L’Éthiopie ambitionne de devenir un pôle africain de fabrication de produits de santé - ENA Français
L’Éthiopie ambitionne de devenir un pôle africain de fabrication de produits de santé
Addis Ababa le 27 octobre, 2026 (ENA) L’Éthiopie ambitionne de se positionner comme un pôle africain de fabrication de produits pharmaceutiques et de dispositifs médicaux, afin de renforcer sa souveraineté sanitaire et de contribuer à répondre aux besoins de santé du continent, a déclaré la ministre de la Santé, Dr Mekdes Daba.
Cette ambition a été mise en avant dans un discours prononcé en son nom par le ministre de la Santé de l’État Dr Muluken Argaw lors de l’ouverture de l’Exposition et Conférence africaine sur la fabrication de produits de santé (AHMTEC 2026), organisée à Addis-Abeba sous le thème « Industrialiser pour commercialiser ».
Dans son allocution, la ministre a souligné que le développement de la fabrication locale de produits de santé constitue une priorité nationale, à la croisée de la sécurité sanitaire, de la transformation économique et de l’industrialisation.
« Notre ambition est de positionner l’Éthiopie comme un pôle africain de fabrication de produits pharmaceutiques, au service de notre population et des besoins sanitaires du continent », a-t-elle déclaré.
Forte d’une population d’environ 135 millions d’habitants, l’Éthiopie dispose d’un marché intérieur considérable, offrant des perspectives importantes aux investisseurs du secteur pharmaceutique.
Selon la ministre, c'est une occasion d’accroître la production nationale, de développer la fabrication de produits actuellement importés et de renforcer les activités industrielles qui soutiennent la chaîne d’approvisionnement pharmaceutique.
Le gouvernement s’emploie ainsi à rapprocher les politiques sanitaires, le développement industriel, la promotion des investissements, la recherche et la réglementation afin de créer un environnement favorable à la croissance du secteur.
À cet égard, le parc industriel de Kilinto, dédié à la fabrication de produits pharmaceutiques, constitue une infrastructure stratégique pour attirer les investisseurs et développer les capacités nationales. Les mesures incitatives fiscales et non fiscales, la facilitation des investissements et les infrastructures industrielles figurent également parmi les dispositifs destinés à soutenir cette ambition.
La ministre a par ailleurs souligné l’importance des partenariats avec les fabricants déjà présents dans le pays, notamment pour moderniser les installations, améliorer la productivité, favoriser le transfert de technologies et développer les coentreprises, la production sous licence et la fabrication à façon.
Le pays investit également dans la recherche et le développement, les essais cliniques, les études de bioéquivalence et les capacités de laboratoire, afin de favoriser le développement de produits pharmaceutiques de qualité et de renforcer les liens entre les institutions scientifiques et l’industrie.
Dans cette perspective, le Service éthiopien d’approvisionnement pharmaceutique joue un rôle central dans le soutien aux fabricants nationaux. La ministre a indiqué que des contrats d’une valeur supérieure à 20 milliards de birrs éthiopiens avaient été attribués aux producteurs locaux.
Elle a souligné que la transformation de ces engagements en livraisons régulières et fiables demeure essentielle pour renforcer la confiance des industriels et garantir un accès durable aux médicaments pour les patients.
À cette fin, la coopération entre les autorités réglementaires, la facilitation des échanges et le développement de mécanismes d’approvisionnement groupé sont considérés comme des leviers importants pour améliorer l’accès aux produits de santé de qualité sur le continent.
La ministre a ainsi appelé les fabricants, les partenaires technologiques, les investisseurs, les chercheurs et les partenaires du développement à renforcer leur coopération avec les entreprises éthiopiennes et à transformer les perspectives d’investissement en projets concrets.
« L’Afrique dispose des talents, des marchés et de la volonté nécessaires. Le temps de dépendre des autres pour répondre à nos propres besoins sanitaires est révolu », a-t-elle affirmé.
Elle a également exhorté les pays africains à renforcer leurs capacités de production afin de répondre davantage aux besoins de leurs populations en médicaments, en vaccins et en dispositifs médicaux.
« Que l’Afrique fabrique les médicaments, les vaccins et les dispositifs médicaux que ses populations méritent », a-t-elle déclaré, soulignant l’importance de l’industrialisation pour renforcer la souveraineté sanitaire du continent.
L’AHMTEC 2026 réunit des responsables gouvernementaux, des fabricants de produits pharmaceutiques, des investisseurs, des partenaires technologiques et des acteurs du développement afin de promouvoir les investissements, les partenariats industriels et le renforcement des capacités africaines de fabrication de produits de santé.