement le Yémen. Bab el-Mandeb est l’étroite porte maritime qui relie la mer Rouge au golfe d’Aden et, au-delà, à l’océan Indien. Toute perturbation prolongée dans cette zone peut se répercuter sur le transport maritime, les assurances, les marchés de l’énergie, l’approvisionnement alimentaire et les chaînes logistiques mondiales. Les conséquences ne s’arrêtent pas aux côtes du Yémen ou aux pays riverains de la mer Rouge. Elles peuvent atteindre des usines en Asie, des marchés en Europe et des consommateurs situés à des milliers de kilomètres. Et, directement de l’autre côté de cet espace stratégique, sur la façade africaine, se trouve l’Éthiopie. Depuis plus de trois décennies, l’Éthiopie est enclavée à la suite de l’indépendance de l’Érythrée en 1993. Pourtant, la géographie n’a jamais réellement séparé l’Éthiopie de la mer Rouge. Au contraire : son histoire, son économie, sa sécurité et sa diplomatie sont restées profondément liées à ce corridor maritime. Aujourd’hui, cette dépendance est très concrète. Le commerce international de l’Éthiopie repose largement sur le corridor de Djibouti, ce qui signifie que toute instabilité affectant le transport maritime en mer Rouge, les ports, les assurances ou les routes maritimes peut rapidement devenir une préoccupation économique pour l’Éthiopie. L’Institute of Foreign Affairs éthiopien a décrit cette exposition comme une vulnérabilité stratégique découlant de la dépendance du pays à l’égard d’un corridor maritime dont la sécurité est largement façonnée en dehors de son contrôle institutionnel direct. Cette réalité devrait modifier la manière dont le monde comprend les aspirations maritimes de l’Éthiopie. La volonté de l’Éthiopie d’obtenir un accès fiable à la mer est trop souvent réduite à un différend territorial ou politique. Cette lecture est incomplète. Au fond, l’Éthiopie est confrontée à un problème structurel : une grande économie africaine et l’un des États les plus peuplés du continent dépendent fortement d’un système maritime dans lequel elle dispose d’un accès direct limité et d’une influence limitée sur l’architecture de sécurité. Ce n’est pas seulement un problème éthiopien. C’est un problème régional. Et il devient également un problème mondial. La mer Rouge ne peut pas être sécurisée depuis le large La dernière crise autour de Bab el-Mandeb révèle les limites d’une approche qui considère la sécurité de la mer Rouge principalement comme une question relevant des puissances navales extérieures à la région. Les navires de guerre peuvent protéger les bâtiments commerciaux. Les déploiements militaires peuvent dissuader les attaques. Les missions internationales peuvent escorter les navires marchands. Mais aucune flotte, aussi puissante soit-elle, ne peut à elle seule résoudre les vulnérabilités politiques, économiques et institutionnelles qui rendent la mer Rouge susceptible de connaître des épisodes récurrents d’instabilité. L’ONU elle-même a souligné que la protection de la liberté de navigation devait aller de pair avec la prévention d’une nouvelle escalade au Yémen et la recherche d’une solution politique. Cela signifie que la sécurité maritime ne peut être dissociée de la diplomatie régionale. Et la diplomatie régionale ne peut être dissociée des pays dont les économies et la sécurité sont directement exposées à la mer Rouge. L’Éthiopie est l’un de ces pays. En effet, les enjeux régionaux sont désormais reconnus sur le plan institutionnel. Le 15 septembre, le Conseil des ministres de l’IGAD a identifié la sécurité et la liberté de navigation en mer Rouge et dans le golfe d’Aden comme des priorités essentielles en matière de paix, de sécurité et de développement régional. Il a chargé le Secrétariat de l’IGAD de renforcer la gouvernance maritime régionale, ainsi que la coopération et la coordination face à l’évolution des dynamiques géopolitiques et sécuritaires. Cette décision transmet un message important : la sécurité de la mer Rouge n’est plus une question maritime lointaine. C’est une question de sécurité pour la Corne de l’Afrique. Et si c’est une question concernant la Corne de l’Afrique, l’Éthiopie ne peut pas être considérée comme un acteur secondaire. L’Éthiopie ne demande pas à être spectatrice La revendication éthiopienne en faveur d’un accès maritime doit donc être comprise dans ce contexte stratégique plus large. Un pays du poids économique et démographique de l’Éthiopie ne peut pas rester indéfiniment presque entièrement dépendant d’un seul corridor maritime extérieur alors que la sécurité de celui-ci est vulnérable aux conflits, aux rivalités géopolitiques et aux perturbations échappant à son contrôle. Cela ne signifie pas que l’Éthiopie puisse ignorer la souveraineté des États côtiers. Bien au contraire. Le meilleur fondement pour l’avenir maritime de l’Éthiopie repose sur la négociation, les bénéfices mutuels, le droit international et le respect de la souveraineté des pays voisins. L’Éthiopie a régulièrement présenté son accès à la mer dans ces termes. Les discussions récentes ont établi un lien entre l’accès maritime, le développement économique, la sécurité nationale, l’intégration régionale et la coopération diplomatique, tout en mettant l’accent sur le dialogue pacifique et les arrangements mutuellement bénéfiques. Cette distinction