L’UA et l’ONU renouvellent leur partenariat stratégique en faveur de la paix, du développement et de la réforme du système mondial.

Addis-Abeba, le 13 mai 2026 (ENA) : - L’Union africaine et les Nations Unies ont renouvelé leur partenariat stratégique, considéré comme un pilier essentiel pour la promotion de la paix et de la sécurité, des droits humains et du développement durable.

 

Les deux organisations ont également promis d’accélérer la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine ainsi que de l’Agenda 2030 des Nations Unies.

 

Cet engagement a été réaffirmé lors de la 10e Conférence annuelle Union africaine–Nations Unies, organisée au siège de l’UA à Addis-Abeba et coprésidée par Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’UA, et António Guterres, secrétaire général de l’ONU.

 

Les deux responsables ont exprimé leurs inquiétudes face à l’augmentation des défis mondiaux et continentaux, notamment les conflits armés, les crises humanitaires, la pauvreté et les inégalités, le changement climatique ainsi que l’érosion du respect du droit international.

 

Renforcement du partenariat UA-ONU

 

Les deux parties ont examiné les avancées réalisées dans le cadre des principaux mécanismes conjoints concernant la paix et la sécurité, le développement durable et les droits humains, saluant l’amélioration de la coordination institutionnelle et des mécanismes de redevabilité. Elles ont également souligné l’importance du Dialogue stratégique de haut niveau ainsi que des plateformes interinstitutionnelles pour renforcer davantage la coopération.

 

L’adoption de la résolution 79/329 de l’Assemblée générale des Nations Unies a été saluée comme une avancée majeure pour renforcer la place centrale de l’Afrique au sein du système onusien.

 

Paix et sécurité : accent sur les zones de crise

La conférence a mis en avant l’importance des solutions politiques et d’un financement durable pour les opérations de soutien à la paix dirigées par l’UA, notamment à travers l’application de la résolution 2719 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

 

Les dirigeants ont évoqué les crises en cours dans la région des Grands Lacs, la Corne de l’Afrique, le Sahel et le Soudan, appelant à renforcer les efforts diplomatiques ainsi qu’au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États.

 

Concernant l’est de la République démocratique du Congo, les deux institutions ont insisté sur l’urgence d’un cessez-le-feu durable et se sont engagées à soutenir les efforts de médiation conduits par l’UA, ainsi que les initiatives régionales et internationales menées à Doha et Washington.

 

Concernant le Soudan, le communiqué a appelé à un dialogue intersoudanais inclusif ainsi qu’à une action internationale coordonnée afin de mettre un terme au conflit et d’éviter toute propagation régionale.

 

Dans la Corne de l’Afrique, l’accent a été mis sur l’application complète des accords de paix et une mise en garde contre l’escalade des tensions interétatiques a été exprimée. Pour le Sahel, le soutien aux efforts de lutte contre le terrorisme a été renouvelé et les récentes attaques au Mali ont été condamnées.

 

Stabilité économique et pressions internationales

 

L’Union africaine et l’ONU ont également averti que l’instabilité mondiale, notamment les conflits au Moyen-Orient, accentue l’insécurité alimentaire, la hausse des prix des carburants, l’inflation ainsi que les pressions liées à la dette en Afrique.

 

Elles se sont engagées à porter ces préoccupations devant des instances internationales comme le G20 et le G7, soulignant la nécessité de réponses mondiales coordonnées.

 

Développement durable et réforme financière

Les deux institutions se sont félicitées des progrès accomplis dans l’harmonisation de l’Agenda 2063 avec l’Agenda 2030, notamment grâce à de nouveaux outils numériques permettant de suivre la mise en œuvre et de renforcer la coopération.

 

Elles ont appelé à une réforme urgente du système financier international afin de répondre aux besoins de développement de l’Afrique, particulièrement concernant les coûts d’emprunt élevés, la vulnérabilité à la dette et les flux financiers illicites.

 

Le communiqué a également insisté sur les principaux moteurs de croissance, notamment le développement des infrastructures, la transition énergétique, la transformation numérique, l’emploi des jeunes, l’égalité entre les sexes ainsi que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

 

Droits humains et gouvernance

Les dirigeants ont réaffirmé le rôle central des droits humains dans la consolidation de la paix et le développement, saluant les progrès récents réalisés concernant les instruments africains relatifs aux droits humains, notamment les efforts visant à mettre fin aux violences faites aux femmes et aux filles.

 

Ils ont également renforcé leur coopération concernant le respect des droits humains dans les opérations de paix ainsi que dans les mécanismes de responsabilisation.

 

Eau, climat et thème africain pour 2026

La conférence a mis en avant le thème africain pour 2026, consacré à la sécurité de l’eau et à l’assainissement, en le reliant aux priorités internationales avant la Conférence des Nations Unies sur l’eau prévue en 2026.

 

Les participants se sont engagés à accroître les investissements dans les infrastructures hydrauliques, la résilience climatique et les systèmes d’alerte précoce, tout en reconnaissant l’eau comme une ressource stratégique pour le développement.

 

Ils ont également salué l’adoption par l’Assemblée générale des Nations Unies d’une déclaration historique reconnaissant l’esclavage et l’esclavage racial comme des crimes contre l’humanité.

 

Migration, santé et coopération humanitaire

Le communiqué a insisté sur un renforcement de la coopération concernant la gouvernance migratoire, la protection des réfugiés et la lutte contre la traite des êtres humains.

 

Les deux parties se sont aussi engagées à rendre opérationnelle l’Agence africaine des affaires humanitaires et à renforcer les réponses face aux déplacements forcés et aux crises humanitaires.

 

Les efforts conjoints dans les domaines de la santé publique, de la lutte contre le trafic de stupéfiants et de l’accès aux médicaments essentiels ont également été consolidés.

 

Un multilatéralisme renforcé

 

Les deux parties ont réaffirmé que le partenariat entre l’UA et l’ONU représente un modèle de multilatéralisme efficace, fondé sur la responsabilité partagée, la solidarité et la coopération internationale.

 

Elles se sont engagées à approfondir leur coordination au-delà de 2026 grâce à une feuille de route commune harmonisant les niveaux continental et mondial.

Agence des nouvelles éthiopienne
2023