L’Éthiopie tournée vers demain

Par un rédacteur

Addis-Abeba, le 25 juin 2026 (ENA)

 

Il existe, dans le parcours d’une nation, des périodes où l’histoire réclame davantage que de l’endurance. Elle exige une compréhension lucide de la réalité nationale et une détermination ferme quant au chemin à emprunter.

 

L’Éthiopie se trouve aujourd’hui à l’un de ces tournants.

 

S’adressant aux responsables politiques, aux partenaires de développement, aux investisseurs ainsi qu’aux acteurs nationaux, le Premier ministre Abiy Ahmed a soulevé une interrogation fondamentale au cœur de la transformation éthiopienne :

 

Que signifie, pour l’Éthiopie, non seulement combler son retard, mais aussi se projeter résolument vers l’avenir ?

 

Pour un pays de plus de 130 millions d’habitants et l’une des civilisations les plus anciennes de la planète, cette question dépasse largement le cadre symbolique ou rhétorique. Elle constitue un défi profondément enraciné dans l’histoire nationale et de plus en plus visible dans les ambitions du pays.

 

Au fil des générations, l’Éthiopie a souvent démenti les prévisions. Elle a préservé son indépendance alors qu’une grande partie du continent africain subissait la colonisation. Elle a édifié le Grand Barrage de la Renaissance sur le fleuve Abay grâce à la mobilisation et aux contributions de sa population.

 

À plusieurs reprises, le pays a démontré sa capacité à surmonter les contraintes imposées par les circonstances.

 

Aujourd’hui, l’Éthiopie entend renouveler cet accomplissement.

 

Une nouvelle page s’écrit

 

Durant de nombreuses années, le récit international concernant l’Éthiopie a principalement été marqué par les conflits, la pauvreté, l’inflation et les crises humanitaires. Bien que ces réalités demeurent incontestables, elles ne résument plus à elles seules la situation du pays.

 

À travers le territoire, les signes de changement deviennent de plus en plus évidents.

 

L’inflation, qui dépassait autrefois les 30 %, a connu un recul spectaculaire et a même atteint des niveaux à un seul chiffre au début de l’année. Les exportations se rapprochent de records historiques. La croissance économique devrait s’établir à 10,2 % durant cet exercice budgétaire, plaçant l’Éthiopie parmi les économies les plus dynamiques d’Afrique et du monde.

 

Ces performances ne sont pas le fruit du hasard.

 

Comme l’a souligné le Premier ministre Abiy lors du Sommet « L’Éthiopie en action », elles découlent de réformes exigeantes, de choix politiques assumés et d’une volonté affirmée de traiter des problèmes structurels persistants.

 

Le parcours n’a été ni simple ni exempt de sacrifices. Néanmoins, les premiers résultats montrent que l’Éthiopie commence à transformer la stabilité économique en fondement d’un renouveau national durable.

 

Pourtant, les chiffres à eux seuls ne suffisent pas à illustrer l’ampleur de cette mutation.

 

Derrière chaque indicateur se trouvent des millions de citoyens dont les conditions de vie évoluent grâce à de nouvelles possibilités.

 

Le visage humain du changement

 

Le Premier ministre Abiy a notamment évoqué l’histoire d’une femme qui exploitait depuis plusieurs années une petite activité commerciale dans un marché local.

 

Elle travaillait en dehors du secteur formel. Elle ne possédait ni compte bancaire, ni historique de crédit, ni entreprise officiellement enregistrée. Pendant longtemps, le système financier ne tenait tout simplement pas compte de son existence.

 

Puis est arrivé Fayda, le programme national d’identification numérique de l’Éthiopie.

 

Après son inscription et son accès aux services financiers numériques, elle a commencé à construire un historique financier reconnu. Cet historique a renforcé la confiance. La confiance lui a permis d’obtenir un financement. Le financement a créé de nouvelles opportunités.

 

Ses compétences étaient déjà présentes.

 

Ce qui a changé, c’est l’accès.

 

Son parcours reflète celui de millions d’Éthiopiens qui peuvent désormais accéder à des systèmes et à des opportunités qui leur étaient autrefois fermés.

 

Il rappelle que le véritable progrès d’une nation ne se mesure pas uniquement aux institutions qu’elle bâtit, mais aussi à l’impact concret de ces institutions sur la vie des citoyens.

 

Réformer tout en construisant

Contrairement à de nombreux pays qui peuvent traiter leurs défis de façon progressive, l’Éthiopie a dû répondre simultanément à plusieurs crises.

