La CEA et le Rwanda plaident pour le renforcement des systèmes statistiques en Afrique - ENA Français
La CEA et le Rwanda plaident pour le renforcement des systèmes statistiques en Afrique
Addis Ababa le 21 octobre, 2026 (ENA) Le secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), Claver Gatete, et le ministre rwandais des Finances et de la Planification économique, Yusuf Murangwa, ont souligné l’importance de statistiques fiables et de systèmes de données performants pour améliorer les politiques publiques, orienter les investissements et accélérer le développement du continent.
Les deux responsables se sont exprimés lors de l’ouverture de la 10e session de la Commission africaine de statistique (StatCom-Africa) et de la 12e réunion du Comité régional Afrique de l’Initiative des Nations Unies sur la gestion de l’information géospatiale (UN-GGIM: Africa), organisée au Centre de conférences des Nations Unies à Addis-Abeba, en Éthiopie.
Claver Gatete a souligné que la qualité des données constituait un facteur déterminant dans la prise de décision et la répartition des ressources publiques.
« Des données et des statistiques fiables sont essentielles à l’efficacité des politiques publiques, aux décisions d’investissement et au développement national », a-t-il déclaré.
Il a appelé les pays africains à moderniser leurs systèmes statistiques, à garantir des financements suffisants et prévisibles et à mieux intégrer les données statistiques et géospatiales afin de répondre aux priorités économiques et sociales.
Le secrétaire exécutif de la CEA a également mis en avant le potentiel de l’intelligence artificielle, de l’imagerie satellitaire et des sources émergentes de données pour améliorer la rapidité et la précision des statistiques. Il a toutefois souligné la nécessité de préserver leur qualité, leur confidentialité et leur intégrité.
De son côté, Yusuf Murangwa a insisté sur la nécessité d’investir durablement dans les systèmes statistiques afin de permettre aux gouvernements de prendre des décisions fondées sur des données probantes.
Fort de son expérience antérieure dans la production de statistiques officielles et de ses fonctions actuelles dans la planification économique, le ministre rwandais a souligné que les données devaient répondre aux besoins concrets des décideurs et des populations.
« Les décisions prises sans données probantes de qualité coûtent très cher », a-t-il déclaré, appelant à un engagement politique fort et à une allocation de ressources suffisantes au développement statistique.
Il a également souligné que les organismes statistiques devaient produire des données pertinentes, fiables et disponibles en temps utile, tout en améliorant leur communication et leur accessibilité pour les décideurs et le grand public.
Le ministre a par ailleurs plaidé pour une évolution du rôle des instituts nationaux de statistique, qui devraient dépasser la seule production de données pour assurer une meilleure coordination des écosystèmes nationaux de données, notamment en intégrant les nouvelles sources d’information.
Il a insisté sur l’importance des partenariats entre les gouvernements, les institutions panafricaines, les partenaires au développement et les milieux universitaires pour renforcer durablement les capacités statistiques du continent.
Évoquant les défis démographiques et économiques de l’Afrique, notamment l’arrivée massive de jeunes sur le marché du travail et les besoins croissants en matière d’emploi et de services essentiels, M. Murangwa a souligné que des statistiques actualisées étaient indispensables pour mieux anticiper les besoins et orienter les politiques publiques.
Placée sous le thème « Libérer la valeur des données en Afrique : faire des statistiques officielles un véritable reflet du continent », la session réunit des responsables gouvernementaux, des dirigeants d’institutions statistiques et géospatiales ainsi que des partenaires au développement autour du renforcement des systèmes de données au service de la transformation économique et sociale de l’Afrique.