L’Afrique obtiendra un jour des sièges permanents au Conseil de sécurité de l’ONU, affirme l’ambassadeur du Ghana.

Addis-Abeba, le 7 mars 2026 (ENA) : - L’Ambassadeur du Ghana en Éthiopie, Robert Afriyie, a exprimé sa conviction que l’Afrique finira par obtenir des sièges permanents au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies, malgré les obstacles et la complexité du processus de réforme.

 

Selon lui, la revendication africaine pour une représentation équitable peut paraître difficile à concrétiser, mais elle n’est pas impossible, tout comme l’a démontré la victoire historique de l’Éthiopie lors de la Bataille d’Adoua.

 

L’ambassadeur a souligné que la position du continent africain est restée constante au fil des années. « Nous sommes conscients des défis liés aux négociations, mais pour l’Afrique, la difficulté ne signifie pas impossibilité », a-t-il déclaré.

 

Faisant un parallèle avec l’histoire éthiopienne, il a ajouté que la bataille d’Adoua illustre parfaitement cette idée : l’Éthiopie a dû mener un combat ardu pour défendre sa souveraineté, prouvant qu’un objectif difficile peut être atteint avec détermination.

 

Dans un entretien accordé à Agence de presse éthiopienne, l’ambassadeur Afriyie a rappelé que la demande africaine pour une représentation permanente au Conseil de sécurité s’inscrit dans un long processus historique.

 

Lors de la création de Organisation des Nations Unies en 1945, seules quelques nations africaines, notamment l’Éthiopie, le Maroc et le Libéria, participaient aux discussions fondatrices, tandis que la majorité des pays du continent n’avaient pas encore accédé à l’indépendance.


 

Il a également rappelé que lors des initiatives visant à élargir la représentation au sein de l’ONU dans les années 1960, l’Afrique avait déjà exprimé une forte demande pour une meilleure représentation, même si les progrès ont été lents.

 

Malgré plus de six décennies écoulées depuis la dernière réforme majeure du Conseil de sécurité, l’Afrique demeure aujourd’hui la seule grande région du monde dépourvue de siège permanent.

 

« Il est paradoxal que l’Afrique contribue à près de 60 % des dossiers examinés par le Conseil de sécurité, tout en restant absente des sièges permanents qui participent aux décisions majeures en matière de paix et de sécurité internationales », a-t-il souligné.

 

L’ambassadeur a également évoqué les efforts entrepris pour réformer cette instance, notamment la mise en place en 1993 d’un groupe de travail à composition non limitée chargé d’examiner les propositions de réforme du Conseil de sécurité.

 

En 2005, l’Union africaine a adopté une position commune demandant l’attribution à l’Afrique de deux sièges permanents dotés du droit de veto ainsi que de deux sièges non permanents supplémentaires.

 

Selon lui, sans une telle réforme, le continent risque de continuer à être marginalisé dans les décisions stratégiques qui influencent la gouvernance mondiale.

 

Reconnaissant la complexité des négociations internationales, l’ambassadeur Afriyie estime néanmoins que la durée du processus reflète la détermination du continent à obtenir une représentation équitable.

 

Établissant une nouvelle fois un parallèle avec la résilience historique de l’Éthiopie lors de la bataille d’Adoua, il a affirmé que l’Afrique poursuivra ses efforts jusqu’à ce que sa place légitime au sein du Conseil de sécurité soit reconnue.

 

Soulignant l’importance de la diversité des perspectives dans la gouvernance mondiale, il a cité un proverbe ghanéen : « Une seule tête ne détient pas toute la sagesse du monde. »

 

Selon lui, la contribution de l’Afrique est essentielle pour élaborer des solutions efficaces aux défis mondiaux, notamment en matière de paix et de sécurité.

 

Enfin, l’ambassadeur a indiqué que, malgré les difficultés liées à l’obtention d’un consensus entre les 193 États membres de l’ONU, un soutien international croissant se manifeste en faveur de la position africaine.

 

Il a notamment mentionné l’appui public de la France à l’attribution de sièges permanents à l’Afrique.

 

Pour l’ambassadeur Afriyie, l’unité dont le continent fait preuve depuis plus de deux décennies démontre la détermination des pays africains à faire aboutir cette revendication, considérée comme essentielle pour les générations futures.

Agence des nouvelles éthiopienne
2023