La recherche sur la productivité de la pomme de terre, levier clé de la souveraineté alimentaire, selon le ministre d’État. - ENA Français
La recherche sur la productivité de la pomme de terre, levier clé de la souveraineté alimentaire, selon le ministre d’État.
Addis-Abeba, le 17 mars 2026 (ENA) : - Le ministre d’État à l’Agriculture, Melese Mekonnen, a affirmé que des progrès significatifs ont été réalisés pour renforcer la souveraineté alimentaire en Éthiopie, notamment grâce à l’amélioration de la productivité de la pomme de terre appuyée par la recherche scientifique.
Ces déclarations ont été faites à l’occasion de l’ouverture d’un atelier national consacré à la recherche et au développement de la pomme de terre, réunissant à Addis-Abeba des chercheurs, des partenaires techniques et financiers, des responsables politiques et des représentants gouvernementaux.
Dans son intervention, le ministre d’État a rappelé le rôle central de l’agriculture dans la sécurité alimentaire, la création d’emplois et la génération de devises.
Il a souligné l’importance stratégique de la pomme de terre en Éthiopie, en raison de ses rendements élevés sur de petites superficies et sur des cycles de production courts, contribuant ainsi à l’alimentation des ménages et à l’approvisionnement industriel.
Selon lui, le pays dispose du potentiel nécessaire pour devenir le premier producteur de pommes de terre en Afrique, à condition d’améliorer davantage la productivité et de développer des variétés performantes.
Il a également indiqué que, au-delà de la consommation locale, la filière pomme de terre représente une opportunité importante pour les exportations et la mobilisation de devises étrangères, avec des efforts en cours pour valoriser davantage ce produit sur les marchés internationaux.
De son côté, le professeur Nigussie Dechassa, directeur général de Institut éthiopien de recherche agricole, a précisé que les travaux de recherche ont permis de développer 45 variétés de pommes de terre adaptées aux conditions locales.
Il a toutefois souligné que, malgré la disponibilité de technologies agricoles avancées, le potentiel du pays reste largement sous-exploité, en raison notamment des faiblesses de la chaîne de valeur.
Selon lui, un écart important persiste entre la production actuelle et le potentiel réel, qui pourrait être comblé grâce à l’amélioration des systèmes semenciers, des pratiques agronomiques, de la gestion des ravageurs et maladies, ainsi qu’au renforcement de l’accès aux marchés et des infrastructures de transformation.
Le chef de mission adjoint irlandais, Fergal Ryan, a pour sa part mis en avant l’expérience de Irlande dans le domaine agricole, soulignant que le pays produit aujourd’hui largement plus de denrées alimentaires qu’il n’en consomme.
Il a relevé que l’Éthiopie s’affirme désormais comme un acteur majeur de l’agriculture commerciale et un exportateur important de produits alimentaires. La pomme de terre y joue un rôle crucial, tant pour la sécurité alimentaire que pour les revenus des petits exploitants.
« Nous travaillons en partenariat avec le gouvernement éthiopien pour exploiter pleinement le potentiel de la pomme de terre, une culture nutritive, à haut rendement et résistante à la sécheresse », a-t-il déclaré, ajoutant qu’elle est facile à cultiver, à cuisiner et se conserve plus longtemps que de nombreuses autres cultures.
Cet atelier de trois jours vise à évaluer les progrès réalisés dans la recherche et le développement de la pomme de terre en Éthiopie, tout en favorisant le partage d’expériences, d’innovations et de bonnes pratiques dans les domaines de la production, des semences, de la transformation et de la commercialisation.