L’Afrique invitée à passer des politiques à une mise en œuvre à grande échelle

Addis-Abeba, le 11 juin 2026 (ENA) : - La Vice-Secrétaire générale des Nations Unies, Amina Mohammed, a appelé l’Afrique à évoluer « de l’élaboration des politiques vers leur déploiement à grande échelle » et à transformer les « initiatives pilotes prometteuses en résultats concrets et mesurables ».

 

Dans son intervention prononcée ce jour à Addis-Abeba lors du Forum africain sur l’impact du développement (ADIF), elle a indiqué que le continent africain dispose d’un grand nombre d’idées et de stratégies pertinentes, mais que l’enjeu majeur demeure leur application effective.

 

En accord avec l’Agenda 2063, les Objectifs de développement durable ainsi que le Pacte pour l’avenir, les engagements seuls ne permettent plus de répondre aux attentes.

 

La Vice-Secrétaire générale a souligné que les stratégies doivent impérativement être traduites en actions concrètes afin d’améliorer les conditions de vie des populations.


 

Par ailleurs, Mme Mohammed a mis l’accent sur l’urgence de créer davantage de perspectives pour la jeunesse africaine, qu’elle considère comme la principale richesse du continent, tout en plaidant pour des investissements dans des emplois durables, inclusifs et de qualité.

 

Elle a également insisté sur l’importance de tirer pleinement parti de la transformation numérique afin d’élargir l’accès aux services, d’ouvrir de nouveaux débouchés économiques et d’améliorer la productivité.

 

Relevant l’existence d’expériences réussies dans des secteurs tels que l’agriculture, l’industrie manufacturière, les services, l’économie numérique, les emplois verts, les industries créatives ainsi que les micro, petites et moyennes entreprises, la Vice-Secrétaire générale a regretté que ces initiatives demeurent trop souvent isolées, difficilement reproductibles et incapables de s’inscrire durablement à grande échelle.


 

Elle a invité les gouvernements à faire preuve de leadership, le secteur privé à renforcer l’innovation et l’investissement, les partenaires au développement à s’aligner sur les priorités nationales et régionales, les chercheurs et centres de réflexion à appuyer les politiques sur des données fiables, et les jeunes innovateurs à occuper une place centrale dans la conception des solutions de demain.

 

De son côté, le Secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, Claver Gatete, a affirmé que l’avenir du continent dépendra de plus en plus de sa capacité à mobiliser ses ressources internes, attirer les investissements, développer des industries compétitives et générer des emplois durables pour une population en forte expansion.

 

Le Secrétaire exécutif a indiqué que l’intelligence artificielle transforme progressivement les secteurs économiques et les marchés du travail, tandis que la diminution de l’aide au développement et le resserrement des conditions de financement limitent la capacité des gouvernements à maintenir le niveau de soutien dont ils bénéficiaient auparavant.

 

Selon lui, le défi est considérable, mais les opportunités le sont tout autant, puisque le principal avantage stratégique de l’Afrique réside dans sa population.


 

Plus de 60 % des Africains sont âgés de moins de 25 ans, faisant de l’Afrique le continent le plus jeune de la planète ; d’ici 2035, elle devrait également disposer de la plus importante population active au monde.

 

M. Gatete a toutefois averti que cet atout démographique ne garantira pas automatiquement la prospérité.

 

Chaque année, plus de 15 millions de jeunes Africains arrivent sur le marché du travail à la recherche d’opportunités, tandis que les statistiques de l’OIT révèlent que 53 millions de jeunes n’étaient ni en emploi, ni en études, ni en formation en 2023, a-t-il précisé.

 

Selon lui, une grande partie de ceux qui accèdent à un emploi demeurent concentrés dans des activités informelles à faible productivité.

 

L’Afrique dispose pourtant de nombreux atouts pour soutenir sa transformation économique : un important potentiel entrepreneurial, d’abondantes ressources en énergies renouvelables, des minéraux critiques essentiels à la transition énergétique mondiale, des écosystèmes numériques en plein essor, des marchés urbains dynamiques ainsi que les perspectives offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).


 

Le Secrétaire exécutif estime que la ZLECAf pourrait accroître de 45 % le commerce intra-africain d’ici 2045, ouvrant ainsi la voie à l’industrialisation, au développement de chaînes de valeur régionales et à la création de millions d’emplois.

 

M. Gatete a ainsi souligné la nécessité de mettre pleinement à profit la ZLECAf pour développer les chaînes de valeur régionales, élargir les marchés et renforcer les capacités de mise en œuvre ainsi que les mécanismes de responsabilisation afin d’obtenir des résultats tangibles.

 

Il a également présenté les priorités permettant de soutenir une croissance inclusive et génératrice d’emplois, notamment à travers l’investissement dans les compétences adaptées à une économie en mutation, le soutien à des entreprises performantes, innovantes, compétitives et créatrices d’emplois plutôt qu’à une multiplication de start-ups, ainsi que l’accélération de l’industrialisation et de la création de valeur ajoutée.

Agence des nouvelles éthiopienne
2023