Les élections en Éthiopie ont une portée continentale, affirme Uhuru Kenyatta, chef de la mission d’observation de l’Union africaine - ENA Français
Les élections en Éthiopie ont une portée continentale, affirme Uhuru Kenyatta, chef de la mission d’observation de l’Union africaine
Addis-Abeba, le 30 mai 2026 (ENA) : - Le responsable de la Mission d’observation électorale de l’Union africaine (MOEUA), Uhuru Kenyatta, a mis en avant l’importance des prochaines élections générales en Éthiopie, estimant qu’elles concernent non seulement le pays, mais également l’ensemble du continent africain.
Prenant la parole à son arrivée à Addis-Abeba avant le vote prévu lundi, M. Kenyatta a souligné que l’Éthiopie occupe une position particulière dans le paysage politique africain en accueillant le siège de l’Union africaine.
« L’Éthiopie abrite le siège de l’organisation continentale qu’est l’Union africaine. Dès lors, les élections qui s’y tiennent sont importantes non seulement pour la nation, mais aussi pour toute l’Afrique », a indiqué Kenyatta.
L’ancien chef d’État kényan conduit la mission d’observation électorale de l’UA chargée de suivre les septièmes élections générales éthiopiennes.
La mission rassemble des observateurs issus de 30 pays africains, notamment des spécialistes électoraux, des diplomates, des représentants de la société civile, des jeunes responsables, des professionnels des médias et des experts en gouvernance.
Kenyatta a déclaré que la délégation de l’Union africaine était heureuse d’être en Éthiopie « parmi nos frères et sœurs » afin d’assister les citoyens dans l’exercice de leur droit démocratique de choisir leurs dirigeants et d’orienter l’avenir du pays.
« Lorsque les Éthiopiens prennent des décisions éclairées, l’Éthiopie peut prospérer », a-t-il affirmé.
Cette consultation électorale constitue l’un des plus vastes exercices démocratiques du continent. Plus de 54 millions d’Éthiopiens figurent sur les listes électorales, tandis que des dizaines de milliers de bureaux de vote ont été installés à travers le pays.
Les électeurs devront élire les membres de la Chambre des représentants du peuple ainsi que les représentants des conseils régionaux.
Au-delà de son importance nationale, cette élection attire une attention particulière à travers l’Afrique en raison du rôle géopolitique central de l’Éthiopie. Deuxième nation la plus peuplée du continent et membre fondateur de l’Union africaine, l’Éthiopie voit régulièrement ses évolutions produire des effets régionaux majeurs sur la gouvernance, la stabilité et le développement démocratique.
Kenyatta a souligné que l’action de l’Union africaine dans l’observation électorale va bien au-delà de la simple surveillance du scrutin.
Il a expliqué qu’elle s’inscrit dans une démarche plus large visant à consolider les institutions démocratiques africaines grâce à l’échange d’expériences et à l’apprentissage mutuel entre États.
« L’Union africaine observe et supervise les élections sur le continent afin de renforcer la démocratie en apprenant les uns des autres », a-t-il déclaré.
Selon Kenyatta, les pays africains sont capables de développer des solutions adaptées à leurs réalités politiques et sociales au lieu de dépendre exclusivement de modèles venus d’ailleurs.
« Nos réalités sont particulières. Nous n’avons pas besoin de reproduire mécaniquement ce qui se fait ailleurs dans le monde. Nous pouvons créer et diffuser les meilleures pratiques à travers l’Afrique dans le cadre de solutions africaines aux défis africains », a-t-il affirmé.
La mission d’observation de l’UA évaluera le processus électoral conformément aux instruments continentaux, notamment la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.
Ses conclusions devraient contribuer aux efforts destinés à renforcer les pratiques démocratiques et la crédibilité des scrutins sur le continent.
Pour de nombreux observateurs, l’élection éthiopienne représente bien davantage qu’un simple rendez-vous politique national.
En tant que siège de l’Union africaine et l’un des États les plus influents du continent, l’Éthiopie voit son parcours démocratique de plus en plus perçu comme un test de la capacité de l’Afrique à gérer et à consolider ses propres institutions démocratiques grâce aux réformes nationales, à la coopération régionale et à une supervision assurée par les Africains eux-mêmes.