L’inflation reste contenue sous la barre des 10 %, tandis que la stabilité macroéconomique de l’Éthiopie continue de s’affermir. - ENA Français
L’inflation reste contenue sous la barre des 10 %, tandis que la stabilité macroéconomique de l’Éthiopie continue de s’affermir.
Addis-Abeba, le 31 mars 2026 (ENA) : - La Banque nationale d’Éthiopie (BNE) a annoncé la poursuite du recul de l’inflation, qui s’est établie à 9,7 % en février 2026.
Ce niveau confirme le maintien d’une inflation à un chiffre, une performance atteinte pour la première fois en décembre 2025.
Le Comité de politique monétaire (CPM) a attribué cette désinflation durable à une politique monétaire restrictive, à une gestion budgétaire rigoureuse ainsi qu’au renforcement des mesures de soutien à l’offre.
Il a toutefois averti que les tensions géopolitiques mondiales pourraient exercer des pressions haussières sur les prix.
Lors de sa sixième réunion tenue le 21 mars 2026, le Comité a confirmé la tendance à la baisse de l’inflation.
L’inflation des produits alimentaires a reculé à 10,8 %, contre 14,6 % un an plus tôt, tandis que celle des produits non alimentaires a nettement diminué, passant de 15,6 % à 8,1 %.
L’inflation mensuelle est restée modérée à 0,4 %, traduisant un apaisement progressif des tensions inflationnistes.
Malgré ces avancées, le CPM a mis en garde contre les risques liés aux tensions au Moyen-Orient, susceptibles d’entraîner une hausse des prix du pétrole et de perturber les chaînes d’approvisionnement, avec des répercussions possibles sur l’inflation intérieure.
Il a ainsi souligné la nécessité de maintenir une orientation monétaire restrictive afin de préserver la stabilité des prix.
Sur le plan économique, l’Éthiopie continue d’afficher une croissance solide, avec une progression du PIB réel de 9,2 % au cours de l’exercice 2024/2025.
Cette performance est portée par le dynamisme du secteur industriel, en particulier l’activité minière, notamment la production d’or, ainsi que par la bonne tenue des secteurs des services et de l’agriculture.
Sur le plan monétaire, une expansion soutenue du crédit a été observée, la masse monétaire ayant augmenté de 39,3 % en glissement annuel et le crédit bancaire de 45,3 %.
Parallèlement, les taux d’intérêt ont reflété une participation accrue aux marchés financiers, bien que certaines banques privées aient continué de faire face à des contraintes de liquidité.
Le secteur bancaire est resté globalement stable, soutenu par des dispositifs réglementaires tels que le marché monétaire interbancaire et le mécanisme de prêt permanent de la Banque nationale.
La politique budgétaire a été jugée prudente, avec des efforts continus pour renforcer la mobilisation des recettes et maîtriser les dépenses.
Le déficit budgétaire est demeuré contenu, principalement financé par l’émission de bons du Trésor.
Par ailleurs, le secteur extérieur a montré des signes de résilience, avec un excédent de la balance des paiements soutenu par l’amélioration des exportations, des transferts privés et des services.
Le Comité a réaffirmé son engagement à maintenir une politique monétaire restrictive, en décidant de conserver inchangés le taux directeur et les plafonds de croissance du crédit.
Il a également insisté sur la nécessité de suivre de près l’évolution de l’environnement économique mondial et national, dans un contexte d’incertitude croissante, et prévoit de se réunir à nouveau fin avril pour un nouvel examen.