La pierre est posée, le lien reste solide

Par Al-Aghbari (Djibouti), tiré de POA

Jeudi, dans le parc industriel de Damerjog à Djibouti, le Premier ministre Abiy Ahmed, le président Ismaïl Omar Guelleh et le milliardaire nigérian Aliko Dangote ont posé la première pierre d’un projet de stockage de carburant et de pipeline d’une valeur de 160 millions de dollars américains.

Il ne s’agissait pas d’une cérémonie d’inauguration des travaux, mais d’une déclaration.

L’Éthiopie et Djibouti ne sont pas simplement des voisins qui entretiennent des relations commerciales. Ce sont des partenaires liés par quelque chose de plus profond : une relation économique organique indissociable de la survie et de la prospérité des deux nations.

Aucune allégation infondée, provenant d’une source partiale, ne pourra remettre en cause ce qui a été scellé aujourd’hui.

Un lien né de la nécessité

Plus de 95 % des produits pétroliers de l’Éthiopie transitent par Djibouti. Plus de 70 % de l’électricité de Djibouti provient d’Éthiopie. Rien qu’en 2025, 4,23 millions de tonnes de carburants raffinés ont traversé le territoire djiboutien à destination des marchés éthiopiens.

Ce n’est pas du commerce. C’est une symbiose. Lorsque le port de Djibouti respire, l’économie éthiopienne respire. Lorsque les turbines éthiopiennes tournent, les foyers djiboutiens s’illuminent.

Un tel lien ne se renégocie pas à volonté. Il se vit — au quotidien, par des millions de personnes des deux côtés de la frontière.

Ce qui a été posé aujourd’hui

Quatre-vingts hectares. 375 000 m³ de capacité de stockage. 5 millions de tonnes de transit annuel. Un pipeline de 120 kilomètres acheminant du Jet A-1, du gazole et de l’essence de Damerjog à Dawanleh.

Il viendra compléter les transports routiers et ferroviaires, sans les remplacer. Il réduira les coûts logistiques du corridor de 10 à 30 %. Il permettra d’éviter près de 1 000 trajets de camions-citernes sur les routes chaque jour. Il épargnera à l’atmosphère 15 000 à 20 000 tonnes de CO₂ par an. Il créera jusqu’à 1 200 emplois directs au plus fort des travaux, puis 110 à 120 emplois permanents par la suite.

Ce ne sont pas des abstractions. C’est le pouls mesurable d’un partenariat qui tient ses promesses.

Les faits l’emportent sur les rumeurs

Certaines voix — partiales, mal informées, ou les deux — murmurent des propos sur le déséquilibre, la dépendance, les intentions cachées. Leurs allégations s’effondrent sous le poids de l’évidence.

Les avantages ne sont pas imposés d’en haut. Ils sont adoptés sur le terrain — tant par les gouvernements que par les populations. Ils se manifestent dans le carburant qui alimente les stations-service éthiopiennes. Dans le courant électrique qui éclaire les foyers djiboutiens. Dans les moyens de subsistance créés de part et d’autre de la frontière.

Un lien organique ne se rompt pas sous l’effet d’insinuations. Il se renforce à chaque expédition, à chaque projet, à chaque réussite partagée. Aujourd’hui, il s’est encore renforcé — aux yeux du monde entier.

Un modèle, pas une exception

Ce que l’Éthiopie et Djibouti sont en train de construire n’est pas seulement une réussite bilatérale. C’est un modèle. À l’heure où l’Afrique est appelée à approfondir ses échanges intra-continentaux et à renforcer ses chaînes d’approvisionnement, ces deux nations montrent à quoi ressemble réellement l’intégration lorsqu’elle est ancrée dans la géographie, la nécessité et la confiance.

Souveraineté et interdépendance ne sont pas antagonistes. L’intérêt national et la coopération régionale peuvent aller de pair. L’intérêt mutuel n’est pas un slogan. C’est une réalité vécue et mesurable.

La pierre qui répond

Hier, trois hommes ont posé la première pierre. Ils n’ont pas simplement inauguré un projet. Ils ont réaffirmé un lien. Ils ont répondu — par des actes, et non par des mots — à ceux qui sèment le doute.

Comme l’a déclaré le président Guelleh : « L’indépendance énergétique est la condition de toute autre indépendance. » Ce projet est un élément constitutif de cette souveraineté, transformant une vulnérabilité commune en une force commune.

La pierre a parlé. L’Éthiopie et Djibouti ne sont pas de simples voisins. Ce sont des partenaires liés par un destin commun. Leurs liens sont organiques. Leurs acquis sont partagés. Leur avenir est un seul et même avenir.

Agence des nouvelles éthiopienne
2023