est importante. L’Éthiopie n’a pas besoin de confrontation pour établir un rôle maritime. Elle a besoin d’un arrangement durable qui permette d’aligner ses intérêts économiques sur ceux des États côtiers. Un tel arrangement pourrait transformer l’accès maritime, d’une source d’inquiétude régionale, en un moteur d’interdépendance régionale. D’une vulnérabilité liée à l’enclavement à un acteur régional Une autre dimension mérite beaucoup plus d’attention internationale. Si l’Éthiopie obtient un accès fiable à la mer dans le cadre d’un accord négocié, elle n’obtiendrait pas seulement une nouvelle voie pour ses importations et ses exportations. Elle acquérirait également un intérêt économique et institutionnel plus important dans la sécurité même du corridor maritime. Cela pourrait modifier l’équation stratégique. Un pays dont le commerce, les infrastructures et l’avenir économique sont directement liés à un corridor maritime a de fortes raisons de contribuer à la protection de ce corridor. L’Éthiopie pourrait contribuer au partage d’informations maritimes, à la sécurité portuaire, aux opérations de recherche et de sauvetage, à la préparation aux situations d’urgence, à la lutte contre la traite, à la coopération douanière et à la prévention de la criminalité maritime organisée. Les bases d’une telle participation sont déjà en train d’émerger. En août 2026, l’Organisation maritime internationale a soutenu à Addis-Abeba un atelier destiné à élaborer une feuille de route pour la création d’un Centre national de partage d’informations maritimes, afin de renforcer la coordination entre les institutions maritimes éthiopiennes et de contribuer à la sécurité maritime régionale dans le cadre du Code de conduite de Djibouti et de son amendement de Djeddah. C’est important, car la sécurité maritime ne se résume pas à la puissance militaire. Elle concerne également l’information. Elle concerne les institutions. Elle concerne les ports, les douanes, les garde-côtes, les autorités maritimes, les services de renseignement, les mécanismes d’intervention d’urgence et la gouvernance maritime civile. En d’autres termes, l’Éthiopie peut devenir partie prenante de la solution sans transformer la mer Rouge en un nouveau théâtre de compétition militaire. Addis-Abeba possède un atout que d’autres peuvent difficilement reproduire L’Éthiopie possède également un atout diplomatique qui mérite d’être davantage pris en considération : Addis-Abeba. La capitale éthiopienne accueille l’Union africaine et demeure l’un des principaux centres diplomatiques du continent. L’Éthiopie est membre de l’IGAD et possède plusieurs décennies d’expérience dans les initiatives africaines de paix et de sécurité. Cela donne à l’Éthiopie des canaux diplomatiques potentiels qui dépassent le cadre immédiat des États riverains de la mer Rouge. Le pays entretient des relations à travers l’Afrique, le Golfe et le Moyen-Orient au sens large. Sa position diplomatique peut donc offrir des possibilités de dialogue entre des acteurs dont les intérêts entrent fréquemment en collision. Cela ne signifie pas que l’Éthiopie doive devenir partie à chaque conflit entourant la mer Rouge. Cela signifie que l’Éthiopie a intérêt et potentiellement un rôle à défendre des principes qui devraient concerner tous les États maritimes : la liberté de navigation, la protection de la navigation civile, le respect de la souveraineté, l’adhésion au droit international et le règlement pacifique des différends. L’illusion dangereuse d’une mer Rouge sans l’Éthiopie Il existe une contradiction stratégique persistante dans la manière dont la région est parfois abordée. Les puissances extérieures reconnaissent l’importance considérable de la mer Rouge. Des forces navales sont déployées. Les bases militaires se développent. Des missions internationales patrouillent dans les eaux. Les gouvernements mettent en garde contre les menaces pesant sur le transport maritime. Pourtant, les pays dont les économies et la sécurité sont les plus directement liées à la Corne de l’Afrique ne sont pas toujours placés au centre du débat sur la sécurité. Cette approche n’est pas durable. La mer Rouge ne peut pas être stabilisée durablement en regardant uniquement vers le nord, en direction du Moyen-Orient, ou vers l’extérieur, en direction des puissances mondiales. Sa dimension africaine est tout aussi fondamentale. Les problèmes de sécurité d’un côté de Bab el-Mandeb interagissent inévitablement avec ceux de l’autre côté. Le conflit au Yémen, l’instabilité au Soudan, le terrorisme, la traite, la piraterie, le trafic d’armes et la criminalité organisée peuvent se renforcer mutuellement à travers les frontières maritimes et terrestres. Les récentes discussions de l’ONU ont explicitement établi un lien entre l’instabilité autour de Bab el-Mandeb et les menaces plus larges qui affectent le transport maritime international et la Corne de l’Afrique. La leçon est simple : la mer Rouge constitue un espace de sécurité unique, même lorsque les frontières politiques le divisent. La connectivité peut devenir une stratégie de paix Les ambitions maritimes de l’Éthiopie devraient donc être intégrées à une vision économique régionale plus large. Les ports ne devraient pas seulement être des lieux où les navires chargent et déchargent