La réforme a permis de consolider le rôle des organisations de la société civile en Éthiopie, a affirmé le directeur général adjoint de l’ACSO. - ENA Français
La réforme a permis de consolider le rôle des organisations de la société civile en Éthiopie, a affirmé le directeur général adjoint de l’ACSO.
Addis-Abeba, le 10 mars 2026 (ENA) : - La réforme juridique engagée en Éthiopie a supprimé plusieurs obstacles qui limitaient le fonctionnement du système, ouvrant ainsi un nouvel espace de collaboration entre les organisations de la société civile, le gouvernement et les communautés pour soutenir le plaidoyer et les initiatives de développement, a indiqué Fassikaw Molla, directeur général adjoint de l’Autorité des organisations de la société civile (ACSO).
Cette déclaration a été faite à l’occasion de la signature, ce jour, d’un accord de formation et de financement entre l’Union européenne, Christian Aid et trois organisations non gouvernementales locales.
Doté d’un budget de plus de 4 millions d’euros — financé à 85 % par l’Union européenne et à 15 % par Christian Aid — ce programme d’une durée de quatre ans vise à soutenir les organisations de la société civile de base en Éthiopie centrale, au Tigré, dans le sud du pays et à Addis-Abeba.
L’accord a pour objectif de renforcer les compétences, l’autonomie et la crédibilité des organisations locales et communautaires, en favorisant un développement ancré dans les réalités locales et en reconnaissant ces structures comme des acteurs essentiels du progrès national.
Lors de la cérémonie, Fassikaw Molla a mis en avant l’impact majeur de la réforme de 2019 de l’ACSO, qui a révisé les politiques et les cadres juridiques, contribuant ainsi à accroître de manière notable la participation des organisations de la société civile.
Il a indiqué que plus de 8 400 organisations de la société civile sont aujourd’hui actives dans tout le pays.
Les conseils régionaux facilitent l’accès aux services publics, tandis que des plateformes numériques permettent aux organisations de se connecter et d’améliorer la prestation de leurs services.
Il a également souligné l’importance de poursuivre les efforts de renforcement des capacités afin d’utiliser les ressources de manière optimale et d’encourager un financement local durable et autonome, dans un contexte de transformation des tendances mondiales en matière de financement.
De son côté, Anna Lixi, cheffe de l’équipe Gouvernance et Paix de la délégation de l’Union européenne en Éthiopie, a réaffirmé l’engagement durable de l’UE en faveur d’un développement inclusif.
Elle a expliqué que les organisations de la société civile ont évolué, passant du rôle de simples exécutantes de projets à celui d’actrices clés dans l’élaboration des politiques publiques.
« Les organisations de la société civile sont des partenaires essentiels pour le gouvernement et l’Union européenne ; elles permettent d’identifier les besoins et contribuent à orienter les politiques », a-t-elle déclaré.
Elle a également précisé que le programme Fonds européen pour la société civile Plus (EU CSF+) soutient le renforcement des capacités grâce à l’apprentissage entre pairs, au développement de réseaux et à l’octroi de subventions par de grandes organisations à des groupes communautaires.
Berhanu Fufa, représentant de Christian Aid en Éthiopie, a salué les efforts du gouvernement éthiopien et de l’ACSO pour avoir créé un environnement favorable aux organisations de la société civile.
Il a réaffirmé l’engagement de Christian Aid à promouvoir l’ancrage local en renforçant les capacités des partenaires locaux afin qu’ils puissent concevoir des solutions, mobiliser des ressources et diriger des initiatives de développement.
« Le projet EU-CSO+ reflète cette vision », a-t-il déclaré. Selon lui, au-delà de l’appui financier, le programme offre également des formations, des opportunités d’apprentissage et des mécanismes de collaboration transfrontalière pour répondre à des défis tels que les effets du changement climatique et les chocs économiques.
Terefe Degeti, directeur exécutif du Conseil des organisations de la société civile éthiopienne (ECSOC), a pour sa part mis en avant le rôle de cette plateforme dans le rapprochement des organisations de la société civile avec le gouvernement et les partenaires.
Il a insisté sur l’importance de la responsabilité, de l’efficacité et d’un plaidoyer fondé sur des données probantes à tous les niveaux, du local au national.
« Cela contribue à construire une société civile crédible et interconnectée, essentielle à la gouvernance et au développement », a-t-il affirmé.
Selon lui, la signature de cet accord marque une étape importante dans le renforcement des capacités des organisations locales à promouvoir le changement, consolider leur indépendance et renforcer leur crédibilité — des éléments fondamentaux pour une bonne gouvernance et un développement durable en Éthiopie.