La transition énergétique de l’Éthiopie s’intensifie sous l’effet des réformes.

Par un membre de la rédaction

 

Addis-Abeba, le 4 avril 2026 (ENA) : - Les anniversaires invitent souvent à dresser un bilan.

 

En Éthiopie, la huitième année du gouvernement réformateur révèle bien plus qu’un simple point d’étape : elle met en lumière une mutation profonde, encore en cours, qui redéfinit progressivement les bases économiques du pays et laisse entrevoir des effets durables.

 

Parmi les secteurs les plus révélateurs de cette transformation figure celui de l’énergie.

 

Longtemps confrontée à un contraste marqué entre l’abondance de ses ressources naturelles et les difficultés d’accès à l’électricité, l’Éthiopie opère aujourd’hui une refonte majeure de son système énergétique.

 

Ce qui constituait autrefois un frein au développement devient peu à peu un levier stratégique à l’échelle continentale.

 

Au centre de cette dynamique se trouve le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne, symbole à la fois d’ambition et de pragmatisme.

 

Avec une capacité supérieure à 5 000 mégawatts, cet ouvrage dépasse le cadre d’un simple projet d’infrastructure : il incarne une orientation claire vers la souveraineté énergétique, l’industrialisation et l’intégration régionale.

 

Cependant, la transformation en cours ne se limite pas à ce projet emblématique.

 

Elle s’inscrit dans une vision plus large visant à faire de l’énergie un moteur du développement global, au service des ménages, des entreprises et de l’avenir national.

 

Dans cette optique, le projet hydroélectrique de Koysha progresse également de manière soutenue, renforçant le potentiel énergétique du pays avec une capacité attendue de plus de 2 000 mégawatts.

 

Il s’inscrit dans la continuité d’une stratégie fondée sur la valorisation du réseau fluvial pour soutenir une croissance durable.

 

Mais l’hydroélectricité ne constitue plus l’unique pilier.

 

Consciente de la nécessité de diversifier ses sources, l’Éthiopie a engagé une évolution vers un mix énergétique plus équilibré.

 

Les parcs éoliens d’Ashegoda et d’Adama, ainsi que le projet d’Aysha dans la région Somali, illustrent cette orientation, en apportant une contribution significative à la production nationale.

 

Ces initiatives traduisent une volonté de réduire la dépendance aux aléas climatiques tout en s’alignant sur les tendances mondiales en matière d’énergies renouvelables.

 

Parallèlement, l’énergie solaire gagne en importance. Des accords conclus avec des partenaires internationaux ouvrent la voie à des projets d’envergure, permettant de mieux exploiter un potentiel longtemps sous-utilisé.

 

Dans une perspective encore plus large, l’Éthiopie explore également l’option du nucléaire à des fins pacifiques, marquant ainsi une avancée stratégique vers une diversification durable de son bouquet énergétique.

 

Dans le même temps, le pays valorise ses ressources en gaz naturel, notamment dans la région Somali. Le développement du gisement de Kalub ouvre de nouvelles perspectives pour une production énergétique stable, complémentaire aux sources renouvelables.

 

L’ensemble de ces initiatives s’inscrit dans une approche cohérente : bâtir un système énergétique à la fois ambitieux, diversifié et résilient.

 

Les résultats commencent à se concrétiser. La capacité de production électrique a fortement progressé, tandis que l’accès à l’énergie s’élargit à des zones autrefois marginalisées.

 

Par ailleurs, les exportations d’électricité vers les pays voisins se développent, positionnant l’Éthiopie comme un futur acteur clé de l’énergie propre en Afrique.

 

Avec plus de 90 % de son électricité issue de sources renouvelables, le pays se distingue également par son alignement avec les objectifs climatiques internationaux, renforçant ainsi son attractivité pour les investissements verts.

 

Au-delà des chiffres, une transformation plus profonde s’opère.

 

En Éthiopie, l’énergie n’est plus perçue comme un simple service, mais comme un véritable levier de développement. Elle alimente les industries, favorise la connectivité numérique, soutient l’agriculture irriguée et accompagne les réformes économiques en cours.

 

Si des défis subsistent — notamment en matière de financement, de mise en œuvre et d’accès équitable — la trajectoire est clairement tracée.

 

Des turbines du barrage de la Renaissance aux projets éoliens et solaires, en passant par les ressources gazières encore inexploitées, l’Éthiopie façonne un avenir énergétique à la fois diversifié et prometteur.

Agence des nouvelles éthiopienne
2023