Selon le président de l’Autorité portuaire, Djibouti accorde une priorité aux cargaisons éthiopiennes dans ses infrastructures portuaires. - ENA Français
Selon le président de l’Autorité portuaire, Djibouti accorde une priorité aux cargaisons éthiopiennes dans ses infrastructures portuaires.
Addis-Abeba, le 8 avril 2026 (ENA) : - D’après Aboubaker Omar Hadi, Djibouti maintiendra sa priorité au transit des cargaisons à destination de l’Éthiopie dans ses installations portuaires.
S’exprimant auprès de l’Agence de nouvelle éthiopienne, Hadi a affirmé que les ports en eau profonde de Djibouti disposent des capacités nécessaires pour absorber l’augmentation du trafic de marchandises sans engendrer de congestion.
Il a précisé que Djibouti continuera d’accorder la priorité aux cargaisons à destination de l’Éthiopie, en particulier les engrais, soulignant que cette demande croissante représente une opportunité pour le pays de consolider sa place dans la logistique internationale et les activités de transbordement.
Depuis plusieurs décennies, Djibouti constitue la principale porte d’accès maritime de l’Éthiopie, assurant plus de 90 % de ses échanges commerciaux en raison de son enclavement.
Le corridor stratégique reliant Addis-Abeba à Djibouti, soutenu par des infrastructures routières modernes et une ligne ferroviaire électrifiée, a considérablement amélioré la fluidité des échanges, réduisant les délais de transport et renforçant l’intégration commerciale entre les deux pays.
Dans ce contexte, Djibouti s’est imposé comme un hub logistique majeur, dont une large part de l’activité dépend des flux commerciaux éthiopiens.
Évoquant l’objectif de devenir le principal centre logistique régional, Hadi a toutefois estimé que Djibouti bénéficie déjà d’une visibilité suffisante, mettant en garde contre les risques liés à une exposition excessive, tout en rappelant la position stratégique du pays à l’entrée sud de la mer Rouge.
Par ailleurs, la croissance économique soutenue de l’Éthiopie, portée par l’industrialisation, les investissements dans les infrastructures et l’expansion du commerce, a entraîné une hausse significative de la demande en services portuaires.
L’augmentation des importations — notamment de carburant, d’équipements et de biens de consommation — ainsi que celle des exportations agricoles et industrielles accentuent la pression sur les chaînes logistiques.
Malgré cela, Hadi a assuré que les ports djiboutiens restent capables de gérer cette montée en charge.
Il a reconnu que de légers retards, de un à deux jours, peuvent survenir en fonction de la planification des navires, en particulier lors d’arrivées simultanées de cargaisons en vrac comme les engrais, précisant toutefois que ces situations sont courantes à l’échelle mondiale.
Réaffirmant la solidité des relations entre les deux pays, il a indiqué que Djibouti continue de mettre à disposition de l’Éthiopie les infrastructures nécessaires à ses échanges commerciaux, ajoutant que des propositions de participation éthiopienne dans certains actifs portuaires ont été formulées.
À l’approche de la saison des pluies (Kiremt), Djibouti met l’accent sur l’acheminement rapide des engrais vers l’Éthiopie, avec des discussions en cours concernant le renforcement des capacités de stockage.
Enfin, Hadi a souligné que les risques de congestion sont davantage susceptibles de se manifester à l’intérieur des terres, notamment au niveau des réseaux routiers et ferroviaires.
Pour y remédier, Djibouti envisage de développer davantage ses activités de transbordement, y compris les opérations de transfert de navire à navire, afin d’améliorer son efficacité et de renforcer son positionnement dans le secteur logistique mondial.