L’Éthiopie se dote d’une feuille de route pour renforcer la gestion intégrée de ses frontières - ENA Français
L’Éthiopie se dote d’une feuille de route pour renforcer la gestion intégrée de ses frontières
Addis-Abeba, le 13 juin 2026 (ENA) : - Le dialogue politique de haut niveau consacré au renforcement de la gouvernance frontalière en Éthiopie s’est achevé vendredi avec l’adoption d’une feuille de route destinée à promouvoir une gestion intégrée des frontières.
L’Institut des affaires étrangères, en collaboration avec le Programme Frontière Union africaine–GIZ (GIZ-AUBP), a organisé cette rencontre de haut niveau de deux jours consacrée à l’amélioration de la gouvernance des frontières du pays.
À cette occasion, Kenea Yadeta, conseiller du Premier ministre pour les questions de sécurité et titulaire du rang de ministre d’État, a indiqué que la feuille de route visant à améliorer la gouvernance frontalière en Éthiopie représentait une contribution majeure à l’élaboration de politiques fondées sur des preuves, soulignant que des décisions efficaces nécessitent des données fiables et des analyses rigoureuses.
Il a précisé que les frontières ne constituent pas uniquement des démarcations territoriales, mais également des espaces où convergent sécurité, développement, gouvernance et mobilité, nécessitant ainsi des réponses innovantes et équilibrées face à des exigences parfois divergentes.
Selon lui, les régions frontalières éthiopiennes présentent à la fois des possibilités considérables et des défis complexes.
Elles relient l’Éthiopie à ses voisins grâce aux échanges commerciaux, aux liens culturels et aux interactions entre les populations, tout en requérant des mécanismes de gouvernance adaptés à l’évolution des enjeux sécuritaires.
Le conseiller a également souligné que l’évaluation actuellement menée sur la gouvernance des frontières favorise l’adoption d’améliorations fondées sur des données concrètes.
À ce sujet, le ministre d’État a affirmé que les consultations et les échanges sont indispensables pour valider les résultats obtenus et contribuer à l’élaboration d’une feuille de route pratique destinée à renforcer la gouvernance frontalière du pays, avec pour objectif ultime de transformer les recommandations en mesures opérationnelles.
De son côté, Jafar Bedru, directeur exécutif de l’Institut des affaires étrangères, a mis en avant les conclusions des recherches consacrées au renforcement de la gouvernance des frontières afin de garantir que la feuille de route tienne pleinement compte des réalités vécues par les communautés frontalières.
Selon lui, la gouvernance des frontières ne doit pas considérer les populations frontalières comme de simples bénéficiaires, mais comme des acteurs à part entière dont l’implication demeure essentielle pour assurer une sécurité durable et un développement pérenne.
Il a souligné que les approches restrictives limitant les déplacements légitimes risquent d’orienter les activités commerciales vers des circuits informels et d’éroder la confiance envers l’État, tandis qu’une gouvernance efficace peut faire des frontières des espaces favorisant la coopération et la prospérité commune.
Le directeur exécutif a ajouté que la stabilité de la Corne de l’Afrique ne peut être assurée uniquement depuis les centres décisionnels, mais doit également être construite dans les zones périphériques et frontalières où agissent les mécanismes locaux d’alerte précoce et de consolidation de la paix.
Pour sa part, David Gudisch, observateur permanent adjoint de l’Allemagne auprès de l’Union africaine, a déclaré que la feuille de route adoptée servirait de cadre stratégique pour sa mise en œuvre à l’échelle nationale.
Il a salué le leadership visionnaire de l’Éthiopie, fondé sur des données probantes à travers l’Institut des affaires étrangères, tout en rappelant l’appui constant de l’Allemagne aux initiatives de gouvernance des frontières depuis 2008, notamment dans le cadre de la coopération entre l’Union africaine et l’Éthiopie.
Gudisch a affirmé que l’Allemagne partageait pleinement la conviction selon laquelle les frontières doivent être perçues non comme des lignes de séparation, mais comme des passerelles favorisant la sécurité humaine, la coopération économique et la prospérité régionale.
Il a également mis en lumière le soutien allemand au renforcement des capacités opérationnelles sur le terrain, à l’amélioration de la coordination institutionnelle ainsi qu’au développement du capital humain, notamment à travers des initiatives liées à la gestion des ressources en eau et à la prévention des conflits transfrontaliers.
Selon M. Gudisch, l’adoption de cette feuille de route ouvre une nouvelle étape, ajoutant que l’Allemagne demeure prête à accompagner l’Éthiopie et ses partenaires de l’Union africaine dans la concrétisation de cette stratégie afin de produire des résultats tangibles en faveur de la paix, de la sécurité et de la prospérité dans les régions frontalières du continent africain.