L’Éthiopie mise sur une approche systémique du développement des infrastructures pour soutenir sa croissance, selon le ministère. - ENA Français
L’Éthiopie mise sur une approche systémique du développement des infrastructures pour soutenir sa croissance, selon le ministère.
Addis-Abeba, le 26 mars 2026 (ENA) : - Le ministère du Développement urbain et des Infrastructures a indiqué que l’Éthiopie abandonne les projets de construction fragmentés au profit d’une approche intégrée, appuyée par une industrie nationale de la construction solide, afin de favoriser un développement durable à long terme.
Lors du Forum Éthiopie–Italie consacré à la construction, aux infrastructures et au développement, tenu à Addis-Abeba, le ministre d’État au Développement urbain et aux Infrastructures, Yetimegeta Asrat, a souligné le rôle central des infrastructures dans la transformation économique et la vision stratégique à long terme du pays.
Cette rencontre a rassemblé plusieurs hauts responsables, notamment la maire d’Addis-Abeba Adanech Abiebie, le ministre des Finances Ahmed Shide, le ministre de l’Irrigation et des Basses terres Abraham Belay, ainsi que la vice-ministre italienne des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Maria Tripodi et l’ambassadeur d’Italie en Éthiopie, Sem Fabrizi.
À cette occasion, Yetimegeta Asrat a indiqué que l’Éthiopie évolue vers des systèmes d’infrastructures intégrés et interconnectés, conçus pour soutenir une croissance à la fois durable et inclusive.
Il a précisé que l’ambition du pays dépasse la simple réalisation de projets ponctuels, visant plutôt à bâtir une véritable industrie nationale de la construction capable de soutenir le développement global. Selon lui, les infrastructures constituent un pilier fondamental de l’économie.
Il a également mis en avant la volonté de l’Éthiopie de s’imposer comme un pôle de prospérité en Afrique, grâce à des réseaux d’infrastructures solides et bien reliés.
Le responsable a rappelé les progrès significatifs réalisés ces dernières années, notamment dans le secteur routier, où le réseau national a été multiplié par près de sept depuis la fin des années 1990, atteignant plus de 182 000 kilomètres.
Dans le domaine urbain, il a évoqué l’essor des projets de corridors ayant permis la création de 695 kilomètres de voies piétonnes et de plus de 190 kilomètres de pistes cyclables dans plusieurs villes.
Il a par ailleurs souligné la forte dynamique du secteur de la construction, portée par d’importants investissements publics et privés, avec des prévisions de croissance annuelle avoisinant les 8 % à l’horizon 2030.
Parmi les projets structurants, Yetimegeta Asrat a cité le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne, appelé à renforcer la production d’électricité et à soutenir l’industrialisation du pays.
Il a ajouté que les programmes de rénovation urbaine contribuent également à dynamiser l’activité économique et à améliorer les conditions de vie dans les centres urbains.
De son côté, Stephen Karingi, directeur du département macroéconomique de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, a insisté sur la nécessité urgente de garantir un financement durable des infrastructures à l’échelle du continent.
Il a indiqué que plus de 45 % de la population africaine vit actuellement en milieu urbain, une proportion qui devrait dépasser 60 % d’ici 2050, représentant une augmentation de plus de 900 millions d’habitants urbains.
Selon lui, l’ampleur des besoins est considérable, le déficit de financement des infrastructures en Afrique étant estimé entre 70 et 110 milliards de dollars par an.
Stephen Karingi a également relevé la faible contribution de l’impôt foncier, qui ne représente qu’environ 0,5 % du PIB en Afrique, contre 2 à 3 % dans les pays de l’OCDE.
Il a ainsi plaidé pour un renforcement de la mobilisation des ressources nationales, une amélioration des systèmes d’évaluation foncière, une collecte fiscale plus efficace, ainsi qu’un accès élargi aux marchés financiers, notamment via les obligations municipales.
Enfin, il a salué Addis-Abeba, qu’il considère comme une ville exemplaire, mettant en avant son rôle moteur dans la démonstration du potentiel du développement urbain sur le continent africain.