Les pays africains encouragés à valoriser leurs minéraux critiques pour soutenir une industrialisation durable. - ENA Français
Les pays africains encouragés à valoriser leurs minéraux critiques pour soutenir une industrialisation durable.
Addis-Abeba, le 27 avril 2026 (ENA) : - Les États africains sont appelés à mieux exploiter leurs importantes ressources en minéraux critiques afin de stimuler leur industrialisation et promouvoir un développement durable, dans un contexte de transition mondiale vers une économie à faible émission de carbone.
Lors d’un forum de haut niveau organisé au siège de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique, à Addis-Abeba, Hailemariam Dessalegn, président du conseil d’administration de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique, a souligné que le continent africain se trouve à un moment décisif de son développement.
Selon lui, l’Afrique doit faire un choix stratégique : tirer parti de cette opportunité pour développer ses propres industries et garantir sa prospérité, ou continuer à se limiter à l’exportation de matières premières.
Placée sous le thème « Exploiter les ressources minérales critiques de l’Afrique pour une industrialisation verte et un développement durable », la rencontre a été organisée en partenariat avec l’Institut UONGOZI, en prélude au Forum régional africain sur le développement durable prévu du 28 au 30 avril.
Hailemariam Dessalegn a rappelé que, bien que l’Afrique dispose de vastes réserves de ressources essentielles aux technologies d’énergie propre — notamment le cobalt, le lithium et les terres rares — ces richesses sont encore majoritairement exportées à l’état brut, réduisant ainsi les bénéfices économiques pour le continent.
Il a insisté sur l’importance d’investir dans la transformation locale, le raffinage et la fabrication, en particulier dans des secteurs stratégiques comme la production de batteries et les industries vertes.
Il a également averti que la transition écologique ne devrait pas se traduire par une simple poursuite de l’extraction sans valeur ajoutée locale.
L’ancien Premier ministre a en outre mis en avant le rôle crucial des infrastructures, notamment dans les domaines de l’énergie et des transports, pour soutenir l’industrialisation.
Il a plaidé pour un renforcement de l’intégration régionale à travers des initiatives telles que la Zone de libre-échange continentale africaine, soulignant qu’aucun pays ne peut, à lui seul, bâtir une chaîne de valeur minière complète.
Par ailleurs, il a appelé à une meilleure gouvernance, à davantage de transparence et à la mise en place de partenariats équitables fondés sur l’investissement et le commerce.
De son côté, Claver Gatete, secrétaire exécutif de la CEA, a indiqué que l’Afrique détient environ 30 % des réserves mondiales de minéraux critiques, ce qui lui confère un rôle central dans la transition énergétique mondiale.
Il a notamment cité des pays comme la République démocratique du Congo, le Zimbabwe et le Mozambique, qui disposent de ressources stratégiques indispensables aux technologies vertes.
Toutefois, il a déploré que ces ressources soient encore largement exportées sans transformation, tandis que le faible niveau du commerce intra-africain continue de freiner la création d’emplois et l’industrialisation.
Selon lui, des investissements ciblés dans la transformation locale et le développement de chaînes de valeur régionales pourraient attirer des milliards de dollars et générer des millions d’emplois à travers le continent.
Le forum a réuni des responsables politiques, des experts et des partenaires au développement pour examiner des approches concrètes visant à mieux valoriser les ressources minérales africaines dans une perspective de croissance inclusive et durable.
Les participants ont notamment plaidé pour une coopération accrue, des investissements renforcés et un développement des capacités institutionnelles afin de permettre à l’Afrique de tirer pleinement parti de ses richesses naturelles.