L'ancien président de l'Assemblée nationale estime que l'Égypte doit adapter sa stratégie concernant le Nil aux réalités du XXIe siècle - ENA Français
L'ancien président de l'Assemblée nationale estime que l'Égypte doit adapter sa stratégie concernant le Nil aux réalités du XXIe siècle
Addis Ababa le 16 septembre, 2026 (ENA) L'Égypte doit adapter sa stratégie concernant le Nil aux réalités du XXIe siècle, a déclaré Teshome Toga, ancien président de la Chambre des représentants du peuple éthiopienne, soulignant que les conceptions dépassées datant de l'époque coloniale ne peuvent plus guider la gestion d'un fleuve transfrontalier partagé.
Dans son article analytique, l’ancien président a noté que le bassin du Nil a été transformé par la croissance démographique, le changement climatique, la hausse de la demande énergétique, l’insécurité alimentaire et le développement économique rapide, ce qui nécessite un nouveau cadre fondé sur la coopération, l’équité et le respect mutuel.
Par conséquent, « le Nil doit être géré en fonction des réalités du XXIe siècle, et non selon la logique d’une époque coloniale révolue ».
Le Nil Bleu (Abay), qui prend sa source dans les hauts plateaux éthiopiens, contribue à environ 86 % du débit annuel du Nil, ce qui souligne le rôle central de l’Éthiopie dans le bassin.
L’ancien président de l’Assemblée nationale a souligné que la dépendance de l’Égypte vis-à-vis du Nil ne lui confère pas le monopole sur le fleuve, affirmant qu’un cours d’eau international partagé doit être géré dans un esprit d’équité et de reconnaissance mutuelle des droits de tous les États riverains.
« La dépendance vis-à-vis du Nil ne confère pas le monopole sur un fleuve partagé », a-t-il écrit.
M. Teshome a critiqué le recours persistant à des accords datant de l’époque coloniale et à caractère exclusif, notamment l’accord bilatéral de 1959 entre l’Égypte et le Soudan, qui répartissait les eaux du fleuve sans la participation des pays en amont, dont l’Éthiopie.
De tels accords ne peuvent constituer une base durable pour la gestion d’une ressource partagée à l’ère moderne, a-t-il ajouté.
Teshome a décrit le Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD) comme une manifestation évidente de la nouvelle réalité de l’Éthiopie et de sa capacité croissante à mobiliser des ressources nationales pour le développement du pays.
Il a souligné que ce barrage reflétait la détermination de l’Éthiopie à élargir l’accès à l’électricité, à réduire la pauvreté et à accélérer la transformation économique grâce à l’autosuffisance.
« Le GERD a démontré la détermination, l’autonomie et la capacité de l’Éthiopie à construire son avenir avec ses propres ressources. »
M. Teshome a déclaré que les tentatives visant à bloquer les projets de développement de l’Éthiopie par le biais de restrictions de financement extérieur, de pressions politiques ou de droits de veto ne porteraient pas leurs fruits.
« Aucun droit de veto, aucune pression et aucune ingérence extérieure ne peuvent arrêter la marche de l’Éthiopie vers le développement. »
Par ailleurs, l’ancien président de l’Assemblée nationale et diplomate a rejeté la confrontation militaire comme solution aux différends liés au Nil, affirmant qu’aucune stratégie militaire ne pouvait garantir une sécurité hydrique durable.
« La confrontation militaire ne peut pas résoudre la question du Nil ; seul le dialogue le peut », a-t-il souligné.
Il a en outre mis en avant l’engagement de longue date de l’Éthiopie en faveur de la diplomatie et de la coopération, citant la Déclaration de principes de 2015 sur le GERD comme un exemple important d’engagement pacifique avec l’Égypte et le Soudan.
L’ancien président de l’Assemblée nationale a appelé à des négociations sincères fondées sur l’égalité souveraine, une utilisation équitable et raisonnable, le respect mutuel, la coopération scientifique et le règlement pacifique des différends.
« Le Nil doit être un pont de coopération, et non une source permanente de tensions », a-t-il souligné.
Aucun pays ne devrait monopoliser un fleuve partagé et aucune nation ne devrait se voir refuser son droit légitime au développement, a-t-il ajouté.
En conclusion, M. Teshome a noté que l’avenir du Nil doit reposer sur une responsabilité partagée, une prospérité partagée et une vision politique qui reflète les réalités du XXIe siècle.