La quête d'un accès à la mer par l'Éthiopie : un impératif national inévitable, selon le professeur Berhanu Nega - ENA Français
La quête d'un accès à la mer par l'Éthiopie : un impératif national inévitable, selon le professeur Berhanu Nega
Addis Ababa le 5 septembre, 2026 (ENA) La quête de l’Éthiopie pour un accès souverain à la mer est indissociable de la survie à long terme de la nation et pourrait générer des avantages mutuels dans toute la région de la mer Rouge, a déclaré à l’ENA le ministre de l’Éducation, le professeur Berhanu Nega.
Figure de proue de l’opposition politique éthiopienne, M. Berhanu a affirmé que la quête de l’Éthiopie pour un accès à la mer était logique, historique, démographique et économique, et qu’elle était fondamentalement liée à la sécurité et à la survie du pays.
Le professeur Berhanu a ajouté que la quête d’un accès à la mer Rouge par l’Éthiopie n’est pas une question temporaire qui peut simplement être reportée ou ignorée, compte tenu de la croissance démographique rapide du pays et de l’expansion de ses besoins économiques.
« On ne peut pas avoir 130 millions de personnes vivant ici sans accès à la mer à une époque où cet accès est essentiel tant pour la sécurité que pour le commerce », a-t-il déclaré.
Le professeur Berhanu a en outre souligné que les réalités démographiques de l’Éthiopie font de la recherche d’un accès à la mer un impératif national inévitable.
Selon lui, les tentatives visant à l’empêcher ou à la retarder indéfiniment ne peuvent pas faire disparaître les réalités économiques, démographiques et stratégiques sous-jacentes qui motivent la demande du pays.
Il a souligné que la quête de l’Éthiopie devait être menée sur la base de l’intérêt mutuel, permettant ainsi à l’Éthiopie et aux pays voisins d’exploiter le potentiel de la mer Rouge pour renforcer le commerce, la sécurité, la connectivité et la prospérité partagée.
« Il vaut mieux que nous y parvenions pacifiquement, et non seulement pacifiquement, mais aussi dans l’intérêt mutuel, afin que nous puissions tous en tirer profit », a déclaré M. Berhanu.
Il a souligné que l’accès à la mer est étroitement lié à la survie et au développement à long terme de l’Éthiopie, notant que des pays comme l’Éthiopie ont naturellement besoin d’un accès maritime pour le commerce et la sécurité.
« C’est quelque chose qui est étroitement lié à leur survie. Ils ne vont pas laisser passer cela facilement », a-t-il déclaré.
M. Berhanu a également fait valoir que le statut actuel de pays enclavé de l’Éthiopie devait être compris dans son contexte historique.
Il a déclaré que l’Éthiopie disposait auparavant d’un accès à la mer, mais qu’elle l’avait perdu sous les gouvernements successifs, qualifiant cette perte de conséquence de décisions et d’évolutions qui n’ont pas su préserver les intérêts nationaux à long terme du pays.
Pour M. Berhanu, la question ne se résume donc pas simplement à l’accès à un port ou à un tronçon de littoral, mais concerne l’avenir économique à long terme de l’Éthiopie, sa sécurité nationale, ses réalités démographiques et sa place dans la région plus large de la mer Rouge.
Qualifiant la perte de l’accès direct à la mer par l’Éthiopie d’erreur historique grave commise par les gouvernements précédents, le ministre a affirmé que le statu quo actuel ne pouvait pas perdurer indéfiniment.
Tout en réitérant l’engagement de l’Éthiopie en faveur de négociations pacifiques, il a averti que cette question perdurerait de génération en génération jusqu’à ce qu’elle soit résolue.
« Si aucun accord mutuellement acceptable n’est trouvé, les générations futures ne resteront pas les bras croisés et ne laisseront pas leur survie être menacée », a-t-il conclu.