Les données statistiques et géospatiales, un atout pour les ambitions de développement de l’Éthiopie et de l’Afrique - ENA Français
Les données statistiques et géospatiales, un atout pour les ambitions de développement de l’Éthiopie et de l’Afrique
Addis Ababa le 23 octobre, 2026 (ENA) L’intégration des données statistiques et géospatiales, conjuguée à l’intelligence artificielle (IA), constitue un levier stratégique pour soutenir les ambitions de développement de l’Éthiopie et des autres pays africains, notamment en matière de croissance économique, de protection de l’environnement et d’attraction des investissements, a déclaré Dr Steve Bertrand Mbokoibara, économiste et directeur général de l’Institut national de la statistique de la République du Congo.
S’exprimant lors d’un entretien accordé à l’ENA en marge de la 10e session de la Commission statistique pour l’Afrique (StatCom-Africa), organisée à Addis-Abeba, il a souligné l’importance de renforcer l’articulation entre les infrastructures statistiques et géospatiales afin d’améliorer la planification du développement et l’efficacité des politiques publiques.
Selon lui, l’exploitation conjointe de ces données permet de mieux comprendre les interconnexions entre les secteurs productifs, de suivre les performances économiques et d’identifier les domaines présentant des opportunités d’investissement.
« Ces outils peuvent permettre aussi bien à l’Éthiopie qu’aux autres pays africains de voir les interconnexions qui existent entre les différents réseaux de production et de faire en sorte que la croissance économique soit véritablement suivie à travers les données », a-t-il indiqué.
Il a ajouté que les outils de comptabilité nationale, notamment les tableaux entrées-sorties, contribuent à analyser les relations entre les différents secteurs économiques et à orienter les investissements vers les domaines à fort potentiel.
Abordant la durabilité environnementale, Dr Mbokoibara a mis en avant le rôle des données géospatiales dans la préservation des ressources naturelles, en particulier dans le suivi des forêts, des sols et des activités de reboisement.
Il a notamment souligné la pertinence de ces outils pour accompagner des initiatives environnementales telles que l’Héritage vert de l’Éthiopie, qui vise à renforcer la couverture végétale et à promouvoir la préservation de l’environnement.
« Les données géospatiales permettent de cartographier les forêts, de cartographier les sols, de contrôler la survie des arbres et de contrôler les aspects de déforestation à partir de l’imagerie satellitaire », a-t-il expliqué.
Selon lui, ces informations permettent aux pouvoirs publics de mieux évaluer les résultats des initiatives environnementales et d’élaborer des politiques adaptées aux défis liés à la déforestation et à la gestion durable des ressources naturelles.
Le responsable congolais a également insisté sur la contribution des données statistiques et géographiques à l’amélioration des conditions de vie des populations.
Il a expliqué que le croisement des données issues des recensements avec les informations géographiques permet de localiser les communautés, de mieux comprendre leurs besoins et d’orienter les interventions publiques vers les populations les plus vulnérables.
« Les données permettent d’identifier le problème, pour aider les politiques à mieux orienter les actions publiques », a-t-il affirmé.
Cette approche, a-t-il souligné, rejoint l’objectif de ne laisser personne de côté, inscrit dans les Objectifs de développement durable des Nations unies et dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
Abordant les perspectives liées à l’innovation technologique, le directeur général a souligné la nécessité d’intégrer davantage l’intelligence artificielle dans les systèmes statistiques africains.
Il a estimé que les pays doivent renforcer leurs capacités techniques et humaines afin de tirer pleinement parti des nouvelles technologies et de mieux répondre aux besoins croissants en matière de production et d’analyse des données.
« L’idée, c’est que, à la fin des travaux, nous puissions avoir un consensus entre les différents États pour associer les infrastructures statistiques à l’infrastructure géospatiale, et pourquoi pas intégrer l’intelligence artificielle dans les productions de statistiques », a-t-il indiqué.
La 10e session de StatCom-Africa offre ainsi aux pays africains une plateforme d’échange sur la modernisation des systèmes statistiques, l’intégration des données géospatiales et l’adoption des nouvelles technologies au service du développement durable.
À travers ces discussions, l’enjeu est de renforcer les capacités nationales, de consolider la coopération entre les États et de faire des données fiables un instrument essentiel de la transformation économique et sociale de l’Afrique.