Le chef de l’ONU, António Guterres, plaide pour une relance du dialogue international face à l’intensification de la crise au Moyen-Orient - ENA Français
Le chef de l’ONU, António Guterres, plaide pour une relance du dialogue international face à l’intensification de la crise au Moyen-Orient
Addis-Abeba, le 11 juin 2026 (ENA) : - Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a lancé un appel pressant à la communauté internationale afin de renforcer son engagement en faveur du dialogue, de la diplomatie et des solutions politiques.
Guterres a également mis en garde contre les risques grandissants que l’aggravation des conflits au Moyen-Orient fait peser sur la paix mondiale, la stabilité économique et la sécurité internationale.
Intervenant lors du débat public du Conseil de sécurité des Nations Unies intitulé « Promouvoir des solutions politiques au Moyen-Orient : la médiation au service du dialogue et d’une paix durable », il a affirmé que la région traverse une phase critique marquée par une escalade de la violence dont les répercussions dépassent largement ses frontières.
« Le Moyen-Orient s’enfonce davantage dans la crise, et les conséquences vont bien au-delà de la région », a déclaré Guterres.
Il a également exprimé ses inquiétudes quant au fait que les évolutions récentes pourraient favoriser une reprise plus large des affrontements et fragiliser encore davantage une région déjà confrontée à de nombreuses tensions.
Le Secrétaire général a observé que l’augmentation des tensions perturbe les échanges commerciaux, entraîne une hausse des prix des produits alimentaires et de l’énergie, accentue les déplacements de population et provoque des chocs économiques qui touchent particulièrement les pays et communautés les plus vulnérables.
Évoquant la situation au Liban, Guterres a souligné l’aggravation du bilan humanitaire liée à l’intensification des opérations militaires et des attaques transfrontalières, qui ont causé des pertes civiles, d’importants dégâts aux infrastructures et le déplacement de plus d’un million de personnes.
Il a appelé à une solution diplomatique immédiate et exhorté toutes les parties concernées à respecter les engagements de cessez-le-feu afin d’éviter toute nouvelle escalade.
Guterres a également renouvelé son soutien aux initiatives internationales destinées à préserver la stabilité et à assurer la protection des populations civiles.
Concernant le conflit israélo-palestinien, le responsable onusien a rappelé qu’aucune paix durable au Moyen-Orient ne pourra être obtenue sans traiter les causes profondes de l’un des conflits les plus anciens de la planète.
Il a réaffirmé l’attachement constant des Nations Unies à une solution à deux États fondée sur le droit international ainsi que sur les résolutions pertinentes de l’ONU.
« Le conflit israélo-palestinien perdure depuis des décennies. Il est temps d’examiner sérieusement la seule voie crédible pour avancer », a-t-il déclaré.
Guterres s’est dit profondément préoccupé par la détérioration de la situation humanitaire à Gaza, où des millions de personnes continuent de faire face à de graves pénuries de nourriture, d’eau, de soins médicaux, d’abris et d’autres services essentiels.
Le Secrétaire général a également alerté sur l’augmentation des tensions dans la région du Golfe, soulignant que les attaques visant des infrastructures stratégiques ainsi que les perturbations du trafic maritime international entraînent d’importantes conséquences économiques à l’échelle mondiale.
Les restrictions affectant les principales voies de navigation ont contribué à l’augmentation des coûts énergétiques, aux perturbations des chaînes d’approvisionnement, aux pressions inflationnistes et aux difficultés croissantes rencontrées par les économies en développement.
Il a appelé à un nouvel élan diplomatique, au respect du droit international et à des négociations constructives destinées à apaiser les tensions et à renforcer la sécurité régionale.
Guterres a par ailleurs mis en avant les progrès encourageants enregistrés en Syrie après des années de guerre dévastatrice, tout en soulignant qu’une paix durable nécessitera un appui international soutenu, une gouvernance inclusive, la réconciliation nationale et des efforts de reconstruction.
Au Yémen, il a cité un récent accord ayant permis la libération de 1 600 détenus liés au conflit, estimant que cette avancée démontre l’efficacité de la médiation lorsqu’elle est pleinement soutenue.
Il a toutefois averti que de nombreux défis demeurent et a invité toutes les parties à poursuivre leurs efforts en faveur de solutions pacifiques.
En conclusion, M. Guterres a réaffirmé l’importance fondamentale de la diplomatie dans la résolution des conflits à travers le monde.
« Le dialogue demeure notre meilleur et unique espoir pour parvenir à la paix », a-t-il déclaré devant le Conseil de sécurité.
Le Secrétaire général de l’ONU a appelé les États membres à redoubler d’efforts pour promouvoir le règlement pacifique des conflits au Moyen-Orient, en Ukraine, au Soudan et dans d’autres régions confrontées à des crises.
Il a également insisté sur le fait qu’une paix durable ne peut être obtenue que grâce à la négociation, à la coopération et au respect du droit international.
Réaffirmant l’engagement des Nations Unies en faveur de la médiation et de la prévention des conflits, M. Guterres a exhorté le Conseil de sécurité à soutenir pleinement les initiatives visant à instaurer une paix juste, globale et durable au Moyen-Orient.
« Il n’existe aucune autre option, et le temps presse », a-t-il conclu.