Des experts appellent à des solutions juridiques et diplomatiques pour un enjeu générationnel.

Addis-Abeba, le 8 avril 2026 (ENA) : - Des spécialistes estiment que la longue quête de l’Éthiopie pour un accès à la mer constitue un enjeu générationnel majeur, nécessitant une résolution claire par des moyens juridiques et diplomatiques, jugée essentielle pour la survie et le développement futur du pays.

 

Des experts en ressources hydriques soulignent que cette question dépasse les simples considérations économiques, mettant en évidence ses racines historiques, géographiques et stratégiques profondes.

 

Ils rappellent qu’il y a encore trente ans, l’Éthiopie bénéficiait de voies maritimes fiables, la reliant aux réseaux commerciaux mondiaux depuis plusieurs siècles.

 

Selon les archives historiques, l’importance de la civilisation axoumite et son rôle dans le commerce international étaient étroitement liés à cet accès direct à la mer.

 

Cet héritage s’est transmis de génération en génération, l’Éthiopie disposant d’une capacité navale qui contribuait à la stabilité de la mer Rouge et de ses environs.

 

Les chercheurs expliquent que la perte de l’accès direct à la côte de la mer Rouge résulte d’une combinaison de pressions internes et externes au début des années 1990, enclavant le pays.

 

Depuis lors, la question de la diversification des corridors portuaires est restée largement négligée pendant plus de trois décennies, malgré son importance stratégique pour le développement national.

 

Ils notent que les récentes réformes nationales ont repositionné ce sujet au cœur des priorités, désormais abordé sous des angles juridiques, historiques, économiques et géographiques.

 

L’Éthiopie intensifie ses efforts pacifiques et diplomatiques, basés sur la coopération mutuelle, pour élargir ses corridors commerciaux et stimuler les investissements.

 

Des experts de l’Université d’Addis-Abeba rappellent que l’accès maritime n’est pas une option, mais une nécessité pour les générations présentes et futures.

 

Belete Berhanu, maître de conférences au Département de génie civil et environnemental, a déclaré : « La civilisation éthiopienne repose sur la synergie entre ses deux ressources en eau vitales. »


 

Il a ajouté : « Le Nil et la mer Rouge ont longtemps constitué des piliers des échanges économiques et politiques, aux niveaux régional, continental et mondial. »

 

Il a souligné que l’accès à la mer doit être analysé sous plusieurs perspectives, soulignant son rôle central dans l’identité éthiopienne et dans la trajectoire de développement à long terme.

 

Yacob Arsano, expert en hydropolitique et négociateur international sur les questions d’eau, a rappelé l’importance historique de l’accès maritime pour l’État éthiopien.

 

« Des adversaires historiques ont exploité l’instabilité interne pour orchestrer la sécession de l’Érythrée, privant l’Éthiopie de l’accès maritime qui a fondé sa civilisation », a-t-il expliqué.

 

Yacob a insisté sur le fait que le rétablissement des droits juridiques et historiques de l’Éthiopie concernant ses débouchés portuaires reste une priorité nationale.


 

Les chercheurs ont également souligné que les deux principales ressources en eau du pays sont stratégiques et essentielles pour préserver sa souveraineté et sa dignité nationale.

 

Ils ont insisté sur le fait que la génération actuelle, en poursuivant les ambitions nationales liées à ces ressources, doit garantir une solution durable au problème de l’accès à la mer par des moyens pacifiques, juridiques et diplomatiques.

 

En conclusion, la quête de l’Éthiopie pour un accès maritime reste une mission générationnelle déterminante, nécessitant une solution juste et durable.

Agence des nouvelles éthiopienne
2023