 

Elle a dû se stabiliser tout en poursuivant la construction, réformer tout en maintenant les services essentiels et corriger des fragilités persistantes tout en préparant l’avenir.

 

Cette approche reflète la philosophie du modèle de développement global adopté par l’Éthiopie, souvent présenté comme une transformation intégrée.

 

La réforme économique, la protection sociale, l’innovation numérique, le développement humain, l’autonomisation locale et la cohésion nationale ne sont pas considérés comme des priorités opposées. Ils constituent au contraire des piliers complémentaires qui se renforcent mutuellement.

 

L’objectif n’est pas seulement la croissance économique.

 

L’objectif est un développement durable, inclusif et résilient.

 

La construction nationale, une responsabilité collective

L’un des principaux enseignements du processus de réforme éthiopien est que la transformation ne peut être portée par le seul gouvernement.

 

Ni les marchés, ni les communautés agissant isolément ne peuvent produire un changement durable.

 

La construction nationale requiert une mobilisation collective.

 

Elle suppose des gouvernements capables de créer un environnement favorable, des entreprises prêtes à investir et à innover, des communautés engagées activement et des partenaires internationaux disposés à coopérer dans le respect mutuel et autour d’objectifs partagés.

 

Cet esprit de partenariat influence de plus en plus la stratégie de développement du pays.

 

Des réformes macroéconomiques au développement urbain productif, en passant par les systèmes numériques, la modernisation agricole, l’expansion du secteur minier et les investissements dans les infrastructures, l’Éthiopie poursuit un programme ambitieux visant à libérer pleinement son potentiel de croissance durable.

 

Toutefois, les dirigeants reconnaissent que la transformation reste un processus continu plutôt qu’un aboutissement.

 

Les défis qui demeurent

L’optimisme suscité par les progrès du pays s’accompagne d’une conscience claire des défis encore présents.

 

Des années d’inflation élevée ont affaibli le pouvoir d’achat des ménages et imposé une pression considérable aux familles. Les bénéfices des réformes économiques n’ont pas encore atteint tous les citoyens de manière équitable. De nombreuses communautés continuent de faire face à des difficultés importantes.

 

Reconnaître ces réalités demeure indispensable.

 

Les nations prospères n’avancent pas en ignorant leurs problèmes ; elles progressent en les affrontant avec lucidité et sincérité.

 

Le défi le plus déterminant réside peut-être dans la préparation de la jeunesse.

 

Alors que la technologie transforme les économies et que la concurrence mondiale s’intensifie, l’Éthiopie doit s’assurer que son système éducatif, ses institutions et les opportunités offertes à sa population permettent aux jeunes générations de réussir.

 

Le succès des réformes ne sera pas évalué uniquement à travers la croissance économique ou les flux d’investissements.

 

Il se mesurera à la capacité du pays à développer des industries compétitives, à créer des emplois de qualité, à partager la prospérité dans toutes les régions et à offrir des perspectives durables aux générations futures.

 

L'Éthiopie : un élan vers l’avenir

Comme l’a expliqué le Premier ministre Abiy, la vision de l’Éthiopie s’appuie sur le concept amharique « Ethiopia Manserarat » (Le bond en avant de l’Éthiopie).

 

Il s’agit de bien plus qu’un programme économique. C’est une ambition nationale.

 

La conviction que le pays peut dépasser la gestion permanente des crises et construire son avenir avec assurance.

 

La conviction que le développement doit être inclusif, que les institutions doivent être solides et que le progrès doit être durable.

 

La conviction que chaque génération a le devoir de préserver ce qui fonctionne, de corriger ce qui doit l’être et de transmettre des bases plus solides aux générations suivantes.

 

Le monde observe aujourd’hui l’évolution de l’Éthiopie.

 

Certains suivent cette transformation avec enthousiasme. D’autres avec prudence ou scepticisme.

 

Mais la responsabilité du pays demeure la même : répondre aux aspirations de sa population, élargir les opportunités, renforcer les institutions et bâtir un avenir à la hauteur de son immense potentiel.

 

La direction à suivre, affirme l’Éthiopie, est clairement définie.

 

La détermination est intacte.

 

Et si le pays poursuit sa construction avec discipline, courage et persévérance, porté par une vision collective, cette génération pourrait bien être retenue comme celle qui a transformé l’espoir en réalité et laissé une Éthiopie plus forte qu’elle ne l’avait trouvée.

Agence des nouvelles éthiopienne
2023