L’Afrique doit renforcer sa visibilité pour exploiter pleinement son potentiel, selon un expert en stratégie médiatique - ENA Français
L’Afrique doit renforcer sa visibilité pour exploiter pleinement son potentiel, selon un expert en stratégie médiatique
Addis-Abeba, le 16 juin 2026 (ENA) : - Le principal défi auquel l’Afrique est confrontée aujourd’hui n’est pas l’absence d’opportunités, mais plutôt un déficit de visibilité, a estimé Sheeraz Hasan, stratège médiatique et entrepreneur de renommée internationale.
Sheeraz a également appelé à une communication africaine plus dynamique afin de mieux faire connaître les vastes potentialités du continent auprès de la communauté internationale.
En visite à Addis-Abeba, il a souligné que l’Afrique dispose d’importantes perspectives économiques, d’une forte capacité d’innovation, d’un riche patrimoine culturel, d’un remarquable réservoir de talents entrepreneuriaux ainsi que de ressources naturelles abondantes.
Il a toutefois indiqué que davantage d’efforts étaient nécessaires pour permettre aux investisseurs, entreprises, touristes et partenaires étrangers de mieux identifier les opportunités disponibles et les moyens d’y accéder.
« L’Afrique ne manque pas d’opportunités ; elle manque de visibilité », a déclaré Hasan.
« Tout le monde sait que le continent regorge de richesses et de potentiel. Le véritable problème est que de nombreux investisseurs et opérateurs économiques ignorent souvent par où commencer, vers qui se tourner et comment naviguer dans la diversité des marchés africains. »
Au cours de son séjour, Hasan a visité les infrastructures médiatiques et de production de The Pulse of Africa et a échangé avec ses responsables sur les moyens de renforcer le récit africain et d’accroître la présence du continent sur la scène internationale.
Créé pour promouvoir les voix authentiques des Africains et déconstruire les stéréotypes, The Pulse of Africa met en avant la transformation économique du continent, l’innovation, les possibilités d’investissement, la richesse culturelle et les réussites africaines, tout en offrant une image équilibrée et résolument tournée vers l’avenir.
Hasan a indiqué que la prochaine étape du développement africain dépendra non seulement des infrastructures, des réformes et des investissements, mais également de la capacité du continent à présenter efficacement ses opportunités au reste du monde.
S’appuyant sur l’exemple de Dubaï, il a expliqué que la communication stratégique avait joué un rôle central dans la transformation de cette ville en un pôle mondial de l’investissement, du tourisme et des affaires.
« Dubaï a réussi grâce à un message clair, cohérent et constamment diffusé à l’échelle mondiale », a-t-il affirmé.
« Les informations relatives à l’investissement, à la création d’entreprises, à la résidence, au tourisme et aux services financiers étaient accessibles et faciles à comprendre. Cela a permis aux investisseurs et entrepreneurs internationaux de savoir exactement comment procéder », a-t-il ajouté.
Il a estimé que les pays africains pouvaient s’inspirer de cette approche tout en préservant leurs identités et leurs avantages comparatifs.
Plutôt que de laisser d’autres raconter leur histoire, les gouvernements, les entreprises, les entrepreneurs et les médias devraient promouvoir activement le récit africain à travers les plateformes numériques, les initiatives culturelles, les manifestations internationales et les partenariats stratégiques.
« L’Afrique possède des produits remarquables, des talents exceptionnels, une grande capacité d’innovation, des destinations touristiques uniques et d’immenses opportunités économiques », a déclaré Hasan. « L’enjeu consiste désormais à les faire connaître au monde entier. »
Il a également insisté sur l’importance grandissante du storytelling, de l’engagement numérique et de la construction de communautés comme leviers de croissance économique dans un environnement mondial de plus en plus connecté.
Selon lui, la visibilité attire l’attention, inspire confiance et favorise les investissements ainsi que les partenariats.
« Lorsque les gens constatent que d’autres réussissent et investissent dans un marché, ils souhaitent eux aussi participer à cette réussite », a-t-il déclaré. « La visibilité génère l’intérêt, et l’intérêt crée des opportunités. »
Hasan a en outre mis l’accent sur la nécessité d’établir des liens avec les jeunes publics internationaux grâce aux créateurs de contenu, aux influenceurs, aux plateformes technologiques, aux événements culturels et aux médias numériques.
Selon lui, ces démarches peuvent permettre aux marques africaines de dépasser leurs marchés nationaux et de gagner en reconnaissance à l’échelle mondiale.
Il a affirmé que la plus grande opportunité du continent réside dans sa capacité à maîtriser son propre récit et à se présenter non seulement comme une destination d’investissement, mais aussi comme un centre mondial d’innovation, d’entrepreneuriat, de culture et de croissance.
Évoquant son séjour en Éthiopie, Hasan s’est dit particulièrement impressionné par les avancées enregistrées par le pays dans les domaines de l’intelligence artificielle et de l’innovation.
Il a souligné qu’Addis-Abeba offre une base solide à la mission plus large de The Pulse of Africa, mettant en avant le riche héritage éthiopien, sa culture dynamique, son potentiel touristique, son fort sentiment national et son écosystème d’innovation en plein essor.
Par ailleurs, Hasan a estimé que la capitale éthiopienne est idéalement positionnée pour devenir un point d’ancrage stratégique d’une initiative continentale associant médias, influence des célébrités et intelligence artificielle afin de renforcer la voix de l’Afrique et d’accroître son rayonnement sur la scène mondiale.