« La politique maritime de l'Éthiopie est motivée par le développement et l'interconnexion régionale », déclare Gedion - ENA Français
« La politique maritime de l'Éthiopie est motivée par le développement et l'interconnexion régionale », déclare Gedion
Addis Ababa le 21 juin, 2026 (ENA) Le ministre des Affaires étrangères, Gedion Timothewos, a déclaré que la quête d’un accès à la mer par l’Éthiopie s’inscrivait résolument dans une logique de développement, de connectivité et d’efficacité économique, présentant cette question comme une nécessité structurelle pour la sécurité à long terme du pays en matière de commerce, de logistique et d’énergie.
S’exprimant à Chatham House, à Londres, le ministre des Affaires étrangères a exposé les grandes priorités de la politique étrangère éthiopienne, soulignant que le dialogue, l’intérêt mutuel et la stabilité régionale restaient les fondements essentiels pour aborder la question de l’accès à la mer.
Au cours de son intervention, Gedion a souligné que la stabilité régionale est une nécessité commune, affirmant qu’aucun pays de la Corne de l’Afrique ne peut parvenir à une paix durable en restant isolé.
Il a mis en avant l’engagement actif de l’Éthiopie au Soudan, au Soudan du Sud et en Somalie, axé sur le dialogue, la consolidation de la paix et la coopération en matière de sécurité, tout en réaffirmant que les problèmes régionaux exigent des solutions régionales.
Concernant la question de l’Abay, le ministre des Affaires étrangères a réaffirmé que les ressources naturelles partagées devaient être gérées dans un esprit d’équité, de coopération et d’intérêt mutuel.
Il a rejeté les approches qui présentent le développement comme une menace, appelant à mettre fin aux revendications anachroniques et monopolistiques, et a présenté le Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne comme une expression essentielle du droit de l’Éthiopie au développement et à l’autonomie.
Abordant les affaires intérieures, Gedion a décrit le Dialogue national comme un effort fondamental visant à remédier aux griefs historiques et à forger un consensus sur l’avenir de l’État par le biais de la justice transitionnelle et des réformes institutionnelles.
Il a souligné que la mise en œuvre de l’Accord de paix de Pretoria restait essentielle pour le relèvement et la réintégration après le conflit, tout en exprimant ses inquiétudes concernant les éléments radicaux au sein du TPLF qui n’ont pas pleinement adhéré au processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration.
Le ministre des Affaires étrangères a également mis en avant l’initiative « Green Legacy » (Héritage vert) comme un investissement à long terme dans la restauration écologique, la sécurité alimentaire et la résilience climatique, porté par le reboisement et le développement des énergies renouvelables.
Il a ajouté que l’engagement diplomatique de l’Éthiopie se concentrait de plus en plus sur la transformation économique, en donnant la priorité à l’adhésion à l’Organisation mondiale du commerce et à la participation à la Zone de libre-échange continentale africaine afin de favoriser l’intégration aux marchés mondiaux.
En conclusion de son intervention sur l’autonomie de l’Afrique, Gedion a fait valoir que la concurrence géopolitique croissante exigeait des États africains qu’ils définissent leurs propres priorités et fassent preuve d’une plus grande autonomie stratégique.
Il a réaffirmé l’engagement de l’Éthiopie en faveur d’une coexistence pacifique et d’un dialogue constructif avec tous ses voisins, y compris l’Érythrée, en soutenant que le dialogue, l’intégration économique et le respect de la souveraineté constituaient une voie durable, préférable à la confrontation et à la fragmentation.