leurs marchandises. Ils peuvent devenir des portes d’entrée reliant les économies enclavées aux marchés côtiers. Les routes, les chemins de fer, les centres logistiques, les systèmes douaniers numériques et les corridors commerciaux peuvent transformer l’accès maritime en un instrument d’intégration économique régionale. Pour l’Éthiopie, la diversification des routes maritimes ne signifierait pas nécessairement l’abandon de sa relation économique actuelle avec Djibouti. Elle pourrait la compléter. Davantage de routes peut signifier davantage de résilience. Davantage de partenariats peut signifier davantage d’interdépendance économique. Et une plus grande interdépendance peut créer des incitations supplémentaires pour que les gouvernements protègent les infrastructures, les corridors commerciaux et la stabilité régionale. La connectivité ne peut pas garantir la paix. Mais l’isolement économique crée rarement une interdépendance régionale durable. Une Corne de l’Afrique davantage interconnectée aurait davantage à perdre dans un conflit — et davantage à gagner dans la coopération. La mer Rouge a besoin d’une appropriation africaine La question fondamentale n’est donc pas de savoir si l’Éthiopie devrait être autorisée à jouer un rôle en mer Rouge. La question la plus importante est de savoir si la région peut réellement construire une stabilité maritime durable tout en excluant de l’architecture stratégique entourant cette mer l’une des plus grandes économies d’Afrique et l’un de ses principaux centres diplomatiques. Cette approche est de plus en plus difficile à justifier. Les ambitions maritimes de l’Éthiopie ne devraient pas être présentées comme une demande de confrontation avec les États côtiers. Elles devraient être considérées comme faisant partie d’un programme africain plus large en faveur de la connectivité, de la résilience économique et de la sécurité collective. Cela nécessite de la diplomatie, et non de la confrontation. Cela nécessite des arrangements négociés, et non des actions unilatérales. Cela nécessite des institutions régionales, et non une nouvelle compétition entre puissances extérieures. Et surtout, cela nécessite de reconnaître que la sécurité de la mer Rouge est une responsabilité partagée. Une opportunité stratégique cachée derrière la crise La crise actuelle autour de Bab el-Mandeb constitue un avertissement — mais également une opportunité. Elle montre à quelle vitesse l’instabilité dans une voie maritime étroite peut devenir un problème économique mondial. Elle montre également les limites des dispositifs de sécurité qui reposent excessivement sur les réponses militaires tout en négligeant les institutions régionales et les solutions politiques. Pour l’Éthiopie, la crise souligne le coût de rester économiquement exposée à un système maritime sur lequel elle exerce une influence directe limitée. Mais elle offre également l’occasion de présenter une vision plus ambitieuse. L’Éthiopie peut rechercher un accès maritime tout en renforçant simultanément la gouvernance maritime régionale. Elle peut approfondir sa coopération avec les États côtiers tout en continuant à respecter leur souveraineté. Elle peut travailler à travers l’IGAD, l’Union africaine et les Nations unies. Elle peut investir dans les systèmes d’information maritime, la logistique, les capacités d’intervention d’urgence et les institutions de sécurité. Et elle peut utiliser sa position diplomatique à Addis-Abeba pour promouvoir le dialogue plutôt que d’accentuer la confrontation. L’objectif devrait être d’institutionnaliser l’intérêt économique et sécuritaire légitime de l’Éthiopie en mer Rouge à travers des arrangements pacifiques, conformes au droit international et mutuellement bénéfiques. Pas de sécurité durable en mer Rouge sans l’Éthiopie L’avenir de la mer Rouge sera finalement déterminé non seulement par la géographie, mais aussi par la capacité des États qui l’entourent et qui en dépendent à construire un système capable de gérer leurs vulnérabilités communes. L’Éthiopie est trop importante pour être économiquement détachée de ce système. Trop directement liée à la région par sa géographie pour être stratégiquement ignorée. Trop importante sur le plan diplomatique pour être traitée comme un simple observateur continental. Et trop exposée aux perturbations de la mer Rouge pour rester durablement en dehors des dispositifs significatifs de sécurité maritime. La crise actuelle a rendu un fait incontestable : ce qui se passe autour de Bab el-Mandeb ne reste pas autour de Bab el-Mandeb. Cela atteint la Corne de l’Afrique. Cela atteint l’Éthiopie. Cela atteint le commerce mondial. Et si la région souhaite réellement construire une architecture durable de sécurité en mer Rouge, l’Éthiopie ne peut pas simplement être un pays affecté par les décisions prises concernant cette mer. Elle doit avoir une place à la table où ces décisions sont élaborées. Car la stabilité durable ne viendra ni de la sécurisation des eaux en ignorant les terres, ni de la protection du transport maritime en négligeant les économies et les sociétés qui en dépendent. Ainsi, l’avenir de la mer Rouge est indissociable de celui de la Corne de l’Afrique — et l’avenir de la Corne ne peut être conçu sans l’Éthiopie.
Agence des nouvelles éthiopienne
2023