L’escalade des tensions au Moyen-Orient met en danger l’approvisionnement énergétique mondial et aggrave les risques de crises humanitaires. - ENA Français
L’escalade des tensions au Moyen-Orient met en danger l’approvisionnement énergétique mondial et aggrave les risques de crises humanitaires.
Addis-Abeba, le 9 mars 2026 (ENA) : - Le Moyen-Orient est au bord d’une crise majeure alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran entre dans son dixième jour.
La mort du Guide suprême iranien, Ali Khamenei, lors d’une frappe coordonnée menée par les États-Unis et Israël, a provoqué une escalade majeure des tensions au Moyen-Orient.
Selon les médias d’État iraniens, son fils, Mojtaba Khamenei, aurait été choisi pour lui succéder à la tête de la République islamique. Cette désignation rapide traduit une transition accélérée du pouvoir et pourrait annoncer un durcissement de la politique de Téhéran face à ses adversaires.
Ce qui avait commencé comme une opération militaire ciblée s’est rapidement transformé en conflit régional élargi.
Les combats ont franchi les frontières, entraînant des échanges de missiles, une hausse du nombre de victimes civiles et le déplacement de dizaines de milliers de personnes.
Alors que des infrastructures essentielles sont touchées et que les marchés énergétiques mondiaux sont secoués, la région fait face à une crise humanitaire et économique grandissante.
Dans le même temps, de nombreux dirigeants internationaux appellent à la retenue et à une reprise urgente de la diplomatie.
Les répercussions du conflit se font déjà sentir sur l’économie mondiale.
Les prix du pétrole ont dépassé les 100 dollars le baril, un niveau inédit depuis 2022, les combats menaçant les routes énergétiques stratégiques du Golfe.
Les analystes avertissent que si l’instabilité persiste, elle pourrait entraîner de graves perturbations de l’approvisionnement énergétique mondial, ainsi qu’une hausse durable des prix de l’énergie, aggravant la pression sur des économies déjà fragilisées par l’inflation et une croissance incertaine.
Pour de nombreux observateurs politiques, ce dixième jour de confrontation directe marque un tournant particulièrement dangereux.
Contrairement aux conflits indirects du passé, l’affrontement actuel implique désormais des frappes directes entre l’Iran et les forces soutenues par les États-Unis et Israël, ce qui augmente le risque d’une guerre régionale à grande échelle.
D’après les chiffres présentés par des responsables iraniens à l’Organisation des Nations Unies, au moins 1 332 civils auraient été tués, tandis que des milliers d’autres ont été blessés.
Des villes en Iran et au Liban subissent des bombardements continus, laissant des quartiers entiers détruits, des écoles et des hôpitaux endommagés, et des dizaines de milliers de familles contraintes de fuir leurs habitations.
Le théâtre des opérations s’est étendu bien au-delà du territoire iranien. Téhéran a lancé des frappes de missiles et de drones visant des bases américaines et alliées dans le Golfe, tandis que l’armée israélienne a intensifié ses opérations au Liban.
Les combats impliquant le groupe armé Hezbollah et d’autres milices ont causé de nombreuses pertes humaines et provoqué de nouveaux déplacements massifs de population.
Le conflit a également pris une dimension économique majeure. Des frappes israéliennes visant des installations pétrolières autour de Téhéran et dans la région de Alborz ont déclenché d’importants incendies, signalant un élargissement des cibles vers les infrastructures économiques du pays. Des ouvriers du secteur pétrolier auraient été tués et plusieurs installations lourdement endommagées, alors qu’une épaisse fumée recouvrait la capitale.
Les autorités israéliennes affirment que ces sites étaient utilisés pour soutenir la logistique militaire iranienne.
Ces attaques contre les infrastructures énergétiques ont immédiatement secoué les marchés pétroliers mondiaux. Les inquiétudes concernant une possible perturbation du trafic dans le détroit d'Ormuz — par lequel transite environ 20 % du pétrole brut mondial — ont fait grimper les prix à leur plus haut niveau depuis le début de la pandémie.
Bien que l’Iran affirme que le passage maritime reste ouvert, le trafic des pétroliers a ralenti en raison de préoccupations sécuritaires, ce qui accroît les risques de perturbations prolongées des chaînes d’approvisionnement.
Les initiatives visant à désamorcer la crise peinent pour l’instant à progresser. Le président iranien, Masoud Pezeshkian, a rejeté les appels à des discussions de paix avec Washington, accusant les États-Unis et Israël d’être responsables de l’escalade et appelant les États du Golfe à ne pas autoriser l’utilisation de leur territoire pour des attaques contre l’Iran.
Sur la scène internationale, l’inquiétude grandit face à la détérioration rapide de la situation.
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a condamné la violence, avertissant que les combats infligent d’immenses souffrances aux civils et représentent une menace sérieuse pour l’économie mondiale.
De son côté, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé à une retenue immédiate, soulignant que l’intensification des bombardements et de la rhétorique belliqueuse met gravement en danger les populations civiles.
L’Organisation mondiale de la santé a également alerté sur la pression croissante pesant sur les systèmes médicaux et rappelé que les hôpitaux et les infrastructures de santé doivent être protégés conformément au droit international humanitaire.
En Europe, plusieurs dirigeants ont exprimé leurs préoccupations face aux conséquences potentielles du conflit. Le ministre suisse de la Défense, Martin Pfister, a dénoncé des frappes contraires au droit international et averti que la crise pourrait entraîner des répercussions indirectes pour le continent, notamment sous la forme de menaces sécuritaires ou d’un afflux accru de réfugiés.
Alors que les combats se poursuivent en Iran, au Liban et dans le Golfe, le coût humain et économique ne cesse d’augmenter.
Les analystes mettent en garde contre une escalade incontrôlée qui pourrait déstabiliser non seulement le Moyen-Orient, mais aussi les marchés énergétiques mondiaux, la sécurité internationale et les systèmes humanitaires.
Avec des villes bombardées, des populations déplacées et une diplomatie qui peine à suivre le rythme des opérations militaires, cette crise rappelle que les conflits modernes dépassent largement le champ de bataille et entraînent des répercussions mondiales durables.