Le Programme phytosanitaire africain prend de l'ampleur alors que ses partenaires planifient son expansion à l'échelle continentale - ENA Français
Le Programme phytosanitaire africain prend de l'ampleur alors que ses partenaires planifient son expansion à l'échelle continentale
Addis-Abeba, le 6 juin 2026 (ENA) : - Des hauts responsables gouvernementaux, des organisations internationales, des partenaires de développement et des experts en santé des végétaux se sont réunis à Addis-Abeba à l’occasion du Forum de partenariat stratégique du Programme phytosanitaire africain (APP), réaffirmant leur engagement à renforcer les systèmes de santé des végétaux en Afrique, à améliorer la sécurité alimentaire et à développer un commerce agricole sûr à l’échelle du continent.
Ce forum de haut niveau a réuni des représentants de la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV), de la Commission de l’Union africaine (CUA), de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), d’organismes nationaux de protection des végétaux, de communautés économiques régionales, d’instituts de recherche et de partenaires de développement afin de discuter de l’avenir de cette initiative continentale.
Lors de l’ouverture du forum, Fikru Regassa, ministre d’État chargé du développement de l’agriculture et de l’horticulture en Éthiopie, a souhaité la bienvenue aux délégués à Addis-Abeba et a réaffirmé l’engagement de l’Éthiopie à renforcer les systèmes phytosanitaires à travers le continent.
Le ministre d’État a remercié la Commission de l’Union africaine, la FAO, le Secrétariat de la CIPV, les partenaires de développement et les États membres participants pour leur soutien continu à la mise en place de systèmes phytosanitaires résilients en Afrique.
Il a souligné que les pays africains s’efforcent de transformer leur agriculture afin d’assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle, d’accroître la productivité, de créer des emplois et de développer les échanges commerciaux dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA).
Cependant, ces ambitions continuent de se heurter à des menaces croissantes liées aux organismes nuisibles transfrontaliers, aux espèces exotiques envahissantes, aux maladies végétales émergentes et aux effets du changement climatique.
Fikru a souligné que des systèmes phytosanitaires efficaces sont essentiels pour protéger les investissements agricoles, préserver la biodiversité, faciliter des échanges commerciaux sûrs, renforcer les systèmes alimentaires et promouvoir un développement économique durable.
Soulignant l’importance du Programme phytosanitaire africain, il a déclaré que cette initiative renforce les capacités institutionnelles et techniques des organisations nationales de protection des végétaux grâce à l’amélioration de la surveillance, du diagnostic, de la lutte contre les ravageurs, de la prise de décision fondée sur la science et de la coopération régionale.
Il a réaffirmé l’engagement de l’Éthiopie à travailler en étroite collaboration avec ses partenaires régionaux et internationaux, soulignant que les ravageurs et les maladies des végétaux ne connaissent pas de frontières nationales et nécessitent donc des réponses coordonnées à l’échelle continentale et mondiale.
Le ministre d’État a appelé les participants à se concentrer sur des solutions pratiques, évolutives et durables qui renforceront la coopération régionale, faciliteront un commerce agricole sûr et protégeront l’agriculture africaine contre les menaces phytosanitaires.
En déclarant officiellement ouvert le Forum sur le partenariat stratégique, il s’est dit convaincu que les discussions donneraient un nouvel élan au Programme phytosanitaire africain et contribueraient à bâtir une Afrique prospère, résiliente et dotée d’une sécurité alimentaire.
Auparavant, Enrico Berardi, secrétaire de la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV), avait souligné que la prévention restait la stratégie la plus efficace contre les ravageurs des végétaux, notant qu’entre 30 et 40 % de la production agricole mondiale était perdue chaque année à cause de ces ravageurs.
Berardi a déclaré que le Programme phytosanitaire africain avait été créé pour renforcer les systèmes de surveillance, harmoniser les protocoles phytosanitaires, promouvoir l’innovation numérique et améliorer la coopération régionale.
Il a souligné que le programme était conçu pour évoluer vers une appropriation africaine, garantissant ainsi sa viabilité à long terme grâce au leadership des institutions africaines.
Il a insisté sur le fait qu’un commerce agricole sûr dépendait de la confiance instaurée par des systèmes de surveillance crédibles, des données fiables et une mise en œuvre efficace des normes internationales, tout en appelant à des partenariats plus solides, à un financement prévisible et à un engagement politique soutenu.
S'exprimant au nom de la Commission de l'Union africaine, Saliou Niassy, coordinateur du Conseil phytosanitaire interafricain de l'Union africaine, a réaffirmé le soutien sans faille de l'UA au Programme phytosanitaire africain.
Il a noté que ce programme, officiellement approuvé par l'Union africaine en 2023, soutient la mise en œuvre de la stratégie phytosanitaire de l'UA et contribue à la réalisation des objectifs de l'Agenda 2063.
Il a mis en avant les réalisations du programme en matière d’extension de la surveillance numérique, d’harmonisation des protocoles d’enquête sur les ravageurs et de formation professionnelle dans l’ensemble des pays participants.
Le Dr Niassy a appelé les gouvernements africains à intégrer le programme dans leurs systèmes nationaux, à allouer des ressources nationales, à renforcer les organisations nationales de protection des végétaux et à garantir la viabilité à long terme grâce à l’appropriation régionale et à une collaboration continue avec les partenaires de développement.
Le Forum sur le partenariat stratégique sert de plateforme aux gouvernements, aux organisations régionales, aux partenaires de développement, aux instituts de recherche et aux organisations nationales de protection des végétaux pour faire le point sur les progrès accomplis, renforcer les partenariats, mobiliser des ressources et définir les perspectives d’expansion du Programme phytosanitaire africain à l’échelle du continent.