Éthiopie : Moyalbaye Gotomon souligne le rôle des données géospatiales dans le développement et le tourisme - ENA Français
Éthiopie : Moyalbaye Gotomon souligne le rôle des données géospatiales dans le développement et le tourisme
Addis Ababa le 28 octobre, 2026 (ENA) L’intégration des données statistiques et géospatiales constitue un levier important pour accompagner la transformation économique de l’Éthiopie, valoriser son potentiel touristique et promouvoir un développement territorial équilibré, a déclaré Moyalbaye Gotomon, conseiller technique auprès de la Direction générale de l’Institut national de la statistique, des études économiques et démographiques (INSEED) du Tchad
S’exprimant lors d’un entretien accordé à l’ENA en marge de la 10e session de la Commission statistique pour l’Afrique (StatCom-Africa), organisée à Addis-Abeba, M. Gotomon a souligné que l’exploitation conjointe de ces données permettait de mieux planifier les investissements et d’orienter les politiques publiques en fonction des besoins réels des territoires.
Selon lui, l’expérience de l’Éthiopie, notamment à travers le développement des corridors, la modernisation des infrastructures et l’Initiative de l' Héritage Vert, offre des perspectives intéressantes de partage d’expériences et de coopération avec les autres pays africains.
« Les données permettent de prendre des décisions », a-t-il affirmé, soulignant qu’une planification fondée sur des informations fiables et précises contribue à identifier les priorités nationales et à orienter les ressources vers les secteurs présentant le plus fort potentiel de développement.
Évoquant les possibilités de coopération avec l’Éthiopie, le responsable tchadien a notamment mis en avant le partage des compétences, la mutualisation des connaissances et le renforcement des capacités en matière d’information géospatiale.
Il a estimé que les initiatives éthiopiennes en faveur du développement durable, particulièrement l’Initiative de l' Héritage Vert, pouvaient constituer une source d’inspiration pour les autres pays du continent confrontés aux défis de la dégradation environnementale et de la pollution.
« L’Éthiopie, à travers la coopération avec les autres pays, peut aider à ce que ces partages soient mutualisés et que les autres pays puissent aussi copier ce qui fera du bien pour leurs projets de développement », a-t-il indiqué, insistant sur l’importance de valoriser les expériences réussies au bénéfice du continent.
Abordant la contribution des données statistiques et géospatiales au tourisme et à l’investissement, M. Gotomon a expliqué qu’elles permettaient de recenser les ressources disponibles, de localiser les sites touristiques et d’identifier les zones présentant des possibilités de développement.
Il a souligné que ces informations pouvaient aider les autorités à déterminer les infrastructures nécessaires à la valorisation des sites, à évaluer les opportunités d’investissement et à mieux répartir les ressources entre les différentes régions.
Une telle approche permettrait à l’Éthiopie de mieux exploiter son potentiel touristique tout en tenant compte des disparités territoriales et des besoins des populations locales.
« Ça permet de valoriser les sites touristiques et de pouvoir bien planifier là où il faut allouer les efforts », a-t-il précisé, ajoutant que les ressources devraient être orientées vers les secteurs à fort potentiel afin de soutenir un développement plus équilibré.
Au-delà des enjeux nationaux, le conseiller technique de l’INSEED a insisté sur l’importance de renforcer la coopération statistique à l’échelle africaine. Il a expliqué que l’amélioration des données et l’harmonisation des méthodes de production faciliteraient la comparaison des résultats entre les pays, l’évaluation des politiques publiques et la mise en commun des solutions adaptées aux défis du continent.
Cette démarche contribuerait également à mieux mesurer les progrès accomplis dans la mise en œuvre des stratégies nationales et des engagements régionaux, tout en renforçant la cohérence des efforts de développement.
Pour M. Gotomon, les rencontres consacrées aux statistiques et à l’information géospatiale représentent ainsi des cadres essentiels pour permettre aux pays africains d’apprendre les uns des autres et de renforcer leurs capacités institutionnelles.
« Cette rencontre est à promouvoir et à pérenniser. C’est un très bon cadre qui permet aux Africains, à toutes les parties prenantes, de pouvoir apprendre des autres pays et de pouvoir apprendre les bonnes pratiques pour s’améliorer au niveau national », a-t-il déclaré.
Il a enfin souligné que cette dynamique de coopération rejoignait les ambitions de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui vise à construire « l’Afrique que nous voulons », grâce à la convergence des efforts nationaux et à une meilleure coordination des initiatives continentales.