Le dialogue national inclusif en Éthiopie est un pas décisif vers une culture de consultation. - ENA Français
Le dialogue national inclusif en Éthiopie est un pas décisif vers une culture de consultation.
Addis-Abeba, le 4 avril 2026 (ENA) : - Le président de la Commission du Dialogue national éthiopien, le professeur Mesfin Araya, a salué le lancement d’un dialogue national inclusif comme un succès majeur pour la commission, soulignant son rôle dans l’instauration d’une véritable culture de la consultation dans le pays.
Dans un entretien exclusif avec ENA, le professeur Mesfin a dressé le bilan des progrès réalisés depuis la création de la commission il y a trois ans.
Selon lui, la réussite principale réside dans l’engagement effectif des citoyens éthiopiens.
Pour la première fois, des habitants du centre et des régions périphériques participent au dialogue sur un pied d’égalité, levant ainsi la discrimination qui limitait auparavant la participation politique aux seules populations des hauts plateaux.
« Aujourd’hui, pour la première fois, les femmes éthiopiennes éleveuses participent ouvertement et en toute transparence aux discussions sur l’avenir de leur pays », a déclaré le commissaire en chef, citant des femmes des régions Afar et Somali ainsi que de la région reculée de Salamago, au sud du pays, qui ont pris part aux discussions sur des questions cruciales pour la nation.
Le professeur Mesfin a insisté sur le fait que cette approche inclusive n’est pas un simple exercice de politiquement correct, mais une nécessité pour la cohésion et la survie du pays.
Des groupes traditionnellement marginalisés — artisans, minorités sociales et professionnels longtemps exclus — ont pu participer pour la première fois à des consultations nationales.
La phase finale du dialogue réunira 4 000 représentants lors d’une conférence nationale visant à examiner les principales questions du pays et à rechercher un consensus. Si ce consensus ne peut être atteint, certaines questions seront soumises à une résolution nationale, incluant des référendums ou des décisions pour les générations futures.
« Déposons les armes, rassemblons-nous, traitons les questions essentielles à la paix et au progrès national, et poursuivons les discussions jusqu’à parvenir à des conclusions satisfaisantes », a exhorté le président de la commission.
L’Éthiopie, pays riche en diversité avec plus de 80 nations, nationalités et peuples, dispose de multiples mécanismes traditionnels de résolution des conflits.
La commission combine ces pratiques ancestrales avec des techniques de dialogue modernes, sous la facilitation neutre de la commission, a précisé le professeur Mesfin. « Ce processus est unique, non seulement pour l’Éthiopie, mais aussi comme exemple à suivre à l’international », a-t-il ajouté.
Contrairement à de nombreux dialogues imposés d’en haut et dominés par les élites, le processus éthiopien est participatif, impliquant éleveurs, agriculteurs, artisans et citoyens ordinaires aux côtés des représentants politiques et gouvernementaux.
Le dialogue est ouvert à tous, y compris aux groupes marginalisés, aux femmes, aux personnes handicapées et à d’autres segments de la société.
La liberté d’expression et la neutralité de la commission, sans ingérence gouvernementale, sont au cœur du processus.
Le programme de l’ENDC a déjà couvert 1 234 woredas à travers le pays, avec des zones encore non couvertes principalement dans certaines parties du Tigray.
La commission prévoit d’achever cette couverture avant la tenue de l’assemblée plénière nationale, étape clé pour finaliser le dialogue et renforcer la culture de consultation à l’échelle nationale.