L’Éthiopie au cœur du multilinguisme face au défi de l’IA - ENA Français
L’Éthiopie au cœur du multilinguisme face au défi de l’IA
Addis Ababa le 1 octobre, 2026 (ENA) L’Éthiopie, riche de sa diversité culturelle et linguistique, constitue un espace privilégié pour observer et promouvoir le multilinguisme au sein des organisations internationales.
Addis-Abeba, capitale diplomatique de l’Afrique, rassemble notamment des organisations africaines et internationales qui contribuent à faire de la diversité linguistique une réalité au cœur de la coopération multilatérale.
Dans un entretien accordé à l’ENA, Patricia Herdt, qui travaille au sein de la représentation de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) auprès de l’Union africaine et de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), a souligné le rôle particulier de l’Éthiopie et de sa capitale dans la promotion de la diversité culturelle et linguistique.
« L’Éthiopie, et en particulier Addis-Abeba, capitale diplomatique, constitue en effet un vrai croisement de diversité », a-t-elle déclaré, ajoutant que la Francophonie observe avec intérêt les pratiques linguistiques développées au sein des organisations internationales et africaines présentes dans la capitale.
Selon elle, ces expériences constituent une source d’inspiration pour les programmes de l’OIF, qui travaille avec différentes organisations internationales afin de renforcer le multilinguisme à travers la formation des personnels et l’encouragement de politiques et de stratégies favorables à sa mise en œuvre durable.
« Nous cherchons à rendre la mise en œuvre du multilinguisme véritablement structurelle et de long terme », a-t-elle expliqué.
Cette vision s’accompagne d’initiatives destinées à préparer une nouvelle génération de professionnels des langues. Dans ce cadre, l’OIF met en œuvre un programme destiné aux jeunes diplômés africains des métiers de la traduction et de l’interprétation, dans le cadre de la filière « Interprètes et traducteurs » du Collège international de Villers-Cotterêts.
La Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, basée à Addis-Abeba, doit notamment accueillir six jeunes traducteurs dans le cadre de cette initiative. Ces stages d’immersion visent à permettre aux participants de se familiariser avec les rythmes de travail, les spécificités et les processus des organisations internationales, tout en développant leurs compétences professionnelles et en se préparant aux concours des Nations Unies et d’autres organisations internationales.
Alors que les technologies numériques et l’intelligence artificielle transforment progressivement les métiers de la traduction et de l’interprétation, l’OIF entend également accompagner cette évolution tout en défendant la diversité linguistique et culturelle.
Patricia Herdt a souligné que l’organisation mène un important travail de plaidoyer afin que les nouvelles technologies tiennent compte de ces enjeux et puissent constituer un véritable atout pour les professionnels.
« Il s’agit de faire en sorte que les outils ne remplacent pas l’humain », a-t-elle affirmé, insistant sur l’importance de la contribution humaine, particulièrement dans les contextes diplomatiques où « chaque mot et chaque nuance font la différence ».
L’avenir des métiers de la traduction et de l’interprétation repose ainsi, selon cette approche, sur la complémentarité entre l’évolution des compétences professionnelles, les possibilités offertes par l’intelligence artificielle et la préservation de la diversité linguistique et culturelle.
À travers son caractère multiculturel et son rôle de capitale diplomatique, Addis-Abeba continue ainsi d’offrir un cadre concret de réflexion sur l’avenir du multilinguisme et des échanges entre les différentes communautés linguistiques.