« La présence maritime souveraine est essentielle à la paix régionale et à la sécurité nationale », déclare un analyste - ENA Français
« La présence maritime souveraine est essentielle à la paix régionale et à la sécurité nationale », déclare un analyste
Addis Ababa le 12 août, 2026 (ENA) La mise en place d’un accès maritime sûr et direct le long du corridor de la mer Rouge est essentielle pour garantir la sécurité nationale de l’Éthiopie, préserver son indépendance souveraine et protéger la stabilité dans toute la Corne de l’Afrique, a déclaré l'analyste Eliyas Abi.
S’exprimant lors d’un entretien exclusif accordé à l’Agence de presse éthiopienne (ENA), Eliyas a souligné que le fait de dépendre entièrement de ports de transit extérieurs rendait les chaînes d’approvisionnement commerciales et les intérêts stratégiques du pays vulnérables aux pressions extérieures, aux blocages maritimes et à l’instabilité régionale.
S’appuyant sur des précédents historiques, Eliyas a rappelé le blocus d’armes de 1935 imposé via les territoires côtiers pour illustrer comment un État ne disposant pas d’un contrôle direct sur son accès maritime peut être exposé à une vulnérabilité géopolitique en période de crise.
« Le statut de pays enclavé expose les réseaux commerciaux vitaux à des blocages extérieurs et aux tensions géopolitiques mondiales », a déclaré Eliyas, soulignant l’escalade des conflits en mer Rouge et dans les voies navigables environnantes, telles que le détroit de Bab-el-Mandeb.
« L’accès direct à la mer est une garantie essentielle d’indépendance économique, politique et diplomatique », a-t-il ajouté.
Abordant les dynamiques régionales plus larges, M. Eliyas a affirmé qu’une Éthiopie forte et économiquement performante constituait le pilier principal de la paix et de la sécurité dans la Corne de l’Afrique. Il a souligné que les capacités de défense de l’Éthiopie — forgées au fil de l’histoire par une détermination patriotique et modernisées dans le cadre des réformes actuelles en matière de défense — contribuaient depuis longtemps à stabiliser l’ensemble de la sous-région, notamment à travers les efforts de lutte contre le terrorisme et de maintien de la paix.
Par ailleurs, Eliyas a rejeté l’attitude hostile des régimes régionaux isolationnistes ainsi que l’ingérence extérieure injustifiée d’acteurs extérieurs à la Corne de l’Afrique. Il a souligné qu’une Éthiopie prospère, dont la population avoisine les 150 millions d’habitants, exerce un pouvoir d’attraction naturel qui finira par contraindre les États voisins à privilégier la coopération pacifique plutôt qu’une résistance contre-productive.
La sécurité dans la Corne de l’Afrique dépend fondamentalement d’une Éthiopie stable et forte, a observé Eliyas.
La sécurité maritime collaborative, soutenue par une économie nationale solide et des forces de défense robustes, sert les intérêts communs de toutes les nations situées le long de ce corridor commercial stratégique, a-t-il précisé.
La mer Rouge et le détroit de Bab-el-Mandeb comptent parmi les corridors maritimes les plus stratégiques au monde, acheminant une part substantielle du trafic commercial mondial et des livraisons d’énergie. Ces dernières années, l’intensification de la concurrence géopolitique, la piraterie et les menaces actives pesant sur la sécurité maritime dans ces eaux ont mis en évidence l’importance cruciale de la stabilité régionale.
Après avoir perdu ses ports de la mer Rouge en 1993, l’Éthiopie a reconstitué sa force navale dans un cadre modernisé, en mettant en place un quartier général et des infrastructures de formation afin de protéger ses intérêts nationaux et de contribuer à la sécurité maritime dans la Corne de l’Afrique.
En tant que pilier géographique et démographique de la région, le gouvernement éthiopien estime qu’une présence maritime sécurisée est essentielle non seulement pour protéger le vaste volume commercial du pays — dont plus de 90 % transite par voie maritime —, mais aussi pour participer à des opérations de sécurité régionales, lutter contre les menaces maritimes transnationales et garantir une paix durable dans l’ensemble du corridor de la mer Rouge.