Les diplômés appelés à accomplir leurs devoirs civiques avec patriotisme et intégrité, selon le ministre de l’Éducation

Addis-Abeba, le 27 juin 2026 (ENA) : – Le ministre de l’Éducation et chancelier de l’Université d’Addis-Abeba, le professeur Berhanu Nega, a invité les nouveaux diplômés à bâtir leur avenir professionnel sur des valeurs de patriotisme et un sens élevé des responsabilités afin d’assumer pleinement leurs obligations civiques et sociales.

 

Le ministre a rappelé que les réformes engagées pour conférer une autonomie académique et administrative aux institutions d’enseignement supérieur entraînent des changements concrets et visibles dans l’ensemble du secteur éducatif.

 

L’Université d’Addis-Abeba a célébré la réussite de 6 417 étudiants lors de sa 76e cérémonie de remise des diplômes, leur délivrant des licences, des masters et des doctorats, ainsi que divers certificats académiques de haut niveau.

 

Dans son allocution de félicitations, Berhanu Nega a indiqué que cette cohorte est la première à être diplômée dans le cadre de la nouvelle réforme globale du système éducatif national.

 

Qualifiant cette journée de moment fondateur dans l’histoire de l’éducation éthiopienne, il a exprimé sa confiance dans la capacité des diplômés à contribuer efficacement au développement du pays et de leurs communautés.


 

Évoquant les difficultés du passé, il a rappelé que durant plusieurs décennies, les systèmes politiques ont utilisé les établissements universitaires comme outils d’influence idéologique et politique. Cette situation a limité la liberté académique, affaibli la qualité de l’enseignement et entraîné un sous-financement chronique des institutions.

 

Il a également souligné que les inégalités structurelles dans l’éducation préscolaire ont créé un écart important entre les écoles privées mieux équipées et les établissements publics défavorisés, renforçant ainsi les inégalités sociales sur plusieurs générations.

 

Le ministre a affirmé qu’un système éducatif de faible qualité contribue à une crise morale marquée par la polarisation sociale, la dégradation institutionnelle, la corruption et un individualisme croissant, ce qui fragilise la cohésion nationale et le sentiment d’identité commune.

 

Pour répondre à ces défis, le gouvernement a mis en place plusieurs réformes visant à former une génération compétitive au niveau mondial, fondée sur la science, la technologie ainsi que des valeurs éthiques et civiques solides.

 

Dans ce cadre, une nouvelle politique d’éducation et de formation a été adoptée. Elle favorise une approche basée sur les compétences, intégrant les savoirs traditionnels à un enseignement académique, professionnel et moral renforcé.

 

En accordant une priorité à l’éducation préscolaire, l’État a réduit les inégalités d’accès qui limitaient auparavant la maternelle aux familles urbaines aisées. Des milliers de jardins d’enfants ont été construits, permettant un accès gratuit et équitable à plus de quatre millions d’enfants.


Berhanu Nega a précisé que 1 452 nouvelles écoles préscolaires sont en cours de construction afin de répondre aux besoins des zones défavorisées dépourvues d’infrastructures d’apprentissage précoce.

 

Concernant l’amélioration des établissements scolaires, il a indiqué qu’une étude diagnostique a révélé que 86 % des écoles primaires et 71 % des écoles secondaires manquaient initialement d’équipements pédagogiques essentiels.

 

Pour moderniser les infrastructures éducatives, un nouveau modèle architectural a été conçu en partenariat avec l’Association des architectes éthiopiens, prévoyant des écoles dotées d’installations sportives modernes, de laboratoires scientifiques et de zones de formation agricole.

 

Conscientes des limites budgétaires de l’État, les autorités ont mobilisé la population à travers la campagne nationale « L’éducation pour les générations futures », permettant de collecter plus de 145 milliards de birrs pour financer la rénovation et la modernisation des écoles.

 

Le ministre a également annoncé la construction d’internats fédéraux spéciaux destinés à accueillir et former des élèves particulièrement talentueux sélectionnés sur la base du mérite à travers le pays.

 

Pour lutter contre la fraude académique, les examens nationaux de fin de terminale ont été organisés dans les universités ces quatre dernières années. L’introduction d’un système d’évaluation mixte, combinant examens papier et numériques, a permis de renforcer l’intégrité du système éducatif.

 

Afin d’améliorer la qualité de l’enseignement, des programmes intensifs de formation estivale sont désormais proposés aux enseignants du secondaire et aux responsables d’établissement.

 

Il a réaffirmé que les universités bénéficient désormais d’une autonomie accrue leur permettant d’orienter leurs recherches vers les priorités du développement national.

 

Alors que l’Université d’Addis-Abeba a été la première à obtenir ce statut, neuf autres universités publiques devraient accéder à l’autonomie au cours du prochain exercice budgétaire.

 

En conclusion, Berhanu Nega a exhorté les diplômés à réussir leur vie personnelle tout en contribuant au progrès du pays, les invitant à accomplir leurs devoirs civiques avec intégrité, patriotisme et un sens élevé des responsabilités.

Agence des nouvelles éthiopienne
2023