« L'accès à la mer est une nécessité existentielle pour l'Éthiopie », déclare l'ancien administrateur en chef du Tigray

Addis Ababa le 18 juillet,2026 (ENA) Garantir un accès fiable à la mer est une nécessité existentielle pour l’Éthiopie, ce qui nécessite une stratégie nationale soigneusement planifiée, fondée sur des bases juridiques et guidée par la diplomatie afin de concrétiser les intérêts maritimes du pays, selon l’ancien administrateur en chef de l’État régional du Tigré, Gebru Asrat.

 

S'adressant à l'Agence de presse éthiopienne (ENA), Gebru a souligné que cette question exigeait une approche soutenue, très structurée et institutionnalisée. Il a averti qu'aborder le sujet en termes vagues et généraux ne suffisait plus face à un défi de cette ampleur. 

 

Pour garantir un résultat positif et durable, Gebru a recommandé la création d'un organe exécutif dédié, tel qu'une commission ou un ministère spécialisé, chargé de rassembler la documentation technique, juridique et historique.  

 

Il a souligné que l’Éthiopie devait présenter un dossier bien organisé et équitable aux organisations régionales et internationales, notamment l’Union africaine et les Nations unies. 

 

S’appuyant sur les cadres internationaux, Gebru a fait remarquer que les pays enclavés disposent de droits de transit et d’accès reconnus que l’Éthiopie peut légitimement revendiquer pour des raisons juridiques, historiques et économiques. 


 

En revenant sur l’histoire maritime de l’Éthiopie, Gebru a qualifié l’approche adoptée lors de la sécession de l’Érythrée en 1991 d’erreur stratégique fondamentale de la part de l’ancien gouvernement de l’EPRDF. Il a fait valoir que ce gouvernement avait privilégié une tranquillité politique temporaire au détriment de la sauvegarde des intérêts géopolitiques fondamentaux et à long terme de la nation. 

 

Alors que l’Éthiopie avait initialement perdu son littoral à l’époque de l’empereur Ménélik II à la suite de l’expansion coloniale italienne, Gebru a rappelé comment celui-ci avait ensuite été rétabli grâce à la clairvoyance diplomatique de l’empereur Haïlé Sélassié.  

 

Cependant, l’effondrement ultérieur du système fédéral a conduit à la reprise du conflit, qui a abouti à l’indépendance de l’Érythrée. Gebru a critiqué la reconnaissance immédiate de la souveraineté de l’Érythrée sans aucune négociation formelle concernant les droits maritimes de l’Éthiopie. 

 

Cette omission historique a laissé l’Éthiopie entièrement enclavée après la coupure de l’accès aux ports d’Assab et de Massawa, contraignant le pays à acheminer plus de 90 % de ses importations et exportations via Djibouti. 

 

M. Gebru, qui a été le premier à défendre les droits maritimes de la nation dans un ouvrage publié il y a plus de dix ans, a souligné que les efforts nationaux actuels s’inscrivent dans le droit fil de ces intérêts fondamentaux et de longue date.  

 

Il a toutefois averti que cette démarche ne devait pas être précipitée ni motivée par la panique dans le seul but de donner l’illusion d’une action. Elle doit au contraire être menée de manière constante, au fil du temps, grâce à une planification minutieuse et à long terme. 

 

En conclusion, M. Gebru a souligné que l’Éthiopie devait garantir son accès à la mer en faisant preuve de tact, de sagesse et d’une exécution rigoureuse, affirmant que le pays avait pleinement droit à cet accès en vertu du droit international, de l’histoire et des impératifs géographiques.

Agence des nouvelles éthiopienne
2023