Partenariat, solidarité et souveraineté des données : des éléments essentiels pour la gestion des catastrophes en Afrique, selon le Commissaire éthiopien

Addis-Abeba, le 21 mai 2026 (ENA) : - Le partenariat à l’échelle continentale, la solidarité, la souveraineté des données et l’adaptation des stratégies de réduction des risques de catastrophe face aux mutations mondiales sont indispensables pour renforcer la gestion des risques de catastrophe en Afrique, a déclaré Shiferaw Teklemariam, Commissaire éthiopien à la gestion des risques de catastrophe.

 

Ouvert aujourd’hui au siège de l’Union africaine (UA), un atelier de deux jours consacré à la validation du Rapport biennal africain 2023-2024 sur la réduction des risques de catastrophe — un processus que les responsables ont présenté comme une étape importante dans les efforts visant à évaluer les avancées réalisées et à ajuster les priorités pour les prochaines années —, le Commissaire a indiqué que l’Afrique avait travaillé à l’élaboration de politiques, de stratégies, de cadres et d’indicateurs adaptés.

 

Il est désormais nécessaire d’évaluer les progrès accomplis en tenant compte des réalités actuelles, a-t-il ajouté.


 

Selon lui, les gouvernements africains doivent également revoir leur approche de la réduction des risques de catastrophe face aux transformations mondiales, notamment l’intensification des catastrophes — qu’elles soient naturelles ou provoquées par l’homme — ainsi qu’à ce qu’il a qualifié de recul de la solidarité dans la distribution des ressources.

 

Shiferaw a souligné que la réduction des risques de catastrophe ne pouvait plus être menée avec le même état d’esprit ni au même rythme qu’auparavant, estimant que les circonstances actuelles exigent des stratégies renouvelées et un engagement accru.

 

Le Commissaire a mis en avant l’importance grandissante de la souveraineté des données, affirmant que les efforts de validation doivent dépasser la simple analyse statistique et examiner la manière dont les données sont produites et exploitées pour soutenir la prise de décision aux niveaux national et continental.

 

Shiferaw a insisté sur la nécessité d’une coopération renforcée à travers des mécanismes continentaux tels que le partage des leçons apprises et des expériences, tout en veillant à ce que les politiques et les cadres soient révisés afin de prendre en compte les contextes nationaux et régionaux.

 

Il a évoqué les initiatives menées en Éthiopie pour réviser les cadres, politiques, réglementations et instruments juridiques existants, faisant également référence à une initiative de souveraineté dans l’aide humanitaire accompagnée de feuilles de route et de processus de consultation publique.


 

Le Commissaire a également appelé à une participation plus active des citoyens africains aux initiatives de réduction des risques de catastrophe, ajoutant que ces objectifs ne peuvent être atteints qu’à travers une implication et un engagement significatifs à tous les niveaux.

 

À cet égard, l’atelier permettra d’examiner comment l’Afrique peut accélérer la mise en œuvre des domaines d’action prioritaires et des objectifs mondiaux — ainsi que des priorités continentales supplémentaires — durant les années restantes du cadre de Sendai 2015-2030, a déclaré Shiferaw.

 

Pour sa part, M. Harsen Nyambe, directeur de l’économie bleue et de l’environnement durable à la Commission de l’Union africaine, a appelé les États membres à renforcer leur soutien financier.

 

Il a souligné que la réponse aux catastrophes constitue une priorité majeure pour les États membres et que des initiatives sont déjà engagées afin d’y répondre.

 

Il a indiqué que la Commission œuvre également à garantir que l’Afrique finance ses propres programmes à travers les décisions déjà existantes, tout en cherchant à attirer les investissements du secteur privé afin d’élargir davantage la base des ressources.

 

Nyambe a ajouté que l’UA examine les possibilités de mobiliser les mécanismes mondiaux de financement, notamment le Fonds pour les pertes et dommages, ainsi que les instruments de financement dédiés à la lutte contre le changement climatique au profit de la réduction des risques de catastrophe (RRC), tels que le Fonds vert pour le climat.

 

Il a également souligné la nécessité d’encourager la participation des investisseurs afin de renforcer le financement des initiatives de réduction des risques de catastrophe.


 

Le Directeur a par ailleurs indiqué que l’Union africaine s’oriente vers une plateforme numérique de collecte de données face à l’augmentation des coûts de production des rapports liés à la réduction des risques de catastrophe.

 

Selon lui, cette nouvelle approche permettra à la Commission de collecter plus efficacement les données provenant des États membres.

Agence des nouvelles éthiopienne
2023