« Les sentiments colonialistes de l'Égypte sont intolérables dans le paysage diplomatique moderne », déclare Zerihun, directeur général des Affaires africaines

Addis Ababa le 23 septembre, 2026 (ENA) L’ambassadeur Zerihun Abebe, directeur général des Affaires africaines au ministère éthiopien des Affaires étrangères, a critiqué les récentes déclarations de responsables égyptiens concernant le Nil, les qualifiant de reflet d’attitudes coloniales dépassées qui n’ont pas leur place dans le paysage diplomatique moderne.

S’adressant à l’ENA, l’ambassadeur Zerihun a notamment critiqué le ministre égyptien des Ressources en eau et de l’Irrigation, Hani Sewilam, pour des propos qui auraient laissé entendre que les Éthiopiens devaient être sensibilisés au droit international régissant le Nil.

M. Zerihun a qualifié ces propos de « très malheureux, regrettables, voire risibles », affirmant qu’ils reflétaient une incompréhension de la position de l’Éthiopie et de ses droits en vertu du droit international.

Il a déclaré que l’Éthiopie connaissait parfaitement les principes juridiques régissant l’utilisation des ressources en eau transfrontalières et qu’elle avait toujours fondé sa position sur les principes établis du droit international.

Concernant le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD), le directeur général a déclaré que l’Éthiopie avait construit ce projet conformément aux principes internationalement reconnus, notamment l’utilisation équitable et raisonnable des ressources en eau partagées.

Il a qualifié la position égyptienne de « confusion » et de « caricature » de la position de l’Éthiopie, affirmant que ces propos reflétaient une mentalité du XIXe siècle qui persiste encore aujourd’hui à l’égard de l’Afrique et de ses nations.

« De telles remarques sont le reflet direct d’un sentiment colonial, d’une attitude ancrée dans le XIXe siècle, envers l’Afrique et ses nations », a déclaré M. Zerihun.

Il a souligné que la souveraineté de l’Éthiopie et ce qu’elle considère comme ses droits légitimes sont reconnus par le droit international, ajoutant que le pays continuerait à défendre ses intérêts nationaux.

M. Zerihun a également appelé à ce que les relations au sein du bassin du Nil soient guidées par les principes diplomatiques contemporains et la coopération entre les pays riverains, plutôt que par des approches impérialistes ou monopolistiques.

« Nous ne vivons pas dans un monde impérialiste », a-t-il déclaré. « Il est temps que l’Égypte entre dans l’ère moderne de la diplomatie. »

Le directeur général a réaffirmé l’engagement déclaré de l’Éthiopie en faveur de l’intégration régionale, de la coopération et de l’utilisation durable des ressources en eau partagées.

Il a déclaré que l'Éthiopie avait démontré sa volonté de dialoguer avec les pays en aval et de répondre à leurs préoccupations concernant le GERD, tout en faisant valoir ce qu'elle considère comme ses droits à une utilisation équitable du Nil.

Agence des nouvelles éthiopienne
2023