Le directeur général des Affaires africaines réaffirme le droit souverain de l'Éthiopie à construire des barrages à des fins diverses - ENA Français
Le directeur général des Affaires africaines réaffirme le droit souverain de l'Éthiopie à construire des barrages à des fins diverses
Addis Ababa le 24 septembre, 2026 (ENA) « L'Éthiopie dispose du droit souverain d'exploiter ses ressources en eau et de construire des barrages à des fins diverses sur son territoire », a déclaré l'ambassadeur Zerihun Abebe, directeur général des Affaires africaines au ministère des Affaires étrangères.
S'adressant à l'ENA, l'ambassadeur Zerihun a souligné que l'Éthiopie rejetait la tentative de l'Égypte d'adopter une approche monopolistique vis-à-vis des eaux du Nil. Il a insisté sur le fait que la position de l'Éthiopie reposait sur les principes de souveraineté et d'égalité entre les États.
« L'Éthiopie a tout à fait le droit de construire des barrages, que ce soit à des fins d'irrigation, de production hydroélectrique, d'usage domestique ou à des fins industrielles, n'importe où et n'importe quand sur son territoire », a-t-il expliqué.
Le directeur général a fait valoir que l’Éthiopie n’était pas tenue d’obtenir l’autorisation d’un autre pays pour mener à bien des projets de développement sur son territoire. Il a souligné que la position de l’Éthiopie s’appuyait également sur son interprétation du droit international et sur la pratique historique en matière d’aménagement hydraulique des États riverains de cours d’eau partagés.
Pour illustrer son propos, l’ambassadeur Zerihun a cité des exemples provenant d’autres régions du monde. Il a mentionné la construction de barrages par la Chine le long du Mékong, la gestion par les États-Unis de fleuves tels que le Colorado et le Rio Grande, ainsi que l’aménagement par la Turquie des réseaux fluviaux de l’Euphrate et du Tigre.
« Personne ne peut entraver le droit de l’Éthiopie à utiliser ses ressources en eau à des fins de développement », a-t-il affirmé.
L’ambassadeur Zerihun a également critiqué les activités unilatérales passées de l’Égypte en matière de mise en valeur de l’eau, notamment la construction du haut barrage d’Assouan et les projets de dérivation liés à Toshka. L’Éthiopie avait déjà fait part de préoccupations similaires aux Nations unies, arguant que les projets égyptiens avaient été entrepris sans consultation des États riverains en amont.
Par ailleurs, l’ambassadeur Zerihun a évoqué les barrages soudanais, notamment ceux de Roseires, Merowe et Jebel Aulia, ainsi que les projets sur les bassins hydrographiques du Setit et de l’Atbara, affirmant que l’Éthiopie n’était pas impliquée dans leur développement. Dans ce contexte, a-t-il déclaré, l’Éthiopie rejette l’argument selon lequel ses propres projets de mise en valeur de l’eau devraient être soumis à l’approbation des pays en aval.
L’Égypte continue d’affirmer que les projets en amont ne devraient pas être entrepris de manière unilatérale en raison de leurs effets potentiels sur la sécurité hydrique en aval, tandis que l’Éthiopie soutient qu’elle dispose d’un droit souverain d’utiliser ses ressources en eau à des fins de développement. Ce différend juridique et diplomatique porte également sur des interprétations divergentes des accords antérieurs relatifs au Nil.
L’Accord de 1959 sur les eaux du Nil est un accord bilatéral entre l’Égypte et le Soudan, selon les registres des traités des Nations unies. L’Éthiopie a toujours rejeté cet accord comme fondement pour déterminer ses droits sur les eaux du Nil.
Condamnant les appels lancés à l’Éthiopie pour qu’elle demande l’autorisation du Caire avant d’entreprendre des projets de mise en valeur de l’eau, l’ambassadeur Zerihun a décrit une telle approche comme ancrée dans une conception des relations entre États africains datant de l’époque coloniale.
« Nous vivons dans un monde où tous les États sont égaux », a-t-il souligné. « L'Éthiopie continuera d'exercer ses droits souverains sans ingérence. »