L'IFC salue les réformes économiques menées par l'Éthiopie, soulignant qu'elles renforcent les fondements de l'investissement privé

Addis Ababa le 17 septembre, 2026 (ENA) La Société financière internationale (SFI) a salué les efforts de réforme économique de l’Éthiopie, affirmant que les progrès réalisés sur le marché des changes, au niveau des réserves internationales et en matière d’inflation contribuent à lever certains des principaux obstacles qui décourageaient auparavant les investissements du secteur privé.

Dans un entretien exclusif accordé à The Pulse of Africa, le directeur général de la SFI, Makhtar Diop, a déclaré que l’Éthiopie avait réalisé des progrès significatifs dans la résolution des défis économiques qui, historiquement, avaient été source d’incertitude pour les investisseurs.

Revenant sur son engagement passé auprès de l’Éthiopie, M. Diop a souligné que trois contraintes majeures se détachaient : une inflation élevée, des pressions sur le marché des changes et des niveaux de réserves insuffisants.

Selon lui, ces défis affectaient directement la capacité des entreprises à fonctionner et à investir. La pénurie de devises, par exemple, rendait difficile l’importation de biens essentiels par les entreprises et pouvait compliquer le rapatriement des bénéfices.

Il a indiqué que l’Éthiopie avait depuis pris des mesures pour remédier à ces contraintes, soulignant en particulier l’évolution vers un système de taux de change plus flexible, la reconstitution des réserves de change et la réduction de l’inflation.

M. Diop a noté que l’inflation, qui se maintenait auparavant à deux chiffres, est désormais redescendue à un chiffre à certains moments, même si elle continue de fluctuer en fonction de la conjoncture économique.

Pour les investisseurs du secteur privé, a expliqué M. Diop, ces évolutions sont importantes car les décisions d’investissement dépendent fortement de la prévisibilité économique.

M. Diop a déclaré que ces fondamentaux étaient essentiels pour attirer les capitaux privés, soulignant que les investisseurs avaient besoin d’un certain degré de certitude avant d’engager des ressources sur un marché.

Il a donc salué le gouvernement éthiopien pour avoir pris ce qu’il a qualifié de mesures sérieuses visant à remédier aux contraintes économiques qui pesaient auparavant sur les investissements du secteur privé.

Son analyse replace les réformes économiques en cours en Éthiopie dans le cadre d’un effort plus large visant à créer un environnement plus prévisible pour les entreprises nationales et internationales, avec des implications pour l’investissement, le commerce, les infrastructures et la croissance tirée par le secteur privé dans tout le pays.

Pour l’Afrique, ces évolutions soulignent également l’importance de la stabilité macroéconomique, de l’accès aux devises étrangères et de la sécurité des investissements pour favoriser une plus grande participation du secteur privé à la transformation économique du continent.

M. Diop a également mis en avant les opportunités offertes par les secteurs de l’économie numérique, du tourisme, de l’aviation, des infrastructures et des énergies renouvelables en Éthiopie, ainsi que le potentiel du pays à attirer des investissements dans le logement.

Lors de sa visite en Éthiopie du 1er au 3 septembre, le directeur général de l’IFC, Makhtar Diop, a rencontré le Premier ministre Abiy Ahmed et d’autres responsables gouvernementaux pour discuter des réformes économiques, des investissements du secteur privé et de la création d’emplois.

Le 3 septembre, le Premier ministre Abiy a présidé la signature d’un accord-cadre entre la Banque nationale d’Éthiopie et l’IFC visant à créer la première société de refinancement hypothécaire du pays. L'institution envisagée devrait disposer d'un capital de 100 milliards de birrs, l'IFC y contribuant à hauteur d'au moins 200 millions de dollars américains, afin de soutenir l'ambition du gouvernement de construire 1,5 million de logements au cours des cinq prochaines années.

Le directeur général de l'IFC a déclaré que le développement du logement nécessiterait également une plus grande participation des promoteurs privés ainsi que des investissements dans les compétences et les capacités de construction.

Agence des nouvelles éthiopienne
2023