L’Afrique appelée à renforcer le financement de l’information géospatiale pour accélérer son développement - ENA Français
L’Afrique appelée à renforcer le financement de l’information géospatiale pour accélérer son développement
Addis Ababa le 19 octobre, 2026 (ENA) Le renforcement du financement et de l’utilisation de l’information géospatiale constitue un enjeu important pour améliorer la planification du développement et éclairer les décisions publiques en Afrique, a souligné un responsable burundais en marge des travaux techniques organisés à la Commission économique pour l’Afrique (CEA), à Addis-Abeba.
Les échanges mettent notamment l’accent sur la nécessité d’adapter les recommandations internationales aux réalités du continent, de renforcer les capacités institutionnelles et de mobiliser les ressources nécessaires pour permettre aux pays africains de mieux exploiter les données géospatiales.
Jean-Claude Niyonkuru, directeur de cabinet du Premier ministre du Burundi, a indiqué que les travaux visent notamment à examiner les conclusions et recommandations issues d’une session internationale consacrée à l’information géospatiale, tenue à New York en août dernier, afin de faciliter leur application en Afrique.
« Nous voulons rapatrier les conclusions et recommandations internationales pour qu’elles soient appliquées sur le continent africain », a-t-il déclaré, soulignant l’importance de les adapter aux réalités africaines.
Selon lui, l’insuffisance des ressources financières demeure l’un des principaux obstacles au développement de ce secteur dans plusieurs pays. Il a également relevé que certaines institutions chargées de l’information géospatiale ne bénéficient pas toujours de la reconnaissance et des budgets nécessaires pour remplir efficacement leurs missions.
« Il faut expliquer aux responsables des États l’utilité de l’information géospatiale, pour qu’ils puissent considérer ce secteur comme un secteur clé qui a besoin de moyens suffisants pour fonctionner », a-t-il affirmé.
L’information géospatiale, qui permet de recueillir, de situer et d’analyser des données liées à un territoire, contribue à la planification des infrastructures, à la gestion des ressources naturelles, au développement agricole et à l’aménagement urbain. Son intégration aux statistiques officielles peut également aider les gouvernements à mieux identifier les besoins des populations et à orienter leurs investissements.
M. Niyonkuru a par ailleurs souligné l’importance du partage d’expériences entre les pays africains, qui présentent des niveaux de développement et de compréhension différents dans ce domaine.
« Tous les pays ne sont pas au même niveau de compréhension de ce que représente l’information géospatiale », a-t-il indiqué, estimant que les échanges entre les États peuvent favoriser l’apprentissage mutuel et contribuer au renforcement des capacités nationales.
Évoquant l’expérience du Burundi, il a expliqué que son pays dispose d’une structure chargée de la géomatique, rattachée à la Primature en raison du caractère transversal de ses missions, qui concernent plusieurs ministères.
Le pays travaille également à l’élaboration d’un projet de stratégie nationale d’information géomatique destiné, entre autres, à faciliter la mobilisation de ressources nationales et internationales. Malgré les contraintes financières liées aux coûts de ce secteur, cette démarche vise à améliorer son organisation et son fonctionnement.
Le responsable burundais a exprimé l’espoir que les recommandations issues des rencontres contribueront à une meilleure prise en compte de l’information géospatiale dans les priorités budgétaires des gouvernements africains.
Les travaux organisés à Addis-Abeba s’inscrivent dans les efforts visant à renforcer les systèmes statistiques et géospatiaux du continent. Ils offrent aux experts et aux responsables africains un cadre d’échange sur les moyens de développer des données fiables et exploitables pour soutenir la prise de décision et accélérer les progrès vers le développement durable.