L’Éthiopie plaide pour un accès à la mer Rouge comme solution mutuellement bénéfique lors d’un dialogue stratégique.

Addis-Abeba, le 7 avril 2026 (ENA) : - L’accès souverain de l’Éthiopie à la mer Rouge ne relève pas uniquement d’une ambition nationale, mais s’inscrit dans une vision stratégique fondée sur l’intégration régionale et les objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, a affirmé le vice-amiral Kindu Gezu, chef de la marine éthiopienne.

 

Il s’exprimait à l’occasion du 4e Dialogue annuel sur la mer Rouge et le golfe d’Aden (RESGA-IV), organisé à Addis-Abeba sous le thème : « Gouvernance maritime dans la région de la mer Rouge et du golfe d’Aden : inclusion et connectivité au service d’intérêts communs ».

 

Ce forum, initié par l’Institut des affaires étrangères, a réuni des responsables politiques, des diplomates et des experts afin d’explorer les moyens de renforcer la coopération entre la Corne de l’Afrique et la région du Golfe, tout en consolidant le rôle de l’Éthiopie dans la connectivité régionale.


 

Le vice-amiral Kindu a mis en avant l’importance stratégique historique de la mer Rouge et du golfe d’Aden, soulignant leur rôle central dans le commerce mondial et le transport énergétique.

 

Il a toutefois alerté sur les défis croissants auxquels la région est confrontée, notamment la criminalité maritime, le trafic d’armes, les migrations irrégulières, les mouvements insurrectionnels et la rivalité géopolitique, autant de facteurs menaçant la stabilité régionale.

 

Dans ce contexte, il a insisté sur la nécessité d’une coopération renforcée, affirmant qu’aucun pays ne peut faire face seul à ces enjeux.

 

Il a appelé à une gouvernance maritime inclusive impliquant États côtiers, pays enclavés et autres acteurs concernés, afin de promouvoir une action collective efficace.


 

Selon lui, l’accès de l’Éthiopie à la mer doit être considéré comme un enjeu régional, compte tenu de son lien historique avec la mer Rouge et de son rôle dans la sécurité de la région.

 

Il a estimé que l’enclavement du pays a freiné son développement économique et limité son influence, ajoutant qu’un accès à la mer profiterait non seulement à l’Éthiopie, mais également à ses voisins et partenaires internationaux.

 

Dans un contexte géopolitique en mutation, il a plaidé pour un modèle de gouvernance maritime reposant sur l’inclusion, la coopération internationale et l’intégration régionale, mettant l’accent sur la connectivité et la croissance partagée.

 

Le vice-amiral a également souligné que le renforcement des capacités maritimes de l’Éthiopie contribuerait à améliorer la sécurité collective, notamment dans la lutte contre la piraterie, le terrorisme, le crime organisé et le trafic illicite.

 

Par ailleurs, il a indiqué qu’un meilleur accès aux infrastructures portuaires permettrait de réduire les coûts du commerce, d’élargir les débouchés à l’exportation, d’attirer davantage d’investissements étrangers et de favoriser l’intégration économique régionale.

 

De son côté, le directeur exécutif de l’Institut des affaires étrangères, Jafar Bedru, a précisé que la position de l’Éthiopie ne vise pas à remettre en cause la souveraineté des États, mais à renforcer les capacités régionales communes.


 

Il a souligné l’importance d’une gestion concertée des espaces maritimes, ajoutant que le Dialogue RESGA privilégie la coopération et le dialogue continu plutôt que la confrontation.

 

Enfin, il a réaffirmé l’engagement de l’Institut à pérenniser ce forum annuel, estimant que sa continuité constitue déjà une réussite significative dans une région souvent marquée par l’instabilité.

Agence des nouvelles éthiopienne
2023