L'Éthiopie met en place un comité de compensation sur le Nil pour évaluer les projets bloqués par l'Égypte

Addis Abab le 1 octobre, 2026 (ENA) L'Éthiopie a mis en place un comité national chargé d'évaluer les pertes économiques et les opportunités de développement manquées liées aux projets hydrauliques qui ont été « bloqués ou entravés par les Égyptiens », a annoncé le ministre de l'Eau et de l'Énergie, Habtamu Itefa.

Dans un entretien exclusive accordée à l’ENA, Habtamu a déclaré que le comité avait jusqu’à présent recensé plus de 22 projets de développement, dont le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD), qui ont été entravés par l’Égypte.

 

« Nous avons mis en place un comité national. Et en tant que {comité}, nous avons recensé plus de 22 projets qui ont été bloqués ou entravés par les Égyptiens, y compris le projet GERD », a révélé le ministre.

 

Les préoccupations de longue date de l’Éthiopie concernant les inégalités de développement dans le bassin du Nil bénéficient d’un soutien croissant de la part des chercheurs, ce qui renforce ses arguments en faveur d’une réparation pour les pertes économiques historiques et les opportunités de développement manquées.

 

À cet égard, le ministre Habtamu a indiqué que le comité nouvellement créé rassemble actuellement des preuves relatives à ces projets et examine les fondements des demandes d’indemnisation de l’Éthiopie.

 

Cette évaluation fait appel à des experts, d’anciens ministres, des conseillers et des juristes qui examinent l’ampleur des pertes et les approches possibles pour y remédier, a-t-il souligné.

 

« Nous sommes déjà en train de rassembler les éléments de preuve. Nous avons répertorié autant de projets que possible auxquels ils (les Égyptiens) se sont opposés, y compris le GERD, au sujet duquel ils ont même tenté de menacer l’Éthiopie, en laissant entendre qu’ils disposaient d’une puissance militaire gigantesque et qu’ils allaient intervenir, ce qui constitue véritablement un crime aux yeux de la communauté internationale », a déclaré M. Habtamu.

 

M. Habtamu a précisé que cet examen portera non seulement sur les projets dont la mise en œuvre a été empêchée, mais aussi sur les efforts de préservation de l’environnement déployés par l’Éthiopie et sur les avantages que ses infrastructures de gestion de l’eau apportent en aval.

 

Il a cité l’initiative « Green Legacy », dans le cadre de laquelle plus de 50 milliards d’arbres auraient été plantés, soulignant que des actions de grande envergure ont été menées dans les principaux bassins fluviaux, notamment ceux du Baro, de l’Abay et du Tekeze.

 

M. Habtamu a déclaré que ces efforts de conservation devaient être pris en compte dans l’évaluation de la contribution de l’Éthiopie à la protection des ressources en eau et à la lutte contre les impacts liés au climat dans l’ensemble du bassin du Nil.

 

Il a également souligné le rôle potentiel du GERD dans la régulation des débits fluviaux, affirmant que son exploitation pourrait contribuer à réduire les inondations en aval et à maintenir la disponibilité en eau pendant les périodes de faibles précipitations.

 

Le ministre a cité les conditions pluviométriques actuelles liées au phénomène El Niño comme exemple de l’importance d’une gestion coordonnée de l’eau, affirmant que la régulation des débits pourrait apporter des avantages aux pays en aval, notamment le Soudan et l’Égypte.

 

 

Évoquant les scénarios possibles pour obtenir une compensation, le ministre a déclaré que l’approche de l’Éthiopie s’articulerait autour d’étapes claires, la négociation et la compréhension mutuelle constituant l’option privilégiée, tandis que d’autres scénarios impliqueraient que l’Éthiopie prenne des mesures supplémentaires.

 

Agence des nouvelles éthiopienne
2023