Les acteurs concernés du Tigray appellent à la fin de la conscription forcée et réaffirment leur engagement en faveur du rétablissement de la paix - ENA Français
Les acteurs concernés du Tigray appellent à la fin de la conscription forcée et réaffirment leur engagement en faveur du rétablissement de la paix
Addis Ababa le 8 juillet, 2026 (ENA) Les participants à un forum intitulé « Paix, démocratie et développement au Tigray : le rôle des médias et des militants sociaux » ont appelé à la fin immédiate de la conscription militaire forcée actuellement en vigueur dans la région.
Les participants ont en outre averti que tout retour au conflit armé déclencherait une nouvelle catastrophe humanitaire dévastatrice.
Ce forum, qui s’est tenu à Addis-Abeba, a réuni des professionnels des médias, des militants sociaux et d’autres parties prenantes de la région du Tigray, en Éthiopie.
À l’issue de la réunion, les participants ont adopté un communiqué commun réaffirmant leur engagement en faveur de la paix, de l’ordre constitutionnel, du dialogue démocratique et de la protection des civils.
Dans le communiqué transmis à l’ENA, les participants ont déclaré que la population du Tigré continuait de subir les conséquences durables de la guerre, notamment les déplacements de population, les difficultés économiques, la perturbation des institutions et les défis humanitaires.
Ils ont souligné que la paix dans la région restait fragile et ont averti qu’une reprise des hostilités aurait des conséquences dévastatrices non seulement pour le Tigré, mais aussi pour l’Éthiopie et l’ensemble de la Corne de l’Afrique.
« Les immenses souffrances endurées par les mères, les pères, les jeunes, les enfants, les familles déplacées, les citoyens handicapés de guerre, les diplômés au chômage, les agriculteurs, les fonctionnaires et les autres membres vulnérables de la société ne doivent plus jamais se reproduire », indique le communiqué.
Les participants ont souligné qu’aucun objectif politique ne peut justifier une recrudescence de la violence, la mobilisation forcée, les discours de haine, l’intimidation ou la répression des voix pacifiques. Ils ont également insisté sur le fait que la dignité, la sécurité et l’avenir de la population doivent primer sur les rivalités politiques ou les ambitions militaires.
Le forum s’est déclaré particulièrement préoccupé par les informations faisant état d’enlèvements et de recrutements militaires forcés de jeunes dans certaines régions du Tigray, qualifiant ces pratiques d’inacceptables et appelant à leur cessation immédiate.
Il a rappelé que, depuis la décision des États-Unis d’imposer des restrictions ciblées en matière de visas à l’encontre d’anciens membres du TPLF et de leurs familles jusqu’à la condamnation ferme par Human Rights Watch des allégations de conscription forcée au Tigray, le message international est de plus en plus unanime.
Selon le communiqué, la conscription forcée n’a aucune justification ni juridique ni morale et risque d’exposer une nouvelle génération au coût humain dévastateur du conflit.
Les participants se sont engagés à utiliser leurs plateformes professionnelles et leur présence sur les réseaux sociaux pour s’opposer au recrutement forcé et faire entendre davantage la voix des civils qui plaident en faveur de la paix.
Le communiqué a également appelé les médias, les journalistes, les rédacteurs en chef, les diffuseurs, les créateurs de contenus numériques et les militants sociaux à rejeter les discours de haine, la désinformation, la propagande incendiaire et les discours incitant à la violence ou à la militarisation.
Les participants ont au contraire exhorté les médias à défendre un journalisme professionnel et responsable en favorisant une couverture factuelle de l’actualité.
Ils ont également souligné l’importance de promouvoir l’ordre constitutionnel, un débat public constructif et un journalisme d’intérêt public axé, entre autres, sur la reconstruction humanitaire, la sécurité alimentaire, le rétablissement des moyens de subsistance, l’accès aux soins de santé et à l’éducation.
Les dirigeants politiques du Tigray ont par ailleurs été exhortés à faire passer le bien-être et l’avenir de la population avant les intérêts partisans, en résolvant leurs différends par le dialogue pacifique, les processus constitutionnels et un engagement civique inclusif.
Le communiqué a en outre appelé le gouvernement fédéral à continuer de recourir aux mécanismes constitutionnels, politiques, humanitaires et administratifs afin de prévenir la reprise du conflit, de protéger les civils, de faciliter la mise en œuvre des engagements de paix existants, d’étendre l’aide humanitaire, de rétablir les services publics essentiels et de créer les conditions d’une gouvernance pacifique et conforme à la loi dans la région.
Les participants ont également appelé à intensifier les efforts visant à renforcer la sécurité alimentaire, à soutenir la réinstallation en toute sécurité des personnes déplacées à l’intérieur du pays, à protéger les jeunes contre une nouvelle mobilisation militaire et à accélérer le relèvement durable.
En outre, le forum a appelé les partenaires au développement, les organisations humanitaires, les institutions religieuses, les anciens des communautés, les groupes de femmes et de jeunes, les organisations de la société civile et l’ensemble de la population éthiopienne à soutenir la consolidation de la paix, le relèvement humanitaire, la normalisation institutionnelle et le développement à long terme au Tigray.
À l’issue de leurs délibérations, les participants ont réaffirmé qu’une paix durable passe par la justice, des dirigeants responsables, un dialogue démocratique et le respect de la dignité humaine.
Ils se sont engagés à promouvoir un journalisme au service de la paix, une information fondée sur les faits, l’éducation civique et une communication responsable, tout en rejetant les discours qui banalisent la guerre, la conscription forcée, les discours de haine et l’intimidation politique.
Le communiqué s’est conclu par un appel collectif affirmant que la population du Tigray mérite la paix, la sécurité, la justice, le développement et l’espoir, tout en exhortant toutes les institutions responsables à agir de manière décisive pour empêcher un retour au conflit et mettre fin aux souffrances des civils.