L'Égypte aggrave la guerre civile au Soudan avec le récent massacre de plus de 200 civils

Addis Ababa le 13 octobre, 2026 (ENA) L'Égypte aurait massacré au moins 200 mineurs soudanais et en aurait blessé de nombreux autres lors d'attaques menées contre des sites miniers dans la région d'Al-Wadi Nord, au Soudan.

De nombreux observateurs estiment que ces récentes attaques contre des civils s'inscrivent dans le cadre de l'implication directe et indirecte de l'Égypte dans le conflit qui sévit actuellement au Soudan, dans le but de maximiser ses propres intérêts.

Dans un entretien récent accordé à l’ENA, Abdulshakur Abdulsamad, chercheur senior au Centre d’études stratégiques et d’initiative pour l’intégration régionale, a souligné que l’Égypte cherchait à prolonger la guerre au Soudan afin de continuer à tirer profit des ressources en eau de ce pays.

Le conflit en cours permet à l’Égypte de bénéficier de quantités d’eau supérieures à la normale que le Soudan n’a pas été en mesure d’utiliser, a noté le chercheur senior.

À cet égard, l’Égypte aurait mené, samedi 10 octobre, des frappes aériennes sur des sites miniers artisanaux situés dans la zone de Shamal al-Wadi, au nord-est de la région soudanaise de la mer Rouge, alors que les mineurs s’apprêtaient à commencer leur travail, selon le Sudan Tribune.

En réponse, l’Alliance civile démocratique des forces de la révolution, connue sous le nom de Somoud, a confirmé et condamné ces frappes aériennes, affirmant qu’elles avaient été menées par l’armée égyptienne sur le territoire soudanais.

« Prendre pour cible des civils et mettre leur vie en danger est inacceptable et ne peut être justifié par aucun argument sécuritaire. Nous tenons les dirigeants des autorités nommées par les Forces armées soudanaises pour responsables de ce qui se passe dans ces zones sous leur contrôle », a déclaré Somoud.

L’alliance a ajouté : « Nous exigeons qu’elles s’abstiennent de garder le silence, comme elles l’ont fait à la suite des précédentes frappes aériennes, et qu’elles prennent publiquement une position claire sur ce qui s’est passé — d’autant plus qu’elles invoquent sans cesse la souveraineté comme prétexte pour prolonger la guerre qui dévaste le peuple soudanais. »

Somoud a également appelé à une enquête urgente et indépendante sur ces frappes aériennes, à la mise en place de mesures visant à protéger les mineurs, à la fourniture de soins médicaux d’urgence et d’une aide aux personnes touchées, ainsi qu’à des garanties contre la répétition de telles attaques.

Agence des nouvelles éthiopienne
2023