L’Éthiopie intensifie la libéralisation de son commerce afin de consolider son intégration régionale, selon le ministère. - ENA Français
L’Éthiopie intensifie la libéralisation de son commerce afin de consolider son intégration régionale, selon le ministère.
Addis-Abeba, le 26 mars 2026 (ENA) : - Le ministère du Commerce et de l’Intégration régionale (MoTRI) a indiqué que l’Éthiopie intensifie ses réformes économiques et l’ouverture de son commerce afin de renforcer l’intégration régionale et de promouvoir une croissance durable.
Lors du lancement à Addis-Abeba d’un manuel de formation dédié à la facilitation du commerce transfrontalier, Tsegaw Chernet, conseiller auprès du ministre d’État, a souligné que le Programme national de réforme économique accorde une place centrale à l’ouverture du commerce et des investissements.
Cette orientation vise à attirer les investissements directs étrangers, à améliorer l’environnement des affaires et à soutenir une croissance durable à travers diverses mesures, notamment dans les domaines douanier et réglementaire.
Il a précisé que ces réformes en cours ouvrent de nouvelles perspectives pour l’économie éthiopienne, tout en consolidant la position du pays sur les marchés régionaux.
Tsegaw Chernet a également mis en avant l’importance stratégique du commerce transfrontalier, qu’il considère comme un levier essentiel pour renforcer l’intégration régionale, améliorer les conditions de vie des populations et stimuler l’activité économique.
Selon lui, ce type de commerce représente à la fois un enjeu économique et social majeur.
Le manuel lancé à cette occasion vise ainsi à combler les déficits d’information, à faciliter le respect des procédures commerciales et à soutenir le développement du petit commerce.
De son côté, Sabelo Mbokazi, directeur du Travail, de l’Emploi et des Migrations à la Commission de l’Union africaine, a insisté sur le rôle déterminant de la mobilité dans le développement du continent.
Il a expliqué que la libre circulation des personnes favorise les échanges commerciaux, la mobilité de la main-d’œuvre ainsi que le transfert de compétences, tout en créant davantage d’opportunités d’emploi et en renforçant l’intégration régionale.
Il a ajouté que ces initiatives contribuent également à l’amélioration du transport aérien et des infrastructures transfrontalières, tout en encourageant les États membres à moderniser la gestion des frontières grâce à des outils numériques, des guichets uniques et des mécanismes de coordination plus efficaces.
Il s’est dit convaincu que ce manuel constituera un appui concret à ces objectifs.
L’ambassadeur du Japon auprès de l’Union africaine, Noboru Sekiguchi, a pour sa part réaffirmé l’engagement de son pays en faveur du développement de l’Afrique.
Il a indiqué que ces efforts s’inscrivent dans les ambitions de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et soutiennent la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine, grâce à une coopération continue avec les partenaires africains.
Il a également évoqué des initiatives concrètes, notamment la délivrance de cartes d’identité numériques Fayda aux populations vulnérables de retour à Dire Dawa, mettant en avant l’importance des partenariats inclusifs.
Enfin, Nlabu Sascha Patrick, chef des programmes de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en Éthiopie, a souligné l’impact global du commerce transfrontalier sur le plan socio-économique.
Il a indiqué que celui-ci joue un rôle clé dans la résilience économique et la cohésion sociale des communautés frontalières, en contribuant à la sécurité alimentaire, à la création de moyens de subsistance et à la coexistence pacifique entre populations voisines.
Il a salué les avancées réalisées par l’Éthiopie dans la formalisation du commerce transfrontalier à petite échelle, notamment à travers des accords conclus avec Djibouti, le Soudan et le Soudan du Sud, ainsi qu’un projet d’accord avec le Kenya conforme au régime commercial simplifié du COMESA.
Ce manuel de formation, élaboré par le MoTRI en partenariat avec plusieurs institutions nationales et organisations internationales, avec l’appui financier du Japon, vise à renforcer les capacités des communautés frontalières, à simplifier les procédures commerciales et à encourager une croissance régionale plus inclusive.