Le régime érythréen représente une grave menace pour la sécurité régionale : Mouvement de la Révolution verte - ENA Français
Le régime érythréen représente une grave menace pour la sécurité régionale : Mouvement de la Révolution verte
Addis-Abeba, le 27 juin 2026 (ENA) – Le mouvement politique érythréen de la « Révolution verte » affirme que le régime en place à Asmara constitue une menace sérieuse pour la paix et la stabilité dans la Corne de l’Afrique.
Selon lui, les autorités érythréennes se sont appuyées pendant de nombreuses années sur les conflits et l’instabilité régionale afin de préserver leur pouvoir.
Dans un entretien récemment accordé à l’ENA, le président du mouvement, Mohammed Ahmed Asenai, a réaffirmé la volonté de son organisation de mettre un terme à plusieurs décennies de régime autoritaire en Érythrée.
Il a également indiqué que le mouvement est prêt à affronter le régime sur le plan militaire tout en poursuivant ses efforts en faveur d’un changement politique profond.
Asenai a affirmé que le gouvernement érythréen a constamment tiré profit des crises régionales pour prolonger son maintien au pouvoir, notamment en soutenant des groupes armés et des mouvements rebelles dans l’ensemble de la Corne de l’Afrique.
« Le régime se maintient grâce aux crises et à l’instabilité qu’il entretient dans toute la région. Il exploite cette situation pour conserver le pouvoir en apportant son soutien à des groupes armés et à des mouvements insurrectionnels dans plusieurs pays », a-t-il déclaré.
Selon le président, une paix durable et une stabilité réelle dans la Corne de l’Afrique ne pourront être obtenues qu’à travers le règlement de la crise politique interne que traverse l’Érythrée.
Abordant la vision à long terme du mouvement, Asenai a expliqué que la Révolution verte s’appuie sur une analyse approfondie des causes profondes de la crise politique persistante en Érythrée et ambitionne une transformation politique et sociale de grande ampleur.
Il a précisé que l’appellation « Révolution verte » représente la jeunesse, le renouveau, l’espérance ainsi que la volonté de construire un avenir fondé sur la justice, l’égalité et la réparation des injustices historiques.
À propos de la stratégie du mouvement, Asenai a souligné que son originalité repose sur la combinaison d’une vision politique cohérente et d’une préparation organisationnelle et militaire solide.
« En définitive, nous sommes des militaires et nous connaissons parfaitement la nature de ce régime. Il est animé par une logique qui rejette le dialogue et la diplomatie et ne comprend que le langage de la force », a déclaré le président.
Tout en affirmant que le mouvement ne souhaite pas provoquer le chaos, Asenai a estimé que la nature même du conflit impose une réponse que le régime est en mesure de comprendre.
Il a ajouté que le mouvement travaille à l’établissement d’une structure politique, économique, sociale et militaire autonome, solide et bien organisée, capable de représenter les intérêts de toutes les composantes de la société érythréenne dans un cadre national inclusif.
Selon le président, la conception d’un modèle national crédible, susceptible de répondre aux défis structurels auxquels l’Érythrée est confrontée depuis longtemps, demeure la priorité du mouvement pour les années à venir.
Évoquant les relations régionales, Asenai a souligné que les liens historiques, géographiques, culturels et sociaux unissant les peuples éthiopien et érythréen dépassent les tensions politiques actuelles.
Il a affirmé que ces relations durables constituent un socle solide pour instaurer une nouvelle phase de coopération, d’intégration économique et de prospérité commune après un changement politique en Érythrée.
Le président a également mis en avant la vision stratégique du mouvement consistant à faire de la mer Rouge, aujourd’hui marquée par les rivalités géopolitiques, un espace de coopération économique et de stabilité régionale.
Selon lui, l’Éthiopie et l’Érythrée seraient en mesure de développer des partenariats mutuellement bénéfiques dans les secteurs portuaire, du transport, de la logistique et du commerce dès lors que les conditions politiques le permettront.
L’avenir de la Corne de l’Afrique doit, selon Asenai, reposer sur l’intégration économique, la coopération régionale et un développement partagé.
Concernant la vision du mouvement pour le corridor maritime, le président a estimé que la mer Rouge devrait être considérée comme une ressource stratégique commune au service de l’ensemble des pays de la région.
« La mer Rouge constitue une richesse qui doit être exploitée de manière organisée afin de favoriser le développement économique, de renforcer la stabilité régionale et de consolider la coopération entre les États de la région. »
Il a enfin souligné qu’un encadrement transparent et mutuellement accepté de l’utilisation du corridor maritime faciliterait les échanges commerciaux, améliorerait la connectivité régionale et servirait les intérêts économiques communs.