Le dialogue national en Éthiopie : une étape décisive qui renforce les aspirations communes et l'unité, selon le président Taye - ENA Français
Le dialogue national en Éthiopie : une étape décisive qui renforce les aspirations communes et l'unité, selon le président Taye
Addis Ababa le 22 août, 2026 (ENA) La Conférence nationale de dialogue éthiopienne qui vient de s’achever constitue une étape historique majeure qui renforce les aspirations communes et l’unité nationale, a déclaré le président Taye Atske Selassie, soulignant que le dialogue est la pierre angulaire de la force, de la sagesse et de l’ingéniosité nationales.
S'exprimant lors de la cérémonie de clôture qui s'est tenue aujourd'hui au Centre des congrès, le président a adressé ses sincères remerciements aux dirigeants et au personnel de la Commission éthiopienne du dialogue national, aux entités partenaires, ainsi qu'aux 4 000 participants — parmi lesquels figuraient des chefs religieux, des anciens, des Abba Gadas, des femmes, des jeunes, des agriculteurs, des éleveurs, des universitaires, des représentants politiques et des associations civiques — qui ont porté la confiance et la voix de 130 millions d'Éthiopiens.
Il a félicité les membres du dialogue pour avoir organisé un processus structuré fondé sur les connaissances et les valeurs nationales, pour avoir élaboré des ordres du jour axés sur les intérêts nationaux et pour avoir établi des procédures claires de délibération.
Le président Taye a également salué les participants pour avoir mené les discussions avec raison, transparence, crédibilité, coopération mutuelle et dans le respect de la dignité éthiopienne par excellence.
Si le dialogue est une tradition de longue date ancrée dans le tissu social de la nation, le fait de donner une forme et une structure à cette pratique traditionnelle en fait une pierre angulaire de la construction d'une nation moderne et un rempart face aux défis actuels.
Il a également exprimé sa sincère gratitude au Premier ministre Abiy Ahmed pour avoir mené à bien cette initiative, ainsi qu’à la Chambre des représentants du peuple pour avoir doté ce processus d’un fondement juridique solide.
Soulignant la portée historique de ce dialogue, le président Taye a mis en avant cinq résultats clés.
Premièrement, la conférence a créé un climat propice où des idées constructives émergent de points de vue divergents au service du bien commun.
Deuxièmement, elle a permis aux débats politiques de s'éloigner des réactions impulsives pour s'orienter vers le sang-froid et la réflexion approfondie, permettant ainsi aux délégués de défendre leurs communautés respectives tout en conservant une perspective nationale équilibrée sous une même bannière.
Troisièmement, il a jeté les bases permettant de faire évoluer le paysage politique éthiopien, en le faisant passer de la confrontation et de l’hostilité au pardon et à la réconciliation.
Quatrièmement, il a ouvert la voie à une transition définitive loin des troubles politiques, de la violence et des conflits armés, en ancrant les pratiques politiques futures dans la paix, l’écoute active et le libre échange d’idées.
Cinquièmement, il a rehaussé le niveau des interactions sociales en encourageant un langage respectueux et en établissant une nouvelle référence pour un discours politique civilisé.
Abordant des défis narratifs plus larges, le président Taye a rejeté les clichés politiques tels que « l’Éthiopie est à la croisée des chemins » ou « l’Éthiopie est au bord de l’effondrement », soulignant que ceux qui propagent sans cesse une telle rhétorique ne cherchent qu’à assurer leur propre subsistance plutôt que de suivre la véritable voie de la nation.
Il a insisté sur le fait que la trajectoire de l’Éthiopie n’est pas à la croisée des chemins, mais qu’il s’agit d’un chemin direct et continu de croissance et d’unité, fondé sur la patience.
La cérémonie de clôture de la Conférence nationale de dialogue éthiopienne a marqué la fin de 40 jours de délibérations ininterrompues.
Tout au long de ces 40 jours, les discussions ont porté sur huit grands axes du programme :
Structure gouvernementale et système politique : délibérations sur la structure globale et la forme de l’État ainsi que sur les systèmes de gouvernance ;
Statut des villes fédérales : prise de décision concernant l’administration, le statut juridique et les rôles nationaux de villes telles qu’Addis-Abeba et Dire Dawa ;
Affaires religieuses : favoriser l’harmonie interconfessionnelle, l’égalité et le respect mutuel entre les différents groupes religieux ;
Renforcement des institutions, État de droit et droits de l’homme : renforcer les institutions publiques et protéger les droits légaux ;
Questions socio-économiques : mettre l’accent sur le développement économique et les préoccupations spécifiques des agriculteurs et des éleveurs ;
Corruption et bonne gouvernance : aborder les questions de responsabilité administrative, de transparence et de prestation des services publics ; et
Consolidation de la paix : résoudre les conflits et instaurer une réconciliation nationale et une sécurité durables.