L'Afrique doit renforcer son unité et mobiliser ses ressources pour faire face aux crises mondiales : le président de la Commission de l'Union africaine - ENA Français
L'Afrique doit renforcer son unité et mobiliser ses ressources pour faire face aux crises mondiales : le président de la Commission de l'Union africaine
Addis Ababa le 28 juillet, 2026 (ENA) L'Afrique doit renforcer son unité, mobiliser davantage de ressources financières et accélérer les réformes institutionnelles afin de répondre efficacement aux crises mondiales croissantes qui affectent de plus en plus les perspectives de développement du continent, a déclaré Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l'Union africaine (UA).
S'exprimant aujourd'hui lors de l'ouverture de la 49e session ordinaire du Conseil exécutif de l'UA à Addis-Abeba, Mahmoud Ali Youssouf a indiqué que cette réunion se tenait dans un contexte international difficile, marqué par l'instabilité géopolitique, les menaces pour la sécurité, les urgences de santé publique et les contraintes financières.
« Cette réunion se tient dans un contexte continental et international marqué par des crises », a-t-il déclaré, soulignant que les répercussions du conflit au Moyen-Orient continuent de peser lourdement sur les économies africaines.
Selon le président de la Commission de l’UA, la reprise du conflit au Moyen-Orient a perturbé les chaînes d’approvisionnement mondiales, entraînant une hausse des prix des carburants et du coût des produits de première nécessité, avec des conséquences importantes pour les pays africains.
« Notre continent subit de plein fouet les conséquences de la crise au Moyen-Orient », a-t-il déclaré, ajoutant que des experts de l'Union africaine évaluaient actuellement les répercussions à long terme de cette crise sur le continent.
Youssouf a également fait part de ses inquiétudes face à la propagation continue du terrorisme et de l’extrémisme violent à travers l’Afrique, en particulier dans la région du Sahel.
Évoquant ses récentes visites dans des pays du Sahel, il a réaffirmé l’engagement de la Commission de l’Union africaine à renforcer la coopération régionale pour lutter contre le terrorisme et améliorer la situation humanitaire dans les zones touchées.
En matière de santé publique, le président a mis l’accent sur l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC), qui, selon lui, a fait plus de 1 000 victimes.
Il a présenté ses condoléances aux familles des victimes et a félicité les Centres africains pour le contrôle et la prévention des maladies (Africa CDC) pour avoir coordonné la réponse continentale grâce à la mobilisation de ressources et au déploiement d’équipes techniques, tout en appelant à une plus grande solidarité de la part des États membres de l’UA.
Abordant les questions institutionnelles et financières, Youssouf a déclaré que les ministres délibéreraient sur le projet de budget 2027 de l’Union africaine.
Il a noté que, bien que les contributions obligatoires des États membres restent plafonnées à 200 millions de dollars américains, près de 80 % du budget-programme continue de dépendre du soutien des partenaires internationaux.
Le président a fait remarquer que la Commission ne fonctionne actuellement qu’avec 30 % de ses effectifs et 25 % des ressources budgétaires nécessaires, soulignant la nécessité d’un soutien financier accru pour permettre à l’institution de s’acquitter efficacement de son mandat continental.
Pour concrétiser les aspirations de l’Agenda 2063, Youssouf a souligné que l’Afrique doit mobiliser environ 2 milliards de dollars américains, précisant que le rôle de la Commission est de créer les conditions politiques, stratégiques et institutionnelles nécessaires pour attirer davantage d’investissements publics et privés en faveur du développement du continent.
Il a en outre déclaré que la Commission continuera à utiliser les plateformes multilatérales et les partenariats stratégiques pour faire valoir les priorités et les attentes de l’Afrique sur la scène internationale.
En ce qui concerne la réforme institutionnelle, Youssouf a annoncé que la mise en œuvre du processus d’audit des compétences et d’évaluation des aptitudes (SACA) était achevée, à l’exception des questions relatives au personnel financé par les partenaires de développement, qui ont été renvoyées au Conseil exécutif.
Il a réaffirmé l’engagement de la Commission en faveur d’une gestion financière prudente, d’une responsabilisation renforcée et d’une gestion axée sur les résultats.
Le président de la Commission de l’UA a également exhorté les États membres à accélérer la ratification des instruments juridiques de l’Union africaine encore en suspens, qui sont essentiels à la mise en œuvre du deuxième plan décennal de mise en œuvre de l’Agenda 2063.
Il a en outre appelé les pays africains à rester unis pour soutenir les candidats africains briguant des postes au sein d’organisations internationales, affirmant que la solidarité continentale reste essentielle pour faire valoir les intérêts de l’Afrique à l’échelle mondiale.
Les ministres des Affaires étrangères et les hauts responsables de toute l’Afrique se réunissent à Addis-Abeba à l’occasion de la 49e session ordinaire du Conseil exécutif de l’UA afin de débattre des principales priorités du continent, notamment la sécurité de l’eau, l’assainissement, la réforme institutionnelle, le financement, la paix et la sécurité, ainsi que la mise en œuvre de l’Agenda 2063.