Éthiopie : AFRISTAT appelle au renforcement du système statistique national pour accélérer la transformation économique

Addis Ababa le 28 octobre, 2026 (ENA) Le renforcement du système statistique national constitue un levier essentiel pour accompagner les ambitions de développement de l’Éthiopie, notamment dans les domaines des infrastructures, de l’agriculture, des corridors économiques et de la numérisation, a déclaré Paul-Henri Nguema Meye, directeur général de l’Observatoire économique et statistique d’Afrique subsaharienne (AFRISTAT).

S’exprimant lors d’un entretien accordé à l’ENA en marge de la 10e session de la Commission statistique pour l’Afrique (StatCom-Africa), organisée à Addis-Abeba, il a souligné l’importance d’adapter la production statistique aux priorités de développement de chaque pays.

Selon lui, la mise en place d’un système statistique performant doit commencer par une concertation entre les institutions et les acteurs concernés, afin d’identifier les besoins réels du pays et les domaines dans lesquels les pouvoirs publics souhaitent investir.

« La première action à mener, c’est d’avoir une rencontre entre toutes les parties prenantes », a-t-il indiqué, précisant que les ministères chargés notamment de l’agriculture, des infrastructures et des ressources en eau et des forêts doivent participer à cette démarche.

Cette coordination permettrait de définir les besoins prioritaires et d’organiser le système statistique national de manière à couvrir les différents domaines concernés par les politiques publiques.

Pour l’Éthiopie, engagée dans plusieurs initiatives de transformation économique et de modernisation de ses infrastructures, cette approche pourrait contribuer à mieux mesurer les résultats des investissements, à identifier les lacunes dans la production des données et à orienter les décisions publiques sur la base d’informations fiables.

Le directeur général d’AFRISTAT a également insisté sur la nécessité de mobiliser des ressources suffisantes et de renforcer les capacités nationales, avec l’appui des partenaires techniques et financiers. Il a souligné que la continuité de la production statistique dépend d’un financement adapté aux besoins identifiés et inscrit dans la durée.

Abordant les perspectives offertes par l’intelligence artificielle (IA), Paul-Henri Nguema Meye a estimé que son intégration dans les systèmes statistiques s’inscrit dans la continuité des transformations technologiques déjà engagées, de la production manuelle à la numérisation et à l’informatisation des processus.

Il a notamment plaidé pour une meilleure familiarisation des populations avec l’IA, en accordant une attention particulière aux établissements de formation et aux universités. Il a également souligné l’importance de démontrer concrètement la contribution de ces technologies à l’amélioration de la production statistique.

« L’idée étant qu’au bout de la chaîne, on gagne non seulement en qualité, mais on gagne surtout en délai de production », a-t-il expliqué.

Dans cette perspective, AFRISTAT prévoit, à partir de 2027, d’organiser des ateliers réunissant des producteurs de statistiques et des experts en intelligence artificielle. Ces rencontres auront pour objectif d’identifier les étapes des processus statistiques susceptibles d’être optimisées grâce à ces nouvelles technologies.

Une telle démarche pourrait contribuer à moderniser les systèmes statistiques africains, tout en veillant à préserver la qualité des données produites et à répondre aux besoins spécifiques des pays.

Par ailleurs, le responsable d’AFRISTAT a appelé à renforcer la solidarité et la coordination entre les acteurs du développement statistique sur le continent.

« La coordination, ça c’est déjà au niveau des partenaires, mais coordination aussi au niveau national », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité de mieux harmoniser les interventions pour permettre aux pays de bénéficier d’un accompagnement cohérent et complémentaire.


Pour l’Éthiopie comme pour les autres pays africains, le renforcement des capacités statistiques, l’innovation technologique et la coopération régionale constituent ainsi des moyens de soutenir des politiques de développement mieux informées et plus efficaces.

 

Agence des nouvelles éthiopienne
2023