L'Éthiopie lance une stratégie nationale ambitieuse de mobilité électrique pour 2026-2030 - ENA Français
L'Éthiopie lance une stratégie nationale ambitieuse de mobilité électrique pour 2026-2030
Addis Ababa le 25 mai, 2025(ENA) L'Éthiopie a officiellement lancé sa Stratégie nationale et son Plan de mise en œuvre de la mobilité électrique pour 2026-2030, marquant une étape majeure dans la transition du pays vers les transports propres et l'industrialisation verte.
La stratégie, dévoilée lors d'un atelier de haut niveau réunissant des responsables gouvernementaux, des organisations internationales et des représentants du secteur privé, trace la feuille de route de l'Éthiopie pour accélérer l'adoption de la mobilité électrique à l'échelle nationale à travers des réformes politiques, l'expansion des infrastructures, la fabrication locale et la promotion des investissements.
S'exprimant lors du lancement, le ministre éthiopien des Transports et de la Logistique, Alemu Sime, a déclaré que le secteur des transports restait un pilier essentiel de la croissance économique et de la transformation sociale.
Il a souligné que l'Éthiopie avait déjà réalisé des « progrès encourageants » dans le développement de la mobilité électrique et de systèmes de transport respectueux de l'environnement en tirant parti des abondantes ressources en énergies renouvelables du pays, en particulier l'hydroélectricité.
« Cette stratégie ne consiste pas seulement à introduire des véhicules électriques », a déclaré le ministre. « Il s'agit de bâtir un écosystème de transport moderne qui contribue à des villes plus propres, à l'amélioration de la santé publique, à la réduction de la dépendance aux combustibles fossiles importés, au renforcement de la sécurité énergétique et à la création d'opportunités d'économie verte pour nos citoyens. »
La nouvelle stratégie identifie plusieurs priorités nationales, notamment le développement des infrastructures de recharge, l'électrification des transports publics, la mobilisation des investissements, la participation du secteur privé, la fabrication locale et une coordination institutionnelle accrue.
Ce lancement intervient à un moment où les pays africains adoptent de plus en plus la mobilité électrique dans le cadre d'efforts plus larges liés au climat et à l'urbanisation durable. Les responsables éthiopiens ont souligné que l'adoption récente d'un cadre continental pour les véhicules électriques par le Comité technique spécialisé de l'Union africaine sur le transport et l'énergie constituait une étape significative pour le continent.
Au cours de l'événement, le ministre éthiopien de l'Industrie, Melaku Alebel, a qualifié la mobilité électrique d'élément crucial pour la compétitivité industrielle et l'indépendance énergétique du pays.
Il a noté que les projets de corridors urbains intégrés de l'Éthiopie ont donné la priorité à la marche, au vélo, aux transports publics accessibles et aux systèmes de Bus à Haut Niveau de Service (BHNS) électriques, contribuant ainsi à réduire les émissions tout en améliorant la connectivité et l'inclusion économique.
Le ministre a également défendu la décision antérieure de l'Éthiopie de restreindre les importations de véhicules à moteur à combustion interne, la décrivant comme un choix politique audacieux qui s'est avéré efficace face aux chocs mondiaux des prix du carburant.
« Ce qui était autrefois qualifié de risque est aujourd'hui célébré comme une victoire visionnaire et opportune », a-t-il déclaré.
Melaku a présenté cinq priorités stratégiques dans le cadre de l'approche industrielle du gouvernement en matière de mobilité électrique :
Développer l'assemblage et la production locale de VE, y compris les bus électriques ;
Bâtir un écosystème de fabrication, de réutilisation et de recyclage des batteries ;
Développer des technologies de VE et des parcs industriels dédiés ;
Renforcer les normes nationales et la protection des consommateurs ;
Accélérer l'exploration des réserves minérales de lithium et d'ions de sodium pour soutenir la production nationale de batteries.
Il a ajouté que l'Éthiopie vise à atteindre un taux de production locale de 30 % dans le secteur des VE d'ici 2030 et qu'elle attire déjà des investisseurs internationaux intéressés par la fabrication de batteries et le développement de minéraux critiques.
Formation de la main-d'œuvre et soutien international
Les responsables ont également insisté sur l'importance du développement de la main-d'œuvre. Les universités et les instituts techniques devraient créer des Centres d'excellence dédiés à la formation et à l'innovation en matière de véhicules électriques dans plusieurs villes sélectionnées.
Les représentants des organisations internationales ont salué le rôle de leader de l'Éthiopie dans la transition croissante vers la mobilité électrique en Afrique.
Par ailleurs M. Robert Lisinge, de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA), a déclaré que l'Éthiopie est à l'avant-garde de l'adoption des véhicules électriques sur le continent.
Il a souligné que cette initiative s'aligne sur la Décennie du transport durable des Nations Unies 2026-2035 et a mis en avant les avantages environnementaux et économiques de l'adoption des VE, notamment la réduction des émissions, l'amélioration de la qualité de l'air et le renforcement des opportunités commerciales régionales.
Lisinge a également révélé que la Commission économique pour l'Afrique mène actuellement des études sur les futurs besoins en électricité de l'Afrique pour les VE ainsi que sur le commerce intra-africain de véhicules électriques.
L'événement de lancement a réuni des représentants de l'Institut pour les politiques de transport et de développement, de l'Institut des ressources mondiales, des agences des Nations Unies, des institutions gouvernementales et des parties prenantes du secteur privé pour discuter de l'avenir du transport durable en Éthiopie et à travers l'Afrique.