« L'accès à la mer Rouge est un enjeu vital pour l'Éthiopie », selon un chercheur de l'UAA - ENA Français
« L'accès à la mer Rouge est un enjeu vital pour l'Éthiopie », selon un chercheur de l'UAA
Addis Ababa le 19 septembre, 2026 (ENA) L'accès à la mer Rouge est un enjeu vital pour l'Éthiopie, avec des implications pour la sécurité, la souveraineté, l'économie et l'influence diplomatique du pays, a déclaré un chercheur de l'université d'Addis-Abeba.
Tesfaye Jima, chercheur à l'université d'Addis-Abeba, a tenu ces propos lors d'un entretien exclusif accordé à l'ENA, affirmant que l'intérêt de l'Éthiopie pour la mer Rouge allait bien au-delà du commerce.
La croissance démographique de l’Éthiopie et ses besoins économiques futurs font de l’accès à la mer une préoccupation nationale majeure, a-t-il déclaré, s’interrogeant sur la manière dont le pays pourra répondre à ses besoins futurs et maintenir son influence tout en restant enclavé.
« La mer Rouge est un enjeu existentiel pour l’Éthiopie », a-t-il déclaré, soulignant que l’accès à la mer est essentiel pour les importations et les exportations, ainsi que pour la pêche et la production agricole.
L’accès à la mer permettrait à l’Éthiopie d’exercer un plus grand contrôle sur ses activités économiques et de renforcer sa sécurité et sa souveraineté, a-t-il ajouté.
« Nous avons besoin de la mer Rouge pour exercer notre influence à l’échelle régionale et mondiale », a-t-il déclaré.
L’intérêt de l’Éthiopie pour la mer Rouge revêt également une dimension régionale, a-t-il ajouté, faisant valoir qu’un engagement accru pourrait contribuer à la paix, à la sécurité et à la coopération économique dans la région.
Le potentiel démographique et économique de l’Éthiopie pourrait lui permettre de jouer un rôle plus important dans les affaires régionales, a-t-il indiqué, soulignant l’importance de développer ses capacités maritimes et navales.
Le retour de l’Éthiopie en mer Rouge et sa participation accrue aux mécanismes régionaux pourraient profiter aux pays de la région en favorisant la coopération en matière de paix, de sécurité et de développement, a-t-il fait valoir.
Sur le plan juridique, l’Éthiopie a signé des traités, accords et conventions internationaux relatifs à ses intérêts en mer Rouge et sur le Nil, a-t-il déclaré.
Les accords et documents historiques, y compris ceux remontant aux années 1870, devraient être étudiés et présentés, accompagnés de preuves, par la voie diplomatique, dans le cadre des efforts déployés par l’Éthiopie pour expliquer sa position et ses intérêts nationaux, a-t-il ajouté.
M. Tesfaye a également souligné l’importance de la recherche et de la sensibilisation du public, appelant les universitaires à mener des études fondées sur des données factuelles et à impliquer les grandes institutions internationales, tandis que les médias devraient aider le public à mieux comprendre cette question.
L’unité nationale et la coopération sont essentielles pour défendre les intérêts de l’Éthiopie en matière d’accès à la mer, a-t-il déclaré, ajoutant que les intérêts nationaux devaient servir le pays, son peuple et les générations futures.
L’Éthiopie doit défendre ses intérêts par le biais d’une diplomatie pacifique, tout en relevant les défis internes et en renforçant la paix et la stabilité sur son territoire, a-t-il déclaré.
Il a cité l’expérience de l’Éthiopie dans la promotion du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne par le biais d’un engagement diplomatique comme un exemple de défense des intérêts nationaux par des moyens pacifiques.
Le programme de l’Éthiopie en matière d’accès à la mer doit donc être considéré comme un enjeu national à long terme nécessitant de la recherche, de la diplomatie, une sensibilisation du public et de la coopération, a-t-il conclu.